Franck Allisio : "Emmanuel Macron est le problème !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Franck Elisio, qu'est-ce que vous vous dites ce soir ? Bon débarras ?
- 1:33OuverteRéponse directe
Sandrine Jossot, quel est l'état d'esprit des membres du Modem actuellement ? Est-ce qu'il y a une solidarité avec François Béroux ? Ou au contraire, est-ce que vous dites que c'est du gâchis ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Franck Alizio, est-ce que vous étiez vraiment prêt à discuter avec François Béroux ?
- 3:00FerméeRéponse partielle
Si vous aviez eu une réponse de François Béroux, ça aurait changé ?
- 3:47ComplaisanteRéponse partielle
Je me permets de vous couper, mais c'est pour vous faire écouter Marine Le Pen. Ce matin, à Hénin-Beaumont, sur l'avenir du pays.
- 4:21FerméeRéponse directe
Jean-Marc Sylvestre, ce serait catastrophique si Emmanuel Macron décidait de dissoudre l'Assemblée nationale pour la deuxième fois.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« tout le monde a compris que le problème numéro 1, ce n'était pas M. Bayrou, c'était M. Macron. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Que c'est la même politique qui est menée depuis plus d'une dizaine d'années, ça va bien au-delà de M. Macron. »
- 0:54Invité politiqueFait
« ceux qui ont fait la dette, par exemple. Ce ne sont pas ceux qui ont créé les problèmes qui vont les résoudre. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Mais le vrai choix, c'est le budget. »
- 1:17Invité politiqueFait
« Le vrai moment de vérité, ce sera le budget. »
- 1:30Invité politiqueFait
« la solution la plus démocratique, la plus logique, la plus légitime, c'est de redonner la parole aux Français. »
- 2:13Invité politiqueFait
« Oui, puisque le courrier de Marine Le Pen au cœur de l'été l'a prouvé. »
- 2:23Invité politiqueFait
« Lorsque vous avez la leader de l'opposition qui prend la plume, qui écrit, qui fait des propositions, ce courrier était encore plutôt constructif. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Elle n'a même pas eu de réponse du Premier ministre. D'ailleurs, c'est incompréhensible. »
- 2:51Invité politiqueFait
« On a l'impression que M. Béroux a voulu se faire à Raqiri. »
- 3:17Invité politiqueFait
« ce qui est arrivé à Belzins avec le ressortissant tunisien, ça c'est la réalité des Français. »
- 3:23Invité politiqueFait
« C'est ce à quoi ce gouvernement, M. Retailleau ou pas M. Retailleau, ne répond pas depuis maintenant plus d'un an. »
- 5:41InvitéFait
« C'est très clair, il y a un risque de chaos financier, mais pas pour la semaine prochaine. »
- 6:12InvitéChiffre
« Vraisemblablement, elle va dégrader la France. Elle va nous passer dans la catégorie des A moins ou des A. »
- 6:57InvitéFait
« Ça veut dire que les taux d'intérêt vont augmenter, ils ont déjà commencé d'augmenter, et les levées de fonds dont nous avons besoin vont devenir de plus en plus difficiles. »
- 9:11InvitéChiffre
« La charge de la dette en France, c'est 60 milliards. C'est quasiment le premier budget de la nation. »
Temps de parole
- Franck Allisio25 %
- Invité20 %
- Invité 214 %
- Présentateur10 %
- Invité 310 %
- Invité 49 %
- Invité 59 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Franck Elisio, qu'est-ce que vous vous dites ce soir ? Bon débarras ?
Non, je me dis, nous disons tout d'abord que, quelque part, c'est la clarification qui continue. Clarification qui continue parce que demain, ceux qui sont macronistes, puisque M. Bayrou reste le premier des macronistes, ils vont trop la confiance à M. Bayrou, et ceux qui ne sont pas macronistes, votront contre M. Bayrou. Tout simplement, moi, je reviens de 3 à 4 jours en circonscription, il n'y a pas une seule personne qui m'a dit qu'il faut sauver le soldat Bayrou. En revanche, tout le monde a compris que le problème numéro 1, ce n'était pas M. Bayrou, c'était M. Macron. Que c'est la même politique qui est menée depuis plus d'une dizaine d'années, ça va bien au-delà de M. Macron.
Et qu'on ne redresse pas une situation, on ne fait pas du neuf avec du vieux, avec des gens qui échouent, et qui sont pour la plupart d'ailleurs créateurs du problème, parce que c'est ceux qui ont fait la dette, par exemple. Ce ne sont pas ceux qui ont créé les problèmes qui vont les résoudre. Donc à partir de là, j'imagine que le président va probablement essayer quelques combinaisons, proposer quelques préministres. Mais le vrai choix, c'est le budget. Le vrai moment de vérité, ce sera le budget.
