Max Brisson : « La Jeune Garde nous renvoie aux ligues d’extrêmes droite des années 30 »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Bonjour Max Brisson. Bonjour. Vous êtes sénateur à l'ère des Pyrénées-Atlantiques. On va revenir sur toutes ces actualités bien évidemment avec vous. Mais avant ça, je vais vous monter trois unes. Vous connaissez le principe. Trois unes de la presse régionale. On commence avec la une du Berry républicain. Les maires face au chaos du climat. Le Dauphiné libéré revient lui sur nos performances au JO. Dont parlait Clémentine. La France dans l'histoire au JO d'hiver. 16 médailles décrochées. La Dépêche du Midi se demande comment relancer la natalité. Qu'est-ce qui vous inspire le plus ?
Le titre de La Dépêche du Midi. C'est vrai que la France est confrontée à un défi. Celui du renouvellement de ses générations. Que là, ça se traduit dès à présent. Par un effondrement du nombre des enfants dans des écoles maternelles et élémentaires. Avec d'ailleurs des suppressions de postes. Et avec des difficultés pour l'école de la ruralité. C'est un vrai défi. Un pays qui doute est un pays qui ne fait plus d'enfants. Et donc c'est l'espérance qu'il faut redonner.
Et votre solution en quelques mots ?
C'est une solution multiple. Il y a des éléments de ce qu'on appelait autrefois la politique de la famille. La politique nataliste. Qui ont été largement mis à mal par des gouvernements successifs. Mais il y a surtout un espoir à retrouver dans un monde difficile. Avec les questions qui sont évoquées d'ailleurs par d'autres titres. Je pense à la transition climatique, au réchauffement climatique. Mais aussi le contexte international. Il n'empêche que notre pays n'aura d'avenir que s'il a des enfants. Et c'est en effet un joli titre que celui du journal de Toulouse.
Max Brisson, l'actualité c'est évidemment l'affaire contre Saint-Durand. Ce militant nationaliste mort en marge d'une conférence à Sciences Po Lyon. La question qui agite aujourd'hui le débat politique, c'est la question des responsabilités de part et d'autre. Beaucoup d'élus pointent du doigt la responsabilité de la France insoumise. Est-ce que vous dites aujourd'hui, bon, est-ce que vous appelez au calme aujourd'hui ?
Il faut toujours appeler au calme après la mort d'un jeune garçon. On ne peut pas mourir en France pour des idées politiques. Donc il faut un peu de dignité, il faut un peu de décence, un peu de respect. D'abord pour ce jeune garçon qui est décédé, pour sa famille, pour ses proches. Ensuite, il faut quand même poser un certain nombre de responsabilités. Vos collègues, vos confrères du quotidien hier montraient un reportage qui était assez récent. Un reportage des journées des universités d'été de la France insoumise à l'automne dernier, au septembre dernier, à la fin de l'été dernier. Et on y voyait un stand de la jeune garde. On y voyait le député Arnaud qui était tout à fait à l'aise.
Un reportage de quotidien.
C'est un reportage de quotidien, c'est exactement ce que je disais. Et qui montrait bien qu'il y avait un lien avec ce mouvement dissous, ce mouvement qui s'apparente à une ligue. Même le terme de jeune garde renvoie par son vocabulaire à des éléments de langage que je pensais totalement oubliés. Et qui renvoient d'ailleurs plus aux ligues d'extrême droite d'entre les deux guerres des années 30. que la nécessité d'un débat politique apaisé, de confrontation des idées, la violence s'y installe. Et malheureusement, l'extrême gauche, il prend une part considérable. Et la France insoumise n'a pas fait le ménage, comme l'a très bien dit le Premier ministre à l'Assemblée nationale.
Alors on va écouter effectivement Mathilde Panot, la présidente du groupe Insoumis à l'Assemblée nationale, qui s'est défendue de toutes ces attaques qui visent actuellement son parti.
La France insoumise qui n'a jamais formellement appelé à la violence.
