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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 21 juin 2025 64 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéInstitutions & électionsEurope & international

Villepin / Retailleau : la guerre est déclarée ! - C dans l’air - 22.05.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    D.de Villepin parle d'une "dérive tragique" à propos de B.Retailleau. Est-ce une charge ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    B.Retailleau est plébiscité par les Français. Villepin dit que ce n'est pas la droite de Chirac. Qu'en pensez-vous ?

  • 8:00RelanceRéponse directe

    B.Teinturier, vous dites que Villepin n'a pas de définition claire de la droite. Qu'en dites-vous ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    S.Pierre-Brossolette, Villepin joue sur deux tableaux : pro-palestinien et héritier de Chirac. Est-ce tenable ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    B.Retailleau veut construire une "machine de guerre électorale". Est-ce réaliste ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    D.de Villepin accuse Retailleau de dérive identitaire proche du RN. Est-ce fondé ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00D.de VillepinFait
    « Il parle d'une "dérive tragique". »
  • 4:00D.de VillepinFait
    « Ce n'est pas la droite de J.Chirac. Ce n'est pas la droite du RPR. »
  • 12:00D.de VillepinFait
    « C'est une droite réactionnaire, ultraconservatrice, identitaire. C'est une dérive tragique. »
  • 14:00B.RetailleauFait
    « Il faut qu'on construise ensemble une machine de guerre. »
  • 30:00M.-E.LeclercFait
    « On a bloqué le prix de la baguette, ça a fait hurler dans les chaumières. »
  • 31:00M.-E.LeclercFait
    « Je lance un appel à B.Arnault. Fais société, fais nation. »
  • 32:00T.RinerFait
    « Je ne ferme aucune porte. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". Le ton est largement monté en marge du Conseil de défense. Le président a été agacé de voir fuiter un rapport sur l'entrisme des Frères musulmans en France.

E.Macron se trouve au coeur d'une bataille d'égo entre les grandes figures de la droite et du centre, B.Retailleau, mais aussi G.Attal, qui aligne les propositions chocs sur le voile, des propositions que ne renieraient pas les LR.

Dans cette bataille, D.de Villepin est peut-être celui que personne n'attendait. Il s'impose comme l'une des personnalités politiques préférées des Français et joue les snipers en renvoyant dos à dos les LR et l'extrême droite.

Mais la surprise pourrait venir peut-être de la société civile avec ce sondage de "Challenges" qui propulse dans le jeu un patron: M.-E.Leclerc.

Avec nous pour en parler, J.Jaffré, politologue et chercheur associé au Cevipof. C.Barbier, vous êtes éditorialiste politique et conseiller de la rédaction "Franc-Tireur".

Avec nous également, S.Pierre-Brossolette, éditorialiste au "Point". B.Teinturier, vous êtes directeur général délégué de l'institut de sondage Ipsos.

B.Retailleau est le ministre préféré des Français, selon votre dernier sondage. Merci de participer à cette émission en direct.

On commence par cette phrase qui concerne B.Retailleau, signée D.de Villepin: il parle d'une "dérive tragique".

Ca s'appelle une charge? - J.Jaffré: Oui.

Vu ce qu'a été une partie de la presse ces derniers jours, qui a pris Retailleau dans un sommet extraordinaire, D.de Villepin a l'art du contre-pied. C'est un art et un talent d'expression.

L'accusation va plus loin pour D.de Villepin. C'est l'accusation...

LR tel que LR devient. C'est une des grandes questions de ces 2 prochaines années: si LR reprend du poids, ça sert qui et jusqu'à quel point? En d'autres termes, si ça valorise exagérément, contrairement à ce que souhaite une grande partie de LR, les thèses du Rassemblement national, est-ce que ça ne se prépare pas un 2e tour beaucoup plus facile pour le ou la candidate du Rassemblement national si, au second tour, le RN est présent face à un candidat plus centriste, voire de gauche? - C.Roux: On va y aller tranquillement, à la présidentielle.

Mais sur le moment qu'on est en train de vivre, où B.Retailleau donne le sentiment d'être une espèce de recours pour la droite, plébiscité pas seulement par les médias, mais aussi par les Français...

On a là quelqu'un qui vient lui dire: "Ce n'est pas la droite de J.Chirac. Ce n'est pas la droite du RPR." - B.Teinturier: Certes, mais on aimerait avoir la définition de la droite par D.de Villepin.

Je ne suis pas certain que la droite, ce soit d'être à fond contre Israël comme il l'est en ce moment. On n'entend plus D.de Villepin sur des thèmes de droite, comme l'économique et le social.

Il se cantonne au terrain diplomatique. Choisir de tirer contre son camp, c'est très habile esthétiquement et intellectuellement, mais ça n'a aucun avenir électoralement. D.de Villepin est devenu le héros d'une certaine gauche sur le problème de Gaza, par exemple, mais c'est une gauche qui ne votera jamais pour lui, notamment le jour où on lui posera des questions sur la hausse des salaires, des impôts, la réforme des retraites, autant de terrains sur lesquels le Premier ministre de Villepin a été vraiment de droite.

L'homme qui a fait le CPE n'était pas un homme de gauche. C'était qualifié par les jeunes de réactionnaire. Sa critique d'aujourd'hui est la critique de quelqu'un qui se paye de mots et qui se paye de sondages, mais qui ne construit pas une voie idéologique qui puisse avoir une issue.

C'est un très bon exemple de différence entre la popularité et l'intention de vote. Ses positions font qu'il est populaire. D.de Villepin, s'il est candidat à la présidentielle, par qui sera-t-il soutenu?

C'est plus compliqué. C'est combien de divisions à défaut de combien d'électeurs. En revanche, ce qu'il dit de LR n'est pas faux.

Depuis une quinzaine d'années, son discours est repris et amplifié par B.Retailleau ou L.Wauquiez.

Sur le plan des sujets régaliens, c'est extrêmement proche du RN. D.de Villepin dit quelque chose de juste.

Il y a une droite sociale, qui n'était pas à ce point obnubilée par des sujets d'immigration, qui a totalement disparu des LR. - C.Roux: Il met dos à dos le RN et LR.

Ces positions sont extrêmement proches. - S.Pierre-Brossolette: Il est en campagne.

Il essaie de trouver un trou de souris pour se glisser quelque part. L'horizon est complètement bouché à droite, où ils se font une course effrénée. Retailleau a donné le ton.

Derrière, avant même qu'il ait son triomphe, E.Philippe musclait ses petits bras à une réunion sur la sécurité en liant violence et immigration, en promettant une grande réforme de la justice et beaucoup de sévérité. On voit qu'il y a des surenchères à droite.

Même Attal est gagné par... - C.Roux: On va en parler. - S.Pierre-Brossolette: Pour exister, de Villepin joue sur 2 tableaux.

