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Podcast / conversationUnion Populaire Républicaine· 2 octobre 2019 62 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & international

Entretien d'actualité n°84 - 01/10/2019

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 14 %Attaque 60 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Où en est-on de la catastrophe de l'usine Lubrizol de Rouen ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    La presse a beaucoup parlé de la Convention de la droite. Qu'en pensez-vous ?

  • 6:01OuverteRéponse directe

    On vient d'apprendre le renvoi de Nicolas Sarkozy en correctionnelle. Quelle est votre réaction ?

  • 9:01OuverteRéponse directe

    La Fed procède à beaucoup d'injections de liquidités auprès des banques. Que cela signifie-t-il ?

  • 12:01OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous du premier bilan de la suppression de l'ISF ?

  • 15:01OuverteRéponse directe

    Enfin, auriez-vous un mot pour conclure ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15François AsselineauFait
    « « le président de la République n'a pas jugé bon de se déplacer pour aller voir ce dont il en retournait » »
  • 0:30François AsselineauFait
    « « la préfecture a donné des consignes très vagues » »
  • 0:00Fait
    « Nous allons avoir une deuxième table ronde le samedi 5 octobre à notre université. »
  • 0:30Fait
    « La première va être passionnante – je l'ai déjà dit tout à l'heure – sur « Le monde est-il au bord d'une crise économique et financière majeure ? » »
  • 1:30Fait
    « la table ronde de l'après-midi va être encore plus passionnante, peut-être, puisqu'elle va faire le point sur le Brexit 26 jours avant la date fatidique du 31 octobre. »
  • 2:30Fait
    « Owen Paterson, qui a été récemment encore secrétaire d'État à l'Irlande du Nord »
  • 3:00Fait
    « Lucy Harris (...) qui est députée du Brexit Party : cette jeune femme de 28 ans »
  • 3:30Fait
    « Elle a d'ailleurs rallié le Brexit Party de Nigel Farage. Et elle a été élue députée européenne. »
  • 7:30Fait
    « il y aura le discours de rentrée du président de l'UPR »
  • 8:30Promesse
    « nous aurons un candidat... Et non seulement un candidat, mais une liste UPR. Je pense qu'il y aura quelques surprises. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

{Bonjour François Asselineau, et bienvenue dans cet entretien d'actualité n°84. Nous sommes le 1er octobre 2019. Et je commencerai par cette question.

Où en est-on de la catastrophe de l'usine Lubrizol de Rouen ?} Eh bien bonjour à toutes et à tous. Et comme d'habitude, merci d'être fidèles à ce rendez-vous.

Cette usine Lubrizol qui a été incendiée dans le courant de la semaine dernière n'en finit pas de susciter une vague d'indignations, d'angoisses de plus en plus manifestes lorsque l'on se rend dans la région : ce que j'ai fait dimanche, alors même que le président de la République n'a pas jugé bon de se déplacer pour aller voir ce dont il en retournait, montrant ainsi qu'il est plus attentif à la solidarité européenne qu'à la solidarité française. Eh bien moi, je suis allé sur place pour aller voir un petit peu ce qui se passait. Nous avons des adhérents, nous avons des sympathisants...

Tous les témoignages que nous avons recueillis ont fait l'objet d'une captation vidéo que je vous suggère d'aller voir si vous ne l'avez pas déjà vue. Tous les témoignages concordent sur plusieurs éléments. D'abord, il y a eu un gigantesque incendie en pleine nuit.

Deuxièmement, la préfecture a vaguement dit vers 7 heures du matin, c'est-à-dire longtemps après que le feu (s'était déclaré)...

La préfecture a donné des consignes très vagues. Et ensuite, le vendredi, (Mme Buzyn, M. Blanquer et Mme Borne) se sont rendus sur place, ont tenu d'ailleurs des propos qui étaient assez contradictoires les uns avec les autres, Mme Buzyn étant – semble-t-il – plus inquiète des conséquences sur la pollution des sols et encore davantage sur la santé des populations.

Et puis le préfet, le samedi, a dit qu'il y avait eu 78 mesures qui avaient été prises, en gros que tout allait bien, madame la marquise, ou du moins qu'on allait aller vers plus de transparence. Le Premier ministre Édouard Philippe a promis une transparence totale. M.

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a indiqué qu'il allait revoir l'implantation des sites à risque et des usines à risque, etc., etc. Donc tout le monde, maintenant...

Les dirigeants commencent à s'agiter un petit peu. Qu'est-ce que l'on peut dire sur cette affaire ? Premièrement, c'est que : encore une fois, tous les témoignages concordent sur le fait qu'il n'y a eu aucune information.

Deuxièmement que lorsque l'information est divulguée, elle est divulguée au compte-gouttes et, en fait, par des autorités qui ont perdu en fait à peu près toute crédibilité. Les gens voudraient savoir : est-ce que c'est dangereux, ce qu'ils ont respiré, ce qu'ils continuent de respirer ? Les gens ne sont pas si bêtes.

Ils savent bien que l'on peut avoir des vomissements. Il y a des personnes qui ont eu des vomissements, qui ont eu les yeux qui les brûlaient. Mais les gens savent bien que ça peut n'être finalement qu'un côté superficiel.

Il ne faudrait pas...

Et ça fait partie des rumeurs qui circulent. Il y a des rumeurs qui circulent comme quoi il y aurait eu des produits radioactifs, ce qui ne semble pas exact. Il y a d'autres rumeurs qui circulent – j'en parlais à l'instant – comme quoi il y aurait des particules d'amiante qui se seraient échappées, qui auraient été (conservées) dans l'atmosphère.

Or...

Vous le savez. D'ailleurs, ça a été reconnu comme une maladie professionnelle. Et ça n'est pas pour rien qu'il est interdit d'utiliser de l'amiante maintenant.

C'est que l'amiante peut produire des effets à très long terme, des cancers de la plèvre, notamment, au bout de plusieurs années voire plusieurs décennies. Alors il faut espérer que ça n'est pas le cas. Des scientifiques sont venus.

Mais encore une fois, il y a un doute qui subsiste sur toutes ces opérations. On attend toujours, à l'heure même où je parle...

Donc nous sommes le 1er octobre. En milieu d'après-midi, on attend toujours des précisions sur les prélèvements qui ont été effectués là-dessus. Au-delà de ça, je voudrais attirer l'attention sur le fait que si les Français que j'ai rencontrés, les Rouennais, les personnes qui habitent dans la région se plaignent...

Ils se plaignent des services de l'État. Mais ils ont pu constater que c'est l'ensemble de la chaîne de commandement, l'ensemble des services publics et des contre-pouvoirs qui a disjoncté. Parce qu'on incrimine bien entendu l'État, à juste titre, mais la région, le conseil régional n'a absolument rien fait : le conseil régional de Normandie.

Le conseil départemental de Seine-Maritime s'est tout autant mis aux abonnés absents, de même que la mairie de Rouen et la plupart des mairies. D'ailleurs, parmi les mairies...

Alors si j'ai bien compris, il y aurait eu 106 mairies, finalement, qui ont été directement concernées, dans la proximité de l'usine. Parmi les mairies en question, il y a des mairies qui ont conseillé à certains de leurs habitants de se calfeutrer chez eux, d'autres qui leur ont dit simplement de faire attention. Ça a été pareil d'ailleurs avec des entreprises.

J'ai rencontré quelqu'un qui travaille dans une entreprise de livraison qui me disait : « Dans telle entreprise de livraison, on a dit aux employés qu'ils avaient journée libre ou plusieurs journées libres, fallait qu'ils restent chez eux. Une autre entreprise a dit simplement : « Faites attention quand vous circulez », ce qui ne veut strictement rien dire. « Faites attention quand vous circulez », ça veut dire : « Allez-y, évidemment.

On ne vous conseille rien du tout. Faites comme d'habitude. Et peut-être évitez de respirer à pleins poumons en effet la fumée.

Mais ça ne va pas plus loin » ». Donc en fait, les gens se plaignent à la fois d'un risque qui est secret – on ne sait pas ce que c'est –, qui est certain – c'est une usine classée Seveso haut risque –, également d'une absence de transparence de l'information et d'une absence de rapidité de l'information, et aussi d'une absence de vision contradictoire de l'information. En fait, les gens seraient rassurés s'il y avait des représentants d'associations environnementalistes, des scientifiques assermentés et qui ne soient pas rémunérés par l'État qui puissent participer à l'enquête en question et mettre cartes sur table.