Est-ce qu'on ne va pas un peu trop loin dans la désignation de la France insoumise aujourd'hui ?
Moi je ne suis pas d'accord avec cette affirmation que la France insoumise n'a jamais appelé à la violence. Madame Rima Hassan est quotidienne du fait, elle a eu des propos qui incitaient à l'antisémitisme. Elle a eu des propos qui font qu'il y a un signalement pour apologie du terrorisme contre elle. Un certain nombre de députés de la France insoumise sont toujours borderline, et sont souvent même au-delà de la ligne dans des propos qui peuvent générer de l'antisémitisme, et qui peuvent appeler à la violence.
Vous savez c'est très simple, pour justifier le combat de la France insoumise, il faut quasiment nazifier la société, et considérer que quand vous ne pensez pas comme la France insoumise, vous êtes d'extrême droite. Et à ce moment-là, tous les combats sont bons, puisque l'extrême droite pour ces gens-là, c'est obligatoirement le mal.
Donc il y a aujourd'hui une radicalisation du discours de la France insoumise, qui était une volonté politique, électoraliste, mais il faut aujourd'hui que la France insoumise assume la France insoumise, comme l'a dit le Président de la République, est aujourd'hui un mouvement qui par son vocabulaire, par ses manières d'être, par ses combats, appartient aux extrêmes de la vie politique française, pour le coup à l'extrême gauche. Il faut qu'un chat soit appelé un chat, il faut une clarification politique, donc il est grand temps que la France insoumise, si elle veut revenir dans le champ républicain où elle n'est pas, face au ménage, comme l'a dit Sébastien Lecornu.
– La dégradation de permanence d'élus insoumis, est-ce que vous appelez, encore une fois, au calme, à l'apaisement et à l'arrêt de ces attaques contre les élus ?
– Il est rare que ce soit les militants, les républicains ou les électeurs, les républicains, qui se livrent à des actes de violence. – De manière générale, vous êtes un élu, un élu. – Bien sûr, j'appelle au calme parce que je suis parlementaire, bien sûr, j'appelle à la raison, mais enfin, Mme Pannot parle d'instrumentalisation. Lorsqu'il y a des victimes, et c'est toujours regrettable, qui ne sont pas dans ce cadre-là, la France insoumise est souvent le premier moment à instrumentaliser certaines morts, à appeler à des manifestations, à essayer de prospérer électoralement sur les drabes. Donc, Mme Pannot est, avec M.
Mélenchon, certainement les moins bien placés pour parler d'instrumentalisation, et les moins bien placés pour donner des leçons de morale, un peu de décence, et on n'a vu aucune décence, et même beaucoup d'indécence depuis la mort de Canter chez les dirigeants de la France insoumise.
– Alors, puisque vous parlez de Mathilde Pannot, Mathilde Pannot demande à ce que le groupe identitaire Némésis, je cite, soit tenu en dehors des événements liés à la France insoumise. Est-ce que vous considérez que ce groupe féministe, qui se revendique féministe et identitaire, est aujourd'hui problématique ?
– Mme Pannot interdirait le droit de manifestation. – Bien sûr, toutes les limites sont passées. Mme Pannot s'érigerait entre celles qui pourraient autoriser ou pas des manifestations. Nous sommes dans un état de droit que Mme Pannot et la France insoumise ne respectent pas toujours, et dans cet état de droit, c'est au préfet, c'est aux autorités du ministère de l'Intérieur de constater s'il y a trouble à l'ordre public dans une manifestation pour l'interdire, et s'il y a trouble à l'ordre public…
– Mais juste sur le groupe Némésis, et ensuite on verra sur les annonces de Sébastien Lecourneau.
– Les avis de Mme Pannot sur le champ républicain ne m'intéressent pas parce que Mme Pannot est en dehors du champ républicain. – Donc pour vous, Némésis n'est pas forcément problématique ? – D'abord, ce n'est pas un moment que je connais particulièrement, mais enfin, ce n'est pas le moment, un peu de pudeur, un peu de décence, un peu de respect. Quentin est mort le 14 février, Mme Pannot déjà instrumentalise, se victimise. Une vieille méthode trotskyiste, on n'est pas obligé de tomber dans le panneau.
