Sarkozy : ça se complique - les questions SMS #cdanslair 10-10-2016
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteÉludée
Sarkozy resserre ses idées de 2007 et 2012. Pourquoi n'a-t-il pas travaillé davantage depuis 5 ans ?
- 1:42OuverteRéponse directe
En quoi les programmes économiques d'Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy diffèrent-ils ?
- 2:31OuverteRéponse directe
Que propose Sarkozy sur l'Europe ?
- 3:53RelanceRéponse partielle
N'est-ce pas le talon d'Achille de Sarkozy, ses variations sur les référendums ?
- 5:15OuverteRéponse directe
Nicolas Sarkozy ne fait-il pas la même erreur qu'en 2012 en mettant la barre à droite toute ?
- 5:20RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est la même erreur qu'en 2012 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:57InvitéFait
« Quand on a économisé toute sa vie, il est normal que l'État ne vous prenne pas tout. »
Temps de parole
- Invité30 %
- Invité 229 %
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- Invité 313 %
- Invité 413 %
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Sarkozy nous resserre ses idées de 2007 et 2012. Pourquoi n'a-t-il pas travaillé davantage depuis 5 ans ? Il y a des choses qui sont nouvelles dans ce débat sur l'identité, par exemple. Beaucoup de choses sont arrivées sur la sphère publique qui n'était pas là en 2012. Je ne pense pas qu'il n'ait pas manqué de travail. Les deux livres qu'il a construits, celui de janvier et celui de août, sont tous des mauvais livres. Il y a des choses dedans. Alors il y a des choses qui ont été puisées dans ces discours de 2007 et de 2012, mais il y a aussi des choses nouvelles. Par exemple, cette idée qu'il faut prendre en compte la France du deuxième tour. Il le dit. Il le dit.
J'ai ouvert à gauche en 2007 parce que j'avais battu Ségolène Royal, mais il y avait cette France de gauche qui était là. Je devais lui donner un appel. Il faut qu'il se pose le problème par rapport à la France du Front National s'il est confronté à la France du Front National. Il y a beaucoup d'autres choses qui sont nouvelles. Non, je pense que sa faiblesse n'est pas tant de ne pas avoir travaillé depuis 2012 que de ne pas avoir, entre 2007 et 2012, tenu toutes ses promesses, appliquer vraiment ses promesses de 2007, sa politique de droite de 2007 et avoir finalement un bilan dont il ne s'est jamais libéré. Après, il y a une question de... Il a quand même perdu en entourage.
C'est une réalité puisque les personnes qui ont participé à son ascension en 2007 ne sont plus au-dessus de lui. D'ailleurs, qui a écrit ses discours ? Il y a une question. Et donc, il y a peut-être un problème aussi d'entourage qui est moins solide que par le passé. Si on disait qu'il avait repris le fil de sa campagne de 2012, il n'a plus Henri Guéno ? Est-ce que vous savez qui a écrit ses discours ? Camille Pascal a beaucoup écrit pour lui. Encore aujourd'hui ? Je pense qu'il continue un petit peu. Et Nicolas Sarkozy a toujours mis la main à la plume aussi. Il ne lit pas ce qu'on lui écrit. Il y participe.
En quoi les programmes économiques, on n'en a pas beaucoup parlé d'économie, d'Alain Juppé et de Nicolas Sarkozy, diffèrent-ils ? Guillaume Roquette. Il y a deux points sur lesquels Nicolas Sarkozy a pris des engagements qui ne sont pas ceux d'Alain Juppé. D'abord, sur les successions, effectivement, Brice Nanturiel disait. Et là, clairement, ça c'est l'idée que quand on a économisé toute sa vie, il est normal que l'État ne vous prenne pas tout. Et puis, il y a la baisse de l'impôt sur le revenu, une baisse assez forte et immédiate qui là aussi diffère d'Alain Juppé. Et pour le reste, l'ISF, ils veulent le supprimer tous les deux. Les 35 heures, ils veulent revenir dessus tous les deux.
Et les économies à faire dans la sphère publique, là, le programme est relativement proche. Mais ce n'est pas uniquement entre les deux. C'est entre tous les candidats de la primaire et du centre. C'est sans doute pour ça, d'ailleurs, que les sujets dits identitaires prennent autant d'importance. C'est parce que c'est là-dessus que se font le clivage. Que propose Sarkozy sur l'Europe ? Sarkozy a toujours été ambigu sur l'Europe. Parce qu'à la fois, il a joué le jeu européen lorsqu'il était à l'Élysée. Et en même temps, dans ce discours, il glisse des pics anti-européennes qui, en effet, sont de nature à plaire à ses électeurs du Front National. Donc, qu'est-ce qu'il dit ?
