Suppression des ZFE : "On doit revenir sur des mesures de bon sens" (Philippe Tabarot)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour Philippe Tabarot. Bonjour. Bienvenue à la grande interview sur ce news européens.
Vous êtes le ministre en charge des transports et votre parole est attendue ce matin sur différents sujets brûlants et tout d'abord, c'est un grand pas vers la suppression des fameuses ZFE, zones à faible émission mais considéré comme étant des zones à forte exclusion sociale. L'Assemblée a donc approuvé hier soir contre la vie du gouvernement et en particulier de la ministre de la transition écologique la suppression de ces ZFE. Monsieur le ministre, je vais préciser qu'il faut attendre que tout le projet de loi soit adopté dans son intégralité.
Je précise également que vous étiez contre cette suppression mais opposé malgré tout à l'écologie punitive. Alors, diriez-vous ce matin que c'est une victoire du bon sens ? Écoutez, j'ai émis des réserves depuis un certain nombre d'années sur les zones à faible émission.
J'ai été rapporteur de la loi climat et résilience où j'ai tempéré le texte initial du gouvernement de l'époque et puis euh j'ai été l'auteur d'un rapport qui disait il y a quelques temps comment sortir de l'impasse et on est aujourd'hui dans une impasse. Les euh députés ont clairement exprimé leur opposition à ce texte. Je pense qu'il y a des aménagements importants à faire.
J'espère que le gouvernement saura le faire. En tout cas, je vais pas vous dire aujourd'hui que je pleure sur euh le vote qui a été fait par un certain nombre de de députés. Je pense qu'on peut améliorer les choses sur l'accompagnement euh sur euh l'idée aussi de pouvoir en fonction des territoires adapter certains dispositifs, individualiser les choses également.
Pensez que c'était encore améliorable malgré ce qui a été c'est un camouflé hier. Mais l'idée de de lutter contre la pollution atmosphérique par rapport aux morts que ça génère dans notre pays mais avec des moyens différents et puis avec l'idée d'arrêter de monter les Français contre les autres. En gros, lese c'est de dire vous pouvez euh polluer euh dans les territoires ruraux, mais vous ne pouvez pas polluer dans les centres-villes.
Euh l'idée même euh d'une France à deux vitesses euh a créé ce sentiment de déclassement de certaines personnes et et on arrive à cette situation qui est qui est dommageable parce que quelque part de vouloir lutter contre la pollution et notamment pour la santé de nos enfants, c'est légitime. laquel prix social Marine Le Pen et politique crise victoire en dénonçant un appartide social a également contribuer à cette suppression. Monsieur le ministre, comment vous expliquez quand même que des députés en l'occurrence macroniste, ont pensé qu'une telle bombe sociale pouvait passer ?
Comment vous vous estimez qu'un tel outil technocratique d'exclusion quand même des classes moyennes et populaires a pu un moment enfin des députés ont pu se dire ça va marcher ? Ce texte a été pris dans un autre contexte euh politique puisque ça avait été cas qu'à sous la précédente mandature avec une autre ministre également qui avait en charge ce dossier et je pense qu'on était, vous l'avez très justement dit, à l'époque où on pensait que simplement l'écologie punitive pouvait permettre de résoudre toutes les solutions et tous les problèmes. Donc je pense que le texte tel qu'il a été défini aujourd'hui et est dépassé.
On doit avoir revenir sur des mesures de bon sens qui peuvent être applicables euh qui puissent nous permettre de garder des objectifs euh nationaux et européens au niveau de la pollution de l'air, mais certainement pas de cette manière et certainement pas contre les Français. Contre les Français. Rappelons que Agnè Pier Runaché avait dit que ça ne concernait pas les pauvres, les moins riches puisqu'ils n'avaient pas de voiture.
Voilà un petit peu le le débat qui quand même qui tenait lieu qui se tenait. Autre sujet, monsieur le ministre, et les écologistes, en tout cas certains écologistes sont à la peine peut-être ce matin puisque on a appris un retournement de situation suspendu depuis 3 mois. Le chantier de l'autoroute à 69 peut reprendre a affirmé la Cour administrative d'appel de Toulouse suite à un recours formé par l'État.
Je rappelle qu'il s'agit du chantier du fameux chantier de la liaison autoroutière Castre Toulouse contre lequel des militants écologistes radicaux pour beaucoup sont vent debout. Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Je suis heureux ce matin.
C'est une décision que l'on attendait. La décision du 27 février dernier avait été une décision qui nous avait marqué à la fois parce que elle risquait de faire jurisprudence sur l'ensemble du pays et on l'a vu puisque des recours ont pulé sur d'autres projets. Et puis moi j'ai une pensée ce matin pour les 1000 ouvriers du chantier qui ont été mis au chômage du jour au lendemain par l'arrêt de ce chantier.
