«SOYONS FIER·E·S DE L'AVENIR QUE NOUS CONSTRUISONS» - Mathilde Panot
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- 7:00Mathilde PanotFait
« Macron continue et aggrave les politiques menées contre le peuple par Sarkozy et Hollande avec encore plus de saccages de l'environnement, plus de misère plus de violence dans notre société moins de démocratie. »
- 8:30Mathilde PanotChiffre
« Lorsque Macron supprime l'impôt sur la fortune presque dans sa totalité et instaure une taxe sur le capital favorable à ses amis, ce sont neuf milliards d'euros par an qui sont perdus pour notre budget à toutes et tous : le budget de l'Etat. »
- 10:30Mathilde PanotFait
« Le problème de l'immigration est mal posé dans notre pays. La question posée inlassablement est celle des possibilités d'accueil : c'est une question sérieuse qu'il faut envisager avec précision, mais l'impératif brûlant de notre époque tient à une question tragiquement simple : combien de temps encore allons-nous laisser ces dizaines de milliers d'immigrés disparaître dans la Méditerranée ? »
- 14:30Mathilde PanotFait
« En 2016, la France a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre. Ce n'est pas anodin. »
- 17:30Mathilde PanotChiffre
« L'an dernier 82 % des gains de l'économie mondiale ont été accaparés par les 1 % par les plus riches de l'humanité. En France, il y a bientôt 600 000 millionnaires. Nous sommes le premier pays d'Europe en nombre de millionnaires. »
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Bonsoir à toutes et à tous Comme vous le voyez Mathilde m'a fait l'honneur de me demander de vous accueillir. Donc bienvenu à ses premiers vœux de notre députée Mathilde Panot Merci aussi pour leur présence à Philippe Bouyssou, maire d'Ivry, et à tous nos collègues élus de la circonscription et de plus loin j'en ai vu dans la salle. Merci à Oscar Castro, Sylvie et à toute l'équipe du théâtre Aleph de nous accueillir dans ce lieu de création et de partage.
C'est, pour moi et de nombreux amis présents ce soir, émouvant d'être dans ce lieu qui nous a généreusement et courageusement accueillis plusieurs fois en 2017 en présence à chaque fois de Mathilde pour des moments très forts d'hommage à la rédaction de Charlie Hebdo et à toutes les victimes du fondamentalisme et de rappel de notre détermination à ne rien céder sur le terrain de la liberté de conscience et d'expression. A chacune et à chacun, nous souhaitons une belle et heureuse année malgré un contexte difficile et porteur de lourds dangers.
En France, Macron continue et aggrave les politiques menées contre le peuple par Sarkozy et Hollande avec encore plus de saccages de l'environnement, plus de misère plus de violence dans notre société moins de démocratie, notamment à la poursuite de la réforme territoriale qui éloigne davantage les citoyens des centres de décision. Au plan international, des reculs terribles font fondre l'espoir d'un avenir commun de l'Humanité face aux défis multiples liés au réchauffement climatique, à la disponibilité de l'eau, à l'extension des famines et des pandémies.
Partout dans le monde, les pouvoirs despotiques qui torturent et bafoue les droits de leurs peuples bénéficient de la caution de nos gouvernants. En ce début de siècle, nous voyons voyons avec écoeurement et inquiétude la concurrence entre grandes puissances, y compris la France, se traduire par la multiplication des guerres dans plusieurs endroits de la planète avec le risque de déflagrations encore plus graves dans un proche avenir. Comment ne pas évoquer, ce soir, la situation tragique de la ville d'Afrin au Kurdistan syrien, victime de l'agression du régime du fasciste Erdogan sous le silence complice des grandes puissances ?
Nous ne pouvons rester inertes face à ce nouveau Guernica, cet écrasement de la République démocratique du Rojava, expérience unique dans la région d'un régime respectueux du droit des femmes et des minorités. L'humanité éprise de justice et de liberté doit exprimer une solidarité agissante au peuple kurde et à ses combattants de la liberté. Nous vous invitons à participer nombreux aux manifestations de solidarité avec le peuple d'Afrin qui auront lieu tout ce week-end. Oui ! Face à toutes ces régressions, nous ne devont pas céder au désespoir, à la division et à l'inaction.