Et si le budget ne peut pas être voté, si le pays ne peut pas avoir de budget, et bien maintenant que le président public a recouvré son droit de dissolution, et bien la solution la plus démocratique, la plus logique, la plus légitime, c'est de redonner la parole aux Français.
Et on y reviendra. Sandrine Jossot, quel est l'état d'esprit des membres du Modem actuellement ? Est-ce qu'il y a une solidarité avec François Béroux ? Ou au contraire, est-ce que vous dites que c'est du gâchis ?
En fait, l'état d'esprit, c'est surtout ce qu'on entend dans nos circonscriptions. C'est vrai qu'on a des circonscriptions différentes. Moi, dans ma circonscription, on me dit qu'il faut voter la confiance. Donc voilà, je représente les habitants de la 7e circonscription de Loire-Atlantique. Je le ferai. Je crois qu'il faut être surtout à l'écoute. C'est ce qu'on doit faire, nous, les députés. Et puis, la suite, on va la découvrir.
Franck Alizio, est-ce que vous étiez vraiment prêt à discuter avec François Béroux ?
Oui, puisque le courrier de Marine Le Pen au cœur de l'été l'a prouvé. Lorsque vous avez la leader de l'opposition qui prend la plume, qui écrit, qui fait des propositions, ce courrier était encore plutôt constructif. en donnant des pistes d'économie, en donnant des lignes rouges et des lignes vertes ou bleues, je ne sais pas comment dire, à ce que l'on souhaiterait qu'il soit fait. Elle n'a même pas eu de réponse du Premier ministre. D'ailleurs, c'est incompréhensible. Parce que jusqu'à maintenant, M. Béroux était au moins courtois. Enfin, il jouait le jeu de l'échange. Il n'y a pas eu d'échange. On a l'impression que M. Béroux a voulu se faire à Raqiri.
Je ne sais pas où il y a un calcul à plusieurs bandes, où il pensait à Présidentiel, où il a voulu faire à Raqiri au Premier ministre public. Enfin bref, il en reste qu'on ne compte pas.
Si vous aviez eu une réponse de François Béroux, ça aurait changé ?
Tout dépend de la réponse par définition. Après, vous savez, il y a des réalités. Moi, quand j'étais juste à Marseille la semaine dernière, donc chez moi, ce qui est arrivé à Belzins avec le ressortissant tunisien, ça c'est la réalité des Français. Ça c'est le quotidien des Français. Ça c'est ce à quoi il faut répondre. C'est ce à quoi ce gouvernement, M. Retailleau ou pas M. Retailleau, ne répond pas depuis maintenant plus d'un an. Donc il y a une réalité. Il y a un quotidien des Français. Nous nous cherchons à faire changer le quotidien des Français, à ce qu'il y ait enfin des mesures concrètes.
Et la minorité parlementaire présidentielle depuis un an à l'Assemblée, évidemment, n'a été que spectatrice de cette France qui continue de tomber.
Je me permets de vous couper, mais c'est pour vous faire écouter Marine Le Pen. Ce matin, à Hénin-Beaumont, sur l'avenir du pays.
Le 8 septembre au soir, demain, le président de la République devra tirer les conséquences du vote des députés. Il m'apparaît aujourd'hui inenvisageable qu'à tout le moins, il ne rappelle les Français aux urnes pour désigner une nouvelle Assemblée.
Jean-Marc Sylvestre, ce serait catastrophique si Emmanuel Macron décidait de dissoudre l'Assemblée nationale pour la deuxième fois.
Catastrophique pour qui ?
Pour l'économie. Vous êtes économiste, non ?
Oui, oui, oui, oui. Oui, oui, oui, oui, mais la situation n'est pas brillante. Mais elle n'est pas non plus désespérée, parce que les entreprises sont assez résilientes.
Vous êtes tout à fait d'accord avec le diagnostic de François Bayrou ?
Moi, je trouve que François Bayrou a eu le courage de dire la vérité sur la situation française et sur la situation budgétaire, financière française. Je crois que c'est la première fois qu'on le dit aussi clairement, aussi nettement.
Mais vous ne trouvez pas qu'il en a fait trop ?
