Michel Fournier - Au nom des territoires ruraux - C'est vous la France (27/07/2018)
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
En janvier 2016, notre équipe avait réalisé un documentaire dans les Vosges. Afin de dynamiser le territoire, les élus, une université et des industriels s'associaient pour créer une école d'ingénieurs unique en son genre. Une école dédiée au bois.
Dans un département où la forêt et l'industrie avaient vécu une longue histoire commune, nous avions fait la découverte d'un personnage haut en couleur. Un maire prêta tout pour faire vivre son village. Michel Fournier, le maire des Voivres.
Et deux ans plus tard, Michel Fournier a fait du chemin. Emmanuel Macron, en venant dans les Vosges, a aussi tenu sa promesse, répondre à l'invitation du maire du village des Voivres, Michel Fournier. Nous le sommes tout simplement mais profondément et viscéralement attachés à nos valeurs rurales, à nos villages et à nos communes.
La ruralité ici fonctionne en collectif. Emmanuel Macron a ainsi découvert au cœur de la forêt une couveuse d'entreprises. Des sociétés y valorisent le bois dans leur production.
Le chef de l'État est séduit mais ne veut pas opposer villes et campagnes. Décidons que le beau d'or pour le pays, ce sont les projets et les solutions. Nous avons décidé de revenir dans les Vosges pour mesurer comment l'énergie de Michel Fournier, mise au service de son village, pouvait changer le quotidien de ses administrés.
Bon allez, il faudrait, il faut y aller là-bas, il faut y aller, il faut descendre. Nous sommes le 8 mai 2018. Ben ils vont arriver.
Et Michel organise les commémorations. Salut, ça va ? Salut.
Bonjour. Ça va Moussène ? Oui, salut.
Ça me fait ? Vous avez pu remarquer que la gerbe déposée est très particulière. Ça s'appelle une gerbe de dernière minute.
Donc vous voulez nous en excuser d'autre part pour être plus sérieux. Il faut être très prudent. Rien ne nous dit aujourd'hui que les extrêmes ne peuvent pas se retrouver à un moment donné à la tête de notre pays.
Le 8 mai, la chute du Troisième Reich. Si Michel rappelle à cette occasion les dangers de l'extrémisme, c'est qu'au Voivre, dans ce village d'à peine plus de 300 âmes, le vote pour le Front National est très élevé. Au premier tour de l'élection présidentielle, Marine Le Pen est arrivée très largement en tête, avec près de 40% des suffrages.
Michel Fournier incarne donc un rempart contre le populisme. C'est quoi toi, t'es un homme politique ? Toi, le sens de ta question, le fait de demander si je suis un homme politique, ça a forcément une connotation, alors peut-être pas chez toi, mais ça a une connotation tout de suite péjorative.
Parce qu'un homme politique, pour le commun des mortels, c'est quelqu'un qui use de la politique, c'est quelqu'un qui utilise la politique pour des fins personnelles, c'est quelqu'un...
Et c'est ça qui est assez gênant. Ce qui fait que les élus locaux, on va dire cela comme ça, ont du mal à se reconnaître comme hommes politiques, alors que c'est le premier échelon de la politique. Et c'est dommage.
Les Vos Havres, un village écarté des routes de la mondialisation. Dans le département, le chômage dépasse de loin la moyenne nationale. Les Vosges ne font pas partie de ces territoires périphériques qui font régulièrement la une des médias.
Désindustrialisation, désertification, cette zone rurale est victime de mots lents et silencieux. Alors là, maintenant, c'est complètement dégradé, quoi. Ça, c'est vraiment dommage.
Quel dommage. Il y a du boulot, hein. Il y a un siècle, ce hameau baptisé la Forge de Tunimon était l'un des cœurs battants des industries vaugiennes.
Mais il y a 30 ans, la dernière usine a fermé. Alors ce genre de site, ça donne une très très mauvaise image de la ruralité. Parce que là encore, voilà, quand on vit dans cette ambiance-là, on a le sentiment de défaitisme, quoi.
La Forge de Tunimon, c'est à la particularité d'être un ancien site industriel qui maintenant est complètement en friche. Il y avait l'usine, il y avait la salle des fêtes, théâtre, salle de concert, etc. Il y avait dans cette partie-là, cette maison qui est reprise maintenant, il y avait l'épicerie, la boulangerie, et de l'autre côté de la rivière, il y avait l'école, le préau, les terrains de jeu, etc.
