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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 17 février 2026 25 min

Bernard Fialaire : « Les opposants à l’aide à mourir veulent faire croire que le Sénat la refuse »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Bernard Chalère, merci d'avoir accepté notre invitation, sénateur RDS du Rhône, membre du Parti Radical et vice-président de la Commission de la Culture, de l'Éducation, de la Communication et du Sport. On va parler de ce qui s'est passé dans votre département du Rhône et du meurtre du jeune Quentin, c'est la une de la presse régionale. On va regarder trois titres, l'Est républicain, mort de Quentin, un pays sous tension, l'agression mortelle de Quentin de Rang, donc jeune militant nationaliste jeudi à Lyon, dépasse déjà le cadre judiciaire et s'invite dans les débats politiques à un mois des municipales.

Deux autres sujets à la une de la presse régionale, d'abord Nord-Éclair, le parking payant à l'hôpital, sujet sensible face aux coûts parfois exorbitants pour les patients. L'Assemblée nationale a voté une proposition de loi qui vise à revenir au stationnement gratuit dans les hôpitaux. Et puis la dernière une, c'est celle du Télégramme, on l'a dit dans le journal Emmanuel Macron qui est en Inde. Pourquoi l'Inde compte pour Paris ? Alors que la bataille commerciale avec les États-Unis et la Chine bat son plein, l'axe Paris-New Delhi pèse dans la santé commerciale française. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:14
Bernard Fialaire

Forcément de la première, ce drame qui s'est produit à Lyon avec la mort de ce jeune homme. Je pense qu'au-delà des considérations politiques, voire même des récupérations qui pourront en être faites, c'est quand même la mort d'un jeune homme et qui ne peut pas nous laisser indifférents. Surtout pour des parlementaires dont le rôle, c'est justement de parlementer, d'organiser des débats sur les idées pour que justement on n'en soit pas réduit à ces affrontements violents qui sont une régression à l'état animal, on peut le dire.

1:57
Présentateur

Vous qui êtes issu de ce territoire, vous pensiez en arriver là, à ce point ?

2:01
Bernard Fialaire

Alors, pas spécialement sur ce territoire. Je crois qu'on parle beaucoup de Lyon parce que c'est une ville universitaire. Il y a d'autres villes, vous savez, j'ai mené la mission sur l'antisémitisme d'enseignement supérieur. On voit que les débordements, les exactions sont, hélas, dans tous les milieux universitaires. Et on peut d'ailleurs s'interroger pourquoi cette jeunesse qui fait partie, qui fera partie, on peut dire presque d'une élite qu'on alimente dans une université, peut arriver de temps en temps à avoir des éléments qui se réduisent.

2:36
Présentateur

Mais là, est-ce qu'on franchit un cap dans la violence politique ? Est-ce que vous craignez un cycle de violence politique ?

2:42
Bernard Fialaire

Je ne le souhaite pas, non. Je crois qu'à tout moment, on doit craindre des débordements de violence et le fait que ça s'enchaîne. Je pense quand même que lorsqu'il y a une telle brutalité dans les propos, déjà par exemple à l'Assemblée nationale, il ne faut pas s'étonner que cette brutalité se transforme après en violence sur les territoires. Je crois que de tout temps, ça existait, ces débats qui débordaient.

3:06
Présentateur

Ça veut dire qu'il y a une responsabilité politique dans ce climat de violence, selon vous ?

3:11
Bernard Fialaire

Oui, je pense qu'il y a une responsabilité politique.

3:13
Présentateur

Est-ce que comme Maude Bréjon, c'est la parole du gouvernement, elle a dit hier qu'il y a une responsabilité morale de la France insoumise dans cette agression mortelle ?

3:20
Bernard Fialaire

Il y a une responsabilité morale de la France insoumise, certainement, comme d'autres camps peuvent aussi de temps en temps avoir une responsabilité morale lorsqu'ils tiennent des propos qui peuvent être interprétés subtilement et être détournés pour une violence qu'on ne devrait pas voir.

3:41
Présentateur

Est-ce qu'il faudrait envisager une commission d'enquête parlementaire sur ce qui s'est passé ?

