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InterviewRTL — Le Grand Jury (sur Podcast)· 27 avril 2025 53 minContradictoireActualité / polémiqueOutre-merImmigration & asileInstitutions & électionsSécurité

Le Grand Jury de Manuel Valls

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 51 %Attaque 26 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Comment qualifiez-vous cette attaque dans une mosquée du Gard ?

  • 2:12RelanceÉludée

    Est-ce que vous parlez d'islamophobie ?

  • 3:07RelanceÉludée

    Donc François Bayrou n'aurait pas dû employer ces termes ?

  • 3:35RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce que le gouvernement attend pour une visite ministérielle sur place ?

  • 4:21RelanceRéponse partielle

    Comment faut-il faire pour protéger les besoins ? Est-ce qu'il faut déployer l'armée ?

  • 5:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous c'est un fait divers ou le signe d'un ensauvagement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:31PrésentateurFait
    « Dans le Gard, un fidèle musulman malien a été tué dans une mosquée. »
  • 2:14InvitéFait
    « Non, je ne parle jamais d'islamophobie. C'est un terme qui a été inventé il y a bien longtemps. »
  • 2:24InvitéFait
    « C'est une ignominie, bien sûr, ce qui s'est passé. »
  • 12:37IntervenantFait
    « Vous qui avez été ministre de l'Intérieur, vous constatez que ça a progressé ? »
  • 12:37InvitéFait
    « C'est une explosion qui n'a rien à voir avec ce que j'ai connu. »
  • 13:53PrésentateurFait
    « le vaccin X-chik pour lutter contre le virus a fait face à trois événements indésirables graves chez des patients de plus de 80 ans, dont un décès. »
  • 14:24InvitéFait
    « La vaccination a commencé début avril, à la suite de l'avis de la Haute Autorité de Santé. »
  • 15:51InvitéChiffre
    « il y a plus de 130 000 cas signalés, 40 000 confirmés, mais sans doute évidemment beaucoup plus, autour de 90 000. »
  • 20:33PrésentateurChiffre
    « les premières mesures sont avant tout sécuritaires, migratoires, avec 35 000 reconduites à la frontière par an, essentiellement d'immigrés clandestins venus des Comores, contre 25 000 aujourd'hui. »
  • 21:58InvitéFait
    « Il avait déjà été restreint il y a quelques années. »
  • 30:01InvitéChiffre
    « plus de 2 milliards d'euros de destruction de bâtiments publics et d'entreprises. »
  • 30:47InvitéFait
    « il n'y a plus de médecins sur place. »
  • 33:53InvitéFait
    « il n'y aura pas de réforme du corps électoral »
  • 33:59InvitéFait
    « une modification de ce corps électoral sans un accord global sinon nous risquerions de nous retrouver exactement dans la même situation qui aboutit aux émeutes »
  • 34:15IntervenantFait
    « il y avait un projet de loi constitutionnelle »
  • 34:50InvitéFait
    « je me garderai bien de donner des leçons parce que c'est un dossier particulièrement difficile »
  • 35:01InvitéFait
    « on ne peut pas procéder par ultimatum mais il faut aussi prendre ses responsabilités »
  • 37:40InvitéFait
    « c'est de la haine c'est du racisme à l'égard des canacs ou des blancs »
  • 38:15InvitéChiffre
    « le nombre de SDF a doublé à Nouméa »
  • 38:17InvitéFait
    « il y a du chômage et la désespérance chez une partie de la jeunesse canaque notamment »
  • 38:57InvitéFait
    « non on l'a échangé »
  • 40:43InvitéFait
    « je ne connais pas le dossier »
  • 43:10InvitéFait
    « oui »
  • 44:47InvitéFait
    « il y avait eu la loi Claes-Léonetti »
  • 45:38InvitéFait
    « sans une majorité de gauche il n'y aurait pas eu le mariage pour tous »
  • 46:26InvitéFait
    « je suis un républicain de gauche »
  • 47:08InvitéFait
    « j'ai quitté le parti socialiste en 2017 »
  • 49:22InvitéFait
    « Oula ça c'est autre chose »
  • 51:44InvitéFait
    « je me bats pour l'égalité réelle contre la vie chère contre l'insécurité qui gangrène ces territoires ultramarins »

Temps de parole

  • Invité82 %
  • Présentateur11 %
  • Intervenant2 %
  • Intervenant 22 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Présenté par Thomas Després. Bonjour à tous et bienvenue dans ce grand jury en direct du grand studio RTL et à la télévision sur Public Sénat, canal 13 de la TNT. Bonjour Manuel Valls. Bonjour. Après ce que certains ont appelé une traversée du désert, vous avez fait un retour remarqué au gouvernement il y a quatre mois. Ministre d'État, ministre des Outre-mer, numéro 3 de l'équipe de François Bayrou, vos collègues parlent d'une métamorphose. On vous dit passionné par vos sujets, vous étiez cette semaine à Mayotte avec Emmanuel Macron avant un long déplacement en Nouvelle-Calédonie cette semaine.

Mais sur place, indépendantistes et loyalistes attendent désormais bien plus que des déclarations d'intention. Bienvenue dans ce grand jury Manuel Valls. Merci. A mes côtés pour vous interroger aujourd'hui Pauline Buisson d'M6, Steve Jourdain de Public Sénat et Jim Jarassé du Figaro qui nous rejoindra dans la deuxième partie d'émission. Dans ce grand jury Manuel Valls, nous parlerons également politique. Quel regard portez-vous sur votre ancienne famille politique, le parti socialiste fracturé sur la stratégie à adopter vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon ? Il y aura également une séquence dédiée au Parlement.

Sans oublier bien sûr nos questions express, dont vous connaissez le principe des questions courtes et des réponses directes. Le grand jury, l'actualité de la semaine. Mais d'abord Manuel Valls, l'actualité de ces dernières heures, c'est cette attaque au couteau. Dans le Gard, un fidèle musulman malien a été tué dans une mosquée. Le suspect potentiellement extrêmement dangereux est encore en fuite. Comment est-ce que vous qualifiez cette attaque ?

1:37
Invité

On ne doit pas prier dans un lieu de culte, dans une église, dans une synagogue et donc dans une mosquée pour mourir. Je pense à ce jeune malien, à sa famille, à ce jeune victime d'un assassinat, d'un crime atroce. J'espère tout simplement que la police pourra très vite interpeller cet assassin, ce criminel. Et je veux adresser bien sûr, à mon tour, d'autres membres du gouvernement l'ont fait, mon soutien, ma solidarité à tous les français musulmans qui, je l'imagine, sont choqués par cet acte terrible. Est-ce que vous parlez d'islamophobie ? Non, je ne parle jamais d'islamophobie. C'est un terme qui a été inventé il y a bien longtemps.

2:20
Présentateur

C'est le terme employé par François Bayrou hier.

2:21
Invité

Eh bien, je ne l'aurais pas employé.

2:23
Présentateur

Ignominie islamophobe.

2:24
Invité

C'est quelque chose d'ignoble. C'est une ignominie, bien sûr, ce qui s'est passé. Mais c'est un acte de haine, sans doute. On verra avec l'enquête. Elle le dira à l'égard de l'islam, des musulmans. C'est la deuxième religion de France. Elle compte, elle pèse. J'étais maire d'Evry, où les musulmans sont évidemment très présents. Et je reviens avec le président de la République, vous le soulignez, de Mayotte et de la Réunion, où on pratique là-bas un islam d'une très grande tolérance, d'une très grande ouverture. Mais je ne l'utilise pas ce terme. Il a été inventé il y a plus de 30 ans par les mollats iraniens pour clouer aux pylories.