Le nombre de personnes qui sont passées là, sortant de l'usine, les ouvriers qui débauchaient. Le département des Vosges, c'était un des départements les plus industrialisés de France. Et forcément, ça créait de l'emploi ici, il y a, je ne sais pas, au moins 200 salariés.
Donc 200 salariés, il y avait une école, trois classes, il y avait une société de musique, il y avait une équipe de foot, il y avait, c'était, voilà, c'était toute une, c'est l'époque du paternalisme. Et ça, c'est tombé. Il y avait un atout formidable, il y a l'eau et le bois, l'eau et la forêt.
Et on savait exploiter l'eau pour la motricité, pour le besoin en eau également, et la forêt pour le combustible ou pour le travail, etc. Et tout cela, pendant, allez, on va dire, presque un siècle, on l'a complètement ignoré, on l'a complètement laissé tomber. Puis aujourd'hui, on se dit, mais merde, il y a l'eau et le bois, reprenons cela en main et on gardera l'eau parce qu'elle est là, on gardera la forêt parce qu'elle est là, mais on aura la vie.
C'est de la vie que moi je veux. Faire revenir la vie sur un territoire laissé pour compte. Michel Fournier s'est attelé à prouver qu'il était possible de se dresser contre la désertification.
Alors pour commencer, il a décidé d'engager une politique de logement inédite. Pour le moment, cette jolie maison est encore la propriété de la mairie du village, qu'il a racheté il y a quelques années. Alors ce matin, c'est à ses locataires, Corinne et Manuel, que Michel rend visite. « Ça va ?
On n'est pas dimanche ? Mais t'es rasé. » La mairie des Voivres est devenue une sorte d'agence immobilière, afin de loger de nouveaux habitants et de leur permettre, à leur tour, de devenir propriétaires de leur logement. « Il y avait des maisons vides, d'accord ?
Ces maisons vides, la commune a fait en sorte de pouvoir convaincre les propriétaires de lui vendre ces maisons. Donc, on achetait les maisons, les gens venaient en location avec un contrat spécifique qui leur permettait de devenir propriétaires à terme. » « En plus, ça nous permettait de refaire quelque chose, parce qu'on est en couple recomposé, on a eu chacun une vie, ça nous permettait quand même de refaire quelque chose tous les deux et de prévoir aussi pour plus tard, pour plus tard. » En gros, la commune se transformait en prêteur.
Entre parenthèses, ce qui m'a valu des emmerdes au niveau des banques. Tout le système bancaire s'est levé, a dénoncé à la préfecture en disant qu'une commune faisait le travail des banquiers. Donc, ça a été une grosse bagarre, ce qui fait qu'on a joué autrement.
On a fait des contrats, on a adapté nos contrats autrement pour pouvoir être légal et puis, en gros, dire « j'emmerde le système bancaire. » Pour le moment, Manuel et Corinne sont locataires. Mais au Voivre, la commune loue ses maisons et au bout du compte, les locataires deviennent propriétaires. « Je n'ai jamais entendu en 25 ans que j'habitais dans la Meuse des gens comme toi, des maires qui fassent ce que tu fais pour la commune, parce que tu le fais aussi pour la commune.
Je lui ai dit que tu le fais pour les habitants, mais c'est votre esprit de vie du village qui est super intéressant. C'est qu'on sent qu'il y a une entraide. » « Ce n'est pas de la cistana.
C'est dire aux enfants, il y a une possibilité, vous devez être responsable de cette possibilité. » Pour Michel, il ne fallait pas seulement faire revenir des habitants, il fallait aussi leur trouver un travail. Alors, pour commencer, Michel a voulu le remettre sur le chemin de l'activité, des populations parfois exclues.
Et là encore, la commune est en première ligne. Elle devient employeure grâce au chantier d'insertion des Voivres, avec, parfois, des activités inattendues. « Ce cimetière, on avait un problème de place.
Le cimetière, il est plein à craquer. Et on a donc créé une extension. Et c'est le chantier d'insertion qui a créé l'extension. » « On a doublé la capacité du cimetière.
Tu te rends compte ? Ça, c'est de l'ambition. Et donc, à un moment donné, on a fait une promotion.
Si on achetait deux places, on en donnait une troisième gratuite. Ça n'a pas trop marché. Il n'y a que moi qui en achetais une. » « C'est un peu du babou, ça, mais... » « Et si on n'est pas satisfait ou si on trouve moins cher ailleurs, on rembourse la différence. » « Intéressant, hein ? » Au-delà de ces plaisanteries, le cimetière des Voivres accueille en ce moment deux jeunes chômeurs qui viennent participer au chantier d'insertion.
