Bonjour chez vous ! du 28 janvier 2026
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous et très heureuse de vous retrouver en ce mercredi 28 janvier pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. À moins de 50 jours des municipales, notre grand débat de maires. Émission spéciale, ils seront quatre dans une demi-heure et vont confronter leur vision des enjeux de cette élection, de vos préoccupations. Sécurité, logement, écologie, ils vont en débattre pendant une heure.
Avec nous en plateau, Florence Portelli, la maire LR de Tavernier, le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle, Luc Carvounas, maire socialiste d'Alfortville et puis Denis Thuriot, maire Renaissance de Nevers. Débat donc à suivre dans une demi-heure. Et pour commencer, c'est aujourd'hui que le Sénat va se prononcer sur les textes. « Fin de vie » alors que la majorité sénatoriale a supprimé la création de l'aide à mourir. On en parle dans quelques instants avec la sénatrice LR de Seine-Maritime. Bonjour, Ernest Canaillet. Merci beaucoup d'être notre invitée. On en parlera évidemment de ces textes « Fin de vie ». Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie.
Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour, Sip Jourdain.
Bonjour, Yann.
À la ligne de ce mercredi 28 janvier, l'ancien sénateur, Joël Guerriot, condamné à de la prison de ferme.
L'ex-élu de Loire-Atlantique a été condamné hier à 4 ans de prison, dont 18 mois fermes pour avoir drogué la députée Sandrine Jossot dans le but de la violer ou de commettre une agression sexuelle du côté de la victime et de son avocat. C'est un soulagement, écoutez.
Un immense soulagement pour moi-même ce soir et puis aussi pour la cause. Je voulais que ce procès soit pédagogique sur le sujet de la soumission chimique et ses conséquences qui sont vraiment dramatiques. Je pense que vraiment, le travail effectué par la juridiction a été vraiment de qualité. C'est une décision lourde, largement en deçà des réquisitions du ministère public qui avait demandé 3 ans fermes. Là, nous sommes sur une peine de 18 mois fermes. Il n'y a pas d'exécution provisoire, ce qui implique que le débat va nécessairement être porté sur les conditions juridiques de l'infraction devant la cour d'appel. Et M. Guériot vient nous indiquer qu'il ferait appel de cette décision.
Joël Guériot qui s'est défendu en plaidant une inadvertance de sa part.
Après un long marathon, l'Assemblée nationale a adopté le budget.
Après le rejet des deux motions de censure, le texte est considéré comme adopté par l'Assemblée nationale, le projet de loi de finances dans son ensemble est transmis au Sénat, qui n'est pas plus enthousiaste que ça.
Pour nous, c'est un budget qui n'est pas satisfaisant, qui n'est pas satisfaisant pour la France, pour le pouvoir d'achat des Français. Et nous redirons ce que nous avons à plusieurs reprises, ici même au Sénat, rappelé. C'est-à-dire que nous voulions un budget, certes, mais un budget qui soit utile pour la France et les Français. C'est surtout pour nous une insatisfaction de voir que, alors même que le Premier ministre, appelé de ses voeux, avec cette formule désormais célèbre, nous proposerons, vous débattrez et vous déciderez. On a le sentiment, alors même qu'il avait renoncé à l'utilisation du 49-3, que le travail du Sénat n'a pas été suffisamment entendu.
Le ministère de l'Intérieur a publié hier les chiffres de l'immigration.
La France a délivré 384 230 premiers titres de séjour. L'année dernière, ça correspond à une hausse de 11,2% sur un an. A noter que le nombre de régularisations a lui baissé de 10,1% en 2025. 2025, année marquée par la circulaire de Bruno Rotaillot, qui avait pour objectif de durcir les conditions de ces régularisations.
Gabriel Attal est-il en route pour 2027 ?
Il a organisé hier soir la nuit de la Nouvelle République au Palais-Bronniard à Paris. L'occasion d'annoncer que le parti Renaissance deviendra Nouvelle République après les élections municipales. L'occasion aussi pour l'ancien Premier ministre de prendre rendez-vous pour la suite. Écoutez.
Et parler de l'avenir de notre pays, je pense que c'est accepter une forme de lucidité sur le fait qu'il nous faut tout requestionner. Nos réussites comme nos échecs. Notre vision du monde comme notre vision de la France. C'est un vrai exercice d'humilité pour nous tous. Il faut l'assumer.
– Et on va revenir sur ces actualités avec vous, Agnès Canagny, sénatrice apparentée à l'air de Seine-Maritime. Les textes sur la fin de vie qui seront soumis au vote du Sénat cet après-midi, on va en parler. Puis on parlera d'Edouard Philippe, puisque vous êtes également conseillère municipale du Havre et qu'il fait ce matin la une de Paris-Normandie. Et justement, on va regarder les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. Les dernières nouvelles d'Alsace interdire les réseaux, une mesure qui divise. Adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale lundi, le projet de loi prévoit l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Il ne suscite pas que de l'enthousiasme. Pour certains, la difficile mise en application risque de discréditer l'initiative. Deuxième une, c'est celle de la dépêche. Colère agricole face à face musclée à Toulouse. Des échauffourées ont éclaté hier lors de la manifestation des agriculteurs. Et puis la dernière une, c'est celle du journal du Centre. La vie sans maternité, la chute des naissances pourrait menacer les plus petites maternités et certains territoires sont déjà passés par là. De quelle une avez-vous envie de nous parler ? Écoutez, des réseaux sociaux. Parce que moi, je trouve que c'est un enjeu essentiel.
On voit aujourd'hui que cette question de l'accès aux écrans et toutes les dérives et les conséquences sur les enfants sont essentielles. Et donc, je pense que c'est une bonne chose d'interdire les réseaux sociaux. Mais c'est vrai que le vrai sujet, c'est concrètement comment faire ? Comment faire pour que les jeunes qui ont des téléphones portables de plus en plus tôt ne soient pas en permanence sur les réseaux sociaux ? Alors, je pense qu'il y a des enjeux européens pour agir auprès des plateformes. Et puis, il y a des enjeux aussi pour nous d'avoir un vrai contrôle.
– Oui, mais ça va être un sujet, parce que le texte va arriver bientôt au Sénat, ça va être un sujet d'inquiétude, de réflexion sur comment concrètement on peut mettre ça en application ? – Oui, alors je pense qu'il y a surtout un sujet d'éducation des parents à cet accès aux réseaux sociaux. Quand on discute parentalité, c'est le premier sujet d'ailleurs de conflit intrafamilial et les parents sont souvent très désarmés pour gérer cet accès aux réseaux chez leurs enfants. Donc, il faut leur donner des règles, il faut leur donner des principes à faire appliquer et puis des moyens de médiation avec leurs enfants.
– On va parler du budget, on l'a vu dans le journal, après le rejet hier des motions de censure, le budget donc considéré comme adopté par l'Assemblée nationale. Est-ce qu'avant de parler du fonds, vous dites déjà satisfaites d'être arrivées un peu au bout du chemin ? – Oui, c'est vrai que je pense qu'il y a une demande forte quand vous écoutez les Français, vos concitoyens, ils nous disent tous que l'épisode a assez duré et que maintenant il faut un budget.
Donc, c'est vrai qu'il est temps qu'on aboutisse véritablement à un budget qui va rassurer, notamment les Français, mais aussi les chefs d'entreprise et relancer, nous espérons, l'investissement parce qu'il y a plein de projets qui sont en suspens. Maintenant, je vous dirais tout ça pour ça. C'est vrai que ça a été une longue procédure qui n'a pas abouti aux résultats escomptés parce que finalement, le Premier ministre est passé en force à l'Assemblée nationale avec le 49.3, contrairement à ses engagements initiaux, voilà, et puis sur le fond, c'est vrai que le contenu ne nous convient pas vraiment. – Mais est-ce que vous nous confirmez que le Sénat ne réexaminera pas ce budget ?
Parce qu'hier, après le rejet des motions de censure, il part au Sénat, le budget, il n'y aura pas de réexamen ? Il sera renvoyé direct à l'Assemblée ? – Je pense, parce que le Sénat a déjà rendu sa copie, on a déjà débattu de longues heures, on a déjà dit quelles étaient nos priorités, notamment en ce qui concerne la préservation des entreprises, en ce qui concerne les collectivités territoriales, donc le gouvernement sait quelles sont nos lignes rouges, donc rediscuter, je pense, ne fera pas avancer le budget, donc il vaut mieux s'en laisser la copie de l'Assemblée nationale. – Est-ce que vous avez l'impression que Sébastien Lecornu, il a plus écouté le PS que le Sénat ?
– Oui, oui, parce que manifestement, il avait besoin des voix du PS pour obtenir ce compromis, donc il aura lâché beaucoup, beaucoup de concessions, qui sont tous des formes de redistribution, que ce soit la prime d'activité, que ce soit les repas pour les étudiants à 1 euro, donc on voit bien. Alors pour le Sénat, on a quand même une petite victoire, qui est celle sur les collectivités territoriales, parce que l'effort demandé est diminué par 2, puisque ce ne sera que 2 milliards pour les collectivités territoriales, et c'est vrai que ça, c'est un point de satisfaction pour nous, d'autant que pour le Sénat, c'était un point marquant. – Comment vous qualifiez-vous ce budget ?
– C'est un budget, même pas de compromis, parce que je pense qu'il fait vraiment la part belle aux idées et aux attentes du Parti socialiste, c'est au moins un budget. Donc je pense que l'enjeu, c'est d'avoir un budget, on en a un. Maintenant, on a aussi des vrais sujets sur la sincérité de ce budget. Quand je vois que la ministre des Comptes publics annonce qu'il y aura 2 milliards d'économies faites sur les agences, moi j'étais dans la commission d'enquête que dirigeait Christine Lavarde, au mieux, si on rationalise les agences, c'est 540 millions d'euros d'économies.
Donc ça veut dire derrière qu'il va y avoir des politiques publiques qui vont devoir aussi être remises en jeu, et là on n'a pas beaucoup de clarté. – Mais vous dites-moi, c'est un budget insincère ? – Je pense qu'au final, oui, et je pense qu'on n'arrivera pas forcément en dessous de la barre des 5%. – Mais il y a un mensonge de la part du gouvernement ? Il y a trop d'optimisme ? Comment vous l'expliquez ?
– Je pense qu'il y a trop d'optimisme, et je pense qu'on nous a fait des promesses et on n'a pas toutes les clés en main aujourd'hui, et que par rapport aux travaux qui ont été menés au Sénat, on sent qu'il y a un delta entre ce que nous promet le gouvernement et ce que nous considérons comme réalistes. – Selon notre baromètre d'Oxa pour Public Sénat et la presse régionale qui a été publiée hier, ce sont les Républicains qui sont les grands perdants de la séquence politique et budgétaire actuelle. Comment vous l'expliquez ? Est-ce que ça vous surprend ?
– Écoutez, non, je pense que déjà il y a un problème de fond, c'est le non-alignement de ce que pensent les députés et de ce que pensent les sénateurs, ce qui quand même parfois rend l'exercice compliqué. Et puis derrière, on voit bien que c'est vrai que ce n'est pas nous qui faisions pencher la balance aujourd'hui de la majorité pour adopter le budget, ce qui fait que nos idées ont été moins retenues que celles du Parti Socialiste qui sort quand même le grand gagnant, que ce soit sur le PLFSS avec le recul sur la réforme des retraites, que ce soit sur le projet de loi de finances. – Ça s'explique comment ? Par la sortie de Bruno Retailleau du gouvernement ? Ça a été ça le point de bascule ?
– Je pense que ça a joué, mais pas que. Mais je dirais que les LR seront peut-être sortis moins gagnants, mais tous les partis du bloc-centre finalement n'ont pas été plus entendus. – On va parler de l'actualité du Sénat, le Sénat qui se prononce aujourd'hui sur les textes fin de vie. Steve, on va revenir justement sur ces textes, ou plutôt sur l'imbroglio autour de l'aide à mourir.
– Oui, la semaine dernière, le Sénat a été saisi d'une proposition de loi adoptée l'année dernière à l'Assemblée nationale. Le texte prévoyait une aide à mourir pour des malades condamnés par la maladie, mais qui ne veulent pas être condamnés à l'agonie. Le patient serait autorisé à s'administrer lui-même le produit létal, sauf s'il n'est pas physiquement en mesure de le faire. L'enjeu du texte est simple, faut-il ou non légaliser l'euthanasie et le suicide assisté en France ?
– Des mots qui ne figurent pas dans le texte, on le précise. Mais lors de son passage par le Sénat, le texte a été vidé de sa substance.
