Laurent Marcangeli, ministre de la fonction publique | LCP, Lundi C'est Politique - 19/05/2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 64 %Attaque 19 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:06OuverteRéponse directe
Votre loi va-t-elle vraiment simplifier la vie des Français ?
- 2:48RelanceRéponse directe
Vous diriez que c'est le bilan d'Emmanuel Macron ?
- 3:25RelanceRéponse partielle
Le MEDEF critique la France comme un enfer fiscal, est-ce justifié ?
- 4:24RelanceRéponse partielle
Ces critiques ne participent-elles pas à un France-bashing préjudiciable ?
- 5:24OuverteRéponse directe
Votre loi sur la simplification est-elle maudite ?
- 6:39OuverteRéponse directe
Vous avez hérité de ce texte, était-ce un cadeau empoisonné ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:15Invité politiqueFait
« « Ce qui a été décidé produit des effets, puisque je veux bien croire que depuis 2017, les différentes réformes qui ont été proposées par le président de la République, par les gouvernements successifs, produisent des résultats. » »
- 3:20Invité politiqueFait
« « On investit en France. Et je crois qu'aujourd'hui, la France est leader en Europe. » »
- 3:56Invité politiqueFait
« « Ce que le gouvernement d'Edouard Philippe a fait dès sa prise de fonction, s'est baissé un certain nombre de charges qui pesaient sur nos entreprises. » »
- 4:02Invité politiqueChiffre
« « Durant les deux mandats d'Emmanuel Macron jusqu'à présent, la pression fiscale sur notamment le monde de l'entreprise a plutôt eu tendance à diminuer. » »
- 7:07Invité politiqueFait
« « L'article 15 prévoit notamment de faciliter l'implantation de centres de données, ces fameux data centers en mauvais français, qui sont une clé pour la souveraineté numérique du pays. » »
- 9:05Invité politiqueFait
« « Paris et Lyon, après on arrête. » »
- 12:16InvitéChiffre
« « Il y a 1244 agences. » »
- 12:23InvitéChiffre
« « Elle espère économiser 2 à 3 milliards d'euros. » »
- 13:31Invité politiqueFait
« « C'est la fusion des établissements publics que sont les cinq IRA, les instituts régionaux d'administration. » »
- 17:15PrésentateurChiffre
« « François Fillon, c'était 500 000. » »
- 17:45Invité politiquePromesse
« « Il faudra faire mieux avec moins. » »
- 18:04Invité politiqueFait
« « Peut-être que si on veut mieux les payer, peut-être aussi qu'il faut qu'ils soient moins. » »
- 19:58Invité politiqueFait
« « Je propose que nous soutenions les principes qui ont prévalu lors de la rédaction d'une proposition de loi qui est celle de Violette Spilbuth. » »
- 29:36Invité politiqueFait
« au niveau de notre déficit public, à un moment donné, on n'aura plus la marge de manœuvre et on viendra nous l'imposer. »
- 29:46PrésentateurChiffre
« il faut faire 40 milliards, il faut trouver 40 milliards, donc c'est la fonction publique qui paiera ? »
- 30:05Invité politiquePromesse
« Je vais le faire, je prendrai le temps de le faire. »
- 30:10Invité politiqueFait
« Nous aurons des premiers arbitrages qui seront rendus très probablement dans le courant du mois de juillet. »
- 31:44Invité politiqueFait
« La piste du Gérard Larcher, elle est bonne. »
- 32:07Invité politiqueFait
« D'une rentrée sociale tonitruante. »
- 35:03Invité politiqueFait
« Personne ne peut gouverner le pays à lui seul. »
- 35:21Invité politiqueFait
« Nous, ça fait depuis 2022 avec Edouard Philippe qu'on demandait à ce que les LR gouvernent le pays avec nous. »
- 39:18Invité politiqueFait
« Il n'y aura pas de primaire. »
- 40:40Invité politiqueFait
« Edouard Philippe je le connais suffisamment maintenant pour le voir à l'ouvrage. Il y a du chirac en Edouard Philippe beaucoup. »
- 41:54Invité politiqueFait
« le projet n'est pas sur la table il a été dit redit »
- 42:01Invité politiqueFait
« le projet c'est à partir de mai 2026 »
- 42:31Invité politiqueFait
« Je suis contre parce que c'est contraire à l'esprit des institutions de la Ve République »
- 44:29Invité politiqueFait
« c'est le règlement européen qui rend inapplicable ce texte »
- 44:43Invité politiqueFait
« si on veut donner un signal de puissance publique et non pas d'impuissance publique faisons en sorte que la loi que j'ai fait voter soit applicable et appliquée »
- 45:08Invité politiqueFait
« Je l'avais demandé au Premier ministre Gabriel Attal qui avait d'ailleurs fait un très beau discours en disant tout le bien qu'il pensait de la loi Marc-Angéli »
- 47:56Invité politiqueFait
« nous sommes en 2022 cela fait maintenant trois élections régionales 2015 2017 2021 on appelle chez nous les élections territoriales »
- 50:17Invité politiqueFait
« ça c'est la modification de la constitution »
- 51:16Invité politiqueFait
« c'est une autonomie qui s'installe dans la République »
- 51:38Invité politiqueFait
« je suis issu d'un territoire particulier doté du statut déjà particulier »
- 54:52Invité politiqueFait
« la notion de peuple corse c'est un arrêt connu et célèbre du conseil constitutionnel »
- 55:04Invité politiqueFait
« la constitution précise bien qu'il n'y a qu'une seule langue, celle qui est la langue française »
- 55:20Invité politiqueFait
« n'ayez pas peur, c'est pas du séparatisme »
- 55:26Invité politiqueFait
« si c'est défendu par Laurent Marc-Angelis je peux vous assurer que ça ne peut pas être du séparatisme »
- 55:39Invité politiqueFait
« je ne peux pas être aujourd'hui qualifié comme un dangereux indépendantiste »
- 56:03Invité politiquePromesse
« ça pourra être la possibilité d'avoir une responsabilité politique qui s'exercera au plus près de nos concitoyens »
Temps de parole
- Laurent Marcangeli67 %
- Invité12 %
- Présentateur10 %
- Présentateur 24 %
- Invité 23 %
- Invité 32 %
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Avec le ministère de la fonction publique, Laurent Marc-Angéli fait partie des ministres clés du gouvernement Bayrou. D'autant plus qu'il est le représentant d'Horizon, le parti d'Edouard Philippe, au sein de cette coalition dominée par des ministres de droite. Laurent Marc-Angéli est aussi chargé de mettre en place une loi pour simplifier la vie économique, supprimer des papiers, supprimer des démarches, supprimer des structures. Bref, l'économie d'abord. Laurent Marc-Angéli est l'invité de LCP, l'indice et politique. Bonsoir et merci de votre fidélité à LCP. Bonsoir Laurent Marc-Angéli. Merci d'être sur ce plateau.
Je ne suis pas tout seul face à vous ce soir, puisqu'il y a à mes côtés Elsa Mondagava de LCP. Bonsoir Elsa. Bonsoir Audrey Tison de France Info. Bonsoir. Bonsoir Gaëlle Mack de Challenges. Bonsoir. Et bonsoir Hugo Couturier, Hugo Perchois, sur la chaîne Twitch LCP Assemblée Nationale, qui nous fera passer toutes les questions et les commentaires à votre attention. Avec vous Laurent Marc-Angéli, nous allons voir si votre loi va permettre de simplifier la vie des Français réellement, puisque vous êtes chargé de la simplification économique. On parlera aussi de la fonction publique. Y aura-t-il plus ou moins de fonctionnaires dans les années qui viennent ?
Ça pourrait être une question de référendum, d'ailleurs au passage, pourquoi pas ? Et puis on va également revenir sur l'élection de Bruno Retailleau à la tête des Républicains, pour voir si ça peut bousculer l'équilibre politique au sein du gouvernement. Et avec l'invité qui viendra échanger avec vous à la fin de l'émission, nous parlons de la Corse, que vous connaissez bien, puisque vous avez été maire d'Ajaccio, député de Corse. Est-ce que la Corse peut être une exception dans la République ? Eh bien, on en parlera.
Mais on va d'abord aller au château de Versailles, connu dans le monde entier, on le sait bien, et rien de mieux que cet endroit, pour convaincre des investisseurs étrangers de venir s'installer en France. La récolte du 8e sommet Choose France est bonne, avec 37 milliards d'investissements annoncés ou confirmés à cette occasion, et 13 000 emplois à la clé des entreprises américaines, canadiennes ou venues des Émirats arabes, d'Espagne, du Royaume-Uni, s'engagent à venir développer une partie de leur activité en France. En particulier, c'est une dominante cette année, dans l'intelligence artificielle.
Laurent Marc-Angémy, dans le contexte des tensions commerciales avec les États-Unis, avec la Chine, ça veut dire clairement que la France a des atouts à faire valoir.
– Ça veut dire déjà que ce qui a été décidé produit des effets, puisque je veux bien croire que depuis 2017, les différentes réformes qui ont été proposées par le président de la République, par les gouvernements successifs, produisent des résultats. C'est pas rien dans ce contexte qu'on choisisse la France. C'est pas rien d'avoir des milliards d'euros d'investissement, ce n'est pas rien d'avoir des milliers d'emplois créés. C'est le résultat d'un travail constant que le président de la République et les différents gouvernements ont mené.