Travaux d'aménagement, de voirie, rénovation des maisons achetées par la commune, les jeunes hommes sont mis au service de la collectivité. « Tiens, venez voir, les deux... » « Alors, toi, t'as fait quoi, par exemple ? » « J'ai fait six années de formation de céramique en Suisse. » « Et pourquoi tu te retrouves chez nous ? » « Pour moi, c'est une passerelle dans le sens où je débarque dans une région que je ne connais pas. » « Donc déjà, pour trouver du travail, ce n'est pas évident. » « Ils ont des obligations.
Premièrement, ils ont 25 ans, 26 ans, ils ne vont pas rester au voivre dans le chantier. » « Mais tu vois, lui, il a un parcours, lui, il a un parcours différent. » « Et ce parcours-là, eh bien, il faut qu'ils utilisent le cadre du chantier, premièrement, pour se stabiliser un peu, pour réfléchir, pour organiser leur vie. » « Ça peut être aussi un moment donné alimentaire, quand même, il ne faut pas oublier. » « Et puis après, ça te permet de te dire, bon, ben maintenant, voilà, j'ai à peu près, je sais à peu près où je veux aller, ce que je veux faire. » « Dans la vie, on a besoin des temps de pause. » « On en a tous connu. » « Quand je suis arrivé au voivre, moi, j'étais au Chôme-Duc, d'accord ? » « Donc, voilà, je peux comprendre ça. » « Et c'est vrai, en plus. » « J'étais dans la même situation que vous. » « Alors, tu finiras peut-être maire des voivres, mais tu vas en chier, hein. » Michel est maire depuis 1989.
Alors, avec son chantier d'insertion, ce sont plus de 600 habitants qui, tout au long des années, ont été employés par la commune. Et pour faire rester les habitants au voivre, Michel a été confronté à un problème récurrent des communes rurales. Permettre simplement aux enfants d'aller à l'école.
Chaque matin, Christelle, une des membres du conseil municipal, se transforme en conductrice de car. Elle est responsable du ramassage scolaire. En 2015, le nombre d'élèves n'était pas suffisant pour maintenir un établissement sur la commune.
Alors, l'école des voivres a fusionné avec celle de la chapelle au bois, le village voisin. « Dans le milieu rural, effectivement, les gens, ce qu'ils vont regarder, c'est premièrement s'ils ont Internet, parce que maintenant, c'est ça. S'ils ont la téléphonie, et puis s'il y a une école pour leurs gamins, et quel type d'école, quelle proximité, comment c'est organisé, etc.
Les voivres ne meurent pas. On n'a plus l'école localement au voivre, mais notre école, elle est ici. Il faut aussi que les gens se disent dans la tête, c'est mon école.
Et ça peut créer du lien entre certains territoires, et ça peut aussi se faire rencontrer des familles qui se trouvent juxtaposées à quelques kilomètres, et qui ne se connaissaient pas, ou ne s'aidaient pas, et ça peut conforter le milieu associatif, et voilà. Dia et Mano sont tous les deux scolarisés à l'école de la chapelle au bois. Cet après-midi, ils rentrent au voivre, pour retrouver Delphine, leur mère.
À elle toute seule, Delphine illustre la nouvelle politique agricole du village. Cette jeune femme, mère célibataire, a créé il y a deux ans une exploitation agricole biologique. Des légumes, des plantes aromatiques, et des fruits cultivés sans engrais industriels.
Et pour créer son activité, Michel Fournier a mis à sa disposition des terres communales. Je faisais ma formation en maraîchage bio à Cours-et-le-Chaussi, quand on m'a invitée à une visite de terrain, à aller voir. Je ne connaissais pas le village, même si je viens de pas trop loin.
Et voilà, j'ai trouvé que c'était un chouette coin. Et après, j'ai proposé au maire de me trouver des solutions de logement, les solutions de foncier, pour commencer mon activité. Et voilà, super rapidement, il m'a trouvé un appart, ou des solutions au moins pour un appart.
Et du coup, en sortant de ma formation, j'ai décidé de venir là, avec mes enfants. Voilà, il tente, quoi. Après, si ça ne va pas au bout d'un moment, je pense qu'il est capable de nous virer assez rapidement. mais à nous de faire nos preuves, et puis de montrer qu'il a eu raison justement de nous tourner la main, quoi.
Je voudrais que j'y aille, parce que là...
Là, oui, il ne marche pas. On compte ? C'est horrible.
