Biden est un point d'appui pour moi
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Bonjour, bonjour et bienvenue dans Questions politiques. Merci d'être fidèle au rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde, de notre partenaire et de France Info. Notre invité aujourd'hui jusqu'à 13h, il a théorisé il y a quelques années l'ère du peuple et la révolution citoyenne et il prolonge sa réflexion dans un livre qui vient de paraître. Un livre de combat où il analyse, où il décrit l'émergence de ce qu'il appelle un peuple humain. Il nous expliquera dans un instant sa définition d'un intérêt général à l'échelle de l'humanité, ce que ça implique également pour l'action de son mouvement, celui des Insoumis.
Question politique est en direct avec le président du groupe France Insoumise à l'Assemblée Nationale et député des Bouches-du-Rhône, Jean-Luc Mélenchon. Quelles sont les grandes lignes et la stratégie de sa campagne pour l'élection présidentielle ? Que pense-t-il du climat politique en France, de la désunion de la gauche ? Comment s'opposer en même temps à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen ? Voilà quelques-unes des questions que nous lui poserons pour intervenir l'application France Inter et les réseaux avec le hashtag QuestionPol.
France Inter, question politique.
Bonjour Jean-Luc Mélenchon. Bonjour. Le déconfinement se poursuit. Nous avons aussi de nombreuses questions économiques, sociales, la taxation des multinationales qui vient de s'inviter dans l'actualité. Mais autour de moi, pour vous interroger, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Ali. Bonjour Jean-Luc Mélenchon. Bonjour à tous. Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour Ali. Bonjour à tous. Et Karine Becker de France Inter. Bonjour Karine. Salut tout le monde. Karine qui a préparé votre portrait. Monsieur Mélenchon, nous le découvrirons ensemble tout à l'heure. Aïe. Vous n'avez pas encore été piqué. Pas encore même été vacciné.
Ça vient, ça vient. On parlera tout à l'heure du contenu de ce livre député du peuple humain. Mais pour commencer, vous êtes député de la nation. Jean-Luc Mélenchon, en un mot, qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire de se revendiquer député du peuple humain ?
Qu'il y a un intérêt général humain, quelle que soit sa nationalité, et que maintenant c'est prouvé. Avant non, pendant un siècle et demi, on s'est bien pouillé avec ceux qui disaient mais non, qu'est-ce que vous racontez, l'égalité ça n'existe pas, il y a des petits, des grands, des gros, des maigres, et on en déduisait même qu'il y avait des gens dans la forme du crâne ou la couleur de peau, les distinguaient les uns des autres.
Maintenant on sait qu'on est tous logés à la même enseigne, quand on respire de l'air pourri, qu'on boit de l'eau qui n'est pas potable, que la forêt disparaît, donc nous sommes bien une seule et même espèce, qui, quelles que soient nos différences individuelles, est reliée par un intérêt général. Maintenant, comment traite-t-on cet intérêt général ? Eh bien depuis l'endroit où on se trouve et où on peut prendre des décisions. Voilà pourquoi aujourd'hui c'est la nation. Je suis à la fois député du peuple français, et non pas député de Marseille, parce que des fois on me dit vous êtes député de Marseille, pas du tout.
Je suis député du peuple français, élu à Marseille, et je voudrais être, j'essaye d'être député du peuple humain, c'est-à-dire chaque fois qu'un problème se pose à mon pays, j'essaye de le régler en me disant qu'est-ce qui serait bon pour tout le monde. Voilà. Je ne dis pas que j'y parviens tout le temps, mais en tout cas j'essaye.
Et voilà les grandes lignes. En tout cas le déconfinement se poursuit, les indicateurs sont au vert. Est-ce que pour vous le pire est derrière nous ? Avant de parler des conséquences économiques et sociales, est-ce que vous regardez cette séquence que nous avons traversée, qui n'est toujours pas complètement terminée au passé ?
Non, elle est loin d'être terminée. Bon, je suis comme tout le monde, je respire mieux. On avait besoin de cette respiration, en plus il fait beau de temps en temps, on se retrouve à des terrasses de café, tout le monde d'ailleurs a pu vérifier la centralité du bistrot dans la civilisation française, parce que c'est vraiment l'institution de la socialisation. J'ai dit ça avec des grands mots, enfin c'est bien agréable. Et sans trahir de secret, vous en venez d'ailleurs du bistrot. Pardon ?
Sans trahir de secret, vous en venez, vous vous dites il y a quelques minutes au bistrot en face de la maison d'Araïe.
Fermant. Alors j'ai bu un café tout à l'heure, la fois d'avant à L'Effraise, et je ne m'explique pas autrement que par cette espèce de jubilation qu'on ressent sans savoir y mettre des mots, qu'il y a eu un million et demi de personnes pour me regarder boire à L'Effraise, et j'ai dit ce sont des plaisirs simples. Eh bien, je crois que nous sommes tous amateurs de plaisirs simples. Pour le reste, je voudrais quand même qu'on ne perde pas de vue la réalité, elle est cruelle. Et tout à l'heure, j'ai lu que M. Le Maire disait il n'y a pas eu de casse sociale, enfin où est-ce qu'il vit ce gars ? Depuis le début de l'année, il y a eu mille plans sociaux, alors qu'est-ce qu'il raconte ?
Donc il faut quand même revenir dans le domaine de la réalité. La pandémie n'est pas terminée, des gens continuent à être contaminés, on annonce des variants. Donc nous ne sommes pas débarrassés de l'obligation de réfléchir.
Alors, Jean-Luc Mélenchon, manifestement le risque pris par Emmanuel Macron de déconfiner ou de lâcher un peu la bride, qui a été beaucoup critiquée à l'époque, est-ce que vous considérez que finalement c'était le bon choix ? Et deuxièmement, je voudrais savoir, pourquoi vous n'êtes pas vacciné ? Pourquoi je ne suis pas ? Oui, ça ne serait pas une précaution nécessaire.
Non, mais je m'empresse, je vois que les deux questions ont un contenu commun, mais bon, ce n'est pas mon rôle, moi, de faire des compliments au gouvernement, c'est un peu le journaliste.
Ah non, mais je sais, c'était juste, est-ce que vous pensez quoi ?
Moi, je m'occupe juste de vous dire à chaque étape ce que je crois, bien ou pas bien, ce qui pourrait être utile. J'ai essayé tout le long de dire des choses comme ça. Prenons un exemple, quand on a déconfiné et qu'on a dit aux enfants qu'il fallait qu'ils retournent à l'école, je trouve que ce qui n'a pas été fait, c'est de mettre dans toutes les salles de classe, des purificateurs d'air, qui est une machine assez simple, il y a, je crois, une dizaine d'entreprises en France qui fabriquent ça, et ça aurait été plus intelligent que de dire, il faut ouvrir la fenêtre. Vous étiez même venu nous emprunter ici même.
Et ainsi de suite, je pourrais comme ça vous dire, voilà comment je crois qu'il faudrait déconfiner. De la même manière, monsieur Macron s'est opposé absolument à la licence libre sur les vaccins, qui est le seul moyen de faire en sorte que tout le monde soit vacciné. Moi, j'ai proposé, je ne vais pas dire je tout le temps, mais ça se trouve comme ça, que dès le mois de mars, j'ai dit, mais il faut qu'on fasse la licence libre, je ne l'avais pas inventé. C'était des médecins qui disaient ça, en disant une chose qui m'a paru de bon sens, plus vous vaccinez de monde, moins vous avez de chance qu'on finisse par en sortir, à condition qu'il n'y ait pas de variant.
Alors, je pourrais continuer, vous dire, je trouve stupide qu'on n'ait pas interdits séance tenante les élevages intensifs de visons. Il y a des pays qui les ont interdits, pourquoi ? Parce que les élevages intensifs sont une source de zoonos, c'est-à-dire de passage des virus, des animaux, aux êtres humains. Et tout le monde sait ça. Il n'y a pas un seul pays qui a pris une disposition contre les élevages intensifs. Conclusion, il y aura de nouvelles vagues. Vous vous souvenez, Madame Saint-Cricq, c'est ici que j'avais expliqué qu'il y aurait une deuxième vague. Oui, oui, oui. J'en ai pris plein la tête. Bon, je m'en fiche, ça s'est trouvé que c'est comme ça.