Il n'en a pas fait assez, puisqu'il n'a pas gagné. Il n'a pas réussi à convaincre et à provoquer un électrochoc dans l'opinion pour pouvoir justement amener l'opinion à essayer de réfléchir non plus en termes de colère, puisque c'est le terme à la mode, mais en termes de compromis et de trouver des solutions. Moi, je suis assez frappé de la situation actuelle. Tout ce qu'on a entendu pendant une semaine et ce qu'on continue d'entendre aujourd'hui sur les plateaux tourne en rond entre des courants politiques qui essaient de se protéger de la concurrence, qui protègent leur précaré, et on n'arrivera jamais à une solution qui sera constructive.
Est-ce qu'il y a un risque de chaos financier si on n'arrive pas à trouver une solution ?
C'est très clair, il y a un risque de chaos financier, mais pas pour la semaine prochaine. Il y a un risque de préparer effectivement une difficulté, un chaos financier. Pourquoi ? Je vais vous donner l'agenda très simplement. C'est que lundi, il n'y a plus de gouvernement. Ça veut dire qu'on n'a pas de budget en préparation et qu'il va falloir le faire. vendredi, après une semaine un peu agitée, puisque je crois qu'on va bloquer ou débloquer la France.
Il y a le mouvement Bloquons-Tour en tout cas, qui est le roi mercredi.
Vendredi, on a une agence Fitch qui attend justement ce qui peut se passer pour donner sa note. Vraisemblablement, elle va dégrader la France. Elle va nous passer dans la catégorie des A moins ou des A. Voilà, on était deux A, on va tomber à A. C'est assez humiliant, mais ce n'est pas rédhibitoire parce que les sociétés d'assurance et les banques qui nous prêtent de l'argent, elles n'attendent pas que les agences de notation leur disent ce qu'il faut faire. Mais ce qui va se passer, c'est que si on ne trouve pas de solution, les deux autres agences de notation qui existent dans le monde, c'est-à-dire Moody's et Sandar & Poor's, un mois plus tard, vont nous aussi, elle aussi, nous dégrader.
Et donc on va se retrouver au bas du tableau dans le classement des grandes économies européennes en matière de crédibilité. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les taux d'intérêt vont augmenter, ils ont déjà commencé d'augmenter, et les levées de fonds dont nous avons besoin vont devenir de plus en plus difficiles. D'autant plus difficiles qu'à ce moment-là, en octobre, l'Allemagne va arriver sur le marché. L'Allemagne arrive sur le marché avec un besoin financier de 500 milliards à peu près, pour pouvoir financer ces armes.
Donc là, Bruno...
Donc la concurrence sera terrible. Et à ce moment-là, on aura sans doute des ennuis de financement, non pas de krach, mais de difficultés. On y arrivera.
Eh bien merci Jean-Marc Sibastres. On va passer une bonne nuit avec toutes vos nouvelles. Bruno Jeudy, c'est une course contre la montre qui démarre alors, à partir de demain.
C'est une course contre la montre. Oui, cette semaine, c'est vraiment une course contre la montre avec trois dates, c'est incroyable. Mais bon, évidemment, alors Fitch, la date était fixée purement, mais enfin, le 10 septembre, donc la date de ce mouvement social assez mystérieux démarré sur les réseaux cet été, bloquons tout le 10 septembre, va intervenir entre la chute probable de François Bayrou et cette fameuse notation. Donc c'est quand même une semaine. Et en plus, ce mouvement, les syndicats prendront le relais le 18 avec une intersyndicale qui appelle manifestation et grève avec la CGT qui cache à peine que c'est une tentative de grève générale. On ne sait pas si ça marchera.
En tout cas, le 10, personne ne peut vraiment mesurer ce mouvement. En plus, dans l'opinion, il a plutôt baissé en intensité, même s'il est très soutenu par les électeurs de gauche.
Il a baissé légèrement. Il est soutenu par les électeurs de gauche, par beaucoup d'électeurs du Rassemblement national.
Et les électeurs du Rassemblement national. Il n'y a que les électeurs macronistes et LR qui sont contre ce mouvement. Donc c'est assez difficile de se faire une raison. Mais en tous les cas, ça met évidemment la pression sur le président de la République. Et Jean-Luc Mélenchon le ressasse depuis une quinzaine de jours. Évidemment, tout ça n'arrange pas nos affaires vis-à-vis de ces fameuses agences. Parce que ce que n'a pas dit Jean-Marc pour compléter, c'est que pour l'instant, on n'a pas de problème pour lever les fonds. On avait 11 milliards la semaine dernière, Bercy, autour de 3,5% le taux d'intérêt. La charge de la dette en France, c'est 60 milliards.
