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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 septembre 2023 26 min

Indemnité carburant, glyphosate, immigration... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Hier soir, vous avez été élu sénateur de Paris. Ça tombe bien, votre mandat de député européen allait se terminer dans quelques mois. En fait, c'était impensable pour vous de revenir à la société civile et de ne pas enchaîner avec un nouveau mandat ?

0:16
Yannick Jadot

Je crois que notre pays, aujourd'hui, est totalement à l'arrêt, tétanisé par son futur, angoissé par son présent. On voit à quel point on est pris de vertige, on est angoissé, on n'arrive plus à se mettre en mouvement et il nous faut de l'écologie. Il nous faut de l'écologie politique pour retrouver des sujets autour desquels on va se mobiliser ensemble, on va se réconcilier. Je pense que j'ai une responsabilité à porter encore l'écologie politique dans notre pays. Vous savez combien la menace du Rassemblement national pèse sur 2027. Je veux contribuer à l'émergence d'un projet alternatif, d'une alternance positive en 2027.

Je veux faire en sorte que mon pays, qui est tellement en retard sur l'environnement, notamment dans son application, dans sa transposition des règles européennes en matière d'environnement, soit à la hauteur du défi climatique. Et je veux aider à ça. Donc, je serai au Sénat et je suis heureux d'être élu avec de nouvelles sénatrices, de nouveaux sénateurs au Sénat. Le groupe écologiste au Sénat se renforce. Il se fait ministre. C'est une bonne nouvelle pour notre pays.

1:28
Présentateur

Sénateur de Paris, pour être plus proche de la mairie de Paris dans trois ans ?

1:31
Yannick Jadot

Alors, vous savez, je crois que les Françaises et les Français, comme beaucoup d'ailleurs d'élus, c'est un peu compliqué, le mode de scrutin à l'élection sénatoriale. Mais il y a une vérité, c'est que quand vous faites une campagne sénatoriale et que vous êtes élu sénateur, c'est pour être sénateur.

1:47
Présentateur

Pendant six ans. Voilà. Vous le garantissez. Pendant six ans, vous resterez sénateur.

1:51
Yannick Jadot

Je suis sénateur, très heureux d'être élu sénateur et je représenterai le territoire parisien au-delà, évidemment, de mon pays. Et donc, vous savez qu'il y a des problématiques parisiennes extrêmement fortes. Les transports, l'adaptation aux canicules, la question des compétences de Paris.

2:08
Présentateur

Non, mais pour que ce soit clair, la mairie de Paris, ce sera non.

2:10
Yannick Jadot

Mais là, je suis sénateur et je suis très heureux d'être sénateur.

2:15
Invité

Les transports, lors de son interview hier, Emmanuel Macron a annoncé vouloir demander aux distributeurs de vendre leur carburant à prix coûtant, c'est-à-dire de renoncer à leur marge pour faire face à l'inflation. C'est ce qu'il faut faire.

2:28
Yannick Jadot

Éviter l'abus de marge sur les prix des carburants, c'est une évidence. Maintenant, on sait parfaitement que si on demande aux distributeurs et notamment aux grandes surfaces de vendre le carburant à prix coûtant, ils vont compenser sur les pâtes, sur la viande et sur le reste de ce qu'ils vendent en magasin. Donc, le sujet aujourd'hui, c'est de faire en sorte que celles et ceux pour qui le coût des carburants est devenu dramatique dans leur déplacement, dans leur pouvoir d'achat, soient aidés. Donc, vous êtes d'accord avec ce qu'a annoncé Emmanuel Macron, l'indemnité carburant de 100 euros ?

Je préfère de très loin un chèque énergie qu'une ristourne ou ce qu'a été le bouclier tarifaire pendant longtemps qui a coûté très très cher et qui bénéficiait essentiellement à ceux qui ont des grosses voitures et qui n'ont pas besoin d'être aidés.

3:23
Invité

Donc, concrètement, la mesure qui a été annoncée hier soir, c'est-à-dire indemnité carburant, 100 euros par véhicule pour les plus modestes qui travaillent.

3:29
Yannick Jadot

Là, ça va dans la bonne direction, mais ça ne suffit pas.

3:33
Présentateur

S'il faut faire de plus ?