On n'a pas de réseau téléphonique, mais on a une oui. Et en tant que maman avec deux enfants, c'était un peu osé, tu penses ? Il y en a qui disent que c'est courageux, il y en a d'autres qui disent que c'est complètement crétin.
Après, voilà, c'est...
La maman de deux enfants, elle voit qu'elle élève ses gosses dans un milieu sain, où ils peuvent jouer dehors. Ils ont de l'espace, donc je pense que c'est vachement bien pour des gamins. Après, peut-être qu'ils vont me le reprocher quand ils auront 15 ans, quoi.
Mais non, là-dessus, je pense que j'ai eu raison de venir là avec mes enfants. À l'échelle de son village, Michel Fournier a mis en place une politique inédite qui concerne tous les aspects de la vie de ses administrés. Allez, Fifi !
Une politique locale sur mesure, destinée justement à la ruralité et qui a pour objectif de faire sortir le village de l'Ornière de la désertification. Je donnerai demain, le par. Et Michel a dû se battre pour pouvoir libérer son territoire des idées reçues, qui naissent dans l'esprit des décideurs parisiens.
Les politiques nationales ne sont pas adaptées au territoire. On crée des politiques liées à des problèmes qui peuvent être des problèmes urbains. On sait les analyser.
On sait qu'il y a beaucoup de jeunes, on sait qu'il n'y a pas de boulot, on sait qu'il y a un mal-vivre, on sait qu'il y a de la drogue, on sait que ceci, on sait que les gens sont confrontés à...
Et ça, on sait l'analyser. Et ça, c'est étonnant, on n'arrive pas à faire la même analyse pour les milieux ruraux. Ou on refuse cette analyse.
Parce que le milieu rural, il n'est pas...
Voilà, il n'est pas provocateur comme peut l'être le milieu urbain, quoi. Tu te rends compte, un village comme le nôtre a majoritairement, pratiquement, voté Marine Le Pen, je veux dire. Pas seulement au deuxième tour, hein, au premier.
Ça veut bien dire, quand même, alors que ce ne sont pas les phénomènes d'immigration, les phénomènes qui existent dans notre village. C'est le ras-le-bol d'avoir le sentiment de ne pas exister comme on peut exister ailleurs, quoi, voilà. Et puis, c'est l'absence, peut-être, de perspectives globales.
Alors qu'en fait, les perspectives locales ont été créées ici. C'est même...
Je trouve que c'est même...
Comment dire ? Pour quelqu'un comme moi qui a une responsabilité, c'est un peu insultant. Michel, tu vois ça, là.
Pourquoi tu penses ? Ça, c'est date de 94. C'est l'ancienne affiche d'une campagne électorale que j'avais faite au niveau d'une élection cantonale.
Et là, je déclinais quand même un slogan qui est que mon seul parti, c'est le canton. Et je défends la ruralité, je vote fournier. Tu te rends compte ?
J'avais la même conviction. Et forcément, j'ai été battu. Je ne pouvais être que battu.
J'ai souvent eu le mot d'insoumis. Alors le problème, tu vois, c'est...
Aujourd'hui, c'est repris. C'est repris. Ça, ça date d'il y a 10 ans, hein, quand même, hein.
Avant, les insoumis actuels, hein. Mélenchon. Bon, bref.
J'ai tout connu. L'hostilité des gens de gauche, l'hostilité des gens de droite, parce que les uns comme les autres trouvaient que je n'étais ni à droite ni à gauche. Ça, ça les emmerdait royalement.
Alors, ça, ça m'embête parce qu'on va me traiter et on va croire que je suis un macroniste indéfectible. Michel Fournier est un maire libre, loin des idéologies et des appareils politiques. Pourtant, chaque jour, il fait de la politique.
Et Michel ne se contente pas de trouver des solutions aux problèmes de son village. Il essaye aussi d'inventer la ruralité de demain. C'est sans doute pourquoi Emmanuel Macron a répondu à son appel pour l'inauguration de la couveuse de start-up que le maire des Voivres a installée sur sa commune.
Et bien voilà, la cerise sous le gâteau. L'esprit bois, couveuse d'entreprise, inaugurée 18 avril 2018 par le président lui-même, Emmanuel Macron. Alors ici, c'était le bureau du président.
Et quand on a parlé ruralité, bien entendu, voilà notre entretien. Ça s'est décliné comme cela, mais dans une autre vie. N'oublions pas qu'on est réincarné.