Donc, je vous dis qu'il y aura maintenant et dorénavant des pandémies à intervalles très réguliers.
Vous pourriez vous y préparer vous-même en vous faisant vacciner ?
Oui, ça s'est trouvé que ça ne s'est pas fait, mais ce n'est pas plus que ça. Je suis pour le vaccin, je crois à la science, je sais que ça me sépare de quelques-uns, y compris de mes proches qui ont un petit recul critique à l'égard de Prométhée et du progrès technique, mais pas moi. Moi, je crois à la science. Donc, je me ferai vacciner. Il n'y a aucune intention politique de ma part. Sinon, peut-être que je ne suis pas aussi méthodique pour m'occuper de moi que je le suis pour m'occuper des autres. Françoise Fressos, puis Karine Becker.
Je voulais vous interroger sur ce que change la pandémie. Vous dites dans votre livre, au fond, le capitalisme a fait son temps et en même temps, on l'a vu quand même évoluer. On a vu, par exemple, quoi qu'il en coûte en France. On a vu une sorte de planification vaccinale qui a été faite et qui a été menée. On voit aujourd'hui l'idée d'un impôt minimal sur les sociétés multinationales et notamment sur les sociétés numériques. Donc, est-ce que vous ne pensez pas que le capitalisme est capable d'évoluer, de se transformer au regard de la crise climatique ?
Alors, je vais distinguer deux aspects à votre question qui, je crois, touchent à quelque chose de fondamental. Il est clair que nous voyons, je commence par dire ça, à la fin d'un cycle. Les décisions de M. Joe Biden, le président des États-Unis d'Amérique, donnent un point d'appui à des gens comme moi considérable, dont on ne pouvait même pas rêver il y a encore deux ou trois ans.
Quand il décide d'un impôt mondial, quand il décide de distribuer de l'argent, c'est quasiment l'argent hélicoptère, il envoie un chèque de 1400 dollars à chaque Américain, il pose des conditions incroyables à toutes les entreprises pour avoir droit à une aide et puis les types disent, ah ben c'est normal, c'est eux qui payent, donc c'est eux qui décident. Et donc tout ça, ce sont des choses que, le moment venu, et si j'en ai la responsabilité, je transposerai en France. M. Biden signe la fin d'une époque. Le pays dominant du capitalisme est en train de tourner la page du néolibéralisme.
Et ça, vous le saluez ?
Ah ben bien sûr ! Bien sûr ! C'est extraordinaire ! Attendez, on vient de passer 20 ans à ramère qu'au courant du pays symbole du capitalisme.
M. Biden signe, pardon ? M. Biden signe, pardon ? Qu'un marxiste applaudisse le président de la principale puissance capitaliste de la planète ? M. Biden signe, avouez que ça peut surprendre. M. Biden signe, pardon ?
Je ne surprend que ceux qui ne comprennent pas le marxisme. Parce que, si vous regardez bien ce que dit Karl Marx lui-même, il dit que le capitalisme est une grande force de développement. Et Lionel Jospin avait eu une très belle formule, il avait dit, oui, c'est une très grande force, mais c'est une force qui ne sait pas où elle va. Eh ben, je vais vous dire, elle ne sait toujours pas où elle va. Alors là, pour l'instant, il répare la casse. Mais le système est condamné pour une raison qui n'a rien à voir avec la morale, qui, moi, me préoccupe, mais je comprends que ça ne préoccupe pas tout le monde.
Que le système de l'exploitation de l'homme par l'homme paraît satisfaisant à certains qui pensent qu'après tout, les loups mangent les brebis, et pourquoi pas, l'homme exploitant l'homme. C'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est que le capitalisme, Mme Fressoz, pour répondre bien à votre question, est incapable d'assumer la crise qui arrive. Pourquoi ? Parce que c'est une crise qui vous oblige à raisonner à partir de l'intérêt général. Quand l'axe de la Terre, quand le tapis roulant du Gulf Stream ralentit, quand l'eau de mer monte, vous ne pouvez pas dire, ben écoutez, on s'en fout pendant ce temps-là, chacun fait ce qu'il veut et produit autant qu'il veut et ce qu'il veut.
Pardon, Mme Fressoz, mais si on continue à balancer du plastique comme avant dans la Méditerranée sous couleur de relance et de croissance, si on continue comme avant à dire à M. Mélenchon, ne nous cassez pas les pieds avec le glyphosate, parce que ce n'est pas vous qui allez arracher l'herbe, etc. Ben ça, c'est ce que nous disent, et c'est le moteur du capitalisme, c'est ça. Ce n'est pas la libre-entreprise. Si c'était que cette liberté-là, on n'en discuterait pas. C'est l'irresponsabilité sociale et écologique qui fait que le capitalisme est un système qui, à mon avis, est historiquement condamné. Il y a eu d'autres formes. Alors, avec moi, à quoi ils auront droit ?
Ben, à la planification écologique. Ce que je vais, le compromis que je ferai avec eux, c'est que je leur propose de la visibilité. Mais moi, attendez, je le dis clairement, si vous voulez la confiscation de toute la propriété, vous votez pour Lutte Ouvrière ou pour le NPA. Moi, je n'ai jamais proposé ça. Je propose une économie mixte, une société de l'entraide qui mette à son sommet de la hiérarchie des normes la coopération, l'intérêt général, et la société à laquelle je rêve, et la société de l'entraide. Voilà, en quelques mots, le projet politique que je défends. Mais j'admets qu'il y en ait d'autres qui puissent le voir d'une manière plus radicale.
Moi, je fais le pari qu'il y a moyen de moyenner et de faire un compromis, évidemment, où il faut un bon rapport de force. Et le rapport de force, c'est moi.
Mais ce capitalisme, il est capable d'être raisonné de temps en temps, puisque vous appelez ça la preuve, hier, avec cet accord qui a été passé au G7, la possibilité de taxer d'au moins 15% les grandes multinationales. Est-ce que vous, je ne sais pas comment dire, est-ce que vous saluez Jean-Luc Mélenchon ?
Je ne sais pas pourquoi vous avez absolument besoin qu'on se réjouisse.
Est-ce que c'est un premier coup porté
au paradis fiscaux ? On va voir quand ils vont le faire et comment. Le G7 est une honte en soi. Parce que, substituer aux Nations Unies un groupe de 7 pays qui décident entre eux ce que les autres vont faire, et puis ensuite, le passe au G20, qui lui-même le passe au G je ne sais pas quoi, et puis en face, vous avez le G160 qui sont tous les autres qui subissent et qui disent, mais enfin, au nom de quoi, c'est vous qui décidez. Mais, s'il y a une taxe mondiale sur le capital, attendez pas que j'aille critiquer ça, ou faire le maximaliste qui viendrait qui n'est jamais content de rien. Mais très bien, mettez la main à la poche et prenez-en l'habitude.
Parce que, dorénavant, on va vous en prendre et chaque fois un peu plus. Pourquoi ? Parce que la civilisation humaine va devoir bifurquer. Ce n'est pas un choix, c'est une obligation. elle va devoir bifurquer. Pour ça, donc, il va falloir financer de gigantesques transformations. Bon. Et donc, toute la décision publique dépend de... Hier, j'étais dans une usine dans la vallée de la Romanche. Les gars, ils font du silicium. Le silicium, peu de gens connaissent ce nom, c'est le matériau de base de l'ère moderne. Vous collez les capteurs dessus, bref, la demande va être multipliée par quatre. Cette boîte va fermer. La boîte d'à côté, pareil.
Donc, si j'étais le président de la République, compte tenu, non pas de mon intérêt pour le silicium, mais pour le fait qu'il faut qu'on puisse posséder des capteurs photovoltaïques partout pour avoir le relais de l'énergie qu'on ne pourra pas toujours transporter parce que les câbles ne seront plus là, parce que les usines, la production cessera de fonctionner, on a besoin de tout ça. Bref, je réquisitionnerai. Mais pas par idéologie, je vous le redis, parce que vous aurez besoin d'électricité. Mais vous vous êtes éloigné de la taxation des multinationales. Vous vous êtes éloigné
de la question de la taxation des multinationales et en l'occurrence des géants du numérique. Est-ce qu'il faudrait aussi trouver le moyen de taxer à 15% ou plus les très grandes entreprises françaises ?
