Bruno Retailleau : “Il faut un gouvernement de cohabitation, pas une fusion avec le macronisme.”
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 54 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:40OuverteRéponse directe
Qui est en face de moi ce matin ?
- 1:31RelanceÉludée
Est-ce que vous êtes toujours prêt à travailler sous certaines conditions avec cet exécutif ?
- 3:18FerméeRéponse partielle
LR dans un gouvernement Lecornu 2 ou autre est-ce que c'est totalement exclu ?
- 4:36OuverteRéponse partielle
Vous parlez d'une rupture de confiance, combien de couleuvres êtes-vous prêt à avaler pour conserver un poste ?
- 6:14ComplaisanteÉludée
Affirmation que vous ne vous êtes pas rendu compte du symbole politique, que la colère de votre base vous a contraint à réagir ?
- 8:20RelanceRéponse partielle
Vous avez mis en avant la stabilité nécessaire face au chaos, que répondez-vous à ceux qui vous qualifient d'agents du chaos ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:55Invité politiqueFait
« Il y a une rupture de confiance, puisque je vois pendant une heure et demie, dans son bureau à Matignon, « je n'étais pas invité ». »
- 10:27Invité politiqueChiffre
« 150 enquêtes, 1000 interpellations qui visent la DZ Mafia. »
- 13:03Invité politiqueFait
« On est un des pays qui naturalise le plus. »
- 14:42Invité politiqueFait
« Le 10 septembre, le 18, deux journées, bloquons tout, et puis ensuite l'intersédicale. Le 18 septembre, deux vitrines étoilées seulement sur toute la plaque parisienne. »
- 19:45Invité politiqueChiffre
« La contribution de LR, en termes de voix, de poids, c'est 71%. »
- 24:00PrésentateurFait
« Edouard Philippe souhaite et demande des élections, une élection présidentielle anticipée. »
Temps de parole
- Bruno Retailleau67 %
- Présentateur25 %
- ?8 %
≈ 52,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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La
grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité est au cœur de la situation politique inédite et inquiétante à laquelle nous assistons. Ces explications sont attendues. Les critiques aussi sont nombreuses, l'accusant d'avoir provoqué le chaos. Bonjour et bienvenue Bruno Rotaillot.
Bonjour Sonia Mabrouk.
Merci de votre présence. Vous êtes le ministre de l'Intérieur, démissionnaire et patron des Républicains. Depuis plus de 24 heures, les Français assistent ébahis à un balai, à un vaudeville complètement fou dans lequel ça remue dans tous les sens. Dernier épisode en date. Emmanuel Macron a donc demandé à Sébastien Lecornu, pré-ministre démissionnaire, de mener d'ultimes négociations d'ici à demain soir.
Tout d'abord, et dans un souci de clarification, Bruno Rotaillot, qui est en face de moi ce matin, est-ce que vous actez définitivement de la rupture de confiance avec Sébastien Lecornu, avec Emmanuel Macron, avec cet exécutif, ou alors, sous certaines conditions, êtes-vous toujours prêt à travailler avec eux
? Moi,
j'ai une seule boussole. C'est l'intérêt supérieur de mon pays, de la France, que j'aime. Je suis un patriote. Mais j'ai aussi des principes. Je pense que si la politique a été autant abaissée, c'est parce que les valeurs de la politique n'en sont plus. Et c'est parce qu'il y a eu une déconnexion entre les valeurs de la vraie vie, celles que connaissent toutes les Françaises, tous les Français, et celles de la politique. Il faut revenir à un certain nombre de principes, une clarté. Et c'est la raison pour laquelle j'ai pris un certain nombre de décisions depuis dimanche soir.
Et pour répondre à ma question
? La
question précisée là.
Est-ce que vous êtes toujours prêt à travailler sous certaines conditions avec cet exécutif ? Ou alors, puisque vous êtes attaché à ces principes et à l'intérêt général, vous dites « je ne participerai sous aucune condition à un gouvernement Lecornu 2, par exemple
». Les
choses sont très claires. Il y a deux options. Quel est le problème de dimanche soir ? Pourquoi ai-je fait ce tweet
? Parce
qu'il y
a
une rupture de confiance, puisque je vois pendant une heure et demie, dans son bureau à Matignon, « je n'étais pas invité ». On va en parler. Je n'étais pas invité. Je me suis rendu avec ma voiture, sans rendez-vous, pour avoir des explications.