Il dit, en gros, la France a perdu sa place en 5 ans sous François Hollande. Bon, c'est passé un peu vite sur certains événements. Chacun peut juger de ça ou pas. Mais je ne pense pas que si la France a perdu sa place, ça soit simplement depuis 4 ans. Nicolas Sarkozy appuie quand même sur la faillite de Frontex, la difficulté à protéger cet espace Schengen et globalement l'Europe. Et ça, il l'avait dit dès 2011 et 2012. Et donc, il profite de cette campagne pour rappeler qu'il avait avant d'autres vu ce qui s'est passé depuis.
Mais là, pour le coup, il dit, il se différencie vraiment du Front National en disant qu'il faut reconstituer le couple franco-allemand parce que François Hollande a tout laissé filer les déficits, n'a pas tenu ses engagements sur les 3% de déficit public. On n'écoute plus la France. Il faut absolument reconstituer ce couple-là. Et rester dans l'euro. Voilà, et rester dans l'euro. Il est là sur la même ligne qu'Alain Juppé. Sarkozy a beaucoup varié quant à l'usage des référendums. N'est-ce pas son talon d'Achille pour ses concurrents ? Mais il a varié même sur d'autres choses.
Quand on le voit attaquer les électeurs de gauche qui iraient voter, c'est une attaque contre Alain Juppé, évidemment, de dire, ce serait une trahison d'accepter des voix des électeurs de gauche. C'est quand même assez surprenant parce que Nicolas Sarkozy, en 2007, on ne l'a pas vu s'effaroucher du tout de voir des électeurs de gauche voter pour lui. Rappelez-vous, ces grands meetings où il accueillait au premier rang des intellectuels, même qui venaient de l'ultra-gauche. Et Éric Besson. Et voilà.
Et puis les nominations des ministres d'ouverture, Bernard Kouchner, Éric Besson qui allait directement du Parti Socialiste, ce qui faisait d'ailleurs grincer beaucoup de dents au sein de sa formation politique. C'était une présidentielle, on peut dire que l'exercice n'était pas exactement le même ? Oui, mais là, le trahison, c'est un mot fort, je veux dire, Nicolas Sarkozy, c'est très bien que d'abord il y a des électeurs, vous l'avez rappelé, ils peuvent être mouvants, c'est-à-dire qu'on peut voter, il y a des électeurs qui vont voter un coup fondational, qui vont un coup voter Nicolas Sarkozy, qui vont un coup voter François Hollande en ayant voté Nicolas Sarkozy avant ou l'inverse.
Il y a toute une partie d'électorat volatile, donc ça, ça existe, on n'est pas obligé de mettre des gens dans des boîtes ad vitam. Ça, ce sont les sondeurs qui font ça. Pas du tout, on mesure les évolutions. On mesure les évolutions. Et d'autre part, lui ne s'est pas du tout privé d'avoir le soutien d'une partie de la gauche pour être élu très largement en 2007, il avait fait un très beau score. Nicolas Sarkozy, ne fait-il pas la même erreur qu'en 2012 en mettant la barre à droite toute ? Brice Nathurier.
Si, moi je crois que c'est la même erreur, encore une fois, je l'ai dit en 2011, ça a congelé un vote de centre et de centre droit qui s'est reporté au premier tour sur François Hollande et surtout au second tour. Souvenez-vous du nombre de bulletins blancs qu'il y a eu, qui étaient des électeurs de François Bayrou.
Et si Nicolas Sarkozy avait ouvert le jeu à ce moment-là, s'il n'avait pas fait cette campagne buissonienne qui, à mon avis, a entraîné, et Nicolas Sarkozy, une partie de la droite, dans l'impasse, en étant donc beaucoup plus sur des sujets économiques que strictement identitaires, aujourd'hui, il ne serait pas prisonnier de cette campagne, où il doit faire de la relance encore plus sur ce segment. Et dans votre reportage, on a entendu à un moment donné NKM qui disait quelque chose de très juste, me semble-t-il, c'est que tout ne se réduit pas à ces questions identitaires. On dit systématiquement quelle est la controverse, la question essentielle.