– Vous demandez la dissolution de certains groupuscules à l'extrême gauche, j'imagine, et peut-être aussi à l'extrême droite, ou il n'y a pas d'équivalence entre eux ?
– Je pense que les dissolutions, c'est une arme qu'il faut utiliser à bon escient. Les tribunaux sont d'ailleurs là pour calmer le jeu. Dans une démocratie, les expressions sont larges. Par contre, dans une démocratie, les expressions n'apportent pas la mort, les expressions n'utilisent pas la violence. Et donc, dans une démocratie, l'État de droit est là pour faire respecter cette liberté d'expression. Donc moi, je ne suis pas par essence celui qui appelle très souvent à la dissolution. Par contre, je conteste fortement, dans ce moment-là, aux dirigeants de la France Insoumise de pouvoir séparer le mont grain de l'ivraie.
– Alors le gouvernement, vous en parliez, a envoyé une circulaire au préfet et au recteur demandant l'interdiction des meetings, notamment à l'université, en cas de risque de troubles à l'ordre public. Écoutez Sébastien Lecornu.
– Ces troubles à l'ordre public répétés, plusieurs dizaines, menacent ce qui fait l'identité de l'université française, c'est-à-dire un lieu de débat, de débat intellectuel, de liberté de rencontre intellectuelle. Et au fond, ces incidents à répétition, ces troubles à l'ordre public, viennent justement mettre en danger cette liberté. Moi, j'ai demandé au ministre Philippe Baptiste de resserrer le lien avec les recteurs, les présidents de l'université.
Malheureusement, si nous devons interdire un certain nombre de conférences, ce qui doit demeurer l'exception, il faudra le faire, parce que c'est le seul moyen précisément de défendre nos principes, qui sont cette liberté de dialogue et de production intellectuelle auxquelles nous sommes tous attachés.
– Max Roussillon, vous connaissez très bien ce sujet, les universités, on va parler dans quelques instants, le monde de l'éducation de manière générale, est-ce que là, on ne va pas trop loin ?
– Vous voyez, quand on multiplie les provocations, quand on organise des conférences qui sont en fait des meetings politiques, dans lesquelles on crie « Free Palestine » et on met des drapeaux palestiniens partout dans l'amphithéâtre, lorsque finalement on sort du champ de ce que doit être l'université, un lieu de controverse apaisé, un lieu de débat politique. Les conférences politiques à l'université ont toujours existé, mais quand on va trop loin dans la provocation, quand on instrumentalise ces libertés universitaires, le gouvernement est obligé de serrer la vis. Donc il y a bien un danger dans ce que vient de dire le Premier ministre. – Un danger démocratique.
– Dans ce que vient de dire le Premier ministre, et que j'approuve. Il y a bien un danger, c'est une perte de liberté, mais qui est à l'origine de cette perte de liberté ? Sinon des conférences comme celle de Rima Hassan, qui ne vient pas controverser avec d'autres personnes qui pensent différemment, qui vient faire de la propagande politique, excusez-moi, sur une idée totalitaire. – Mais c'est ce que vous avez dit, ça a toujours existé, Max Brisson, les meetings politiques à la Sorbonne, ailleurs, on le sait comment ça fonctionne. – Des conférences d'hommes politiques, des débats avec la controverse, mais là il s'agit quasiment d'idées totalitaires, qui n'acceptent pas la controverse.
On est tellement loin du débat qui doit être au cœur de l'université. L'université est un lieu de débat, ce n'est pas un lieu de la propagande politique, surtout quand les idées qui sont portées sont des idées antisémites et quasiment totalitaires.
– Si je résume, vous dites qu'il faut interdire les meetings ou les conférences que Rima Hassan de l'université.