Qu'est-ce que l'on peut en dire encore, de cette affaire ? On peut en dire que si on comprend bien les toutes dernières révélations qui sont arrivées hier, 30 septembre, c'est qu'il semble – il semble – que le feu a pris dans un hangar avec entreposées des matières très dangereuses. Le directeur de l'usine a fait part de son étonnement de voir ce départ de feu à cet endroit-là, ce qui alimente d'autres rumeurs sur éventuellement un acte de malveillance voire un attentat.

Mais ce qui alimente aussi une autre...

Quelque chose qui n'est pas une rumeur, qui est avéré en revanche : c'est qu'en janvier de cette année, et de nouveau en juin de cette année, les dirigeants de cette usine Lubrizol, qui soit dit en passant appartient à un consortium qui est possédé par Berkshire Hathaway, qui est le fonds d'investissement qui est la propriété du très grand multimilliardaire américain très connu Warren Buffett...

Eh bien pour en revenir à ce que je disais, les dirigeants de cette usine, en janvier et en juin, ont fait une demande pour entreposer bien davantage de stock de matières dangereuses, justement là où l'endroit a pris feu. Or, le préfet a donné son accord à cette augmentation des stocks, qui paraît-il, si pris séparément, restent en dessous des seuils requis par je ne sais quelle directive sur Seveso, mais cumulés, dépassent largement la directive de Seveso, enfin de ce risque Seveso haut risque. Et ce qui est intéressant, c'est de voir que le préfet a pris...

Donc c'était fin janvier, je crois, et au mois de juin. A autorisé (à) cet entrepôt de nombreuses matières dangereuses supplémentaires. Et s'il y a une autorisation qui est demandée, c'est bien parce qu'il y a un risque.

Sinon, il n'y aurait pas d'autorisation qui est demandée. Mais il a pris ces décisions sans en référer à l'autorité indépendante environnementale, et cela probablement...

Je cite un article tout à fait intéressant, sur lequel d'ailleurs j'ai publié un article sur notre site et sur les pages Facebook que je vous suggère d'aller lire minutieusement. Eh bien si vous lisez un article très intéressant qui a été fait sur le site « actu-environnement.com », qui s'intéresse particulièrement à cette question, ces décisions auraient été prises en vertu...

Cette mise à l'écart de l'autorité indépendante environnementale aurait été prise en vertu de la loi ESSOC. Alors c'est quoi, la loi ESSOC ? C'est une loi qui a été proposée par le gouvernement, donc Macron et Édouard Philippe, et qui a été votée comme un seul homme bien entendu par les députés de la majorité, c'est-à-dire les députés de En marche.

ESSOC, ça veut dire (« pour un État au service d’une société de confiance »). (Bruit de bouche). Voilà un mot ronflant pour définir une loi, dont le fondement s'est fondé sur deux piliers.

Et notamment, l'un des piliers, c'est – comment dirais-je ? – faire confiance et arrêter avec les normes qui embêtent les gens. Vous connaissez ce discours, qu'on connaît traditionnellement : « Il y a trop de normes.

Ça embête les gens », et ci, et ça. Si vous allez voir les liens que j'ai indiqués dans cet article qui est mis en ligne, vous verrez...

Ça pointe sur un site du ministère de l'Économie, le portail du ministère de l'Économie, etc. Allez-y. Et vous verrez qu'il y a une présentation de cette loi ESSOC, qui demande donc aux autorités administratives désormais d'arrêter d'embêter les gens, et donc eh bien de faire des expérimentations, et notamment l'expérimentation du pouvoir de faire.

Et il y a un exemple très particulier qui concerne non pas une usine Seveso, mais qui concerne des ouvriers – enfin – d'usine travaillant dans le bâtiment, où il est conseillé que s'il y a des émanations de matières polluantes, eh bien il faut faire confiance à l'entreprise, il faut juger uniquement sur les résultats, et non pas sur les moyens. Ça veut dire que cette loi, que finalement, le préfet – si j'ai bien compris – a appliquée à la lettre...

Cette loi postule avec toute une idéologie dominante, depuis maintenant de nombreuses années...

Postule en fait la péremption de l'idée d'un État qui contrôle, qui vérifie, qui interdit et qui sanctionne. « Maintenant, l'État doit se carapater, doit passer dans un trou de souris. Tout ce que fait l'État, c'est mal !

Tout ce que font les entreprises privées, c'est bien ! » : c'est l'idéologie du moment ! Donc à partir du moment où on a dû juger...

Le préfet a dû juger que mettre encore des stocks de matières dangereuses dans cet entrepôt, finalement, c'était pas très...

Ça allait embêter l'entreprise de saisir une autorité indépendante environnementale. Et que lui, tout simplement, en tant que préfet, il allait court-circuiter cette opération. En fait, cette loi ESSOC, elle participe d'un mouvement général qui contribue à dessaisir l'État de son rôle de contrôle, de vérification, de contrôle et de protection des populations.

Au bout du compte, si on creuse bien toute cette affaire, on s'aperçoit que c'est encore une fois, bien sûr, la loi du fric qui est derrière, hein, la loi du fric qui est derrière. On imagine volontiers d'ailleurs que si l'entreprise a dit : « Voilà, il faut mettre de plus en plus de matière dangereuse là-dedans », j'imagine que l'État, le préfet, les services du préfet n'ont pas dû oser lui demander : « Mais pourquoi faut-il augmenter les trucs ? », ou que l'entreprise a dû dire : « Écoutez, c'est ça, ou sinon, je mets la clé sous la porte » : du chantage à l'emploi.

Enfin des trucs comme ça, j'imagine assez volontiers. Bref, j'imagine aussi que le préfet a eu peur peut-être de se faire taper sur les doigts si l'entreprise ou les grands patrons, le big boss américain passait un coup de fil à Paris pour s'indigner qu'on lui fait des misères à Rouen pour une usine, parce que c'est souvent comme ça que ça se passe. J'ai connu quand même quand j'étais en cabinet ministériel comment des entreprises, comment des fonctionnaires, parfois de niveau élevé comme des préfets ou des ambassadeurs, essayent de faire respecter la légalité républicaine, un État protecteur, et puis comment parfois des gens qui court-circuitent tout le monde, qui vont directement au niveau du président de la République ou du ministre, finissent par désavouer leurs subordonnés.

Bref, on a cette affaire. Alors je...

Ce n'est pas sûr et certain que c'est la cause unique. Peut-être que dans les heures qui viennent, on va apprendre que c'est un attentat qui a causé l'explosion. Mais force est de constater que le feu a pris à partir de ce hangar dans lequel il y avait un entrepôt massif de produits chimiques très très dangereux.

Et si attentat il y a eu, eh ben l'attentat, il a bénéficié de ce concours de circonstances. Voilà. La réalité, c'est que nous avons un État qui n'assure plus la protection des populations.

Et d'ailleurs, on a l'impression que tous les responsables politiques se carapatent. Alors évidemment, maintenant, le Premier ministre, M. Le Maire font assaut de dire : « Voilà ce qu'il faut faire », « Voilà ce qu'il faut faire ».

Sauf qu'encore au mois de septembre, c'est-à-dire il y a quelques semaines...

C'était...

Même...

Je crois qu'il y a 15 jours encore, le 16 septembre dernier, il y avait des directives prises par Matignon...

Vous verrez ça dans l'article que j'ai publié sur le site internet. Il y avait des directives qui disaient qu'il fallait arrêter – comment dirais-je ? – d'appliquer des réglementations sur la santé ou la sécurité, qui étaient en fait des réglementations jugées excessives, jugées trop tatillonnes.

Comme l'a conclu un avocat qui était interviewé par cet article de « actu-environnement.com », en fait, c'est la régression du droit dans tous les domaines. On fait depuis maintenant un certain nombre d'années, sous l'idéologie ultralibérale...

On fait régresser le droit : le droit du travail, mais aussi le droit de la protection sanitaire, le droit de la pollution, le droit de l'environnement, etc., le tout sous couvert de modernité et sous couvert de favoriser le dynamisme économique. C'est un scandale !

D'ailleurs, on m'a dit...

Alors faudrait le vérifier, mais on m'a dit que cette usine de Rouen avait déjà fait...

Il y avait déjà eu – je crois – il y a quelques années, en 2013 ou 2014...

Il y avait déjà eu un gros problème avec une émanation de produits chimiques très très très désagréable, qui paraît-il...