– Séance très mouvementée la semaine dernière dans l'hémicycle, c'est Bruno Retailleau qui a tiré la première balle, écoutez.
– Je ne peux pas souscrire, quelle que soit d'ailleurs l'écriture, à une fin qui serait provoquée et qui est vraiment une rupture anthropologique dans notre civilisation.
– À l'opposition du président des LR, on s'attendait à une adoption du texte de la commission.
– Oui, en commission, les sénateurs avaient effectivement restreint la portée du droit à l'aide à mourir. Le principe d'une assistance médicale à mourir avait été adopté, formulation plus contraignante que celle de l'Assemblée nationale. Le dispositif avait par ailleurs été réservé à certains patients, ceux dont le pronostic vital est engagé à court terme, c'est-à-dire à quelques jours. Mais au moment du vote sur cette formulation, tout s'est effondré, écoutez.
– Il y a clairement des changements de position depuis hier soir sur l'aile droite de cet émixique qui fait qu'aujourd'hui, le Sénat fait de ce texte une forme d'agonie politique.
– Au final, l'article 4 qui prévoyait l'aide à mourir a été rejeté à 144 voix contre 123. Une trentaine de sénateurs à l'air ont voté contre, 51 se sont abstenus, une vingtaine d'élus centristes s'y sont également opposés. Où en est-on, Auriane, aujourd'hui ? On va vous poser la question directement, madame la sénatrice. Est-ce que l'ensemble de ce texte va être voté aujourd'hui ?
– Écoutez, je ne sais pas. C'est vrai que c'est un débat assez clivant et très partagé. D'abord, un débat qui est difficile. La question, elle est douloureuse, elle concerne tout le monde. C'est pour ça qu'elle demande, je l'ai dit en hémicycle, beaucoup d'humilité. Ça, c'est une première chose, tant cette question fait partie de l'intime et appelle aux convictions de chacun. – Juste, pardon, petit point là-dessus, mais est-ce que vous, vous avez hésité dans vos positions ou est-ce que votre opinion, elle était très claire dès le début ? Ou est-ce que ça a été compliqué ? Et les débats vous ont fait changer d'avis, par exemple ? – J'avoue que je n'avais pas une position claire au début.
Je suis, en plus, comme j'étais rapporteure, j'ai fait toutes les auditions qui ont duré un certain temps parce que ce texte a quand même eu un cheminement complexe au Sénat et donc ça a laissé le temps de mûrir, de réfléchir, etc. Et c'est comme ça que je suis arrivée à la position que l'on ne pouvait pas aujourd'hui autoriser cette assistance médicale, enfin cette aide à mourir, pardon, cette aide médicale à mourir et qu'il fallait plutôt développer et appliquer la loi Claes-Léonetti qui aujourd'hui offre des vraies possibilités, mais malheureusement n'est pas appliquée sur l'ensemble de notre territoire.
– Mais c'est difficile de légiférer sur un tel sujet qui, vous le dites, touche à l'intime. – Oui, c'est très difficile parce que d'abord, ce n'est pas un sujet politique parce qu'il y a des positions contraires au sein de chacun des groupes politiques de notre Assemblée, primo, et deuxièmement, c'est un sujet qui fait souvent appel à du vécu, à des convictions, à beaucoup d'humanité. Donc comme tous les projets de société de bioéthique, c'est des sujets qui sont très difficiles. Après, voilà, chacun a ses convictions. Moi, en ce qui me concerne, je considère que je voterai le texte tel qu'il est sorti du Sénat, à savoir même s'il n'est pas parfait… – Sans l'article 4.
– Sans l'article 4 et qui, effectivement, prônent un renforcement de la loi Claes et Léonis.
– Mais qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que le Sénat, finalement, il ne sert pas à grand-chose ? Parce que sur cet article 4, c'est quand même le dispositif central de ce texte fin de vie, il n'existe plus. Et donc, ça va être la copie de l'Assemblée nationale qui sera retenue au final.
– Écoutez, si la version du Sénat n'est pas adoptée aujourd'hui, moi, non, le Sénat ne sert pas à rien puisqu'il fait part d'une position. Moi, ce qui me semble aujourd'hui, quand j'entends et je rencontre, c'est qu'il n'y a pas, contrairement à ce qu'on a fait croire, une espèce de vent fort pour l'adoption de cette aide à mourir. Et que, quand vous entendez les Français, ils sont eux-mêmes très partagés. Il y a vraiment des pour, des contre, et il n'y a pas une majorité écrasante. Et a fortiori, quand vous entendez des soignants, qui sont tous très, eux, majoritairement, contre l'euthanasie et le suicide assisté, il faut les appeler un chat par un chat.
– La Convention citoyenne avait quand même abouti à une majorité qui était assez forte. C'était 76% qui étaient favorables à la création. Pour vous, ça ne reflète pas forcément l'opinion publique ? – Non, je pense que ça ne reflète pas forcément l'opinion publique. Ça ne reflète pas forcément ce que j'entends. et qu'aujourd'hui, je pense que l'opinion publique évolue aussi, en fonction des différents discours.
Quand vous tenez toujours un discours unique en disant il faut absolument donner le droit à mourir aux personnes qui le souhaitent parce que ça existe en Belgique, parce que ça existe aux Pays-Bas, parce que ça existe dans l'Oregon, c'est vrai qu'à un moment donné, ça imprime l'opinion publique. Aujourd'hui, il y a une réflexion qui est plus ouverte. Moi, je ne sais pas ce qui l'aboutira. Mais ce que je trouve intéressant aujourd'hui, c'est qu'il y a un vrai débat sur ce sujet.
Il n'y a pas un côté un peu politique, politicien ? Notamment, on a vu cette offensive très forte de Bruno Retailleau. Est-ce qu'il n'y a pas aussi les élections qui arrivent ? On essaye de mettre des signales, des marqueurs très forts comme ça dans l'opinion publique, dans le débat public ?
Non, d'une part, on ne peut pas opposer à Bruno Retailleau de faire part de ses convictions. On sait très fortes, et surtout sur ses sujets de société, d'une part. D'autre part, ce n'est pas la majorité sénatoriale qui a inscrit à tout prix ce texte dans notre ordre du jour. Ce n'est pas nous qui avons poussé à ce qu'il soit au cœur des débats. Je pense qu'il y a d'autres priorités aujourd'hui dans le contexte politique que nous connaissons, tant national qu'international. Cette question, elle est importante. Elle doit être posée, mais elle n'est pas dans les priorités.
Est-ce que vous vous attendiez quand même, vous qui avez évidemment suivi les débats depuis le début, est-ce que ce soit ce texte-là qui sort ? Est-ce que le Sénat détricote autant le texte initial ? Non, mais il faut avouer qu'on a eu quand même, sur le fameux article 4, une conjonction de l'opposition. Sur le droit à l'aide à mourir. Effectivement, sur les conditions d'accès au droit à l'aide à mourir, une conjonction de visions opposées. C'est-à-dire qu'il y a ceux qui étaient fermement opposés, et puis il y a ceux, notamment au Parti Socialiste, qui étaient opposés à la version du Sénat.
Parce qu'ils étaient pour la version de l'Assemblée nationale.
Effectivement. Donc du coup, c'est cette rencontre qui a fait que cet article 4 n'a pas été adopté, mais pour des raisons tout à fait opposées. Donc c'est vrai qu'aujourd'hui, on peut quand même relever que ça manque un peu de lisibilité, ce débat. Néanmoins, le texte qui ressortira sera celui de la majorité du Sénat.
Emmanuel Macron évoquait les possibilités d'un référendum si les débats s'enlisaient au Parlement. Est-ce que vous y êtes favorable ? Est-ce que c'est envisageable ici à 2027 ?
Non, je pense que d'abord, il n'y aura pas l'ouverture politique. Je pense qu'aujourd'hui, c'est un débat qui ne fera que cliver la société encore plus et qu'on n'a pas besoin de cela dans le contexte. Je pense que peut-être après 2027, une fois que le paysage politique sera plus posé et redessiné. Pour le moment, je pense que ce n'est pas du tout dans l'air du temps. – Mais est-ce que vous craignez ce qui figure dans ce texte ? Parce qu'on le rappelle, l'euthanasie, le suicide assisté, mot pour mot, ça ne figure pas dans le texte. Ou est-ce que vous craignez les dérives que pourrait engendrer ce texte quand vous regardez ce qui se passe à l'étranger ? – Je crains les deux, à la fois…
Alors effectivement, les mots réels d'euthanasie et de suicide assisté, pardon, ne sont pas dans le texte. Mais enfin, l'aide à mourir cache ces réalités-là, donc il ne faut pas se voiler la face. Le texte tel qu'il est sorti de l'Assemblée nationale, certes, il introduit ce droit à choisir sa mort dans des conditions déterminées, mais ces conditions, elles sont extrêmement floues. Et d'un point de vue strictement juridique, indépendamment du fait d'être pour ou contre la fin de vie, le texte n'est pas satisfaisant.
Il ne protège pas les plus faibles, il ne protège pas des pressions intrafamiliales, il l'ouvre à du contentieux parce que les conditions, notamment sur les douleurs réfractaires, sur la temporalité, ne sont pas suffisamment claires. Donc, en lui-même, le texte, déjà d'un point de vue strictement juridique, n'était pas supportable. Après, l'autre sujet, c'est que dès lors qu'on ouvre cette voie, qu'on met un pied dans la porte, on est sûr qu'on ira plus loin et qu'on aura des dérives, comme c'est le cas dans tous les pays qui ont légalisé l'euthanasie et le suicide assisté.
– Et on suivra le vote, qui aura donc lieu cet après-midi, puis le texte repartira à l'Assemblée, il sera examiné mi-février du côté de l'Assemblée. Juste, vous souhaitez qu'il revienne après rapidement au Sénat ou le plus tard possible ? – Écoutez, non, il n'y a pas une urgence. Donc, elle n'existe pas aujourd'hui, je ne pense pas qu'elle va exister dans les mois à venir. – On va parler des municipales, puisque Agnès Canaillé, en plus d'être sénatrice de Seine-Maritime, vous êtes élue au Havre, conseillère municipale, dans la ville d'Édouard Philippe. Et ce matin, justement, on va regarder Édouard Philippe qui fait la une de Paris-Normandie.
Il officialise sa candidature à sa succession, il lance sa campagne. Est-ce que vous serez encore candidate sur sa liste ? – Oui, en principe. – Donc, vous aussi, vous repartez. Est-ce que vous êtes inquiète de perdre le Havre ? – Écoutez, on est toujours effectivement attentif au moment où on entame une campagne municipale. Je rappelle qu'une campagne n'est jamais gagnée d'avance, même si nous avons des signaux plutôt positifs. Néanmoins, il faut aller convaincre notre électorat, convaincre les Havre de se déplacer les 15 et 22 mars et de voter pour nous.
Donc, c'est aussi tout l'enjeu d'une campagne municipale, tout l'intérêt d'une campagne municipale, c'est d'aller plus précisément, parce qu'on le fait durant tout le mandat, mais plus précisément à la rencontre des Havre et des Havraises. – Avec les critiques que ne manquent pas de vous adresser vos opposants, les opposants à Édouard Philippe, sur le fait qu'il est candidat à deux élections, critique que vous oppose votre principal opposant, c'est le candidat communiste, Jean-Paul Lecoq. Vous les comprenez, ces critiques ? – Écoutez, on les entend, mais néanmoins, en 2020, je vous rappelle que lors des dernières élections municipales, Édouard Philippe était Premier ministre.
Donc, il était déjà dans des fonctions nationales, en poste, et en même temps candidat à l'élection municipale au Havre, et que nous avons gagné largement cette élection municipale. Donc, aujourd'hui, les choses sont claires. Effectivement, il a annoncé, il y a déjà un certain temps, qu'il sera candidat à des élections présidentielles en 2027, mais là, il se présente avec une équipe, une équipe qui, derrière, sera renforcée, et c'est tout l'intérêt d'un enjeu d'une campagne municipale, c'est de faire PAC derrière Édouard Philippe.
– Et il dit ce matin, dans les colonnes de Paris-Normandie, on va le voir, je n'ai jamais considéré qu'aimer le Havre et aimer la France étaient incompatibles, mais quand même, ça veut dire que les électeurs du Havre, ils vont voter pour un maire qui, s'il est élu, repart en campagne ailleurs dans neuf mois. – Oui, mais comme il le dit aussi, c'est déjà un scénario connu au Havre, puisque quand Antoine Ruffetac, son prédécesseur, était maire, il a été directeur de campagne de Jacques Chirac, et donc, à ce moment-là, il s'était mis un peu en suspens, et son premier adjoint avait fait le job. Je pense que ce sera la même chose.