Et
on me cache l'essentiel du remaniement. Bien. Donc, il y a une sorte de rupture de confiance. Mais surtout,
ce
que j'ai constaté, c'est qu'il y
a
une tentative du président de la République
d
'essujettir le nouveau gouvernement, de faire une sorte de gouvernement macroniste, en ne tenant pas compte des leçons du suffrage universel.
Je vous comprends bien. Donc, vous actez d'une rupture définitive ce matin.
Mais il y a deux choses.
Il
y a deux choses. Il faut que les choses soient très, très claires. Pourquoi vous ne voulez pas me répondre ? Je vais vous répondre directement. Vous avez une majorité présidentielle.
Des
partis qui ont soutenu Emmanuel Macron.
C
'est le bloc central. Il y en a quatre. Quatre ou cinq.
Et
puis, il y a LR. Michel Barnier avait acté cette formule du socle commun,
en
incluant LR dans le socle commun.
Aujourd
'hui,
je
dis, il y a deux choses différentes. Il y a un bloc central et il y a LR. Nous sommes prêts, nous, pour le bien du pays, à voter un certain nombre de textes,
à
effectivement essayer de stabiliser le pays. Mais la tentative du gouvernement de dimanche soir, c'était une tentative de dissoudre LR dans une sorte de majorité
présidentielle. Est-ce que les
LR, deux retours dans un gouvernement, le Cornu 2 ou un gouvernement Borloo, un gouvernement Larcher ou un gouvernement tout autre, est-ce que c'est totalement exclu ?
Ce qui est exclu, ce qui est exclu, c'est que LR se fonde, se dissolve dans une majorité macroniste. En revanche, en revanche, là encore, la boussole, c'est les Français.
Mais
pardonnez-moi, donc ce matin, vous ne fermez pas la porte à une éventuelle participation ?
À une
condition, c
'est que ce soit un gouvernement que j'appellerais de cohabitation.
Qu
'est-ce qui s'est passé depuis un an
?
Emmanuel Macron a d'abord désigné un Premier ministre qui était son opposant, Michel Barnier. C'était une sorte, une forme de cohabitation.
Avec
l'application de l'article 20 de la Constitution. Vous le connaissez, je le rappelle aux auditeurs. L'article 20, c'est le gouvernement qui gouverne et donc le président qui préside. Ensuite, il a choisi un allié,
parfois
peu commode,
assez
indépendant, François Béroud.
Et
enfin,
Sébastien
Lecornu,
pour
lequel j'avais confiance, mais je pensais qu'il s'émanciperait du président de la République. En réalité, j'ai vu à la formation du gouvernement qu'il s'agissait, là encore, d'une hyper-présidence. Mais ça,
ce
n
'est
pas possible, parce que c'est contraire aux élections, aux résultats des élections
législatives. Mais ce matin, certains
se demandent, je vous pose la question directement,
vous
parlez d'une rupture de confiance, certains se demandent combien de couleuvres êtes-vous prêt à avaler pour conserver un
poste ?
Attendez, comment pouvez-vous me poser cette question ? Elle
ne se pose pas,
elle n'est pas légitime ? J'étais
nommé ministre d'État dimanche. Citez-moi le nombre d'exemples depuis 1958, depuis le début de la Ve République. Allez-y, citez-moi le nombre de personnalités qui, nommées
ministre
d'État, ministre d'Intérieur, ont refusé.
Nous sommes d
'accord.
Si
je l'ai
fait, c'est pour des principes. Nous reviendrons sur la cause au Pratel. Attendez, si je
l'ai fait, c'est des principes. Question de confiance, question de connexion, d'incohérence. Parce que ce gouvernement, quand j'ai vu, notamment, ce n'était pas pour sa personne, c'est pour ce qu'il représentait, au Nouveau-le-Mer, qu'on m'avait caché. Parce que si Sébastien Lecornu me l'avait dit dans son bureau, pourquoi d'ailleurs me l'a-t-il caché ? Vous
voulez dire que l
'homme, censé être le plus informé de France, à quelques heures de l'annonce du gouvernement, ne sait pas qui occupe un poste stratégique comme celui des armées ? Mais bien sûr que
non. M.