– Vous diriez, au bout d'huit ans de mandat d'Emmanuel Macron, que c'est le bilan d'Emmanuel Macron ?
– Évidemment, c'est aussi celui d'Edouard Philippe, c'est aussi celui de Jean Castex, d'Elisabeth Borne. – Pas que le président de la République, quoi. – Non, parce qu'il a eu avec lui des gouvernements, un parlement qui a voté un certain nombre de textes depuis plusieurs années, qui ont simplifié la vie économique, qui ont permis d'attirer davantage des entreprises venant de l'étranger. On l'a encore vu au mois de février avec le sommet international sur l'intelligence artificielle. On investit en France. Et je crois qu'aujourd'hui, la France est leader en Europe. Ça ne veut pas rien dire.
– Alors tant mieux. Mais quand on écoute le MEDEF, on a l'impression que la France, c'est un enfer fiscal, administratif, trop de charges, sociales, les 35 heures, les salaires, enfin tout y passe depuis des années. On a l'impression qu'il y a deux mondes. La France vue par les patrons français et celle vue par les patrons étrangers, non ?
– Moi, ce que je vois, je le vois aussi avec notamment nos agents de la fonction publique. Lorsque vous êtes dans la défense d'intérêts catégoriels, vous en voulez toujours plus, vous en voulez toujours davantage. J'ai connu une période où c'était Pierre Gattaz qui présidait le MEDEF et où il se plaignait également énormément des charges fiscales sociales. Ce que le gouvernement d'Edouard Philippe a fait dès sa prise de fonction, s'est baissé un certain nombre de charges qui pesaient sur nos entreprises. Et durant les deux mandats d'Emmanuel Macron jusqu'à présent, la pression fiscale sur notamment le monde de l'entreprise a plutôt eu tendance à diminuer.
Et on en voit aujourd'hui les résultats notamment à travers ça. – Il va falloir convaincre le MEDEF. – Bien sûr, encore une fois, le MEDEF est très exigeant, respectable, respectable et exigeant.
– Mais je vous dis, on a même l'impression qu'ils ne vivent pas dans le même pays que les investisseurs étrangers.
– Les chiffres, rien que les chiffres, les résultats, là vous voyez, vous avez des milliards d'euros investis encore cette année. Vous avez des entreprises qui viennent en France, s'installer en France. Je pose une question, il y a de cela une dizaine d'années, une quinzaine d'années. Mais c'était plutôt le mouvement inverse.
– Mais est-ce que vous ne craignez pas que ces critiques, finalement, participent à une espèce de France-bashing qui est préjudiciable à l'image du pays ?
– Évidemment, le dénigrement, l'autodénigrement, c'est un sport national. On le voit à peu près à tous les étages. Mais encore une fois, moi je comprends, les organisations représentatives d'intérêts ciblées comme le MEDEF, elles en voudraient plus, elles considèrent qu'il faut obtenir plus. Vous savez, quand je rencontre les syndicats de la fonction publique, ils en veulent plus aussi. C'est de la défense d'intérêts particuliers.
– Oui, mais pour l'image de la France, là en l'occurrence, si les patrons français disent ça, ça pourrait refroidir d'autres. C'est pas joué pour son camp, j'allais dire.
– Vous savez, je ne pense pas que ce qui est fait et ce qui est pratiqué aux Etats-Unis depuis que Donald Trump a regagné la Maison-Blanche soit forcément l'exemple à suivre.
– Alors, ce n'est pas simple de simplifier. Vous défendez une loi sur la simplification de la vie économique, on va y revenir, mais on s'y perd parfois dans les mesures, le calendrier. On va déjà essayer de clarifier et voir quelques exemples. Avec vous, Elsa Mondingava.
– Oui, les députés ont commencé l'examen du texte début avril, et puis vous allez ressiéger le vendredi 30, le samedi 31, pendant l'ascension. Il y a bien eu du mal à trouver une place pour le projet de loi simplification. Il est un peu maudit, ce texte, Laurent Marc-Angélie ?
– Je ne sais pas s'il est maudit. Pourquoi, d'abord, avons-nous tant de mal à aller au bout ? C'est parce que la créativité parlementaire, je la connais bien, notamment en matière de dépôt d'amendements, elle a frappé très fort à l'occasion de ce texte, notamment la première partie du texte qui, je vous le rappelle, traitait de la suppression des comités dits théodules. Et nous avons perdu beaucoup de temps sur l'examen de cette partie du texte. Comme dans d'autres textes, vous voyez qu'il y a eu, je crois, plus de 1400 amendements qui ont été…
– Il en reste 900.
– Il en reste 900. On a bien avancé sur la deuxième partie et la deuxième lecture qu'on a pu faire. J'espère qu'on ira au bout et j'espère que les parlementaires permettront d'examen de ce texte parce qu'il y a d'autres textes qui vont être examinés dans le même intervalle et qui sont aussi, à mon avis, un terrain d'amendements nombreux.
– Vous en avez hérité de ce texte. Est-ce que c'était un cadeau empoisonné ? Vous n'auriez peut-être pas fait les choses de la même manière maintenant ?
– Non, mais vous savez, il faut accepter les héritages. Un autre Ajaxien disait de Clovis à la Convention « Je prends tout ». Quand vous aviez la responsabilité de gouverner le pays, vous êtes obligés de le faire également avec ces textes qui, à la base, étaient un texte 100% économique pour nos entreprises, nos artisans, nos commerçants. Il y a des mesures importantes, il y a des suppressions de formalités. On parlait tout à l'heure de l'intelligence artificielle. Dans ce texte, l'article 15 prévoit notamment de faciliter l'implantation de centres de données, ces fameux data centers en mauvais français, qui sont une clé pour la souveraineté numérique du pays.
Nous sommes très attachés à ce sujet, notamment avec ma collègue Clara Chapaz. Donc voilà, il faut aller de l'avant et faire voter ce texte. – Mais votre texte, il sera voté quand ? – Je l'espère le plus rapidement possible, je l'espère le mardi qui suit, le week-end…
– Donc le samedi 31, ça suffira pour examiner tous les amendements ?
– C'est du bon vouloir. Je suis membre du gouvernement, je ne suis plus membre du Parlement depuis quelques mois. C'est du bon vouloir des parlementaires. S'ils veulent simplifier l'avis des Français, il va falloir aller plus vite, notamment sur le texte sur l'agriculture, la fameuse loi Duplomb, qui précède le texte que j'ai l'honneur de défendre avec mes collègues Marc Ferracci et Véronique Louvagier à l'Assemblée nationale.
– Donc ça veut dire que vous demandez aux députés d'accélérer pour que ce soit voté d'ici fin mai,
parce que ça a déjà traîné, c'est ce que vous voulez dire. Il faut retirer des amendements presque. – Je leur demande tout simplement de jouer le jeu de l'examen des sujets et des textes et de ne pas être dans une forme de pourrissement des débats. Je leur demande de se battre sur les convictions qui sont les leurs. Il y a des sujets très compliqués dans le texte qui se sont invités d'ailleurs par le biais d'amendements votés en commission. Il faut qu'on donne vraiment l'image d'une Assemblée qui travaille sur des textes qui parlent au français.
– Oui, vous parliez des sujets qui se sont invités. Ce sont les députés qui en commission ont décidé par exemple de supprimer les ZFE, les fameuses zones à faible émission. Quelle est la position du gouvernement sur les ZFE ? Vous êtes pour ou vous êtes contre ?
– Bon d'abord il y a la nuance. La position du gouvernement c'est la nuance. Parce que je vois bien que sur ce sujet comme sur d'autres, et c'est ce qui me désespère un peu dans le débat politique français aujourd'hui, on a abandonné l'idée de nuance. C'est tout pour, tout contre, tout blanc. Le gouvernement il a défendu et il défendra une mesure qui vise à être dans la nuance, à savoir une implantation raisonnable, je l'ai déjà dit sur un autre plateau avec vous, M. Le Tellier, Paris, Lyon, et on arrête. On arrête parce qu'aujourd'hui, la mise en application de ces ZFE sur l'ensemble du territoire pose d'immenses problèmes. Il ne faut pas que le remède soit pire que le mal. Je m'explique.
Vous avez aujourd'hui des mesures telles que celles-ci qui peuvent être vécues par certains de nos compatriotes comme des mesures de ségrégation, comme des mesures d'apartheid social. Et c'est ce qui est ressenti par un certain nombre de nos compatriotes qui ne peuvent pas avoir d'autres solutions que la voiture individuelle qui n'est pas propre pour pouvoir faire cela.
– C'est un message, un geste envers les Français ou envers les maires des villes à un an des élections municipales.
– C'est un geste envers les Français qui sont représentés par leurs maires, qui connaissent la réalité concrète de la vie de leurs concitoyens. – Ça va faciliter la vie de certains maires qui ne voulaient pas de ZFE, en fait. – Ça va faciliter la vie des Françaises et des Français qui aujourd'hui ont le sentiment d'être empêchés d'aller dans les grandes métropoles pour y travailler, pour s'y faire soigner, pour y avoir des activités culturelles ou sportives, parce que c'est ça la réalité concrète du terrain. Ils ne peuvent pas faire autrement.
– En tout cas, on a entendu votre message très clair et net ce soir. Paris et Lyon, après on arrête.