Comme je vous disais, derrière Édouard Philippe, il y a une équipe, il y a un premier adjoint sortant qui a déjà été maire, il y a des parlementaires, il y a des élus qui ont une expérience, donc il y a de la relève. – Qu'est-ce qu'ils vous disent, les habitants du Havre, là-dessus ? Puisque là, vous êtes en campagne, vous êtes sur le terrain, qu'est-ce qu'ils vous disent ?
– Les habitants du Havre disent que c'est plutôt une chance d'avoir une figure nationale telle qu'Édouard Philippe comme maire, c'est un avantage pour notre ville, ça donne de la lisibilité, ça favorise l'émergence des projets, la réalisation des projets, notamment sur le développement économique, l'axe saine, la réindustrialisation de notre territoire, donc c'est plutôt positif. Après, c'est vrai que les Havrais, eux, s'intéressent plutôt au sujet du Havre, s'intéressent plutôt à leur quotidien, s'intéressent à ce que la ville change, bouge et continue sa dynamique et qu'on réponde à leurs soucis premiers, l'accès à la santé, la sécurité et l'éducation.
– Autre phrase ce matin dans cette interview dans Paris-Normandie, Édouard Philippe, si je perds les élections municipales, je ne serai pas dans la meilleure position pour aborder la suite, mais je ne me place pas dans cette hypothèse. Il joue son avenir politique les 15 et 22 mars prochains ? – Écoutez, je ne sais pas, c'est une étape évidemment dans son parcours politique, parce que quand vous ne réussissez pas une élection et que vous perdez lors d'une élection, c'est vrai qu'en général ça met un peu un stop dans votre parcours, mais néanmoins on se remet… – Mais là tout particulièrement, est-ce qu'il peut être candidat à la présidentielle s'il ne réussit pas à gagner la ville du Havre ?
– Oui, moi je pense que c'est deux… – Pour vous c'est pas incompatible ? – C'est pas incompatible, c'est deux enjeux qui sont différents. – Parce qu'on peut dire, s'il n'arrive pas à convaincre les Havrés, il est compliqué de convaincre les Français. – Écoutez, les enjeux ne sont pas les mêmes. Le Havre c'est une dynamique, c'est un territoire, c'est une politique et il est au manette depuis un certain temps. Donc moi je pense que les Havrés ont envie que cela continue. au niveau national, c'est un nouveau programme, c'est un nouveau projet, ce sera un nouveau temps.
– Sur le plan national justement, alors on imagine qu'Edouard Philippe est en campagne Havre, mais sur le plan national, dans cette séquence budgétaire où on entend Sébastien Lecornu, on entend Gérald Darmanin, on entend Gabriel Attal, il est passé où Edouard Philippe ? – Écoutez, je ne sais pas, parce que moi je ne suis pas membre du parti d'Edouard Philippe, je ne suis pas membre du parti… – Ni d'LR, on le précise, ni Horizon, ni LR. – Ni d'LR, j'appartiens au groupe LR au Sénat. – Et à la majorité municipale d'Edouard Philippe.
– Et à la majorité municipale d'Edouard Philippe, et pour moi c'est tout à fait compatible, ça l'a toujours été, au Havre on parle du Havre, et au niveau national, on parle des enjeux nationaux. Donc il n'y a pas d'incompatibilité. Mais effectivement, moi je ne sais pas, je ne me positionne pas sur… – Il ne vous en parle pas ? – Non, quand il me parle, il me parle avant tout du Havre. – On l'a vu, Gabriel Attal, vous l'avez vu dans le journal, qui lui aussi lance un peu sa campagne pour 2027, il devrait se déclarer après l'hémicipale. Alors même si vous n'êtes ni Horizon, ni LR, on imagine que vous allez suivre évidemment avec attention ce qu'il va en être pour le bloc central en 2027.
C'est une bonne ou une mauvaise nouvelle, la candidature de Gabriel Attal ? – Ce n'est surtout pas une surprise. Elle était prévue. Alors je ne suis pas sûr que de changer xième fois le nom de son parti va lui donner plus d'élan ou plus de lisibilité. Ça c'est une première chose. Après, il a toujours annoncé qu'il serait candidat. L'intérêt c'est d'avoir un échec qui est large. Mais je pense que de toute façon, sur ce bloc central, il faudra un seul et unique candidat. J'espère qu'ils auront la raison de s'entendre. – Mais qui sera choisi comment ? – Ça c'est une grande question. – Parce que là on n'est plus sur une multiplication des candidatures que sur un chemin qui mène à un candidat.
– Oui, mais peut-être aussi avoir une réalité, même si les sondages ne font pas tout, mais des tendances qui vont apparaître dans l'opinion publique au fur et à mesure. – Et ce candidat, ça pourrait être quelqu'un d'autre qu'Édouard Philippe pour vous ? – Je n'espère pas. Moi je pense qu'Édouard Philippe est le meilleur des candidats. Je l'ai toujours dit. Je pense qu'il porte une vraie vision. Je pense qu'il a la stature et qu'il est en capacité de rassembler. – Est-ce que vous êtes inquiet d'un chemin que pourrait prendre la droite vers le RN, vers ce qu'on appelle un peu une union des droites ?
– Oui, moi je suis totalement opposé à cette union parce que je considère que l'extrême droite c'est une ligne rouge et que ce ne sont vraiment pas… – Mais vous pensez qu'il y a une dérive d'une partie de votre camp ? – Il est probable. On voit bien effectivement qu'il y a une partie très à droite. Mais je pense que ceux qui étaient très proches des idées de l'extrême droite ont déjà rejoint ce camp-là derrière Éric Ciotti. – Merci beaucoup. Merci Agnès Canaillé. Merci d'avoir été notre invitée pendant cette première demi-heure. Steve, on se retrouve dans 50 minutes. – Exactement, on reparlera d'Édouard Philippe.
– Voilà, puisque effectivement, vous nous direz tout de son interview dans Paris-Normandie. On fera le tour des actualités municipales. Et les municipales, justement, on va en parler, c'est lors de notre grand débat de maires autour des enjeux de cette élection, de vos préoccupations. On va parler sécurité, écologie, logement. Ils sont quatre à nous rejoindre dans quelques instants. Mais d'abord, Gaspard Bunel est allé poser trois questions aux sondeurs Erwann Lestrouan pour tout comprendre des enjeux de ces municipales. – Insécurité, santé et fiscalité. À 46 jours du premier tour des élections municipales, les trois premières priorités des Français rejoignent les enjeux nationaux.
– Il y a tout un contexte national qui a infusé dans l'esprit des Français. Aujourd'hui, on sait que c'est une élection qui va se jouer sur des enjeux pris en main par les maires, mais qui découlent directement des préoccupations nationales.
– La succession de gouvernements et le récent blocage parlementaire lié au budget ont installé une lassitude des électeurs pour la politique nationale.
Mais à l'échelle locale, six Français sur dix disent avoir encore confiance
en leur maire pour améliorer leur cadre de vie.
– L'attention des Français sera mise sur ce que proposent les maires sur ce scrutin parce qu'ils sont très attendus, ils sont identifiés comme des experts du terrain des communes, légitimes pour prendre des décisions et pour protéger les citoyens et améliorer leurs conditions de vie.
– De leur côté, les élus sortants veulent rester mobilisés pour leurs administrés.
Plus de 60% d'entre eux envisagent de se représenter en mars prochain.
– Ça montre la grande volonté des maires de s'investir pour leurs citoyens parce qu'on est au sortir d'un mandat qui a été très compliqué pour les élus municipaux avec la crise sanitaire, avec la crise énergétique, avec les inquiétudes sur les dotations des collectivités, avec une augmentation des incivilités et des violences sur les élus.
– Mais si 60% des maires sortants veulent rempiler pour 6 ans, seul un électeur sur deux a envie de réélire le maire de sa commune. – Ouvrir ce grand débat des maires à moins de 50 jours des municipales, merci à tous les quatre d'avoir accepté notre invitation. Bonjour Florence Portelli, merci d'être là, maire LR de Tavernis et dans le Val d'Oise de Niturio, bonjour. Merci également d'être avec nous, maire Renaissance de Nevers dans la Nièvre, Luc Carvounas, bonjour, maire socialiste d'Alfortville dans le Val de Marne, Eric Piole, bonjour, maire écologiste de Grenoble en Isère.
Merci d'avoir accepté ce débat qui sera ponctué d'intervention de la presse quotidienne régionale, comme tous les jours dans cette émission. On sera à Rennes, on sera à Montpellier, on sera à Tours avec les journalistes de la presse régionale qui vous interrogeront sur les différents sujets qu'on va aborder. Mais d'abord, on a entendu par la voix d'Erwann Lestrouan, le sondeur, les enjeux et puis l'état d'esprit. Maintenant à moins de 50 jours des municipales, vous êtes en campagne sur le terrain, chacun. Première question, dans quel état d'esprit sont vos administrés ? Comment il se passe cette campagne sur le terrain, Florence Portelli ?
Je parle pour ma part, mais je trouve très bien, il y a une vraie différence entre ce que ressentent nos compatriotes par rapport à ce qui se passe au niveau national. On sent une lassitude, un ras-le-bol, parfois même, ils n'ont même plus envie d'en parler. Et puis au niveau local, il y a une espèce de continuité, je pense, qui est rassurante pour eux. – Luc Larvounas ? – Pareil, parce qu'on sort d'une séquence de débats budgétaires où nos habitants, on l'a vu à l'occasion de nos voeux respectifs, on les a croisés, nous ont dit, il est temps qu'on passe à autre chose.
Et moi, ce que je ressens dans ce début de campagne, c'est qu'on représente, nous les maires, finalement, dans un climat très anxiogène, où on nous parle de problématiques de guerre, avec l'Ukraine, avec l'Iran, etc. Finalement, moi, je sens que les habitants, ils se retrouvent bien là où ils vivent, avec leurs enfants, leurs grands-parents, leurs amis, et que le bloc communal représente finalement une valeur refuge qui, je crois, sera plébiscitée le 15 mars prochain, parce que j'ai souvenir, le 15 mars 2020, c'était le même jour, 31 000 maires ont été élus dès le premier tour. 31 000 maires.
Et je pense que ce phénomène va se réactualiser, voire un peu plus, à l'occasion de ce mandat, parce que la majorité, on a fait le job, et encore une fois, on l'a fait dans des difficultés majeures. Je parle évidemment de la crise sanitaire, pendant les deux premières années du mandat, mais aussi de la crise provoquée par la guerre en Ukraine, etc., etc. Et pourtant, on a tenu bon. Et une majorité de maires, malgré ce qu'on entendait, se représente, parce qu'ils ont envie de continuer l'histoire avec leurs habitants. Denis Chariot ?
Moi, je les sens intéressés, déterminés aussi par rapport aux projets qu'on va leur présenter, parce que mes deux collègues l'ont dit à leur façon, aujourd'hui, c'est quand même la cacophonie nationale, et on sent bien qu'il y a peu de projets qui sortent. En ce moment, il y a une discussion sur la fin de vie, qui est importante, mais ce sont quand même les maires, les présidents d'intercommunalités qui font tourner la France depuis quelques mois, largement, par les marchés publics, par l'emploi qu'on permet de préserver, donc par les projets qu'on porte.
Et je pense que je les sens effectivement plus intéressés que jamais, parce qu'on va leur proposer de concret, même si on va le voir tout à l'heure, on est concernés par des thématiques qui, dans l'absolu, ne devraient pas nous concerner trop, comme la sécurité et la santé. Mais en tout cas, je pense que ce sera sans doute une élection avec pas mal de participants, si on croit un peu ce que les gens nous disent. Et puis, écoutez, c'est très bien comme ça, et à nous de jouer.
Et je pense qu'ils sont conscients aussi que les maires portent beaucoup de choses, et incarnent aussi, en tout cas pour les maires sortants, ça ne suffira pas forcément pour être élus, évidemment, mais une certaine stabilité rassurante par rapport à la situation nationale et internationale. – Éric Piolle, vous, vous ne vous représentez pas à Grenoble. On imagine qu'évidemment, vous êtes néanmoins sur le terrain. Comment vous les sentez ? Ils sont intéressés quand même par cette élection municipale et par les enjeux locaux, ou il y a aussi une résonance nationale ? – Il y a une inquiétude générale géopolitique.