3:07
Intervenant

Donc François Bayrou n'aurait pas dû employer ces termes.

3:09
Invité

Chacun emploie les mots, mais c'est un terme qu'il ne faut pas employer. Profondément, il ne faut jamais employer les termes de l'adversaire et de ceux qui précisément veulent la confrontation avec ce que nous sommes, c'est-à-dire un pays ouvert qui accueille chacun, à condition que chacun respecte les règles communes.

3:27
Intervenant

Ce matin, le président de SES Racisme, Dominique Sopo, s'est étonné, je cite, de la timidité des réactions de certains responsables politiques. Toujours aucune visite ministérielle sur place. Qu'est-ce que le gouvernement attend ?

3:40
Invité

Vous savez que ce soit le ministre de l'Intérieur ou le ministre de la Justice, Aurore Berger, qui est très mobilisé sur la lutte contre les discriminations, le racisme et l'antisémitisme. Je viens de le faire moi-même. Chacun s'engage et présent. Ne cherchons pas à diviser quand précisément on attaque la France pour ce qu'elle est, souvent, depuis maintenant plus de 15 ans, parce que nous sommes une république laïque, parce que nous sommes une terre catholique, chrétienne, parce que nous accueillons la plus vieille communauté juive d'Europe, et parce que nous sommes un pays qui accueille depuis déjà de nombreuses années beaucoup de musulmans.

Nous ne cherchons pas à diviser autour de je ne sais quelle présence.

4:21
Intervenant

Vous connaissez la force du symbole ? Est-ce qu'il faut que Bruno Retailleau se rende sur place ?

4:25
Invité

Oui, ce n'est pas à moi de le décider. Il le fera, je n'en doute pas, avec le temps nécessaire. Ne doutez pas un seul instant de l'engagement du gouvernement, et en tout cas du ministre de l'Intérieur. C'est une responsabilité que j'ai occupée dans la lutte contre toutes les formes de violence, dans une société qui est devenue et qui reste évidemment très violente.

4:45
Intervenant

Il y aura plusieurs rassemblements qui seront organisés, notamment ce soir, des rassemblements contre l'islamophonie. Il y en aura un à Paris, place de la République. Est-ce que vous allez vous y rendre ?

4:54
Invité

Non, comme ministre, je ne me rendrai pas à ce rassemblement. Je suis à un autre rassemblement, enfin, d'après-midi, puisque aujourd'hui c'est une journée importante. On commémore un autre événement, qui est celui de l'abolition de l'esclavage, voulu par un grand républicain, Victor Schochler. J'ai une cérémonie autour de la figure du Mozart Noir, le chevalier de Saint-Georges, mais j'accompagne évidemment tous ceux et toutes celles qui luttent contre le racisme, contre la haine des juifs ou des musulmans. Et dans ces moments-là, il faut chercher à se rassembler, et pas dans une forme de concurrence victimaire dont certains sont souvent les joueurs.

5:36
Intervenant

Qui visez-vous particulièrement ?

5:38
Invité

En général, vous savez, dans le débat, je ne doute pas que vous trouverez ceux que je vise.

5:42
Présentateur

On a bien compris, donc Manuel Valls, que vous ne reprenez pas ce terme d'islamophobie. Il y a eu une autre attaque au couteau cette semaine, c'était à Nantes, dans un établissement scolaire, une lycéenne poignardée par l'un de ses camarades. Est-ce que pour vous c'est un fait divers, ou le signe d'un ensauvagement encouragé par une société laxiste ? C'est ce qu'a dit Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur.

6:00
Invité

Il y a un processus de brutalisation aujourd'hui qui touche depuis longtemps, d'ailleurs, notre société, toutes les sociétés. Il y a une forme aussi d'américanisation. Au fond, on pense à cela quand on a une telle attaque dans une école. Ce n'est pas la première, bien évidemment, mais on pense à des faits parfois encore plus graves aux Etats-Unis. En sauvagement de la société ? Oui, l'acte de Nantes est effrayant. Alors, là aussi, je regarde, comme chacun, je lis la presse, je vois les raisons qui ont conduit à ce crime atroce, les références complotistes, nazies, peut-être même, de l'auteur de cette attaque. Une question de santé mentale aussi ?

Peut-être, mais en tout cas, oui, comment peut-on, pour toutes ces raisons, larder de coups de couteau une jeune fille dans ce lycée ? C'est difficile de trouver une explication. Donc, ça veut bien dire, oui, c'est à la fois un fait d'hiver, c'est aussi, évidemment, un fait de société, parce que ce n'est pas la première fois, et parce qu'on voit qu'à travers les réseaux sociaux, les vidéos, la possibilité de passer à l'acte, parfois ce sont des loups solitaires, des hommes, des femmes...

7:22
Intervenant

Ça veut dire qu'il faut renforcer la sécurité dans les établissements scolaires, il faut des portiques de sécurité partout, ça c'est ce que vous encouragez ?

7:28
Invité

Souvent, ils existent, souvent ils ont existé, déjà par le passé, tous les moyens qui peuvent être donnés par l'État ou par la région, puisque c'est de sa compétence pour protéger les établissements scolaires, doivent être pris.

7:42
Intervenant

On vous sent un peu fataliste, quand même ?

7:44
Invité

Non, je ne suis absolument pas fataliste. Vous savez, en pleine campagne présidentielle en 2002, on dit souvent que les écoles n'ont pas fait l'objet d'attaques terroristes. Il y a eu une école, une école juive qui a été attaquée... Vous savez, à Toulouse, à Toulouse. On voit bien que, depuis, toutes les écoles, tous les instituts, tous les établissements de confession juive sont protégés. C'est pareil, aujourd'hui, souvent pour les institutions musulmanes. C'était pareil, à un moment, pour les églises, parce qu'après les attaques contre des prêtres, le prêtre Hamel, je m'en rappelle, il y a eu des... le père Hamel, il y a eu la nécessité, là aussi, de sécuriser.

8:28
Intervenant

Donc il faut des policiers devant chaque établissement, aujourd'hui ?

8:30
Invité

C'est toute la difficulté. Ça veut dire qu'il faut prévenir, il faut un travail d'enquête, il faut surveiller les réseaux sociaux. Il n'y a pas de risque zéro, il n'y a aucun fatalisme, mais il y a une nécessité d'avoir, de comprendre ces phénomènes de société et puis d'agir pour les prévenir et les empêcher, bien évidemment.

8:48
Présentateur

Est-ce qu'il faut que les chefs d'établissement aient la possibilité de fouiller les sacs des élèves ? C'est ce que propose un sénateur centriste, Laurent Laffont. Aujourd'hui, seule la police peut le faire devant les établissements.

9:00
Invité

Oui, je pense que, de toute façon, tout ce qui permet de protéger nos enfants, les personnels aussi de ces établissements scolaires qui ont été victimes, il faut le rappeler, d'actes de barbarie au cours de ces dernières années, tout cela, à mon avis, ne devrait pas faire l'objet de la moindre discussion. Il faut protéger les établissements scolaires, nos enfants, les enseignants et les personnels de ces établissements.

9:27
Présentateur

Manuel Valls, l'actualité de ces derniers jours, ce sont aussi ces attaques près d'une cinquantaine dans des prisons, un peu partout en France. Un climat quasi insurrectionnel. Vous avez été ministre de l'Intérieur, vous l'avez dit. Que peut-on faire ? Qu'est-ce que le gouvernement peut faire ? Bruno Retailleau a dit cette semaine qu'il n'était pas un magicien. Est-ce que ça veut dire que le gouvernement est impuissant ?