Alors là, les vents dominants venaient plutôt du sud. Donc ça avait monté le long de la Seine-Maritime, et ça avait franchi la Manche, et c'était arrivé – paraît-il – jusqu'au Royaume-Uni. Et au bout du compte, eh bien l'usine – si j'ai bien compris – n'a payé qu'une amende de 4 000 €.

Ça ne va pas. Je considère pour ma part que face à une telle situation, avec une angoisse des populations...

Faut bien le comprendre. Parce que même si aujourd'hui, la pluie a lavé les sols, les populations ont peur de ce qu'elles ont respiré, elles ont peur aussi de ce qu'elles vont consommer, que ce soit – je sais pas – les poissons, le bétail ou les volailles ou que ce soit des produits...

Comme des végétaux : des fruits ou des légumes. Face à une telle angoisse, face à une pollution aussi extraordinaire, la moindre des choses aurait été déjà de mettre en examen le directeur de l'usine, et puis éventuellement de le mettre sous les verrous pendant quelques temps pour essayer...

Parce qu'il peut très bien essayer d'organiser la disparition d'un certain nombre de preuves. Nous nous sommes rendus en délégation devant l'usine. L'usine, à 100 mètres de là, il n'y a aucune...

Il y a simplement une barrière métallique. Aucune protection, aucune protection. On a simplement vu un ouvrier qui était là, qui passait.

Alors il y a des lances à incendie. Donc il y a encore des gens qui envoient de l'eau pour essayer de calmer les braises. Je vous parle d'une situation...

C'était dimanche aux alentours de 13 heures. Mais on a vu un ouvrier qui passait qui était avec une combinaison blanche, qui était NBC, je crois. C'est les combinaisons pour les risques nucléaires, bactériologiques et chimiques.

Bon. Donc c'est quand même a priori...

Il était pas en train de servir le café. Ça veut dire qu'il y a quand même un risque qui est perçu, pour que les ouvriers se mettent ce genre de combinaison. Mais à part lui, il n'y avait personne !

On a vu des enfants qui faisaient de la bicyclette juste à côté. Et puis nous, on a pu aller jusque – donc – devant les barrières. Pas un seul policier.

Nada ! Nichts ! Nothing !

Niente ! Rien ! Je trouve ça quand même un petit peu fort de café.

D'autant plus fort de café que – m'a-t-on dit – lorsque les ministres étaient venus sur place, alors là, il y avait des rangées entières évidemment de CRS. C'est autre chose, mais ça vaut le coup aussi de le souligner : la France est en train de devenir ce que l'on appelait sous la Grande Catherine de Russie des villages Potemkine. C'est-à-dire que l'État est tellement aux abois financièrement, on ne cesse que de couper dans les crédits de tous les services publics que très souvent, eh bien lorsqu'un ministre se déplace, on fait déplacer avec lui une compagnie de gendarmerie ou des policiers ou je ne sais pas quoi, des gendarmes mobiles – ça dépend de l'emplacement –, on fait genre devant les caméras, et puis une fois que les ministres sont repartis, – hop ! – on remet tout le monde, parce qu'il y a un ministre qui va ailleurs, quoi.

C'est à peu près ça. C'est-à-dire qu'on est dans le fake, dans le faux-semblant, dans le faux-semblant. Ça me rappelle une anecdote que m'avait racontée il y a plusieurs années, quand j'étais allé – c'était il y a 3, 4 ans – à l'île de Mayotte, où je m'étais entretenu avec un colonel de gendarmerie, qui m'avait...

Quelques semaines auparavant, il y avait eu Manuel Valls qui était venu, Premier ministre, qui avait d'ailleurs fait une déclaration restée célèbre, puisqu'il avait dit qu'il était heureux d'être dans cette île du Pacifique. Alors quelqu'un lui avait tapé sur l'épaule en disant : « Monsieur le Premier ministre, on n'est pas dans le Pacifique, on est dans l'océan Indien ». Bon, enfin bref...

Et il était resté là pendant...

Évidemment, à chaque fois que ces excellences font des déplacements, ils restent là 3, 4 heures pour ensuite repartir. Mais on avait à l'occasion du Premier ministre fait venir de l'île de la Réunion et – je crois même – de métropole des bataillons de forces de l'ordre, je sais pas, de gendarmes mobiles ou de gendarmes ou de CRS ou je ne sais pas quoi, qui avaient été là pendant...

Pour montrer...

Parce que M. Manuel Valls voulait montrer que la République luttait contre l'immigration clandestine venue du reste de l'archipel des Comores, venue de l'île d'Anjouan. Et puis bien entendu, lorsque le Premier ministre était reparti, – hop ! – il n'y avait pas les moyens nécessaires, on avait rapatrié les forces de l'ordre ailleurs, sur un autre théâtre d'opérations.

Voilà ce qu'est devenue la République : un théâtre d'ombres, un président de la République qui ne s'est même pas déplacé, un préfet qui fuit ses responsabilités, une population qui est laissée dans l'ignorance complète de ce qui peut se passer et des risques, certains qui prennent d'ailleurs un véritable exode. Il y a des gens qui sont partis, qui sont allés se réfugier à plusieurs centaines de kilomètres, parce qu'ils ont peur, ils ont peur pour eux-mêmes ou pour leurs enfants. Voilà, cette affaire témoigne d'un véritable scandale d'État, d'autant plus que c'est quand même une usine Seveso, risque Seveso.

Je crois qu'il y en a plus d'un millier en France. Normalement, pour une usine comme ça, il devrait y avoir des plans...

Jadis, on parlait des plans ORSEC : organisation des secours. Il devrait normalement y avoir des plans où tout devrait être prévu à l'avance, hein, devrait être prévu – c'est un pléonasme, « prévu à l'avance » –, devrait être prévu. Et donc il devrait y avoir immédiatement...

S'il y a un incendie comme ça qui se déclare en pleine nuit, immédiatement, le préfet devrait être réveillé, immédiatement, une cellule d'urgence devrait être réveillée. Et puis immédiatement, si risque majeur il y a pour la santé des populations, il devrait y avoir un système de voiture avec des haut-parleurs, réveillant la population, fût-ce à 3 heures ou 4 heures du matin, en leur disant : « Écoutez, fermez toutes vos fenêtres, etc., ou bien prenez vos cliques et vos claques et partez », parce que l'on ne sait pas quel était le contenu de ces fumées, qui continuent d'ailleurs de se développer.

Et dans ce genre de situations, mieux vaut être trop prudent que pas assez, parce qu'il y a eu souvent des sinistres de cette nature dont on s'est rendu compte après coup...

Rappelez-vous cette triste affaire de Tchernobyl, du nuage de Tchernobyl, qui a quand même provoqué plusieurs centaines de décès en France. Mais ça, on l'a su bien longtemps après, avec les émanations nucléaires de toutes ces affaires. Je terminerai en disant que le plus extravagant de cette histoire – alors là, vraiment, j'ai été stupéfait –, c'est que juste à côté de cette usine, il y a un emplacement – voilà – qui a été réservé pour construire une espèce d'écoquartier, mais à 30 mètres.

C'est-à-dire que...

Enfin de qui se moque-t-on ? Qui gère les plans d'occupation des sols ? Qui gère – je ne sais pas – le PMU, le...

C'est dingue ! On est en train de construire à Rouen...

Il y a donc l'emplacement : un quartier, un écoquartier : voilà, aucune émanation de...

Pas de CO2, pas de ceci, etc. Les populations, les gens qui vont venir s'installer là risquent d'être à 20 mètres...

D'ailleurs, quand ils ouvrent la fenêtre de leur living, s'ils l'ouvrent, (ça va donner sur) une usine Seveso. On marche sur la tête. Il y a un immense immense immense problème d'irresponsabilité du gouvernement au plus haut niveau de l'État.

Ce n'est pas une bonne nouvelle. Mais il vaut mieux le savoir que de l'ignorer. Comme disent les Chinois dans un proverbe que j'aime à citer : « Les choses qu'on aime le moins apprendre sont celles qu'on a le plus d'intérêt à connaître ». {La presse a beaucoup parlé de la Convention de la droite.

Qu'en pensez-vous ?} Alors ça, c'est pour le coup...