3:45
Bernard Fialaire

Alors qu'il y ait une commission d'enquête parlementaire pour voir comment on dérive de l'organisation d'un débat qui paraît tout à fait légitime. On vient d'ailleurs de voter sur la liberté académique, sur ce qui doit se passer, la liberté d'expression et la façon dont certains les instrumentalisent en sachant très bien ce qui va se passer en périphérie de ce débat. Lorsqu'on invite Rima Hassan, honnêtement, de nos jours, on sait que ce n'est pas pour prêcher, le président de la République est en Inde, ce n'est pas une guira Gandhi qu'on invite. C'est parfois des propos qui sont violents et qui incitent après à des réactions aussi désastreuses.

4:35
Présentateur

Le procureur de la République de Lyon a refusé hier de détailler le profil des agresseurs, disant qu'il fallait attendre, mais la jeune garde est citée par le groupe d'extrême droite Némésis et par certains membres du gouvernement, comme liés à la mort de Quentin. Le groupe, aujourd'hui dissous, conteste ces accusations. Mais pour bien comprendre ce qu'est ce groupe, Stéphane, vous revenez sur son histoire. Il a été créé à Lyon en 2018.

4:59
Invité

Oui, notamment à l'initiative de Raphaël Arnaud, qui est devenu depuis député de la France insoumise du Vaucluse à partir de la dissolution. Alors, la jeune garde antifasciste, c'est son nom complet, ce n'est pas vraiment une association classique avec des statuts déclarés en préfecture. C'est une organisation qui est considérée par le gouvernement comme un groupement et qui contrait une centaine de membres dans toute la France. Son organisation était jusqu'à sa dissolution pyramidale, avec à sa tête un porte-parole, un rôle qu'a occupé longtemps Raphaël Arnaud jusqu'à son élection en tant que député.

Il existe des branches de la jeune garde à Lyon, mais aussi à Paris, Lille, Strasbourg ou encore Montpellier.

5:36
Présentateur

Comment se définissait la jeune garde antifasciste avant sa dissolution ?

5:39
Invité

Alors, c'est un groupe qui se présente comme une réaction d'autodéfense face à des organisations d'extrême droite violentes, certaines néonazis qui sont très présentes, notamment à Lyon. Son slogan, c'est « Face à l'extrême droite, réponse immédiate ». Et la jeune garde est aussi reconnaissable avec ses trois flèches dirigées vers la gauche. C'est une référence au groupe d'autodéfense socialiste français dans les années 1930. Cette organisation se voulait aussi assez proche de la gauche associative, syndicale, politique, en manifestant par exemple contre la réforme d'Ertat en 2021, où on est en proche de la France insoumise.

6:12
Présentateur

Et cette organisation, Stéphane, elle est aussi citée dans plusieurs actions violentes.

6:16
Invité

Et c'est ce qui a motivé sa dissolution en juin 2025. Elle a été décidée en Conseil des ministres, à l'époque à la demande du ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot. Le gouvernement cite dans le décret de dissolution de la jeune garde plusieurs actes violents qui se sont produits entre 2018 et 2024, à Paris, Lyon ou encore Strasbourg. Certains qui ont d'ailleurs donné lieu à des condamnations. La dissolution était donc justifiée parce que la jeune garde provoque, je cite, « des agissements contre les personnes et les biens ». C'est ce que dit le décret. C'est en effet un des motifs de dissolution prévue par la loi.

6:49
Présentateur

Mais la jeune garde a effectué un recours contre cette dissolution devant le Conseil d'État.

6:54
Invité

Oui, et ce recours, il ne suspend pas la dissolution. Donc la jeune garde est toujours dissoute aujourd'hui. Une audience devait d'ailleurs avoir lieu mercredi dernier, le 11 février, devant le Conseil d'État. Mais elle a été reportée sans motif et sans date pour le moment. Le recours contre cette dissolution était notamment soutenu par la France insoumise qui demandait au gouvernement d'abandonner la procédure. Pour autant, la présidente du groupe La France insoumise de l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, considère aujourd'hui que ce mouvement est bel et bien dissous.