9:48
Invité

C'est tout le contraire, je crois. C'est parce que le gouvernement est en train d'agir. Il y a un débat, je l'entends, je me déplace beaucoup dans les Outre-mer, donc je suis parfois éloigné des débats, y compris d'une partie des questions que vous êtes en train de me poser, même si, évidemment, comme membre du gouvernement, je regarde ça attentivement, mais je suis très concentré sur ma mission vers nos compatriotes ultramarins. Il y a eu des attaques en prison, en Outre-mer ? Je ne crois pas, je n'ai pas eu cette information. Mais on dit souvent, le gouvernement n'agit pas, on ne peut pas agir à cause de la situation de l'Assemblée nationale, de l'absence de majorité.

Mais regardez, il y a une loi très importante, qui était d'essence parlementaire, contre le narcotrafic, qui a été adoptée, ou qui va l'être maintenant définitivement par l'Assemblée nationale et le Sénat. Il y a des projets très puissants que porte Gérald Darmanin sur le fait qu'on va construire, accueillir dans des prisons spécifiques les narcotrafiquants les plus dangereux. Et c'est sans doute parce qu'il y a cette action de l'État que nous avons face à nous, peut-être, les enquêtes le démontreront, des attaques très violentes contre les établissements pénitentiaires et contre les personnels avec des menaces.

Ce que je veux dire tout simplement, et là c'est aussi le ministre des Outre-mer qui parle, c'est-à-dire que le narcotrafic nous mène une guerre à une échelle que peut-être nos compatriotes n'imaginent pas encore. Nous le voyons en Martinique, en voie de l'île, en Guyane. Mais ces attaques s'exprimentent par le narcotrafic,

11:18
Intervenant

parce que pour l'instant on n'a pas d'explication. Ça fait plus de plus clair.

11:20
Invité

Vous avez raison, mais c'est une des explications.

11:23
Intervenant

Pourquoi on prend autant de temps avant de déceler les causes, les implications ?

11:27
Invité

Parce que les enquêtes sont longues, elles n'obéissent pas évidemment au questionnement de la presse ou un tweet. On a besoin d'enquêtes approfondies. Mais il y a trop de faits, trop d'attaques, trop de menaces sur les agents pénitentiaires pour ne pas penser qu'il s'agit de quelque chose de particulièrement coordonné.

11:44
Intervenant

Comment faut-il faire pour protéger les besoins ? Est-ce qu'il faut déployer l'armée ? Quelles sont les solutions ?

11:48
Invité

Il y a des moyens de police, de gendarmerie, de renseignements aussi. C'est l'action de la justice qui doit permettre de protéger ces prisons. Elles le sont. Et il faut protéger surtout les agents pénitentiaires qui font l'objet de menaces très directes.

Il faut bien se rendre compte que les moyens du narcotrafic en France, en Europe, dans le monde, dans la Caraïbe, par exemple, avec toutes ces organisations qui organisent le trafic de drogue depuis le Mexique, depuis le Venezuela, depuis la Colombie, depuis l'Équateur, qui passent par exemple par la Martinique et la Guadeloupe pour atteindre l'Europe, ont des moyens, ces organisations, considérables en termes de moyens financiers, d'armes, de bateaux, d'avions, de sous-marins.

12:35
Intervenant

Vous qui avez été ministre de l'Intérieur, vous constatez que ça a progressé ?

12:37
Invité

C'est une explosion qui n'a rien à voir avec ce que j'ai connu. C'est un sujet global, mondial. Et déjà eu, ce point a déjà été abordé dans des réunions internationales. Je pense que c'est vraiment au niveau du G7, du G20, des organisations internationales, qu'il faut prendre la dimension de ce que cela représente, d'une déstabilisation des États. En Europe même, nous le voyons bien, les menaces vis-à-vis de la famille royale néerlandaise, de l'ancien Premier ministre de ce pays, ce qui se passe aussi en Belgique, ils n'hésitent à rien, ils menacent. Les politiques, les responsables de la justice, les citoyens. Donc, il faut se préparer à livrer une véritable bataille.

Je ne sais pas, je n'ai pas tous les éléments pour avoir la bonne information, ce qui est en train de se passer, mais je pense que c'est une des explications. Et d'une manière générale, on veut bien qu'il faut livrer cette bataille, qui va être une bataille longue et difficile, parce qu'on s'attaque tout simplement à l'essence même de ce que représentent les États démocratiques.

13:36
Présentateur

Manuel Valls, vous êtes ministre d'État, ministre des Outre-mer. Les autorités sanitaires ont annoncé hier retirer sans délai les personnes âgées de 65 ans et plus de la campagne de vaccination contre le chikungunya. À la Réunion, le vaccin X-chik pour lutter contre le virus a fait face à trois événements indésirables graves chez des patients de plus de 80 ans, dont un décès. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ce matin ?

14:02
Invité

Je vais être précis, parce que la stratégie vaccinale mise en place à la Réunion, c'est la première fois qu'un vaccin a été utilisé contre le chikungunya. Et compte tenu de la situation épidémique, elle a fait l'objet, cette stratégie, de décisions de nature médicale, purement médicale. Soyons précis, donc, la vaccination a commencé début avril, à la suite de l'avis de la Haute Autorité de Santé, qui, je le rappelle, rassemble des médecins reconnus. Cette autorité a recommandé l'utilisation de ce vaccin, le chikung, en priorité pour les plus de 65 ans, en particulier avec des comorbités, puis pour les comorbides âgés de 18 à 64 ans. C'est-à-dire des gens qui sont en état de faiblesse.

Ce vaccin a reçu son autorisation de mise sur le marché en juin dernier, en juin 2024. Il n'y a donc pas eu de hâte pour vacciner de manière prématurée au cours de ces dernières semaines. Il n'y a pas eu de précipitation ? Je ne crois pas. Dans le cadre du processus de pharmacovigilance, à laquelle participe l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament, dès que des cas graves sont signalés, la Haute Autorité de Santé a été saisie en urgence par le ministre de la Santé, et la cible vaccinale, comme on dit, a été adaptée sans délai. Donc il faut en permanence surveiller et faire référence aux autorités de santé, aux autorités médicales.

Le politique, de ce point de vue-là, doit se plier à ses avis.

15:36
Intervenant

Il y a un taux de vaccination qui est déjà très faible à La Réunion. Est-ce que vous craignez un réflexe anti-vax, comme on dit ?

15:41
Invité

Ça n'a jamais été le cas à La Réunion jusqu'à là. Il y a aujourd'hui, ce qui est beaucoup, nous étions à La Réunion, moi j'y suis allé plusieurs fois au cours de ces dernières semaines, il y a plus de 130 000 cas signalés, 40 000 confirmés, mais sans doute évidemment beaucoup plus, autour de 90 000. Il y a 47 cas graves, il y a 9 décès, c'est beaucoup, dont 9 nouveaux-nés, dont 2 nouveaux-nés, pardon, ce qui est évidemment un drame. L'État s'est mobilisé déjà depuis plusieurs mois, que ce soit au niveau de l'ARS, avec des emplois aidés aussi qui ont été déployés sur le terrain, 33 000 maisons visitées, éradication des larves et des moustiques, distribution de répulsifs contre les moustiques.

16:26
Intervenant

Vous craignez que le bilan s'aggrave ?

16:28
Invité

Le bilan est déjà lourd, et il peut évidemment s'aggraver, c'est pour ça qu'il faut à chaque fois avoir ces gestes préventifs, et avec le Président de la République, nous avons assisté, nous l'avons voulu, parce que c'est une manière aussi de faire passer des messages, pour rappeler qu'il faut être extrêmement vigilant. Le dispositif Orsec, vous vous rendez compte, a été mobilisé déjà depuis 6 mois. Donc ça veut dire qu'il faut continuer à se mobiliser, et faire face à ces risques sanitaires, qui sont incontestables malheureusement.