En ce début d'année, l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui constituait une aberration écologique et économique montre comment, malgré d'énormes obstacles, une lutte peut être victorieuse si elle est suivie dans le temps - cinquante ans - et qu'elle s'appuie sur un travail opiniâtre d'explications permettant la mobilisation populaire.
Dans les quatre villes de la circonscription, au conseil municipal d'Ivry avec mon camarade Ali Algoul qui va arriver, la France Insoumise va poursuivre le travail engagé depuis deux ans, rassembler les citoyens, réfléchir et agir avec eux pour répondre aux urgences écologique, sociale et démocratique auxquelles nous sommes confrontées ici et dans tout le pays. Nous continuerons aussi à mobiliser pour la paix et la solidarité avec les hommes et les femmes en lutte pour la liberté et la justice au Kurdistan, en Palestine, dans le Rif, dans le Zam : partout dans le monde.
Dans ces combats, nous pouvons compter sur notre députée Mathilde Panot Depuis son élection, au côté des autres député·e·s de la France Insoumise Mathilde a montré son dévouement et son sérieux dans la défense des intérêts du peuple et la promotion de notre projet émancipateur. Je suis heureux et fier de lui céder la parole. Bonsoir à toutes et à tous, Merci Mourad. Merci à vous les ami·e·s. Je suis très heureuse de vous retrouver dans ce théâtre aujourd'hui, au théâtre d'Aleph, qui comme l'a dit Mourad, nous a accueilli plusieurs fois Je les remercie là encore de nous accueillir.
Un grand merci chaleureux à eux de nous accueillir dans ce beau théâtre, théâtre qui unit histoire culturelle et histoire militante, où de ces deux engagements pour notre vie commune, s'annonce chaque année au rythme si léger de la création les possibilités d'une vie nouvelle et d'espoir renouvelé. Merci à vous toutes et tous d'être ici, à celles et ceux qui sont présents ce soir dans cette salle ou qui nous suivent en ce moment sur internet. Je vous présente à toutes et à tous mes meilleurs voeux pour l'année à venir et je tiens à saluer ici la présence du maire d'Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou.
Je ne sais pas où il est, mais je le salue Et surtout, pour commencer, je tiens à remercier vraiment du fond du cœur les militantes et les militants qui ont agi pour que cette soirée existe et, en premier lieu bien sûr, mon équipe : Alexandra, Helmi, Ines, Clément, Pierre-Yves et Hadrien. Merci vous êtes vraiment incroyables. Evidemment, merci Mourad, mon député-suppléant, et aussi celles et ceux, donc tous les militants des groupes d'action, Mais aussi Philippe et Raphaël qui se sont occupés du son et de la lumière. Nelly et son équipe qui, vous allez le voir, ont passé toute la semaine à nous faire des choses merveilleuses à manger.
choses merveilleuses à manger qu'elles ont fait elles-même et je pense que ça va vraiment être délicieux. donc merci à elles aussi. Flore, Daoud et son équipe qui font des vidéos : on les remercie chaleureusement. Philippe et l'équipe du service d'ordre qui s'assure que tout se passe bien. Merci à elles et eux aussi. Et enfin, merci au groupe ivryen Courant d'air chaud qui va nous faire tout à l'heure, et qui a déjà commencé à nous faire, de la musique, ce qui fait fort plaisir à entendre dans ce lieu.
Que cette année offre autant que le permette notre société au quotidien âpre parfois, qu'elle vous offre ces moments de joie et de bonheur qui à eux seuls scintillent dans nos vies comme tant de raisons de continuer. Je vous souhaite ces raisons de vivre, aux recoins des sourires d'un ami ou d'un passant, au détour d'un ciel étoilé, de proches réunis ou d'une douce soirée de printemps. Je vous souhaite de pouvoir, dans les difficultés et les tristesses qui nous accompagnent parfois, de pouvoir dégager instant l'horizon et d'éprouver ce sentiment si précieux de la fraternité humaine.