Évidemment, on a l'impression qu'on bascule dans un autre monde et qu'on est rattrapé par à la fois le changement climatique, sécheresse, inondations, grands incendies, mais aussi par un contexte identitaire à l'échelle et le retour des empires impérialistes. Donc cette inquiétude, elle est très perceptible, en plus de mouvements de soutien très forts qui continuent, évidemment, autour de Gaza en premier lieu, mais avec les autres conflits en ligne de mire. Nous recevons l'ambassadeur d'Ukraine en France la semaine prochaine. Tout ça nous mobilise et ça mobilise les gens.
Mais de fait, ils s'intéressent aussi à leurs conditions de vie et dans cette inquiétude, comme mes collègues, je veux dire que dans cette inquiétude, ils disent là, on touche du réel, du concret, le changement, il est dur quand même, mais on en voit le résultat. Donc c'est intéressant. Et peut-être un message, puisque nous sommes ici au Sénat, un message aux parlementaires et surtout au gouvernement, c'est que dans cette bordélisation de la vie politique française depuis 2022, mais encore plus depuis la dissolution de 2024, si on pouvait préserver ce qui marche encore, à savoir les collectivités, ça serait pas mal.
Quand on voit à nouveau des coupes de 2 milliards, l'année dernière, c'était 6 milliards. Bon, on est en train de fragiliser le pilier de la société française qui, partout sur le territoire, permet de faire fonctionner au quotidien, d'essayer de réduire les inégalités, de s'adapter au changement climatique, de lutter contre le changement climatique et de faire des choses concrètes au quotidien. Et d'ailleurs, c'est pas récent. Non, c'est pas récent. L'attaque sur le bloc communal, sur les collectivités territoriales en général, enfin, tous les collègues, quel que soit le bord politique avec Luc, on est à l'Association des maires de France. C'est catastrophique.
Je fais le calcul de tout ce qui m'a été ponctionné depuis que je suis maire, mais c'est terrible. En plus, je l'ai eu depuis 2014, je crois que c'est la génération qui a connu le plus de coupes. Ça a été vraiment extrêmement difficile. Et puis ce qui est difficile, c'est que nos partenaires en général, pour soutenir les projets, départements, régions, se font aussi complètement assassiner fiscalement. Donc, on se retrouve aujourd'hui dans une situation où on est un pays où l'autonomie des collectivités locales, c'est une blague. Ça fait plusieurs années qu'il y a une tentative de vassalisation des collectivités territoriales, que nous, on dénonce régulièrement.
D'ailleurs, gauche comme droite, pour dire que c'est pas sain, parce que si les collectivités n'arrivent plus à investir, on est le premier financeur quand même public pour tout ce qui est investissement, etc. Si on n'arrive plus à payer nos polices municipales, si on n'arrive plus à payer nos crèches, enfin, vous voyez, à financer ce qu'on fait dans les écoles, le pays, il coule. On est aussi les garants du lien social. On finance aussi, on subventionne les associations qui sont aussi les garants du tissu social. Donc, c'est extrêmement grave ce qui se passe dans ce pays, honnêtement. Et à un moment, on ne pourra pas combler toujours les problèmes de déficit de l'État.
Est-ce que vous comprenez ? Il y a eu une bascule, effectivement, juste après notre élection. Nous avons, il se trouve, été élu en 2014. C'est deux semaines après notre élection. Manuel Valls, qui venait par une espèce de mini-putsch, il avait fait 5% à la primaire du PS, donc on peut dire que le gars n'était pas parti sur une voie royale tout d'un coup pour se retrouver Premier ministre. Mais bon, les arcanes de la vie politique ont fait que… François Durugy tout autant. Oui, enfin, il n'est pas devenu Premier ministre, François Durugy, il continue de se perdre, camarade. François Durugy a annoncé mi-avril des coupes de dépenses dans les collectivités, 11 milliards d'euros.
Pour nous, c'est un mois de budget. Il faut mesurer ce que c'est. Un mois de budget qui ont été coupés pour la ville de Grenoble. Et c'est un mouvement de recentralisation. Depuis 82, il y avait décentralisation. La France, on disait trop Jacobine, il faut donner du pouvoir au territoire. Et là, on a recentralisé. Et avec l'arrivée de Macron, c'est encore pire. Parce qu'on a l'impression que dans leur tête, on est juste… Moi, j'ai quand même eu une vice-présidente de l'Assemblée nationale qui, à la préfecture, dans un repas où on n'était pas plus de 10, nous a dit, à moi et au président du département et à moi-même, que nous étions là pour appliquer la politique du gouvernement.
On leur a dit, non, en fait, on a été élus sur des projets différents. Vous ne pouvez pas penser qu'on est juste là, des petits qui sont là pour appliquer vos contrats léonins. Ça ne marche pas comme ça. Denis Thuriot, trop centralisateur. Emmanuel Macron, il bride les collectivités ? – Alors, c'est le paradoxe. D'abord, c'est le seul qui n'a pas touché à la DGF et elle a baissé. Elle a été baissée pour certains communes par un mécanisme. Mais la dotation globale de fonctionnement n'a pas été baissée depuis 2017. Après, il y a des mécanismes qui ont fait que certaines communes ont perdu. Mais il n'y a jamais eu une baisse de la dotation globale de fonctionnement pour personne.
Ça, c'est vrai. Ensuite, avant de savoir si tel et tel était légitime ou pas, enfin, je rappelle, François Hollande n'avait pas fait aussi beaucoup de pourcents et s'est retrouvé président de la République. Donc ça, c'est l'avis politique. Moi, ce que je veux dire par là, c'est le paradoxe. Évidemment que c'est dur. Mais vous le savez, on se doit, nous, d'avoir un budget à l'équilibre. Et je crois que 89% des maires considèrent qu'ils ont eu une bonne gestion et que leur budget est correct. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas dur. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas être innovant, il ne faut pas aller chercher plus de fonds européens.
Qu'effectivement, quand nos partenaires, je suis aussi élu régional, quand la région donne moins aux collectivités locales, ça a un impact aussi. Bien sûr que c'est compliqué. On doit être plus que jamais inventif et innovant. Bon, le budget est enfin voté sur le plan national, qui est quand même important pour la lisibilité, malheureusement pas dans les conditions qu'on aurait voulu. Mais il faut arrêter de tout mettre sur Emmanuel Macron. Je veux dire, la situation, Florence Porté l'a dit, ça fait très longtemps qu'on l'entre sur les collectivités. Le DILICO ne s'appliquera pas aux communes. Le DILICO, vous savez, c'est cette fameuse somme qu'on met de côté.
Il faut mettre cette fameuse somme de côté pour élever après la dépense publique. Donc voilà, c'est extrêmement compliqué, peu importe l'appartenance politique. N'empêche qu'on s'en sort aujourd'hui. Justement, le DILICO, pardon, mais qui l'a créé, le DILICO ? Le DILICO, c'est quand même génial. C'est pour les gens qui écoutent, le dispositif de lissage conjoncturel. J'ai pas dit que j'étais pour, j'ai dit qu'il s'applique pas aux communes. Donc c'est plutôt une bonne nouvelle. Cette année, dispositif de lissage conjoncturel, c'est une création, un ovni de Bercy, pour te dire, en gros, j'arrive pas à trouver de l'argent, je vais t'en piquer.
Et puis un jour, je te le rendrai quand ça ira mieux. Ou pas. Comme ça ira jamais mieux, on ne vous le verrait jamais. L'année dernière, les collectivités ont été ponctionnées avec cette création honteuse qui est du vol, ça s'appelle du raquette. Alors pas tout, hein. Moi j'ai quand même, on arrive à la fin des deux quinquennats d'Emmanuel Macron, c'est pas moi qui le dis, ce sont les grands spécialistes de la question du logement. Jamais un président de la République s'est aussi peu intéressé à la question du logement. On va en parler du logement. Je le sais, on va pouvoir en reparler très bien.
Jamais un président de la République n'a montré aussi peu d'intérêt aux collectivités territoriales. C'est pas son histoire, c'est pas son sujet. Il l'a démontré. Et dans ce qu'a dit Éric Piolle, comme Florence Portilly, c'est très important. D'abord, effectivement, toutes les collectivités territoriales de France, nous portons 75% des investissements publics. Sur ces 30 dernières années, la part de la dette publique pour les collectivités, ça n'a jamais dépassé 9%. Alors qu'en 10 ans, le président de la République nous aura grévés de 1 500 milliards de dettes publiques supplémentaires.
Et après, on nous dit, comme on n'a été pas bon au niveau de l'État, qui aurait dû être un État stratège, eh bien, on va aller faire les poches des collectivités territoriales.
avec cette histoire, et je l'ai dit à certains ministres des Comptes publics, avec une autre casquette, celle de président de Lucas, quand on a lu le rapport de la Cour des Comptes, il y a deux ans, qui disait, assez stupéfaite, qu'il y avait un effet ciseau, que l'épargne brute des collectivités, région et département devenait négative, je lui dis que les collectivités, les communes allaient avoir le même effet ciseau à l'horizon 2028-2029, sauf que Bercy donne à ses ministres les chiffres à date, et jamais dans les prospectives. Et donc, on va aller au pied du mur. Et ça va être une catastrophe. Mais ça, c'est pas nouveau.
Sous François Hollande, on a eu une baisse de dotation globale de fonctionnement de 30%. On n'avait pas plus de 9% de responsabilité de la date publique. Il y a une continuité, effectivement. Et ce qui est important, enfin, moi, en ce moment, le Premier ministre consulte pas mal de maires. Moi, je lui fais une note sur ce que je pensais de la décentralisation, sur le maillage de la santé aussi en France. On verra. Mais en tout cas, je trouve intéressant la démarche de s'appuyer sur les élus locaux pour justement faire une vraie décentralisation et qu'on arrête de donner des compétences aux communes ou aux intercommunalités sans forcément leur donner les moyens.
Et ça non plus, c'est pas nouveau. Allez, selon les enquêtes d'opinion, le thème de préoccupation majeure des Français pour ces municipales, c'est la question de la sécurité. Pour en parler, on va aller à Rennes. On retrouve Stéphane Beignet. Bonjour Stéphane. Merci beaucoup d'être avec nous, directeur de l'information de TVRennes. Et Stéphane, vous vouliez justement intervenir sur cette question.
Oui, bonjour Oriane. Bonjour aux quatre maires présentes sur votre plateau. Le narcotrafic comme thème de sécurité, on a le sentiment que cela va s'inviter fortement dans cette campagne des municipales. Rennes, habituellement très calme comme capitale régionale, a cédé à cette vague du narcotrafic en 2025 avec de nombreuses victimes. J'aimerais vous poser une question à tous les quatre pour bien connaître vos préconisations. On entend selon les partis politiques des divergences sur les moyens. Faut-il plus de forces de police ? Habituellement, l'ensemble des partis sont d'accord. Faut-il armer la police municipale ? Là, il y a un véritable débat.
Et puis, faut-il accroître les caméras de surveillance ? Voilà pour ce thème qui vraiment s'est invité ces derniers mois et qui sera peut-être un juge de paix pour ces prochaines municipales.
M. le maire, Mme Portelli, faut-il armer ou pas la police municipale ?
Je vais vous répondre.
Je l'ai armée depuis 2016. La police municipale est armée, a des caméras piétons, a des formations. Parce que ne pas armer sa police municipale, c'est mettre en danger son fonctionnaire. Parce que le fou dingue dans la rue, ou le terroriste, il ne va pas faire le distinguo entre un policier national et un policier municipal. Et ça, c'est déjà vu. Et l'utilité de nos polices municipales, en fait, les questions régaliennes comme logement il y a quelques décennies, aujourd'hui la sécurité publique et maintenant les questions de santé sont passées de l'ordre du régalien au transfert vers le bloc communal. Et donc, nous portons désormais ces politiques publiques.
Alors, la question du narcotrafic n'est pas la même, selon moi, dans les grandes villes que dans les villes moyennes. Il y a des trafics de drogue, évidemment, partout. Il ne faut pas non plus faire son oie blanche. Mais en même temps, je vois bien, moi, aujourd'hui, la complémentarité entre ma police municipale et la police nationale puisque j'ai un commissariat de plein exercice à Alfortville et le chef de la circonscription dit souvent « Je n'ai pas deux polices, je n'ai qu'une police » parce qu'ils s'entendent très bien et je l'ai vu physiquement au moment des émeutes de juillet 2023. C'est une question qui fait débat à gauche. Alors, elle a fait débat pour être tout à fait franc.
Elle a fait débat au Parti Socialiste dans les années 2000. Et puis, à partir de 2010, tout le monde a compris au Parti Socialiste que c'était devenu une question vitale et ce n'était plus une question de gauche ou de droite mais juste un droit que l'on doit à nos concitoyens. – Éric Piolle, il faut l'armer ou pas ? – Oui, j'ai un regard un petit peu différent. Pourquoi ? Parce que, je l'ai dit, le Parti Socialiste a glissé, pas tous, notamment Nantes, Rennes, il y en a qui tiennent quand même le cap. – On voit le résultat. – Mais en fait, il n'y a pas de résultat. – Pour vous, ne pas l'armer, c'est tenir le cap ?