16:58
Présentateur

Mais le risque avec ces informations ces dernières heures, c'est que finalement la population sur place stoppe ce mouvement de vaccination, et ne veuille pas prendre le risque. est-ce que c'est un risque ?

17:06
Invité

Il est faible, parce que je crois qu'aujourd'hui, c'est autour de 3000 personnes seulement qui ont été vaccinées, c'est pour ça que mon collègue de la santé, Yannick Coderre, suit particulièrement ce sujet.

17:18
Présentateur

Vous continuez d'appeler tous ceux qui le peuvent à se faire vacciner, malgré...

17:22
Invité

Oui, avec ces éléments-là, des cas ont été signalés, des recommandations ont été données, au nom de la région scientifique, médicale, je fais confiance à ces autorités sanitaires.

17:34
Intervenant

Manuel West, vous étiez cette semaine à Mayotte avec Emmanuel Macron, 4 mois après le passage du cyclone Chido. Les réseaux d'eau, d'électricité et de communication ont été rétablis, mais les bidonvilles sont déjà de retour, malgré les promesses du gouvernement. C'est un échec ?

17:49
Invité

Non. Ces bidonvilles ont été mises en place quelques jours après seulement Chido, reconstruits à une vitesse... Mais du coup,

17:58
Intervenant

cette promesse du gouvernement n'était pas tenable.

18:00
Invité

Mais la promesse ou l'engagement, elle est sur le long terme. il est inscrit dans la loi. Ça n'est en rien facile. Même sur place, il y a 15 jours, j'étais à Mayotte, une nouvelle fois, j'ai assisté à ce qu'on appelle à des casages, c'est-à-dire à des destructions de bidonvilles, y compris parce qu'il y a des projets d'école, de reconstruction de logements. Oui, c'est long et c'est difficile, bien évidemment. Il faut bien se rendre compte du choc qu'a subi Mayotte, avec ce cyclone qui a ravagé le territoire, mais qui a mis en exergue aussi les maux qui existaient avant.

Je pense évidemment aux questions d'insécurité, à l'immigration irrégulière, à l'habitat illégal et à ces bidonvilles, aux problèmes scolaires, aux difficultés d'accès à l'eau. Donc oui, il y a évidemment des sujets. Pour cela, il faut reconstruire avec patience. Moi, je comprends l'impatience, parfois le désespoir, la colère des Mahorais par rapport à ce qu'ils ont vécu et ce qu'ils vivent encore au quotidien, mais je veux dire aussi que l'État se mobilise de textes de loi, textes de loi d'urgence adoptées définitivement au mois de février, qui donnent plus de moyens à l'État pour agir.

Un texte de loi, on y reviendra sans doute, qui va être examiné avant l'été au Parlement, qui représente plus de 3 milliards, 3 milliards 2 pour être précis d'investissements entre 2025 et 2031, avec des engagements très forts en matière de sécurité, contrôle des armes, création d'une zone franche globale pour développer l'économie, un accompagnement spécifique pour la jeunesse, une convergence sociale, ce qui est une demande très forte d'égalité accélérée d'ici à 2031, mais qui commencera dès 2026, et des dispositifs notamment qui viennent de se mettre en place, un prêt à taux zéro, à condition que les banques jouent le jeu, pour que les Mahorais puissent reconstruire leur maison.

Je suis moi-même très concentré sur des questions qui peuvent paraître très concrètes, mais elles le sont pour eux, enlever les déchets, l'accès à l'eau, il y a enfin une usine de dessalement qui va être construite, une retenue collinaire qui est prévue dans les prochaines années, une mobilisation de tous les instants, parce que nous devons cette solidarité à nos compatriotes Mahorais qui sont si attachés à la France.

20:23
Présentateur

Manuel Valls, quand on regarde dans le détail justement ce texte que vous avez présenté cette semaine avec Emmanuel Macron, les premières mesures sont avant tout sécuritaires, migratoires, avec 35 000 reconduites à la frontière par an, essentiellement d'immigrés clandestins venus des Comores, contre 25 000 aujourd'hui. Est-ce qu'il faut comprendre que selon vous, le principal problème de Mayotte aujourd'hui, c'est l'immigration et pas la pauvreté ?

20:46
Invité

Dans le texte, la partie sécuritaire est une partie, je viens de vous dire que... C'est le premier chapitre. Oui, parce que c'est sans doute aujourd'hui la première préoccupation, mais le renforcement, la création d'une zone franche globale, c'est pour l'économie, c'est pour les entreprises. Le soutien aux agriculteurs, nous avons mis aussi en avant avec le chef de l'État, c'est une priorité. Le reboisement, c'est une nécessité vitale pour Mayotte. La question de l'école, on va reconstruire, rénover beaucoup des écoles. C'est la priorité des priorités. Et la convergence sociale qui est au cœur de ce texte, c'est répondre à la promesse républicaine, celle de l'égalité.

21:28
Présentateur

Mais on a beaucoup entendu...

21:29
Invité

Mais je l'ai dit moi-même à plusieurs reprises, si on ne règle pas la question de l'immigration illégale, tout ce que nous allons entreprendre risque de ne pas atteindre ce objectif et sera mis à mal. Précisément,

21:42
Intervenant

Manuel Valls Certains...

21:43
Invité

Le mur de fer qui a été annoncé par le président de la République, ce sont des hommes, des moyens, des technologistes qui pensent à la surveillance, à la détection, à l'interception. Certains ministres

21:53
Intervenant

envisagent la suppression du droit du sol à Mayotte. Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise idée ?

21:58
Invité

Mais il vient d'être restreint. Actuellement, le texte de loi, la proposition de loi qui a été adoptée est examinée par le Conseil constitutionnel. Il avait déjà été restreint il y a quelques années. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? J'ai déjà eu l'occasion de le dire et je le répéterai devant vous qu'on ne peut pas remettre en cause de mon point de vue le droit du sol au plan national. Cela toucherait un fondement de notre République. Vous êtes en divergence

22:24
Présentateur

avec Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur.

22:26
Invité

Mais ça peut arriver qu'on ait des débats même si nous avions signé il y a quelques mois avec Bruno Retailleau et Sébastien Lecornu, le ministre de la Défense, une tribune pour dire notre engagement pour protéger Mayotte sur le fait qu'on pouvait restreindre le droit du sol, bien évidemment. Attendons la décision déjà du Conseil constitutionnel et surtout il faut se concentrer sur l'essentiel. L'essentiel, c'est ce mur de fer qui a été annoncé par le président de la République.

C'est la coopération indispensable mais qu'il faut aussi imposer aux Comores pour qu'il y ait, c'est l'objectif que nous sommes fixés, 35 000 reconduites à la frontière essentiellement aujourd'hui des Comoriens, c'est qu'on ne puisse pas partir d'enjoints notamment pour rejoindre de manière illégale Mayotte. C'est ce travail-là qui doit être fait et la lutte contre l'habitat illégal et la fin des bidonvilles, nous l'avons évoqué.

Si on ne résout pas ces fléaux qui gangrènent Mayotte, tout ce que nous allons mettre en oeuvre, tout ce que nous voulons mettre en oeuvre, ce qui n'a jamais été fait pour reconstruire, refonder, comme l'avait dit François Bayrou quand il s'était rendu à la fin de l'année à Mayotte puisque c'est un projet de refondation de Mayotte, c'est une attente très forte de nos compatriotes maorais, tout ce que nous ferons alors à ce moment-là n'aura pas de sens. Donc oui, c'est normal, on commence par la sécurité et l'immigration.