– Je pensais avoir été plus nancé que cela, je dis qu'il appartient au président de l'université, d'interdire que leurs universités, et certains sont à la dérive aujourd'hui, certains sont devenus des lieux où un parti ou une force politique fait régner la terreur. Ça c'est impossible, ça ce n'est pas républicain. Par contre, ce qui est républicain, c'est de permettre que toutes les sensibilités politiques s'expriment.
Ce qui est républicain, c'est la controverse, c'est le débat, c'est l'affrontement des idées, et l'université en est le lieu, tout ce qui est propagande politique, et surtout quand c'est à partir d'idées qui sont bien en dehors du champ républicain, je pense en particulier à tout ce qui tourne autour de l'appel à la violence et de l'antisémitisme.
– On a bien compris, merci beaucoup Max Brudisson. L'actualité politique, elle se fait aussi au Sénat. Une commission d'enquête a été lancée sur les universités. Clémentine, on va voir tout ça avec vous. Pourquoi cette thématique ? À quoi s'attendent très précisément cette commission d'enquête ?
– Eh bien cette commission d'enquête portera sur les conditions de l'excellence académique française dans un contexte de croissance du nombre d'étudiants, parce qu'un record a été franchi l'année dernière avec 3 millions d'étudiants inscrits pour l'année 2024-2025. Alors la tendance n'est pas nouvelle, le nombre d'étudiants dans le supérieur ne cesse d'augmenter depuis les années 60, mais elle s'est accélérée, et cela est dû notamment au nombre de bacheliers en hausse. En 2010, une génération comptait 65% de jeunes qui avaient le bac. En 2020, on est à 87% des jeunes qui obtiennent leur bac.
– Oui, on voit ces chiffres qui sont très parlants, et cette commission d'enquête s'attardera également sur la capacité des universités à proposer des formations professionnalisantes, c'est ça ?
– Oui, c'est ça, une étude de la Direction Générale du Trésor qui était publiée en juin 2024, pointait une offre de formation pas toujours adaptée aux besoins du marché du travail, et puis aussi des choix étudiants eux-mêmes d'aller vers des formations peu professionnalisantes ou avec peu de débouchés. Et ces défaillances, comme l'écrit l'étude, faciliteraient les abandons, les redoublements, les réorientations, et la difficulté à trouver un emploi au terme de son parcours. Un constat quand même à nuancer, puisque parmi par exemple les diplômés d'un master hors enseignement, en 2021-2022, ils sont 73% quand même à occuper un emploi salarié après avoir été diplômé.
Et puis ça dépend des filières, bien sûr. Les diplômes en lettres, art, langue ont par exemple un taux d'emploi salarié plus faible que les secteurs scientifiques.
– Et puis une autre grande mission de cette enquête sénatoriale consistera à se pencher sur la gouvernance des universités.
– Oui, et là c'est une question de moyens qui se pose, et là la situation est alarmante. 100% des universités françaises ont voté un budget en déficit cette année, et c'est une première, cela est dû en partie aux mesures non compensées par l'État, par exemple les cotisations retraites, les mutuelles, la hausse du point d'indice. Résultat, des centaines de places vont être supprimées, sans parler des conditions de travail qui se dégradent pour les élèves et pour les professeurs. Alors l'année dernière, une mission du Sénat sur la situation financière des universités et ses relations avec l'État plaidait pour une régulation de l'entrée dans le premier cycle universitaire.
Et puis elle invitait aussi à penser les conditions d'une augmentation des droits d'inscription. Et cela avait même été une ligne rouge pour le sénateur socialiste David Ross, qui avait demandé alors à retirer son nom du rapport. Max Brisson, vous serez membre de cette commission d'enquête. Est-ce que vous êtes favorable à cette hausse des droits d'inscription pour renflouer les caisses des universités ?
Cela peut se concevoir, parce que certains étudiants appartiennent à des familles qui pourraient payer des études universitaires beaucoup plus qu'elles ne le font, et qui d'ailleurs acceptent de le faire, dans les grandes écoles, dans les écoles d'ingénieurs, dans les écoles de commerce. Et en fait, l'université dans notre pays est historiquement le mal-aimé de l'enseignement supérieur, à quelques exceptions près, formation en droit, formation en médecine, et puis quelques universités prestigieuses. Mais c'est évident que les meilleurs élèves, par tradition française, vont toujours dans les grandes écoles, classes préparatoires et grandes écoles.