Et elle affirme que son mouvement, à elle, La France insoumise, coupera les liens avec toute personne ayant participé aux violences. C'est ce qu'elle a dit hier sur LCP. On l'écoute. Nous n'avons rien à voir avec des gens qui frappent des hommes à terre. Mais quant à la jeune garde, je répète que la jeune garde ne peut pas être impliquée en tant que telle dans ce drame puisqu'elle est dissoute. Il n'y a plus de commandement, il n'y a plus de… Donc, s'il y a des gens ex-jeune garde qui se trouvent dedans, j'appelle à ce qu'ils soient punis.

7:47
Présentateur

Voilà, et on le disait, le procureur, il a refusé de détailler le profil. Mais selon les informations de France Info, cinq suspects ont été identifiés, dont certains sont connus des services de police et certains ont été fichés S pour avoir appartenu au groupe La Jeune Garde.

8:01
Invité

Donc, on le disait, la jeune garde, elle a été créée à Lyon. Vous êtes sénateur du Rhône, Bernard Fialère. Est-ce que vous avez déjà rencontré ou croisé des membres de la jeune garde dans le cadre de vos activités d'élus locaux dans le département ?

8:11
Bernard Fialaire

Non, non, non, je n'ai jamais rencontré des jeunes. Alors, j'ai hélas assisté à des manifestations avec des brides vitrines, des dégradations importantes par ce qu'on appelait les « bad luck » qui arrivent en fin de manifestation. Et on voit bien qu'il y a tout un mélange de gens qui sont excités, instrumentalisés pour faire des dégâts.

8:41
Invité

Parlez-nous un peu du contexte local, parce qu'on le disait, à la fois la création de la jeune garde, mais la dissolution de ce mouvement comme d'autres. Par exemple, les mouvements d'extrême droite, le bastion social, Génération Identitaire. À Lyon, il y a beaucoup d'affrontements entre groupes d'extrême gauche et d'extrême droite. Comment expliquer que ces affrontements se poursuivent malgré ces dissolutions qui se succèdent ?

9:02
Bernard Fialaire

Alors, vous savez qu'il y avait une tradition, on peut dire universitaire d'extrême droite, par exemple de négationnistes, etc., qui entretiennent un mouvement et finalement un environnement qui va jusqu'à la violence. Donc, en réaction, vous avez après aussi des systèmes d'extrême gauche. Vous avez quand même un grand nombre, il faut le voir, par exemple, de parlementaires LFI, maintenant, qui ont été élus sur la métropole lyonnaise, dont vous-même, vous venez de le dire, il y a des liens entre ces mouvements violents de jeunes d'extrême gauche et LFI, de toute évidence.

9:47
Présentateur

Comment vous expliquez que Lyon soit une terre un peu historique d'affrontements entre ultra-droite et ultra-gauche et pourquoi on n'arrive pas à l'enrayer ?

9:57
Bernard Fialaire

Alors, vous savez, dans la jeunesse, il y a toujours une forme de romantisme révolutionnaire, on peut dire ça, ce qui peut sensibiliser. Lyon, c'était quand même d'abord la capitale de la résistance. La capitale de la résistance a été même, sous la Révolution française, en revanche, des réactions aux séparaisianistes. C'est ces sensations, si vous voulez, en province où vous pensez incarner une résistance et où vous devez peut-être en faire plus que les autres pour être reconnu. Donc, il y a sûrement des tas de facteurs sociologiques, psychologiques. Je ne suis pas un scientifique suffisamment éclairé pour pouvoir l'expliquer.

Mais on le perçoit, des gens qui veulent aller un petit peu plus loin pour exister.

10:47
Présentateur

Stéphane ?

10:48
Invité

Sur votre vécu, vous parlez tout à l'heure de bris de vitrine. Est-ce que vous avez déjà assisté à des réunions qui ont pu être perturbées par des mouvements d'extrême droite ou des mouvements d'extrême gauche ?

10:58
Bernard Fialaire

Non, honnêtement, non. Alors, j'ai enquêté, je vous ai dit, sur l'antisémitisme d'enseignement supérieur. Et là, j'ai découvert qu'il y avait effectivement des moments comme ça, dans ces lieux restreints où il devrait surgir la lumière. Eh bien, au contraire, des régressions qui sont la négation même de la démocratie telle qu'on souhaite la voir se développer.