L'insoumission commence toujours et inlassablement chaque nouveau jour comme chaque nouvelle année par un refus. (Chaque fois je ne tournerai une page, je fais faire une petite pause !) L'insoumission est une énergie et une morale en même temps qu'une politique possible. À l'indifférence, l'abattement, la résignation coupable et désespérée, l'insoumission invite à opposer un refus, une désobéissance nécessaire pour surmonter les obstacles posés par quelques oligarques qui nous méprisent trop pour penser que nous puissions les surmonter ; une désobéissance à l'ordre du monde tel qu'il va et trop souvent tente de nous broyer.
Il est tôt dans l'année mais il semble aussi que pour celles et ceux qui commencent déjà à souffrir des politiques d'Emmanuel Macron, il soit bien trop tôt dans ce quinquennat. Déjà, il n'en finit pas de durer. En quelques mois à peine, il s'attaque aux piliers de notre République : l'égalité, la fraternité et la liberté permises par la puissance publique constituée par nos institutions Le Président des riches n'est pas une expression forgée par inadvertance par caprice esthétique et nous avons réussi à la lui coller comme un sparadrap et nous en sommes fort heureux.
C'est une expression claire de la réalité : lorsque Macron supprime l'impôt sur la fortune presque dans sa totalité et instaure une taxe sur le capital favorable à ses amis, ce sont neuf milliards d'euros par an qui sont perdus pour notre budget à toutes et tous : le budget de l'Etat. Le gouffre ouvert par cette réforme fiscale pourrait même s'élargir dans les années à venir : imaginez tout de même qu'en restons sur ce chiffre, ce sont 45 milliards d'euros que nous aurons perdu le temps d'un quinquennat. À ce stade, il s'agit d'un pillage organisé des finances publiques par un pouvoir acquis comme jamais à la finance.
Dans le même temps, c'est la majorité sociale de ce pays qui est attaquée sans vergogne : baisse des APL, hausse de la CSG pour les retraités, mais aussi logique de culpabilisation inhumaine des chômeurs, précarisation du marché du travail, refus d'augmenter le SMIC, suppression de centaines de milliers de contrats aidés et gel des dotations aux collectivités territoriales. Que nous préparent Macron et sa cour, sinon une société où ces fameux premiers de cordée écrasent les autres sans se soucier de la solidarité ni du devenir collectif de notre pays ? La voix qui hier flattait en se prétendant neuves laisse place à une main de fer : celle que l'Angleterre a déjà connu.
De Thatcher à Macron, c'est le même mépris, la même arrogance des riches qui pensent pouvoir s'arroger tous les droits. Ils pensent pouvoir s'arroger tous les droits s'assoir sur ceux-là même qui ont donné naissance à la France : les droits universels des êtres humains. Après avoir séduit certains de nos concitoyens par le portefeuille, Macron peut désormais incarner ce qu'il y a de pire dans notre pays : l'indifférence la plus crasse et l'inhumanité érigée en politique. Ceux qui crient par le portefeuille pourraient apprécier aussi le rejet des migrants qui constitue la raison d'être du projet de Loi Asile et Immigration.
Ces gens-là, satisfaits de payer peu quand d'autres paient tant, sont rarement les plus capables de partager, encore moins les plus enjoués à l'idée d'accueillir celles et ceux qui fuient la guerre et la misère. Le problème de l'immigration est mal posé dans notre pays. La question posée inlassablement est celle des possibilités d'accueil : c'est une question sérieuse qu'il faut envisager avec précision, mais l'impératif brûlant de notre époque tient à une question tragiquement simple : combien de temps encore allons-nous laisser ces dizaines de milliers d'immigrés disparaître dans la Méditerranée ?
Ils ne cesseront pas de s'en aller tant que nous n'aurons pas résolu les problèmes qui les font partir. Il faut s'atteler à la résolution des conflits et à une politique de développement fraternelle loin de l'agressivité du libre échange. Mais maintenant, il faut accueillir ceux qui viennent : il n'est pas possible par inaction de se rendre complices de ce qui devient, sous nos yeux lointains, le plus grand crime de masse de notre époque. La République a une histoire. La République est hospitalière. Macron trahit la République et son héritage, et à cette heure nous en portons seuls la voix à l'Assemblée. La République n'est rien sans l'Etat.