D'une part, sa position toujours en faveur des Palestiniens, de Gaza, anti-israélienne...

Il séduit un certain peuple de gauche, même un peu comme Mélenchon. Il fait un choix politique pour être plutôt populaire dans les quartiers, comme on dit, tout en gardant son capital politique d'ancien Premier ministre de J.Chirac, et qui a un grand capital de sympathie dû à son discours de l'ONU. - C.Roux: Ce n'est que ça? - S.Pierre-Brossolette: Je pense qu'il a un vrai talent et les gens, en France, aiment le talent oratoire.

Quand il ouvre la bouche, il dit quelque chose. Autant les gens ont envie de l'avoir dans le débat, mais pas forcément envie de voter. Les intentions de vote, c'est 2 à 2,5 % des voix.

La popularité, c'est la moitié. - C.Roux: Il a été porté par l'actualité internationale.

Il déboule dans le jeu politique. A droite, il n'épargne personne. Dans son viseur, le nouveau patron des LR, B.Retailleau, qu'il étrille régulièrement sur les sujets diplomatiques comme sur son action au ministre de l'Intérieur. - D'un côté, le nouveau patron des LR, B.Retailleau.

De l'autre, l'infatigable baron de la droite, D.de Villepin. Gaza, Algérie, immigration, sécurité... 2 visions, 2 styles pour une droite que tout oppose. - B.Retailleau: Il faut qu'on construise ensemble Une machine de guerre. - Sacré à la tête de son parti, B.Retailleau ne cache plus ses ambitions. - B.Retailleau: Une machine de guerre électorale.

Demain, pour gagner les élections municipales, sénatoriales et les autres. Il y en aura d'autres, après. - Le ministre de l'Intérieur s'y voit déjà et veut rassembler derrière lui les ténors du parti. - C'est vraiment maintenant qu'on veut reconstruire un parti de gouvernement. - Je veux dire à tous les Français qui croient que cet espoir est là, que je les appelle à nous rejoindre. - Un espoir pour les LR qui se traduit dans les sondages.

B.Retailleau gagne 5 points à 16 % des intentions de vote pour les élections présidentielles, derrière M.Le Pen et E.Philippe, mais devant J.-L.Mélenchon.

Une popularité nouvelle, concurrencée par le come-back d'un autre visage bien connu de la droite, D.de Villepin. Le chiraquien historique joue la carte de l'expérience diplomatique, mais c'est sans diplomatie qu'il taille un costume au nouveau chef des LR. - D.de Villepin: J'attends toujours les premiers résultats de monsieur Retailleau au ministère de l'Intérieur.

C'est une droite réactionnaire, ultraconservatrice, identitaire. C'est une dérive tragique. Je suis inquiet.

J'ai du mal à faire la différence avec ce que dit le Rassemblement national. - Par ses prises de position sur Gaza, l'ancien Premier ministre a gagné en popularité, notamment auprès de la gauche, au point de devenir ce mois-ci la personnalité politique préférée des Français. Il devance ainsi E.Philippe ou M.Barnier, mais s'est mis à dos son propre camp. - G.Larcher: Sur un certain nombre de sujets, j'ai du mal à faire la différence avec des propos tenus par l'extrême gauche. - Entre Villepin et Retailleau, un bras de fer sur fond de tensions géopolitiques avec, en point d'orgue, la question algérienne.

Passe d'armes musclée entre les 2 hommes. - B.Retailleau: Je suis pour ce rapport de force. - D.de Villepin: Ce n'est pas en jouant le bras de fer que vous y arriverez. - B.Retailleau: On a des individus dangereux qui devraient être en Algérie. - D.de Villepin: Il y a une forme d'amateurisme.

Il y a, dans la politique, de plus en plus de gens qui prennent les Français pour des cons. - Duel aussi sur les réseaux sociaux. Chacun possède son groupe de soutien sur Internet: l'ancien Premier ministre tweete beaucoup sur la crise au Proche-Orient et met en avant sa stature internationale. - Mais dans la course à la présidentielle, D.de Villepin part avec un certain retard, n'étant adossé pour l'instant à aucun parti ni mouvement. - C.Roux: Un électron libre, D.de Villepin? - C.Barbier: C'est évident, et un électron qui va un peu dans tous les sens.

Il n'y a pas beaucoup de cohérence dans tout cela. Sur l'Algérie, on ne comprend pas très bien sa position de fond. - C.Roux: Il dit qu'on ne peut pas être dans un rapport de force avec l'Algérie. - C.Barbier: Il procède en tant que diplomate.

Là où B.Retailleau ne fait pas de la diplomatie, mais de la politique. Il fait de la politique policière avec l'Algérie.

A côté de ça, sur Israël, il est très peu diplomate. C'est sur le fond que D.de Villepin marque la différence avec ses anciens amis de droite.

L'essentiel de son aura internationale et de son capital sondagier en ce moment, c'est Israël. Les autres sujets, l'Ukraine, la Chine, les Etats-Unis, il ne capitalise pas. - C.Roux: Sur l'Ukraine, il était assez hostile à l'idée d'envoyer des troupes. en 2024 et un peu plus concrétisé avec l'alliance britannique récemment, et avec l'aspect américain.

Il a été très sévère avec tous les Européens en disant que ce n'était pas la peine de défiler comme "les bourgeois de Calais"auprès de Trump. - C.Roux: Dans un contexte international un brin tendu, est-ce que le profil de D.de Villepin peut trouver un écho?

On le voit dans les enquêtes de popularité...

On voit qu'il trouve une surface d'expression, qu'il trouve un terrain de jeu qu'il n'avait pas auparavant. - J.Jaffré: Ce qui frappe...

D.de Villepin, c'est d'abord une grande voix. Il n'y en a pas beaucoup dans le pays.

Il retient l'attention, avec cette flamme, ce talent d'expression extraordinaire, capable de dérouler interminablement son talent d'expression extraordinaire. Ce qui, en revanche, pose problème, c'est une interrogation profonde sur son statut. Quel est son statut dans le jeu politique français?

Il accuse ceux qui sont au pouvoir d'être des amateurs. Lui-même a cessé d'être un professionnel. Il n'est plus un professionnel de la politique.

Quand on dit "il est en tête du baromètre des personnalités politiques", il n'est pas dans la politique à proprement parler. C'est une grande voix sur les questions internationales principalement et l'actualité internationale, si riche, fait qu'il a une présence inouïe. Mais je doute qu'il puisse être réellement candidat à l'élection présidentielle.

Il nous a déjà fait le coup en 2012. Il a été candidat jusqu'à l'approche du premier tour. Finalement, il n'a pas réussi à réunir les 500 signatures qui lui auraient permis de l'être.