– C'est ce que je veux. – Oui, M. le ministre, on parle de simplification et vous parlez de la difficulté sur les textes de loi. Est-ce qu'il ne faut pas aussi simplifier le travail parlementaire ? C'est vrai que moi, je commande quotidiennement l'actualité parlementaire et même si c'est mon boulot, des fois, je suis bien normal d'expliquer certaines choses à l'Assemblée. Est-ce que ça ne pourrait pas être une solution aussi ? Peut-être réduire les discussions générales en termes de durée, vu le nombre de groupes ? Comment on pourrait simplifier le travail parlementaire ?
– Alors, je suis dans un rôle que j'aurais pu occuper plus facilement en étant ce que j'ai été, c'est-à-dire président d'un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale, puisque je suis membre du gouvernement. Le fonctionnement de l'Assemblée, c'est l'Assemblée qui le décide. C'est à l'initiative de la présidente de l'Assemblée nationale, ou du président, si c'est un président, que le règlement intérieur de cette Assemblée peut être modifié. Il y a eu des modifications qui ont été opérées en 2017, suite à la première élection d'Emmanuel Macron. Ça n'a pas été simple, déjà à l'époque, de changer le règlement sur un certain nombre de sujets.
Moi, oui, à titre personnel, j'appelle de mes voeux une simplification de la procédure parlementaire. On a des discussions générales trop longues. On ne peut pas traiter de plusieurs textes en même temps. On n'a pas suffisamment recours à la procédure de législation en commission qui nous ferait gagner beaucoup de temps. Pourquoi ? Parce qu'on a plec. De voter en commission et non pas dans l'hémicycle. Voilà, et après on vote, définitivement, dans l'hémicycle, mais on va beaucoup plus vite. On ne refait plus que la discussion, on ne repasse plus par tous les amendements.
Aujourd'hui, faute de consensus politique, ces procédures de législation en commission, appelées plec, sont souvent rejetées parce qu'il faut l'unanimité des groupes en conférence des présidents. Et vous savez très bien que l'avoir l'unanimité, c'est jamais facile.
Voilà, et généraliser les procédures accélérées du gouvernement, ça c'est le gouvernement qui peut le décider.
Oui, mais là, dans le contexte, il ne faut pas donner l'impression de brutaliser le Parlement. Moi, je crois que cette évolution de simplification du travail parlementaire ne pourra provenir que du Parlement, lui-même.
Alors, votre collègue, ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, a donc eu cette idée, enfin émis cette proposition de supprimer au moins un tiers des organismes et agences d'État. Il y a 1244 agences. Elle dit qu'elle espère économiser 2 à 3 milliards d'euros. Manifestement, ce chiffre crée un certain scepticisme. Que dites-vous à ce propos ? Est-ce que c'est une priorité ? Est-ce que c'est une urgence ? Et est-ce que c'est là le gros gisement d'économie ? Parce qu'on n'a pas forcément l'impression.
Ce n'est pas le plus gros gisement d'économie. On ne va pas raconter des histoires. Mais en revanche, c'est un gisement potentiel d'économie. Moi, ce que j'ai proposé, j'ai été auditionné, il y a deux semaines, par la commission d'enquête parlementaire sénatoriale, qui travaille sur cette question, depuis maintenant plusieurs semaines, qui a été déclenchée à peu près au moment où j'ai pris mes fonctions de ministre. J'ai dit des choses très simples. Moi, je ne donnerai pas de chiffres. Pourquoi ? Parce que le travail, il n'est pas terminé.
Vous savez qu'au mois de février, le Premier ministre a lancé une opération de refondation d'action publique et fait remonter un certain nombre d'informations pour que le gouvernement ait une vision claire, plus claire, de ce que fait l'État, de ce qui fait bien, de ce qui fait mal, de ce qui fait bien avec des démembrements, de ce qui fait moins bien avec des démembrements, dont ces fameux agents, ces opérateurs. Et parallèlement, vous avez un travail parlementaire qui n'est pas terminé. La commission d'enquête finira ses travaux au mois de juin. J'ai fait déjà une proposition qui suscite parfois un peu de contradictions.
C'est la fusion des établissements publics que sont les cinq IRA, les instituts régionaux d'administration. Vous le savez, qui sont à l'institut de formation des hauts fonctionnaires. Il y avait un établissement par IRA. Nous, ce que nous avons proposé, c'est d'en faire un seul, tout en conservant la présence territoriale. On ne met pas en question le fait qu'il y ait un IRA à Bastia, par exemple. Ce serait quand même malvenu qu'un ministre issu de la Corse supprime l'Ira de Bastia. Et voilà. Et la méthode, c'est la suivante. On ne s'empresse pas. On travaille avec les parlementaires, les sénateurs qui vont rédiger ce rapport.
Et on travaille avec la donnée que nous avons à notre disposition.
Je vous pose la question parce que c'est souvent quand même assez laborieux. On a pu le voir par le passé quand il y a eu la fusion impôts-trésors ou quand on a décidé de supprimer certaines régions. On ne fait pas toujours des économies. En fait, on nivelle un peu vers le haut, finalement. Et puis, ça utilise beaucoup de capital politique. Et en plus, on a aussi l'impression que parfois, il y a un petit biais idéologique. On entend bizarrement que celle qu'on veut supprimer, c'est l'ADEME, c'est l'Office français de la biodiversité, c'est l'agence du bio. Donc, on se demande si, sous couvert de simplifié, on ne cherche pas non plus à s'en prendre à certains thèmes.
Vous n'entendrez pas pointer du doigt qui que ce soit, quel organisme que ce soit, parce que je considère que c'est justement là où la méthode d'entrée de jeu n'est pas bonne. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a des domaines. Très certainement, au regard de ce que nous allons avoir comme information, de cette remontée d'informations demandées par le Premier ministre. Et au regard du travail fait au Sénat, où on va pouvoir considérer qu'il est possible de fusionner un certain nombre d'opérateurs entre eux parce qu'ils exercent des missions très semblables, très proches, parfois les mêmes.
Où on va peut-être réinternaliser au niveau de l'État un certain nombre de missions que nous avons externalisées. Pourquoi ? Parce que... Par exemple, qu'est-ce que l'État peut reprendre ? Aucun exemple à vous donner. Vous ne voulez pas prendre de risques ? Parce que je ne veux pas prendre de risques, parce que ce sont des sujets qui sont sensibles. Mais je peux vous assurer d'une chose. C'est que lorsque nous aurons pris les décisions, fait les arbitrages, je prendrai toutes mes responsabilités, je reviendrai vous voir et je vous dirai ce que vous voulez. Mais 2 ou 3 milliards, vous y croyez, vous ? Je ne peux pas vous dire si c'est 2 ou 3 milliards.
Je pense que la ministre est peut-être plus aux affaires des comptes publics. Et au compte public, oui. Pour avoir raison sur la question. Mais l'idée, c'est de faire des économies, quand même. L'idée, c'est de faire des économies, mais pas que. L'idée, c'est aussi d'avoir de la lisibilité dans l'action publique. Vous savez, je pense que... Oui, mais est-ce que ce ne sont pas les économies d'abord ? Ah non, non, non, non, non, non. C'est un édifice qui est sur ses deux jambes. Si vous avez des économies pour les économies et que vous avez une politique publique qui est illisible, ça ne marche pas non plus.
Et justement, dans le prolongement de la question de Gaëlle, il y a un discours en ce moment qui est très contre les agences, contre les normes, comme si tout ça n'était créé que pour emmerder les Français, selon une formule que répètent des politiques. Je ne vais pas faire le parallèle avec le Dodge américain, le département de l'efficacité, mais est-ce que le gouvernement ne serve pas aussi sur ce discours un peu populiste ?
Je pense, depuis le mois de décembre, avoir justement exprimé l'inverse. Prenez chacune de mes sorties médiatiques au Parlement. Moi, je crois à une simplification française avec un état d'esprit français pour défendre les intérêts français. Ce qui se passe aux États-Unis, je vous l'ai dit tout à l'heure en matière économique, mais également en matière de réforme et de communication autour de ces réformes, ce n'est pas ma tasse de thé.
Et on pourrait dire dans le discours trop d'agences, trop de normes, trop de fonctionnaires aussi. Alors est-ce que d'après vous, il en faut plus ou moins des fonctionnaires dans les prochains mois, prochaines années ?
Là encore, je le dis, j'ai tellement entendu de choses. Vous savez, je suis élu depuis quelques années maintenant et j'ai commencé mon engagement politique partisan très jeune. Je n'avais pas encore le droit de vote. J'ai vu pas mal d'élections présidentielles et législatives. La formule, on diminue de 100 000, de 200 000, etc.
Plus que ça, François Fillon, c'était 500 000.
Vous voyez bien que c'est difficile, surtout. Il n'a pas été élu, non ? Vous voyez bien que c'est difficile. Donc, il faut avoir un peu d'humidité. Il y a des services publics où il va falloir avoir plus de gens. La réalité, elle est là. Donc, si on est demain à la SERP avec des grands chiffres et des grands mouvements... Mais c'est plus à l'avenir, c'est plus ou moins de fonctionnaires ? Il va falloir faire mieux avec moins. C'est ce que nous avons dit. Pourquoi ? Parce qu'on voit très bien il y a un contexte de raréfaction de nos ressources publiques. On voit bien qu'il y a des pyramides d'âge. Donc, moins de fonctionnaires, c'est ça que ça veut dire.