Elle n'est rien sans les services publics qui, pour le peuple entier, sont un rempart contre le marché où règne toujours la loi de la jungle. Chacun selon ses besoins : voilà ce qui est inscrit sur les frontons de nos mairies : à Ivry, au Kremlin, à Vitry et à Gentilly. Comme partout dans le pays, chacun selon ses besoins : voilà le sens profond et inamovible de notre devise républicaine "Liberté, Egalité, Fraternité". Rien de cela n'est possible ni réalisable sans la puissance publique. Macron flatte l'ego de celles et ceux qui, tombés du ciel, pensent s'être faits tout seuls ou devoir se faire tout seuls.
Nous sommes pourtant des êtres sociaux : le partage et la coopération font partie de la condition même de notre survie. Mais ces marcheurs pensent qu'ils ne peuvent compter que sur eux. À quoi bon investir dans l'hôpital public au bord du précipice puisqu'ils pourront toujours se faire soigner dans les cliniques privées ? À quoi bon un système de retraite par répartition puisqu'ils seront toujours riches ? À quoi bon le débat démocratique puisqu'ils seront éternellement contents du monde tel qu'il va ? Toujours plus de liberté anonent-ils en tous sens.
À chaque fois qu'ils entonnent le refrain, ils enlèvent impitoyablement : la liberté de prévoir pour sa famille et soi, ne serait-ce que pour quelques mois ; la liberté de pouvoir partir en vacances ; la liberté de vivre sans avoir froid l'hiver en ne souffrant jamais la faim. Ces libertés qu'ils méprisent puisqu'ils s'imaginent ne jamais pouvoir les perdre comme ils pensent ne jamais perdre le pouvoir, forts de leur appuis financiers et médiatiques. Je peux vous dire, et c'est notre intime conviction, qu'ils se trompent. Ils ont déjà fait les frais de notre travail parlementaire, de notre sérieux et de notre rigueur à la tâche. Ils ont senti que nous n'étions pas prêts à baisser la garde.
Que jamais nous ne nous l'abaisserons. Qu'au moindre amendement, quelle que soit l'heure, qui détruisait des droits sociaux, ils ne pourraient pas avancer masqués. À chaque blessure qu'ils infligent à la République sociale, nous nous opposons et tentons d'y mettre toute l'énergie. Combien elle a souffert depuis ces derniers mois ! Elle est soumise à quelques petits bourgeois sans imagination qui pensent que quelques startups numériques constituent à elles seules le futur de la Nation. Nous sommes certes les premiers opposants. N'oubliez jamais cependant que nous sommes aussi les premiers proposants.
Des centaines d'amendements, de propositions ont été déposées depuis le mois de juillet par le groupe de la France Insoumise. Chaque fois, c'est une étape décisive de l'articulation entre notre programme L'Avenir en commun et le travail législatif. À chaque nouvel amendement, ce sont de nouvelles armes que nous fournissons pour gouverner le pays : référendum sur les conditions de travail à l'initiative des salariés eux-mêmes, mise en place d'une garantie dignité, reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, droit à l'eau garanti dans la constitution, droit de mourir dans la dignité, mis en place du récépissé pour lutter contre le contrôle au faciès...
Je ne peux ici énumérer l'ensemble des propositions que nous avons formulées. Elles indiquent pour le pays une autre voie. Elles montrent que nous sommes prêts à gouverner. Nous sommes d'autant plus déterminés à faire que nous savons l'urgence d'une rupture. Son urgence absolue, le changement climatique, avance en même temps qu'il est déjà là. Les événements climatiques extrêmes vont se développer sur l'ensemble de la surface du globe et nous devons nous y adapter, aider les plus vulnérables à ne pas y succomber. Surtout il faut réorienter énergiquement nos structures économiques pour endiguer le changement climatique.