Et donc la place des docteurs dans notre pays est d'ailleurs faible par rapport à tous les autres pays d'Europe. Donc moi, je crois à une université qui soit belle et qui joue pleinement son rôle, et comme vous l'avez dit d'ailleurs, en lien avec le monde des entreprises, avec le monde de l'emploi, ça existe, il y a bien sûr des partenariats avec les entreprises, il ne faut pas caricaturer, toutes les universités ne se ressemblent pas, il n'empêche qu'il y a un point commun aujourd'hui qui est un vrai problème pour la nation, c'est le décrochage.
Les élèves, les moins aptes aux études supérieures, vont à l'université, pas dans les grandes écoles, et le décrochage coûte très cher à l'université. Autrement dit, on peut maintenant se poser la question, avec un baccalauréat qui est accordé au plus grand nombre, de l'orientation et de la sélection à l'entrée de l'université, comme le font beaucoup d'autres établissements d'enseignement supérieur. Quand il y a sélection à Polytechnique, ça ne choque personne, qu'il y ait sélection à l'université, ça choquerait. Ça veut dire que l'université doit prendre totalement sa part dans l'effort de la nation d'amener le plus grand nombre à des niveaux élevés, et que d'autres sont privilégiés.
Moi, je souhaite que l'université joue à armes égales, avec toutes les autres formes d'enseignement supérieure, sur les financements, sur les droits d'admission, avec bien sûr des systèmes de bourse et des systèmes de prééquation sociale, sur les liens et les contrats avec les entreprises. L'université doit aussi jouer à armes égales avec les autres universités internationales. Excusez-moi, si vous faites vos études au Royaume-Uni, en Espagne ou en Allemagne, ça coûte beaucoup plus cher que les droits d'admission à l'université. Donc il faut permettre, avec bien sûr des considérants sociaux, avec des péréquations sociales, de donner aux universités les moyens de fonctionner.
Et d'autre part, il faut leur donner les moyens de sélection. Sinon, qu'est-ce qui se passe ? On laisse rentrer en première année les étudiants, et puis qu'ils sont au moins dans le décrochage, avec toutes les difficultés que ça peut entrer.
Plus de sélection à l'entrée de l'université, c'est ce que vous dites.
Oui, bien sûr, plus de sélection, une vraie révision des conditions financières d'admission, je le répète avec des critères sociaux par ailleurs, et une vraie capacité de contrat. Et c'est en effet ce que nous allons essayer d'explorer. C'est Laurence Garnier, ma collègue Laurence Garnier, qui sera rapporteur de cette commission d'enquête, une commission d'enquête qui a été d'ailleurs demandée par le groupe La République.
Vous garantissez la sérénité... On sait comment ça marche les commissions d'enquête, Max Brisson. Vous garantissez la sérénité des débats, des échanges, des auditions ?
Je pense que la méthode sera diamétralement opposée à celle utilisée par M. Charles Lalongle sur l'audiovisuel public à l'Assemblée nationale. D'abord, nous sommes au Sénat, Steve. Nous avons une habitude de commissions d'enquête qui peuvent être sérieuses, et qui, parfois, peuvent dire des choses fortes. C'est même, je crois, une spécificité du Sénat, mais en le faisant, au fond, il ne s'agit pas, aujourd'hui, d'ailleurs, d'agiter des mots. C'est normal qu'on le fasse autour de ce tableau, autour de sélection, de droit d'admission.