Effectivement, ils ont eu une couverture médiatique assez extraordinaire : la Convention de la droite, l'union de la droite de Mme Marion Maréchal ex-Le Pen. Eh bien on en a beaucoup beaucoup beaucoup entendu parler. J'ai vu d'après d'ailleurs les gazettes : selon Le Monde, il y avait 1 000 personnes, et selon d'autres journaux, ça pouvait être près de 2 000 personnes.

Donc il y avait un rassemblement entre 1 000 et 2 000 personnes. Mon Dieu, j'aurais aimé que l'on (ait eu) autant de retombées médiatiques lorsque nous, nous avons – notamment pendant les élections européennes – fait des réunions publiques, notamment à Paris, où il y avait énormément de monde ! J'aurais aimé aussi que l'on ait les mêmes retombées médiatiques, notamment à la télévision et sur les grandes chaînes de télévision, lors de notre université d'automne de l'année dernière à Vallères, et dans celle que nous aurons d'ailleurs à la fin de la semaine.

Bon ! Il y a eu des retombées médiatiques telles que d'ailleurs, c'était en direct – s'il vous plaît – sur LCI. Le discours était retransmis en direct sur LCI, ce qui d'ailleurs n'a pas porté chance ni à LCI, ni aux organisateurs, puisque le discours d'entrée de cette Convention de la droite a été prononcé par Éric Zemmour, qui pendant 20 minutes a fait un discours extrêmement extrêmement extrêmement islamophobe, d'ailleurs tombant sous le coup de la loi.

Je crois qu'il y a eu plus de 400 signalements qui ont été faits. Et je crois que le parquet vient d'ouvrir une enquête pour voir si Éric Zemmour, qui a d'ailleurs déjà été condamné définitivement récemment pour incitation à la haine, – je crois que c'est monté jusqu'en cassation – eh bien pour voir s'il va de nouveau être condamné sur cette affaire. En réalité, la Convention de la droite, c'était pas du tout la convention de la droite.

Parce que Mme Marion Maréchal ex-Le Pen, qui paraît-il...

Alors tout le monde bruisse du fait que c'est une femme tout à fait extraordinaire, qui...

Paraît-il, c'est la sauveuse de la France. Et paraît-il que Jacques Attali a dit qu'après Macron, ça serait une femme. Donc il y a beaucoup beaucoup beaucoup de gens qui disent : « Alors ça va sans doute être elle ».

Bon. (NDLR : Attali a précisé que MMLP ne faisait pas partie de sa liste : « https://youtu.be/3aFFp-V7Faw?t=57 ») Eh bien Mme Marion Maréchal ex-Le Pen n'est parvenue à réunir finalement pas grand monde.

Le RN de sa tantine Mme Le Pen, Mme Marine Le Pen, qui d'ailleurs – je crois – s'appelle Marion – il me semble – Le Pen, eh bien le RN n'était pas présent, sauf un des chevaux légers du RN, qui était présent sur place et qui a adhéré aux Républicains. Le parti LR n'était pas davantage présent. Ils avaient tous refusé, en tant que parti politique, de se joindre à cette convention, à cette union de la droite.

Donc l'union de la droite, si vous n'avez pas ni le RN, ni LR, ni DLF, je ne sais pas très bien qu'est-ce qui rassemble. J'ajoute qu'il y avait des personnalités qui avaient donné leur accord pour venir : Aurélien Taché, le député de En marche, qui avait été convié, qui s'était rendu célèbre quelques semaines, quelques mois avant les élections européennes en disant que le programme de En marche était de céder tout ce qui restait de souveraineté nationale à l'UE...

Finalement, M. Taché, eh bien en fait, s'est décommandé, n'est pas venu. Il est resté simplement le philosophe Raphaël Enthoven, qui est allé là-bas et qui, si j'ai bien compris, essayant de faire valoir un petit peu des bémols et la voie de la raison, s'est fait – si j'ai bien compris – assez copieusement insulter.

Enfin voilà ce qu'il en est arrivé de cette convention. Le résultat, c'est qu'il va y avoir...

Il y a eu des problèmes, parce que LCI a donc diffusé en direct le discours d'Éric Zemmour, que le syndicat des journalistes de LCI a protesté vigoureusement devant un certain nombre de propos qui étaient quand même vraiment plus que limite. On a parfaitement le droit de critiquer l'islam, que l'on ne me fasse pas passer...

Parce que je sais que des gens d'extrême-droite aiment à me présenter...

Paraît-il que je serais baboucholâtre, voilà, et que je serais...

Non, je suis pas baboucholâtre. Moi, j'applique simplement les lois de la République, voilà. Et donc l'islam est une religion comme les autres religions.

On a parfaitement le droit de les critiquer. Mais on n'a pas non plus le droit systématiquement d'insulter les croyants de telle ou telle religion, que ce soit l'islam, que ce soit le judaïsme, que ce soit le catholicisme, qui est largement et copieusement critiqué d'ailleurs, constamment, ou que ce soit le protestantisme, le bouddhisme...

On n'a pas le droit de critiquer non plus d'ailleurs (ceux qui ne croient pas en Dieu – les athées – ou les agnostiques). Mais il y a quand même des limites. Les limites, ça s'appelle tout simplement la courtoisie, la paix civile.

Voilà. Et ça n'est certainement pas en jetant de l'huile sur le feu de ces questions-là que l'on va apaiser la situation actuelle. Voilà.

Alors ce que moi, j'ai noté par ailleurs, outre le flop complet...

C'est un échec total de Mme Marion Maréchal ex-Le Pen, puisque elle n'a réussi en fait à réunir personne. 1 500 personnes, c'est quand même pas beaucoup, compte tenu du flonflon médiatique qu'il y avait et compte tenu de l'ambition qu'elle avait affichée. Mais ce que j'ai noté quant à moi...

Alors j'ai pas regardé tout ça. Mais j'ai regardé ce que disaient les gazettes, les journaux, etc. Si j'ai bien compris, cette union de la droite était en fait une union de l'extrême-droite et a consisté à fustiger l'islam, à annoncer qu'on allait vers une guerre civile en France à cause de cette religion.

Si j'ai bien compris, il n'y a pas eu un mot – pas un mot – sur l'UE, sur les traités européens, sur le fait que c'est désormais au niveau de l'UE que se traitent les questions migratoires. Hein, les articles 67, 77 et 78 du TFUE, Mme Marion Maréchal ex-Le Pen ne les a pas cités, pas plus d'ailleurs que les différents intervenants. Il n'y a pas eu un mot non plus sur l'euro : l'euro qui entraîne la paupérisation, l'appauvrissement constants des Français des classes moyennes et (des) catégories les plus populaires, qui versent actuellement dans la misère, l'euro qui nous provoque un taux de chômage extravagant, c'est-à-dire tous ces facteurs : l'appauvrissement, le chômage, la perte des repères, des repères notamment de ce qu'est la France, etc., qui sont à mon avis des raisons absolument fondamentales dans ce mal de vivre que connaissent les Français, hein.

Ce que demandent – et j'en connais beaucoup, beaucoup – beaucoup de nos compatriotes musulmans, c'est tout simplement de vivre une vie normale de Français. Et qui se sont intégrés. Ils sont en train de s'assimiler pour la grande majorité d'entre eux.

Pas tous, hein ! Je vois aussitôt des gens qui vont s'exprimer en disant : « Oh là là, il faudrait qu'il sorte de chez lui ». Je fais que ça, sortir de chez moi, figurez-vous.

Je passe mon temps à sortir de chez moi, et d'ailleurs sans jamais être accompagné par un garde du corps. Et je suis toujours extrêmement bien accueilli. Je vais partout, y compris dans les quartiers.

Parce que de plus en plus de Français me connaissent, écoutent mes analyses et se rendent compte que nous, à l'UPR, on ne stigmatise jamais personne pour son appartenance à une religion. Nous, on n'est pas là à taper sur les cathos, sur les juifs, sur les musulmans, etc. On n'est pas là à stigmatiser des gens en fonction de leur orientation sexuelle.

On n'est pas là à stigmatiser des gens en fonction de leur opinion politique. On est là simplement pour expliquer aux Français que si la situation en France va mal, c'est pour des raisons d'abord et avant tout géopolitiques, macroéconomiques et monétaires, qui expliquent la situation. Que l'on sorte de l'UE et de l'euro.

Que d'un seul coup on voie réapparaître une fierté naturelle dans notre propre pays. Que la France ne soit plus le larbin des États-Unis, ne soit plus le larbin...