23:49
Intervenant

Mais cette problématique de l'immigration illégale à Mayotte, elle n'est pas nouvelle, on a l'impression qu'elle est redécouverte avec le cyclone Chido, qu'est-ce qui nous prouve que ça va fonctionner cette fois-ci ?

23:58
Invité

Elle n'a pas été découverte par le cyclone Chido puisque le ministre Darmanin quand il était ministre de l'Intérieur, sur un certain nombre de mesures, avait mis en place des outils qui pour beaucoup, je pense, au radar et aussi à des vedettes de la gendarmerie ont été détruites par Chido. Donc nous sommes en train de reconstruire également ces moyens. Non, non, cette problématique peut-être oubliée de la presse mais pas de ceux qui ont en charge Mayotte. Je le dis souvent d'ailleurs, on parle des territoires ultramarins quand il y a des cyclones, des éléments naturels ou quand il y a des émeutes ou quand nos grands champions sportifs reçoivent une médaille olympique et puis après on oublie.

Non, non, cette réalité, ce sont les Mahorais qui la vivent tous les jours, c'est pour ça que nous prenons non seulement des engagements mais nous mettons en place des moyens pour lutter contre ces fléaux.

24:54
Présentateur

Manuel Valls, rapidement, une cinquantaine d'écoles primaires n'avaient pas pu rouvrir en janvier. Sur place, les associations s'interrogent déjà sur la rentrée du mois de septembre prochain. Est-ce que tous les écoliers présents à Mayotte à la rentrée pourront se rendre à l'école

25:07
Invité

tous les jours et toute la journée ? Il ne faut pas faire de promesses inconsidérées. Nous avons déjà réussi avec Elisabeth Borne ce qui a été un exploit qu'il y ait une rentrée scolaire fin janvier début février dans des conditions extrêmement difficiles. précisément parce que déjà beaucoup d'élèves à Mayotte vont à l'école ou le matin ou l'après-midi et là, avec des écoles et des classes détruites, c'était beaucoup plus difficile. Le préfet a à la main une enveloppe de 100 millions d'euros à évidemment croître pour réaliser, c'est déjà le cas, les travaux d'urgence pour aider les communes à reconstruire et à rénover ces écoles.

Et puis, il y a des plans, il y en a déjà qui sont mis en oeuvre de construction de nouveaux établissements scolaires mais je pense aussi à la restauration scolaire parce que nous sommes très en retard à Mayotte parce que c'est souvent le seul repas digne de ce nom pour les élèves maorais. Donc, il faut tout faire pour que la rentrée se passe dans les meilleures conditions possibles au mois de septembre mais au mois de septembre prochain, nous n'aurons pas atteint évidemment cet objectif que nous nous donnons dans le projet de loi.

Il y a la construction des écoles, il y a aussi le projet éducatif pour que les maorais puissent bénéficier de la même qualité d'enseignement que l'ensemble des petits français.

26:26
Présentateur

Le Grand Jury Question Express Manuel Valls, vous connaissez le principe des questions courtes, des réponses si possible très courtes également. Fallait-il mettre les drapeaux en berne hier pour les obsèques du pape François ?

26:38
Invité

Oui.

26:39
Présentateur

Ce n'est pas contraire à la laïcité ?

26:41
Invité

Je ne crois pas. Je pense que le pape en général, le pape François est une personnalité qui rayonne. Je suis un républicain, un laïc, chacun connaît mes convictions mais la France est aussi une terre chrétienne, une terre catholique. Le pape est en plus un chef d'État. Ça a été fait pour Jean-Paul II qui pour moi reste sans doute la figure la plus la plus forte de ce monde chrétien de ces dernières décennies. Il n'y avait aucune raison de ne pas le faire.

27:12
Intervenant

Pauline Buisson. Emmanuel Macron doit-il retirer sa légion d'honneur à Nicolas Sarkozy ?

27:16
Invité

Il s'est exprimé, le président de la République. Je suis d'accord avec lui, c'est un débat difficile. Oui ou non, Manuel Valls ? Pardon ? Oui ou non ? Oui, c'est ça. La question, c'est simple. Non, il ne faut pas le retirer puisque vous voulez une réponse claire et nette.

27:29
Présentateur

Faut-il interdire les grèves à la SNCF pendant les vacances scolaires ou les ponts ?

27:34
Invité

Oui, mais précisément, le débat oui-non qui est un jeu auquel on se livre quand on est un jeune garçon ou une jeune fille n'est pas forcément adaptée toujours à la vie politique et la complexité des sujets. Le droit de grève, nous venons de parler de la Constitution, le droit de grève c'est un droit constitutionnel. Mais je peux comprendre l'agacement de nos compatriotes sur des mouvements de grève qui honnêtement n'ont pas lieu d'être.

28:01
Présentateur

Donc c'est plutôt non. Merci beaucoup Manuel Valls. On se retrouve dans la deuxième partie de l'émission. Suite du Grand Jury présenté par Thomas Després Et toujours avec nous Manuel Valls ministre d'État ministre des Outre-mer numéro 3 du gouvernement à mes côtés pour vous interroger Pauline Buisson d'EMSIS et Jim Jarassé du Figaro. Le Grand Jury tout est politique Manuel Valls vous effectuerez cette semaine votre troisième visite officielle en Nouvelle-Calédonie nous sommes quasiment un an après les émeutes de mai 2024. Si vous avez réussi à remettre toutes les parties autour de la table il n'y a toujours pas d'accord de manière très synthétique et pédagogique où en est-on aujourd'hui ?

28:51
Invité

Le dialogue se poursuit et nous allons entrer je l'espère je le souhaite je fais tout pour cela dans une véritable phase de négociation la semaine prochaine. Vous venez de le dire il y a presque un an il y a eu des émeutes qui ont fait d'abord des morts 14 de nombreux blessés le sang a coulé de nouveau mettant au fond je crois pour nos compatriotes pour l'opinion internationale aussi fin à une période incroyable où la Nouvelle Calédonie était synonyme précisément de dialogue et de réconciliation après les terribles événements des années 80 et notamment ceux d'Ouvéa de 1988.

Donc il faut il fallait retisser le lien pour que les différents protagonistes politiques indépendantistes et non indépendantistes se parlent entre eux et parlent évidemment avec le gouvernement. mais nous marchons sur un fil au-dessus des braises toujours la situation reste grave

29:46
Présentateur

Vous avez effectué deux visites pour le moment il n'y a pas encore d'accord est-ce qu'il est proche ?

29:51
Invité

Il le faut c'est indispensable sans accord dans les prochains jours dans les prochaines semaines sans cet accord alors que la Nouvelle Calédonie est face à un gouffre économique plus de 2 milliards d'euros de destruction de bâtiments publics et d'entreprises.