Il s'agit de se demander comment on redonne une capacité de performance à notre université, comment on lui donne des armes pour jouer dans la cour des grands à l'échelle européenne et mondiale, comment aussi on lui permet de rivaliser aussi avec d'autres formes d'enseignement supérieur. Actuellement, se développent beaucoup les établissements privés d'enseignement supérieur avec des belles choses et des choses qui le sont beaucoup moins belles et donc qui seraient nécessaires. Vous savez, dans la tête des parents, quand ça ne coûte rien, il y a un point d'interrogation sur la qualité. Et ça, il faut que ça change.
Et ça, en effet, il faut qu'on remette une éguration entre université et qualité.
Il faut qu'on avance. Autre grosse actualité en France, Max Brisson, les crues exceptionnelles qui frappent une grande partie du pays. On va retrouver Germinal Perrault. Bonjour, monsieur. Vous êtes président du département de la Dordogne. Quelle est la situation chez vous ce matin ?
Bonjour à tous. La situation s'est améliorée au cours des derniers jours. Mais nous avons vécu quasiment depuis dix jours, soit en vigilance jaune, soit en vigilance orange, avec un phénomène massif de débordement des rivières que l'on n'avait pas connues depuis une période de 20 ou 30 ans pour beaucoup de rivières. C'est dû aux pluies incessantes du mois de janvier. C'est dû aux pluies du mois de février qui font que les sols regorgent d'eau. Et c'est dû aussi à notre situation géographique. La Dordogne est située à l'ouest du massif central. Et comme il peut beaucoup sur le massif central, c'est nous qui récupérons la majorité des eaux de pluie.
Aujourd'hui, le niveau des rivières a baissé. Elles sont revenues à peu près dans un niveau normal. Mais il y a encore une vingtaine de routes qui sont coupées. Il y a encore plus de 9000 foyers qui n'ont pas d'eau potable. Les problèmes électriques ont été réglés. Mais heureusement qu'il y a eu le travail des agents du département, des pompiers, des services de l'État, mais surtout le travail des maires dans nos 500 communes pour dégager les routes et faire en sorte que la population puisse bénéficier des premiers secours.
Est-ce qu'en termes de dégâts, est-ce que vous avez une première estimation, évaluation financière peut-être ?
Non. On a eu des dégâts. On a des dégâts sur les routes que l'on fixera une fois que toutes les eaux seront retirées. On a un phénomène qui se développe depuis une dizaine d'années. C'est la chute de Falaise. Et on se rend compte que tous les quatre matins, aujourd'hui, il y a des éboulements. Et je pense que le réchauffement climatique n'y est pas pour rien. Ceci dit, les habitants de la Dordogne, ils sont habitués à vivre avec leurs rivières.
Et ils savent très bien qu'il y a des périodes, tous les 10 ans, tous les 20 ans, tous les 30 ans, là, il y a beaucoup de rivières qui ont atteint des niveaux supérieurs à ce qu'elles avaient il y a 30 ans, qui demandent que l'on prenne des mesures à long terme. Ne pas habiter les réchaussées, par exemple, ou prévoir des facilités pour sortir de sa maison, aller dans sa famille, aller chez des amis, les jours de grandes inondations.
Vous estimez que vous êtes assez écouté, aidé par le gouvernement dans cet épisode ?
Oui, on travaille beaucoup avec les services de l'État. Mais vous savez, les services de l'État ont peu de moyens aujourd'hui en matière d'agents des routes, par exemple. En Dordogne, il n'y a plus qu'une seule route nationale, Nationale 21. Les 5 000 kilomètres de routes principales appartiennent au département. Et ce sont majoritairement les agents du département qui travaillent. Et aussi, beaucoup des agents des communes et beaucoup des élus des communes qui portent cette responsabilité et qui assurent le soutien à la population. Quand elle est privée d'eau, c'est eux qui amènent de l'eau. C'est eux qui s'occupent des personnes âgées isolées.
C'est eux qui ouvrent leur salle des fêtes pour qu'on puisse bénéficier de l'électricité quand elle manque. Et c'est arrivé en Dordogne, puisque quasiment 100 000 foyers, un quart des foyers de la Dordogne ont manqué d'électricité pendant un jour, deux jours, trois jours, voire quatre jours.