3:35
Yannick Jadot

Par exemple, vous savez qu'il y a un forfait mobilité durable dans les entreprises. Aujourd'hui, il est facultatif. Les écologistes ont toujours porté l'idée que ce forfait mobilité durable soit obligatoire pour les entreprises et qu'on prenne, par exemple, en compte le covoiturage. Beaucoup de Françaises et de Français aimeraient covoiturer, surtout si c'est pris en charge par les entreprises. On a des efforts massifs à faire dans les transports collectifs. Et je n'ai pas entendu le président de la République hier citer les transports collectifs.

4:13
Présentateur

Vous savez que c'est compliqué dans les territoires ruraux ?

4:17
Yannick Jadot

Non, c'est d'autant plus compliqué qu'on ferme les gares. C'est d'autant plus compliqué qu'on n'investit plus dans les TER. C'est d'autant plus compliqué qu'on n'investit plus dans l'entretien des rails.

4:27
Présentateur

Il y a un plan de 100 milliards qui a été annoncé pour le ferroviaire.

4:30
Yannick Jadot

Non, il y a un plan de 100 milliards d'ici 2040. D'ici 2040. Ça prend du temps pour les donner. Non, parce qu'à un moment donné, c'est de l'argent sur la table. Aujourd'hui, quand vous regardez nos pays voisins, ils investissent massivement sur le rail. Aujourd'hui, vous avez en France, par habitant, on investit trois fois moins que les Allemands ou les Britanniques sur le train. Nous avons besoin de trains qui arrivent à l'heure. Nous avons besoin de trains qui soient accessibles. Nous avons besoin de transports collectifs. Regardez le bazar absolu en Ile-de-France et dans nos métropoles. Heureusement que les écologistes gèrent certaines métropoles.

Mais je sais que des Françaises et des Français n'ont pas accès aux trains, n'ont pas accès aux transports collectifs. Et vous pensez vraiment que c'est en donnant 10 000 euros sur des véhicules électriques en coût de 60 000 qu'on va aider les personnes à remplacer leur Clio ou leur 208. Ce n'est pas comme ça que ça doit marcher. Donc faisons des véhicules électriques moins chers, moins lourds, moins sophistiqués. Développons les transports collectifs. Et c'est comme ça qu'on aidera les Françaises et les Français. Au-delà du chèque énergie que j'ai mentionné.

5:43
Invité

L'année prochaine, le gouvernement prévoit de consacrer 40 milliards d'euros contre 33 en 2023 à la transition écologique. Là aussi, ça va dans le bon sens ou pas ?

5:54
Yannick Jadot

Rajouter 7 milliards. Dès l'année prochaine. Dès l'année prochaine. On va voir exactement ce qu'il y a dedans. Aujourd'hui. Ça va dans le bon sens. Ça va dans le bon sens. Mais vous savez parfaitement, et c'est le rapport Mahfouz-Pizani-Ferry, au-delà de ce que portent les écologistes et de tous les experts depuis longtemps, il faut au moins 60 milliards pour être à la hauteur du défi de la transition écologique. Si, dans cet argent-là, on continue à financer des méga-bassines dans des régions où il n'y a plus d'eau, ce n'est pas de l'argent qui va vers la transition agricole, c'est de l'argent qui va contre la transition agricole.

Donc, au fond, on attend de savoir ce qu'il va y avoir précisément dans ce plan.

6:38
Présentateur

Est-ce que va annoncer cet après-midi le président Macron ?

6:40
Yannick Jadot

Il y a un sujet, et je le porte ici à chaque fois que je viens. L'isolation des logements, l'isolation des bâtiments. Ça, c'est prévu. Non, il rajoute 400 millions.

6:50
Présentateur

Elle a été doublée.

6:51
Yannick Jadot

Mais ça ne marche pas. Vous avez la Cour des comptes. Et on accentue sur la rénovation globale. Tous les experts disent que ma prime rénovation, c'est une catastrophe dans l'utilisation de l'argent public.

7:03
Présentateur

Sur le symbole.

7:04
Yannick Jadot

Il nous faut... Non, non, pardon. Mais les Françaises et les Français ont subi la canicule cet été. On va avoir de plus en plus des canicules et de plus en plus violentes. Vous savez qu'on a un tiers, 40% des Français qui ont froid l'hiver dans les quartiers populaires.