Donc, patience. Mais la grande voix, pour s'exercer pleinement, a besoin de faire croire qu'il pourrait être candidat. C'est aussi le jeu dans cette affaire.

Et il pourrait jouer un rôle très important comme appoint et comme soutien, éventuellement, dans la campagne présidentielle. S'il apporte un soutien et un appui à un autre candidat, cette grande voix peut servir. - B.Teinturier: La question, c'est lequel.

Ses prises de position font qu'il n'a pas d'ancrage politique au sens d'ancrage partisan clair. - C.Roux: On a encore besoin de parti politique pour gagner une présidentielle? - B.Teinturier: On ne gagne pas une présidentielle avec uniquement les mains dans les poches et une présence médiatique sur les réseaux sociaux.

Il faut avoir des élus locaux, des moyens matériels. Il développe un discours avec un certain talent, c'est incontestable, mais où est l'ancrage politique? Ce qui me frappe aussi, c'est qu'il se pose en s'opposant.

Il dit de B.Retailleau ce qu'il fait mal. Il dit d'E.Macron ce qu'il fait mal.

Mais que dit-il, lui, de ce qu'il ferait sur le plan politique, intérieur, économique? On ne sait pas trop. - S.Pierre-Brossolette: Ce dont on est sûr, c'est qu'il en meurt d'envie.

Déjà, il faut l'envie. Il en a très envie, de cette campagne présidentielle. Il ne comprend pas pourquoi ça ne mord pas plus.

Il a un grand réseau de diplomates qui essaient de faire sa pub un peu partout. Il a compris l'importance des réseaux sociaux. Il donne des formules, il est très présent.

Il a quand même besoin, forcément, d'un statut en bonne et due forme. Ce que tout le monde a en tête, c'est Macron. Il a surgi de nulle part.

Il a quand même réussi à se faire élire président de la République, puis réélire. Tout le monde se dit qu'on peut encore surgir de nulle part. L'époque où il fallait un parti en bonne et due forme est un peu passée.

Ayons du talent, du culot, soyons populaires et, sur un malentendu, ça peut marcher. Mais c'est vrai que son équation est très resserrée et qu'il joue à contre-courant d'un camp. Il a un langage de gauche alors qu'il vient de la droite.

Quelquefois, l'art du contre-pied finit par être maladroit. - C.Roux: Il se veut l'héritier de la politique chiraquienne. "Chirac ne se contenterait pas de signer un communiqué." C'était un tacle à l'endroit d'E.Macron sur la reconnaissance de l'Etat palestinien.

Question. - C.Barbier: Ni l'un ni l'autre.

Je pense qu'il y a beaucoup de narcissisme chez D.de Villepin. Il cherche le trou de souris, mais il cherche la lumière dans le trou de souris.

Il a envie d'exister par cette présence médiatique. Il a une sorte de notoriété, voire de gloire. Il y a déjà cela.

C'est aussi le narcissisme, mais pas au sens péjoratif, de celui qui a écrit des livres, qui a des idées. Derrière, quelles sont les convictions? Le D.de Villepin d'avant 2003, avant son discours à l'ONU, était un Villepin très pro-américain.

Il était assez atlantiste. Il avait fait ce premier virage. Il s'engage fortement contre Israël, bien au-delà de ce que feraient le général de Gaulle ou J.Chirac s'ils étaient encore là.

Enfin, qu'est-ce qu'il y a eu derrière les positions et principes d'un Chirac et un Villepin quand ils étaient aux affaires? Qu'est-ce qu'on a construit comme géopolitique alternative? Quand de Gaulle renvoie dos à dos les Américains et les Soviétiques, il fait le discours de Phnom Penh.

Il organise une influence. J.Chirac, quand il dit aux Israéliens "vous voulez que je revienne à mon avion", il a été très populaire, mais il n'a pas créé un mouvement géopolitique. - J.Jaffré: D.de Villepin a une influence, trouble le jeu politique.

Il gêne Les Républicains. Quand on en est à dire "c'est la voix de l'extrême gauche qui s'exprime", alors que D.de Villepin n'est pas dans ce camp-là, on comprend mal.

Deuxièmement, il gêne beaucoup E.Macron. La critique de la diplomatie d'E.Macron devient quelque chose...

Alors que c'est en principe le point fort du président de la République, qui n'en a plus beaucoup, de points forts. A partir du moment où la diplomatie internationale...

Disons que la machine à baffes est également tournée de ce côté-là. - C.Roux: Est-ce qu'il n'appuie pas là où ça fait mal?

Le fait de renvoyer B.Retailleau à une droite conservatrice proche du RN...

Ce sont des critiques qui peuvent être formulées par les adversaires de B.Retailleau. - B.Teinturier: C'est pour ça qu'il est apprécié.

Il est le point de rencontre de multiples critiques qui font mouche auprès de segments différents de la population. C'est une chose. En est une autre d'être candidat à la présidentielle, de fédérer et de l'emporter.

Puisqu'on est dans les rappels...

Je voudrais rappeler qu'il est aussi l'auteur de la dissolution ratée de 97. - J.Jaffré: Vous remontez loin, là! - B.Teinturier: Il y a des inspirations, des côtés très flamboyants de D.de Villepin qui ont conduit à des ratages. - C.Barbier: Il a quand même eu de graves ennuis judiciaires à cause de N.Sarkozy.

La roue a tourné. Aujourd'hui, c'est N.Sarkozy qui est très souvent devant les tribunaux.

Ca joue aussi dans sa détermination à se montrer. - C.Roux: Celui qui fait figure de héros de la droite dans son viseur, B.Retailleau, il l'a mis dans son viseur.

Question. Est-ce que cette question sera posée avec de plus en plus d'acuité dans les semaines qui viennent? - S.Pierre-Brossolette: Evidemment, on va la lui poser, mais il ne veut pas s'en aller.

Il a compris que la source de sa légitimité et de sa popularité, c'était l'action. N.Sarkozy le lui répète.

Il sera peut-être forcé, d'ici un an ou plus, ou par un accident d'arbitrage qui lui serait défavorable...

Mais je ne pense pas que ça va lui arriver. Il va tout faire pour essayer de rester. Les exemples précédents ont montré que c'était plutôt favorable de rester en poste.

Sinon, il serait monsieur Nobody. - C.Barbier: Il a de bonnes raisons de partir.

C'est sur un problème de principe, comme Chevènement sur la Corse avec Jospin. Quel peut être ce rendez-vous de la porte claquée pour B.Retailleau?

La fin de vie? L'Algérie? Ca semble mince.

L'autre bonne raison de partir, c'est de dire "mon travail est accompli, j'ai accompli ma tâche." On le voit mal achever ses travaux d'ici 2027. C'est très important de réussir son départ.