11:25
Présentateur

– On va parler de l'actualité du Parlement, maintenant, Bernard Chialaire. Et l'actualité au Parlement, c'est l'Assemblée nationale qui a donc entamé hier la seconde lecture de la loi sur la fin de vie. Un texte modifié et rejeté par le Sénat qui avait supprimé la création de l'aide à mourir. Le texte est donc revenu hier en séance à l'Assemblée. On va écouter le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifousse.

11:47
Locuteur non identifié

– Nos débats doivent s'inscrire dans cet héritage. Les textes qui vous sont soumis et nos débats sont aussi le fruit d'un travail collectif et exigeant. Près de dix rapports, une convention citoyenne, quatre années de réflexion à laquelle l'Assemblée nationale a largement pris sa part. C'est pourquoi les deux propositions de loi ne s'opposent pas. Elles sont les deux faces d'un même engagement. Ne jamais abandonner, toujours écouter la volonté de la personne.

12:19
Présentateur

– Les deux propositions de loi, c'est celle sur les soins palliatifs et celle sur la création de l'aide à mourir qui avait été balayée par le Sénat. Est-ce que vous souhaitez que l'Assemblée nationale la rétablisse, cette aide à mourir ?

12:31
Bernard Fialaire

– Oui, on s'est exprimé. D'ailleurs, je voudrais corriger quelque chose qui n'a pas été bien transmis. Ce qui a été refusé, rejeté au Sénat, ce n'est pas le texte de l'Assemblée nationale, c'est le texte tel qu'il avait été modifié par la Commission des Affaires Sociales du Sénat et qui était sincèrement inacceptable pour les gens qui sont pour un droit à l'aide à mourir.

12:55
Présentateur

– Qui avait complètement vidé de sa substance.

12:56
Bernard Fialaire

– Tout à fait, vidé sa substance. Simplement, il y a eu une manœuvre tactique de la part des plus farouches opposants à l'aide à mourir qui, après avoir fait partie d'une majorité qui proposait ce texte, a voté contre, mêlant leur voix à ceux qui voulaient justement ce retour, pour faire passer le message que le Sénat refusait ce texte. Ce n'est pas vrai, je pense que l'aide à mourir au Sénat n'est peut-être pas aussi minoritaire qu'on veut le dire. Après, que la Commission ait souhaité y mettre beaucoup d'amendements qui, à mon avis, étaient un peu trop restrictifs, mais ça c'est le débat et je respecte d'ailleurs la conscience.

13:39
Présentateur

– Avec un texte de la Commission qui a été remodifié en séance.

13:42
Bernard Fialaire

– En séance, on a complètement… Alors, il y a eu plusieurs manœuvres, c'est assez important. Premièrement, on dit qu'il y a deux textes. On a commencé au Sénat par la fin de vie, avant de parler des soins palliatifs. Et tout le débat d'ailleurs était sur, on ne peut pas accepter ce texte parce qu'il n'y a pas de soins palliatifs. Si on l'avait voté en premier, une partie du débat aurait été réglée. La deuxième chose, on a inversé les articles pour aborder d'emblée ce fameux article 4 qui définit les conditions. Et toutes ces manœuvres ont abouti au fait que… Et on se demande d'ailleurs si elles n'ont pas été tout à fait calculées pour un rejet du texte et qui est passé après dans les médias.

Et là, moi je compte sur les journalistes, sur vous, pour bien faire passer le message que le message qui a été envoyé par le Sénat, c'est un refus du texte de l'Assemblée nationale. C'était un refus du texte tel que proposé par la commission du Sénat.

14:36
Présentateur

Oui, mais donc une partie des sénateurs ne voulait pas du texte qui était celui de l'Assemblée nationale. Il y a quand même une partie des sénateurs qui ne voulait pas de l'aide à mourir.