7:23
Présentateur

Donc 4 milliards, c'est insuffisant ?

7:24
Yannick Jadot

La chaleur l'été, c'est 70% des logements. Il faut mettre, et c'est tout ce que les experts disent, au moins 10 milliards par an sur le logement. C'est de la création d'emplois. C'est de l'aide au pouvoir d'achat si essentiel. C'est être moins dépendant de l'énergie et de nos importations d'énergie. S'il devait y avoir un chantier, si le président de la République pouvait être une fois enthousiaste sur l'écologie, il dirait, on va mettre le paquet sur l'isolation des logements. On va mettre le paquet sur l'isolation des bâtiments. On va mettre le paquet sur les énergies de la vie.

Qui crée un peu d'enthousiasme autour de l'écologie, plutôt que d'en faire une sorte de spectacle où on n'agit pas à la fin.

8:07
Invité

Yannick Jadot, tout nouveau sénateur de Paris, élu hier soir. Vous êtes notre invité ce matin sur France Info. On vous retrouve juste après le fil info à 8h41. Maureen Suignard.

8:15
Présentateur

100 euros par voiture et par an face à la flambée des prix des carburants. Emmanuel Macron annonce la mise en place d'une aide pour les travailleurs modestes. Un nouveau chèque pour ceux qui utilisent leurs voitures. Le chef de l'État abandonne sa proposition de vente à perte pour les carburants, mais demande aux distributeurs de vendre à prix coûtant. Le chef de l'État qui annonce également le retour de l'ambassadeur de France au Niger. Cela faisait plusieurs jours qu'il ne pouvait pas quitter l'ambassade. Les 1500 militaires français rentreront eux d'ici la fin de l'année. La Jeinte qui a pris le pouvoir cet été célèbre une nouvelle étape vers la souveraineté.

L'Ukraine dénonce des attaques massives sur la région d'Odessa dans le sud du pays. Les autorités font état de dégâts importants. Moscou affirme de son côté avoir abattu plusieurs drones lancés par Kiev. Retour progressif à la normale ce matin à la SNCF après une grosse panière à Massy. Les trains qui partent de la gare Montparnasse à Paris sont à l'heure, mais des retards sont signalés pour ceux qui arrivent dans la capitale jusqu'à 1h30. Deux trajets en plus ce matin. France Info. Le 8.30 France Info. Jérôme Chapuis. Saliabraclia. Toujours avec le sénateur nouvellement élu de Paris, l'écologiste Yannick Jadot.

On parlait juste avant le fil info de la planification écologique annoncée, qui doit être annoncée cet après-midi par le président de la République. Sur le fond, le président a déjà annoncé hier la fermeture des deux dernières centrales à charbon pour les convertir à la biomasse. C'est un symbole ?

9:43
Yannick Jadot

C'est un symbole. Vous le remerciez ? Il y a cinq ans, il faisait exactement la même promesse. Il y a cinq ans, il faisait exactement la même promesse qu'à la fin de son mandat, nous n'aurions plus de centrales à charbon. Alors c'est bien si à chaque mandat, alors c'est le dernier et c'est plutôt souhaitable, si à chaque mandat, il refait les mêmes promesses, qu'est-ce qu'il va nous raconter ? On vous objectera, il y a eu la guerre en Ukraine, il y a eu un hiver. Il a parlé d'un truc extraordinaire, il a dit l'écologie à la française. Ça, j'ai adoré. Alors il y aurait un dérèglement climatique à la française, il y aurait un effondrement de la biodiversité à la française.

Il y a des réponses françaises. Vous savez ce que c'est l'écologie à la française ? C'est la France condamnée par l'Europe sur la pollution de l'air. La France condamnée par l'Europe pour ne pas atteindre ses objectifs en matière d'énergie renouvelable. La France condamnée par l'Europe sur les espèces protégées qui sont abîmées notamment ou tirées par les chasseurs. C'est la France condamnée par l'Europe sur l'efficacité énergétique. Ça, pour l'instant, c'est l'écologie à la française. D'Emmanuel Macron, il nous faut une écologie de la mobilisation de la société. C'est comme ça qu'on remettra la société en mouvement.