30:08
Présentateur

Certains font le comparatif avec la Première Guerre mondiale sur le territoire national en termes de coûts

30:13
Invité

Je me fie toujours de ces références mais le coût est évidemment très important une situation du nickel qui est essentielle pour la Nouvelle Calédonie qui reste inquiétante même si nous travaillons à des pistes de reprise des usines et à un retour de l'activité dans les mines des métropolitains qui sont partis de la Nouvelle Calédonie une situation qui m'inquiète beaucoup ce n'est pas une compétence de l'État mais du gouvernement de la Nouvelle Calédonie mais nous travaillons avec les élus sur place pour trouver des solutions une situation qui m'inquiète beaucoup sur le plan de la santé il n'y a plus de médecins sur place donc une situation qui reste difficile et s'il n'y a pas d'accord s'il n'y a pas d'accord et bien alors l'incertitude économique et politique peut conduire à un nouveau désastre à la confrontation et à la guerre civile et c'est pour ça que j'ai lancé plusieurs appels et je le fais encore aujourd'hui à votre micro à l'ensemble des protagonistes politiques indépendantistes et non indépendantistes et je sais que cela a un écho ce que je vais dire dans la société calédonienne qui est très inquiète chacun doit assumer ses responsabilités est-ce qu'il faudra

31:20
Intervenant

aller jusqu'à un nouveau référendum sur la question de la nouvelle Calédonie et son appartenance à la République je fais attention

31:25
Invité

là où je suis face à vous à tout mot que je peux prononcer alors que vont commencer des discussions et des négociations moi je sens qu'il y a un esprit de responsabilité cependant de la part des responsables politiques et il faut essayer de concilier l'inconciliable c'est quoi l'aspiration à l'indépendance de la part des canacs peuple autochtone qui doit évidemment qui aspire à la sortie de la colonisation nous sommes dans un processus toujours de décolonisation qui aspire à l'émancipation et de l'autre côté ceux qui sont profondément attachés à la France et d'ailleurs les calédoniens par trois fois à travers des référendums ont donné leur attachement à la France même si nous savons que le troisième référendum a été très largement boycotté par les indépendantistes et notamment par les canacs mais tout cela nous oblige à trouver une voie originale inventive à faire preuve de responsabilité moi tout simplement ce que je peux dire c'est qu'avec le conseil spécial du premier ministre puisque nous sommes tous les deux embarqués dans ces négociations nous partons ensemble avec nos collaborateurs demain c'est que nous prendrons nos responsabilités et nous mettrons sur la table un projet qui parlera évidemment de la société calédonienne du redressement des finances des collectivités territoriales de l'avenir économique et notamment du nickel de l'avenir de la jeunesse parce que ce qui s'est passé l'année dernière pour tout le monde y compris et surtout peut-être pour les canacs on a vu une jeunesse aujourd'hui déracinée qui sortait également dans la rue donc il faut parler des questions de fond mais d'autre part il faut avancer aussi sur l'exercice du droit à l'autodétermination sur la nécessité d'une loi fondamentale pour la Calédonie sur une réforme du corps du corps électoral sur tous ces sujets-là il faut avancer sur ce sujet de la réforme

33:20
Intervenant

du corps électoral qui était notamment à l'origine de la crise l'année dernière rien n'a été réglé et une partie des Calédoniens notamment ceux qui viennent de Métropole réclament aujourd'hui l'intégration des nouveaux arrivants dans le corps électoral est-ce que vous allez aussi avancer sur ce sujet précis est-ce que c'est

33:38
Invité

un de vos objectifs ? bien sûr sur l'idée même de la citoyenneté calédonienne ce qui inclut ce qui a abouti à une réforme du corps électoral et qu'une partie de ceux qui ont été privés de ce vote puissent l'exercer librement mais je veux être très clair il n'y aura pas de réforme du corps électoral une modification de ce corps électoral sans un accord global sinon nous risquerions de nous retrouver exactement dans la même situation qui aboutit aux émeutes et aux faits de son accru

34:08
Intervenant

avec Gérald Darmanin qui lui avait fixé une sorte d'ultimatum pour obtenir un accord il y avait un projet de loi constitutionnelle je suis arrivé au cabinet

34:18
Invité

de Michel Rocard ça ne nous rajeunit pas en 1988 le lendemain ou le surlendemain j'étais très jeune j'avais pas 24 ans de la fameuse poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Dibahou l'histoire de la Nouvelle-Calédonie je la connais j'ai travaillé aussi avec Lionel Jospin qui a permis des accords de Nouméa comme Premier ministre je me suis occupé de ce dossier j'ai sauvé le nickel à l'époque je suis reconnu avec Edouard Philippe ou d'autres comme ceux qui connaissent et qui ont une certaine autorité sur la Nouvelle-Calédonie mais je me garderai bien de donner des leçons parce que c'est un dossier particulièrement difficile Gérald Darmanin a beaucoup travaillé sur ce dossier il s'est rendu lui-même de nombreuses fois ce que je sais c'est qu'on ne peut pas procéder par ultimatum mais il faut aussi prendre ses responsabilités et j'espère que avec les propositions que nous allons faire trouver ce chemin qui est difficile encore une fois qui concilie j'allais dire qui réconcilie des points de vue opposés nous trouverons avec un nouveau statut une nouvelle manière de regarder l'avenir ce lien avec la France nous trouverons la défense des intérêts stratégiques aussi de mon pays de la France là-bas dans cette zone du Pacifique en lien avec la stratégie indo-pacifique du président de la République sur tous ces sujets-là j'espère que nous allons avancer c'est essentiel pas seulement pour la Calédonie c'est évidemment primordial mais aussi au fond je le sens bien dans tous les territoires ultramarins sur et pour mes compatriotes ici on m'en parle moi on me parle beaucoup de la Calédonie qu'est-ce qui se passe là-bas quelle peut être la solution ou est-ce qu'on ne met pas trop d'argent ou quels sont les problèmes qui se posent c'était votre première question tout à l'heure c'est un sujet qui me passionne qui passionne beaucoup de monde et d'une certaine manière il faut réussir la sortie de cette décolonisation et il faut inventer quelque chose qui préserve ce lien entre la Nouvelle-Calédonie et la France et qui permette aussi à ce territoire qui est à 17 000 kilomètres de Paris de trouver les moyens de mieux se gouverner c'était notre toute première question

36:20
Présentateur

Manuel Valls dans le projet d'accord il y a donc toujours ce droit à l'autodétermination très concrètement est-ce que dans les prochaines années il y aura un nouveau référendum en Nouvelle-Calédonie est-ce que c'est une option qui est sur la table ?

36:33
Invité

Le droit à l'autodétermination est un droit constitutionnel conventionnel il est inscrit dans les accords de Nouméa qui sont constitutionnalisés qui sont la base des discussions que nous avons en Nouvelle-Calédonie ou à Paris je ne répondrai pas à cette question de manière directe ce droit il doit être préservé quoi qu'il arrive mais ce que je souhaite moi c'est trouver un accord qui permet encore une fois de concilier et le droit à l'aspiration à l'autodétermination et le lien avec la France je suis prudent vous pouvez le comprendre parce que tout mot que je prononce ici est interprété tordu mis au service parfois de projets politiques de ceux minoritaires fort heureusement qui ne veulent pas d'accord moi je souhaite un accord j'espère et je crois que les partenaires politiques indépendantistes et non indépendantistes souhaitent un accord les calédoniens souhaitent un accord parce qu'ils ont besoin de stabilité pour reconstruire la Calédonie sur le plan économique sur le plan social et sur le plan de la société parce que ce que j'ai ressenti là-bas pour la première fois depuis très longtemps c'est de la haine c'est du racisme à l'égard des canacs ou des blancs des inscriptions à l'égard des leaders blancs par exemple européens qui étaient insupportables et donc partie de cette tension est fort heureusement retombée il y a aussi je veux le rappeler plus de 20 escadrons de gendarmerie et beaucoup de policiers sur place donc ça veut dire que vous sentez qu'à tout moment ça peut repartir ?

oui à tout moment ça peut repartir il y a beaucoup d'armes beaucoup trop d'armes sur place donc oui ça peut repartir et puis il y a aussi les risques d'une explosion sociale le nombre de SDF a doublé à Nouméa il y a du chômage et la désespérance chez une partie de la jeunesse canaque notamment oui donc il y a tous ces risques donc c'est pour ça que la responsabilité de tous c'est de trouver un accord et moi je resterai le temps nécessaire je mettrai toute mon énergie pour qu'il y ait un accord pas pour moi pour eux

38:33
Présentateur

le grand jury ça se passe au parlement Manuel Valls le premier ministre François Bayrou sera auditionné le 14 mai prochain par la commission d'enquête sur Betaram cette semaine dans un livre témoignage la fille du chef du gouvernement révèle qu'elle a elle-même subi des violences durant sa scolarité avez-vous déjà parlé de ce dossier directement au premier ministre que vous en a-t-il dit ?