– Non, mais en fait, la réalité, c'est que nous sommes, la société française est en échec face au narcotrafic. c'est-à-dire que vous pouvez multiplier les caméras de vidéosurveillance, ça a été fait à Nice, bon, à Nice, à l'automne dernier, il y a eu des morts encore, des fusillades, des personnes qui étaient là et qui n'avaient rien à voir avec le trafic, qui ont été blessées. Au Havre, on ne va pas se tourner vers Édouard Philippe pour lui dire, bon, alors, vous êtes la principale source d'entrée de cocaïne en France, que faites-vous, monsieur le maire, pour bloquer cette entrée de cocaïne ? Tout ça montre une absence de stratégie.
Donc, à Grenoble, nous avons aussi armé notre police municipale de pistolets à impulsion électrique qui est en lien avec leur mission et nous les avons également équipés de caméras piétons. La question de savoir est-ce qu'il faut les armer d'une arme létale ou pas, c'est une question d'employeurs, c'est ce que Luc disait et moi, je considère qu'ils sont plus exposés en étant armés d'armes létales que pas. Mais ça, c'est ma responsabilité d'employeurs, ça n'a rien à voir avec la stratégie de lutte contre le narcotrafic. Armer sa police municipale ne va pas faire qu'ils vont poursuivre les narcotraficants le flingue à l'air.
Sur la sécurité en général, vous considérez que ce n'est pas forcément armer la police municipale d'armes létales, ce n'est pas la bonne solution ? En fait, ça n'est pas une politique publique de lutte contre le narcotrafic. Armer ou pas, donc il faudrait dézoomer. Regardez ce qu'a fait l'Islande, travailler d'abord sur les consommateurs. En Islande, il y avait un gros problème d'alcool chez les jeunes. Ils ont dit, OK, comment on s'y prend ? C'est une grosse ville. L'Islande, c'est une grosse ville. 300 000 habitants. Où il y a une criminalité quasiment égale à zéro. Nous sommes maires d'une grosse ville. Vous êtes maire d'une ville de 30 000 habitants. Moi, maire d'une ville de 160 000.
Et l'Islande, ce n'est pas du tout comparé. Donc, la lutte est passée par un acte de santé publique. Culture, sport, environnement familial. Et c'est ça qui a permis de baisser la consommation d'alcool chez les jeunes islandais. Donc, on pourrait, nous, nous travaillons, et je pense que tous ici, nous travaillons de la prévention jusqu'à la réinsertion. Nous accueillons des travaux d'intérêt généraux sur le volet réinsertion. Nous travaillons sur l'éducation populaire, prévention. Le reste, nous demandons tous effectivement des effectifs de police. À Grenoble, les syndicats en demandent une grosse centaine. C'est ça qui manque depuis les coupes de Nicolas Sarkozy.
Mais, dézoomons et faisons un peu de science pour ne pas juste poursuivre en disant tiens, ça rame et finalement, on va continuer à faire plus d'une chose qui ne marche pas. Je n'avais pas envie que ma police municipale soit de la chair à canon. Je n'ai aucun dogme. C'est du pragmatisme. Il y a une policière municipale qui a été victime d'un terroriste en 2015. À partir du moment où il y a un uniforme, on prend des balles. À partir de là, je ne vais pas les armer avec un trompha. Ils sont armés, ils sont formés. D'ailleurs, dans la presse, je n'ai jamais entendu parler de bavure de la police municipale. ils ont aussi des caméras piétons. Pas parce que j'ai de la suspicion sur eux.
Ça a permis parfois d'avoir des faits inverses quand des gens disent votre police, évidemment, elle est ceci, elle est cela. On dit manque de peau, j'ai vu les images, je vous les montre. Ça permet aussi de désamorcer beaucoup de conflits. Je vous disais, je suis pragmatique parce qu'aujourd'hui, les temps ont changé. La police municipale a un statut qui date de 1999, ce qui est une totale aberration. Elle ne peut pas faire de fouilles de véhicules, elle ne peut pas faire de contrôle d'identité, elle ne peut pas faire réellement en fait de contrôle de squat des hauts d'immeubles qui pourrissent la vie des gens.
Elle ne peut pas, sans ordre de l'OPJ, pouvoir vraiment sanctionner par les amendes les gens qui consomment de la drogue. Donc aujourd'hui, il y a le Beauvau des polices municipales qui doit passer d'ailleurs là, qui doit être adoptée dans peu de temps. Il n'y a pas le texte au Sénat la semaine prochaine. Oui, voilà, mais qui devrait être adoptée dans très peu de temps. Moi, je prends tout le kit. La sécurité, c'est la première des libertés. Et là, la seule chose où je suis d'accord avec vous, c'est que nous, on fait énormément pour éduquer les gens contre la violence.
On fait de la philosophie en maternelle, on fait de l'éducation artistique et culturelle du conservatoire dans toutes les écoles de la République. On fait le dispositif Demos. Évidemment, l'intelligence, l'empathie se développent par l'éducation quand on est petit. On a aussi un conseil des droits et des devoirs des familles. Je prends des tiges. Donc tout ça, on le fait. Mais face à la violence de la société d'aujourd'hui et face à la montée du narcotrafic, on ne peut pas rester avec des mesurettes à la bisounours. Ce n'est pas possible. Mais misez sur la prévention. Mais il faut faire les deux. Il faut faire tout. Il faut tout faire. Les deux.
Je vous dis, je pense que dans le Val-d'Oise, je suis la maire qui fait le plus en matière d'éducation artistique et culturelle. On fait même des programmes pour... La culture, ça va des femmes enceintes jusqu'à la fin de vie. Donc vraiment, et on est convaincus de ça. Moi, je pense que la culture sauvera le monde et que l'éducation, ça devrait être la première des thématiques de tous les partis politiques. Mais aujourd'hui, dans la société d'aujourd'hui, on ne peut pas se contenter d'attendre les fruits d'un travail qui d'ailleurs n'est pas porté par l'État en matière d'éducation et de culture et même en matière d'ailleurs de logement et d'égotoisation.
Donc à côté de ça, dans la société qu'on vit aujourd'hui, il faut des polices municipales armées, il faut des caméras, il faut un beau veau des polices municipales qui leur donnent plus de pouvoir et il faut admettre qu'on est dans une société qui est plus violente où il y a aussi un problème de réponse pénale. Denis Thuriot, est-ce que l'État se décharge un peu sur les maires en matière de sécurité ? Il y a une insuffisance d'effectifs dans les commissariats de police, moins dans les gendarmeries. D'ailleurs, ce n'est pas tout à fait exact de dire que les trafics sont surtout dans les grandes villes. Ils sont surtout délocalisés dans les campagnes maintenant.
Là où les gens sont tranquilles et je le vois dans une ville médiane comme Nevers, à deux heures de Paris quand ça va bien, on est aussi une zone et ce n'est pas nouveau d'ailleurs. Moi qui suis avocat de profession, je connais quand même bien le sujet et en réalité, on a acheté la paix sociale, on a laissé faire dans beaucoup de quartiers pendant très longtemps et aujourd'hui, c'est la face cachée de l'iceberg qui sort et moi j'ai armé la police aussi parce que souvent elle fait des patrouilles mixtes donc si déjà le policier national il faut qu'il protège le policier municipal, ça n'a pas de sens.
J'étais parti sur 100 caméras, aujourd'hui je suis à 300 flux parce que des nouvelles caméras qui permettent d'avoir 5 caméras en une donc aujourd'hui on est à 300 et on va continuer et moi je me suis positionné pour être ville expérimentale pour avoir des policiers qui aident, qui deviennent officiers de police judiciaire pour aider aux enquêtes et à la rapidité des enquêtes qui sont souvent très longues, parfois trop longues.
Vous évoquiez le projet de loi qui va passer qui va permettre à nos policiers municipaux moi j'ai même une police intercommunale donc sur plusieurs communes qui vont pouvoir enfin verbaliser directement les infractions liées aux stupéfiants alors qu'aujourd'hui ils sont obligés d'appeler un policier national pour le faire même s'ils peuvent constater donc voilà, bien sûr qu'on monte en puissance moi je dis toujours vous savez à ce moment-là c'est vrai dans la santé c'est vrai dans l'enseignement supérieur si on dit c'est l'État et puis ça on va pouvoir attendre longtemps parce que l'État c'est aussi nous quelque part on voit bien que ça serait compliqué donc voilà moi je suis tendance à dire il faut qu'on partage les choses et qu'on prenne aussi des choses en main parce que les gens ils attendent beaucoup de leur mère sans doute beaucoup trop mais c'est comme ça il faut qu'on réponde et si on leur dit c'est l'État peu importe eux ils veulent être protégés après ils ne distinguent pas quelle est la police qui protège et dans l'absolu c'est vrai que c'est bien qu'il n'y ait qu'une police Puis sur les questions de sécurité publique moi ce que je constate c'est qu'on a beaucoup plus de volontaires aujourd'hui pour entrer dans une police municipale que dans la police nationale et beaucoup de gendarmes beaucoup de gendarmes ou de policiers nationaux parce que nous nous donnons les moyens à nos fonctionnaires de travailler avec un outil de travail qui est très performant moi je l'ai vu comme député de ma circonscription il y a quelques années j'étais allé visiter le commissariat de Vitry-sur-Seine mais la police nationale c'est la fonction publique d'État la plus pauvre qui soit dans des conditions de travail lamentables moi je vous parlais de mon commissariat c'est moi maire qui l'ai entièrement réhabilité alors le DTSP de l'époque le directeur territorial de la sécurité publique m'avait dit merci tant mieux c'est même moi qui ai équipé après des échauffourées autour de mon lycée ma police nationale parce qu'il n'avait même pas les boucliers et autres voilà aujourd'hui jusqu'où un maire peut aller pour donner les moyens à sa police nationale comme à sa police municipale de protéger ses concitoyens Juste pour terminer sur la question du narcotrafic vous parliez Eric Piolle tout à l'heure des consommateurs est-ce qu'il faut plus les pénaliser ces consommateurs ?
il faut en tous les cas le problème du consommateur c'est que s'il n'y a pas de consommateur il n'y a pas de trafiquant moi je pourrais le pénaliser mais surtout qu'il y ait une certitude de la peine évidemment il y a plusieurs types de consommation mais il faut en tous les cas que celui qui participe finalement à un trafic c'est une participation à un trafic évidemment qu'il n'y ait pas une impunité en fait le problème aujourd'hui de la réponse pénale en général c'est pas forcément un problème de sévérité c'est un problème de certitude de la peine c'est-à-dire vous faites n'importe quoi il n'y a rien qui tombe et ça c'est lié aussi à des tas de freins qui sont liés à des inadaptations on parlait de la loi sur la police municipale mais c'est hyper important ce texte parce qu'aujourd'hui nos policiers sont entravés ils constatent du trafic de stupes ou de la consommation de stupes ils sont pratiquement dépourvus de moyens c'est pas normal dans le monde d'aujourd'hui c'est pas normal donc oui si vous voulez enrayer le trafic il faut aussi enrayer la consommation bon on peut là aussi dézoomer un petit peu on peut avoir une politique répressive sur les consommateurs mais la question c'est pourquoi ils se droguent si en France vous prenez la somme de ceux qui fument du cannabis pour se déstresser on est sorti des drogues récréatives s'il n'y avait que le problème des drogues récréatives et des personnes sous addiction parce qu'ils veulent un peu s'effacer de la société avec des troubles de parcours de vie très compliqués nous aurions le problème que nous avions dans les années 80 ça a radicalement changé maintenant les gens se droguent pour se déstresser se droguent la cocaïne pour rester dans la performance du système et ça reste marquant donc évidemment qu'il faut prendre la question de la santé publique en premier chef il faut rajouter toutes les drogues légales parce que là nous parlons du volet narcotrafic mais il y a les drogues légales donc on peut continuer à se dire on fait du tout répressif on a la loi la plus répressive d'Europe ça marche pas on est passé de 60 000 personnes dans les prisons à 85 000 personnes dans les prisons ça n'a rien à voir en 4 ans nous avons augmenté c'est principalement pour le stup en 4 ans c'est ça qui engorge les tribunaux aujourd'hui parce qu'il y a cette montée de la violence avec la circulation des armes engorge les tribunaux donc nous sommes passés de 60 000 à 85 000 est-ce que ça va mieux ?