Alors allons-y, mettons le paquet, investissons, faisons de l'accompagnement social pour que les plus vulnérables, les plus fragiles soient les grands vainqueurs de la transition écologique et investissons sur nos industries. Ça, ça ira dans le bon sens. Yannick Jadot.

11:03
Invité

On a l'avenir puisque vous parliez de l'écologie et de l'Europe. La Commission européenne propose de renouveler pour 10 ans l'autorisation du glyphosate dans l'Union européenne. Que doit voter la France le 13 octobre prochain ? Ce sera le jour de la décision.

11:17
Yannick Jadot

Mais vous vous souvenez de l'engagement, la promesse du président de la République ? C'était d'interdire le glyphosate en France et d'arrêter. Là aussi, promesse non tenue. J'espère que cette fois, puisque le président de la République...

11:27
Présentateur

Mais est-ce que vous pouvez arrêter tout cher quand l'Europe dit non ?

11:29
Yannick Jadot

Non, non, attendez, l'Europe ne dit pas non, ce sont les États qui vont décider. La Commission européenne est aujourd'hui en train d'agir de manière totalement politique pour satisfaire la droite et l'extrême droite en Europe en remettant l'agenda environnemental de côté. Vous vous rendez compte que la Commission européenne propose de renouveler le glyphosate de Monsanto, Bayer aujourd'hui, alors qu'aux États-Unis, Monsanto a été condamné à verser 10 milliards de dollars pour 10 000 victimes des maladies liées au glyphosate. On est totalement dingue. L'INSERM en France, l'Institut sur la recherche médicale, qui dit c'est cancérigène,

12:12
Invité

ça veut dire qu'il y a un problème, très clairement, pour vous, avec les autorités européennes de sécurité. Mais c'est quoi le problème ?

12:23
Yannick Jadot

Le problème, en fait, ça fait, moi j'ai déjà en 2009, quand on a fait le grenelle de l'environnement, avec Borloo, il fallait changer les méthodes d'évaluation de l'agence européenne. Ils n'ont pas les bons chiffres, c'est quoi ? Un, ils disent, ah ben oui, alors on propose la réautorisation, mais on ne connaît pas les conséquences à long terme sur les personnes, on sait que ça peut être très dangereux, mais surtout, le problème des autorités européennes, c'est qu'elles se fondent pour valider les autorisations sur les données de Monsanto. Monsanto qui a été prise en flagrant délit de mensonge à la science, de mensonge aux autorités publiques.

Donc j'espère que ce soir, le président de la République dira, comme il l'a dit il y a cinq ans, la France votera contre une nouvelle autorisation du glyphosate. C'est des cancers le glyphosate.

13:13
Présentateur

Et tant pis pour les agriculteurs qui n'ont pas d'autres alternatives.

13:17
Yannick Jadot

Il y a, tous les agriculteurs ont d'autres alternatives. Il y a des pays qui ont interdit le glyphosate. Il y a plein d'agriculteurs qui s'en passent. Est-ce qu'on peut arrêter, y compris de mépriser ceux qui s'en sont passés pour notre santé, pour leur santé, pour la santé de l'environnement et accompagner tous les autres vers la sortie du glyphosate ?

13:36
Présentateur

Le pape a raison, mais on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Nous faisons notre part. C'est ce qu'a répondu Emmanuel Macron au pape qui a mis en garde les dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, contre, je cite, le fanatisme de l'indifférence face à ce qui se passe en Méditerranée. Il a raison de lui répondre ça, le président de la République ?

13:51
Yannick Jadot

Non. Je pense que quand le pape parle de fanatisme, de l'indifférence, il a face à lui Emmanuel Macron, qui est un fanatique de l'indifférence. Il a sorti hier soir à peu près tous les poncifs de l'extrême droite sur l'immigration depuis des années. Sur le mode, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

14:10
Présentateur

C'était Michel Rocard, ce n'était pas un monsieur d'extrême droite.