Ne crée plus des guerres illégales au Moyen-Orient, en Afrique du Nord. Que la France devienne le porte-parole de la liberté des peuples et des nations. Que la France combatte le deux poids, deux mesures en matière de politique internationale.

Que la France renoue avec sa tradition d'État qui assure la justice sociale entre les Français. Que la France reprenne par exemple tout ce qui a été démoli du droit du travail et le remette en place. Que la France restaure les services publics à la française.

À ce moment-là, la France...

Vous le verrez : d'un seul coup, beaucoup de Français : des Français depuis 30 ou 40 générations comme moi, comme des Français depuis une génération ou depuis zéro génération...

Vous verrez que beaucoup de Français se reconnaîtront dans ce projet d'un État-nation rajeuni pour le XXIe siècle : un État-nation qui coopère avec l'ensemble des pays du monde et qui est fier de lui-même et fier de son identité nationale. Voilà. Or, ça, ce discours-là, ce discours rassembleur, raisonnable, ce discours œcuménique, irénique – certains diront peut-être –, ce discours de paix est le seul qu'un homme d'État doit tenir dans la France d'aujourd'hui.

La France d'aujourd'hui et de demain passe par la sortie de l'UE et de l'euro. Elle ne passe pas par une stigmatisation de telle ou telle partie de la population, avec des gens qui passent leur temps à jeter de l'huile sur le feu. Ce sont des criminels en puissance. {On vient d'apprendre le renvoi de Nicolas Sarkozy en correctionnelle.

Quelle est votre réaction ?} Alors c'est toujours un peu ennuyeux de se prononcer sur une affaire judiciaire en cours. Simplement, si j'ai bien compris, il s'agit du problème du financement de la campagne électorale de 2012, qui a connu un nouveau rebondissement, puisque Nicolas Sarkozy est accusé d'avoir outrepassé le plafond de financement de cette campagne, qu'il y avait eu des irrégularités qui avaient été constatées et qui avaient été – si j'ai bien compris, dans l'esprit de l'avocat de Nicolas Sarkozy – purgées par le passage en Conseil constitutionnel.

Et l'avocat évoquait, du fait que cette affaire était déjà passée...

Les comptes avaient été déjà constatés, vérifiés, rejetés par le Conseil constitutionnel. Il y avait la théorie du droit « non bis in idem », c'est-à-dire « jamais deux fois sur la même chose », qui s'appliquait. Or, en fait, la Cour de cassation en a jugé autrement, a estimé qu'il y avait des faits nouveaux qui étaient reprochés, notamment – paraît-il – l'organisation de toute une architecture de financements qui étaient à l'évidence...

Enfin si c'est avéré, qui étaient illégaux. Alors il faut savoir qu'il y a un plafond en France pour l'élection présidentielle de 20 millions d'euros. Pour que les...

Voilà, soyons au clair, s'agissant de ma campagne présidentielle en 2017, nous, nous avions dépass...

Dépensé à peu près – je dis de mémoire – 1,3 million d'euros, 1 300 000 €, qui était l'argent qu'avaient versé nos adhérents et nos donateurs, voilà, et les sympathisants qui voulaient le faire. Donc le plafond était de 20 millions d'euros. Vous voyez que nous, on a fait à peu près 6% du plafond.

Voilà. Ça, c'est nous. Nous, on a dépensé en 2017 6% du plafond.

En 2012, ce plafond à peu près de 20 millions d'euros...

Donc semble-t-il, d'après ce qui est reproché à M. Sarkozy, c'est donc pas de 20 mill...

C'est qu'il aurait dépassé le plafond de 20 millions d'euros. C'est-à-dire que non seulement il a dépensé tous les 20 millions d'euros, mais en plus, 20 millions d'euros supplémentaires, voilà, c'est-à-dire des dépenses de l'ordre de 40 millions d'euros, hein, c'est-à-dire à peu près 35 ou 36 fois ce que nous, nous avons dépensé en 2017 pour notre campagne. Alors si j'ai bien compris également, M.

Sarkozy va être donc en correctionnelle, et il risque – si j'ai bien compris – 1 an de prison et une amende de 3 750 €, 3 750 €. Ça fait penser à tout à l'heure. Je parlais de l'usine Lubrizol qui avait fait des émanations de produits toxiques qui étaient allés jusqu'en Angleterre, qui avait eu une amende de 4 000 €.

Non. Quand on empoisonne les populations, c'est pas des amendes de 4 000 €. Eh bah là, de la même façon...

Je ne sais pas, la justice tranchera. Mais j'estime quant à moi que si un candidat à l'élection présidentielle, qui sait très bien...

Alors il y a des experts-comptables, des commissaires aux comptes, il y a la CNCCFP...

Surtout un appareil politique important. Qui sait très bien que l'on ne peut pas dépasser 20 millions d'euros. Si c'est en parfaite connaissance de cause qu'il dépense 40 millions d'euros dont 20 millions au-delà du plafond, on peut pas avoir une amende de 3 750 €.

Ça va pas. Ça va pas. À mon avis, il faudrait que dans ce genre de circonstance, il y ait une amende extrêmement sévère, qui devrait être 2 ou 3 fois le montant du dépassement, c'est-à-dire 40 ou 60 millions d'euros.

Il faudrait d'ailleurs au passage savoir qui est-ce qui a payé tout ça. Il faut quand même qu'il y ait...

Les Français en ont assez de voir que finalement, on va avoir une amende de 3 750 €...

Si ça se trouve, un pauvre agriculteur qui a fait je ne sais pas quoi, pour des vétilles, ou quelqu'un qui n'a pas payé ses impôts, ou je sais pas quoi, va avoir une amende supérieure. Faut quand même pas exagérer. Les amendes, en la matière, sont très très insuffisantes.

Il devrait y avoir...

Mais on retombe sur ce que je disais tout à l'heure, sur l'État qui n'assure plus les sanctions. Mais Macron...

Parce que Nicolas Sarkozy...

On parle d'une affaire qui remonte maintenant à il y a 7 ans. Alors il est normal que la justice passe. Mais Macron, c'est en ce moment qu'il faut s'y intéresser.

Macron, en 2017, selon les comptes de la CNCCFP...

Moi, j'ai dépensé 1 200 000 € ou 1 260 ***...

Enfin un peu moins de 1 300 000 € – je le disais tout à l'heure –. Emmanuel Macron, lui, a dépensé plus de 16 000 000 € sur son compte, c'est-à-dire 10 fois plus d'argent que nous. Ça reste sous le plafond.

Mais il y a eu quand même un certain nombre d'irrégularités, notamment (les origines) de fonds qui n'ont pas été comprises par la CNCCFP, qui l'a signalé. Et puis il y a eu aussi l'utilisation par Macron dans la précampagne de fonds sur lesquels on a beaucoup jasé. On a beaucoup parlé notamment de l'expédition qu'il avait faite à Las Vegas aux États-Unis dans le cadre de Business France, dirigée d'ailleurs par Mme Muriel Pénicaud, qui ensuite est devenue ministre du Travail.

Et il semblerait...

Enfin en tout cas, il y a quand même des fortes présomptions que M. Macron ait bénéficié de financements publics pour sa propre campagne électorale. Pourquoi est-ce qu'on n'en parle pas ?

Sur les comptes de la CNCCFP, d'ailleurs, il y avait des députés des Républicains qui avaient saisi le Conseil constitutionnel au sujet de la validation des comptes de Macron, compte tenu des irrégularités constatées. Et le Conseil constitutionnel avait validé néanmoins les comptes de Macron. Donc tout ceci pour dire qu'il y a derrière toutes ces opérations, bien entendu, des opérations de nature politique.

Je voudrais conclure sur un point qui m'est cher. On s'intéresse beaucoup à ces questions d'argent. Et c'est normal.

C'est justifié que l'on s'y intéresse. Mais néanmoins, je trouve assez extraordinaire que la CNCCFP, la loi s'intéressent à un plafond de dépenses financières de 20 millions d'euros, mais ne s'intéressent pas en revanche à l'attribution des temps de parole et des commentaires faits dans les médias. Parce que c'est là que le bât blesse.

Parce que M. Macron, d'après les comptes, a dépensé 10 fois plus d'argent que le candidat Asselineau pendant la présidentielle de 2017. Mais le rapport du temps de parole dont il a bénéficié dans les grands médias, et non seulement dans les grands médias audiovisuels, mais également les médias papier, et en plus de ça non seulement son temps de parole, mais toute la propagande qui a été faite, est d'un ordre de grandeur qui rend presque ridicules les contraintes financières.