J'ai une pensée pour les élus locaux qui se sont mobilisés depuis des années sur ce projet, qu'il soit de droite ou de gauche. J'ai une pensée également pour les porteurs de projet sur l'ensemble du territoire national et puis j'ai une pensée pour les contribuables puisque je rappelle que l'arrêt de ce chantier coûtait environ 200000 € au contribuable par jour. Moment où on cherche les économies par Exactement.
Donc c'est une très belle décision et je me réjouis d'avoir très rapidement une demi-heure après la décision du tribunal administratif de Toulouse en février dernier pris cette décision de faire appel au nom de l'État. Alors on est sur un appel et et qui fait que rien n'est jugé encore sur le fond. Par contre, une chose positive dans le jugement également hier, le juge a clairement dit que la raison d'intérêt public majeur était caractérisée.
Je ne sais pas si ça permet d'anticiper la décision qui aura lieu sur le fond, mais c'est quand même plutôt un très bon indice. Bah, en tous les cas, les opposants au au chantier très virulent disent que ce n'est pas logique, que ce n'est pas pertinent de reprendre les travaux alors que le processus judiciaire n'est pas terminé. Le chantier qui reprend, monsieur le ministre, bien là dans quelques jours.
Oui, j'espère la mi-juin. Ça ça sera progressif parce que ce n'est pas simple de reprendre ce chantier, un chantier de 53 km et un chantier où des personnes matin, midi et soir pensent à s'aborder le travail des ouvriers parce qu'il s'opposent physiquement quelquefois à ce chantier. C'était le cas quand il était en route.
C'est le cas probablement, ce sera le cas pour la reprise. Donc les conditions de sécurité de de ce chantier seront particulièrement observées et il faut que on puisse reprendre parce que je dirais que même les mentalités évoluent, même des personnes qui n'étaient peut-être pas initialement pour le projet se sont dit "On ne peut pas laisser un chantier à à terminer à 60 % ou 70 %. Il faut aller au bout, il faut mettre en place les compensations écologiques qui étaient prévues puisque je rappelle que c'est un projet très écologique également et puis c'est ça va faire hurler ce qui évidemment s'opposent.
Les compensations écologiques sont très importantes sur ce projet. Jamais sur un projet autoroutier, il n'y a eu autant euh d'aspects écologiques. Et puis je pense à la sécurité, je pense au aux milliers de enfin aux centaines de blessés sur cette route RN 126 très dangereuse, euh des dizaines de morts également.
Aujourd'hui, c'est un espoir pour désenclaver ce territoire du Tarn qui en a bien besoin et véritablement c'est c'est une perspective qui qui est positive même si tout n'est pas terminé. Et puis il faut penser aussi à l'ensemble du territoire national parce que comme je vous l'ai dit, ça va faire jurisprudence et depuis cette décision du tribunal administratif de Toulouse, d'autres projets sont remis en question. J'espère qu'ils vont pouvoir reprendre.
Donc jurisprudence par rapport à ce projet. Avant d'arriver aux leçons hein qu'on peut tirer d'un d'un tel épisode, vous avez parlé quand même de la sécurité des des ouvriers sur le chantier. C'est très important.
Certains militants menacent de rentrer en grève en grève de la soif notamment si un seul engin rentre sur le chantier. Qu'est-ce que vous répondez à un tel chantage ? Philippe Tabarot ?
Moi, je ne cède jamais à ce chantage. Ça me donne envie d'avancer encore plus rapidement. Euh je pense que voilà, les opposants au projet ont utilisé euh en faisant un recours le droit.
Ils ont une décision de justice qui leur a été favorable. Nous avons eu de l'autre côté 14 décisions de justice qui ont été favorables. On utilise le tr le doigt et on arrête de mettre des ultimatums ou de menacer les gens de cette manière.
Certains sont peut-être anarchistes, certains ne veulent plus de l'État ou veulent s'opposer à l'État. On est encore heureusement dans notre pays dans un état droit. Est-ce que c'est l'antimodèle Notre Dame ? des c'est intéressant parce que ce qu'avait fait la méthode Édouard Philippe.
Écoutez, on retrouve euh parmi les militants qui sont contre ce projet, les mêmes qui étaient sur Notre Dame des Landes, les mêmes qui sont sur le projet ferroviaire du du Sud-Ouest, le projet GPSO de ligne à grande vitesse, les mêmes qui s'opposent même au plus grand projet de fret ferroviaire européen, le Lyon Turin. Donc vous voyez que ce sont des personnes qui ne regardent même pas le projet mais qui veulent s'affronter à l'État sur tous les projets d'aménagement. Bien sûr que la notion d'écologie est devenue importante.