Ce n'est pas parce qu'elles sont françaises qu'elles cessent d'être humaines. Donc elles doivent payer comme les autres. Mais après, ce qui est intéressant, c'est qu'à partir du moment où vous-même vous en parlez, c'est tant mieux, ça fait progresser l'esprit public. Les gens vont commencer à se dire « Tiens, pendant qu'on en est à faire payer tout le monde, on pourrait faire l'impôt universel que propose M. Mélenchon sur les entreprises. Donc les GAFA, comme en France, on sait exactement combien ils vendent de leurs produits. » D'accord ? On sait exactement. Pourquoi ? Parce qu'ils payent une TVA dessus. La TVA, c'est un peu plus compliqué de tricher avec ça. Donc on sait combien ?
On va les taxer. On va leur dire « Vous n'allez pas payer ce que vous avez envie de payer, vous allez payer ce que vous nous devez. Et vous nous devez plusieurs milliards. » Et je ne vais pas aller les chercher parce que, comme m'a dit quelqu'un, « Oui, oui, vous autres, vous êtes jaloux des riches, ce n'est pas le sujet. J'ai besoin de sous pour faire tourner l'économie française et qu'elle réponde aux défis de l'écologie. » Voilà, M. Badou, pourquoi je me réjouis de cette taxe qui est naturellement commencer par payer et la prochaine fois on viendra vous en mettre davantage ?
Et juste en incise, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, s'attend malgré tout à un combat très difficile au G20 et particulièrement avec la Chine. Nathalie Saint-Cricq, tu dis François ? A l'actualité française et au régional ?
Particulièrement avec la Chine, ça ne tient pas debout. Pourquoi ceux-là ? Il y a ceux-là et les autres. Personne n'est d'accord dans le monde capitaliste pour payer. Donc, il faut forcer tout le monde. Vous n'avez pas le choix. Pardon.
Jean-Luc Mélenchon, vous déplorez, enfin, j'ai cru comprendre que vous déploriez qu'il y ait une focalisation sur les problèmes de sécurité dans cette campagne régionale quand on voit quand même le nombre de féminicides ou le nombre d'adolescents qui sont tués ou agressés. Est-ce que vous ne sous-estimez pas les problèmes de sécurité et que cette sous-estimation risque de profiter au Rassemblement national ?
Jean-Luc Mélenchon. Alors, ça, c'est l'argumentaire de l'extrême droite. Nous, ceux qui sont, de mon point de vue, nous sous-estimons. Nous sommes dans le déni. À un moment donné, on m'a cassé les pieds avec islamo-gauchistes. On expliquait que la République était en danger parce que partout guettait des islamo-gauchistes qu'allait se jeter avec la complicité de Mélenchon. C'est tous les jours. Pardon, madame, j'essaie de vous répondre. C'est pas un fantasme. Oui, oui, non, mais c'est vous postuler quelque chose que vous affirmez tranquillement, à savoir que je sous-estimerai le danger. Non, on vous pose la question. Non, on vous pose la question. Est-ce que vous sous-estimez ?
Non, vous ne posez pas la question. Vous ne la posez pas, madame Le Pen. Pourtant, vous devriez. Je vais vous dire pourquoi. Elle sous-estime les questions de sécurité. Parce qu'eux n'ont aucune conscience de la réalité des tâches policières. Voyez-vous, ma principale contradiction avec les organisations policières, à part qu'elles sont factieuses, à part qu'elles menacent les juges, à part qu'elles menacent les journalistes, à part qu'elles menacent les hommes politiques, c'est qu'elles ne tiennent pas compte de la réalité du métier de policier. Et voilà pourquoi, madame Jevien, vous mettez-vous dans l'insécurité les féminicides. Ça, c'est un phénomène de première grandeur.
Et c'est la raison pour laquelle nous devrions examiner pourquoi la technique policière ne permet pas d'y faire face. Parce que dans les cas que nous avons vus, à chaque fois, la femme s'était plainte avant, sa plainte n'a pas été entendue, et on l'a laissée aux mains de son bourreau. Donc, ce qu'on va faire, ce n'est pas mettre en cause les policiers, on va mettre en cause la technique de la police qui fait que ça passe entre les gouttes.
De même, quand on fait du tam-tam toute la journée sur la difficulté du métier de policier, bon, personne ne va dire le contraire, on ne va pas dire que c'est un métier facile, ça finit par insupporter tous les autres qui disent, écoutez, pardon, mais on meurt plus dans notre métier et du bâtiment que dans la police. Ils meurent. Quatre fois moins de policiers qu'autrefois. Ça veut donc dire quoi ? que la technique s'est améliorée. Il faut donc travailler à améliorer la technique. Ça, c'est le sujet. Le sujet, ce n'est pas de s'en prendre au juge en pensant que parce qu'on va mettre des peines éternelles et infinies, ça va dissuader les gens d'intervenir. Je n'ai pas dit ça.
Voilà, je termine en vous disant que non seulement je ne suis pas dans le déni, mais je suis, avec mes amis insoumis, les seuls qui proposent un plan concernant la manière de redéployer les moyens de la police et d'une autre manière. On n'y répond pas seulement en disant il faut des policiers de plus. Pourquoi faire ? Il faut donc d'abord dire pourquoi faire ? Il faut donc d'abord dire comment le faire, avec qui le faire ? Nous avons besoin d'un plus haut niveau de formation des policiers. Nous avons besoin d'une police judiciaire plus intense. Nous avons besoin d'un renseignement pour les trafics qui comptent et dont on ne parle jamais.
Trafic d'êtres humains, trafic de drogue, trafic d'armes. Là, nous avons besoin de repenser la façon de manier la police. Et en ce moment, on perd notre temps à discuter de sujets qui n'existent pas, comme celui qu'ont posé les organisations policières qui ont obtenu l'autorisation miraculeuse de manifester devant l'Assemblée nationale pour crier leur haine de la justice le jour où on débattait d'une loi sur la justice. Ça, c'est de la perte de temps. C'est de l'opposition des Français entre eux. C'est des débats à la noix. Ceux qui croient qu'il y a un problème, ceux qui croient qu'il n'y en a pas. Tout le monde sait qu'il y a un problème de violence dans les sociétés modernes.
Est-ce qu'elle est plus intense qu'avant ? Personne n'en sait rien. On ne mesurait pas avant. Mais on sait que ça existe. Et notamment, le développement des trafics d'êtres humains et de drogue déclenche une accélération de la violence dans toutes les sociétés. Nous le savons. Moi, j'ai été voir de près dans certains pays ce que ça donne les cartels de la drogue. Chez nous, ça va commencer aussi de la même manière. Vous mettez souvent
en cause les organisations policières. Vous dénoncez les violences policières. Est-ce que vous diriez aujourd'hui que la police française n'est pas républicaine ?
Ça serait sans doute excessif parce que ce n'est pas vrai. Ce n'est pas parce que nous avons un certain nombre de gens qui se comportent mal, qui sont violents. D'autres qui ont manifestement peur. Comment expliquez-vous que 32 fois quelqu'un ait été éborgné par un tir direct sans que personne n'ait rien vu autour et soit capable de dire qu'il a fait ? Je ne dis pas pour en accuser celui qui a fait le tir. Quoi ? Qu'on est avec lui à discuter de sa responsabilité morale. Parce que je n'ai pas été d'accord pour que soit condamné le gendarme qui a fait le tir qui a tué Rémi Fraisse. Mais qui a donné l'ordre ? Qui a fait monter le ton comme ça ? Qui a dit qu'il fallait nasser ?
Les chefs sont les premiers coupables. Les chefs. Et après, vous avez le gars qui sur le terrain n'est pas capable de résister. Alors, je ne dirais pas d'abord parce qu'il y a quand même un nombre considérable de gens qui sont non seulement républicains de conviction, je veux dire, normalement, comme tout le monde, mais qui le sont de manière militante. Il y a dans la police de très nombreux insoumis. J'ai le plaisir de vous en informer et qui me renseignent et qui me disent ce qui se passe, qui me disent le rôle des organisations policières sur le déroulement des carrières, sur les affectations, sur les jours de congé. Ils ont peur. Vous seriez prêt à leur parler ?