je n'ai pas l'impression que depuis 4 ans ça va mieux en tout cas nous ça va moins bien l'exploitation d'êtres humains l'exploitation de personnes de plus en plus jeunes l'exploitation de mineurs non accompagnées c'est majeur donc peut-être qu'il y a un moment il faut faire un petit pas de côté étudier et juste accueillir les scientifiques c'est comme si on faisait pour le climat on s'en foutait de la science et on disait voilà on va agendre la solution le climat et la drogue vous comparez ?
il y avait le fameux débat je dis juste qu'en termes d'approche pour le climat on se dit un violeur bah oui il faut peut-être le soigner mais en même temps il faut s'y punir on parle des deux en fait on parle de protéger et ça n'empêche pas de faire de la prévention pour le narcotrafic on s'affranchit de la science et on a des ministres de l'intérieur qui arrivent tous le nez au vent en disant vous allez voir avec moi plus jamais ça tolérant zéro Sarkozy est devenu premier président grâce à ça Valls s'est fait un nom grâce à ça au ministère de l'intérieur il y avait le fameux débat et Darmanin sont devenus présidentiables par leur passage au ministère de l'intérieur est-ce qu'ils ont amélioré les choses la réponse est Florence Martelly puisque vous avez une question préoccupale non mais ça donne quoi dans votre ville parce que excusez-moi quand on voit le bilan pardon mais sur la sécurité le narcotrafic à Grenoble les grands débats lignifiants ça a donné quoi concrètement en termes de baisse de la violence ça ne baisse pas franchement nous sommes en échec je le reconnais gentiment il ne faut pas un peu des deux honnêtement ce que vous dites c'est pertinent mais évidemment il faut toute la chaîne mais ça aussi toute la chaîne vous le faites je dis juste que notre stratégie nationale ne marche pas et faire peser ça sur les maires ça veut aussi dire que les maires qui auront des moyens financiers qui décideront de les mettre ça ira bien et puis vous irez dans des mairies extrêmement pauvres avec peu de moyens notamment dans 93 il y a des intercommunalités il y a les régions qui veulent prendre aussi la compétence sécurité moi je voulais revenir à quelque chose parce qu'on parle plus du narcotrafic il y a quelques années le fameux débat dépénélisation légalisation de certaines drogues style cannabis bon il est moins présent aujourd'hui et comme pour le reste de la sécurité d'ailleurs souvent des compas de sécurité on nous dit vous ne parlez pas de prévention bien sûr qu'on en fait tous on met énormément de moyens avec les départements sur la prévention mais on sait que ça ne suffit pas sinon on serait dans un monde merveilleux par contre la vraie difficulté aujourd'hui c'est que de plus en plus de revendeurs de drogue ne consomment pas il y a malheureusement j'étais avec sa maman il n'y a pas longtemps un jeune qui faisait partie des noyés dans la voiture c'est qui est tombé dans une piscine qui est hivernée et c'est la DZ mafia qui est venue le chercher elle descend dans le sud et ça se passe de plus en plus même dans nos départements dits ruraux donc c'est ça l'inquiétude c'est comment prévenir comment aussi faire qu'un jeune il ne gagne pas 250 euros à 15 ans en faisant plus ses études et donc il y a un vrai sujet d'argent quelque part en plus du sujet de stupéfiants Gérald Darmanin quand il a pris ses fonctions de garde des Sceaux avant il était ministre de l'Intérieur il a fini circulaire je le sais parce que le procureur de l'époque nous avait réuni les maires du Val-de-Marne assez simple où ils ciblaient le narcotrafic et puis la protection des personnes détentrices de l'autorité publique les policiers les élus les enseignants etc et la lutte contre le narcotrafic relève évidemment de l'Etat mais nous les premiers magistrats de nos communes on peut aussi aider l'Etat et ses représentants dans les flux d'argent sale parce que nous savons tous dans nos territoires où se trouvent ce qu'on appelle les commerces blanchisseuses d'argent mais c'est pas le rôle du premier magistrat de rentrer dans ce sujet c'est le rôle de l'Etat moi c'est pas mon rôle de dire tel commerce c'est peut-être un commerce de trafic de drogue parce que si jamais je mettais le doigt sur quelque chose de lourd je mets en danger mes fonctionnaires municipaux je mets en danger mes proches donc à un moment donné on peut pas être nous au pied de tous les murs et à devoir tout faire et c'est un vrai sujet aussi cette histoire des commerces qui sont de faux commerces et qui sont les instruments du blanchiment de l'argent sale lié au narcotrafic avec des maires d'ailleurs qui prennent la décision de fermer une partie de ces commerces la nuit un dernier mot là-dessus Amine Kessassi qui est militant de la lutte en tri de drogue qui maintenant est candidate sur la liste de Benoît Payan à Marseille veut créer une association de maires engagés contre le narcotrafic est-ce que c'est une bonne idée selon vous ?
on est tous à peu près oui parce qu'on l'est tous donc on est tous on va fous-être dedans mais n'oublions pas aussi que cette question du narcotrafic prend beaucoup de place et évidemment nous pourrions déplacer le sujet et avoir le même débat sur la sécurité routière plus de 3000 morts nous sur la métropole de Grenoble c'est une dizaine de morts par an on pourrait faire là du feuilletonnage le drame les familles touchées sur les questions de sécurité routière à Grenoble en passant à 30 km nous avons baissé le nombre de blessés de 30% donc là aussi c'est de la sécurité mais il ne faut pas oublier que la demande aussi de sécurité de nos concitoyens et évidemment que ça fait peur le narcotrafic notamment parce que maintenant c'est tellement cette violence exacerbée fait que c'est à n'importe quelle heure du jour et n'importe où donc c'est inquiétant et c'est inquiétant pour nous et pour nos concitoyens mais il ne faut pas oublier aussi que la demande de sécurité de nos concitoyens c'est pour les gens qui vivent normalement dans la rue c'est pour les liens de proximité entre la police et les commerces avec les associations les patrouilles tout ça c'est la police municipale qui l'assure aujourd'hui parce que la police nationale n'est plus là ce n'est plus qu'une police d'intervention sur des choses lourdes il y a une petite chose qui manque dans le débat en général dans le pays sur ces questions-là c'est quand vous dites police municipale elle obéit à un maire mais le maire il y a le problème de son statut on dit qu'il est officier de police judiciaire mais en réalité on est quand même assez limité donc je pense qu'il y a une clarification un jour qu'il va falloir mettre sur place sur pied et puis aussi le problème moi j'ai un CLSPDR contrat local de prévention de la sécurité de la délinquance et de la radicalisation la justice participe à ça représentant parquet elle préfère représentant de l'éducation nationale des veilleurs sociaux etc mais en fait notre lien avec la justice il est extrêmement faible alors je ne sais pas si c'est parce qu'ils se disent si on est trop proche du politique et qu'un jour il y a un problème on va nous accuser de ne pas je ne sais pas s'attaquer à la corruption des politiques ou je ne sais quoi mais il y a une espèce de fossé moi je trouve dans la pratique qui s'est creusée entre la justice et les maires on n'a quasiment pas de dialogue et je trouve que honnêtement sincèrement c'est vraiment dommage et c'est aussi une vraie problématique on ne peut pas avoir un maillon de la chaîne qui est absent et des maillons de la chaîne qui ne se parlent pas assez et la justice peut nous confier des rappels à l'ordre pour les petites incivilités des plus jeunes et ça c'est pas assez su on va passer à un autre sujet le procureur il est présent on fait des groupements locaux de traitement de la délinquance sur des quartiers particuliers le procureur il est là aux côtés de la police c'est après comment nous confier le TIG la coopération des moyens et le dialogue je trouve marche bien par contre on n'est pas associé à la stratégie qui reste la stratégie des ministres de l'Intérieur successifs on va passer à un autre sujet parce qu'on a évidemment d'autres thèmes à aborder la question de l'écologie quels aménagements pour nos villes quelles places pour la voiture on va aller à Montpellier bonjour Vincent Coste merci beaucoup d'être avec nous Vincent journaliste au Midi Livre et vous allez interroger nos maires sur la gratuité des transports
oui c'est un sujet de plus en plus prégnant qui monte dans cette campagne municipale et je voulais partir sur ce sujet avec comme exemple celui de la ville de Montpellier puisqu'en décembre 2023 il y a un peu plus de deux ans donc a été acté et mis en place définitivement complètement la gratuité des transports à Montpellier bus et tramways pour l'ensemble des habitants de Montpellier et de la métropole de Montpellier ce qui représente Montpellier c'est environ 300 000 habitants la métropole c'est plus de 500 000 habitants et c'est la première fois cette expérience avait été tentée et avait abouti dans des villes de taille moyenne ou plus petite c'est la première fois qu'une expérience aboutissait ainsi dans une métropole de cette dimension d'un demi-million d'habitants voilà je voulais savoir pour vous comment vous vous inscrivez dans ce débat parce que la gratuité des transports est aussi un sujet clivant il y a les arguments pour les arguments contre ces adeptes ces défenseurs suscitent des fois la controverse la Cour des comptes s'était exprimée également là-dessus sur son efficacité par rapport au report modal par rapport à la transition écologique je voulais avoir votre avis là-dessus est-ce que c'est quelque chose dans vos communes respectives qui fait débat et quelle est votre position sur ce sujet est-ce que c'est une évolution vers laquelle il faut tendre désormais en termes de pouvoir d'achat aussi pour l'usager et le citoyen l'administrer ça peut être également séduisant
merci de vos repères merci beaucoup Vincent Coste Lucas Rennes moi déjà je félicite tous les maires quelle que soit leur obédience qui ont réussi à mettre en place la gratuité des transports tant mieux pour les habitants concernés et leur pouvoir d'achat après entre les territoires il y a quand même des singularités moi je ne peux pas décider de la gratuité des transports je dépends de l'opérateur Île-de-France mobilité pour ne pas dire d'ânerie par contre comme employeur je prends en compte je rembourse 75% du pass Navigo déjà je reconnais Valérie Pécresse présidente de la région Île-de-France a fait une tarification vraiment au plus proche justement des franciliens pour améliorer leur pouvoir d'achat c'était je crois une vraie révolution donc en Île-de-France on est dans des singularités où nous ne sommes pas opérateurs en fait le maire d'Alferville ne peut pas décider la gratuité des transports et en Île-de-France il y a juste le Grand Paris Express qui est en train de se mettre en oeuvre c'est plusieurs milliards d'euros d'infrastructures portés par la société des grands projets donc tout ça a un coût et moi je me dis toujours quand on dit que le transport est gratuit c'est jamais gratuit parce que derrière il y a à réhabiliter les équipements changer les parce que l'usager ne paye pas c'est le contribuable qu'il paye oui quelque part je pense bien sûr ah oui parce que merci parce que c'est vrai que j'allais venir à cet exemple de la région Île-de-France parce que nous c'est assez particulier mais en plus il y a eu de l'argent investi sur le prolongement de la ligne 14 avec la ligne 15 la ligne 16 la ligne 17 avoir la ligne 18 peut-être une ligne 19 qui va relier le Val d'Oise à Charles de Gaulle et à Paris c'est des milliards et il y a un moment il faut bien que quelqu'un paye alors il y a eu en effet la tarification unique qui a beaucoup aidé la grande couronne je vous le dis en partant de Tavernier j'allais à Paris c'était 5 euros le retour 5 euros et vous alliez une fois que vous sortiez toutes les correspondances vous allez repayer aujourd'hui avec le Liberté Plus c'est 2 euros à 2,50 euros donc c'est vrai que ça a été en fait c'est plus l'incitation à ne pas payer trop cher mais quand même avoir conscience que ça a un coût moi dans ma collectivité ce que je fais en complément de ça parce que quand vous êtes en grande couronne il n'y a pas le métro il y a le train donc c'est déjà pas mal il y a des bus mais il n'y a pas le métro c'est aussi la difficulté de la voiture moi je ne suis pas contre la voiture je suis contre la voiture qui pollue mais une fois qu'on a dit ça c'est facile quand on est riche de s'acheter une voiture non polluante mais quand vous avez un pouvoir d'achat classique c'est extrêmement compliqué et quand vous êtes un foyer avec plusieurs personnes qui conduisent en plus vous saturez l'espace public nous ce qu'on va essayer de développer c'est de l'autopartage vous partez d'un point un soir uniquement de manière épisodique vous allez à un spectacle ou chez des amis vous prenez une voiture vous la louez le temps du trajet et vous la ramenez évidemment une voiture propre parce qu'aujourd'hui ce qui est très très difficile c'est vous allez à Paris si vous n'avez pas un véhicule propre vous ne pouvez pas stationner ça coûte une fortune donc aujourd'hui le problème c'est aussi l'écologie qui est une écologie pour les riches quand on dit il faut rénover sa maison il faut que la maison soit bas carbone je suis entièrement d'accord mais ça coûte une blinde et même s'il y a des aides de l'Etat ce sont de plus en plus portions congrues donc moi je pense que nous notre boulot c'est d'accompagner la transition la lutte contre le réchauffement climatique mais avec des mesures de pouvoir d'achat mais sans être non plus dans la démagogie permanente alors il y a des endroits où c'est plus facile parce que c'est pas les mêmes vous ne pouvez pas comparer par exemple la région Île-de-France qui est une région au monde et qui est une des premières régions du monde en termes d'infrastructures et financer d'un côté tous ces nouveaux même le fait que bientôt cette année vous n'aurez plus de bus qui ne soit pas propre mais tout ça ça a un coût on ne peut pas dire à nos concitoyens ça ne coûte rien mais qui est dans les démagogies les écologistes par exemple ?