Mais forcément, le plus grand, c'est moi et il est plus petit que moi, lui. Il est en bas. Visiblement, il a subi.
En ce moment, une seule entreprise est installée dans la couveuse des Voivres. Mais Michel fait un pari sur l'avenir en proposant aux jeunes entrepreneurs un accompagnement administratif, des locaux flambant neufs et une bourse pour démarrer leur activité. Tu es assis où ?
Là, je suis à la place du président Macron. Je suis à la place du président. Voilà.
Ce lieu, il doit vivre. Et il faut qu'il vive pleinement. Et aujourd'hui, c'est encore pas tout à fait...
L'objectif n'est pas tout à fait atteint. J'en suis conscient. Parce que j'écoute, j'entends, je vois.
Mais je m'en fous, je sais que ça sera le cas d'ici très très peu de temps. On a semé, il faut entretenir et on récoltera. Ça, c'est clair, on récoltera.
Puis à un moment donné, on sera obèse, on aura trop de récoltes. On ne saura plus quoi faire. On créera une ville.
Et la méthode a fait ses preuves. La commune de Michel Fournier appartient à la communauté d'agglomération d'Épinal, qui, depuis plusieurs années, défend justement les entreprises de la filière bois. Simon Mouchili a créé avec ses amis la start-up.
Il était un arbre. Habitat insolite, rénovation. Les activités de l'entreprise ont été soutenues par la couveuse du pays d'Épinal.
Donc le dispositif qui a été mis en place pour nous épauler, c'est le même dispositif qui est utilisé actuellement au Voivre. Ça permet à des jeunes entreprises de pouvoir se lancer, à des jeunes couvées de pouvoir se lancer, avec la même aide qu'on a pu avoir. Et aujourd'hui, on serait très fiers de donner des conseils, de pourquoi pas avoir un coaching assez suivi de ces jeunes entrepreneurs pour justement les aider, les guider dans leur long chemin vers la vie en autonomie dans leur entreprise.
En fait, ce qui est hyper intéressant avec la filière bois et ce qu'on trouve dans les ressources locales, c'est que quand on va, admettons, juste réaliser une maison, on ne va pas juste payer le charpentier et le faire vivre économiquement juste le charpentier. On va acheter du bois local, donc on va faire vivre le mec qui a le terrain de bois, on va faire vivre le bûcheron qui va abattre l'arbre, on va faire vivre la scierie, on va faire vivre l'entreprise de charpente, etc. Donc ça veut dire qu'en fait, ça va être une filière un peu parapluie, comme ça, et tout l'argent va rester sur le territoire.
Et l'expérience menée au Voivre s'étend désormais sur toute la région. Salut, il est à bien. Ce matin, Michel Fournier a rendez-vous avec Michel Henrich, le maire d'Epinal.
Les deux élus préparent le dossier de la métropole du Grand Nancy pour le projet TIGA, un acronyme qui signifie Territoire d'Innovation, Grande Ambition. Le gouvernement français a lancé ce grand appel à projet pour financer des initiatives locales. Dix territoires se partageront 450 millions d'euros.
La métropole du Grand Nancy a répondu avec cette idée des hommes, des arbres, les racines de demain. Et très vite, la métropole du Grand Nancy s'est rendue compte qu'elle ne pouvait pas mener un projet comme ça sans la communauté d'agglomération et sans les autres territoires du Sud-Lorrain. Parce que TIGA, c'est le rassemblement de 71 partenaires.
Il y a 42 partenaires académiques, 12 collectivités et 21 industriels. Toujours par rapport à la filière ? Toujours.
Enfin, ça va plus loin que la filière. C'est un projet qui est sociétal, environnemental, et économique. Il n'y a pas que l'aspect purement industriel.
Il y a l'aspect santé, etc. Ce n'est pas une ambition à deux ans ou à un an. C'est une ambition à long terme.
Donc ça veut dire aussi qu'on a le devoir et on a l'obligation de poser des jalons pour qu'effectivement les choses puissent...
On travaille pour l'avenir. On travaille pour l'avenir. On est d'accord là-dessus.
Tout à fait. Inscrire cette énergie locale à une échelle plus large. Faire de son modèle rural une ambition nationale, c'est peut-être la plus belle victoire de Michel Fournier.
Des valeurs, une solidarité que le maire a su insuffler à force d'inventions, d'innovations et de courage. Michel Fournier a dû lutter contre les conservatismes et contre les idéologues pour tenter de redonner espoir aux habitants de son village. Une petite révolution, par l'action.
Michel Fournier