Je voudrais prendre un exemple. Je me suis renseigné. Au moment de la Coupe du monde de football de 2018, en quart de finale, il y avait le match France-Uruguay.

J'ai découvert que le spot publicitaire de 30 secondes sur seulement TF1 avant le match France-Uruguay en 2018 de la Coupe du monde de foot coûtait 260 000 €. En milieu de match, pendant la mi-temps, c'était 255 000 €. Et en fin de match, c'était 250 000 €.

Pour 30 secondes. Alors c'est vrai que sans doute, c'est les tarifs les plus élevés, ce qu'on appelle le prime-time en anglais, c'est-à-dire le moment où il y a le plus de monde. Je crois qu'ils ont eu des scores jusqu'à 16 ou 17 millions de téléspectateurs en même temps.

Donc c'est vrai que c'est tout à fait considérable. Mais le prix de la publicité sur les grands médias est tout à fait impressionnant. Sur 260 000 € pour 30 secondes, – faites un calcul avec moi – ça fait 520 000 € pour une minute.

Vous multipliez ça par 60. Ça vous fait 31 200 000 € pour une heure. Voilà.

C'est-à-dire que dans le cadre du financement...

C'est très bien de regarder le financement. Mais quand vous avez des candidats...

M. Macron – pour ne pas... –, qui a eu droit à des heures et des heures et des heures et des heures sur TF1, sur France 2, sur France 3, sur...

Pour ne pas parler des radios, etc., l'équivalent en argent, ce sont des millions, des dizaines, peut-être même des centaines de millions d'euros. Alors que nous, on a été très chichement traités.

C'est le moins que l'on puisse dire. On n'avait quasiment rien. Et les commentateurs soit ne parlaient jamais de moi, soit parlaient de moi de façon dépréciative, alors que Macron, eh bien il était question de lui de façon bah toujours laudatrice.

Voilà ce que je voulais dire. C'est-à-dire qu'il ne faudrait pas que les Français pensent qu'à partir du moment où on regarde à la loupe les financements des campagnes présidentielles, la démocratie française est saine. Non, pas du tout.

D'abord, j'estime que le plafond ne devrait pas être de 20 millions d'euros. Nous, on avait fait une campagne qui était une campagne avec des grands meetings en province avec 1 300 000 €. Moi, je pense qu'on pourrait très bien avoir des campagnes à 2 000 000 €, voilà, pour les candidats à l'élection présidentielle, parce que finalement, pas besoin de dépenser des mille et des cents, et puis d'autant plus d'ailleurs que pour les grands partis politiques, c'est souvent l'argent du contribuable qui est mis à profit.

Et puis pour le reste, eh bien ils devraient passer dans les médias. Et dans les médias, il devrait y avoir une égalité de traitement, et non pas l'inégalité de traitement. Voilà.

Tant qu'on n'aura pas réglé ces problèmes-là, on ne pourra pas dire que la France est vraiment en démocratie, puisqu'il suffit d'avoir une orchestration médiatique pour faire élire un âne à l'Élysée. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé en 2017, et ce que beaucoup de Français, maintenant, regrettent d'avoir fait. Mais maintenant, il est trop tard.

Et attendons la suite des événements. {La Fed procède à beaucoup d'injections de liquidités auprès des banques. Que cela signifie-t-il ?} Alors c'est un sujet très technique, dont je vais parler rapidement.

Effectivement, il y a sur Internet et sur la sphère internet...

Et on a reçu plusieurs fois des questions de gens qui se demandent ce que signifient ces injections massives de liquidités effectuées par la Federal Reserve Board : la banque fédérale des États-Unis d'Amérique. Alors il faut...

À cet égard, un certain nombre de données circulent, qui sont fausses, qui sont inexactes pour la raison suivante. Ces injections de liquidités sont faites par la Federal Reserve Board. Ce ne sont pas des dons.

Ce sont des prêts. Donc ça, c'est important. Et ce sont des prêts à un jour.

C'est également fondamental. Ces prêts sont assujettis à un taux d'intérêt de 2% par an. 2% par an, s'il y a 360 – comment dirais-je ? – jours calendaires pour les emprunts...

Lorsqu'on emprunte 1 dollar un jour, la banque doit le rendre le lendemain avec 1 dollar + 1/18000. Faites le calcul de 2%/360. Donc normalement, c'est une somme tout à fait insign...

Alors évidemment, « 1 dollar »...

Mais c'est pas 1 dollar. C'est des milliers de dollars. Ce sont des prêts qui sont assujettis à ce taux d'intérêt qui sont octroyés par la Federal Reserve Board, uniquement à des banques de second rang.

Et de surcroît, ces prêts sont nantis. « Nantis », ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les banques doivent nantir, doivent promettre, doivent fournir, donner une espèce de transfert de propriété provisoire, pendant un jour, à la Federal Reserve Board, sur des titres possédés par les banques qui sont en fait des titres d'État, essentiellement des obligations du Trésor américain.

Voilà. Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire que lorsque l'on a parlé ces jours-ci du fait que la Federal Reserve Board avait octroyé, avait injecté 75 milliards de dollars de liquidités...

C'est une somme importante. Mais il y a une erreur qui a été faite par certains observateurs pourtant que l'on croyait mieux avisés, qui consiste à accumuler, voilà...

Les gens se disent, certains se disent : « Mais s'il y a 75 milliards de dollars tous les jours, au bout de 10 jours, ça va faire 750 milliards, au bout de 100 jours, 7 500 milliards de dollars. Donc ça... »...

Non. Alors c'est une erreur de raisonnement, parce que ça n'est pas cumulatif. C'est ce qu'on appelle en...

Ça revient régulièrement. C'est « revolving », comme on dirait en anglais. C'est-à-dire que la créance retombe au bout d'une journée, quitte à être renouvelée.

Voilà ce qu'il fallait dire sur cette question. Alors il y a quand même une sous-question. C'est que c'est vrai que ce sont des montants qui sont importants, significatifs, depuis quelques jours, de la Federal Reserve Board auprès des banques, de certaines banques commerciales américaines.

Alors pourquoi ? Ça, c'est une autre question. Ça fait référence à cette crainte peut-être d'un risque d'une crise financière mondiale, qui peut-être se profile.

Donc je ne dis pas du tout que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je dis simplement qu'il ne faut pas croire que ces injections de liquidités sont cumulatives. Elles sont « revolving », elles sont reprises jour après jour : point fondamental.

Au passage, d'ailleurs, un particulier ne peut pas avoir cet argent. Parce que beaucoup de gens ne connaissent pas – et c'est normal, parce que c'est quand même très compliqué – ces questions monétaires, il y a des gens qui se disent : « Mais s'il y a des injections de liquidités, pourquoi ils en donnent pas par exemple aux nécessiteux ? ».

Non, c'est pas comme ça que ça se passe. Encore une fois, ce ne sont pas des dons. Ce sont des prêts, qui sont inscrits au bilan de la Federal Reserve Board, pour une journée, et qui sont nantis.

Quant à l'affaire de la crise économique et financière, je vous donne rendez-vous, à toutes celles et à tous ceux qui viendront à notre université d'automne, samedi 5 octobre, où le matin, nous aurons une table ronde vraiment tout à fait passionnante, avec notamment Philippe Béchade, Charles Sannat et Vincent Brousseau. Ça sera animé par Jacques Chevallier, qui est un jeune banquier retraité membre de l'UPR qui a travaillé dans la banque d'affaires. Eh bien ils répondront à la question : « Le monde est-il au bord d'une crise économique et financière majeure ? ».

Et puis évidemment, ils répondront aux questions du public : « Qu'est-ce qu'il faut faire pour se protéger ? ». Rendez-vous donc samedi à l'université d'automne.

Les inscriptions sont en ligne depuis maintenant plusieurs semaines. {Que pensez-vous du premier bilan de la suppression de l'ISF ?} Le ministère de l'Économie et des Finances a rendu ce 1er octobre un premier bilan de la suppression de l'ISF, qui a été remplacé par un impôt foncier, un impôt immobilier, qu'on appelle l'IFI.

Je rappelle que lorsque cet ISF avait été supprimé, on avait invoqué la théorie...

C'était Macron et puis les chœurs d'opéra qui accompagnent les propos de M. Macron. On nous avait sorti une théorie qui était la théorie dite du ruissellement.