14:13
Yannick Jadot

Mais quand il dit, non, non, non, attendez, parce que Michel Rocard ne s'est jamais arrêté à ce bout de phrase. Il a dit, mais nous devons faire notre part. Et Emmanuel Macron ne fait pas sa part. La France, même sur les Ukrainiens, on accueille beaucoup moins que les autres pays européens. On a, il y a, même si on prend au niveau mondial, il y a 800 000 réfugiés soudanais au Tchad, qui est l'un des pays les plus pauvres du monde. Et on bloque 7 000 qui arrivent à Lampedusa. Mais c'est quoi cette blague qu'on ferait notre part ? Deuxièmement, il dit, notre système social est généreux.

C'est une contre-vérité, un mensonge sur l'idée qu'en fait, l'immigration nous coûterait de l'argent, y compris sur le système social. Il va falloir que dans ce débat, et pardonnez-moi, c'est aussi votre responsabilité, à toutes et à tous, qu'on arrête de laisser passer que l'immigration, ça coûte cher. Toutes les études, toutes les enquêtes démontrent que l'immigration sur le modèle social, sur les finances publiques, c'est plutôt bénéfique. Qu'on arrête de raconter cette histoire d'appel d'air. Il n'y a pas une enquête, pas une étude, qui dise que même quand on régularise, ça crée un appel d'air. Tout ça, ce sont des mensonges.

15:29
Présentateur

Il essaie de trouver une solution à ce qui se passe aux arrivées massives. Il veut conditionner les aides aux développants qui sont envoyées.

15:34
Yannick Jadot

Quelles arrivées massives, madame ?

15:36
Présentateur

11 000 migrants en quelques jours, en moins d'une semaine, sur l'île de Lampedusa.

15:41
Yannick Jadot

Sur 450 millions d'habitants en Europe ? Oui, mais sur une île de 8 000 habitants. Non, mais quand vous-même, je parle de notre responsabilité collective. Quand l'information, ça a été de dire, il y a 7 000 personnes qui sont arrivées à Lampedusa, c'est plus que la population de l'île de Lampedusa. Mais de quoi on parle ? On parle de la porte d'entrée sur l'Europe. Est-ce qu'à un moment donné, c'est le pape qui est réaliste ? C'est le pape qui est pragmatique ? Et pardonnez-moi, c'est ce que nous défendons depuis longtemps. Accueillir en dignité. Nous faisons une toute petite part. L'accueil des réfugiés dans le monde.

Qu'est-ce qu'on va faire à écouter la droite, l'extrême droite et ce gouvernement ? On va arrêter d'accueillir les étudiants ? On va faire de notre France un pays rabougri, replié, qui accueille plus d'étudiants ?

16:29
Présentateur

Pour vous, il ne faut rien faire avec les pays d'origine et les pays dits de départ ?

16:31
Yannick Jadot

Mais il faut les aider à faire en sorte que les gens n'aient pas à partir.

16:35
Présentateur

Donc conditionner les aides au développement, c'est ce que propose Emmanuel Macron ?

16:38
Yannick Jadot

Non, parce que ça ne marche pas en vrai. Ça ne marche pas. Aujourd'hui, notre besoin, effectivement, c'est de faire plus de soutien à ces pays-là. Et pas pour que Total aille ramasser du pétrole en Afrique, ou que Areva ramasse de l'uranium, mais pour les aider réellement. Et encore une fois, on a besoin de cette immigration. Elle est bonne pour notre pays, culturellement, politiquement, socialement, économiquement. On a des secteurs entiers qui dépendent de l'immigration. Les aides à domicile, on va avoir besoin de 800 000 personnes d'ici 2030.

17:16
Présentateur

Mais on vous répond qu'il reste 7% de chômeurs en France.

17:19
Yannick Jadot

Mais vous savez, c'est incroyable. Même les fachos en Europe, Orban et les Polonais, le gouvernement polonais, qui font de la xénophobie leur quotidien quand ils parlent à la télé. Ils font venir des centaines de milliers de migrants pour faire tourner leur économie. Des centaines de milliers ? Bien sûr, le Brexit qui s'est construit sur la haine de l'étranger. Regardez l'état de la Grande-Bretagne, c'est une faillite économique, sociale, culturelle. Accueillons en dignité, travaillons à former, à accompagner.

On a besoin de ces immigrés parce que c'est la France, parce que c'est l'état du monde et parce que franchement, si on faisait de la dignité, on sortirait de l'indignité et du désordre qui est le cas aujourd'hui.