C'est quasiment le premier budget de la nation. Et au rythme, ça va avec l'emballement. Parce que ce qui compte, ce n'est pas tellement la dette, c'est la charge de la dette. Et la charge de la dette, si elle continue à croître et sûrement pas à embellir, elle va rendre la situation budgétaire absolument insoutenable pour quiconque viendra s'installer à Matignon. – Mais est-ce que je peux ajouter quelque chose ? – Vous avez le droit.
C'est exceptionnel, mais vous avez le droit.
– Les marchés ne sont pas des entités théoriques. Ce sont des banques, ce sont des sociétés d'assurance, ce sont des fonds de placement. Ils ont besoin, bien sûr, d'avoir des notations, de savoir où on va, mais ils ont besoin surtout de stabilité et de visibilité. C'est d'ailleurs ce que les chefs d'entreprise réclament pour pouvoir faire leur plan d'investissement, leur plan d'embauche et continuer leur business. Et ça, on ne l'a pas actuellement. Et donc, tout ce qu'on attendait de François Bayrou, c'était un, un diagnostic de la situation. Là, il avait gagné devant les marchés des points parce que, pour une fois, on disait la vérité.
Et deux, il fallait qu'il prenne les conséquences, qu'il tire dans les enseignements de tout ça pour avoir un programme, non pas budgétaire, oui, bien sûr budgétaire, mais un programme de réforme structurelle profonde parce qu'il s'agit bien de réformer profondément, structurellement, le système français. Et là, on voit, il n'a pas de majorité pour réformer le système français. Le modèle social, il est ce qu'il est. Les services publics, on ne va pas les mettre à plat du jour au lendemain, c'est compliqué. Mais les Français, ils revendiquent ça. Alors, le terme revendiquer est très impropre.
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on en a parlé plusieurs fois avec Bruno, on n'utilise plus le terme revendication, manifestation dans notre pays. On utilise le terme colère. Nous sommes en colère. Tout le monde est en colère.
Parce que c'est le sentiment qui... Oui, mais on est en colère. Il y a de la colère, il y a de l'exaspération.
Quand on est en colère, on est en colère contre quelqu'un. C'est un enfant qui est en colère contre ses parents. C'est un ado qui est en colère contre... Mais on est en colère pour... Parce qu'on a besoin de protection.
D'après notre sondage élève pour BFMTV, les Français sont notamment en colère contre François Bérot.
On ne sait pas quelle est la revendication de BFMTV.
Et les politiques. Mathieu Soukher, est-ce qu'on va vers une crise de régime ? Vers un chaos politique ?
Alors, c'est une question. En tout cas, nous avons vécu pendant quelques semaines et même quelques mois avec l'idée et même l'illusion que la classe politique pourrait être tentée de laisser François Bérot gérer une situation ingérable, faire y compris le sale boulot et rester un peu plus longtemps que son prédécesseur à Matignon. En réalité, les mêmes causes produisant les mêmes effets, un an après Michel Barnier ou à peu près, en réalité, la classe politique s'est comportée de la même façon pour une raison simple. La crise politique rejoint la crise budgétaire.
C'est-à-dire que faire adopter un budget austéritaire, par définition un budget impopulaire, ça nécessite d'être politiquement fort. À partir du moment où François Bérot était politiquement très très faible, comme jamais un Premier ministre ne l'a été sous la Ve République, son équation budgétaire rendait l'équation politique insoluble. C'est là qu'on en est. Et effectivement, on retrouve les mêmes forces politiques qu'il y a un an ou à peu près, dans la même posture, c'est-à-dire certaines forces politiques qui sont inclines à faire basculer la crise politique vers une crise de régime. Ces deux forces politiques, on les connaît.
Ce sont LFI qui, de ce point de vue-là, brille par sa constance depuis le début et qui, depuis le début, dit destitution parce que Jean-Luc Mélenchon a une stratégie qui veut que la présidentielle soit accélérée. Sa stratégie est une stratégie présidentielle. Et Marine Le Pen, dont on aurait pu penser qu'elle change de position, qu'elle change de stratégie à cause de sa situation judiciaire et qui, en réalité, est désormais sur la même ligne que la France insoumise. Destitution d'un côté, dissolution, voire démission de l'autre, on en est là. Alors, est-ce que la crise politique devient une crise de régime ? On le saura.
Moi, je trouve ça un peu facile de faire porter le chapeau uniquement à la France insoumise et au Rassemblement national parce que, si vous voulez, la crise politique et la crise de régime, elle advient parce qu'Emmanuel Macron est incapable de trouver des majorités homogènes, est incapable, justement, de sortir de cette glu du « en même temps » qui produit des... Vous avez dit, il y en a deux qui soufflent sur ces braises-là, c'est LFI et le Rennes. C'est pas souffler sur les braises, c'est jouer la crise de régime. Je peux finir mon raisonnement, s'il vous plaît ?