Les organisations factuelles. Alors la police doit être fondée de la cave au grenier.
Pardon ? Vous seriez prêt à leur parler à l'ensemble des organisations policières où avec certaines il n'y a pas de possibilité de dialogue ?
Alliance pour ne pas citer que cet exemple. Non mais je pense que ça va. On sait ce qu'ils pensent. On sait ce qu'ils pensent de moi. Ils l'ont dit. Ils sont venus mettre le siège devant mon siège. Je ne vois pas très bien ce qu'on aurait à se raconter. Mais rencontrer des policiers... Vous n'avez pas abandonné
le débat à d'autres,
à vos opposants ? Je pense au Rassemblement National par exemple. Pourquoi pas ? Moi je suis prêt à parler avec tout le monde. Et notamment de tâches policières parce que je sais qu'ils n'y connaissent rien. Ils ne se sont pas vraiment intéressés, racontent des trucs qui ne tiennent pas debout. Tout le monde sait. Alors on fait semblant de trouver ça intelligent. Alors il faut rallonger les peines. Il faut être sûr qu'elles sont incompressibles. Vous avez même un gars dont vous vous demandez comment il a fait pour être le membre du parti de Jaurès qui dit que la police doit surveiller l'application des peines de justice. Mais qu'est-ce que c'est ? Mais même si vous parlez,
c'est Olivier Faure.
Oui, c'est Olivier Faure, le secrétaire national du parti prétendument socialiste. Bon, qui a dit ça ? Ça n'a plus rien à voir.
Anne Hidalgo et Yannick Jadot qui sont au rassemblement aussi sont des néo-fascistes ou des gens...
Alors je n'ai pas dit néo-fasciste ni à propos de M. Faure ni à propos de M. Jadot. C'est vous qui le dites. Je me pose la question. Vous avez parlé du syndicat Alliance tout à l'heure en disant... Non, non, mais je le précise parce qu'on ne sait jamais et les gens pourraient vous croire. Oui. Donc je n'ai pas dit ça et je ne le dirai pas parce qu'ils ne le sont pas. Je pense qu'ils ont commis une erreur extrêmement grave en cautionnant un rassemblement factieux et qu'il n'y avait pas besoin être un aigle pour le savoir. Je ne suis pas plus intelligent que la moyenne. Mais quand on m'a dit nous allons rendre un hommage aux policiers, à la policière tuée, fort bien, pourquoi pas ?
Et moi je me lève dans l'Assemblée Nationale chaque fois qu'on me demande de faire un hommage pour un policier, c'est-à-dire à peu près chaque fois que ça se produit, ce qu'on ne fait pour aucune autre corporation ni pompier, ni infirmier parce que quand on a demandé une minute de silence ou de se lever pour les infirmières, on nous a refusé la chose. Donc je sais de quoi je vous parle. Alors donc ces gens viennent et il faut faire comme moi. Vous regardez ce qu'ils marquent dans leur tract. Et dans leur tract, ils n'étaient pas marqués hommage aux policiers. Il y était la justice, il doit rendre des comptes. Et après ils se sont déchaînés.
Il faut avoir un peu d'expérience humaine pour savoir que des fois dans un meeting, il arrive qu'on en dise plus que ce qui est raisonnable. Et ce n'est pas moi qui vais vous dire le contraire. On peut se laisser reporter. Donc quand on voyait de quoi ils partaient, la justice doit rendre des comptes. Il ne faut pas s'étonner qu'en cours de route, ils aient dit si nous avons un bon rapport de force, on va passer au-delà de la constitution et de la loi. La totale. Dans quel pays on accepte une chose pareille ?
Mais quand on vous écoute parler, on se dit qu'effectivement les thèmes de la sécurité, les thèmes de l'identité sont très présents en ce moment dans le climat du pays. En sept mois de campagne, quels sont les thèmes que vous avez réussi à imposer ?
Ah, écoutez, je pourrais... Pour gagner, il faut réussir à imposer ces thèmes. Non mais ça, madame, chacun fait comme il veut pour gagner. Et moi, je ne ferai pas comme ça. D'accord ? Je ne surferai pas sur les délires, sur l'identité qui n'ont aucun sens, aucun, zéro. N'importe qui qui a fait 5 minutes d'études en classe de terminale sait que ça n'a pas de sens.
Mais allons-y, parlons-en, puisque deux chaînes qui sont devenues, elles, maintenant, des espèces de déversoirs de la boue d'extrême droite, ils passent leur journée entière accompagnés de toutes sortes d'illuminés qui viennent là du matin au soir, dont personne n'interroge la compétence pour parler de sociologie, d'anthropologie, etc. Mais ils ont un avis sur tous ces gens-là et toujours le même avis ethnicistes, confessionnels et compagnie. Alors, pardon, je veux juste faire une parenthèse pour me moquer de tous ceux qui sont venus me saouler avec la laïcité toute l'année là avec cette loi sur le séparatisme. Et alors, qu'est-ce qu'ils font ?
Une fois qu'ils ont fini leur petit show d'extrême droite, qu'ils ont fini d'insulter les musulmans pendant des heures à l'Assemblée nationale, au détour d'un projet de loi de finances, ils votent un arrangement avec les religions qui passe. Si vous donnez des sous à une religion, jusqu'à présent, c'était 60% qui étaient retirés de vos impôts, ce qui est déjà un problème, mais maintenant, c'est 70%. Alors, je salue l'Église catholique, je ne sais pas si c'est elle qui a passé pour faire la quête, mais elle, elle va gagner 67 millions dans cette histoire. Et alors, où sont passés tous ceux qui me faisaient des leçons de laïcité ? Où ils sont à cette heure ?
C'est pour vous dire, madame, que les thèmes qu'ils inventent n'ont aucune consistance dans leur propre esprit. Alors, oui, nous parlerons de thèmes de sécurité, s'ils veulent qu'on parle de sécurité, je me permets de rappeler que j'ai commencé ma saison par ça, en septembre dernier, un colloque sur la sécurité. Mais bon, voilà, je n'ai pas l'intention d'en faire davantage. Ce n'est pas pour moi le sujet central de l'élection. Le sujet central de l'élection, c'est qu'est-ce qu'on va faire face à l'aggravation brutale de la crise écologique, l'ère d'incertitude écologique dans laquelle on rentre ?
Et deuxièmement, qu'est-ce qu'on va faire par rapport à la catastrophe sociale qui s'avance, nonobstant les déclarations lénifiantes de M. Le Maire ? Ça, c'est des vrais sujets. Est-ce que vous aurez un boulot ? Est-ce que vous aurez un toit sur la tête ? Est-ce que quand vous allez ouvrir le robinet, il y a encore de l'eau ? Pas de savoir, c'est la couleur de peau du voisin et de la religion de la voisine du dessus. Enfin, tout ça est absurde. Ce peuple se traîne dans un débat qui n'a pas de sens. Françoise Fresseuse.
Est-ce que vous diriez aujourd'hui qu'il y a deux gauches irréconciliables face au problème du régalien et de la sécurité ?
Jean-Luc Mélenchon. D'abord, qu'est-ce que ça veut dire la gauche aujourd'hui ? Personne n'en sait rien. Si vous demandez...
Vous êtes encore à gauche ou pas ?
Moi, je suis un homme de gauche. Je viens de la gauche, j'ai passé toute ma vie. Et puis mes idéaux, tout le monde le voit bien. Mais moi, je ne demande pas qu'on me juge là-dessus. Je demande qu'on me juge sur ce que je propose. Et puis après, si les gens de droite trouvent que ce que je dis est bien, ils peuvent voter pour moi. Et s'il y a des gens de gauche qui trouvent que ce que je dis n'est pas bien, ils peuvent aller voter pour la droite. Voilà. Donc, ça c'est simple pour moi. Ce n'est pas la question vraiment qui est posée. Dans votre question, comme souvent, il y en a deux. La première, c'est est-ce qu'il y a deux camps irréconciliables ? On a l'impression.