On a le problème de notre système de retraite qu'il faut financer. On a le problème de nos dépenses sociales. Si je vous comprends bien, il faudra faire mieux avec moins de fonctionnaires. Peut-être que certains sujets devront faire l'objet de diminutions. Mais je vous le dis encore, peut-être que sur un certain nombre de postes, de fonctions publiques, il va falloir en avoir plus. D'accord, mais au total, ce sera moins. Et peut-être que si on veut mieux les payer, peut-être aussi qu'il faut qu'ils soient moins. Mais ça, c'est une question qu'il va falloir à un moment trancher dans le dialogue social. C'est ce que je fais depuis le mois de mars avec les organisations syndicales.
Et également, dans un vrai débat politique, un débat important, qui à mon avis sera celui de l'élection présidentielle de 2027. Juste une petite parenthèse, ça pourrait être un référendum, ça aussi ? Bien sûr. Bien sûr. Moi, j'appelle de mes voeux un référendum potentiel sur tout ce qui peut avoir à trait à la simplification de la vie des Français.
Ça dépend comment on pose la question. Est-ce que c'est moins de fonctionnaires ou moins de policiers, de juges, d'enseignants, d'enseignants ?
Non, mais ce que vous voulez dire, c'est qu'un référendum sur l'organisation de l'État, ça pourrait être une bonne idée. Oui, mais pourquoi pas ?
Sur la réforme de l'État. Non, non, non. Et vous qui êtes ministre des fonctionnaires, qu'est-ce que vous faites pour les protéger ? On entend de plus en plus de menaces, d'agressions physiques, notamment envers les agents hospitaliers, la pénitentiaire. Est-ce que vous avez des choses concrètes à nous dire sur ce phénomène ?
Oui. D'abord, bon, vous imaginez bien, je ne vais pas vous répondre tout de go, mais ce que je vois est inacceptable. J'étais encore vendredi à Marseille, à l'hôpital de la Timone, où je vois des agents qui sont des trésors. C'est pour ça que moi, je me refuse à être dans le bashing et dans le dénigrement de nos agents publics. Ce sont des trésors. Ils sauvent des vies. Ils aident les gens et ils travaillent à améliorer continuellement la qualité du service public qui est le leur. Ce que je propose, c'est tout simplement de faire en sorte que la protection fonctionnelle s'oriente de telle manière. L'employeur porte plainte au nom de l'agent.
L'agent peut porter plainte également, mais il ne faut pas que l'agent public soit seul. Ça, ça n'existe pas aujourd'hui. Donc, je propose que cela soit fait et également d'ouvrir cette possibilité aux ayants droit de l'agent, les victimes, la famille, les enfants, le concubin, la concubine, le mari ou l'épouse pour pouvoir faire en sorte que cette qualité de victime, ce statut de victime soit reconnu également. Et je propose que nous soutenions les principes qui ont prévalu lors de la rédaction d'une proposition de loi qui est celle de Violette Spilbuth qui n'a pas pu être inscrite encore sur du temps parlementaire.
Alors, je le dis aujourd'hui, je suis prêt à transformer cette PPL, cette proposition de loi en projet de loi gouvernemental et je demanderai à ce que cette proposition de loi transformée en projet de loi soit inscrite sur le temps gouvernemental à l'Assemblée nationale dans les délais les plus brefs. Prochainement. Très vite, je l'espère.
Un mot rapide. Oui, rapide sur justement les fonctionnaires. Il y a Dini Chou qui dit je croyais qu'il y avait un problème de chômage. Est-ce qu'on veut moins de fonctionnaires au travail ? C'est vrai, on en fait quoi de ces fonctionnaires qu'on supprime ? Moi, je ne veux pas...
Encore une fois, je veux dire, moins de fonctionnaires, ce n'est pas le débat, ce n'est pas prendre le sujet par le bon bout de la lorgnette. Les Françaises et les Français, qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils veulent l'efficacité publique. Ils veulent l'efficacité publique à un moment où nous sommes en plus de cela confrontés à des difficultés financières que personne ne perd de vue. La France aujourd'hui a une grande difficulté en matière financière, en matière des engagements qui sont laissés, en matière de souveraineté. Parce que je vous rappelle encore une fois que cet endettement, ce déficit, c'est un problème de souveraineté.
Et si demain, et si demain, nous ne sommes plus en capacité, de tenir le gouvernail, c'est arrivé. Et ça n'arrive pas qu'aux autres. C'est arrivé au Portugal, c'est arrivé à la Grèce, c'est arrivé à l'Italie. Et là, et là, le remède, c'est un remède de cheval. Ce qu'il faut faire, c'est éviter d'en arriver au remède de cheval.
Alors, on va parler maintenant du débat qui mobilise actuellement les députés. C'est celui sur la fin de vie. Ce week-end, l'aide active à mourir a été adoptée, inscrite dans la loi, en tout cas à l'Assemblée nationale, parce que ça repassera au Sénat. Audrey ?
Alors, ce n'est pas encore un vote définitif. On a voté en tout cas cet article, l'aide active à mourir. Vous, Laurent Marcangéli, pour vous, est-ce que c'est une avancée ?
D'abord, quand j'étais président du groupe Horizon et Indépendant, j'avais dit, comme pratiquement tous les présidents de groupe de cette Assemblée, que la liberté de vote s'appliquerait à chacune et chacun des... Ça, c'est votre avis à vous.
Comment de votre position ?
Ma position, c'est que la manière dont le texte est sorti pourrait m'amener, si j'étais encore député, à ne pas le voter. Pourquoi ? Parce que j'ai pris le temps, lorsque j'étais parlementaire, d'aller à la rencontre de personnes concernées par ces sujets, très pour une avancée significative, d'autres beaucoup moins convaincus. Mais répondre comme ça à brûle pour point alors que je n'ai pas participé aux travaux, tout ce que je peux vous dire, c'est que lorsque la commission spéciale précédente avait arrêté ses travaux et que j'étais encore député, je n'aurais pas voté le texte à l'époque. Là, j'ai moins parti. Déjà à l'époque, vous avez entendu.
Oui, parce que vous voyez bien qu'en plus, j'ai travaillé avec beaucoup. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui vous bloque ? La manière dont le texte avait été modifié par la commission spéciale que présidait à l'époque ma collègue et amie Agnès-Fermain-Albodo quand j'étais président de groupe nous avait amené à dire que les ajouts de la commission spéciale pouvaient faire que nous ne votions pas tous. Mais quoi ? Qu'est-ce qui vous bloque ? Je ne veux pas qu'on crée... C'est l'ensemble qui vous bloque ? Pas l'ensemble. Vous avez un certain nombre de dispositions qui ne me choquent pas.
Mais encore une fois, l'état d'esprit qui prévaut, je ne veux pas que nous nous retrouvions dans des situations où comme du côté de pays frontaliers, vous avez parfois des situations qui peuvent, de mon point de vue, créer une forme de dérive.
Est-ce que c'est le fait par exemple de pouvoir demander à d'autres personnes de faire le geste final ? Vous préférez par exemple l'auto-administration que la personne en conscience...
Le problème de l'auto-administration, c'est que voilà, il y a malheureusement des malades en fin de vie qui n'ont plus cette capacité. Et vous savez, quand vous allez voir quelqu'un qui travaille dans les soins palliatifs, que vous discutez avec les gens qui travaillent dans ces services, ce que j'ai fait à l'hôpital d'Ajaccio lorsque le texte était en première lecture avant la dissolution l'année dernière. Et qu'on vous explique qu'il y a des gens qui arrivent avec la volonté de mourir en soins palliatifs, mais qui après avoir été soulagés de leur douleur, veulent profiter encore un peu de leurs proches, de leurs familles, de leurs enfants, de leurs petits-enfants.
Ça fait réfléchir. Ce que j'entends moi dans le grand Marc Angélie,
je ne suis pas dogmatique sur cette question. D'accord, mais vous ne l'auriez pas voté. Il faudrait vous convaincre beaucoup. Jusqu'à aller voter contre, probablement pas, parce que je ne sais pas, mais j'ai des doutes. Et je dois bien avouer que je n'ai pas été assez mobilisé parce que membre du gouvernement, présent sur d'autres sujets, par les débats parlementaires qui sont en cours, pour vous donner une réponse suffisamment claire. Elsa.
Alors, vous n'avez pas forcément pu regarder les 5h30 de l'audition du Premier ministre suivi sur LCP. J'imagine que vous en avez quand même eu des échos. D'après vous, est-ce qu'il en est sorti renforcé ou encore plus affaibli votre Premier ministre ?
J'ai vu un homme qui a défendu son honneur devant une commission qui parfois virait au tribunal d'inquisition. Et je ne pense pas que ça serve la représentation nationale d'avoir une telle virulence dans cet exercice qui a été celui de l'audition du Premier ministre. La défense n'était pas en reste. La défense n'était pas en reste, mais à un moment, quand vous êtes face à un tribunal parce que ce n'était pas une commission d'enquête, à un moment, c'était un tribunal où l'un des co-rapporteurs essaye de pousser à la faute pour que le Premier ministre se parjure, ce qui est pénalement répréhensible. Sept ans de prison. On prête serment lorsqu'on dépose devant une commission d'enquête.