Donc, en gros, si vous voulez, Emmanuel Macron, il cherche des paratonnaires et il abat des cartes, comme ça, au fur et à mesure. Donc, au début, il met Elisabeth Borne qui n'a absolument à peu près rien à voir avec Michel Barnier. Il compose des gouvernements avec des gens qui n'ont rien à voir les uns entre les autres. Il espérait que François Bayrou soit son paratonnaire sur ce budget-là en disant qu'il allait faire un débat classique à l'Assemblée nationale, puis être censuré et puis donc qu'il allait pouvoir continuer comme ça. Sauf qu'il se retrouve avec François Bayrou qui ne veut pas couler tout seul et qui va emmener Emmanuel Macron dans sa chute.
Et la question de la dissolution, voire de la démission d'Emmanuel Macron, ce n'est pas juste une question populiste ou ce n'est pas juste une question de ceux qui ne rêvent que d'une chose, de voir les institutions à plat. C'est aussi, on peut aussi imaginer que c'est la volonté de ceux qui veulent retrouver un peu de clarté. Juliette Méhadel, tout à l'heure, disait « Bon, on ne va pas faire revoter les gens 50 fois. » Bon, ça, c'est vraiment une bonne parole de bonne démocrate, quoi. Attends, ils vont revoter la même chose. Mais ils ne vont pas revoter la même chose. Il y a eu un Front républicain la dernière fois, Petit 1, donc ça a falsifié le résultat des élections.
Oui, mais en même temps, c'est passable. J'envoie de Bardella au micro de BFM TV il y a quelques jours, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit que s'il n'y a pas la majorité après lui, il n'y va pas ! Alors donc, ça bloque aussi le jeu. Mais après les derniers sondages, il n'y a pas de majorité après lui. Pour l'instant, il n'y a aucun point de sondage, même un Émile, le Front républicain, qui... Excusez-moi, alors Emmanuel Macron, au milieu de tout ça, a fait semblant de vouloir nommer un Premier ministre socialiste. Et ça, Bruno, vous m'accorderez que c'est du bluff de sa part. Oui, c'est sûr. Et qu'a priori, il n'y aura pas de Premier ministre socialiste.
Donc, de flatter les socialistes pour finalement à nouveau les décevoir. Et ça va créer beaucoup de frustration chez leurs électeurs. Et pour, au final, faire quoi ? Il va remettre une sorte de Premier ministre qui est à sa main. On parle de Gérald Darmanin, mais ça peut être Sébastien Lecornu ou tout autre macroniste compatible. Donc, quelqu'un qui fera le plus petit dénominateur commun et qui générera la même frustration et le même... Vous découvrez que ce pays n'a pas la culture du compromis. C'est extraordinaire. C'est extraordinaire. Donc, ne faisons pas semblant qu'il ait la culture du compromis. On n'a pas la culture du compromis. On a la culture de la commune.
Il y en a un, en tout cas, qui n'a pas forcément la culture du compromis ces derniers jours. C'est Bruno Retailleau qui a pris la parole encore aujourd'hui. Écoutez-le, on sent une petite fébrilité du côté du patron des LR.
Nous sommes différents et nous tenons à notre singularité parce que sinon, on est mort. Mais pour autant, nous sommes aussi totalement indépendants du socialisme. Il est hors de question, comme vous le savez, qu'on accepte demain qu'un premier ministre socialiste soit nommé à Matignon.
Franck Alizio, tout sauf le PS. C'est parfait, ça fait vos affaires.
M. Retailleau sait pertinemment que s'il veut une majorité de droite, je ne sais pas comment dire, en tout cas, ni Mélenchon ni Macron, dans cet hémicycle, c'est avec le Rassemblement national. Et ce n'est pas nous qui le demandons. C'est une volonté des Français. Nous sommes le premier groupe au sein de l'hémicycle. Nous sommes celui qui a le plus progressé lors de la dernière solution.
Et vous progressez encore d'après nos derniers sondages ?
M. Retailleau, ça fait un an qu'il gère les affaires courantes au ministère de l'Intérieur. Alors, tout le monde, évidemment, il y a toute la machine identique derrière lui, mais il gère les affaires courantes. Je veux dire, il fait la tournée des commissariats. Mais on ne l'a pas vu. Il avait dit, il avait mis pour condition pour rester au gouvernement, je crois, lorsqu'on est passé de Barnier à Bayrou, une vraie loi sur l'immigration ou un référendum. Il n'a eu ni l'un, ni l'une ni l'autre et il est resté. Et pour répondre tout à l'heure aux questions, nous, on ne souhaite pas une crise de régime. Au contraire, nous sommes très attachés à la cinquième République.