non moi ce que je reproche aux écologistes c'est que souvent ils prônent des choses qui sont impossibles pour le pouvoir d'achat de tout à chacun et la voiture je reviens sur l'exemple de la voiture je suis à la troisième ville d'Île-de-France dans les villes de cette strate-là en termes de pistes cyclables donc je fais mon boulot pour qu'il y ait des circulations alternatives mais on ne peut pas se passer de la voiture on ne peut pas se passer de la voiture et moi je dis franchement acheter une voiture électrique ou acheter une voiture hybride rechargeable ça coûte extrêmement cher et on ne peut pas être dans l'incantation et dans la culpabilisation permanente de nos concitoyens Eric Piolle vous avez l'impression d'être dans l'incantation et culpabilisation ?
non je laisse madame Portelli à ses commentaires c'est absolument sidérant juste regardons en 1980 20 millions de voitures en France 2020 40 millions on a doublé le nombre de voitures donc évidemment que la solution vous n'entendrez pas les écologistes défendre le tout voiture électrique il faut réduire le nombre de voitures ça veut dire que nos besoins de déplacement ayant augmenté par l'éclatement du monde du travail par l'éclatement des familles etc bon nous avons besoin de solutions de déplacement la solution de déplacement qui a été choisie à Montpellier la gratuité elle pose quoi comme enjeu c'est quelle est la capacité à investir je vous rejoins totalement et je rejoins ce que disait Luc tout à l'heure donc nous nous faisons des gratuités ciblées donc pour les grenoboises à peu près un tiers de la population qui peut avoir la gratuité des transports nous voudrions des gratuités ciblées également pour le week-end ça a été fait là aussi et ça ne coûte pas très cher parce que là ça ne change pas les investissements quand vous passez à la gratuité totale il faut des moyens financiers qui arrivent d'ailleurs l'éducation c'est gratuit mais ça veut dire que c'est financé par l'impôt donc vous n'avez pas eu les moyens de mettre en place la gratuité totale je pense qu'il faudrait y arriver à un horizon de moyen terme mais il faut trouver des sources de financement l'échelle pour le territoire grenoboise on avait fait des études c'est 90 millions d'euros il y a des solutions qui peuvent en attendant être beaucoup plus pertinentes nous avons fait une étude mobilaire avec des scientifiques de l'Inserm et donc une équipe de scientifiques qui a dit si nous atteignons les seuils de pollution de l'air de l'organisation mondiale de la santé en 2030 nous gagnerions et par une solution qui s'appuie beaucoup sur le vélo électrique qui est moins cher en termes d'infrastructures dans les zones il n'y a pas de moins de réseaux nous gagnerions sur le territoire grenobois uniquement donc 700 000 habitants le bassin grenobois 8 milliards et demi d'euros d'ici 2045 8 milliards et demi d'euros d'ici 2045 donc là aussi en prenant en compte une photo globale nous pouvons arriver à pousser des solutions qui sont intéressantes l'autopartage à Grenoble c'est des centaines de voitures en autopartage moi-même alors que je suis père de 4 enfants j'ai lâché ma voiture en 2015 jamais j'aurais pensé que j'allais le faire au bout de 2 fois qu'elle était tombée en panne ça m'a énervé bon voilà je me suis dit bon je suis écologiste il y a un moment il faut essayer de s'aligner petit à petit avec ses valeurs arrêter de prendre l'avion arrêter de manger trop de viande donc cet alignement il est progressif et en fait ça marche et je dépense moins d'argent aujourd'hui avec l'autopartage que je n'en dépensais avant avec les véhicules et puis sur le véhicule il ne faut pas oublier à Grenoble maintenant c'est 60% des ménages qui ont un véhicule ça a baissé de 10 points en l'espace d'une grosse dizaine d'années donc ça veut dire que les 40% restants évidemment il y a des gens comme moi qui ont lâché leur voiture parce qu'on change de mode de vie mais le gros c'est des personnes qui n'ont pas les moyens d'avoir une voiture donc c'est là que les solutions que nous offrons de transport en commun ou de mobilité douce avec le vélo avec des stages de remise en selle dans les zones rurales je ne sais pas en fait vous regardez dites que ce n'est pas possible je sais que ce n'est pas possible non mais ce n'est pas possible d'être sans voiture ok il faudra des moyens de locomotion mais si on peut aussi imaginer des moyens de locomotion de taxis collectifs et effectivement il faudra garder les voitures il y a des villages où maintenant ils font des voitures partagées et puis sur le vélo en Allemagne ils font 20 bornes à vélo nous on se disait ben non il y a encore 10 ans à Grenoble nous sommes capitale je vous ai laissé parler madame Portelli s'il vous plaît nous sommes capitale française du vélo depuis 2017 mais quand on a commencé on se disait ben non quand il pleut on ne peut pas faire de vélo quand il neige on ne peut pas faire de vélo et puis maintenant en fait tout le monde s'y fait et puis on regardait les Allemands on regardait Copenhague on regardait Amsterdam avec des météos pourries il se trouve que j'ai 4 enfants oui mais d'accord mais quand vous faites vos courses vous êtes bien obligé d'avoir une voiture pour mettre dans le coffre en fait maintenant il y a des vélos cargo il se passe plein de choses donc dans les milieux très denses ça marche et ailleurs il faut des solutions qui sont adaptées et il y a plein de gens qui s'il n'y avait que des gens qui ont besoin de leur voiture qui avaient une voiture ben en fait il y aurait moins de pollution de l'air d'une part et d'autre part moins de bouchons donc il faut des solutions adaptées le mouvement des gilets jaunes a montré qu'effectivement il ne faut pas faire porter la charge sur ceux qui vivent les contraintes du système c'était pas contre les voitures des gilets jaunes c'était en fait sur dire vous venez nous taxer vous nous avez vendu du diesel et maintenant vous venez nous dire que nous sommes coupables donc cette tupabilisation de l'individu effectivement je suis contre elle génère des réactions fortes et c'est normal parce qu'il faut de la justice dans tous les mouvements de transition il faut de la justice moi je voudrais déjà rappeler que ça dépend pas que des maires parce que ça dépend des autorités de mobilité de transport d'organisation des transports donc principalement des régions pour les parties plus larges et des intercommunalités dont les maires évidemment font partie premièrement deuxièmement il y a des villes comme Montpellier il y a Dunkerque il y a Châteauroux qui ont décidé d'offrir parce que la gratuité ça n'existe pas il y a toujours un payeur donc c'est offert offert par le contribuable puisqu'il n'y a plus d'usagers qui contribuent c'est le contribuable je prends l'exemple de Nevers où le ticket à l'unité c'est moins cher en abonnement 1,50€ si on voulait équilibrer je ne dis pas gagner de l'argent on n'est pas là pour ça il faudrait le vendre 7€ donc le différentiel qui le paye et c'est un vrai sujet c'est-à-dire que c'est une des politiques publiques des intercommunalités qui coûte le plus cher et l'offrir ça veut dire qu'on rogne sur d'autres politiques publiques il n'y a pas de mystère les collectivités ne jouent pas au loto pour combler donc c'est un vrai enjeu et je comprends que certains le fassent parce qu'ils ont peut-être la possibilité beaucoup d'entreprises sur la taxe transport moi si je prends l'exemple de mon intercommunalité ça serait une catastrophe parce qu'on ne pourrait pas assumer ce différentiel par contre on augmente la tarification sociale la gratuité pour les jeunes toutes les vacances scolaires il y a moyen d'aider l'usager effectivement à ne pas payer par contre moi j'avais un autre enjeu qui était de faire revenir des gens en centre-ville dans un département très rural à part l'agglomération qui fait moins de 200 enfin autour de 200 000 habitants aujourd'hui tous ces gens-là du Morvan ils ne vont pas venir en vélo cargo avec une population en moyenne de plus de 65 ans pour 35% je ne vais pas leur imposer ça donc j'ai fié le stationnement gratuit offert pour le coup je renonce à un million d'euros je ne dis pas que je vais le garder 30 ans d'abord je ne serai peut-être pas élu 30 ans mais blague à part pour moi ça a été une façon de remettre du flux dans le centre-ville parce qu'il y a des zones bleues avec les commerçants et puis des zones blanches et c'est un renoncement pour moi d'un million à peu près chaque année que j'aurais préféré garder mais c'est un autre effort et c'est 30 à 50 euros de pouvoir d'achat chaque semaine que je redonne aux gens autrement Autre thème la question du logement il y aurait beaucoup à dire évidemment sur ce sujet bombes qualifiées par beaucoup de bombes sociales mais peut-être un mot puisque a été examiné il y a quelques jours au Sénat un texte qui visait notamment à revoir la loi SRU sur les quotas de logements sociaux est-ce qu'il faut revoir cette loi ?
Non je ne le crois pas moi je suis fermement contre c'est une loi qu'il faut conserver je peux regretter que certaines collectivités comme mon département ou la région de France ne financent plus le logement social quand nous dépassons dans nos communes justement ces 25% sauf dans les programmes de renouvellement urbain 30% 30% c'est un choix c'est comme ça mais je vais être très pragmatique lorsque Emmanuel Macron a décidé de supprimer la taxe d'habitation aujourd'hui nous sommes remboursés de ce que nous percevions en 2019 moi je suis un barbâtisseur à la fin de ce mandat j'aurais livré 2500 logements mais je n'ai pas du tout les recettes fiscales afférentes à mes nouveaux logements et donc aujourd'hui alors que je réponds à une des majeures difficultés la question qu'on nous pose tout le temps comment je peux être logé et c'est aussi un sujet extrêmement important si on veut redonner envie à des couples de faire des bébés sur la question de la natalité pour pouvoir se loger et même quand on décide ce qui est mon cas de faire du logement social encore alors que j'ai 40% de logements sociaux mais c'est la double peine pour le maire pourquoi ?