Macron, en 2016, il réussit son départ. On ne lui colle pas le bilan de Hollande sur le dos. 4 mois plus tard, M.Valls porte tous les péchés de la gauche et est puni dans la primaire. - J.Jaffré: Pour B.Retailleau, devenir simplement chef de parti, c'est la catastrophe.

Les Français n'aiment plus les partis politiques. A ce moment-là, vous dites: "J'abandonne les fonctions d'Etat. J'abandonne de m'occuper de la sécurité, de l'immigration et de l'islamisme pour mon ambition et pour un parti politique." Il n'y a pas d'urgence pour ça.

Pour B.Retailleau, ce serait un choix catastrophique. C.Barbier parlait de la porte claquée.

Je parlerais aussi de la porte délicatement fermée. Le jour où F.Bayrou tombe sur une censure, car on peut pas écarter cette hypothèse à long terme, il y aurait un nouveau Premier ministre.

Eventuellement, S.Lecornu. A ce moment-là, il y a une nouvelle composition gouvernementale.

B.Retailleau peut éventuellement ne pas rester ministre. Dans une nouvelle composition, ce n'est pas claquer la porte.

C'est simplement dire: "Les orientations du macronisme, ce n'est plus possible." Une charge contre E.Macron pourrait remplacer le jeu.

Il ne faut pas non plus coller au RN. Dans la critique faite par Villepin, elle est un peu redoutable, sur ce plan. Si vous collez au RN, comment pouvez-vous aspirer suffisamment d'électeurs pour aller, dans un second tour, affronter le RN ou éviter de servir simplement de voie de passage vers le RN au second tour? - C.Barbier: Et si B.Retailleau était proposé à la place de Bayrou? - C.Roux: On est dans le moment Retailleau? - B.Teinturier: On est à 15 %.

C'est un beau score par rapport au dernier score des LR, mais ça ne permet pas de s'imposer définitivement. La question du positionnement reste entière. Il a intérêt à rester au gouvernement pour faire monter les enchères, pour pouvoir dire "je n'ai pas les moyens de faire tout ce que je voudrais faire".

Le rendez-vous suivant, ce serait la présidence. - C.Roux: Ca devient un peu compliqué au sein du gouvernement, avec des ministres qui sont entrés en campagne, avec une forme de surenchère à droite.

Question. On a l'impression que c'est un peu open bar, que chacun est à la tête de sa boutique et sert ses propres intérêts politiques. - S.Pierre-Brossolette: Vous avez raison.

Même F.Bayrou l'avait officialisé en arrivant à Matignon en donnant la permission à ses ministres de s'exprimer autant qu'ils voulaient avant les arbitrages. Ils s'en donnent à coeur joie.

Peut-être que le macronisme n'est pas terminé, mais il est en voie de l'être, puisque le président est un "lame duck". - J.Jaffré: Traduisez pour nos téléspectateurs... - S.Pierre-Brossolette: Le canard boiteux.

Les ministres n'ont plus peur ni du Premier ministre ni du président de la République. En plus, il y a une campagne présidentielle qui démarre. Il y a toutes les raisons pour lesquelles la parole est libre. - B.Teinturier: Ca va devenir compliqué et ils se disputent tous un bout d'enjeu qui n'est pas l'enjeu principal ou l'enjeu unique des Français.

La sécurité, l'immigration, tout le monde y est, Darmanin, Retailleau...

Le premier sujet de préoccupation des Français, c'est le pouvoir d'achat. Le 2e, c'est l'avenir de la protection sociale. Personne n'en parle.

Ils sont en train de rétrécir en étant persuadés que c'est sur ces enjeux que la compétition interne se fera, mais ça offre un boulevard pour d'autres qui seraient aussi sur le volet économique et social. - C.Roux: B.Retailleau a accordé une interview à nos confrères du "Parisien".

Il a sorti ce qui ressemble à un slogan. Il veut s'adresser "à la France des honnêtes gens". Comment vous avez interprété cette phrase de B.Retailleau, qui donne le sentiment... - C.Barbier: C'est un slogan politique assez habile.

Tout le monde a envie d'être parmi les honnêtes gens. Ensuite, l'expression recoupe à la fois des caractéristiques qui relèvent du ministère de l'Intérieur et de la Justice, le rapport à la loi, mais aussi cette honnêteté intellectuelle de la valeur travail, de la bonne tenue...

C'est l'honnête homme au sens du XVIIIe siècle, qui fait honneur à son rang. C'est un très bon slogan de campagne, sauf qu'il le sort trop tôt. Dans 2 ans, ce sera un peu usé. "Le président des honnêtes gens", ça pourrait avoir une certaine force.

Par ailleurs, c'est moins victimisant que de dire "la France des oubliés", tout ce qui présente de la compassion mais qui dégrade les personnes à qui ça s'adresse. - J.Jaffré: Il veut essayer de retrouver un électorat populaire qui fait totalement défaut à la droite.

Quand il dit "la France qui travaille, qui paie ses impôts, qui aspire à la sécurité"et compagnie, c'est tout l'électorat populaire qui s'est largement tourné vers le RN. Mais il ne suffira pas d'un slogan pour y parvenir. Il faut des propositions, une politique.

Pour le moment, c'est extrêmement étroit, comme segment idéologique, ce qui est en jeu. B.Retailleau, on l'attend aussi sur les thèmes économiques et sociaux. - C.Roux: Il dit qu'il veut remettre la droite au travail, déjà.

Et travailler sur le contenu. Il doit considérer que la droite n'a plus grand-chose à dire sur ce sujet. - S.Pierre-Brossolette: Il y a une raison pour laquelle ils se concentrent tous sur ce segment régalien.

Le segment économique et social, il n'y a que du sang et des larmes à promettre. Il n'y a rien qu'on puisse offrir en termes d'augmentation du pouvoir d'achat, de distribution de cadeaux. Si on est une droite qui se respecte, on va remettre de l'ordre dans les comptes.

Ca ne veut pas dire distribuer des cacahuètes. On se tourne vers des sujets où on veut plus flatter son électorat que le décevoir. - C.Barbier: Sur les sujets régaliens, vous dites du mal de gens que personne ne défend: les narcotrafiquants, les clandestins... - C.Roux: Ca peut durer 2 ans comme ça? - C.Barbier: Ca va tenir un an, jusqu'aux municipales.

Il y a cette possibilité d'être un peu borgnes dans la manière d'aborder les sujets. Une fois que les municipales seront passées, ceux qui n'auront pas le courage de dire là où il faut redresser le pays, ils se disqualifient. Mais la démagogie a toujours été le poison. - B.Teinturier: Les défis économiques et sociaux sont bien plus complexes, mais ils sont là.