Ce n'est pas un travail de politique. Ce n'est pas un travail de justice. c'est un travail de tentative de démolition d'un homme. Et je l'ai vu dans le cadre de cette affaire et je l'ai vu dans le cadre d'autres affaires. Il ne faut pas que les députés aient le sentiment d'être membres de tribunaux d'inquisition.
Sauf que ça lui colle à la peau, cette affaire Bétharam, depuis ses propres déclarations, un flou qu'il a peut-être lui-même entretenu. On le voit dans les enquêtes d'opinion. Il n'en a pas fini avec cette affaire, le Premier ministre.
Je pense qu'il a eu le loisir de s'expliquer devant la représentation nationale constituée en commission d'enquête parlementaire. Et si demain, il devait avoir à répondre à d'autres questions, il le fera. Il ne s'est jamais défaussé.
Vous avez parlé des commissions d'enquête. Est-ce que, comme la présidente de l'Assemblée nationale qui l'a dit hier chez Francis, est-ce qu'il y en a un peu trop des commissions d'enquête ?
Mais là encore, le Parlement a des règles et ces règles sont respectées. On n'est pas dans des détournements de règles. Après, il y a l'esprit. Est-ce qu'il y en a trop ? Peut-être. On voit bien que c'est un instrument politique, faute de légiférer, de vouloir légiférer, certains veulent créer des tribunaux d'inquisition. Et je ne pense pas que ce soit la bonne méthode.
C'est plus la méthode que le nombre
de commissions. C'est très utile que le Parlement, à travers des commissions d'enquête, contrôle. Surtout certaines qui donnent des résultats. C'est indispensable.
Comme de Nestlé,
vous avez eu des tas de commissions. Celle sur Outreau, elle était quand même assez utile. Il y a 20 ans, j'étais étudiant pour devenir avocat à l'époque. J'ai suivi ces travaux. C'était très intéressant, très important, très décisif. Mais encore une fois, la loi est créée à l'Assemblée. Le contrôle se formule à l'Assemblée. Mais par contre, la justice n'est pas rendue à l'Assemblée nationale. Il y a les tribunaux pour ça. Elle est vraie.
Et justement, en parlant de ça, au niveau Bétarame, c'est je crois plus de 60 ans d'actes pédocriminels, comment ça se fait ce déni collectif ? J'ai lu le silence de Bétarame de Alain Esquerre, même la fille de François Bayrou. Qui était sur le bureau de François Bayrou.
François Bayrou, pardon.
Justement, il y a la fille de François Bayrou qui parle d'un déni collectif. Comment ça se fait ? Vous êtes élu local ou ex-élu, je ne sais plus si vous l'êtes toujours en cours. Mais comment vous expliquez que pendant des années et dans toute la France, il y a des actes pédocriminels dans des établissements qui sont commis et que personne n'ose parler ?
Ça aussi, je ne pourrais pas en parler en connaissance de cause parce que, Dieu merci, moi je n'ai pas été victime de ces vices, mais les mécanismes psychologiques qui se créent lorsqu'on est victime de viols, d'attouchements sont très particuliers. En parler, c'est très difficile. Et même pour les violences, lorsqu'elles sont massives, c'est visiblement le cas, c'est très difficile de libérer cette parole.
Avec Gaëlle, on va reparler argent. C'est normal, vous êtes de challenge. Les sous.
Voilà, les sous. Parce qu'après cette épreuve de Bétarame, je pense que ce sera la prochaine épreuve très lourde de François Bayrou de trouver 40 milliards pour préparer le budget 2026, minimum 40 milliards. Bon, on voit que des ballons d'essai sont lancés à droite à gauche, les 10% des retraits, sur les retraités, etc. C'est quand même un peu un cauchemar. Donc, où va-t-on trouver cet argent ? Et est-ce que la fonction publique, est-ce que votre secteur va être visé particulièrement ? Parce qu'on imagine qu'il va être sur la sénette. On va vous en demander des économies.
Le problème, c'est que vous le savez, je suis ministre de la fonction publique, mais il s'avère que je suis aussi relié à tous mes collègues. On essaie de travailler ensemble sur la simplification. Il y a une ministre de l'éducation nationale, d'enseignement supérieur et de la recherche. Ça ne vous a pas échappé. Il y a un ministre de l'intérieur qui s'occupe des policiers. Il y a eu des lois de programmation qui ont été votées à de très larges majorités à l'Assemblée nationale pour nos armées, pour notre justice, pour notre sécurité au quotidien.
Et c'est vrai qu'il y a une attente dans chaque fonction publique d'avoir un certain nombre d'avancements et autres investissements massifs pour équiper. On est à la croisée des chemins. Il faut dire les choses comme elles le sont. Je ne veux pas être à un enjeu de souveraineté. Si on dévisse durablement au niveau de notre déficit public, à un moment donné, on n'aura plus la marge de manœuvre et on viendra nous l'imposer.
Mais pour revenir à la question, est-ce que, puisque l'État a la main sur la fonction publique, il faut faire 40 milliards, il faut trouver 40 milliards, donc c'est la fonction publique
qui paiera ? Non. Nous avons des... Il y a encore une méthode, il y a un cap, il a été fixé par le Premier ministre. Les arbitrages budgétaires ne sont pas rendus. Donc ne comptez pas sur moi pour sortir du rôle qui est le mien. Moi, je vais participer aux discussions budgétaires, naturellement, je suis ministre de la fonction publique. Vous allez même devoir faire des propositions. Je vais le faire, je prendrai le temps de le faire. Nous aurons des premiers arbitrages qui seront rendus très probablement dans le courant du mois de juillet. Et là encore, je vous le dis, avec toute franchise, vous pouvez me croire, je viendrai défendre ce que j'ai proposé.
Mais en tout cas, dans le budget de 2025, ça a été quand même compensé par beaucoup de hausses d'impôts et notamment de hausses d'impôts sur les entreprises. Donc cette fois, on nous dit, il faut baisser la dépense. Donc on va demander à tous les ministères de baisser la dépense. Je pense que c'est un grand sujet aussi, cette question de baisse des dépenses publiques d'Edouard Philippe. Ça fait partie vraiment de sa réflexion et des idées qu'il met en avant. Donc est-ce qu'à un moment, s'il n'y a pas assez de baisse des dépenses publiques, on va à la censure ?
Peut-être que s'il y en a trop aussi. Je vous rappelle quand même que ce budget, il aura besoin justement de ne pas provoquer la censure du gouvernement pour être adopté. Et nous avons bien vu la condition dans laquelle nous avons pris nos fonctions au mois de décembre dernier et le budget tel qu'il a été préparé dans une situation un peu particulière. Mais donc ça fait
un empêchement en fait. C'est-à-dire qu'en gros, on ne va pas pouvoir faire les efforts nécessaires parce qu'il y aura toujours un parti qui ne posera. Si vous voulez me faire dire que la situation politique
décidée par les Françaises et les Français démocratiquement au mois de juillet dernier facilite les choses, vous allez avoir du temps.
Alors vous savez quoi ? Il y a le président du CNR, Gérard Larcher. Donc aujourd'hui en France, le Parisien, lui, il a une idée. Il dit qu'il faut geler le budget, reconduire en 2026 le budget de 2025. Comme ça, ça permet de ne pas augmenter les fonctionnaires, de ne pas créer non plus de postes de fonctionnaires. Il le dit comme ça, lui. Est-ce que ça peut être une piste ? Tout est sur la table.
La piste du Gérard Larcher, elle est bonne. Le président du Sénat bénéficie d'une autorité, d'une expérience que je ne me permettrai pas de remettre en cause.
Mais de choix politiques aussi.
Ceci étant dit, que je suis ministre de la fonction publique, donc des agents publics, les risques de conflit sont là. Et cette proposition pourrait être à l'origine de blocages puissants. Dans le pays ? Dans le pays. D'une rentrée sociale tonitruante. Donc le président du Sénat
est irresponsable ?
Non. Gérard Larcher est un homme d'État. En tant que président du Sénat, personnage haut placé au niveau de l'État... Mais il faut au poudre quand il dit ça. Il propose. Il propose. Il est dans son rôle. Il propose. Il n'est pas au gouvernement. Et vous mettez en garde en vision. Attention. C'est explosif. Et je dis que les blocages coûtent aussi très cher. Ça serait explosif de geler. Si demain vous avez... Moi je ne sais pas si ça provoquera cela. Non mais ça pourrait. Ce que je dis aujourd'hui c'est que... Vous savez, le corps social français, il ne faut pas croire, c'est de la porcelaine. Ça peut se casser en mille morceaux. Il faut faire très attention à ce qu'on fait.
Et à ce qu'on dit ? À ce qu'on dit, mais c'est surtout ce qu'on fait qui compte. Parce qu'au bout du compte, on peut dire beaucoup de choses.
Mais l'idée de geler le budget 2026 sur 2025, ça pourrait être une idée aussi ?
Ça peut être une idée. Je vous rappelle que... Je vais faire un cours d'histoire encore une fois. Le général de Gaulle, le 31 décembre 1958, il fait une annonce aux Français. C'est pas sec et haut. Parce que c'était nécessaire. Il y avait même la baisse des pensions militaires. On était en 1958. Nos anciens combattants. Ça a été accepté à l'époque. Mais c'était 1958, c'était de Gaulle, c'était la France de 1958.
Mais geler le budget, ça permettrait aussi de ne pas être obligé de passer par un vote quasiment. On pourrait même redupliquer le budget sans vote. Ça serait formidable.