En revanche, nous constatons une crise démocratique. Et cette crise démocratique, à un moment donné, elle peut être solutionnée du côté de l'Assemblée par, si on reste dans cette forme de tripartisme, par un changement du mode de scrutin législatif, parce que c'est une façon de sortir de la crise de manière démocratique. Vous l'avez proposé. François Bayrou a joué avec cette idée, comme tous les autres y ont joué, en pensant qu'on allait pouvoir être racheté par... Enfin, il faut le faire.
C'est-à-dire que vous avez mis un système proportionnel qui était... Vous étiez les seuls à le défendre. Les autres sont d'accord avec la proportionnelle, proposaient d'autres solutions, à part entrer trop dans le détail des proportionnels.
On était pour celui proposé par le Premier ministre. On était pour la proportionnelle intégrale, alors que ce n'était pas notre système. C'est la prime majoritaire. Après, si le mode de scrutin devient l'arlésienne, vous comprenez bien que ça ne nous intéresse pas. Encore une fois, ce n'est pas central à la préoccupation des Français. La deuxième solution, naturellement... Et si Emmanuel Macron proposait un référendum sur la proportionnelle,
vous appeleriez ?
Je pense. Oui, s'il y a un référendum sur la proportionnelle, la logique, ce serait de voter oui. Vous appeleriez à voter oui ? Oui, c'est logique. C'est une proposition qu'on défend. Nous, on n'a pas un double discours là-dessus. Le deuxième point, c'est sur le président. Quand on a un président public aussi fragilisé, aussi déconnecté, enfin délégitimé, malheureusement, ce n'est pas encore une fois, mais... François Hollande, pendant un temps, à la fin de son mandat, était très impopulaire, mais il avait une majorité absolue à la Femme Nationale.
Il était même plus impopulaire qu'Emmanuel Macron aujourd'hui.
Il avait une majorité absolue à la Femme Nationale. Il l'a perdu un peu sur la fin à cause des frondeurs. Oui, les frondeurs, mais bon, c'était pas... Ah, mais quand même, les frondeurs, ils n'étaient pas de majorité du tout. Du tout. Oui, bien sûr. On est dans une crise. Bien sûr, mais alors je voudrais revenir sur... Il n'en a pas eu depuis 2022.
Je voudrais revenir sur les propos de Bruno Retailleau, qui dit tout sauf le PS. Sandrine Jossot, vous qui avez été élue contre le Rassemblement National grâce au Front Républicain et donc grâce aussi au vote des électeurs de gauche, n'êtes-vous pas gênée par ce discours de Bruno Retailleau, qui dit que le PS serait plus dangereux que le RN ?
Moi, ce que j'ai compris à l'Assemblée, à travers aussi les élections, c'est qu'on a besoin de tout le monde. Et voilà, il faut tendre la main. Je pense qu'il faut aussi être capable de construire une vraie culture du consensus, une vraie culture transpartisane, mais avec des outils. Et les outils, on ne les a pas. Et je pense que dans les parties, on devrait se mettre au travail pour fabriquer des bons outils pour le faire.
Mais là, est-ce que vous trouvez que Bruno Retailleau est sectaire quand il dit que ça peut être tout sauf le PS ?
Je pense qu'il ne faut jamais dire tout sauf quelqu'un. Je pense qu'à un moment donné, il faut être en responsabilité et se dire qu'il y a des solutions à stigmatiser obligatoirement le PS. Donc, pas tout sauf le RN ou pas tout sauf les PIN ? Stigmatiser, ça ne sert à rien. Je pense qu'on est plutôt dans une ère où il faut proposer, il faut se mettre en position de solutionniste.
Il ne faut pas
de ligne rouge ? Non, il faut du travail, il faut aussi objectiver les choses, c'est-à-dire faire les choses pour notre pays et pas pour chacun des partis individuellement. Non, ça, c'est votre discours. C'est pas mon discours, c'est mon expérience. C'est quand même un peu d'allant de bois parce que c'est le discours de tous les représentants des partis politiques. Non. Il faut parler pour la France, etc. Est-ce que les hommes politiques, est-ce que les partis politiques ont véritablement travaillé sur un programme ? Franchement, quand vous regardez le programme du Parti Socialiste, on peut en parler. Mais qui peut accepter le programme du Parti Socialiste aujourd'hui ?