Oui, oui, mais je vous comprends. Sur la question de la sécurité, mais commençons d'abord par cette formule, que nous sommes séparés par des oppositions sérieuses et qu'on ne peut pas aligner. Nous ne sommes pas d'accord sur l'Europe, nous ne sommes pas d'accord sur le nucléaire, je ne vais pas faire toute la liste. Et la Sixième République, puisque moi, je propose de me faire élire, de passer à la Sixième République et d'aller jeter les clés de l'Élysée dans la Seine. Comme j'ai dit que j'allais le faire, je le ferai. Donc, pas d'héronisme,
il y a des sujets... Alors après,
que se passe-t-il ? Pour gagner, il faut une majorité. Pour avoir une majorité, il faut que se réalise dans les urnes c'est-à-dire tous les gens qui sont d'accord avec un programme comme rétablir l'ISF, augmenter le SMIC, etc., etc., qui fait une écrasante majorité des Français. Donc, il faut que dans un vote commun se réalise l'Union Populaire. C'est là que l'union de la gauche ou de ce qui est appelé la gauche fait obstacle à l'union populaire. Que voulez-vous que je vous dise ? Après la manif du 19 mai, le premier hashtag en tête, la manif des policiers factieux, le premier hashtag en tête, c'était plus jamais PS. Comment voulez-vous que j'arrive ?
J'essaye de vous faire comprendre que si je me sautais dans les bras de M. Valls ou de M. Hollande, tout le monde dirait que ceux-là sont des hypocrites. Ce n'est pas vrai. Ils ne peuvent pas nous blairer. C'est vrai. Nous sommes en désaccord sur tout. Donc, si vous voulez, il y a la deux gauches qui ne sont pas compatibles à un premier tour, mais dans un deuxième tour d'élection, puisqu'on vit dans ce monde-là, on ne va pas parler du monde idéal, il faut qu'il y ait un vote commun. Alors, il y aura un vote commun, si je suis en tête, pour l'instant, c'est moi qui suis en tête, du simple au double.
Je me permets juste de le dire parce qu'on ne le dit jamais qu'à gauche, pour l'instant, dans ce qui est considéré comme la gauche, il y a Mélenchon, 12, 13, et puis il y a les autres, 6, 6.
Et la fracture passe même avec le Parti communiste, s'il n'y a pas qu'avec François Hollande, Olivier Faure et les autres. Évidemment, non,
mais le Parti communiste, c'est un cas à part. Ce sont des alliés, des amis, des camarades, depuis 2010, on a commencé ensemble quelque chose d'extraordinaire. Ils ont décidé, enfin, ils ont décidé dans leur structure dirigeante, c'est leur choix, qu'est-ce que voulez-vous que je vous dise ? Je ne vais pas les jeter de l'huile sur le feu, c'est un cracœur pour moi. Mais c'est un cracœur pour vous. Mais pour moi,
vous allez marcher en commun, comme vous le dites, vous le rappelez, et là, ils disent non, on ne veut plus de Mélenchon.
Je ne sais pas s'ils disent on ne veut plus de Mélenchon, moi, ce n'est pas ça que j'ai compris, c'est vous qui êtes cruel avec moi. Ils disent qu'ils veulent à tout prix avoir un communiste. Alors, bon, pour le Parti communiste, c'est leur affaire, ils ont bien le droit quand même. Je leur demande de réfléchir si le communisme est une étiquette ou un contenu. Et si le communisme est l'objectif d'une élection ou d'une révolution et quand il compte la faire. le Parti communiste, ce n'est même pas la révolution socialiste qui est annoncée, c'est la révolution citoyenne. La révolution citoyenne, c'est un thème que nous avons mis en commun en 2016 et en 2012.
Donc, je pense que nous nous retrouvons sur l'essentiel. Mais encore une fois, vous ne me ferez rien dire contre les communistes. Je me suis engueulé avec eux tant et plus. Mais ce sont mes camarades. C'est avec eux que j'ai construit tout ça. Ça leur appartient autant que moi. Et vous savez, je finirai. Pas eux.
On ne veut pas vous faire dire du mal.
Nathalie Sacréquin.
Simplement, probablement, ce que Françoise voulait dire, je n'ai pas besoin de la traduire, c'est qu'on a l'impression qu'en ce moment, vous vous en prenez presque plus à des gens qui ont toujours été à peu près vos alliés à gauche. Vous tapez beaucoup sur les verts en disant, je vous cite, que finalement, ils ont un avenir dès qu'on ne les a pas vus à l'œuvre. Peut-être que vous faites allusion au maire, à ce qui s'est passé à Strasbourg, Bordeaux ou Poitiers et les polémiques qui sont nés de là. Vous tapez également sur les socialistes. On a l'impression quand même que c'est votre première cible et ça peut sembler étonnant si vous considérez qu'il faut se rassembler au deuxième tour.
Par ailleurs, deuxième question est très rapide. Attendez, c'est là,
déjà celle-là est un tissu de mensonge. Non, non, non, c'est une question. C'est une question. C'est une question. Vous commencez par dire des choses. Pardon, Mme Saint-Cricq, mais vous n'êtes pas sérieux. Jean-Luc Mélenchon, vous n'êtes pas sérieux. Jean-Luc Mélenchon. Vous ne traitez pas. Essayez de comprendre ce que je dis. Vous dites, vous tapez d'abord sur... Mais qu'est-ce que vous racontez ? Jean-Luc Mélenchon, écoutez-moi, madame Jean-Luc Mélenchon, est-ce que vous permettez qu'on conteste votre brillante pensée ? Alors, Jean-Luc Mélenchon, j'ai proposé et nous avons... Écoutez, alors on peut répondre ou pas ? Non, non, mais j'arbitre le débat. Ali Badou, bien. Mais j'aimerais juste
vous ramener à la paix. Nous ne sommes pas des opposants. Nous ne sommes pas des ennemis. Nous vous posons des questions. Vous pouvez en discuter les termes et y répondre. Voilà. Mais ce que fait la République, si non plus, ne le prenez pas mal. J'ai le droit de dire
qu'une affirmation est inexacte ou je n'ai pas le droit. Non, mais si vous me le dites, je ne le dirai plus. Si vous me dites, sur ce plateau, il est interdit de dire qu'un journaliste raconte des choses qui ne sont pas vraies. Je ne le dirai plus. Donc, madame Sainte-Crie, vous avez parfaitement raison de dire que la France Insoumise a proposé à tous les partis dits de gauche une alliance dès le premier tour. Parce que dans les questions régionales ne sont pas incluses nos divergences nationales. Et qu'en réponse à cela, personne n'en a voulu. Ce qui est une manière, comme vous en conviendrez, de accabler les autres formations puisque je leur propose l'union.
De même, je les ai accablées en proposant, nous les premiers insoumis, de faire une liste commune dans le Nord. Sous direction vert parce que les verts ne supportent qu'eux comme tête de liste. Nous avons fait pareil dans PACA. Et en PACA, ils nous ont tout simplement jeté dehors en disant au pot de vous. Voilà. Donc, vous voyez que si vous dites avec beaucoup de subtilité que je tape les autres, vous voudrez bien admettre que dans les faits, ce sont les autres qui ont toujours refusé le rassemblement sur des bases sur lesquelles il était possible de le faire. Mon adversaire, ce ne sont pas les gens qui sont à la moitié du nombre de voix que je suis censé réunir dans les sondages.
Mon adversaire, c'est la droite. Et l'extrême droite, parce que, je vais vous dire, le macronisme et l'extrême droite, qui sont deux variantes d'une même obsession identitaire et financière. Et ça, c'est grave, parce que le pays est en train de rouler à l'abîme. Mon problème, ce n'est pas Olivier Faure, ce n'est pas M. Jadot, c'est ce qu'est en train de faire M. Macron quand il a commencé à dire que Pétain était un grand stratège, que Maurras était un brillant intellectuel, alors que ce sont deux antisémites traites à la patrie.