C'est-à-dire qu'à partir du moment où les riches, on leur prendrait moins d'argent, ils seraient encore plus riches, eh bien ils voudraient bien le dépenser, et ils voudraient bien le dépenser dans l'investissement dans les entreprises. Alors le premier bilan qui a été tiré par Bercy aujourd'hui, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est mi-figue mi-raisin. Il est mi-figue en ce sens que finalement, cette suppression a coûté un petit peu moins cher que prévu, que l'IFI rapporterait un peu plus que prévu : 1,3 milliard d'euros, si j'ai bien compris, au lieu des 850 millions d'euros qui avaient été anticipés en projet de loi de finances.

Donc l'IFI rapporterait un petit peu plus, la suppression de l'ISF aura coûté un petit peu moins, etc., etc. Enfin c'est un peu des peccadilles.

Mais la question essentielle, la question essentielle, c'est de savoir : « Est-ce que ça a dynamisé l'investissement dans les entreprises ? ». Berniques.

Alors les fonctionnaires de Bercy ont dit qu'il fallait être très prudents, qu'il fallait faire des corrélations, rechercher, nani, nanani, nanana. En attendant, la montagne a accouché d'une souris. Ça veut dire...

Je connais quand même la maison Bercy. Je suppose – je suppose – qu'on doit être gênés aux entournures. Et d'ailleurs, d'après les échos de presse qui ont diffusé, il semblerait – il semblerait – qu'il n'y a pas du tout eu d'effet de ruissellement et que les personnes les plus fortunées...

Eh bien maintenant, il y en aurait eu moins qui seraient parties à l'étranger, parce que finalement, elles ont bénéficié à la fois de la suppression de l'ISF et puis également de la flat tax, comme on dit, c'est-à-dire la taxe brutale de 30%. Et donc globalement, il y aurait moins de grandes fortunes qui auraient quitté le territoire national. Mais il ne semble pas que le surcroît d'argent dont ils aient disposé ait particulièrement servi au fameux ruissellement et ait particulièrement servi à financer des investissements dans des entreprises.

Il semble d'après ce que j'ai lu dans la presse que ça aurait plutôt servi à des dépenses d'agrément, c'est-à-dire : peut-être que les gens sont allés manger au restaurant, dans les grands restaurants de luxe, sont allés dans des hôtels extraordinaires, se sont peut-être acheté – je sais pas – des voitures de grand luxe, je sais pas, enfin, ou des appartements, enfin voilà, mais pas de l'investissement dans les entreprises. Alors vous me direz : « Ça fait marcher le commerce ». Bien entendu.

Mais c'est quand même un peu se moquer du monde que d'avoir prétendu que la suppression de l'ISF allait favoriser le développement de la croissance en France. C'était une théorie que Macron, d'ailleurs, a payée cher, puisque depuis lors, il est assez largement considéré, notamment par les Français les plus démunis, comme étant le président des riches. Et c'est exact qu'il a cette image qui lui colle désormais à la peau. {Enfin, auriez-vous un mot pour conclure ?} J'aurais deux mots pour conclure.

Le premier, c'est que je voudrais parler d'une affaire un peu tragi-comique, qui est la faillite du voyagiste Thomas Cook, le premier grand voyagiste du monde, puisque Thomas Cook avait créé une agence de voyages, la première au monde en Angleterre. C'était en 1851, au Royaume-Uni. Eh ben, eh ben voilà, « Sic transit gloria mundi », comme on dit : « Ainsi passe la gloire du monde ».

Eh bien Thomas Cook vient de mettre la clé sous la porte, en faillite en 2019. C'est assez triste, si l'on y réfléchit bien, pour la destinée de cette société qui avait donc plus de 160 ans d'âge. Alors pourquoi je vous parle de ça ?

C'est parce qu'on apprend aujourd'hui qu'il y a 500 hôtels en Espagne qui sont menacés de faillite du fait de la faillite de Thomas Cook, qui était le premier tour-opérateur britannique, et qui possédait une centaine d'avions d'ailleurs à son nom, dont 22 avions en pleine propriété – je crois –, et le reste en leasing ou en crédit-bail. Et donc c'était avec des dizaines et des dizaines et des dizaines de milliers de touristes le type même de grande société britannique que, a priori, personne ne pouvait soupçonner de faire faillite. Alors si je vous en parle, c'est qu'à la fois il y a plein de touristes qui sont restés en rade – le gouvernement britannique les a rapatriés –, il y a des faillites en cascade : Thomas Cook la filiale France, qui est menacée, Thomas Cook en Espagne, où il y a 500 hôtels.

Ce qui est intéressant, c'est l'utilisation politique qui a été faite de cette affaire, puisqu'on a appris dans nos chers médias que si Thomas Cook avait mis la clé sous la porte, paraît-il que c'était à cause du Brexit. Voilà. C'est quand même vraiment assez extraordinaire de...

C'est une rigolade. C'est une rigolade parce que quand vous allez regarder le dossier d'un petit peu plus près, vous vous apercevez que Thomas Cook était déjà dans le rouge dès les années 2010-2011-2012. Voilà.

Ça, c'est le premier point : une mauvaise gestion, c'est-à-dire des gestionnaires qui n'ont pas vu le coup venir, c'est-à-dire que le modèle de l'agent de voyages, de Thomas Cook 1851, c'est terminé. De plus en plus de gens, quand ils vont à l'étranger, quand ils voyagent, ils organisent eux-mêmes leur propre déplacement. Soit ils prennent un billet d'avion sec, comme on dit, et puis arrivés sur place, ils se débrouillent.

Soit, quand ils veulent un petit peu organiser leur voyage, ils prennent contact avec des tours-opérateurs qui font du réceptif, comme on dit, de l'inbound, c'est-à-dire du réceptif. Par exemple, si vous allez – je sais pas – en Inde, vous prenez contact avec une agence de voyage indienne qui accueille les touristes étrangers. Et c'est évidemment beaucoup moins cher que l'agence de voyages française ou anglaise.

Donc de plus en plus...

Et grâce à Internet, de plus de plus de gens eh bien choisissent ce modèle de vacances. Ajoutons-y Airbnb et puis tout ce qui s'en rapproche : Homelidays, etc., c'est-à-dire ces structures, ces sites sur Internet où des propriétaires mettent en location pour une semaine, par exemple, ou 15 jours ou un mois...

Mettent en location leurs biens immobiliers, soit dans des grandes villes du monde, soit dans des endroits paradisiaques. Et évidemment, même si ça coûte assez cher, ça coûte souvent beaucoup beaucoup moins cher que des nuits d'hôtel aux mêmes endroits, et dans des conditions plus confortables. C'est-à-dire que tout le modèle en fait sur lequel reposait Thomas Cook s'est un peu effondré.

Mais c'est un petit peu...

Il arrive à Thomas Cook ce qui est arrivé à Kodak, cette entreprise qui tenait le haut du pavé dans les années 60 et 70 du XXe siècle, qui faisait des films argentiques pour les films, pour les appareils photo et pour les caméras, qui s'était un petit peu diversifiée dans les appareils photo, mais qui n'a pas du tout, du tout, du tout, du tout vu le coup venir, anticipé la révolution électronique avec les appareils numériques. Voilà. Et donc du coup, maintenant, presque plus personne n'utilise des films argentiques : les pellicules photo, comme on disait à l'époque.

Et comme Kodak n'a pas vu le coup venir, Kodak a fait faillite. C'était pourtant une des très très grandes entreprises américaines de l'époque. Bah là, c'est pareil : management incompétent, management qui n'a pas vu le coup venir et qui, par ailleurs, a endetté considérablement Thomas Cook.

J'ai cru lire qu'il y avait pour 1,3 milliard de livres sterling d'endettement. La cerise sur le gâteau, c'est qu'alors que d'autres tours-opérateurs comme l'allemand TUI, qui a racheté en France Nouvelles Frontières, se portent quand même pas si mal que ça et dégagent des excédents commerciaux, parce qu'eux, ils ont réussi à minimiser leurs coûts et à avoir des nouvelles formes de produit à vendre, et non pas le voyage traditionnel de grand-papa...

Eh bien donc ce qui prouve que le management y est pour beaucoup dans cette faillite. Le plus grave, ce que l'on a appris au Royaume-Uni, c'est que les dirigeants, les 4 ou 5 cadres dirigeants de Thomas Cook se servaient abondamment sur la bête, puisqu'il paraît qu'il y avait – je crois – 47 millions de livres sterling par an, l'équivalent de 52 millions d'euros, qui étaient consacrés à la rémunération des cadres dirigeants de cette entreprise. Ça devait faire donc...