– Merci beaucoup, Germinal Perrault, président du département de la Dordogne. Merci beaucoup d'avoir témoigné, d'avoir répondu à notre invitation. Max Brisson, peut-être un mot sur ces endroits ?
– D'abord, un petit mot de solidarité aquitaine avec le président Perrault. Un mot de solidarité avec tous les élus, en effet, comme l'a dit le président Germinal Perrault, avec tous les élus de maires et conciles municipaux qui sont sur le terrain. Ce maillage d'élus que certains voulaient remettre en cause il y a quelques années, en considérant que les petites communes n'avaient pas d'avenir, on voit que quand ça va mal, il est bien nécessaire au pays.
Et puis moi, je suis conseiller départemental, je sais aussi en effet que dans ces moments-là, c'est les services des routes, les services routiers du département qui sont en première ligne, aussi les pompiers qui dépendent également du département. Et aussi, vous voyez, souvent le département est remis en cause aussi, vu de Paris, on se demande à quoi ça sert. Les petites communes, les maires, les équipes municipales, ou dans des petits villages, et le département, on s'aperçoit que quand la France va mal, le département et la commune, ce sont les vieux réflexes qui permettent d'assurer la solidarité avec la population.
On est à quelques semaines des élections municipales, donc un petit mot amical, ici pour les maires Péricourdin, pour les maires de Dordogne, leurs équipes municipales, qui sont sur le terrain, qui n'ont d'ailleurs pas le temps de faire campagne pour les municipales, parce qu'ils pensent avant tout assurer la solidarité avec les populations en difficulté.
Il nous reste très peu de temps, Max Brisson, peut-être un mot plus politique sur les élections. On a vu Bruno Retailleau se déclarer pour l'élection présidentielle de l'année prochaine. En matière de timing, pourquoi maintenant, juste avant ces élections municipales précisément ?
Parce qu'après les élections municipales, la presse parlera beaucoup des résultats des élections municipales, et que c'était peut-être le moment pour Bruno Retailleau de dessiner son chemin. Il l'a fait, je suis bien sûr à ses côtés, ensuite la campagne sera longue et il y aura des moments aussi où il faudra rassembler et discuter avec celles et ceux qui peuvent aussi prétendre à représenter nos couleurs. Mais c'était un moment particulier parce que justement, c'est avant que la campagne municipale rentre pleinement en fonction, et après les élections municipales, on aura tout le temps de renouveler dans des conseils municipaux. Donc c'était certainement le moment de dire et jeter de ceux...
Parce que ça a interpellé beaucoup de gens,
en disant pourquoi maintenant ? Pourquoi cette déclaration-là ? Parce qu'il était temps
que Bruno Retailleau... Sorte du bois. ...remonte sur le cheval où certains avaient voulu le faire sortir, le faire tomber. Lundi, la semaine dernière, quelques jours avant cette déclaration, en réunion de groupe au Sénat, moi j'étais de ceux qui ont dit Bruno, tu dois remonter sur le cheval. Il l'a fait trois jours après, donc moi j'étais satisfait. Donc c'est grâce à cause de vous ? Non, non, je n'ai pas dit ça parce que je n'étais pas le seul à lui dire qu'on avait besoin de lui.
Juste un mot, juste pour vous parler des élections municipales, Rachid Alati est encore au gouvernement aujourd'hui, est-ce que c'est normal ? Je candidate à la mairie de Paris, évidemment.