Bruno Retailleau.
C'est-à-dire qu'on a traité LR, on nous a traités, nous partenaires, de ce fameux socle commun, comme on disait à l'époque, comme si on était prêts à avaler toutes les couleuvres. Et si Sébastien Lecornu, d'ailleurs, me l'avait indiqué, j'aurais, je pense, évité cette crise. Parce qu'immédiatement, je lui aurais dit, ça n'est pas possible.
J
'aurais repris ma voiture
et je serais allé dans la cour de l'Elysée, et 4 à 4, je serais allé voir le président Emmanuel Macron en disant, vous ne pouvez pas faire ça. C'est pas pour l'homme, c'est pour que...
C'est pour le symbole politique.
Mais
bien sûr, on
reprenait toujours les
mêmes, on recyclait les mêmes. Une autre version circulée, sur la manière
dont s'est passé cet épisode, affirmant que sûrement vous ne vous êtes pas rendu compte du symbole politique que cela représentait, que c'est la colère de votre base au sein des LR, et si je puis dire, les boucles WhatsApp qui ont chauffé, qui vous auraient contraint de réagir avec cette réaction sur...
C
'est absolument faux, d'abord je ne regarde pas les boucles, j'ai autre chose à faire, et ensuite, l'enchaînement,
c
'est que dès que j'ai su que Bruno Le Maire
était
nommé, je l'ai appris comme tout le monde, comme tous les Français, par la télévision, en écoutant le secrétaire général de l'Elysée, je me suis jeté sur mon téléphone,
j
'ai appelé le Premier ministre,
et
je lui ai dit ce que j'en pensais. Voilà. Encore une fois pour moi, c'était une question de confiance,
et
moi j'ai des principes, pardon, je suis comme ça, on va peut-être me trouver un peu trop raide, mais les principes de la vie devraient être les principes de la
politique. Qui n'en
a pas ? C'est Emmanuel Macron qui n'a pas eu de principes
dans cet épisode ? Et deuxième
chose,
la déconnexion. Attendez,
comment
voulez
-vous... Je
vais vous
répondre. J'ai dit d'abord, rupture de confiance, on me cache un élément essentiel, et j'aurais pu éviter cette crise si on ne me l'avait révélée à temps, et ensuite, je me retrouve dans un gouvernement rétréci, recroquevillé sur le macronisme originel, et en faisant appel à un homme, pas pour ce qu'il est, il est sans doute estimable, et on a une relation apaisée, mais qui porte une part de responsabilité, dans les plus de 1000 milliards d'euros, et on fait appel à lui, alors qu'on va devoir, pour le budget, demander aux Français, notamment à travers de l'année blanche, de se serrer la
ceinture, et
on ne fait rien de... Mais monsieur Rotailleau, Alors c'est une
provocation
pour vous pousser à la sortie
?
Non,
je dis... Expliquez-nous le plan
d'Emmanuel Macron dans ce
cas
-là. Je ne le comprends pas. Je ne le comprends pas. En tout cas, ce que je veux dire, c'est que ce gouvernement, c'était pour moi le symbole de ce qu'ils n'ont rien compris, d'une déconnexion totale, et en entendant les noms égrenés par le secrétaire général de l'Elysée, j'imagine que tous les Français
ont
eu le même ressenti que je l'avais à ce moment. Et immédiatement, encore une fois, j'ai appelé le Premier ministre. Je n
'ai
pas attendu les boucles, je n
'ai
pas attendu l'avis de tel ou tel.
C'était
une sorte de cri du cœur.
Et aujourd'hui, vous n'avez cessé durant des mois de mettre en avant, Bruno Rotailleau, la stabilité nécessaire face au chaos. Ici même, vous n'avez cessé de justifier votre présence au gouvernement par le fait d'éviter le chaos. Que répondez-vous à ceux qui vous qualifient d'agents du chaos, d'avoir précipité la crise ?