Comment est-ce qu'on peut penser que ce programme soit applicable dans la situation économique où nous sommes aujourd'hui ? Il y a plein de situations où on a été capable à certains moments de voter des lois de manière vraiment à l'unanimité. Donc, il y a des possibilités de faire, mais il faut une vraie volonté. La solution, c'est la volonté. Mais la volonté, elle n'est pas là. On est d'accord. On est d'accord.
Pour revenir sur M. Retailleau, juste une précision, parce qu'on est quand même dans l'hypocrisie. M. Retailleau parle uniquement de la couleur politique du Premier ministre parce que M. Retailleau, il appartient à un gouvernement où il y a des socialistes. Il est avec M. Valls, il est avec Mme Badel. M. Valls, il n'a plus beaucoup les socialistes. Il est avec M. Lombard.
On a l'impression que M. Retailleau, c'est celui que vous détestez le plus. Non ! On aime la vérité. J'en vois tous les jours sur le plateau.
On n'aime pas l'hypocrisie, mais je sais que tout le monde est amoureux de M. Retailleau. Non, mais je sais.
Vous faites même une partie de votre électorale. Non, mais c'est suspect de toujours attaquer M. Retailleau. Mais si M. Retailleau va être ministre
de M. Bardella, il n'y a pas de souci. En tout cas, qu'il le dise clairement. Qu'il le dise clairement. Mais il pourra mettre en œuvre ses idées que s'il est dans une majorité et dans un gouvernement où il y a le Rassemblement national. Et ça, c'est la volonté des Français. En tout cas, la vérité, c'est qu'il avait deux urgences. Bien, ministre de Marine Le Pen, de Jean-Nadal.
Il avait deux urgences, Bruno Retailleau, primo, un peu rétropédalé par rapport aux communiqués qu'il avait fait au moment du vote de confiance annoncé par François Bayrou. Oui, on lui donnait un peu l'impression de donner un quittus un peu à l'aveugle, entre guillemets, au fait qu'il fallait revoter la confiance à Bayrou et repartir comme ça. Et ça a été un peu sanctionné par une partie de ses sympathisants. Et surtout, il fallait qu'il réponde à Laurent Wauquiez qui, lui, avait dit qu'elle avait laissé la porte ouverte à la nomination d'un premier ministre socialiste. Et là, il a pu ainsi un peu retourner, entre guillemets, l'arme contre son...
concurrent, il faut que ce soit son agresseur et repositionner la droite sur une ligne quand même un peu plus d'autonomie et de dureté et de refus, effectivement, parce que vous dites qu'il faut que les partis trouvent des outils, etc. Mais les Français, ils n'en peuvent plus du régime des partis.
Vous croyez vraiment qu'ils ont envie que vous vous mettiez autour d'une table avec Olivier Faure, qui est un islamo-gauchiste qui pactise avec la France insoumise, qui propose des contre-budgets à votre François Bayrou qui est dans la même famille politique que lui où c'est 20 milliards de dépenses en plus, complètement orthogonale avec toute votre pensée économique, budgétaire, sociétale, régalienne. Les Français, ils veulent quoi ? Ils veulent qu'on sorte de cette soupe indigeste qu'on leur fait. Ils veulent arrêter de constater que les partis, les hommes politiques, soient les uns contre les autres à longueur de temps. La situation de la France ne mérite pas ça.
Je pense que justement, ils ne veulent pas avoir des gens qui ne se ressemblent pas. Je vous laisse imaginer ce que pensent les chefs d'entreprise quand ils écoutent notre dialogue-là. Ce qu'ils veulent, c'est que leur entreprise fonctionne. Et ils ont raison. Et ils ont raison. Ils ont besoin d'être à savoir où on va. L'année dernière, ils ont parlé à moi. Un chef d'entreprise, il a la culture du compromis. Il fait du compromis du matin au soir entre ses salariés, ses clients, ses actionnaires, ses banquiers et l'administration qui l'enquiquine à peu près toute la journée. Mais les politiques ne l'ont pas. Ils doivent trouver la solution et ils la trouvent.
Donc, vous me dites qu'ils sont pessimistes. Bien sûr, ils sont désolés. Ils ne sont pas pessimistes parce qu'ils vont continuer de bosser. Ils vont travailler. Mais il faut les laisser bosser. Ils ont besoin de liberté. En même temps, Jean-Marc, on les a entendus. Ils sont souvent venus ici. Ça a coûté l'année dernière le fait qu'il n'y ait pas de budget. L'instabilité. C'est qu'au mois de janvier. L'instabilité, ça leur a coûté presque un point de PIB. Mais si on a un Premier ministre qui est sur un siège éjectable au bout d'un mois, ça leur a coûté aussi. Mais le plus important, c'est le budget. S'il n'y a pas de budget, ça coûtera. C'est certain.