Chaque nouvelle étude présente des perspectives plus inquiétantes que la précédente. La dernière en date envisage qu'une poursuite de la trajectoire actuelle nous mènerait à un réchauffement de plus de 4 degrés par rapport à l'ère préindustrielle. Plus que jamais l'avenir sera ce que nous en ferons. En 2016, la France a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre. Ce n'est pas anodin. La reprise dans les mêmes conditions et, sans rien changer, de l'économie capitaliste nous enterrerait. Nous ne devons pas nous faire confisquer nos vies, celles de nos enfants et de nos petits-enfants par une infime portion de la population qui ne court qu'après ses profits individuels.
Il est temps que nous réorientons l'action publique. Il faut sauver l'Etat pour sauver le climat. Car c'est bien l'un des paradoxes les plus cruels de notre époque : tout le monde sait qu'il ne faut pas aller où nous allons mais nous nous y dirigeons en dépit du bon sens. C'est bien parce que celles et ceux qui nous gouvernent ont entamé une entreprise méthodique de destruction de la puissance publique. Sans puissance publique, comment contraindre les profiteurs à adopter des comportements conformes à notre survie collective ? Comment les obliger à ne pas compromettre les possibilités d'une vie meilleure ? Sans puissance publique, rien de cela n'est possible.
J'irai même plus loin : sans puissance publique adossée à la force du peuple, rien ne se fera. Si nous ne prenons pas conscience que le défi collectif qui nous attend nous engage toutes et tous, et la vie de nos descendants, nous n'y pourront rien. Pendant la campagne, ici comme ailleurs, pendant les premiers mois de mandat, j'ai pu voir partout l'intelligence populaire, la capacité de la France prête à s'engager dans ce nouveau modèle, seul à pouvoir dégager l'horizon. C'est avec vous, de vos avis, à partir de vos suggestions et de vos idées, que viennent les espoirs que je forme pour demain.
Je suis fier d'être votre députée, d'être une député de la Nation, et j'essaie chaque jour d'être à la hauteur du mandat que vous m'avez donné. Gramsci disait, et cela fait particulièrement échos aujourd'hui à l'orée de cette nouvelle année de combat : "Jje veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour, je vais faire les comptes avec moi-même et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses, je les choisis moi-même quand je me sens ivre de vie intense. Je sens cette intensité comme la promesse d'un futur possible que nous pouvons construire à partir de nos désirs solitaires". Je suis une militante politique.
Je reste une militante politique attachée aux discussions et aux échanges sans lesquels nous sommes laissés à nous-mêmes toutes et tous autant que nous sommes. Les inégalités ne cessent de croître dans notre pays comme dans le monde. L'an dernier 82 % des gains de l'économie mondiale ont été accaparés par les 1 % par les plus riches de l'humanité. En France, il y a bientôt 600 000 millionnaires. Nous sommes le premier pays d'Europe en nombre de millionnaires.
Et toujours, honte terrible pour notre communauté nationale, toujours 9 millions de personnes sous le seuil de pauvreté qui ont du mal à se soigner, qui ont peine à se loger pour qui il est dur de faire manger les enfants et d'imaginer pour eux des lendemains meilleurs. Et les femmes sont particulièrement et violemment touchées par la précarité. Je tiens ici, et ce soir, à me féliciter de la large libération de la parole des femmes cette année sur le harcèlement et les agressions sexuelles qui ouvre, je crois, l'espoir dans notre pays du féminisme comme projet majoritaire de notre société. Les inégalités produisent de la pauvreté : qui gagne trop ne partage pas.
Les inégalités aggrave le problème écologique : qui gagne trop pollue énormément. Les inégalités mettent en péril l'édifice républicain et démocratique : qui gagne trop s'imagine avoir droit à plus de pouvoir et d'influence. Certains n'ont, pour le pays, qu'un seul projet : maintenir un monde vaille que vaille où certains s'en mettent plein les poches sans considération aucune pour l'avenir. Chacun pour soi et sauve qui peu. Nous avons un autre projet d'époque plus solide et autrement plus organisateurs. C'est le projet que nous devons porter cette année et porterons les suivantes. Il est structuré par la planification écologique.