Mais attendez, je l'aurais évité la crise.
Si
on avait été transparent avec moi, si on m'avait dit la vérité, j'aurais évité, vous m'entendez bien, je l'évitais cette crise.
Et
le chaos surgit justement de cette déconnexion totale. Mais comment a-t-on pu penser qu'on pouvait former un nouveau gouvernement en appelant dans ce gouvernement, en le rétrécissant sur la pointe de crayon du macronisme et en appelant un certain nombre de personnalités qui avaient commis un certain nombre d'irresponsabilité
par le passé ? En pensant que vous étiez
prêt à accepter tout ? Je ne vois
pas d'autres
solutions ?
Oui, exactement.
En nous cachant, en disant mais Retailleau, les LR, de toute façon, ils sont attachés à leur fauteuil, à leur poste. Eh bien non. Vous voyez
? J
'étais nommé ministre d'État, ministre de l'Intérieur. Et croyez-moi, c'est un ministère que j'aime profondément parce que le corps préfectoral, les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers, il y a un lien qui est très profond. Je les admire tellement, j'en suis tellement fier. Mais je n'ai pas hésité à m'amputer pour dire la vérité aux Français.
Et ce n'est pas un prétexte, dites-vous ce matin, ce n
'est
pas la personne de Bruno Le Maire, mais c'est le symbole. La question reste quand même entière. Bruno Retailleau, pourquoi vous n'êtes pas sorti avant ? Beaucoup, beaucoup s'interroge pourquoi vous n'êtes pas sorti à l'occasion du bras de fer qui n'a pas été tenu avec Alger. Sur le cas quand même de Boalem-Sensel, pourquoi vous n'êtes pas sorti quand les visas étudiants algériens ont
été
augmentés ? Pourquoi vous n'êtes pas sorti lorsque le Conseil constitutionnel a censuré quand même une mesure à laquelle vous tenez, l'allongement de la durée de rétention pour les criminels étrangers dangereux ?
Mais attendez, on ne sort pas
quand
on est censuré par le Conseil constitutionnel. C'est un autre problème. J'ai dénoncé souvent ce que Francis Fukuyama a nommé d'une autre vétocratie. Moi, j'ai dénoncé l'impossibilisme. Mais c'est parce que simplement je veux être utile à mon pays et parce que j'avais des résultats. Regardez encore cette nuit, en Martinique. 7 tonnes de drogue ont été précisément saisies. 7 tonnes. Regardez la DZ Mafia, 150 enquêtes, 1000 interpellations qui
visent la DZ Mafia. Regardez le visa étudiant
algérien qui augmente et
vous en
êtes ému. Regardez l
'hyper-violence. C
'était un de mes
différents.
L'attaque au couteau,
au
marteau et au couteau.
Malheureusement, clairement.
Ne me demandez pas en quelques mois de modifier ce que le laxisme a pu produire dans notre société. Toutes ces années, 68 tardes, cette idéologie qui a déconstruit la discipline, qui a déconstruit le respect, la hiérarchie, l'autorité, eh bien aujourd'hui, je l'ai déjà dit, je l'ai souvent dit, cette idéologie, ces idées 68 tardes et post-68 tardes ont engendré une fabrique de barbares. Simplement, moi j'essaie d'être utile pour mon pays, je l'ai été, j'ai des résultats, j'ai eu des résultats et encore une fois, je ne calcule pas moi. Tant que je peux faire mon devoir, je le fais. Sur
la question
des visas, sur la question des visas, je vais vous révéler un point. Ça a été lorsque on a discuté avec Sébastien Lecornu de ce contrat de gouvernement.
Ça
a été un point qui était un point non pas d'affrontement, mais j'ai très
vite
senti, que c'était l'Elysée qui était en réalité puisque les visas, c'est la diplomatie, c'est le quai d'Orsay et plus généralement,
c
'est le domaine réservé du président de la République. Mais moi, ce que j'ai dit précisément, comment voulez-vous qu'on puisse maîtriser l'immigration si on donne au ministre de l'Intérieur la seule responsabilité de gérer les sorties
?