Non, je crois que le principe d'annualité budgétaire est constitutionnellement reconnu. Et chaque année, il faut passer par le vote du Parlement.
Un mot. Oui, question de Stéphane. On en est où ? Des allocations à la source contrôlées par l'État si on... Bon, bref, le prélèvement à la source. Le versement à la source. Je ne sais plus. Le versement des allocations automatiques. Voilà.
Le versement automatique des allocations. Eh bien, il faut lui dire que comme je ne suis pas très certain de maîtriser techniquement le sujet, je ne peux pas lui répondre pour l'instant.
Ça vous êtes bien de ne maîtriser pas trop bien la question.
Je suis proche d'Édouard Philippe. Ah, c'était vous. Je suis proche d'Édouard Philippe
quand je ne sais pas, je ne sais pas. Bruno Taillot, votre collègue ministre de l'Intérieur est le nouveau président des Républicains élu par les adhérents du parti avec près de 75% des voix, donc loin de l'envoquer. Avec François Bayrou, il est le deuxième chef de parti à être membre du gouvernement ou d'ailleurs, il entend bien rester.
Cette question, elle est tranchée. Est-ce qu'on peut faire 74% dans un cercle de militantisme ? C'est-à-dire, ce sont nos adhérents qui ont tranché à 75%. La question, je considère que s'ils ne voulaient pas que je sois au gouvernement, alors ça aurait été un des aveux. Laurent a fait largement sa campagne sur ce sujet-là.
Gaëlle ?
Donc Bruno Retaillot, il est président maintenant du parti LR et l'élu très confortablement. Il est aussi un ministre phare de ce gouvernement, un ministre de l'Intérieur. Donc ça renforce quand même le poids des LR dans ce gouvernement. Est-ce qu'on a l'impression que ça y est, ce sont les LR qui vont gouverner ? Est-ce que ça change un peu les équilibres au sein de ce gouvernement ?
Personne ne peut gouverner le pays à lui seul. Ça c'est encore le choix que les Français ont exprimé au mois de juillet dernier. Les LR sont une composante de ce socle qui soutient le gouvernement et qui donc fait en sorte qu'il y ait des ministres présents. C'est le pari que nous avons fait. Nous, ça fait depuis 2022 avec Edouard Philippe qu'on demandait à ce que les LR gouvernent le pays avec nous.
Maintenant, on a un LR qui est pratiquement en campagne pour la présidentielle 2027. On a bien compris ça et c'est bien pour ça qu'il a voulu prendre la tête de son parti qu'il va se retrouver aussi ministre au gouvernement. Donc ça ne va pas tirailler de plus en plus ?
Si d'aventure, il souhaitait effectivement, comme vous le dites, et moi je n'ai pas entendu qu'il était candidat à l'élection présidentielle à ce stade, à ce stade, à ce stade, c'est son droit le plus absolu et nous verrons bien comment les choses se passent. Ça n'a pas empêché d'autres d'être à l'époque premier ministre et candidat à l'élection présidentielle ou des ministres à l'être aussi.
Oui, mais là, il est président de parti de surcroît au gouvernement, dans un gouvernement de coalition. Ça lui donne un poids supplémentaire à Bruno Retailleau. Premier ministre et président de parti. Oui, mais lui,
il est deuxième alors dans ce cas. Oui, mais vous avez aujourd'hui... Moi, je vais parler de ce que je connais le mieux. Moi, mon président de parti, il a fait le choix de se préparer pour être candidat à l'élection présidentielle. En dehors du gouvernement ? Il aurait pu rentrer au gouvernement en 2022, en 2023, en 2024 et peut-être même en 2025. Il n'a pas fait. Et donc ?
Qu'est-ce que vous en tirez
comme conclusion ? J'en tire comme conclusion d'abord que je suis avec Charlotte Pimentier-Lecoq représentant de mon parti au sein du gouvernement. On a fait le choix de la responsabilité. C'est très bien que Bruno Retailleau l'ait fait également au mois de septembre l'année dernière parce qu'on ne pouvait pas se priver de la droite républicaine des républicains au gouvernement. Que Bruno Retailleau, je pense, a plutôt bénéficié de sa présence au gouvernement dans l'opinion publique
et que ça nous permet
de travailler ensemble et que je pense qu'on va devoir travailler ensemble
à l'avenir. Mais c'est intéressant ce que vous dites parce que vous dites moi mon patron c'est Édouard Philippe il a choisi de ne pas être ministre. Oui je vous confirme que c'est vrai. Non mais j'ai bien compris. Donc ça veut dire que bon finalement si Bruno Retailleau pouvait prendre sa liberté et ne plus être ministre ça serait plus clair. Non pas du tout. Non mais il y a deux logiques.
Je suis très heureux de siéger au gouvernement à côté de Bruno Retailleau. Il y a deux logiques alors quelle est la meilleure ? Ça c'est l'avenir qui le dira. Vous savez en 1995 Zach Chirac il avait fait un pari deux ans avant c'est de ne pas être premier ministre de cohabitation et de laisser Edouard Balladur. Au moment tout le monde a dit c'est un mauvais choix. Au final il a gagné.
Alors que Laurent Wauquiez lui c'est le contraire finalement. Il a perdu en ne voulant pas entrer au gouvernement.
Je ne pense pas que ce soit ça qu'il ait fait perdre. Ah bon ? Qu'est-ce qu'il a fait perdre ? C'était le moment Retailleau tout simplement. Parfois il y a des vagues qui sont trop hautes et surtout quand on voit l'écart mais après je ne veux pas commenter pour le coup c'est vrai je vois des militants LR.
Quand vous voyez quand même Bruno Retailleau vous vous dites ce sera un concurrent contre Edouard Philippe en 2027 ?
Pas forcément.
Parce que vous pensez qu'il se ralliera à Edouard Philippe ? On sent qu'il a de l'ambition Bruno Retailleau et là pour le coup il fait 74%.
Je vais vous dire encore une fois moi ça fait depuis 2022 que vous me posez des questions dans des déjeuners sur la stratégie d'Edouard Philippe et depuis 2022 je vous dis ce que je pense je pense que sa stratégie est la meilleure et depuis 2022 et puis même avant il est dans le jeu il est bien dans le jeu je pense que les français ont bien connu quand il était premier ministre ils reconnaissent encore aujourd'hui j'étais à Marseille samedi je peux vous dire j'ai vu quelqu'un qui se prépare durement pour être président de la république
Ce qu'on nous dit toujours autour de lui c'est vous allez voir à la fin tout le monde ira derrière lui il fera la réponse en tête et à la fin
Ce n'est pas la fin on n'est pas encore à la fin
Donc vous restez prudents ce ne sera pas quand vous m'ennuyez
Par contre je vais vous dire je vais vous faire une révélation massive comme le programme que nous présenterons il ne sera pas seul candidat à l'élection présidentielle il y aura de la concurrence Mais au bloc central Il ne sera pas seul peut-être même au bloc central Et il faudra C'est un gros risque C'est un risque Ceux qui le prendront devront le mesurer Mais qui le prendra parce que si tout le monde se présente Tout le monde le prend C'est peut-être déjà Philippe à qui on le reprochera Moi je crois que nous sommes encore loin de l'échéance et ce que je peux vous dire c'est que d'abord il y a des élections municipales si on parle des élections et après il y aura les présidentielles mais par contre je vais vous dire une chose dont je suis particulièrement convaincu dès aujourd'hui le meilleur candidat c'est Édouard Philippe
Audrey ? Et s'ils sont 5 ou 6 sur la ligne de départ on fait comment pour les départager ? Vous dites il ne faut pas
Il n'y aura pas de primaire Il n'y aura pas de primaire Nous on a créé un parti politique c'est pas pour partir en primaire Personne n'en veut Bruno Retailleau il n'en veut pas Je ne pense pas que Gabriel Attal en veuille non plus Donc il n'y aura pas de primaire
Vous comptez sur la sélection naturelle et que les autres se rangent derrière votre candidat
Je pense que nous avons nous aurons le moment venu une photographie suffisamment claire pour savoir qui est le mieux placé Encore une fois Et je pense qu'on en a déjà quand même une certaine idée Pour l'instant Il y a des enquêtes d'opinion qui le démontrent Pour l'instant
Quand vous dites un candidat
C'est constant
Vous imaginez donc un candidat unique pour le bloc de centre et de droite si je vous entends bien
C'est souhaitable Je ne vous dis pas que j'ai l'anime Ça va de où ce bloc ? Ce bloc ça va des démocrates aux républicains
Ça ne va pas du côté
de chez Sarah Knafow ou Éric Zemmour Les démocrates aux républicains D'accord c'est clair C'est juste pour préciser C'est ce qu'a proposé Dord-Philippe à Lille lors du précédent congrès décentralisé et c'est ce qu'il a répété avec autant de verve et de conviction à Marseille samedi Elsa
Est-ce que c'est pas vous l'avez dit la photographie donc le sondage il est le mieux placé est-ce que c'est vraiment un avantage on se souvient et vous êtes tous traumatisés par Alain Juppé trop haut trop tôt et à la fin c'est pas lui sur la ligne de départ
J'ai eu l'honneur de faire campagne de mon côté d'Alain Juppé et d'Edouard Philippe entre autres en 2016 Je peux vous dire qu'Edouard Philippe je le connais suffisamment maintenant pour le voir à l'ouvrage Il y a du chirac en Edouard Philippe beaucoup C'est quelqu'un qui va combattre jusqu'au bout et il est en train de prendre une épaisseur qu'il n'avait pas encore en 2022 lorsque je suis devenu le président fondateur de son groupe à l'Assemblée Nationale parce qu'il se prépare parce qu'il va à la rencontre des Françaises et des Français parce qu'il travaille parce qu'il rencontre des gens en vue de préparer son projet qu'il dévoilera à l'heure à l'heure à l'heure à l'heure je suis quelqu'un de constant dans l'engagement mais également de constant dans la confiance qu'Edouard Philippe m'inspire dans la fidélité
C'est une peur quand même chez vous on a le sentiment
Je semble pétrifié de peur
Vous n'êtes pas pétrifié mais vous dites que dans deux ans c'est loin et en même temps Edouard Philippe est parti très tôt en campagne
Je ne voudrais pas apparaître comme quelqu'un de prétentieux et de trop sûr de son fait Il va falloir qu'on gagne ensemble qu'on rassemble qu'on ne reste pas sur notre petit précaré parce que d'abord il va falloir gagner et puis ensuite il va falloir gouverner et ça ne va pas être de la tarte si vous voyez
ce que je veux dire Hugo Question qui vient d'Instagram de LCP A quoi une application unique pour toutes les démarches et il y en a une qui vous demande est-ce que le projet d'Edouard Philippe c'est la retraite à 67 ans ?