38:57
Invité

non on l'a échangé vous savez sur un tel sujet moi j'ai 4 enfants de 26 à 33 ans et je n'ose imaginer comment je réagirais comme père pas comme responsable politique si ma fille s'exprimait de la manière dont on l'a fait avec beaucoup de dignité la fille de François Bayrou François Bayrou qui est un homme politique expérimenté chevronné je le sens je le sens bien sûr souffrir bien évidemment désireux de s'exprimer sur ce sujet là devant la commission d'enquête désireux d'une parole et moi je veux lui apporter mon soutien pas celui seulement d'un ministre doit toute loyauté au chef du gouvernement d'autant plus celui qui m'a proposé d'entrer au gouvernement mais tout simplement comme un être humain quelqu'un qui est placé devant quelque chose qui le dit lui-même une très grande souffrance et je n'ose imaginer ce qu'il ressent malgré sa pudeur donc je lui apporte mon soutien et ma très grande solidarité

40:06
Intervenant

sur cet ouvrage Manuel Valls Hélène Perlant donc la fille de François Bayrou révèle que François Bayrou a bien rencontré le juge d'instruction en charge de l'enquête ouverte en 1998 il était donc bien au courant de ce qui pouvait se passer à Bétharam c'est au premier ministre de répondre

40:25
Invité

à cette question

40:26
Intervenant

carriez-vous que sa communication a été hasard dès le départ il a nié trop courant

40:30
Invité

mais face à de tels faits qui remontent d'ailleurs à loin face à la moi je suis frappé d'ailleurs par le fait que beaucoup de gens disent on savait on savait mais personne s'est exprimé par ailleurs je ne connais pas le dossier je vois qu'Elisabeth Borne agit avec beaucoup de force pour que là aussi dans ces établissements privés comme dans les établissements publics on protège évidemment nos enfants et que la parole puisse se libérer c'est essentiel moi je trouve que le premier ministre aura l'occasion de s'exprimer une nouvelle fois et qu'il fait preuve d'une très grande dignité

41:02
Présentateur

est-ce qu'il faut entendre d'autres ministres à l'époque il a cité Elisabeth Guigou il a également cité Jack Lang est-ce qu'il faut qu'il soit eux aussi

41:09
Invité

reçu ?

mais il y a une commission d'enquête par ailleurs la justice fait son travail vous comprendrez que chacun s'il est amené à devoir s'exprimer ou s'il est invité à s'exprimer devra évidemment le faire mais d'abord avec une pensée une pensée pour toutes les victimes est-ce qu'elles ont pu ressentir enfin il faut quand même s'imaginer que pendant des décennies même des victimes de violence de viol n'ont pas pu s'exprimer c'est une souffrance et on le voit bien à chaque fois qu'il y a eu ce type d'affaires donc c'est pour ça qu'il faut dans la mesure du possible faire preuve d'une très grande dignité d'une très grande responsabilité entendre d'abord les victimes aller chercher la vérité et dans la mesure du possible ne pas politiser

41:54
Présentateur

mais c'est aussi devenu une affaire politique dont certains menacent

41:56
Invité

de faire tomber le gouvernement sur cette affaire je le sais bien mais vous savez avec

41:59
Intervenant

vous diriez quand même que ça fragilise François Bayrou

42:01
Invité

vous pensez que c'est déjà facile pour lui et pour nous moi je pense que François Bayrou est solide à la tête du gouvernement qu'il veut agir qu'il veut réformer dans une situation qui est évidemment impossible sinon il le dit lui-même nous ne serions pas là mais je pense que beaucoup de français voient aussi l'aspect humain ce qui est en cause dans cette affaire et chacun a des enfants il peut imaginer ce qui peut arriver nos enfants nous disent-ils tout non ils cachent beaucoup de choses nous le savons bon donc parlons pensons à la souffrance de ces victimes des parents aussi du sentiment de responsabilité qu'ils peuvent qu'ils peuvent avoir et faisons en sorte que la vérité soit établie je pense que notre démocratie est déjà suffisamment fragile nous sommes dans un monde déjà suffisamment fragile instable et nos compatriotes sont suffisamment inquiets pour qu'on essaie d'aborder ces questions c'est un vœu pieux je vous l'accorde avec de la dignité Pauline Buisson

43:01
Intervenant

dès demain l'Assemblée nationale va reprendre en commission l'examen de la proposition de loi sur la fin de vie est-ce que si vous étiez député vous voteriez ce texte ?

43:10
Invité

oui vous savez quand j'étais dans l'opposition j'ai porté notamment avec Laurent Fabius et Jean Glavani dans les années 2000 des propositions de loi et aller très loin dans ce sens je comprends les débats ce que peuvent ressentir les religions les philosophies chacun soi-même et puis confronter ce problème de la souffrance du rôle des soins palliatifs ou comment en effet on aborde ces questions de fin de vie je comprends que chacun puisse avoir une opinion

43:40
Intervenant

le fait qu'il y ait deux textes un texte sur les soins palliatifs un texte sur l'aide à mourir

43:43
Invité

c'est ce qui a été prévu mais moi je suis non ça c'est

43:46
Présentateur

pour bien expliquer ce qui a été interprété de dissocier ces deux sujets certains ont interprété cela comme une volonté aussi de laisser les uns s'exprimer sur les soins palliatifs pour ne pas risquer finalement de tuer le texte

44:00
Invité

sur la fin de vie c'est de toute façon indispensable et vous savez ce débat agite aussi le monde médical et je peux parfaitement le comprendre mais regardons depuis Jeuninbert mais regardons les écrits de Noël Châtelet ce que peut écrire l'association pour l'aide à mourir dans la dignité sur ces sujets donc moi je suis plutôt de leur côté je garde pour moi ce que je pourrais éventuellement faire face à la confrontation de la maladie et de la souffrance c'est quelque chose de très intime mais je suis pour ma part je me situe là dans une lignée républicaine progressiste sur ce sujet là je suis pour aller le plus loin possible avec des règles bien évidemment nous avions avancé vous savez quand j'étais gouvernement j'étais premier ministre il y avait eu la loi Claes-Léonetti ça avait été une avancée ça n'allait peut-être pas aussi loin de ce que je pensais mais Marisol Touraine sous l'autorité du président François Hollande y avait travaillé aussi de manière très efficace il faut chercher des consensus là-dessus mais croyez-moi dans la mesure du possible pour ce qui me concerne comme simple citoyen je soutiens ceux qui veulent avancer dans ce sens

45:08
Présentateur

justement quand vous étiez au gouvernement avec Christiane Taubira c'était le projet de loi sur le mariage pour tous qui avait été adopté à l'époque cette loi sur la fin de vie c'est la grande loi sociétale qu'il manque aux deux quinquennats d'Emmanuel Macron

45:18
Invité

mais il y a eu une loi bioéthique importante sur la PMA que nous n'avions pas fait précisément parce que vous savez chaque quinquennat ou chaque législature permet d'avancer sur ces questions-là c'est des sujets délicats qui passionnent les français et le politique vous savez on dit souvent le politique est impuissant non non écoutez sans une majorité de gauche il n'y aurait pas eu le mariage pour tous sans les différentes majorités après chacun voit bien on ne défait pas très souvent ce qui a pu être fait certains d'ailleurs regrettent leur vote en disant j'aurais peut-être dû voter la loi pour le mariage pour tous ou nous aurions dû faire la PMA plus vite et bien cette nouvelle loi sur la fin de vie arrive il faut avancer mais le politique joue pleinement son rôle le parlement aussi et il faut le souligner dans un débat dans une confrontation avec la société c'est pas indigne au contraire je crois ça permet de saluer la qualité parfois s'il décrit aujourd'hui mais tout de même du débat démocratique

46:16
Présentateur

le grand jury 2027 c'est demain Manuel Valls est-ce que vous êtes encore aujourd'hui un homme de gauche ?