Il faut les affronter. - J.Jaffré: C'est l'axe d'E.Philippe, cet axe de parler des problèmes du pays et de nommer les problèmes du pays bien au-delà du segment.

C'est un chemin difficile. - C.Roux: Gagner la présidentielle... - J.Jaffré: Si vous parlez du sang et des larmes, ce n'est pas l'enthousiasme électoral qui suivra. - C.Roux: Il voulait la réforme des retraites à 67 ans.

Pour boucler la boucle sur D.de Villepin, il y avait ce récit dans "L'Express" que je voulais vous livrer sur sa stratégie. Vous dites qu'on ne peut pas gagner une présidentielle sans parti politique.

Un proche raconte la stratégie Villepin: un vol d'aigle qui, après avoir tournoyé longuement, fendrait en piqué ultrarapide une campagne courte, éclair et solitaire. Voilà à quoi ça va ressembler. - B.Teinturier: C'est de la poésie.

C'est flamboyant. Ce n'est pas de la politique. - C.Barbier: Cela dit, il y a un espoir pour lui.

Tous nos codes de la présidentielle volent en éclats à cause des réseaux sociaux, comme on a pu le voir en Moldavie et en Roumanie. Il y a cette inquiétude, mais aussi un espoir pour certains. - C.Roux: Nous en venons à ce rapport qui a suscité une certaine polémique, ou un certain émoi dans la population française.

B.Retailleau estime sans détour que c'est la charia que veulent instaurer les Frères musulmans en France. Depuis hier, la publication d'un rapport sur l'entrisme de cette mouvance islamiste fait débat dans certains établissements scolaires.

La défense de la laïcité n'est pas toujours facile. - La laïcité est-elle en danger à l'école? Delphine est professeure de lettres classiques dans le Val-de-Marne.

Elle nous raconte comment Ce principe est régulièrement mis à rude épreuve dans les salles de classe. - La montée du phénomène religieux est très sensible dans notre société, et l'école, ce n'est jamais que le réceptacle de toutes les problématiques qui traversent la société. Si bien qu'entre la montée du phénomène religieux et la montée d'une espèce d'esprit, je ne veux pas dire "woke", car c'est le mot fourre-tout, mais disons une sensibilité au communautarisme anglo-saxon, ces 2 phénomènes conjoints font naturellement de la laïcité l'épouvantail commun. - Comment faire comprendre la loi?

Comment expliquer que l'on peut moquer, caricaturer le prophète par exemple, à des jeunes parfois très attachés à des codes communautaires? - Ce qu'on essaie de leur faire comprendre, c'est qu'être gentil ou méchant, dans le débat public, ce n'est pas un critère. Par exemple, "Charlie" ou d'autres médias cherchent à choquer pour faire réfléchir, pour susciter le débat pour faire passer un message.

Ce n'est pas fait pour plaire à tout le monde. Quand ils demandent "pourquoi on ne peut pas caricaturer un prof", je leur dis qu'ils se trompent. Je leur dis de me caricaturer, mais par contre, qu'ils ne peuvent pas me dire qu'il faut me jeter par la fenêtre. - Différencier satire et appel à la haine...

Mais les jeunes sont parfois instrumentalisés par des adultes. Delphine en est persuadée, comme avec l'abaya. - C'était une attaque super futée de la part des ennemis de l'école républicaine.

Ca ne peut pas germer dans l'esprit d'un adolescent de 14 ans, cette idée géniale de dire "je vais tancer la loi de 2004 en venant avec un habit lié à une religion très spécifique, mais qui n'est pas un habit confessionnel directement". Ca montre que derrière certains de nos adolescents, il y a des adultes. Il y a des généraux lâches, planqués derrière des écrans qui envoient nos élèves mener la guerre républicaine dans notre propre classe. - Résultat: la peur s'est invitée dans l'esprit de nos professeurs. - Après l'assassinat de S.Paty, on pouvait encore essayer de se dire qu'il avait fait l'objet d'une cabale, qu'il avait été visé parce qu'on avait déformé ses propos.

On se dit que ça ne peut pas nous arriver. Après, il y a eu D.Bernard.

C'est un enseignant qu'on a tué sans aucune autre raison que parce qu'il était prof de français. Au moins, ça a eu le mérite d'être clair. Il n'y avait plus à douter sur le fait que l'islamisme cible l'école. - Delphine en veut aussi à une partie de la gauche qui, selon elle, laisse planer l'idée que la laïcité serait discriminante et islamophobe. - Ca a créé un climat de tension et de peur chez certains enseignants, qui ne se sentent pas suffisamment armés pour répondre à ces griefs.

D'une certaine manière, ce qui tue la laïcité à l'école, c'est presque moins le couteau des islamistes que l'anathème moral que certains craignent de subir dans la salle de classe de la part de certains parents, de certains élèves. Quand on n'aura plus de collègues qui, à 20 ou 30 ans, défendent la laïcité comme une valeur universelle et comme une valeur de gauche, alors on aura perdu. - C.Roux: Je voudrais vous demander de réagir à ce témoignage très fort. - J.Jaffré: Il montre la difficulté des situations d'enseignants dans leur vie et dans la façon dont on peut faire passer la notion de laïcité.

Le rapport qui vient d'avoir lieu et qui vient d'être cité sur les Frères musulmans, il est exagérément orienté dans la façon dont il est présenté. - C.Roux: Il y a une instrumentalisation de B.Retailleau, de ce rapport? - J.Jaffré: Les éléments du rapport...

Je ne l'ai pas lu en entier...

Il y a un problème d'incompréhension de la laïcité et un risque de stigmatisation de la population musulmane tout entière, qui pourrait considérer qu'elle ne peut pas exercer librement sa religion en France. Là, ce serait catastrophique, comme effet, si c'est l'interprétation qui en est retenue par les musulmans en France. Protéger les musulmans qui veulent exercer leur religion, sans vouloir l'imposer aux autres, comme notre conception de la laïcité.

C'est la liberté religieuse, mais pas imposer aux autres une conception de l'enseignement. La professeure vient de le dire. La liberté d'enseigner la Shoah...

Dans les clubs sportifs, égalité hommes-femmes. Si vous parlez de l'égalité hommes-femmes, les jeunes comprennent. Quand elle est atteinte, là, il y a quelque chose qui ne va plus.

Il faut remonter. Il faut parler beaucoup plus de la vie quotidienne. - C.Barbier: Ce que nous dit cette enseignante est que le loup est déjà entré dans certaines bergeries.

Les islamistes dressent leurs élèves contre leurs enseignants. Le risque est que le loup prenne la place des bergers. Il faut être vigilants.