Je voudrais qu'on parle de cette rentrée sociale qui risque d'être chaotique. Il faut s'attendre à un septembre noir avec de nombreuses grèves, mobilisations. Ça commence mercredi. Donc, on en a parlé avec le mouvement Bloquons-Tout qui pourrait bien paralyser le pays. Sandrine Jossot, est-ce que vous... Pardon, on en revient encore. Bruno Retailleau, mais est-ce que vous êtes d'accord avec lui quand il dit que ça ne sert à rien de tout bloquer, et que c'est même stupide ? Vous, vous la comprenez, cette colère des Français ?
Les Français, ils ont des choses à dire. Ils ont des choses qui leur déplaient particulièrement. Je crois qu'il y a aussi un sentiment presque finalement comme si on était en train de mettre des générations les unes contre les autres. Ça, ils ne veulent pas ça. Et ils veulent autre chose. Donc, maintenant, je crois qu'il faut arrêter de les juger. il faut les écouter et proposer quelque chose avec eux, aller un peu plus loin que ce qu'on fait là, ici. Mais moi, je ne peux pas le faire et je ne le ferai pas toute seule. Mais il faut des personnes qui souhaitent le faire. Mathieu Souker. Peut-être un mot pour éclairer la question que posait tout à l'heure Jean-Marc Sylvestre.
La colère est effectivement le sentiment dominant dans le pays. Oui, mais je veux dire quoi ? J'avance. C'est le sentiment dominant dans le pays, c'est le sentiment dominant dans le pays depuis déjà de nombreuses années et c'est un sentiment en croissance. Quand dans le débat public, on dit que la peur, le sentiment de peur et la peur en particulier instrumentalisée par certains partis politiques et le sentiment qui fait le jeu des partis extrémistes, non, c'est faux. En fait, l'électorat de Marine Le Pen comme l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, c'est un électorat qui est en colère et derrière précisément la colère, il y a bien des motifs différents.
Alors, la France de Jean-Luc Mélenchon, pour faire un raccourci, c'est une France qui est en colère face aux inégalités sociales. La France de Marine Le Pen, elle est en colère en focalisant sur la question migratique migratoire et la question sécuritaire et c'est le talent de l'extrême droite que d'avoir réussi à mettre la question migratoire au cœur du débat public et de l'avoir liée à la question sécuritaire. Donc, cette colère, elle existe et on n'arrive pas à ce stade à la faire reculer et la colère, on en observe des éruptions de façon extrêmement récurrente à intervalles réguliers.
On a eu la France des Gilets jaunes, mais on a eu la France agricole, mais on a eu la France des syndicats au moment de la réforme des retraites, etc. Donc, ces colères-là, en fait, elles sont de plus en plus et violemment exprimées. Alors là, on voit bien que pour le mouvement de cette semaine, on a eu une sympathie de l'opinion, mais on est très loin de ce qui avait émergé au moment des Gilets jaunes. Ce n'est ni exactement le même mouvement ni derrière le même soutien populaire. On verra ce que ça donne, mais c'est là qu'on est.
Franck Alizio, est-ce que vous êtes inquiet quant à la capacité du gouvernement, en tout cas d'Emmanuel Macron, à répondre à cette colère ? On sait notamment que les sympathisants du Rassemblement national soutiennent plutôt ce mouvement.
Je ne sais pas ce qu'un gouvernement qui gérera les affaires courantes. Enfin, voilà, ce sera un gouvernement qui gérera les affaires courantes. Je souhaite qu'il maintienne évidemment l'ordre dans le pays. Ce mouvement qui était à l'origine l'expression, en effet, d'un ras-le-bol, d'une colère, de cette France, cette majorité silencieuse qui paie, qui paie, qui paie ses impôts, qui paie tout, qui paie tout le temps, qui travaille dur, eh bien, il a été tué dans l'œuvre parce que très vite noyauté, pris en otage, et donc tué par l'extrême-gauche. Voilà. Et le 10, du coup, vous aurez un mouvement qui est mort-né.
Bon, c'est dommage, à chaque fois que, voilà, c'est tout ce que LFI touche, LFI le pourrit. Donc, voilà, tout simplement, nous ne pouvons pas nous associer à quelque chose qui va se retrouver à des manifestations avec des black blocs, etc., etc. Donc, malheureusement, nous ne soutenons pas ce mouvement parce que ce mouvement est devenu le jouet de M. Mélenchon.
M. Mélenchon.
Franck Allisio