14:44
Bernard Fialaire

Oui, alors il y a deux choses. Il y a une partie des sénateurs qui ne veulent pas de l'aide à mourir. Il y a une partie des sénateurs qui ne veulent pas… Ils étaient majoritaires du texte de l'Assemblée nationale. Et ça, on peut le comprendre. Et d'ailleurs, ce qu'on craint les plus farouches opposants, c'est qu'on aurait été prêts à voter un texte qui était moins satisfaisant, mais qui au moins levait le verrou et était un premier pas dans une aide active à mourir. Et sans t'en venir ce message, c'est bien pour ça que les plus farouches opposants ont eu cette manœuvre qui a fait tomber le texte et qui après a été reprise dans la population.

Moi qui m'y suis opposé, par exemple, parce que je trouve qu'il va pas assez loin, je suis inondé de messages de félicitations pour avoir refusé l'aide à mourir. C'est bien preuve que le message n'est pas passé comme il faut, donc je compte sur vous pour rétablir.

15:37
Présentateur

Est-ce que vous souhaitez que le texte revienne rapidement au Sénat et est-ce que vous pensez que les débats en seconde lecture seront plus apaisés ?

15:44
Bernard Fialaire

Je le souhaite. À un moment où, sincèrement, la population compte sur le Sénat pour avoir un débat apaisé, avec une certaine sérénité, une hauteur de vue, ce que doit être le Sénat, je souhaite que très vite le texte revienne. Je pense que beaucoup de sénateurs feront peut-être abandonnerable et au moins accepteront de débattre. Moi, je respecte toute la liberté de conscience de chacun, le fait que tout le monde puisse s'exprimer, débattre, puisse arriver à nous convaincre, même s'il le faut, mais qu'on en débatte et que c'est quand même la négociation même, à la fois du Parlement et du rôle du Sénat, que de refuser de discuter sur un texte aussi important pour la condition humaine.

16:34
Présentateur

Il y avait une réunion hier entre Sébastien Lecornu, Gérard Larcher, les présidents de groupes parlementaires, et selon les informations publicsénat.fr, seul le texte sur les soins palliatifs pourrait revenir au Sénat et pas celui sur l'aide à mourir. Est-ce que ça, ce serait une bonne solution ?

16:49
Bernard Fialaire

Que le texte sur les soins palliatifs revienne, oui, très bien. Éviter, empêcher le retour sur la fin de vie. Quand on voit quel est le débat dans l'opinion publique, quand on voit qu'il y a eu une convention citoyenne qui en a fait avec la plébiscité, que le Conseil consultatif national d'éthique est pour, que l'Académie de médecine est pour, qu'un grand nombre de débats donnent un avis favorable, ce serait, comme je le dis, ce serait indigne, ce serait même une honte de la part du Sénat que de refuser d'aborder ce sujet.

17:24
Présentateur

Bernard Seller, vous êtes élu du Rhône, de la région Auvergne-Rhône-Alpes et des Alpes françaises, qui accueilleront donc les JO dans 4 ans. C'est la deuxième semaine des Jeux Olympiques à Milan-Cortina, en Italie, qui se passe bien pour la France, qui bat son record de médaille. Vous les regardez, vous, CGO ?

17:38
Bernard Fialaire

J'essaye le soir d'avoir un petit peu le compte-rendu pour voir ce qui se passe. Sincèrement, c'est des émotions assez fortes. Je trouve que c'est ce phénomène un petit peu magique des Jeux Olympiques. Je ne parle pas d'initialement la vision du baron de Coubertin de permettre à une jeunesse du monde entier de s'affronter, justement. Non pas en se battant, mais en ayant une compétition. C'est quelque chose d'important. Et puis après, les prouesses techniques, l'évolution des sports et les émotions que ça peut nous provoquer, c'est quelque chose d'important.

18:12
Présentateur

Alors, j'imagine que vous les regardez avec d'autant plus d'attention, au-delà des exploits sportifs des Français, que ce sont donc les Alpes qui vont accueillir les prochains JO. Et sur le même concept, c'est un concept un peu nouveau. C'est un concept éclaté, là, en Italie, à 7 sites. Ce sera à peu près pareil en France. Il y aura 4 grandes zones. Ça va de Nice à la Haute-Savoie. Est-ce que, pour vous, Milan Cortina, c'est un exemple de réussite ?