Nous devons Mais comment vous les qualifiez eux-mêmes, monsieur le ministre ? Moi je je lisais des réactions hier y compris de de d'élu qui parle vraiment de d'écologiste intégriste. Pour certains, la je dirais que la la cause de l'écologie est presque secondaire.
Quand on voyait sur la quelques dizaines de manifestants hier, on avait plus de drapeaux de la France insoumise, du NPA, bon quelques drapeaux d'Europe écologie les verts, mais on est dans un combat plus contre notre société plutôt qu'un véritable combat écologique. Dans l'actualité, Philippe Tabaron, on poursuit notre entretien avec vous, monsieur le ministre des transports. Alors pour rassurer apaiser les taxis en colère face aux nouvelles règles tarification imposées par l'assurance maladie, je le rappelle pour réduire la facture de transport des malades, vous promettez et semble-t-il vous le fait de taper assez fort fort au niveau des contrôles des VTC contre bien la marude, le racollage des VTC.
Je crois que c'est déjà le cas avec des opérations qui ont démarré hier. Si vous pouvez nous le confirmer aux abords de la guerre de Lyon. Oui, c'était le le cas.
J'ai été avec mon collègue François Noël Buffet hier, gare de Lyon. Nous avons procédé avec les forces de police et avec le préfet Nunz un certain nombre de contrôles qui se sont avérés positifs à la fois sur des VTC, à la fois sur des taxis clandestins puisque je rappelle que on parle bien sûr des VTC mais il y a des personnes qui font les taxis et qui n'ont aucune habilitation pour pour le faire. Et on s'aperçoit et c'était une demande, on l'a vu auprès de la responsable de la gare de Lyon indispensable et on n'est pas sur des contrôle exceptionnel. ce sera très régulier parce que avec des amendes avec des amendes forfaitires qui existent maintenant qui nous donnent un cadre beaucoup plus proactif qui sont possibles dans 12 territoires ou dans 12 ressorts de tribunaux et qu'ils le seront sur l'ensemble du territoire national à partir du 1er juillet et on va continuer de manière constante parce que c'est une profession qui est à encadrer Et c'est aussi l'image de notre pays quand des touristes arrivent du monde entier, se font agresser ou racoller par de faux taxi ou par des VTC qui n'ont pas de licence pour toutes ces raisons.
Voilà. Mais monsieur le ministre, les syndicats de VTC indépendants, ils se plaignent maintenant, ils craignent de devenir les victimes collatérales du conflit. Moi, je fais la part des choses entre les VTC qui sont inscrits au registre, les VTC qui travaillent durement comme un certain nombre de taxis.
Mais par contre, on doit et je suis pour la concurrence dans notre pays, je l'ai porté au niveau du ferroviaire, vous le savez mieux que personne. Par contre la pour qu'une concurrence soit saine, il faut quelque part les mêmes règles et respecter les règles. Et ça n'a pas été le cas de certains VTC comme de certains taxis.
Alors, les taxis ne lèvent pas complètement le pied sur la mobilisation. On comprend bien que les réunions n'ont pas ne les ont pas complètement satisfaits. Ils ont prévu de poursuivre différemment leur mobilisation.
Est-ce que vous restez ferme sur vos positions malgré tout, monsieur le ministre ? Est-ce que la réforme, comme l'a dit le Premier ministre, va vraiment passer ? Alors, moi, je veux continuer à m'attaquer au sujet des des euh des plateformes notamment et plus que des plateformes de euh de VTC, c'est sont des sociétés euh qui font l'intermédiaire entre les VTC et les plateformes qui sont des sociétés éphémères, souvent à l'étranger, qui exploitent les VTC et qui ne payent aucune charge dans notre pays.
Donc ça c'est un combat que je vais mener. Nous allons éradiquer ces sociétés avec mes collègues de de Berier. Ensuite, sur la question du sanitaire que traite plutôt mon collègue Yannick De Amélie de Monchalin, je pense que le premier ministre a donné un cap très clair.
Nous gardons les mêmes objectifs financiers, le même calendrier. Par contre, avec des aménagements et des propositions qui viennent de la base, qui viennent des territoires. C'est la raison pour laquelle tous les préfets vont travailler avec les taxis pour trouver des solutions qui puissent permettre de garder ses objectifs d'un côté, mais également d'écouter les difficultés que rencontrent sur le terrain les taxis qui font duend. notre oreille on entend une sorte d'or en même temps.