D'abord, c'est des questions qu'on se pose aujourd'hui qu'on ne se posait pas il y a quelques années. Je veux dire, le fait d'être ministre, d'être candidat, je ne dis pas qu'il ne faut pas se poser ces questions, mais je dis que ce ne sont pas des questions historiques. Non, ce n'est pas nouveau. Ce n'est pas nouveau. Il y a eu des premiers ministres qui étaient candidats à des élections. On a eu des attentes qui sont différentes du passé. On peut les prendre en compte. Je pense que Rachida Dati quittera le gouvernement lorsqu'il y aura un remaniement. Vous ne lui dites pas
maintenant il faut y aller, il faut partir. Non, parce que je pense
comme vice-président de la commission de la culture, j'ai bien l'impression d'avoir un ministre de la culture face à moi lorsqu'il s'agit de traiter des sujets. Je peux vous dire qu'elle répond présent. Elle est toujours ministre de la culture, elle n'est pas juste le candidat. Elle est ministre de la culture pleinement. Je peux en témoigner comme vice-président de la commission de la culture et sur tous les sujets et sur beaucoup de sujets. J'ai l'impression aussi quand je regarde l'actualité qu'elle est aussi très présente auprès des Parisiens. Je lui souhaite beaucoup de chance et beaucoup de succès. Ça peut être un maire de Paris qui incarne l'alternance.
En termes d'objectifs plus nationaux pour votre parti sur la municipale, une victoire, ça serait quoi à l'échelle nationale ? Garder la ville de Nîmes ? Quels sont les objectifs ?
Moi, je vais vous décevoir parce que moi, je vis les élections municipales tellement différemment. Moi, je vis les élections municipales comme on les vit, allez, peut-être en 30 000 de nos 35 000 communes. Chez moi, les élections municipales, elles sont politiques dans 3-4 communes et encore. Et encore. Vous savez, les listes sont de plus en plus apolitiques. Les listes sont des listes de rassemblements. Vouloir lire dans le mar de café à travers les élections municipales des élus sur la politique nationale. C'est ancien. Mais on sait comment ça marche.
Chaque parti signe des objectifs. C'est totalement dépassé. Excusez-moi. Donc, il n'y a pas d'objectif aujourd'hui chez LR en matière de réaction municipale. Est-ce qu'on se rend compte
que quand un maire est LR, dans sa liste, il y a des gens de gauche ? Quand un maire est socialiste, dans sa liste, il y a des gens de droite ? Qu'on est dans une autre période et que les élections municipales sont à nouveau municipalisées, comme autrefois d'ailleurs, et qu'il y a eu une période de politisation des élections municipales. Alors, je sais qu'au lendemain des élections municipales, on tirera beaucoup de conclusions politiques. On s'aperçoit que ces conclusions politiques sont particulièrement erronées. On s'apercevra peut-être d'ailleurs aux sénatoriales qui suivront.
Alors, pour parler du Sénat, peut-être un mot sur l'agenda parlementaire. L'agenda parlementaire jusqu'à l'été est enfin connu. Le texte fin de vie reviendra en deuxième lecture au Sénat après les élections municipales. Quel va être le rôle précisément du Sénat ? Est-ce que le texte va être examiné ou il va être rejeté ? Enfin, pas comme d'ailleurs parce que vous l'avez vidé de sa substance la dernière fois. Est-ce qu'il va être rejeté ou est-ce qu'il va être examiné par les élus ?
Je pense qu'il sera examiné et personnellement, je souhaite qu'il soit examiné. C'est un texte qui, là aussi, ne répond pas à des logiques partisanes. Il répond à des logiques de conscience personnelle. Donc oui, je pense qu'il est nécessaire qu'un débat ait lieu. Le débat a eu lieu au Sénat en commission et dans l'hémicycle. Après, les conclusions ont été parfois incomprises dans la mesure où les votes pour ou contre répondaient à des logiques quasiment opposées. Je pense qu'il faut reprendre le débat parce que pendant le débat, au Sénat, il s'est dit des choses et je pense d'ailleurs que ça se ressentira dans les débats à l'Assemblée nationale.
Le texte va continuer d'évoluer, le débat va continuer d'avoir lieu et sur ce sujet qui est un sujet de conscience, je pense qu'il est bon qu'on ait un débat approfondi et qu'il y ait évolution des positions de chacun.
Pas de sabotage du Sénat sur ce texte ? Non, certainement pas sur le texte.
Ça ne serait pas à la hauteur du Sénat.
Merci beaucoup Max Brisson, merci d'avoir répondu à mes questions.
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Max Brisson