Chaque cadre devait gagner...

Enfin les principaux dirigeants devaient gagner – je sais pas – peut-être 4, 5, 6, 7, 8, 10 millions d'euros par an pour diriger cette entreprise et la conduire à la faillite. Alors je dis ça parce que ça prouve quand même que le Brexit a bon dos. D'ailleurs, on n'en parle plus vraiment, maintenant, parce qu'évidemment, au début de la faillite, ce sont les dirigeants, ceux qui piquaient dans la caisse, qui ont dit « C'est de la faute du Brexit ».

Voilà. S'il va pleuvoir, ça sera la faute du Brexit. Alors, et pour conclure sur ce chapitre, je dirai d'ailleurs que j'ai publié deux articles sur notre site et sur les pages Facebook concernant le journal Le Monde, qui, à six jours d'intervalle, a coup sur coup publié deux articles qui montrent un virage à 180° quant aux analyses du journal Le Monde sur le Brexit.

Le 24 septembre, le journal Le Monde a publié une chronique qui expliquait qu'en fait, il n'y aurait pas d'apocalypse en cas de Brexit no-deal, de Brexit sans accord, que sans doute, ça pourrait chahuter, mais que l'apocalypse ne serait sans doute pas au rendez-vous et que c'est un grand tort que d'avoir ameuté les populations. Merci, le journal Le Monde, de le dire, alors que pendant 3 ans et 6 mois, ils n'ont pas arrêté d'expliquer à leurs lecteurs que ça serait l'abomination de la désolation. Et puis le 30 septembre, le journal Le Monde a récidivé en publiant un article en disant que s'agissant de l'exode de ces dizaines de milliers de cadres, notamment de cadres de la City qui devaient s'enfuir...

Macron, lorsqu'il était encore ministre de l'Économie, en mars 2016, 3 mois avant le référendum sur le Brexit...

Macron était ministre de l'Économie. Il avait expliqué qu'il allait mettre le tapis rouge devant tous ceux qui fuiraient le Royaume-Uni en cas de vote du Brexit. Il y a eu ensuite des campagnes de publicité effectuées par la région Hauts-de-France, qui ont fait des publicités, des clips vidéo...

Vous tapez « Région Hauts-de-France »...

C'est « Welcome home ». Vous verrez, ce sont des publicités en anglais pour expliquer aux Anglais qu'ils peuvent se réfugier dans les Hauts-de-France, dans le Nord-Pas-de-Calais ou dans le Nord, parce que là, ils vont pouvoir continuer à faire du business, alors qu'après le Brexit, ça sera catastrophe. Bon bref, eh ben tout ça, c'était faux.

Voilà. Alors évidemment, Le Monde précise : « Bon, le Brexit n'a pas encore eu lieu », etc. Mais il y avait eu des enquêtes qui avaient été faites en 2018 qui prévoyaient qu'il y aurait jusqu'à 75 000 cadres qui pourraient fuir la City.

Et en définitive, il semble qu'il n'y en aurait même pas eu un millier qui serait parti, qui aurait été réparti dans d'autres choses ailleurs. Mais on ne précise pas non plus les emplois qui ont été créés. Voilà, je termine là-dessus, parce que franchement, ça prouve quoi ?

Ça prouve que...

Je vais pas parler du Brexit aujourd'hui. Mais on va en parler...

Et c'est là-dessus que je voulais conclure. Donc ça prouve que le Brexit, ça n'est pas la catastrophe que l'on annonce. On n'a pas parlé du Brexit aujourd'hui.

Mais on va en parler...

Et là, je m'adresse à toutes celles et tous ceux qui m'écoutent. Nous allons avoir une deuxième table ronde le samedi 5 octobre à notre université. La première va être passionnante – je l'ai déjà dit tout à l'heure – sur « Le monde est-il au bord d'une crise économique et financière majeure ? », avec donc Charles Sannat, Philippe Béchade, Vincent Brousseau, Jacques Chevallier.

Mais la table ronde de l'après-midi va être encore plus passionnante, peut-être, puisqu'elle va faire le point sur le Brexit 26 jours avant la date fatidique du 31 octobre. Et cette fois-ci, nous avons également une très belle tribune, avec notamment deux Britanniques : Owen Paterson, qui a été récemment encore secrétaire d'État à l'Irlande du Nord...

Et donc vous savez à quel point la question de l'Irlande du Nord et de ce qu'on appelle le filet de sécurité, le fameux backstop en anglais, est au cœur du problème sur la signature d'un accord avec les pays de l'UE. J'ai déjà eu l'occasion de l'expliquer. Et puis nous aurons un deuxième invité britannique, qui est (Lucy Harris), qui est députée du (Brexit Party) : cette jeune femme de 28 ans que ceux qui étaient venus avec nous le 29 (mars) à Londres avaient déjà pu voir, et que ceux qui sont venus le 1er mai à Paris ont également pu voir : une jeune femme extrêmement dynamique, extrêmement sympathique, qui est très très très très dynamique en faveur du Brexit.

Elle a d'ailleurs rallié le Brexit Party de Nigel Farage. Et elle a été élue députée européenne. Elle est actuellement députée européenne du Parti du Brexit.

Elle sera présente à notre table ronde avec Owen Paterson. Et puis côté français, nous aurons le célèbre Charles Gave, qui est économiste, essayiste, qui connaît très bien le Royaume-Uni, et avec lequel j'ai débattu il y a un peu plus d'un mois sur TV Libertés au sujet du Brexit. Donc lui-même dira ce qu'il pense du Brexit et de l'état de la situation.

Et puis nous aurons également un autre invité, qui – lui – est franco-britannique, qui est John Laughland, qui était déjà venu à une de nos universités. C'était à l'université de Tours en 2013. John Laughland qui est un Franco-Britannique, un érudit, qui a fait ses études à Oxford – je crois –, qui a écrit différents ouvrages, et qui travaille au Parlement européen pour le Brexit Party, qui parle très très bien français, et parfaitement anglais, bien sûr, et qui est un très fin analyste de la situation.

Voilà. Donc je pense que ce panel va être tout à fait intéressant pour nous expliquer les tout derniers développements du Brexit au Royaume-Uni, cette crise qui n'en finit pas. Maintenant, semble-t-il que c'est en train de virer un peu comme l'affaire Dreyfus en 1899 en France.

C'est-à-dire que c'est un conflit qui divise les familles entre les pro- et les anti-Brexit. Et puis je voudrais préciser aussi...

Je voudrais remercier notre délégué pour le Royaume-Uni, Dimitri de Vismes, qui a merveilleusement bien organisé notre voyage au 29 mars dernier, qui organise très très bien sa délégation au Royaume-Uni et qui nous a aidés pour pouvoir inviter ces deux invités de grande marque venus du Royaume-Uni. Eh bien Dimitri de Vismes sera présent et organisera d'ailleurs la modération et l'animation de cette table ronde, qui sera vraiment tout à fait passionnante. Voilà.

Un dernier point, tout dernier point. Après tout ça, il y aura le discours de rentrée du président de l'UPR. Et dans ce discours de rentrée, eh bien je vous indiquerai ce que nous allons faire au cours des mois qui viennent.

Et notamment, je vous donnerai la liste des premières grandes villes de plus de 5 000 ou 10 000 habitants dans lesquelles nous aurons un candidat...

Et non seulement un candidat, mais une liste UPR. Je pense qu'il y aura quelques surprises. Je sais que la presse sera là.

Pas mal de journalistes seront là. Il vous appartient de nous rejoindre. C'est la grande fête annuelle de l'université d'automne.

Vous y rencontrerez évidemment plein d'adhérents et de sympathisants. Il n'y a pas besoin d'être adhérent. Vous pouvez être simplement sympathisant.

Vous trouverez les formulaires en ligne sur notre site. Voilà. Merci à toutes et à tous pour votre patience.

J'espère que ce que je vous ai dit vous a intéressés, vous a peut-être amenés à aller rechercher d'autres informations, y compris sur le site « upr.fr ». Et puis à toutes celles et à tous ceux que je verrai personnellement à l'université d'automne, je leur dis « À très bientôt ».

Et aux autres, je leur dis « Eh bien merci d'avoir été là. Et à la prochaine fois pour le prochain entretien d'actualité ». Vive la République et vive la France !