La question que nos téléspectateurs et auditeurs se posent ce matin, Philippe Tabarot, c'est au moment d'entamer l'ascension de l'Himalaya budgétaire pour 40 milliards, et bien pardonnez-moi, face à une toute petite colline d'à peine 150 millions d'économie pour les taxis, vous êtes à la peine. Dialoguer ne veut pas dire céder. Ce sont quelquefois les premiers millions qui sont Ça finit souvent comme ça parfois.
Non, ce sont quelquefois les premiers millions qui sont les plus compliqués à trouver. Mais euh je pense que cette réforme ne peut pas se faire euh euh contre les acteurs. Par contre, on doit garder cet objectif.
Euh et puis euh c'est une obligation quand on voit le rapport de la de la Cour des comptes euh qui nous dit que l'assurance maladie va être en déficit de plus de 23 milliards en 2025, on doit prendre des mesures, c'est indispensable. Philippe Tabarono, téléspectateurs et auditeurs, apprennent également à vous connaître. ministre des transports.
Vous avez été sénateur LR des Alpes Maritimes pendant de des années. Vous êtes un homme de droite qui benent d'ailleurs dans un environnement familial de droite. Vous êtes le frère de Michel Tabarot.
C'est une famille des Tabarot bien connues et implanté dans dans le sud. Je suppose que comme Bruno Rotaillot, Sophie Prima, ce matin, vous me dites que vous n'êtes pas macroniste également. Je vais pas être surprise, hein.
Je ne suis pas macroniste de naissance, c'est le moins qu'on puisse dire. Après, je travaille avec le président de la République et je suis heureux de travailler avec lui, avec le premier ministre et avec des membres du gouvernement, quel que soit leur leur origine politique, parce que je pense que c'était indispensable. Au moment où on a été appelé au gouvernement, il y avait une instabilité institutionnelle.
On était euh au mois de février euh il n'y avait toujours pas de budget qui était voté pour la France et je pense que il était important de savoir se réunir même si on avait des origines politiques différentes. On l'a fait pour l'intérêt de la France et puis également et l'intérêt de la France c'était empêcher l'extrême gauche de prendre le pouvoir dans notre pays et et parce que les décisions qui auraient été prises auraient été irréversibles définitivement pour ce pays. Si je vous pose la question, c'est savoir qui est encore macroniste.
On voit que les anciens premier ministres de Gabriel Atal a Édouard Philippe qui publie un livre intitulé "Le prix de nos mensonges tourne la page." Il y a aussi un ministre très en vue d'ailleurs, vous êtes un compagnon, je crois de monsieur Rotaillot notamment au Sénat. Il incarne aujourd'hui le retour de la droite pour vous.
Oui, très probablement. En tout cas, la droite est de retour. l'incarnation, on en parlera plus tard, mais bon, il a une part importante dans ce retour de la droite.
Je pense que les Français nous sont reconnaissants d'être dans le gouvernement, de peser sur le gouvernement, de montrer que les Républicains sont un parti de gouvernement et bien sûr que notre locomotive au sein de ce gouvernement, bah c'est Bruno Retaillot. Et euh pour toutes ces raisons, je vois à travers les différentes élections partielles notamment que nous gagnons les unes après les autres chaque weekend, que le ciel qui était gris ces dernières années pour les républicains est enfin en train de de s'éclairer comme le ciel de Paris aujourd'hui. Merci Philippe, même si la route pour 2027 est encore longue.
En parlant de route, toute dernière question de route et de rail. Est-ce que le ciel sera clair au niveau des grèves, même un tempestif de dernière minute pour pour les Français qui veulent profiter de ce weekend prolongé ? Plus de 2 millions de Français vont prendre le train pendant ce weekend de l'ascension.
Vous voyez que il n'y a une appétence pour le train que nous avons, je pense avec la SNCF pas trop mal géré les précédentes grèves puisque 95 % du plan de transport a été réalisé et nous sommes attentifs bien sûr au dialogue social. Euh nous ne souhaitons rien céder sur les questions des revendications budgétaires parce qu'il y a des négociations annuelles où ces euh sujets sont abordés et pas tous les mois comme ça a été trop souvent le cas. Il y a des règles nouvelles.
Le gouvernement ne demande pas à la SNCF de céder systématiquement à tout mouvement social. Et je pense et j'espère que les Français qui ont envie de prendre le train plus que jamais vont pouvoir continuer le à le faire dans les meilleures conditions possibles. En tout cas, je vais agir en ce sens.
Et bien, nous les saluons pour ceux qui partent en ce weekend prolongé. Merci Philippe Tabarot. Merci beaucoup.
C'est votre grand entretien. Je vous dis à très bientôt. À très bientôt.
Philippe Tabarot