18:33
Bernard Fialaire

Pour l'instant, ça semble être un exemple de réussite. Même, d'ailleurs, sur la sécurité, sans l'intervention de Haïs pour conforter la police italienne. C'est preuve que, oui, les Italiens sont capables de... L'ère des Alpes, que ce soit en Italie, mais j'espère après, en France, ait quelque chose d'assez premier.

18:53
Présentateur

Vous avez raison d'espérer, parce que chez nous, l'organisation, elle est quand même un peu plus compliquée. Il y a une crise au sein du COJOB, du comité d'organisation de CGO, avec des démissions en série. Est-ce que ça vous inquiète sur la faisabilité de CGO ?

19:06
Bernard Fialaire

Alors, ce qui m'inquiète, c'est, je l'ai dit, au-delà de l'esprit des jeux et des performances qu'on peut voir, il faut savoir qu'il y a tout autour une organisation qui est quelque chose d'important, Il y a aussi les contrôles, et d'ailleurs, nous avons débattu et nous avons voté sur ce contrôle. On sait ce qu'est la financiarisation, par exemple, du sport, avec ses excès. Il y a d'autres excès, comme dans le dopage, qu'il soit technique ou humain. Et il y a donc toutes ces dérives sur lesquelles il faut veiller pour bien les encadrer et dire qu'il y a des choses qui ne doivent pas se produire.

Alors, l'organisation, souvenez-vous quand même des Jeux olympiques d'Alberville, au début, Jean-Claude Quilly devait les organiser tout seul. 92. C'était très tourmenté et on a adjoint Michel Barnier pour apporter un petit peu de sagesse et ça a été une réussite.

20:02
Présentateur

Mais il faut faire la même chose. Vous allez auditionner Edgar Groupiron.

20:06
Bernard Fialaire

Oui, on a auditionné déjà plusieurs fois, même déjà Edgar Groupiron au début. Il faut, pour qu'une équipe gagne, il faut qu'elle s'entende bien.

20:16
Présentateur

Mais est-ce qu'à un moment, il faut aussi que le pouvoir politique tape du poing sur la table ? Est-ce qu'Emmanuel Macron, est-ce que Sébastien Lecornu doivent s'engager sur le dossier ?

20:23
Bernard Fialaire

Oui. Le président de la République, il y a aussi les régions qui mettent de l'argent, qui doivent aussi avoir leur mot à dire pour qu'on ait une organisation qui soit digne de cet événement.

20:37
Présentateur

Allez, on va parler de ce qui se passe de cet épisode météo et de ces pluies qui n'en finissent pas. La France qui bat des records de CRU. Trois départements placés en vigilance rouge. La Gironde, le Lot-et-Garonne, le Maine-et-Loire, où nous nous rendons à Angers. Bonjour Thierry Lardeux, merci beaucoup d'être avec nous, journaliste à Angers Télé. Thierry, c'est l'inquiétude, on imagine chez vous à Angers, dans le Maine-et-Loire, le département, on le disait, est en vigilance rouge pour CRU. C'est une situation inhabituelle. On en est où ce matin ?

21:06
Locuteur non identifié

Oui, c'est une situation inhabituelle. On n'a pas vu ça depuis 20 ans, presque 30 ans. Le département est passé en vigilance rouge parce que la Loire est très haute. La Maine également. Et comme la Loire est haute, ça fait un effet de bouchon. Elle n'arrive pas à s'évacuer. On le voit là sur ces images. Au pont de Verdun, elle a atteint 6,20 m ce matin. En 1995, c'était la CRU du siècle. Elle a atteint 6,66 m. On n'en est pas encore là, mais ça va encore monter. Et la conséquence majeure ce matin, c'est que les voies sur berge des Trémy qui traversent Angers, qui passent sous le fameux château, elles vont être volontairement inondées pour éviter qu'il y ait des dégradations sur l'ouvrage.