Là aussi, on a eu des résultats puisque sur les 27 pays européens, écoutez-moi bien, on est les premiers en termes de résultats sur les sorties. Vous écoutez très bien,
mais je note que dans la feuille
de route, vous n'avez même pas obtenu que
ce
soit sous votre...
Si
j'avais, oui, j'avais réussi à obtenir au final que très régulièrement, et j'en avais parlé au président de la République, il y ait un conseil de défense tous les deux mois sans doute pour qu'il y
ait
un pilotage des visas. Mais vous voyez bien que...
Mais M.
Rottel, c'est ça qu'on ne comprend pas. Bruno Le Maire est un prétexte, mais vous avez accepté de gouverner avec M. Barrault sur lequel vous êtes en opposition quasiment sur tout, avec Mme Borne sur lequel sur le sujet régalien vous êtes en opposition quasiment sur tout. La question,
c
'est sortir maintenant. N'avez-vous pas été la béquille du macronisme pendant des mois ?
Écoutez, nous avons été le facteur de stabilité. Si nous sommes entrés au gouvernement, c'est pour deux raisons.
La
première, c'était pour éviter le chaos.
Vous
ne pouvez pas me dire que je serais responsable du chaos et en même temps ne pas reconnaître qu'on a stabilisé le pays. Deuxième chose, pour éviter la gauche mélenchonisée. Et nous y sommes parvenus. Nous avons eu des résultats. J'ai eu des résultats. Regardez les régularisations. Vous n'en parlez pas. Moins 38%. Regardez les naturalisations. On est un des pays qui naturalise le plus. Je suis revenu au concept précisément d'assimilation. Moins 23%.
Nous
avons fait voter une grande loi sur le narcotrafic. Nous avons des résultats. Et je pense que dans un ou dans deux ans, nous détruirons la DZ mafia. Voilà. Ça, ce sont des choses concrètes. Je n
'ai
pas pu tout faire parce que les Français savent bien, Sonia Mabrouk. Et vous le savez aussi. Franchement, comme si j'avais tous les pouvoirs. Non, j'ai accepté pour
mon pays.
Donc
vous ne voulez pas endosser
ce matin la responsabilité du chaos. Non, mais
regardez l'Algérie. L'Algérie. J
'ai fini. C'est ma ligne qui a triomphé. Pardon. Mais
vous oubliez de le dire. Le président
de la République, cet été,
au mois d'août. Il n
'y
a pas eu de réponse à la lettre de la famille de Boalem sans ça. Le cas a été évoqué de manière
sporadique.
Pardon. Je ne suis pas le supérieur hiérarchique du président de la République. Mais le président de la République, vous oubliez de le dire. Il a envoyé au Premier ministre,
cet
été, au mois d'août, une lettre reconnaissant que c'était la ligne ferme qui devait gagner. Et on a
entrepris
un certain nombre d'actions.
En augmentant les visas étudiants algériens.
Je
n'ai rien contre les étudiants, mais je vois le signal qui est envoyé.
nous délivrons à nous seuls 26% des visas de toute l'Europe. C'est pratiquement un million de plus que les visas délivrés par l'Allemagne. Donc cette responsabilité, j'ai demandé ce pilotage. Mais vous voyez bien cette ambiguïté-là. Ça pesait aussi dans ma décision. Évidemment. Mais tant que j'ai pu être utile au pays, je l'étais. Et maintenant ? Vous me dites, par exemple, le maintien de l'ordre. Le 10 septembre... Ah, c
'est
tout le bilan, oui. Non, mais vous me dites que vous n'avez rien
fait. Pardonnez
-moi, je vous pose
la question si vous êtes agent du chaos.
Le 10 septembre,
le
18,
deux
journées, bloquons tout, et puis ensuite l'intersédicale. Le 18 septembre, deux vitrines étoilées seulement sur toute la plaque parisienne. Vous vous
rendez
compte ? Deux. Les consignes que j'ai données aux forces de l'ordre
ont
été très claires. Vous intervenez immédiatement dès qu'il y
a
un dérapage, dès qu'il
y a
des violences.
Et
ils sont intervenus. Et l'ordre public a régné.