C'est Mme Le Pen que, par un concours de circonstances, l'ensemble de la sphère médiatique a dédiabolisé, pendant qu'on me diabolisait, démois à mort, et qui, maintenant, est aux portes du pouvoir. Et qu'est-ce qu'on fait à ce moment-là ? On vient encore trier dans mes cheveux pour savoir s'il n'y a pas ici ou là une raison de prendre des accords avec les autres. Parce que, pour le coup, vous parlez d'une même obsession,
celle du macronisme et du rassemblement national, et lorsque vous parlez de Marine Le Pen aux portes du pouvoir, c'est comme ça que vous percevez la situation politique.
Mais c'est ce que tout le monde voit. Quand je dis une obsession commune, je vous rappelle que nous avons vu sur le plateau de France 2, on était en plein débat sur le séparatisme, qu'est-ce qu'on a mis en scène ? Une opposition, soi-disant, entre M. Darmanin et Mme Le Pen, comme si c'était ça le débat en France, et que ça s'est terminé par M. Darmanin en disant à Mme Le Pen, vous êtes trop molle, et elle lui disant j'aurais pu signer votre livre. Donc ça montre, pardon, je ne crois pas solliciter trop les faits, en disant que les deux ont pointé plus que des accointances. On en était au niveau des surenchères. Pendant ce temps-là, j'étais chez M.
Hanouna où l'on me donnait la parole pour expliquer le contraire de ce que racontaient ces gens.
Mais c'était pour parler de la situation et des rapports de force politique. François Fressos et puis votre portrait par Karine Becker, avec Mélenchon.
C'est juste votre regard sur... Ah, ça va être cruel, le portrait, je sens ça. Mais votre regard sur ce qui s'est passé
sous ce quinquennat. Mais il n'y a pas peur.
Mais non, mais j'essaye.
Vous étiez, souvenez-vous, vous étiez en 2017, vous revendiquiez le fait de vouloir devenir le premier opposant à Macron. Là, la réalité, c'est que c'est Marine Le Pen qui l'est resté. Qu'est-ce qui s'est passé durant ce quinquennat pour que vous échouiez alors que vous aviez fait la question sociale dans les premiers de vos revendications ?
Mais vous savez, Mme Fressos, d'abord, je n'ai rien revendiqué du tout, certainement pas, le concours à ce podium absurde qu'ont inventé, je sais qui, pour dire le premier opposant, le deuxième, enfin. Alors maintenant...
C'est vous qui l'aviez revendiqué.
Non, non, non, non. J'ai dit que j'étais un opposant, mais je n'ai pas réclamé la première place. Pourquoi ? Parce que je suis instruit par l'histoire. Vous savez, Mme Fressos, sur deux siècles, on a gagné... Que compte-t-on ! On a gagné trois, quatre, cinq fois. Donc, ma famille politique est habituée à ramer beaucoup et à être une sorte de présence qui maintient un autre idéal en face d'une société de brutalité, d'exploitation. Nous, on représente l'autre camp. Ceux qui disent « Ben non, il faut partager. Ben non, il faut avoir le souci des autres. Alors maintenant, on y rajoute le souci des animaux. » Bref.
Donc, je suis assez expérimenté sur le plan historique pour savoir que, comme disait Jaurès, il faut agir sans se demander si on sera récompensé. Et Jaurès rajoute en disant « On ne sait pas
pas si on ne récompense. » Qu'est-ce qui fait qu'au fond, Marine Le Pen a conforté alors qu'elle avait fait un débat désastreux en 2017 ?
Je ne peux pas vous répondre, Mme Fressos, parce que vous allez mal le prendre. Dites. Alors, je ne voudrais pas vous vexer. On est dimanche. Ça m'ennuierait beaucoup. Et s'il passait que M. Macron a gagné avec l'appui de toute l'oligarchie française qui possède 90% des médias et qu'ensuite il y a eu une vaste opération de dédiabolisation de Mme Le Pen et de banalisation des thèmes qu'elle porte qui continuent tous les jours sur certaines chaînes d'information en continu.
Quand du matin au soir, si, au lieu de parler ce qui a son importance de tel ou tel fait divers, obéter par exemple en avant les 170 employés du bâtiment qui meurent, en se disant mais comment se fait-il que le travail tue ? Si on mettait les pompiers, etc. Peut-être que vous verriez alors toute la France se dire mais bon sang, il y a un problème social dans ce pays. Si vous montriez les 300 000 personnes qui n'ont plus d'eau ou les 200 000 qui n'ont plus d'électricité ou les 200 000 les milliers qu'on se prépare à mettre dehors, alors à ce moment-là vous verriez tout le pays qui dirait mais enfin qu'est-ce qui se passe dans ce pays ? On est si riche.
Mais la responsabilité médiatique n'est pas déterminante en dernière instance pour expliquer la situation politique.
Mais ne dis pas des choses qui ne sont pas, monsieur. Non mais je vous pose une question. Ah bon c'est une question. J'ai mis à prendre interrogation à la fin. Moi j'ai cru que c'est une affirmation alors donc je retire, je retire. Mais je vais vous dire depuis que l'homme est homme, les êtres humains, eh bien les représentations, le discours structurent la pensée. Par exemple dans les grottes de Lascaux ça structurait quelque chose. On ne sait pas quoi mais ça le structurait. Et donc depuis toujours par exemple pendant des siècles le prêche du dimanche structurait la pensée des gens qui étaient là qui avaient la foi et qui écoutaient les consignes politiques.
Donc aujourd'hui on regarde la télé et du matin au soir et d'éviter un discours de moins en avant et qu'il n'y a rien au-dessus de la propriété privée. Avec les réseaux sociaux vous savez très bien. Il n'y a rien au-dessus de la flexibilité et que le vrai problème de tous les jours c'est l'islamo-gauchisme. Non. Alors après étonnez-vous qu'il y a des gens qui finissent par le soir.
Mais attendez les réseaux sociaux sont quelquefois et d'ailleurs vous les utilisez largement. Vous savez très bien qu'il n'y a plus la messe du 20h et que quand les journalistes disent quelque chose les gens obéissent. Ça n'a jamais été le cas.
Non. Non ça n'a pas été le cas mais pas grâce à vous. C'est grâce au travail militant qui a été fait. Mais quand vous dites les gens mais jamais les gens n'ont écouté et mis aux ordres c'est pas comme ça que ça se passe. La domination ne se crée pas de cette manière-là. Il n'y a que vous pour croire ça. On n'est pas dans une rédaction où on donne des ordres. On est dans une société où vous avez de la pub partout qui vous donne des conseils pour être beau pour être intelligent pour être ceci pour être cela. Ah le grand problème aujourd'hui comme vous l'avez dit tout à l'heure sauf si vous êtes dans le déni. Le vrai problème c'est la sécurité.
Oubliez madame, monsieur vous n'avez plus de sous pour payer votre appartement. Oubliez que vous n'avez plus de boulot. Oubliez que votre pays est en train de dévaler la pente.
Vous décrivez la fabrication de l'idéologie dominante mais on peut aussi penser qu'un citoyen n'est pas passif et forcément passif devant son écran et qu'on a une capacité critique et c'est ce qui fait que l'on peut par exemple échanger et qu'on peut aussi du coup se faire une idée. Et puis en plus je vais vous dire une chose
M. Badou je m'incline moi je ne suis pas un démocrate les jours de fête ou les jours où je gagne parce que comme on perd le plus souvent le plus difficile en démocratie c'est d'accepter de perdre alors pour ça c'est nous les records bon donc je m'incline si les français veulent maltraiter les musulmans du pays montrer du doigt les pauvres dire des chômeurs qui sont responsables de leur chômage et bien ils n'ont qu'à voter pour M. Macron et Mme Le Pen mais s'ils se disent bon sang il y a peut-être moyen de faire autrement alors ils votent pour moi.