D'abord encore une fois le projet n'est pas sur la table il a été dit redit et je profite de l'occasion que vous prenez pour le redire le projet c'est à partir de mai 2026 Donc la retraite à 67 ans ce n'est pas forcément dans le projet Ça n'est pas arrêté vous avez même pu lire dans des quotidiens qu'il y avait d'autres options qui étaient sur la table des gens visiblement très bien informés sur ce sur quoi travaillent Edouard Philippe et ses équipes dans le cadre de l'édification d'un projet pour la France Et l'application unique ? Gaëlle Encore une fois le programme viendra en son temps Gaëlle
L'élection elle a proportionnel ça revient quand même dans le débat et vous êtes contre pourquoi ?
Je suis contre parce que c'est contraire à l'esprit des institutions de la Ve République Je suis contre parce qu'il n'y a aucun pays d'Europe qui a deux têtes d'exécutifs un Premier ministre ou une Première ministre un Président ou une Présidente de la République Je ne suis pas pour parce que je crois que ça va institutionnaliser le désordre dont nous avons parlé notamment à l'Assemblée Nationale avec des groupes qui se font face s'affrontent et ne construisent pas de consensus parce que nous ne sommes pas comme d'autres pays des pays où la coalition est facile Je suis aussi contre parce que le Président de la République qui sera élu en 2027 il ne faut pas lui ligoter les pieds et les poings avant même qu'il ne soit candidat Surtout si c'est Edouard Philippe par exemple
Est-ce que vous seriez prêt à aller jusqu'au bras de fer vous et votre parti avec François Bayrou sur ce sujet ?
Là je vous dis quelle est ma position à titre personnel qui en plus s'avère être je le pense la position unanime du parti
dont je suis Ça peut créer des tensions dans la coalition et au gouvernement ça ?
Oui
Parce que François Bayrou il y tient la proportionnelle Il y tient En revanche
vous ne m'entendrez pas dire que François Bayrou était légitime sur la question il défend cela depuis 30 ans D'accord d'accord mais ça peut créer des tensions du coup Vous êtes contre il est pour ça peut créer des tensions Je ne suis pas d'accord J'ai l'impression qu'une grande majorité du groupe Ensemble pour la République que préside Gabriel Attal est contre Je me suis laissé dire que du côté de la droite républicaine ce n'était pas forcément particulièrement souhaitable et souhaité et que le groupe que j'ai présidé pendant deux ans et demi est aussi contre à l'unanimité Donc ça peut faire faire marche arrière à François Bayrou
je vous ai entendu Je ne sais pas Audrey une dernière question qui concerne cette fois les réseaux sociaux parce que c'est un sujet sur lequel vous avez travaillé
Oui la question de la majorité numérique également ça revient régulièrement dans le débat politique le fait d'interdire strictement les réseaux sociaux aux adolescents Gabriel Attal l'a proposé récemment et tiens tiens je vois que cette règle vous l'avez déjà fait voter Laurent Marcangeli en 2023 Alors pourquoi cette loi n'est pas appliquée ?
D'abord voilà vous le disiez tout à l'heure cette loi a été promulguée par le président de la République le 7 juillet 2023 après un vote unanime à l'Assemblée nationale et au Sénat Tout simplement c'est le règlement européen qui rend inapplicable ce texte Pourquoi ? Parce que les règlements européens décidés à l'époque où M.
Breton était commissaire européen sont moins de 10 ans que ce texte notamment en matière de majorité numérique donc moi je dis une chose très simple si on veut donner un signal de puissance publique et non pas d'impuissance publique faisons en sorte que la loi que j'ai fait voter soit applicable et appliquée parce qu'il s'agit d'une demande très forte très forte sur le terrain je crois que ce qui se passe aujourd'hui dans le monde des réseaux sociaux doit nous interpeller en tant que parents en tant que citoyens et que si on ne fait rien le mal sera à mon avis trop avancé Vous demandez donc est-ce que les décrets d'application de votre loi soient tout simplement signés ?
Je l'avais demandé au Premier ministre Gabriel Attal qui avait d'ailleurs fait un très beau discours en disant tout le bien qu'il pensait de la loi Marc-Angéli Et maintenant François Bayrou Il n'a pas pu le faire C'est à François Bayrou de le faire Peut-être qu'il a oublié que c'était mon texte au départ Il avait prononcé un discours en tant que Premier ministre en parlant de la loi Marc-Angéli Donc François Bayrou doit le faire J'espère qu'il le fera
On va maintenant accueillir une invitée tout à l'heure qui dans quelques instants qui va parler avec vous de la Corse votre terre d'élection La Corse qui a une place à part dans la République française Le portrait de l'invité est signé Marco Pommier
Face à vous Laurent Marc-Angéli une experte de la loi suprême la Constitution Maître de conférences des universités en droit public enseignante à Sciences Po Dans son nouveau livre elle s'interroge sur la 5ème République Fragile, dit-elle en crise Mais ce soir elle interpelle le Corse que vous êtes sur le statut spécifique de l'île Quid du processus d'autonomie François Bayrou avait pris un engagement Un calendrier a été fixé conformément aux orientations du président de la République pour la Corse pour aboutir à une évolution constitutionnelle fin 2025 ce calendrier sera respecté Une autonomie, oui mais pourquoi faire ?
La Corse est déjà pionnière en matière de décentralisation une collectivité territoriale unique avec la double compétence de départements et de régions alors faut-il aller plus loin au risque de remettre en cause le principe de l'indivisibilité de la République Dans le projet d'écriture constitutionnelle le gouvernement tente d'écarter cette possibilité Un statut d'autonomie pour la Corse au sein de la République qui tient compte de ses intérêts propres liés à son insularité méditerranéenne à sa communauté historique linguistique culturelle ayant développé un lien singulier à sa terre Mais pour les détracteurs de l'autonomie de l'île le projet pourrait ouvrir la boîte de Pandore un risque de contagion dans d'autres régions de la Bretagne au Pays Basque en passant par l'Alsace Face à vous Anne-Charlène Bézina
Anne-Charlène Bézina arrive sur ce plateau je vous laisse saluer le ministre bonsoir Anne-Charlène Bézina je vous laisse vous installer vous avez 10 minutes pour débattre avec Laurent Marc-Angéli attention quand vous parlez de Corse sensible elle est sudiste elle aussi bonsoir monsieur le ministre moi j'avais une première question à vous poser à propos de cette loi justement constitutionnelle à venir sur le statut de la Corse expliquez-nous qu'est-ce qu'elle pourrait changer pourquoi ce statut dérogatoire apporterait quelque chose alors qu'on sait que la collectivité territoriale de Corse est déjà spécifique par rapport aux autres
alors d'abord je suis obligé de faire un retour historique proche nous sommes en 2022 cela fait maintenant trois élections régionales 2015 2017 2021 on appelle chez nous les élections territoriales que des autonomistes d'abord alliés à des indépendantistes puis ensuite autonomistes seulement ont gagné les élections à de très larges majorités la dernière je suis bien placé pour le savoir j'étais le principal opposant et j'ai été battu c'est la seule élection que j'ai perdue 2022 Yvan Colonna est agressé dans sa salle de sport de la maison d'arrêt d'Arles il y perd la vie et pendant plusieurs jours en mars 2022 des scènes d'émeutes urbaines se sont déroulées dans la ville dont j'étais le maire le tribunal judiciaire a été incendié il y a eu des scènes d'une extrême violence où chaque soir je me couchais avec la boule à l'estomant me disant est-ce qu'il ne va pas avoir un jeune homme qui va prendre un mauvais coup ou un policier ou un gendarme qui va prendre un mauvais coup les élections présidentielles sont en cours et le ministre de l'intérieur mon ami Gérald Darmanin qui est mon collègue aujourd'hui au gouvernement vient à Ajaccio nous sommes le 17 mars 2022 il y a encore beaucoup de policiers dans la rue et beaucoup de problèmes et il dit qu'il va travailler avec le président de la République qui lui a donné l'autorisation de dire sur un statut d'autonomie de l'île et qu'est-ce que ça apporterait de plus ?