Alors qu'il y a longtemps...
Si vous, vous ne participez pas, c'est le chaos. C'est bien ça ?
Vous
êtes en train de dire que si, là, un Premier ministre de gauche, c'est une des pistes qui est
évoquée, ce serait le
chaos. Ce que je dis plus modestement,
c
'est que si la vérité avait été établie,
s
'il y avait eu cette franchise, cette confiance,
et
que simplement le Premier ministre m'avait dit Bruno Le Maire, voilà la composition de gouvernement, y compris celui qui sera ministre des armées, croyez-moi, j'aurais évité la crise que nous vivons. aujourd'hui. Vous seriez parti quand même ?
Non,
j'aurais menacé de partir, absolument. Et donc, le gouvernement n'aurait pas pu être formé. Parce qu'à ce moment-là,
je
disais, vous retirez tous les ministres LR de la liste et ne pouvez pas donc annoncer...
Monsieur Roteuil,
vous êtes vice-président
pour
décider de la nomination d'un gouvernement ?
Non mais sans LR au gouvernement,
vous
le voyez bien. Qu'est-ce qui s'est passé ?
À
partir d'un tweet en disant je vais simplement convoquer d'ailleurs un comité stratégique
et
j'estime que la rupture qui avait été promise
elle
ne se reflète pas dans la composition du gouvernement. La rupture, vous vous rendez compte avec les personnalités qui avaient été nommées ? Eh bien, on a bien vu les effets que ça produisait. Donc si dimanche soir, vous vous rendez compte que dimanche, je fais une réunion qui dure pratiquement deux heures et demie, deux heures trois quarts avec les députés et les sénateurs pour savoir si on doit s'engager ou on ne doit pas s'engager. À une écrasante majorité, on dit on y va, on participe justement pour éviter le chaos. J'appelle le Premier ministre en disant mais j'ai besoin moi de savoir quelle sera la composition du gouvernement. On ne me répond pas.
Je prends ma voiture, je ne prends pas rendez-vous et j'entre dans la
cour de Batignan. Vous
rentrez dans la
cour de Batignan,
évidemment
ouvert pour le ministre de l'Intérieur et je grimpe
4 à 4
au premier
étage et je me suis imposé pendant une heure et demie et pendant
cette heure et
demie
et pendant cette heure et demie on ne me dit pas tout.
Il est vrai qu'il vous a proposé d'ailleurs le poste sur le ton un peu de la plaisanterie.
C'était
un poste parce qu'il me dit
voilà, tel ou
tel a refusé d'être ministre. Il me dit est-ce que tu veux être ministre des armées ? Je fais ça sous la plaisanterie. Je lui dis dans nos équipes à nous on peut avoir aussi un certain nombre de candidats. Voilà, mais j'ai senti qu'en réalité c'était le domaine réservé du président de
la
République et qu'il ne voulait pas me donner
le nom. Parlez
-en. Et maintenant, que va-t-il se passer ? Bruno Rotaillon poursuit notre entretien sur CNews et Europe 1. Je l'ai dit et les Français le savent c'est une situation politique inédite, inquiétante. Il y
a
vraiment beaucoup d'interrogations. Le RN a confirmé qu'il y aura censure automatique de tout Premier ministre et il demande la dissolution. Vous disiez hier qu'il y avait d'autres moyens que la dissolution. Depuis, les choses se sont encore accélérées. Est-ce que vous êtes finalement favorable à la dissolution ?
Il
y a deux moyens. La dissolution, c'est le président de la République. Il y a deux moyens.
Il
y a la dissolution
si
les autres moyens échouent et l'autre moyen,
c
'est de nommer un Premier ministre de cohabitation.
Dites-moi, est-ce qu'il est en face
de moi ? C'est-à
-dire... Non, je ne suis pas candidat. C'est-à-dire...
Parce qu'on dit souvent
avant de se retrouver à la classe.
acte
qui acte
qui
acte justement le résultat de la dissolution
et
le résultat des élections législatives. Emmanuel Macron, en réalité, en nommant
un
tout proche, un autre que lui, mais très proche de lui, Sébastien Lecornu, a voulu reprendre la main. A voulu reprendre...