Moi, je pense que les Français ont un cerveau suffisamment large pour admettre qu'on leur parle et des sujets économiques qui sont fondamentaux et des sujets sécuritaires ou identitaires. Donc l'erreur, c'est d'être uniquement sur ce segment et uniquement à la recherche des bons reports.
Mais quand ils ont tous les mêmes programmes sur les sujets économiques, c'est difficile de se différencier en ayant les mêmes propositions que les concurrents.
Mais ils pouvaient démarrer à ce moment-là beaucoup plus tôt sur des programmes économiques. C'est François Fillon qui est parti le premier sur les enjeux économiques.
Ça ne lui a pas porté bonheur.
Ça ne lui a pas porté bonheur, mais en tous les cas, ça a créé sur les questions économiques quelque chose qui fait qu'effectivement, peu ou prou, il y a quand même de vraies différences quand on regarde, mais peu ou prou, il y a une petite musique qui semble assez similaire.
Le débat de jeudi soir tournera-t-il forcément au pugilat ? Non, pas forcément. Personne n'y a intérêt d'abord. Celui qui voudrait mettre le feu et affaiblir son camp en créant le pugilat, on serait peut-être puni. Alain Juppé est celui qui a le moins intérêt à chercher querelle. C'est évident, il est favori, il faut qu'il reste serein, sans apparaître comme ennuyeux, ce n'est pas simple. Nicolas Sarkozy doit être agressif un minimum, en tout cas offensif sans être agressif. C'est peut-être des petits que va venir la surprise.
Soit ceux qui n'ont rien à perdre, et moi je serai Jean-Frédéric Poisson, j'essaierai de brûler les planches par des propositions iconoclastes, soit de NKM, qui elle non plus n'a rien à perdre, et qui peut dire, vous messieurs, vous n'incarnez pas la France demain, soit de Jean-François Copé, qui lui est dans un double match. Il y a le match pour faire le meilleur score possible et peser au second tour, être un jour ministre, mais il y a aussi un match personnel Copé-Sarkozy. Parce que l'affaire Big Malion, qui était l'affaire Copé, est devenue, tant soit peu, l'affaire Sarkozy. Et je pense que Jean-François Copé va vouloir porter le fer contre Nicolas Sarkozy ad hominem.
Par ailleurs, comme Mariton n'est plus là, si je ne me trompe pas, ils sont côte à côte. Ça va être intéressant. La garde rapprochée de Nicolas Sarkozy pourrait-elle le laisser tomber en voyant les très bons sondages pour Alain Juppé ? Ce n'est pas le moment où on laisse tomber le candidat à six semaines du premier tour ? En plus, je ne suis pas sûr qu'Alain Juppé les accueillerait à bras ouverts. Donc à mon avis, il perdrait les deux côtés. C'est au soir du premier tour où certains peuvent dire l'écart est fait, si c'est le cas. Si Alain Juppé avait 10, 14, 15 points d'avance, certains diraient qu'il faut aller vers l'unité, il faut aller vers l'union, neutralisons le second tour.
Mais 15 points d'avance, ça veut dire qu'il est élu du premier tour. Ça nous amènerait à 50%. Donc on n'en sera pas là. Ça, au moins, c'est une quasi-saccentude.
On entend moins Juppé que Sarkozy dans les médias. Pourtant, Juppé est en tête dans les sondages. Pourquoi ? Il a raison. Je pense qu'il a raison. Il y a une part de stratégie, j'imagine, de sa part, de laisser les uns et les autres s'échanger des noms d'oiseaux pendant que lui se place au-dessus du débat. Alors ça lui a fait perdre, je pense, des points à la fin de l'été, dans une période où il était apparu comme absent, alors qu'il se passait des choses graves en France, notamment après les attentats de Nice. Mais là, c'est plutôt une stratégie qui me paraît gagnante. Et puis c'est ennuyeux souvent du Juppé. Le Sarko, c'est plus marrant. C'est ça ?
Oui, le spectacle le plus animé par Sarkozy que par Juppé. Nicolas Sarkozy est-il attentif cette fois-ci à ses dépenses de campagne ? On a dit que c'était un grand show. Dans la campagne interne à l'UMP, il y a des limites. Il y a un budget qui a été donné. Et puis le vainqueur verra ses comptes de campagne de primaire directement intégrés à son compte de campagne. Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25. Une émission que vous pouvez retrouver sur PLEUZ, le site de Ripley de France Télévisions. On se retrouve demain, 17h50, pour un nouveau C'est dans l'air. Tout de suite, c'est à vous. Très belle soirée sur France 5.