B.Retailleau a commis 2 erreurs dans cette affaire de rapport. Organiser la fuite avant le Conseil de défense organisé par le président de la République sans arriver avec des solutions, ça lui a valu d'être remis à sa place par le président. 2e erreur, c'est d'avoir extrapolé les conclusions en tirant une conclusion idéologique et politique, "ils veulent imposer la charia", d'un rapport qui ne le dit pas.

Ca ne rend pas plus grave l'interrogation sur le risque encouru, mais on voit qu'il y a cette exploitation politique de B.Retailleau qui est critiquable. Par riposte, on a eu de la part de J.-L.Mélenchon l'habituelle exploitation du mot "islamophobie", pour donner l'impression que ceux qui s'inquiétaient de la montée du frérisme détestaient les musulmans.

Cette ambiguïté sur le thème est systématiquement utilisée par cette gauche, dont la professeure s'inquiète des orientations antilaïques. - S.Pierre-Brossolette: Quelle place donner aux musulmans?

Que tolérer dans la société actuelle de certains rites...

Certains éléments choquent jusqu'à pouvoir être considérés comme cultuels et pas acceptés dans les lieux publics...

La frontière est très ténue. On a été très tolérants, pendant trop longtemps, à l'école. Ca a donné des catastrophes.

On a toujours cette mauvaise conscience héritée du colonialisme, qui fait qu'on a peur de passer pour islamophobes. C'est ce que le rapport dit très bien. J'ai lu les 73 pages qui sont publiques, pas celles qui ne sont pas publiques.

Ils disent qu'une des choses où il ne faut pas se faire avoir, c'est le vocabulaire. Il ne faut pas tomber dans ce reproche d'être islamophobe. On peut dire des choses, on peut reprocher à quelqu'un d'être anti-musulman. "Islamophobe", ça fait partie des armes et des outils des Frères musulmans pour donner mauvaise conscience aux populations.

Je suis d'accord avec Christophe. Il y a eu une instrumentalisation par B.Retailleau.

Dans le rapport, c'est marqué que les Frères musulmans n'ont écrit nulle part que la charia est peut-être la nouvelle loi de la République. - C.Roux: A quel moment sommes-nous?

Dans 2 ans, il y aura la présidentielle. Dans quel but? Qu'est-ce qui est en train de se passer au sein du gouvernement?

On ne parle que de ça. - S.Pierre-Brossolette: Le RN est entre 30 et 35 % d'intentions de vote à la présidentielle.

Le thème de l'immigration n'y est pas pour rien. Tous ces futurs candidats de droite se disent que s'il y a quelque chose à aller attraper de ce côté-là, c'est en allant vers ce sujet. "M.Le Pen et Bardella nous ont rattrapés, voire dépassés." Ils se disent qu'il est peut-être temps d'en parler et d'en faire un vecteur lourd. - B.Teinturier: Je crois qu'il faut rappeler qu'au-delà de la laïcité, l'école est le lieu de la connaissance, de l'esprit critique.

Ca s'oppose à la religion. Ce n'est pas simplement la laïcité, c'est l'esprit critique, la connaissance contre la religion. Ca fait longtemps que les enseignants, dans nos enquêtes, nous disent que sur des questions de biologie, ils se trouvent confrontés à des difficultés à expliquer ce qu'il se passe, sur la façon dont l'univers s'est constitué.

C'est une opposition entre la croyance et la connaissance. Pas simplement entre la laïcité et la question de ce qu'on peut dire ou pas sur le plan de la religion. - C.Roux: C'est la nouveauté de ce rapport, les détails chiffrés...

Les voici. On a l'impression que tout le monde veut aller sur ce sujet. E.Philippe en a parlé tout à l'heure, il veut interdire le voile dans le sport de manière générale.

Il dit: "Ce serait contraire à la laïcité." Il prend un peu de recul par rapport à ce qui a été dit. G.Attal, qui vient du Parti socialiste, dit qu'il faut se poser la question...

Avant d'être macroniste, il était aux Jeunes socialistes. E.Philippe dit: "Aujourd'hui, il faudrait interdire le voile aux jeunes filles de moins de 15 ans." - J.Jaffré: Dans l'espace public.

Il s'est fait ramasser par les LR. C'est assez désopilant en termes de positionnement politique. On rentre dans une société du soupçon, du contrôle en permanence, qui est l'un des pièges tendus...

S'il y a des opérations des Frères musulmans, c'est de retourner nos valeurs contre nous, de montrer que nous ne respectons pas la liberté et que nous portons atteinte au droit des familles d'élever leurs enfants...

Vous voyez la mécanique infernale dans laquelle on veut nous placer. Ca mérite d'être réfléchi. Un mot sur les municipales.

Les municipales sont dans 10 mois. Il y a la constitution des listes. Là, il y a le soupçon d'un entrisme communautariste des Frères musulmans sur les listes.

Le préfet des Hauts-de-Seine, ancien directeur de cabinet de G.Darmanin, s'en inquiète beaucoup. Des candidats têtes de liste qui préparent des listes, il faut qu'ils puissent prendre des musulmans sur leur liste.

Avec ce raisonnement et cette façon de faire évoluer le débat, il est normal que dans une ville où il y a une population musulmane importante, la liste comprenne des musulmans. - C.Roux: Ce n'est pas la même chose. - J.Jaffré: Il y a un risque de suspicion sur les têtes de liste de dire: "Vous prenez des musulmans.

Est-ce que vous n'êtes pas en train d'accepter l'entrisme?" Il faut que les musulmans aient le droit d'être présents sur les listes électorales. - C.Barbier: Il ne faudrait pas qu'il y ait des listes avec des gens exclus parce qu'ils ne sont pas musulmans.

On a une carence communautariste. On laisse une prise aux communautaristes. Pour G.Attal, ne faisons pas un mauvais procès.

Son idée est mauvaise, mais pas pour les raisons qu'on voudrait dire. Il ne propose pas d'interdire le voile dans l'espace public aux jeunes filles de moins de 15 ans pour des raisons de laïcité, mais au nom de la protection de l'enfance. C'est un autre argument.

Il considère que ça...

Que ça met à part ces jeunes filles en dehors de la société. S'ils disent ça du voile, que diraient-ils d'une atteinte corporelle, qu'on appelle la circoncision? G.Attal a ouvert un débat qui ne peut pas avoir une issue positive. - C.Roux: Est-ce qu'il y a un autre discours que celui qu'on décrypte depuis le début de l'émission, en mettant de côté D.de Villepin, sur les sujets identitaires, sur les sujets liés au ministère de l'Intérieur, de l'intégration?

Est-ce qu'il y a, à gauche, un discours social-démocrate? de l'intégration par l'école, par les valeurs de la République. Le vrai bon débat est l'intégration et l'assimilation.