je pense qu'il faut je sais que vous êtes pressé mais non mais c'était la question d'un chère l'index d'abord c'est de reconnaître la Corse qu'est-ce que ça va porter ? avec une spécificité qui n'est que celle de la Corse celle d'une île de Méditerranée à la démographie vieillissante qui bénéficie d'un certain nombre allez de points positifs mais qui pâtient également de points négatifs en matière économique et sociale
c'est important peut-être que vous nous redisiez pourquoi ce statut constitutionnel il importe à l'île parce que est-ce que c'est uniquement par rapport à la langue ? est-ce que c'est pour reconnaître une spécificité territoriale ? qu'est-ce que la Corse va gagner à devenir demain une Nouvelle-Calédonie une Polynésie ? est-ce que ça change vraiment quelque chose ?
d'abord pour moi le fait de plaquer les modèles auxquels vous faisiez référence n'est pas ce que j'ai soutenu ce que j'ai soutenu c'est d'abord une écriture constitutionnelle qui devra donc faire convoquer le Parlement en congrès qui nécessitera donc les 3 cinquièmes des voix des parlementaires députés et des sénateurs réunis et surtout l'accord
de l'Assemblée nationale et du Sénat auparavant
et voilà ça c'est la modification de la constitution ensuite vous êtes constitutionnaliste le principe qui avait été validé à Beauvau sous la direction de Gérald Darmanin mais également sous la direction du président de la République qui lui-même impliquait personnellement il a fait un discours en septembre 2023 à Jacques Solon dans ce sens c'est d'avoir aussi des lois organiques qui vont venir expliquer ce que sera l'autonomie de la Corse et là ces lois organiques aujourd'hui elles ne sont pas rédigées donc le processus législatif constitutionnel va ouvrir une porte ensuite les parlementaires auront à charge de définir cette autonomie
mais quid justement du blocage actuel du Sénat parce qu'en fait ce qu'on réplique c'est que la particularité régionale de la Corse si finalement demain elle était reconnue elle pourrait conduire à une forme d'effet de contagion et qu'est-ce qu'on fait pour garder l'indivisibilité de la République si on propose des lois différentes pour certains territoires et qu'est-ce que c'est la particularité de la Corse qui pourrait permettre de sauver quand même cette indivisibilité alors qu'on ne l'a reconnue aujourd'hui que pour l'outre-mer
d'abord c'est une autonomie qui s'installe dans la République je veux dire encore une fois je peux être suspecté de beaucoup de choses mais s'il y a bien une chose dont on ne peut pas me suspecter c'est d'être un séparatiste c'est d'être un ennemi de la République je vous ai rappelé tout à l'heure l'attachement que je portais au texte de 1958 à travers la proposition sur la proportionnelle sur la stabilité de nos institutions ceci étant dit je suis issu d'un territoire particulier doté du statut déjà particulier doté également d'une histoire récente avec des résultats démocratiques électoraux qui aujourd'hui nécessitent à mon avis de la prise en compte de la Corse à travers un nouveau statut un nouvel outil mis à disposition de celles et de ceux qui sont légitimement le vous savez on n'a rien inventé avec l'écriture de Beauvau elle a été également validée à la quasi-unanimité des élus de l'Assemblée de Corse toute tendance confondue et à un moment il faut aller au bout
et la juridité relative à l'Assemblée nationale change sûrement la donne en 2024 bien sûr
mais encore une fois il faut aller au bout du débat vous savez les parlementaires sur un projet de loi constitutionnel ils peuvent réécrire les choses ils ne sont pas forcés de dire oui ou non comme dans un référendum
est-ce qu'ils ne peuvent pas ajouter de nouveaux territoires et est-ce qu'on ne peut pas découdre
ils peuvent vous savez quand on ouvre le chapitre constitutionnel on peut reparler de tout c'est ça y compris même de la durée du mandat du président de la république y compris même de plein de choses ce que je souhaite c'est qu'on ne parte pas dans un concours lépine de propositions concernant d'autres régions même si je sais que certains présidents de régions ont en fait entendre leur volonté de s'inscrire dans la même logique je pense à la région Bretagne par exemple pourquoi ?
parce que la Corse de par son histoire de par son insularité de par ses difficultés mais également ses avantages doit je le pense pouvoir bénéficier d'un statut qui lui est propre c'est en tout cas ce pour quoi je milite
est-ce que la régionalisation est à votre sens quelque chose qu'on devrait qu'on pourrait envisager à cadre constitutionnel évoluer est-ce que la question fiscale importe dans ce nouveau statut est-ce que c'est des éléments qui vous semblent devoir être réfléchis ?
moi d'abord je pense que le débat sur la décentralisation doit s'accompagner du débat sur la déconcentration en même temps vous ne pouvez pas avoir un débat qui est coupé en deux il faut redéfinir les responsabilités de l'Etat sur les territoires en matière déconcentrée ça c'est pas que valable pour la Corse c'est valable pour l'ensemble du territoire national dans son entièreté et il faut effectivement avoir une réflexion autour de ce que sont les territoires qui forment le pays est-ce qu'il faut une organisation territoriale des collectivités uniques immuables moi pour moi je vais vous le dire c'est à titre personnel que je parle je suis contre l'uniformisation parce que je pense qu'aujourd'hui vous pouvez avoir dans un territoire tel territoire de la république une manière d'organiser est-ce que c'est davantage les départements qui doivent avoir des responsabilités c'est l'indivisibilité de la république
la remise en cause c'est toujours ça le risque c'est que comme on l'a dit la particularité régionale finalement il faut qu'elle s'inscrive dans cette indivisibilité et la seule dérogation qu'on a reconnue c'est celle des populations d'outre-mer pourquoi les populations d'outre-mer eu égard justement à ce caractère assez éloigné à cette ancienne colonisation on le sait c'est une histoire particulière c'est vrai que la Corse a une histoire particulière mais est-ce que finalement si on installe ça pour une collectivité qu'on peut qualifier de métropolitaine on n'est pas dans quelque chose de complètement différent est-ce qu'on ne change pas le paradigme de cette indivisibilité et c'est précisément d'ailleurs pour ça que la Corse demande un statut constitutionnel puisqu'on sait que le conseil constitutionnel a déjà eu plusieurs fois en 1991 en 2002 à renoncer ou à faire renoncer en tout cas le législateur à des avancées sur la langue ou sur la notion de peuple corse
la notion de peuple corse c'est un arrêt connu et célèbre du conseil constitutionnel et puis vous savez aussi qu'en matière d'enseignement et de pratique de la langue corse il y a des décisions qui ont été prises et qui ne pouvaient pas être je dirais portées jusqu'à leur terme puisque la constitution précise bien qu'il n'y a qu'une seule langue celle qui est la langue française encore une fois moi je veux aujourd'hui ôter de tout doute et sans paraphraser un souverain pontife bien connu je vous dirais n'ayez pas peur n'ayez pas peur c'est pas du séparatisme non si c'est défendu par Laurent Marc-Angelis je peux vous assurer que ça ne peut pas être du séparatisme moi mon parcours l'entièreté de mon engagement public il a été dans la famille républicaine et gaulliste je ne peux pas être aujourd'hui qualifié comme un dangereux indépendantiste mais vous considérez
qu'on peut quand même garder l'indivisibilité de la république avec un statut régional poussé qu'est-ce que ce serait que ce statut
au sein de l'indivisibilité ?
c'est un statut qui permettra très simplement d'adapter les lois et les règlements à la réalité concrète du Nil qui a bénéficié je vous l'ai dit davantage particulier mais également de désavantages qui l'a handicap sur bien des points notamment son économie ça pourra être la possibilité d'avoir une responsabilité politique qui s'exercera au plus près de nos concitoyens dans le respect des règles démocratiques mais on pourrait le dire pour d'autres régions et ça pourrait être contrôlé parce que je rappelle encore que même si c'est un contrôle a posteriori les mêmes modes de contrôle les mêmes modes de saisine du président de l'assemblée du président du sénat et des parlementaires pourront être mis en oeuvre donc je ne vois pas aujourd'hui de risque de dérive et je répondrai à celles et ceux qui sont continentaux puisque c'est comme ça qu'on dit chez moi qu'ils ne sont pas une île et que je peux vous dire que quand on est un insulaire on voit la différence Peut-être simplement
qu'on se dit que ce débat-là est un débat sur la régionalisation de la République qui ne dit pas son nom c'est peut-être vous dites notamment que la discussion constitutionnelle doit s'ouvrir sans tabou est-ce que c'est ça qui est
un débat sur la Corse qui remonte à loin qui s'appuie sur une démocratie qui a fait ses preuves et c'est un débat qu'on peut avoir moi vous savez je ne parle pas des autres régions à travers ce sujet je parle seulement de la mienne mais un jour peut-être encore une fois on aura encore un grand débat
sur les institutions Merci Anne-Charlène Vézina Je rappelle au passage le titre de votre dernier livre 5ème République Anatomie des régions en crise aux arènes avec mon confrère Thomas Négaroff Merci Laurent Marcangéli d'avoir accepté notre invitation dans l'indicé politique sur LCP qui revient la semaine prochaine évidemment à la même heure Bonne soirée sur la chaîne parlementaire
Laurent Marcangeli