Nous devons faire des secteurs liés à celles-ci les secteurs d'entraînement d'une économie qui doit se diriger vers le 100 % renouvelable. Des centaines de milliers d'emplois sont en jeu ici. Mais la planification écologique ne tient pas uniquement à cela. Ce sont également nos modes de vie qui doivent être repensés : des transports plus accessibles, moins chers et moins polluants. Des rythmes de travail moins brutaux et plus raisonnables. Des temps de travail réduits. Une alimentation qui cesse de nous empoisonner. Bref : rompre avec le modèle absurde et dangereux de l'accumulation sans fin et dépourvue de toute forme de rationalité. Il se peut que cela réponde même alors logique comptable.
Combien de cancers en moins ? Combien de dépressions évitées ? Les chiffres pourraient s'améliorer. Mais ce que nous avons avant tout au cœur, c'est que les êtres humains aillent mieux. Voici l'horizon politique que nous offrons à notre époque. Ce changement passe nécessairement par une rupture avec les institutions actuelles. Pour que nous puissions vivre mieux, il faut que la République soit débarrassée de l'oligarchie qui s'est enfoncée dans une évidence trompeuse. Elle serait là pour toujours et pourrait se servir en oubliant les principes fondamentaux de la vie et pratiques républicaines.
L'oligarchie ne perçoit pas ce courant qui traverse le pays, puissant et pour longtemps, il murmure toujours le même cri du cœur que je partage quand je vois l'arrogance de certains qui pensent que le monde se limite aux horizons bornés du 16e arrondissement de Paris. Ce cri sourd s'est dégagé. Et ce cri sourd, ils ne l'entendent pas. Et La République en Marche constitue leur dernière invention pour conserver leur pouvoir. À cette occasion, l'oligarchie s'est rassemblée toute entière. Dès lors, son échec emportera la totalité du bloc qu'elle représente.
Nous nous battrons pour être les suivants, non pas par un goût de pouvoir que nous n'avons jamais eu, mais par nécessité que le peuple s'approprie sa vie collective. Que de spectateur, il devienne acteur de son histoire. C'est l'enjeu majeur que pose notre mouvement dans la vie politique de ce pays. Nous savons que l'histoire, parfois, paraît bien trop lente. Elle l'est d'autant plus à l'heure où le changement climatique nous presse d'agir vite. Macron, ce sont encore cinq années de perdues.
Mais nous pouvons déjà changer les pratiques, faire évoluer les esprits et nous préparer collectivement à présider aux destinées de la Nation, à écrire avec la Sixième République et la nouvelle déclaration des droits qui l'accompagnera, un autre monde. Et partout, je salue l'engagement de ces femmes et ces hommes qui dans leur vie privée, dans leur engagement bénévole, qui sont salariés de l'associatif, salariés des services publics, qui sont celles et ceux qui permettent de garder encore notre monde debout, qui quotidiennement se battent pour la dignité de toutes et tous. Ces personnes sont l'honneur de notre société.
Ce sont les points d'appui dans notre projet politique et de la construction de notre vie commune. Pour 2018, je nous souhaite l'élan de cette création. L'élan qui lui est conjoint : celui de la résistance. Ces élans rassemblés nous portent, dans l'action et la vie, la tête haute. Je suis fière de ce que nous sommes et heureuse de l'avenir vers lequel nous faisons signe et qui nous appelle. Et pour finir, je voulais, puisque nous sommes dans le théâtre Aleph, je voulais terminer avec les vers d'un poète chilien Ángel Parra qui écrivait dans un beau texte intitulé "Le poète face à la mer" : Depuis des siècles, j'aimais les mains de l'ouvrier, le vol de l'alouette, le vin et le pain de seigle.
Je ne dirais pas que tu es parti Plutôt que tu vas revenir. Le peuple prend son temps Il prend son temps pour grandir. Il y a un poète en mon pays Qui ne trouvera jamais le repos Jusqu'à que sa patrie en entier recouvre la liberté." Nous ne nous reposerons pas non plus et je vous souhaite vraiment une excellente année à vous et mille merci d'être venus.
Mathilde Panot