18:04
Invité

Yannick Jadot, invité de France Info ce matin. On vous retrouve dans une minute, juste après le fil infos à 8h51. Maureen Suignard.

18:11
Présentateur

Le Sénat continuera à être ce contre-pouvoir indispensable à la démocratie, affirme son président Gérard Larcher. Le sénateur Les Républicains tout juste réélu. L'union de la droite et des centristes reste majoritaire. Le Rassemblement National signe son retour avec trois sièges. Le Parti Socialiste se maintient et la majorité passe de 24 à 20 sénateurs. Pas d'interdiction des chaudières à gaz. Emmanuel Macron veut à la place tripler la production des pompes à chaleur. Le chef de l'État annonce aussi la sortie du charbon en 2022. Les deux dernières centrales, Cordemais et Saint-Avold, seront converties.

Celle de Saint-Avold avait déjà été fermée en 2022 avant d'être réactivée l'hiver dernier à cause des tensions sur le marché énergétique. 10 personnes interpellées tout ce matin à Valence dans la Drôme. C'est une information France Info. Ces personnes sont soupçonnées de faire partie d'un groupe très actif dans le trafic de stupéfiants. Elles sont aussi soupçonnées d'avoir participé à des fusillades. Réveil difficile pour les supporters de l'OM ce matin après l'écrasante victoire du PSG. 4-0 pour ce Classico et cela même avec la sortie de Kylian Mbappé sur blessure. Pas un problème sérieux, assure l'entraîneur parisien. France Info Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia.

19:30
Invité

Toujours avec Yannick Jadot, nouveau sénateur écologiste de Paris. La France rappelle...

19:34
Yannick Jadot

C'est donc juste sur l'immigration, il faudra régulariser. Donc vous voterez le texte qui arrive au... Tous les travailleurs sans papier. Il faudra vraiment sortir de la précarisation de l'indignité des personnes qui sont celles, les personnes qui se lèvent tôt, les personnes qu'on a applaudies pendant le Covid et les personnes qui vivent aujourd'hui dans des conditions insupportables alors qu'elles sont clés dans notre économie.

19:58
Invité

Donc vous voterez sans doute l'article 3 du texte d'immigration.

20:01
Yannick Jadot

On verra dans quelles conditions est fait parce que ce que est en train de faire le gouvernement c'est une sorte d'usine à gaz. Vous êtes régularisé un an et si au bout d'un an on considère que ce n'est plus un métier en tension, vous reprenez une OQTF qui n'est pas applicable.

20:15
Invité

Tout ça est lamentable. Yannick Jadot, question d'actualité importante. La France rappelle son ambassadeur au Niger, décision annoncée hier soir par Emmanuel Macron. Est-ce que c'est une défaite pour la France ?

20:25
Yannick Jadot

En tout cas, c'est une défaite pour la politique du président de la République de ces dernières semaines. Évidemment, le président de la République n'est pas responsable de tous les coups d'État qui se déroulent en Afrique. Mais l'ambiguïté de la France par rapport à la situation du Niger qui a été à un moment donné potentiellement de soutenir une intervention militaire contre le coup d'État, de jouer une forme d'obstination par rapport à la situation, ça ne va pas.

20:56
Présentateur

Il aurait fallu dialoguer avec les poutchistes ?

20:58
Yannick Jadot

Non, mais il n'aurait pas fallu se mettre du côté de celles et ceux qui voulaient, au fond, intervenir militairement et créer une situation de déflagration régionale. Je pense qu'aujourd'hui, la réalité, on le voit dans différents pays, c'est qu'il faut sortir les militaires français d'Afrique. Il n'y a plus de raison d'avoir des militaires, y compris qui sont vus comme une ingérence étrangère et qui n'interviennent plus. Donc ça veut dire qu'ils ont pris au Tchad, par exemple, y compris au Tchad ?

Écoutez, il y a potentiellement encore la possibilité de faire de la lutte antiterroriste, mais la réalité aujourd'hui, c'est qu'on est vus comme un pays qui fait de l'ingérence, on est vus comme un pays néocolonial. Il y a beaucoup d'instrumentalisation contre la France, mais incontestablement, la France n'est pas sortie non plus d'une sorte de... Achille Bembe parle de désamour déçu. Nous devons reconstruire notre relation avec l'Afrique, qui est beaucoup moins sur la prédation sur les ressources. On a parlé de Total en Ouganda, en Namibie, on pourrait parler d'autres multinationales françaises, d'ingérence en fonction des pays.