Vous le
saviez au moment même où il a été nommé, ça, Sébastien Lecornu
?
Non, je savais qu'il y avait un lien de confiance. N
'avez-vous pas été naïf,
M. le ministre ? Peut-être, peut-être, parce que... Peut-être, c'est possible, parce que j'ai envie de faire confiance, parce que Sébastien Lecornu, moi, j'ai du respect pour lui.
Lui pense l'inverse.
Que je n'ai pas de respect pour...
Non, lui pense que vous avez privilégié, en tous les cas, la pique qu'il a adressée l'été en particulier à vous, que vous avez privilégié le parti au pays.
Non, je privilège toujours le pays.
J
'ai eu la même réaction que des millions des millions de Français.
Pourquoi
dit-il cela, alors
?
Mais parce qu'il cherche une excuse. Parce qu
'il
aurait dû me dire, je ne
vais
pas revenir sur ce que je viens de dire, simplement, il y a deux seules solutions aujourd'hui pour avancer.
Un
Premier ministre de cohabitation. Un gouvernement de cohabitation. Ou la dissolution. Ou la dissolution. Finalement,
vous l'acceptez...
Je
n'ai pas à l'accepter.
Hier,
on avait l'impression que les LR,
pour tout dire, Bruno Antaille, en ont peur, parce que les sièges des LR à l'Assemblée vont fondre comme neige au soleil.
Non. Non. S'il y a dissolution, vous vous trompez. Expliquez-nous. Je l'explique et je le prouve. Il y
a
eu six élections législatives partielles. Et une demi,
c
'était dans le Tarn-et-Garonne, c'est simplement le premier tour. Mais sur les six, on en a gagné quatre.
Et
on a fait gagner les deux autres. Vous agrégez le total de ce qu'on appelait le bloc central. La contribution de LR, en termes de voix, de poids, c'est 71%.
Voilà.
Donc, depuis un an, on a retrouvé des couleurs. Simplement, simplement. Personne ne peut dire aujourd'hui qu'une nouvelle dissolution ne conduirait pas au même résultat et qu'on aurait vraiment une période stabilisée, c'est-à-dire une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Ce n
'est
pas un problème de crainte.
C
'est que tous les, par exemple, les experts en sondage et autres nous disent qu'il n
'y
aura sans doute pas de majorité absolue.
Vous
avez parlé, c'est important, du Tarn. Dimanche prochain, c'est une législative partielle, second tour. Il y a un candidat UDR de la formation d'Éric Ciotti allié au Rassemblement national et un candidat socialiste. Votre candidat LR étant arrivé troisième, vous appelez à voter pour qui ?
Je ne
me
suis pas entretenu avec Bernard Pécou, qui est un bon candidat, qui a doublé d'ailleurs son score. Il faisait moins de 10. Et
vous le saluez ce matin. Et
donc, je le salue. Mais vous
appelez à voter. Non, mais nous, pas une voix pour la gauche. Donc
vous appelez à voter pour... Non,
les électeurs se déterminent. Les électeurs, je dirais, voilà, pas une voix pour la gauche. Donc vous appelez à voter pour... Les électeurs choisiront.
UDR avec le RN.
Les
électeurs choisiront.
C'est-à
-dire
que ce matin, entre les socialistes et le bloc dit patriote,
vous... Les électeurs
choisiront. Il fera que Bernard Pécou se détermine.
Et
vous-même, vous êtes le patron DL. C
'est ce que j'ai indiqué.
Vous pouvez comprendre que ça peut provoquer un trouble que vous n'indiquiez pas. Si,
si. J'ai
indiqué la consigne qui
est la mienne. Donc si je
comprends bien, si je m'y connais un peu, ça veut dire que vous appelez à voter pour le bloc
patriote.
En tout cas, certainement pas pour la gauche. C'est notre ligne. C'est notre ligne.