Le président du groupe France Insoumise à l'Assemblée Nationale et député des Bouches du Rhône Jean-Luc Mélenchon est l'invité de Questions Politiques jusqu'à 13h
France Inter Ali Badou Questions Politiques
Vous allez pouvoir souffler Jean-Luc Mélenchon Karine Bécard a préparé votre portrait
Je vais recevoir une pure giclée Mais non mais non j'essaie de vous impressionner avant le passage à l'acte
Alors ce n'est pas si facile de condenser 44 ans d'un parcours politique vous en conviendra
Ah non je ne vous permets pas 50 j'ai commencé à 15 ans dans les années 70 donc ne réduisez pas mes mérites je vous prie
Je suis le casque bleu de cette émission respectez les règles Karine fait son portrait En plus c'est nul en calcul mental 40 plus 50 ça ne fait pas 70 Et vous pourrez y répondre vous aurez toute liberté Non je ne réponds pas c'est trop bien
Alors j'avais noté 44 ans parce que pour moi tout avait commencé pour vous Jean-Luc Mélenchon à seulement 26 ans quand vous vous décidez d'adhérer au PS c'était en 1977
Mais j'étais trop triste avant j'étais enfant de cœur j'ai misé à l'âge de 15 ans
Redoutable endurance de toute façon pour celui qui a dont on a souvent oublié qu'il avait été sénateur vous l'êtes resté pendant presque 20 ans pourtant ministre aussi certes beaucoup moins longtemps ministre à l'enseignement professionnel nommé par Lionel Jospin l'ancien copain le trotskiste l'ambertiste exactement comme vous Alors fallait-il à 66 ans que vous vous lanciez dans un mandat de député au printemps 2017 après votre deuxième campagne présidentielle vous étiez assez tenté de rester au-dessus de la mêlée et puis vos troupes vous ont un peu poussé et vous vous êtes laissé tenté C'est un moment très important pour moi parce qu'une élection comme celle-là on y met beaucoup de choses et bon quand que Marseille
ait dit oui et avec autant de force c'est un événement pour moi dans ma vie politique et dans ma vie affective et l'homme que je suis voilà ici je suis chez moi quand même ça y est que c'est vous ? Ah ben me voilà marseillais non ?
Élu à Marseille précisément là où le jeune pied noir que vous étiez a débarqué quand vous avez quitté le Maroc où vous avez passé vos 11 premières années bref important Marseille mais il était surtout important pour vous l'insoumis Mélenchon de vous afficher comme le premier opposant à Emmanuel Macron et c'est ce qui s'est médiatiquement passé dès votre arrivée à l'Assemblée dès les premiers textes qui ont été votés face au jeune président libéral vous êtes apparu comme l'inépuisable défenseur social le 23 septembre prochain il faut que le peuple défaire la Paris contre le coup d'état social contre le coup d'état antidémocratique qui s'organise contre lui sauf que cela n'a pas du tout marché la déferlante la fête à Macron les appels à manifester vous n'êtes jamais parvenu Jean-Luc Mélenchon à massivement mobiliser vous y avez mis beaucoup d'énergie mais les français ne vous ont pas suivi voilà comment vous avez perdu au milieu du quinquennat votre statut d'opposant dominant ce qui ne vous empêche pas de rester un tribun flamboyant mâchoire serrée vous êtes un des rares encore capables d'enflammer l'Assemblée mais jamais le bruit et la fureur de vos 17 députés n'ont permis de faire reculer vraiment ce gouvernement alors qu'allez-vous faire maintenant Jean-Luc Mélenchon vous vous êtes lancé à bientôt 70 ans dans une troisième campagne présidentielle en tacticien ce qui est très mitterrandien vous placez le président Macron définitivement à droite de l'échiquier politique il n'empêche que vous le vouliez ou non les français majoritairement le perçoivent toujours comme un progressiste
réaction Jean-Luc Mélenchon c'est toujours sympa d'écouter un portrait sur quoi me suis-je trompé sur pas mal de choses comme tout être humain mais oui notamment dans ma relation à Marseille je ne savais pas bien par rapport à Marseille ce que je pourrais faire finalement j'ai fait le plus raisonnable j'ai fait le président de groupe et je ne me suis pas mené de la vie politique locale ou très peu parce qu'ils vivent sans moi ils n'ont pas besoin de moi et j'ai presque l'impression qu'ils me l'ont dit donc je suis le dernier arrivé je me tiens tranquille pour le reste à l'assemblée je fais mon boulot d'opposant et de président de groupe ça a été pour moi un moment de bonheur que vous n'imaginez pas parce que ma vie politique est longue et j'ai dû attendre longtemps d'être récompensé par la possibilité d'agir en meute à 17 bon ce sont des gens flamboyants et je suis certain que dorénavant la force politique que nous avons affrontée est pérenne avec des femmes et des hommes d'une puissance formidable quant à moi bon bah j'ai affronté un adversaire il ne faut pas regarder que mes talents il faut aussi regarder ceux de l'adversaire il a été plus fort que moi par exemple quand il fait son coup d'état social il renverse tout le code du travail il ne se passe rien il n'y a que moi pour avec le groupe des insoumis protester appeler à une marche on a même fait une marche et alors assez habilement tout un système s'est mis en place pour dire ah Mélenchon non seulement il va être le chef de la gauche mais en plus des syndicats et il y a eu des dirigeants syndicalistes assez ballots pour tomber dans le piège et dire oui oui c'est nous qui nous en occupons ils s'en sont d'ailleurs occupés avec le brio qu'on a pu voir c'est à dire que tout est passé alors en effet c'est un échec j'en ai tiré une leçon il faut une convergence des forces politiques et sociales et c'est le cas de ce que ici même j'ai essayé de bâtir la dernière fois que vous m'avez invité je vous ai dit je voudrais une grande marche pour les libertés je voudrais qu'on se mobilise et des gens ont pris l'idée au vol notamment pour ce qui concerne les insoumis mais il n'est pas le seul Eric Coquerel le député de Saint-Saint-Denis c'est prévu pour la semaine prochaine qui a réussi une chose extraordinaire c'est que avec les autres 92 organisations il y a déjà plus de 60 manifestations prévues que voulez-vous que je vous dise il faut recommencer et toujours recommencer et puis un jour ou l'autre les circonstances finissent par rejoindre votre projet et alors l'histoire s'écrit mais je ne serai pas le premier à être dans cette situation regardez bien tous ceux qui ont fait des grandes choses ont souvent commencé par un long chemin pénible à mener et sont arrivés couverts de cicatrices pour ce qui est des cicatrices je suis bien placé
en l'occurrence est-ce que vous pensez que la mobilisation sera là lorsque le gouvernement comme il l'a prévu reprendra ses réformes il y a les plans de relance évidemment mais il y aura aussi à un moment la fin du quoi qu'il en coûte l'état Providence qui a protégé beaucoup de français peut-être pas assez mais qui en a protégé beaucoup qui a aidé des entreprises à traverser la crise ce temps-là va peut-être arriver à un terme il y a le projet sur les retraites qui va être discuté il y a la question de la réforme de l'assurance maladie vous pensez que la mobilisation sociale est à venir
je ne sais pas j'ai assez vécu pour avoir entendu annoncer je ne sais combien de printemps chauds et de rentrées encore plus chaudes et qui ne se sont pas produits donc je me contente d'essayer et puis après advienne que pourra si ils en veulent ça se fera s'ils en veulent pas ça se fera pas ce qui est certain c'est que vous inquiétez pas on va arriver un jour ou l'autre à parler d'autre chose que de musulmans et de sécurité et on finira par parler de la politique de monsieur Macron et on dira qu'il a signé un papier qui est son programme pour la fin de son mandat et le suivant il a signé un papier il a écrit à la commission européenne oui nous allons revenir au 3% de déficit oui nous n'aurons pas plus de vous avez vu le papier etc il a signé le papier le plan d'austérité le plus terrible dont on n'ait jamais entendu parler en France
donc il y aura une réforme des retraites alors
la réforme des retraites il a déjà signé trois fois pour ça donc il va la faire peut-être pas juste là mais il se dit je vais peut-être essayer le coup d'après comme ça ça fera bien et j'aurai un argument bon alors les gens choisiront en connaissance de cause et d'ailleurs lui il est moins un BA que beaucoup de ses commentateurs parce qu'il a dit dans le lot il est allé à peu près à 50 km de l'endroit où j'étais la semaine d'avant et il a dit j'aurais des décisions difficiles peut-être que je pourrais pas me représenter par pitié représentez-vous parce que lui on aura de quoi dire si on nous en ramène encore un autre par pitié
représentez-vous mais écoutez
moi j'espère qu'il se présente parce que celui-là il aura un bilan il pourra dire ben voilà ce que vous êtes capable de faire et puis voilà ce que vous avez prévu de faire tandis que sinon on nous en sort un autre du chapeau un autre petit Macron qui est là bon tous les autres sont allés souffler dans les voiles pour parler des voiles et puis bon tout d'un coup ça vous fait un type on sait pas qui c'est pouf mais vous pensez à qui ? vous pensez à qui ?