Il y a 60 000 véhicules qui passent par jour. Donc, grosse difficulté de circulation à prévoir. Donc, la Maine est au plus haut sur Angers. Et puis, tout autour également, parce que les autres rivières, que ce soit le Loire, la Mayenne, la Sarthe, sont très, très hautes. Et puis, bien sûr, la Loire, il y a des inquiétudes au niveau des Poncey, au niveau de Saumur. Et le problème, c'est qu'il va continuer de pleuvoir. Pas forcément aujourd'hui, mais la pluie fera son retour mardi soir, ce soir et mercredi. Donc, il y a une très, très grande vigilance, notamment pour tous les riverains qui habitent en bord de Maine ou au bord de Loire. Ils sont très nombreux dans le Maine-et-Loire.

22:17
Présentateur

Oui, justement, Thierry, est-ce que les secours ont déjà procédé à des évacuations ?

22:22
Locuteur non identifié

Alors, il n'y a pas encore eu d'évacuation massive. Le préfet de Maine-et-Loire, qui tient une cellule de crise, je dirais presque heure par heure, a demandé aux riverains qui habitent dans ces zones, on va dire, à risque, prennent déjà leurs précautions, n'attendent pas le dernier moment pour partir de leur habitation. Ce n'est pas toujours évident, parce que ce sont des personnes qui vivent dans ces hameaux isolés depuis longtemps. et qui ont une certaine habitude de s'écru. Pour l'instant, ils restent là. Il y a eu quelques évacuations, quand même, du côté des poncées ou de données, où la Loire est extrêmement haute.

Mais pour éviter, justement, de revivre ce qu'on a vécu en 1995, 11 000 personnes avaient été évacuées du côté de Cheffes-sur-Sarthe. Voilà, on demande à ces riverains de prendre des précautions, mais pas encore d'évacuation majeure. Par contre, la vigilance reste de mise, puisque, je vous le disais, l'eau va encore monter. Il y a une certaine incertitude. On va peut-être dépasser cette rue du siècle de 1995. Et on se demande, même si la digue de la Loire va tenir, au-delà de 5,85 m, au-delà de 6 m, il pourrait y avoir des évacuations massives sur tout ce bassin avec 20 000, 25 000 personnes qui pourraient être concernées.

Donc, ici, on est très vigilants et on regarde la Maine et la Loire monter pratiquement minute par minute.

23:41
Présentateur

– Merci beaucoup. Merci Thierry Lardeux. On était ravis de vous accueillir dans cette émission, journaliste à Angers Télé. Et merci également pour vos images. On les a vues. Merci beaucoup, Thierry Lardeux, d'avoir été avec nous. Un mot, Bernard Chalère. Même si le département du Rhône n'est pas actuellement concerné par ces vigilances, quel regard vous portez sur ça ? Est-ce que ça vous inquiète sur les conséquences du réchauffement climatique ? Et est-ce que, quelque part, il faut accentuer la prévention, l'aménagement du territoire face à ces crues et à ces épisodes météo qui se multiplient ?

24:13
Bernard Fialaire

– Alors, savoir si ça vient du réchauffement climatique, moi, je laisse ça aux scientifiques pour dire… Moi, je suis particulièrement sensibilisé, si vous voulez, aux inondations. Pour tout vous dire, mes parents se sont rencontrés, un était rive droite, l'autre rive gauche de la Saône, juste avant une crue centenale et qui ont coupé les ponts. Et s'il n'y avait pas une décrue rapide, je ne serais même pas là pour vous répondre à vos questions. C'est pour dire à quel point, c'est d'avoir… – Non, mais plus sérieusement, je crois que la prévention est quelque chose d'important. Dans mon département, dans la commune dont j'ai été maire, on a connu des inondations.

L'inondation historique la plus haute connue, elle date de 1848. Ça veut dire que c'est des phénomènes qui vont revenir. Est-ce qu'ils vont revenir plus fréquemment ? Peut-être. En tout cas, il faut s'en prévenir et prendre toutes les dispositions. D'ailleurs, les crues qui courent actuellement en Gironde sont connues. Elles ont déjà eu lieu. Il y en a certaines il y a 20 ans. Donc, l'important, c'est de ne pas avoir la mémoire trop courte, de ne pas l'oublier et de bien prendre ses précautions.

25:18
Présentateur

– Merci Bernard Schaller. – Merci d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. – Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage Société Radio-Canada