David Lysnard, M. Rotaillot prévient que le pays va s'effondrer si Emmanuel Macron ne démissionne pas. Une grande majorité des Français sont pour cette démission. Selon un sondage au Doxa pour le Figaro, 70% des Français sont pour cette démission. Est-ce que vous estimez que c'est grave ? Ça peut être un facteur de grande déstabilisation du pays ou est-ce que vous êtes d'accord avec une majorité de Français
? J
'ai toujours été très prudent sur la question de la démission. Et j'appelle mes amis de ma famille politique, puisque nous sommes les héritiers du gaullisme, à être très prudents. Dans la mesure où, encore une fois, la clé de voûte de nos institutions, de la Ve République, c'est le président de la République. Moi, ce que je ne voudrais pas,
c
'est que la rue obtienne la démission d'un président de
la
République parce qu'alors, tous les successeurs, tous les présidents de la République se retrouveraient soumis justement à cette contrainte. Donc ça, c'est un problème qui concerne Emmanuel Macron. Le général de Gaulle
l
'avait annoncé. Il l'avait annoncé en 69 lorsqu'il perd le référendum en disant « Je pars ». C'est sa décision. Voilà. C'est la responsabilité du président de la République. Mais
nous
n'avons pas intérêt, en tout cas nous les gaullistes, les héritiers du gaullisme, à réclamer la démission
du
premier personnage de la République française.
Nous
sommes un jour particulier.
Quoi qu'on en pense. Quoi qu'on en pense.
Nous sommes un jour particulier, Bruno Rotaillot, il y a l'actualité, les sous-brousseaux, plus que des sous-brousseaux que nous vivons. Et puis il
y a
ce qui se passe dans le monde. Nous sommes un jour particulier, les célébrations entre guillemets du 7 octobre. Et pendant ce temps, ce sont les Américains, Donald Trump qui est en train de négocier un plan de paix en Égypte avec différentes parties. Quelle est la voie de la France ? Quelle est l'image de la France ? On dit que la paix dans une région essentielle du monde est en train d'être négociée. Et nous, nous parlons
de
ces sous-brousseaux.
La voie de la France, précisément, est équivalente au poids de la France. Simplement, ce que je veux dire, et ça nous ramènera au propos premier que nous avons eu au début de cet entretien,
il
y
a
un principe qui est très simple. Une nation qui ne tient pas ses comptes,
est
une nation qui ne tient pas son rang.
Voilà. Vous
avez une interconnexion entre le poids diplomatique
et
la conduite notamment d'un pays. Évidemment que Donald Trump
a
cette puissance que lui confère son imprévisibilité et que lui confère la puissance des États-Unis d'Amérique.
Et
je trouve que si ce plan de paix peut advenir, là encore, peu importe les idées qu'on puisse avoir sur le président américain, ce sera une excellente chose.
Actualité internationale et sous brosse aux politiques, ce sera la dernière question.
On
apprend à l'instant qu'Edouard Philippe souhaite et demande des élections, une élection présidentielle anticipée.
L
'ancien Premier ministre demande une élection présidentielle anticipée.
Oui, ce que j'observe
avec
une forme de gravité d'ailleurs,
c
'est que c'est le camp présidentiel.
On
parlait du socle commun, je dis non, il y a deux choses. Il y
a
une majorité présidentielle et il
y
a LR.
Mais
vous avez entendu Gabriel Attal disant hier sur
le plateau
les décisions
du président de
la République.
Donc, il y a une petite course les uns vis-à-vis des autres
pour
se distinguer du président de la République. Il y
a
aussi une course à gauche. Il
y a un Premier
ministre de gauche.
Je n'ai pas gêné je pense qu'il faudrait le censurer mais je n'ai en tout cas aucun commentaire à faire sur les propos d'Edouard Philippe. Mais c'est précisément dans le camp du président de la République que
vient ces critiques. Une élection présidentielle
anticipée venant d'un ancien
Premier ministre
candidat.
Je l'ai bien entendu. Je l'ai bien entendu. Je suis gaulliste. Ça ne fait pas moi un macroniste mais je tiens aux institutions de la Ve République et cette décision extrêmement grave seul le président de
la
République peut la prendre.
Nous
le verrons dans les prochaines heures, les prochains jours. Merci Bruno Rodeo. Merci d'avoir apporté des réponses à ces questions. Je vous souhaite une bonne journée. A bientôt.
Merci.
Bruno Retailleau