ben je le sais pas mais c'est le système qu'il invente la dernière fois Macron il arrive au dernier moment là ils vont peut-être en trouver un autre mais à chaque fois ils en trouvent un dans tous les pays du monde parce que voyez-vous la différence avec d'autres c'est qu'ils voyagent et je regarde dans tous les pays du monde on a élu des petits Macron il s'appelait Macri en Argentine c'était un comédien en Uruguay c'était en Ukraine un type qui jouait dans une série de télévision dans tous les pays du monde ils ont inventé un type comme ça qui sortait de rien et qui était porté par un système oligarchique et bien nous aurons ils sont capables de refaire tout le monde sait en ce moment il y a des gens qui disent Mélenchon pense que moi ben oui bien sûr on les a vus à l'heure de même que vous verrez pardon je termine là-dessus vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle nous aurons un grave incident alors ça a été ou un meurtre ça a été Mérat en 2012 ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées vous vous rappelez de tout ça c'était la dernière semaine avant on avait eu Papy Voise dont plus personne n'a jamais entendu parler après donc tout ça c'est écrit d'avance nous aurons le petit personnage sorti du chapeau nous aurons l'événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d'inventer une guerre civile voilà c'est bateau tout ça il reste très peu de temps
une question parce qu'il y a le débat sur le front républicain est-il mort c'est-à-dire qu'on entend depuis 15 jours des gens qui disent finalement ça n'a pas de sens je voulais savoir un si vous considériez effectivement qu'il était mort c'est-à-dire qu'il n'y a plus de barrage au Rassemblement National et deuxièmement et j'ai été interpellé par l'interview de Clémentine Autain au point qui dit Macron ressemble à Deladier il est devenu une passerelle vers le néofascisme laissant entendre en gros que Macron Le Pen tout ça c'était la même bande
alors c'est une interview très brillante parce que Clémentine Autain est quelqu'un de de très brillant qui a appuyé sur une une culture historique qui lui permet de parler et de dire des choses en voyant des relations je pense qu'elle se elle se réfère à un livre qu'elle m'a recommandé qui nous a impressionné tous les deux c'est celui qui s'appelle ah qui raconte que 1938 est en train de se reproduire et j'en demande pardon au philosophe qu'il a écrit je me rappelle
Michael Fessel le livre c'est récidive voilà
c'est un excellent bouquin et Clémentine me l'a recommandé à plusieurs reprises j'ai commencé à le lire et voilà ce qu'elle veut dire en effet il y a un glissement c'est toujours la même chose ces gens là se croient plus malins que tout le monde ils disent oui ben moi je vais récupérer l'électorat fasciste en parlant comme eux et à la fin ben non ils récupèrent rien du tout et c'est la
non mais la comparaison avec Daladier et le chef du gouvernement qui a signé les accords de Munich c'est une comparaison audacieuse on n'est pas loin du point Godwin
oui le point Godwin pour que les gens qui le savent pas c'est la manière de Kuhlbeck à tous ceux qui veulent comparer la situation d'aujourd'hui avec celle des années 30 alors on dit ça fait comme ça fait chic les gens le temps qu'ils réfléchissent à qui peut bien être ce Godwin et qu'est-ce qu'ils veulent
Godwin est un avocat et il dit on tue la conversation quand on compare quelqu'un à Éclair
faire une comparaison sans avoir à subir les foudres de la cléricature
non mais la question c'était quand même le front républicain non mais attendez
il m'évoque Daladier Daladier était un homme qui avait une posture dans la société française qui passait pour un iraculé de la politique un petit génie il a fini comme un collabo et il a été fusillé ou je ne sais pas quoi mais en tout cas il le méritait on lui a piqué sa flotte d'ailleurs non mais bon on ne peut pas y passer non plus non mais c'est vous qui m'avez interrogé
est-ce que c'est Macron Le Pen même combat on n'en veut pas le front républicain d'abord
acceptez de vous faire à l'idée que nous sommes plus subtils que les caricatures que vous faites je ne fais pas ça c'est parce qu'on n'a pas beaucoup de temps pour reposer la question nous ne disons pas que c'est la même chose et Clémentine Autain ne dit pas ça elle dit qu'il fonctionne comme une passerelle j'aurais aimé vous entendre dire quelque chose à propos de cette interview dans l'Express où un président de la république française qui est une république rescapée de la collaboration et de la défaite des nazis à oser dire que Philippe Pétain était un grand stratège il parlait du Pétain de la guerre de 14 et Maurras un grand intellectuel ce sont deux traîtres à la patrie et oui mais c'est le président de la république qui l'a fait il y a des choses qu'on ne dit pas quand on est français on ne le dit pas quand on est président de la république que Pétain était un grand stratège non c'est un traître
point final sur le front républicain c'est quoi le rapport avec Pétain
mais alors écoutez vous m'avez interrogé sur le sens des propos de Clémentine Autain je vous dis qu'elle a décrit un processus et qu'elle a raison de le faire parce que c'est ça que nous avons sous les yeux si vous avez suivi je suis sûr que vous l'avez fait le débat à l'Assemblée Nationale sur le séparatisme vous avez entendu pendant 10 jours agonir d'un jour les musulmans sans que aucune de ces grandes personnes n'ait dit maintenant ça suffit on arrête au contraire sur votre plateau et à votre invitation quelqu'un est venu dire à madame Le Pen vous êtes trop molle
en 2002
on va terminer on ne parle jamais de Macron ici
on ne parle jamais de Macron je trouve qu'on en a parlé je ne me rends pas compte le temps passe tellement en 2002 et d'ailleurs l'émission se termine dans une minute une minute et oui le temps passe vite Jean-Luc Mélenchon votre compagnie donc très rapidement et du coup une réponse rapide de Jean-Luc Mélenchon
en 2002 face à Lionel Jospin enfin Lionel Jospin père et vous aviez clairement appelé au Front Républicain à voter pour Jacques Chirac vous ferez la même chose ou pas
est-ce que le Front Républicain n'existe plus non mais je préfère le dire vous avez raison de me poser la question je ferai comme la dernière fois la dernière fois j'ai dit il ne faut pas voter pour l'extrême droite c'est compliqué deux candidats il ne faut pas voter pour l'un il faut quand même réfléchir alors bon ben voilà vous avez répondu la question attendez j'ai fait autre chose parce qu'à chaque fois on me dit vous ne l'avez pas voulu trancher ce n'est pas vrai nous avons ouvert un site et on a dit à nos amis votez abstention Macron l'un ou l'autre alors il y en a qui ont été votés Mélenchon pourquoi j'ai fait ça ?
parce qu'aucune consigne n'aurait été suivie je veux bien mourir pour vous mais pas tant que ça donc je dirai la prochaine fois si c'est le cas et ce ne sera pas le cas parce que c'est moi qui le ferai et comme ça la question sera réglée mais l'émission c'est terminé et bien voilà si la question se pose là pour les régionales nous dirons aux gens méritez les votes du deuxième tour et nous dirons à nos amis à votre avis que comptez-vous faire mais ne me demandez pas d'aller appeler à voter pour des gens qui ensuite vont nous arracher les cheveux et la peau non je ne le ferai pas et nous sommes libres libres mais oui tous moi j'ai été voté je ne saurais jamais quoi j'ai été voté j'ai bien vu le temps de vote
devinez l'émission se termine député du peuple humain est publiée chez Robert Lasfon merci d'avoir été notre invité merci à toutes les trois merci à vous de nous avoir suivis ça n'a rien de craignos c'était au contraire un bonheur de vous entendre
merci monsieur Vadou je voulais que ça soit dit avant que je m'en aille
c'est dimanche il fait beau Jean-Luc Mélenchon et les terrasses sont ouvertes
oui et le lait fraise a gagné dans une compétition avec la bière à dimanche prochain
Jean-Luc Mélenchon