B.Retailleau l'a dit. Au-delà, on tombe vite dans la caricature. - B.Teinturier: Il n'y a presque plus de voix alternatives.

Elles ont échoué. L'idée s'est imposée que si on ne faisait pas comme le RN, si on essayait de faire ce qu'a fait Macron à un moment donné, ça ne marchait pas. Peut-être que pour se faire entendre des électeurs, il faut être aussi radical sur cette question que le RN, sinon, la crédibilité, c'est le RN qui l'a.

On verra avec B.Retailleau, parce qu'il est sur la ligne du RN et pas sur une ligne intermédiaire sur ces questions d'immigration. Est-ce qu'il mord sur l'électorat RN ou il peut parvenir à s'en détacher? - C.Barbier: Il attend l'élimination de M.Le Pen à la compétition. - S.Pierre-Brossolette: Dans la gauche sociale-démocrate, il y a quelques maires qui commencent à s'occuper de l'immigration.

Dans la campagne pour LR, on était tous passionnés. On regardait. Il y avait des thèmes, des attaques de part et d'autre, des pronostics...

Regardez l'atonie du PS. Ils n'ont pas la moindre idée sur rien. Les idées qui pourraient être neuves, ils n'en ont pas.

C'est le trou. Il y a un grand trou noir chez les sociaux-démocrates. On attend qu'ils apportent une alternative. - C.Roux: La surprise viendra peut-être d'ailleurs.

Au moment où la campagne de 2027 semble déjà lancée, une petite musique s'installe: et si les Français faisaient le choix d'un patron, d'un membre de la société civile, d'un grand sportif, d'un candidat hors système? Les sondages sont plutôt encourageants. M.-E.Leclerc ou T.Riner n'écartent pas l'éventualité de se lancer. - Et si c'était son prochain combat, la bataille de l'Elysée comme dernier ippon?

Lundi, T.Riner, quintuple champion olympique et businessman aguerri, se tenait aux côtés d'E.Macron comme ambassadeur pour le sommet Choose France.

De quoi donner une idée de reconversion au judoka, passé par Sciences Po. - T.Riner: Je ne ferme aucune porte.

Quand je fais quelque chose, c'est pour gagner, pour emmener des choses, une locomotive. - Gagner, il n'est pas le seul à y penser. En une de "Challenges", un visage et un nom qui reviennent De plus en plus pour 2027: celui de M.-E.Leclerc.

Le très médiatique patron des hypermarchés atteint les 20 %, à égalité avec F.Hollande, et entretient le flou. - M.-E.Leclerc: Je ne suis pas un homme de pouvoir, mais j'ai envie d'être utile.

Je vois plein de choses dans la société française qui ne fonctionnent pas. - Des mois qu'il court les plateaux pour décrypter le phénomène de l'inflation, lui, l'autoproclamé "président des consommateurs". - M.-E.Leclerc: On a bloqué le prix de la baguette, ça a fait hurler dans les chaumières.

On le tient. Tout le monde nous a suivis. - Il ne se prive pas de tacler d'autres grands patrons, comme le PDG de LVMH, B.Arnault, tenté de délocaliser aux Etats-Unis pour éviter les droits de douane. - M.-E.Leclerc: Je lance un appel à B.Arnault.

Fais société, fais nation, ça ne t'empêchera pas d'investir aux Etats-Unis. Nos collaborateurs ont besoin que les patrons jouent patriote. - Entre vraies ambitions et canulars, difficile parfois de s'y retrouver.

Le 30 avril dernier, l'hebdomadaire "Valeurs actuelles" agite la possibilité d'une candidature de C.Hanouna. - C.Hanouna: Je suis crédité de 10 % dans le sondage.

Ce n'est pas catastrophique. - L'ancien animateur de "Touche pas à mon poste!" joue le suspense.

Il dément et évoque une farce, un mail avec un programme politique envoyé à une liste de contacts. Faut-il le croire? - C.Hanouna: Il faut relancer la machine économique.

Il faut un salaire minimal pour les Français entre 2200 et 2300 euros. - Parmi les autres personnalités publiques françaises testées pour leur potentiel électoral, V.Lindon, crédité de 13 %.

Bien plus haut que le député du RN, J.-P.Tanguy. - C.Roux: Je sens que vous avez envie de réagir à ce reportage. - B.Teinturier: On a un reportage avec des figures qui mettent l'accent sur l'économie, le pouvoir d'achat, le salaire net des Français, alors que juste avant, on était sur l'islam, le régalien, la sécurité...

Il faut les 2 dans une campagne présidentielle. Ce moment où on dit "pourquoi pas Hanouna" et "pourquoi pas M.-E.Leclerc"...

Il y a quelque chose qu'il faut pointer, c'est les questions de potentiel électoral. Cela ne veut pas dire grand-chose, de mon point de vue. L'élection présidentielle n'est pas une question de potentiel, c'est une question de choix entre différentes personnalités.

Si vous vous demandez s'il est exclu de voter pour Hanouna, vous aurez des gens qui vous diront oui. Est-ce que vous allez le faire? C'est toute la différence entre la popularité et une possibilité. - C.Roux: Quand on interroge les Français, ils ne sont pas hostiles d'envoyer un patron à l'Elysée.

Ils se font plaisir, lorsqu'ils répondent favorablement à ces questions? - B.Teinturier: Ca montre qu'ils cherchent autre chose.

Ca montre l'état de déception. Le macronisme était un dégagisme de la gauche et de la droite. Ca montre le dérèglement du système, le malaise démocratique, la recherche par les Français d'autre chose, mais ça ne suffit pas... - C.Roux: Est-ce qu'on est dans un moment singulier, quand vous voyez ce paysage avec des personnalités qui se sentent autorisées à dire que ça les intéresse? - B.Teinturier: Oui.

C'est singulier. Il n'y a jamais eu autant de choses que ça. On avait eu, à l'époque, le patron de Peugeot dont on parlait.

On a l'impression que ça vient de toutes les sphères: sportive, télévision, entrepreneurs...

Ce qui est singulier, c'est le moment. C'est le moment où le système politique s'est considérablement déréglé, où les Français contemplent une scène théâtrale et ont envie de quitter la salle. Il ne s'y passe plus grand-chose.

Ca autorise des tas d'acteurs à se dire qu'ils feraient bien un petit tour. - C.Roux: Vous le prenez comme un signal d'alerte pour les classes politiques? - J.Jaffré: Il y a une frénésie médiatique et d'ego.

Tout ça cumulé, ça nous annonce une année qui va être quelque chose. L'élection est déréglée. Le président ne peut pas se représenter.

Les partis politiques sont affaiblis et contestés. Ils ne veulent même plus de primaire. La notion de primaire est révolue.

Chacun considère qu'il a sa chance, dans ce système. Il y a la crise de la fonction présidentielle. Ca, c'est nouveau.