Je veux dire, moi, je n'aime pas le coup d'État au Gabon, mais pour les Gabonais, le soutien de la France en permanence à la famille Bongo, à la réélection par tricherie de la famille Bongo. Forcément, à un moment donné, les jeunes dans les rues, ils ne supportent plus la France et ils soutiennent un coup d'État militaire parce qu'ils ont l'impression que c'est la seule façon d'avoir une alternance politique. Donc, il nous faut repenser notre relation à l'Afrique en misant sur la jeunesse et donc en arrêtant de dire plus de visa pour les personnes de la culture qui viennent de pays, plus de visa pour les étudiants.

C'est à travers la jeunesse, à travers l'aide au développement, à travers la lutte contre le dérèglement climatique qu'on reconstruira une relation assainie avec l'Afrique.

23:04
Présentateur

Yannick Jadot, la journaliste indépendante Ariane Lavrieux a été placée pendant 39 heures en garde à vue. Son domicile a été perquisitionné. Elle est entendue ce matin par le juge des libertés et des tensions. Ce qui lui est reproché, elle aurait violé le secret défense dans une enquête sur une mission du renseignement français pour l'Égypte. Est-ce qu'on assiste clairement à une atteinte à la liberté de la presse ?

23:22
Yannick Jadot

Oui. On assiste à une atteinte au travail des journalistes qui est aussi une diversion par rapport à un scandale d'État. Nos outils de renseignement ont été utilisés par le régime égyptien pour bombarder, attaquer, réprimer sa population civile. On sait toutes les ambiguïtés de l'armement, de la politique d'armement de la France en Égypte, en Arabie Saoudite et ailleurs. Et vous avez là une criminalisation du travail des journalistes qui est absolument dangereuse, qui est absolument scandaleuse. On voit la criminalisation depuis un moment du mouvement écologiste. Et maintenant, on va plus loin.

24:06
Présentateur

Pour d'autres raisons, bien évidemment.

24:07
Yannick Jadot

Oui, mais c'est toujours cette idée qu'à un moment donné, le contre-pouvoir est devenu inacceptable. C'est toujours l'idée que ceux qui alertent, celles et ceux qui alertent, celles et ceux qui dénoncent, celles et ceux qui se battent pour nos valeurs de la République, pour que la France puisse être à nouveau fière d'elle-même dans ce qu'elle est et dans ce qu'elle porte à l'étranger, et vous êtes criminalisés. C'est inacceptable.

24:32
Invité

D'un mot, Yannick Jadot, au Sénat, vous pouvez être partenaire de la France insoumise quand Jean-Luc Mélenchon dit que l'écologie sans la lutte des classes, c'est du jardinage ?

24:41
Yannick Jadot

Écoutez, les attaques de Jean-Luc Mélenchon contre tous ses partenaires, on n'a pas de leçons à recevoir. Je trouve ça dramatique, y compris celui qui, à un moment donné, a eu la très bonne idée de créer la NUPES pour qu'à l'Assemblée nationale, on ait plus d'élus. Insulte ses partenaires aujourd'hui, je trouve que ce n'est pas à la hauteur. Ce n'est pas à la hauteur des défis que rencontre notre pays. Encore une fois, notre pays, aujourd'hui, est bloqué. On a besoin de le remettre en mouvement. Et pour le remettre en mouvement, pour le réconcilier avec son futur, il nous faut la justice sociale, il nous faut l'écologie.

L'écologie, et je l'ai dit tout à l'heure, si on veut réussir la transition écologique de notre pays pour qu'on ait des conditions de vie à peu près acceptables, il faut que celles et ceux qui sont les plus vulnérables d'entre nous soient les grands vainqueurs de la transition écologique. Après, Jean-Luc Mélenchon peut bien raconter ce qu'il veut.

25:33
Invité

Merci beaucoup Yannick Jadot, nouveau sénateur de Paris. Vous étiez l'invité du 8.30 France Info ce matin.