parce qu'il n'aura pas la taxe d'habitation mais il ne touchera pas non plus pendant 15 ans la taxe foncière puisque les bailleurs en sont exonérés et tu peux créer du service public et je fais le choix pourtant de continuer à construire je construis des nouvelles écoles j'en agrandis ce qui veut dire que je crée soyons très concrets des classes donc je recrute des ADSEM donc j'alourdis mon budget de fonctionnement et pourtant j'ai des finances très saines je finis mon mandat à 4 ans d'endettement et j'ai mis 100 millions d'euros d'investissement en 6 ans sans jamais avoir eu recours à l'emprunt mais à un moment donné je sais exactement quand je vais avoir mon effet ciseau et donc si les politiques qui nous gouvernent n'ont pas le courage de dire que c'était la plus grosse bêtise cette suppression de la taxe d'habitation alors quels que soient les projets de loi quels que soient les envies parlementaires
celui qui tient le stylo pour construire du logement et donner un permis de construire c'est le maire s'il n'a pas les moyens de le faire vous pourrez sortir les meilleures idées du monde
ça n'avancera pas c'était une erreur de supprimer la taxe d'habitation non c'était pas une erreur d'abord c'était démagogue à mort c'était un problème politique on ne peut pas reprocher au président de la république quel qu'il soit quand il est élu de respecter son programme les français sont assez déçus quand ce n'est pas le cas c'est le seul impôt c'est le seul impôt supprimé qui n'a jamais été remplacé c'est du pouvoir d'achat qui a été redonné aux gens plus la taxe audiovisuelle aucune collectivité à l'instant T n'a perdu puisqu'on a été compensé par l'état ce qu'on a perdu effectivement c'est sûr que personne n'a perdu à l'instant T après ce qu'on a perdu c'est le pouvoir de la revoir cette taxe d'habitation parce qu'on avait la main notamment sur les taux bon, n'empêche que pour les français il y a un autre enjeu de logement revenez mailler la province parce que quand on voit le nombre de gens qui saturent dans des mètres carrés très cher évidemment je presse pour ma paroisse mais revenez mailler la province ça coûte beaucoup moins cher le logement moi la loi SRU un mot peut-être pourquoi il ne faudrait ne pas réfléchir à la portée peut-être à un niveau d'intercommunalité parce qu'aujourd'hui on est encore commune par commune on voit aussi quelque part il y a des communes qui ne veulent pas jouer au jeu alors elles sont parfois pénalisées mais je trouverais plus logique encore une fois pour mailler les intercommunalités peut-être de la portée à un niveau intercommunal comme d'ailleurs la taxe foncière Juste en deux mots parce que je ne veux pas monopoliser j'ai oublié de donner aussi l'exemple de ma commune 63% d'habitants locataires 37% d'habitants propriétaires donc je fais porter toutes mes politiques publiques sur un habitant sur trois C'est pour ça que je suis contre On en est tous là mais il y a peut-être moyen autrement de faire participer tout le monde C'est pour ça que je suis contre la suppression de la taxe d'habitation moi je pense qu'il aurait dû avoir à la limite un impôt unique pour les propriétaires et les locataires mais déjà pour que il y a l'idée quand même que payer l'impôt local ça veut dire qu'on assume de participer à des services publics quand vous faites engueuler par des gens qui vous disent il n'y a pas assez il n'y a pas ceci Arc-Campus ils ne contribuent pas ça agace aussi mais je pense que c'est éducatif parfois l'impôt mais il faut qu'il ait du sens sur le logement social la loi est sérieuse il faut du logement social en Ile-de-France 80% de nos compatriotes sont éligibles au logement social parce qu'aujourd'hui ça coûte trop cher il y a une raréfaction du foncier et la construction s'est effondrée sous le mandat d'Emmanuel Macron mais à côté de ça je pense qu'il faut quand même l'assouplir parce que comme c'est un système de pourcentage et qu'à chaque fois qu'il y a de la construction vous devez remettre du logement social en fait c'est un jour sans fin ce qui est dommage aussi c'est que dans les quotas de la loi SRU il y a des tas de typologies de logements sociaux que vous ne pouvez pas mettre si vous n'êtes pas au 25% moi je ne suis pas au 25% non pas parce que je n'en ai pas construit mais parce que mon prédécesseur socialiste n'en avait pas fait assez il y a aussi le problème excusez-moi de la ghettoïsation dans certains quartiers et puis moi le problème que j'ai sur la construction je fais la construction moi c'est les verts qui attaquent en justice en permanence c'est-à-dire aujourd'hui on nous dit artificialisation etc mais alors ils ne vivent pas dans des yourtes en général ils vivent dans des très beaux quartiers mais pour nous c'est extrêmement difficile alors moi je ne suis pas contre la construction je suis contre la construction c'est quand même la voiture la construction qui pollue aujourd'hui on fait des logements qui justement ne sont pas des logements Donc il faut assouplir les contraintes écologiques pour vous ?
Non c'est les recours en justice en permanence moi j'ai perdu comme ça trois ans pour faire des résidences inclusives donc c'est dommage excusez-moi les recours en justice ça peut pourrir le mandat d'un maire et quand on vous dit il y a des logements vacants moi ça fait six ans que je leur dis où ça dans ma commune parce que les logements vacants c'est quand vous par exemple vous vendez votre appartement votre maison c'est considéré comme un logement vacant donc moi dans ma commune ce que l'INSEE indique comme logement vacant c'est pas des logements vacants Oui d'abord effectivement on peut dire que nous avons un problème majeur de logement un problème majeur d'hébergement 350 000 personnes sans domicile c'est-à-dire qui vivent chez des tiers ou dans leur voiture ou dans des squats et bidonvilles ou même à la rue c'est un problème majeur et le logement et la dépense contrainte qui a le plus grossi ça a doublé et pour les personnes les plus fragiles maintenant c'est deux tiers de leurs dépenses donc c'est un élément majeur suppression d'attaques d'habitation vous pouvez dire que c'était bien 18 milliards il y en a 10 qui sont partis pour 80% de la population 8 qui sont partis pour les 20% les plus riches donc la suppression de la taxe d'habitation ça a principalement enrichi les plus fortunés même si ça a été un gain de pouvoir d'achat pour tout le monde mais c'est 8 milliards pour les 20% les plus riches c'est du délire on va terminer on va terminer parce qu'on arrive au bout de ce débat nous nous sommes passés de 21 à 25% de logements sociaux sous mes mandats donc un effort de construction important rénovation thermique il faut le dire parce que tout le monde ne rentrera pas dans des logements neufs 6 000 logements privés 4 000 logements publics donc 10 000 c'est plus de 10% du parc Grenoble qui a été isolé ces 12 dernières années donc il faut continuer cet effort d'isolation à la fois pour baisser les consommations d'hiver mais aussi maintenant penser aux canicules d'été parce que là aussi c'est nos concitoyens les plus vulnérables qui partent en plus le moins en vacances un français sur deux ne part pas en vacances qui vivent dans des mais si vous êtes nostalgique de la taxe d'habitation vous pouvez faire un don à la ville de 9h on va faire allez on termine ce débat puisque c'est municipal elle se déroule dans un contexte national chargé crise politique crise budgétaire et puis la perspective de 2027 qui s'invite dans la campagne on l'a vu ce week-end à Tours on vous retrouve Valérie Pernet bonjour Valérie merci d'être là reportrice à la Nouvelle République en Inde et Loire et il s'est passé des choses ce week-end chez vous
oui bonjour alors effectivement ce week-end on a vu débarquer un certain nombre de ténors de la scène nationale de l'union de la gauche on avait quand même Lucie Castet Marine Tondelier Olivier Faure Clémentine Antin et aussi François Ruffin ils sont tous venus soutenir le maire sortant l'écologiste Emmanuel Denis qui connaît bien monsieur Piolle donc ils sont tous venus pour lui ils parlaient évidemment des municipales mais ils avaient aussi en tête évidemment la présidentielle ils sont venus soutenir Emmanuel Denis qui fait comme en 2020 il fait une union large à gauche autour de lui mais cette fois à la différence de 2020 son actuelle adjointe la LFI fait bande à part donc c'est un petit peu différent quand même l'union de la gauche a un petit peu changé donc à Tours c'est l'union de la gauche sans LFI à quelques kilomètres de Tours à jouer les Tours c'est un autre un autre cas de figure là la liste qui se présente comme celle d'union de la gauche elle est conduite par un militant de la France insoumise et derrière lui se sont rangés des militants socialistes des militants écologistes communistes ou autres ou d'autres partis et bien sûr des citoyens non encartés mais du coup la conséquence de cela c'est qu'une autre liste sociale démocrate s'est montée avec un militant socialiste qui est suivi lui par des modems donc à gauche à jouer les Tours les électeurs de gauche auront le choix face au maire sortant qui est un ancien membre des Républicains Frédéric Augy c'est un élu de droite merci beaucoup et je voulais vous parler d'un troisième exemple à Saint-Pierre-des-Corts qui est assez étonnant dans cette histoire d'union de gauche car là dans cet ancien bastion communiste Saint-Pierre-des-Corts c'était vraiment une ville communiste les socialistes les écologistes et les communistes partent ensemble mais ils ont décidé ils ont trouvé un accord assez inédit ils ont annoncé que s'ils étaient élus le maire changerait en cours de mandat le communiste donnerait au bout d'un moment le poste de maire aux socialistes voilà donc je voulais avoir un petit peu l'avis des candidats
on voit effectivement c'est compliqué je vais peut-être juste je vous fais réagir vous Luc Carvounas et Eric Paul ça vous concerne plus directement est-ce que quelque part ça vous rassure vous dites sur le plan local chacun fait sa vie à gauche ou est-ce que vous dites c'est un peu le bordel chez nous j'ai entendu votre consoeur c'est un peu les commentaires du café du commerce là excusez-moi il y a 35 000 communes en France il y a 35 000 situations différentes d'ailleurs j'aurais aimé qu'elle parle aussi de situations tout aussi singulières du côté de la droite et du bloc central c'était très orienté comme propos moi j'ai rassemblé toute la gauche sauf les filles c'est un choix politique je ne me retrouve pas dans leur valeur ils étaient contre moi en 2020 ils ont toujours été contre moi en législatif contre moi en 2026 et c'est très bien au moins les choses sont claires merci Eric Thalermont cette élection elle se passe à un an de la présidentielle donc évidemment que la question centrale pour la première fois nous allons avoir une élection présidentielle où il y aura un vote utile de premier tour qui sera la personne propulsée en numéro 2 derrière l'extrême droite qui a priori sera en tête donc ça joue sur des recompositions chez nous à Grenoble vous voyez on peut aussi parler de la droite il y a une liste Renaissance une liste Horizon une liste LR une liste RN et on va suivre c'est l'affaire c'est l'extrême droite chez nous c'est carillon chez les LR donc il y a une forosité très claire je pense que les habitants soient tendus plus à l'étiquette à la personne et aux projets qui vont être portés et on va terminer là-dessus merci à tous les quatre merci beaucoup d'avoir participé à ce débat on va continuer à parler municipale on va aller à la rencontre du plus vieux maire de France il s'appelle Guy Delattre il est élu dans la Somme il a 94 ans et il se représente
mes parents sont nés là mais mon grand-père mon grand-père aussi a été maire quelques temps aussi donc toutes mes origines ils sont gorges donc nous c'est gorges depuis bien longtemps les affaires de la mairie Guy Delattre les gère le plus souvent seul une secrétaire vient lui prêter main forte quelques heures une fois par semaine pour le reste
l'édile de 93 ans
a dû rester à la page
on va regarder on va regarder les mails donc on va se connecter et voilà tous les mails
vous avez l'air de bien connaître
ah oui il y a quand même un minimum oui bien sûr de temps en temps je viens à la mairie puis je viens regarder un petit peu les informations s'il y a des mails nouveaux quelque chose qui puisse m'intéresser si vous voulez
estive les municipales qui font toujours la une de la presse régionale et à la une Edouard Philippe qui remet ça
l'ancien premier ministre fait la une de Paris-Normandie il est à nouveau candidat à la mairie du Havre il tiendra ce soir sa première réunion publique dans la ville et il accorde un long entretien dans les pages du journal il dit vouloir continuer à faire avancer le Havre il annonce une grande rénovation des espaces publics et la construction de nouveaux logements et puis cette phrase Oriane si je perds ces élections municipales je ne serai pas dans la meilleure position pour aborder la suite la suite c'est quoi ? c'est l'élection présidentielle affaire à suivre
surprise Jacques Bompard est à nouveau éligible
l'ancien maire d'Orange et l'UFN en 1995 a obtenu hier la réduction de sa peine d'inéligibilité à 82 ans il peut à nouveau se présenter au municipal il a été pour rappel maire d'Orange de 1995 à 2021 avant d'être condamné pour prise illégale d'intérêt c'est à la une de Vaucluse matin les 15 et 22 mars prochain Jacques Bompard pourra donc prétendre à la succession à la succession de qui ? de son fils Yann Bompard qui lui est contraint de démissionner à la suite d'une condamnation judiciaire
et puis la campagne est bien lancée
Partout en France les appareils politiques sont en ordre de marche le Dauphiné se demande si cette campagne n'est pas trop violente notamment dans la ville de Grenoble on l'a évoqué il y a quelques minutes entre intimidation agression et dégradation de locaux la compétition électorale est marquée par une série d'incidents les candidats le reconnaissent eux-mêmes tout ça est très très préoccupant analyse à lire dans le Dauphiné ce matin
Un mot du reste de l'actualité à la lune de la presse régionale un ex-sénateur condamné
Joël Guériau a été condamné à 4 ans de prison dont 18 mois fermes pour avoir drogué la députée Sandrine Jossot dans le but de la violer ou de commettre une agression sexuelle c'est à la une de presse océan ce matin l'ancien sénateur de Loire-Atlantique s'est défendu en plaidant une inadvertance de sa part il a annoncé qu'il allait faire appel de cette décision
allez c'est soir de foot de Ligue des champions
l'OM est en mission à Bruges titre la Marseillaise les Olympiades tenteront de se qualifier pour les play-offs de la compétition grand soir de foot en perspective puisque tous les matchs se joueront en multiplexe pour cette dernière journée de la phase de poule le PSG accueille Newcastle et Monaco reçoit la Juve
allez merci Steve on va passer une bonne soirée on vous souhaite une bonne journée une bonne soirée et on se retrouve demain Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous
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