46:25
Invité

toujours mais pourquoi vous me posez la question je suis un républicain de gauche je me suis engagé précisément pour Michel Rocard j'avais 18 ans et la gauche c'est ma famille évidemment il y a toujours des débats au sein de la gauche des fractures moi mes références c'est c'est d'un point de vue intellectuel c'est Camus mais quand je regarde les écrits magnifiques de Raymond Aron qui n'était pas un homme de gauche je me trouve plus proche de Raymond Aron c'est évidemment Clémenceau qui était un grand républicain décrié par une partie de la gauche mais moi je suis un homme de gauche je suis un républicain et je pense que le pays a avant tout aujourd'hui besoin plus que des débats de droite-gauche de rassemblement un homme de gauche

47:05
Intervenant

qui ne se retrouve pas dans le parti socialiste aujourd'hui en tout cas

47:08
Invité

mais moi j'ai quitté le parti socialiste en 2017 donc ça date déjà parce que j'avais théorisé les gauches irréconciliables parce que c'était la fin d'une époque d'un monde qui m'a profondément bouleversé à ce moment là qui d'une certaine manière m'a en partie brisé vous disiez je me suis reconstruit depuis comment on dit mais j'avais vécu ça aussi d'une manière plus personnelle plus intime la fin du quinquennat de François Hollande les brisures ce qui s'était passé mais ça c'est du passé mais sur la théorisation des gauches irréconciliables j'ai le sentiment parfois que les faits m'ont peut-être donné raison

47:47
Intervenant

mais vous dites donc qu'il y a encore aujourd'hui une gauche de gouvernement qui existe si oui qui pour l'incarner est-ce que c'est Bernard Cazeneuve est-ce que c'est François Hollande est-ce que c'est vous-même comment vous voyez les choses

47:59
Invité

je dois dire je ne suis plus au parti socialiste donc je ne peux pas me mêler par respect vis-à-vis des militants j'en connais encore beaucoup qui vont s'exprimer à l'occasion de leur congrès mais moi je me réjouis plutôt qu'il y ait un retour du parti socialiste c'est indispensable pour l'équilibre de la vie politique française et notamment des débats au sein de la gauche entre la gauche radicale on va l'appeler comme ça celle de Jean-Luc Mélenchon et une gauche du gouvernement en effet et ce que j'attends je le dis avec responsabilité et d'une certaine manière affection ce que j'attends du parti socialiste c'est qu'il joue pleinement son rôle de responsable prenons un exemple Lionel Jospin une référence mais quand il s'exprime on l'écoute à dire très clairement par exemple lui était je crois que c'est ce que pensent aussi François Hollande et Bernard Cazeneuve opposé à l'idée que le parti socialiste renverse le gouvernement il est dans l'opposition il fait valoir ses propositions on trouve des espaces de négociations mais on ne crée pas une crise politique en votant la censure avec qui plus est le rassemblement national à un moment où la France a besoin de stabilité alors qu'il y a la guerre en Ukraine et que Donald Trump mène une guerre commerciale en France

49:15
Intervenant

si le PS faisait sa rupture avec Jean-Luc Mélenchon de façon claire est-ce que vous seriez prêt peut-être à reprendre votre carte ?

49:22
Invité

Oula ça c'est autre chose je ne personnalise pas l'affaire mais si le parti socialiste qui quand même écoutez on l'a vu pendant la campagne des européennes sur la campagne de nature à développer la haine contre Israël et les juifs que menait la liste de la France insoumise les attaques subies par le Guzman par Raphaël Guzman tête de liste aux européennes on voit bien comment peut-on gouverner ensemble je ne parle même pas des projets j'évoque aussi d'une certaine manière les valeurs qui peuvent nous rassembler si le parti socialiste fait ses choix dans sa plus grande autonomie ça ne veut pas dire qu'il rejoint aujourd'hui ceux et celles qui gouvernent je m'en réjouirais et là Bernard Cazeneuve qu'on soit Hollande ont évidemment tout le rôle à jouer moi je suis au gouvernement j'ai quitté le parti socialiste en 2017 d'ailleurs Bernard Cazeneuve aussi elle a fait quelques temps après est-ce qu'on a besoin d'une gauche républicaine oui bien évidemment qui défende la république et la république c'est quoi c'est à la fois des valeurs fermes c'est la laïcité mais aussi c'est la justice sociale la lutte contre les inégalités sociales c'est ce que je fais à la tête de ce ministère justement vous

50:36
Intervenant

homme de gauche dans ce gouvernement comment vous sentez-vous un gouvernement dirigé par François Bayrou avec Bruno Retailleau des républicains

50:43
Invité

oui et avec Éric Lombard avec François Rennes avec Juliette Médel et il y en a bien d'autres mais nous sommes dans un moment où il n'y a pas d'autre choix que de faire ce que nous sommes en train de faire c'est à dire de rassembler des hommes et des femmes qui viennent d'horizons différents et je vais vous faire une confidence ce choix là il est à mon avis il s'impose pour longtemps face aux extrêmes le rassemblement national d'une part et la France insoumise d'autre part il faut il faut rassembler les républicains il faut un projet unique

51:14
Présentateur

pour la prochaine présidentielle qui va des sociodémocrates

51:17
Invité

jusqu'aux républicains de quelle autre voie il faudra la trouver je ne parle pas des mécanismes primaires ou pas primaires et puis il y a un premier tour à l'élection présidentielle et des hommes ou des femmes s'imposeront c'est ainsi mais il n'y a pas d'autre voie à condition qu'on soit clair sur les projets sur l'Europe sur notre vision du monde sur la défense de la république et de la laïcité sur la justice sociale on dit souvent Manuel Valls il a changé il n'a pas changé à la tête du ministère où je suis on a beaucoup parlé de la nouvelle Calédonie je me bats pour l'égalité réelle contre la vie chère contre l'insécurité qui gangrène ces territoires ultramarins contre le sentiment de ne pas être écouté d'être parfois même méprisé depuis Paris si ce n'est pas ça être de gauche être un républicain qui se bat pour des valeurs de justice sociale je ne sais pas ce que serait moi je ne vais pas changer défendre ça il m'arrive de changer évidemment on peut se tromper aussi j'ai commis des erreurs cela va de soi mais sur l'essentiel la défense de la république la lutte contre l'antisémitisme la défense de la laïcité mon engagement pour la justice sociale je ne l'ai pas changé ne changerai pas

52:22
Présentateur

défendre ces valeurs en un mot en 2027 vous pourriez en prendre votre part

52:25
Invité

je participerai au débat d'une manière ou d'une autre mais vous pensez que dans le moment que nous traversons face au risque nous sommes il y a eu cette image incroyable hier dans les voûtes sous les arcades de Saint-Pierre cette conversation entre Trump et Zelensky on se dit il y a peut-être une voie possible le président de la république il travaille beaucoup et je veux saluer ce travail vous pensez que c'est le moment que chacun d'entre nous amène sa personne dans cette affaire non moi j'appelle plus que jamais un sursaut collectif c'est ce que nous faisons autour de François Bayon

53:00
Présentateur

merci beaucoup Manuel Valls rendez-vous la semaine prochaine pour le Grand Jury

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