Sous la Ve République, c'était quelque chose. Là, vous avez l'idée qu'on pourrait avoir un président arbitre, incarnation du pays...

La réalité du pouvoir entre l'Assemblée et le Premier ministre...

Vous avez un T.Riner qui pourrait incarner la nation dans sa fraternité, dans son refus du racisme qu'il porte dans sa personnalité et dans les succès qu'il a rencontrés. Vous pouvez avoir M.-E.Leclerc qui dit: "Je me préoccupe du pouvoir d'achat des Français et j'y veillerai à l'Elysée, si j'y suis." Il est évident que M.-E.Leclerc est beaucoup plus invité qu'avant sur les plateaux.

Il a le droit à la question sur la présidentielle. "Il faut faire nation. Il faut faire société". - C.Roux: Est-ce qu'il ne porte pas aussi, sur la classe politique, un regard acéré, avec une forme de bilan et d'échec de la classe politique, notamment sur des questions du pouvoir d'achat ou d'identité?

Est-ce que ce n'est pas ça qu'il pose? - S.Pierre-Brossolette: C'est la conséquence d'un constat d'impuissance.

On a mis 50 types de Premiers ministres et à chaque fois, on a les mêmes promesses et les mêmes échecs. Il y a un espèce de découragement. On se dit: "Pourquoi pas mettre quelqu'un qui nous fait plaisir?" T.Riner est sympa.

Autant avoir quelqu'un de sympa à l'Elysée que quelqu'un qui nous déçoit." Je crois qu'il y aura un atterrissage. L'espoir venu d'ailleurs, ça va un temps.

L'état du monde, l'état de la France...

Les Français ont compris que les choses étaient plutôt graves. - C.Roux: V.Zelensky était comédien. - S.Pierre-Brossolette: Il y aura un atterrissage. - C.Barbier: Pour que toutes ces personnalités soient président de la République, il faut qu'il y ait une VIe République.

La présidentielle, c'est une corrida. Il y a les toreros qui vont affronter le taureau, le peuple. Avant, il y a des clowns qui descendent dans l'arène et agitent leur drapeau.

C'est à ça qu'on assiste. M.-E.Leclerc, s'il était candidat, il appliquerait ses idées.

Il dirait aux agriculteurs qu'il est pour les prix bas et qu'ils vont gagner moins. Il n'y a pas de compatibilité entre l'expression dans le débat public de convictions, d'idées dérangeantes, et la construction d'un programme présidentiel qui réunissent 50 % des électeurs. - B.Teinturier: La fonction présidentielle est atteinte dans l'opinion, mais il y a une Constitution qui confère toujours des pouvoirs extrêmement élevés pour le président de la République.

Avant de confier les clés du camion à quelqu'un, il y a le bouton nucléaire, il y a la capacité à affronter des crises graves. Je ne pense pas qu'on confiera les clés du camion à quelqu'un qui n'aurait pas cette crédibilité. - C.Roux: Il ne peut pas y avoir un effet Trump?

Aujourd'hui, il peut y avoir de l'outrance, une forme d'imprévisibilité? - B.Teinturier: Trump a été candidat à des primaires.

Il a fait ce travail. Ce n'est pas quelqu'un qui surgit de nulle part en politique. - C.Barbier: Nous, il faut trouver 22 millions d'euros. - C.Roux: Et 500 parrainages. - J.Jaffré: Les partis ne veulent plus des primaires.

Il y a un certain contrôle des candidatures par les politiques dans ces conditions. - C.Roux: Nous en revenons à vos questions.

On revient à D.de Villepin. Question. - C.Barbier: L'envie d'exister.

Quand on a été au sommet, il a été Premier ministre et présidentiable...

A la fin de l'année 2005, il est extrêmement populaire. Quand on a frôlé cette lumière, la capacité, 20 ans après, de revenir sur la scène, c'est irrésistible. Il dit qu'il n'est lié à aucune puissance, mais il vend des conseils à tout le monde. - C.Roux: Question. - C.Barbier: 6 mois. - B.Teinturier: Il y a des souvenirs de D.de Villepin qui ne sont pas que des souvenirs positifs, sur son action politique. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Son absence et le manque de discipline du gouvernement sont criants.

C'est une absence tactique. Qu'est-ce qu'il aurait à gagner aujourd'hui, F.Bayrou, à dire "calme-toi" à B.Retailleau?

Il prendrait des coups de tous les côtés. - B.Teinturier: Son autorité s'étiole.

Il a un record d'impopularité. - C.Roux: Combien de temps ça tient? - S.Pierre-Brossolette: Jusqu'à l'automne.

Jusqu'au budget. - C.Barbier: Personne ne peut le virer, sauf la censure.

Macron n'a pas intérêt à se débarrasser de Bayrou. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: L'objectif pour lui est de ne pas être rattrapé.

En sortant au bon moment du gouvernement, il faut que la question du bilan ne soit pas posée. C'est un jeu. Il faut calculer le moment. - C.Barbier: D'ici-là, il fait du saute-mouton.

Il n'a pas la possibilité d'échouer sur un thème car il en change tout le temps. - C.Roux: Question.

Il est encore de droite? - B.Teinturier: Il n'est pas ancré dans un camp partisan.

Il développe des thèses qui séduisent davantage les sympathisants de gauche, voire de La France insoumise. - C.Roux: Question. - J.Jaffré: Pour B.Retailleau, il est assez proche, sur le plan des idées qu'il développe, du RN, mais son adversaire est le RN.

C'est ça, son problème. Les électeurs de droite, en 2024, sont partis au RN. Ce n'est pas vers le centre qu'il trouvera les voix...

C'est l'hypothèse où M.Le Pen ne pourrait pas être candidate, où J.Bardella candidat ne tiendrait pas la distance.

C'est tout le calcul sous-jacent dans le positionnement des Républicains. - C.Barbier: Il accuse le RN d'être sur un programme économique et social de gauche.

Celui de B.Retailleau ne serait pas de gauche, mais on ne sait pas trop ce qu'il serait. Il n'a pas encore pris la parole sur ces grands dossiers. - S.Pierre-Brossolette: D.de Villepin a raison.

Ils ont une similarité de programme, B.Retailleau et le RN. - C.Roux: Merci.

C'est la fin de cette émission. On va en refaire, des émissions sur la course des egos, la bataille des egos. Il est l'heure de retrouver toute l'équipe de "C à vous". - A.Casse: Un attentat à Washington a eu lieu.

Deux membres de l'ambassade juive ont été tués. On en parle avec l'ambassadeur d'Israël en France.

Villepin / Retailleau : la guerre est déclarée ! - C dans l’air - 22.05.2025 — Bruno Retailleau · Pourquijevote