Arnaud Danjean, candidat LR aux européennes : "Nous voulons que l'Europe respecte l'identité des nations"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:41OuverteRéponse directe
Pouvez-vous définir idéologiquement la liste LR pour les européennes ?
- 2:22RelanceRéponse directe
La composition de la liste vous semble-t-elle cohérente ?
- 2:44OuverteRéponse partielle
François-Xavier Bellamy est-il conservateur sur l'IVG ?
- 4:37OuverteRéponse partielle
Êtes-vous d'accord avec Bellamy sur une renégociation du Brexit ?
- 6:30RelanceRéponse directe
Bellamy considère Orbán comme un allié, vous êtes d'accord ?
- 8:56RelanceRéponse directe
Êtes-vous jupéiste ? La ligne Macron est-elle proche de la vôtre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:58Invité politiqueFait
« Je dirais que c'est une liste qui est absolument conforme à la ligne de la droite française, c'est-à-dire une droite française républicaine qui est pro-européenne, mais qui est euro-réaliste. »
- 1:10Invité politiqueFait
« C'est une liste qui n'est pas fédéraliste, qui ne prône pas toujours plus d'Europe, quel que soit le problème qui se pose, mais qui prône une Europe plus forte, plus affirmée dans certains domaines. »
- 1:20Invité politiqueFait
« Nous croyons à la nécessité du projet européen, mais nous ne sommes pas naïfs sur les limites de ce projet européen, et en même temps, nous voulons que cette Europe respecte l'identité des nations. »
- 4:50Invité politiqueFait
« Michel Barnier lui-même qui le dit, à qui nous devons rendre un grand hommage, parce qu'il fait un travail formidable. Michel Barnier dit lui-même en permanence, et j'étais encore avec lui hier matin à Bruxelles, il dit, c'est une négociation perdant-perdant. »
- 5:24Invité politiqueFait
« Le Brexit, c'est une fusée à trois étages. La première fusée, c'est l'accord de sortie, l'accord de divorce, qui est sur la table actuellement. »
- 6:48Invité politiqueChiffre
« Victor Orban, c'est 12 députés. Donc, ce n'est pas le centre de gravité du PPE, ce n'est pas lui qui fixe la ligne du PPE. »
- 7:46Invité politiqueChiffre
« le FIDES de M. Orban a dû voter à 95% dans la même direction que nous sur la majeure partie des textes européens. »
- 9:31Invité politiqueFait
« Le début d'Emmanuel Macron était plutôt porteur d'espoir. Ce jeune président français réformiste, pro-européen, ça valait la peine qu'on s'y intéresse et qu'on lui laisse sa chance. »
- 9:52Invité politiqueFait
« Cette volonté de cliver en Europe. Cette croisade où il a défini le camp des progressistes contre les nationalistes. »
- 15:00Invité politiqueFait
« moi je ne pense pas qu'une armée européenne soit réaliste à court et moyen terme »
- 15:33Invité politiqueFait
« aujourd'hui les troupes allemandes ne se déploient que sous l'égide de leur parlement »
- 16:10Invité politiqueFait
« je pense que c'est une erreur parce que la commission européenne qui est la gardienne du temple en matière de traité européen s'appuie sur des textes du droit à la concurrence qui ont été élaborés dans les années 80 ou 90 »
- 22:15Invité politiqueFait
« moi je ne suis pas favorable sur le principe à ce qu'on rapatrie tout le monde en France »
- 23:38Invité politiqueFait
« ça mérite d'être considéré »
- 25:02Invité politiqueFait
« je voudrais rendre hommage aux juges antiterroristes »
Temps de parole
- Arnaud Danjean76 %
- Présentateur10 %
- Intervenant10 %
- Auditeur2 %
≈ 2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 l'eurodéputé qui occupera la troisième place de la liste Les Républicains aux Européennes de mai prochain. Dialoguer avec lui dans une dizaine de minutes au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux, sur l'application mobile de France Inter. Arnaud Dangean, bonjour. Bonjour. Et merci d'être au micro d'Inter. Laurent Wauquiez a donc fait le choix d'un attelage pour cette tête de liste, un trio composite avec François-Xavier Bellamy, profil conservateur, Agnès Évren, vice-présidente de la région Île-de-France. Et vous, reconnu pour votre expertise sur les questions de sécurité, de défense, de terrorisme au Parlement européen.
Arnaud Dangean, pour commencer, pour comprendre, pouvez-vous mettre quelques mots sur ce qu'est votre liste, idéologiquement, politiquement, souverainiste ? Je vous en propose quelques-uns. Pro-européen, libéral, interventionniste, europhile, eurosceptique, aidez-nous, que diriez-vous ?
Je dirais que c'est une liste qui est absolument conforme à la ligne de la droite française, c'est-à-dire une droite française républicaine qui est pro-européenne, mais qui est euro-réaliste. C'est-à-dire que c'est une liste qui n'est pas fédéraliste, qui ne prône pas toujours plus d'Europe, quel que soit le problème qui se pose, mais qui prône une Europe plus forte, plus affirmée dans certains domaines. Nous croyons à la nécessité du projet européen, mais nous ne sommes pas naïfs sur les limites de ce projet européen, et en même temps, nous voulons que cette Europe respecte l'identité des nations.
Nous sommes fondamentalement pour une Europe qui s'occupe, et qui s'occupe le plus efficacement possible des sujets dont elle doit avoir la maîtrise, parce qu'il y a des grands défis mondiaux qui requièrent un projet européen. Et il y a beaucoup de projets qui doivent tomber dans ce qu'on appelle la subsidiarité, c'est-à-dire qu'on fait mieux à des échelons infra-européens. C'est une vision qui a toujours été celle de la droite républicaine, avec des sensibilités différentes à l'intérieur, mais qui sur l'essentiel se réunit. Moi je qualifie ça d'euro-réalisme, d'euro-pragmatisme. C'est une différence majeure avec tous ceux qui sont à notre droite et qui sont anti-européens.
Alors ils disent souverainistes, eurosceptiques, tout ça c'est du blabla. Ils sont europhobes, ils veulent détruire l'Europe de l'intérieur. Nous, nous ne voulons pas détruire l'Europe, nous voulons l'améliorer, nous voulons la rendre plus performante. Et puis vous avez à notre gauche, au centre et à la gauche, vous avez des forces politiques qui eux pensent qu'à chaque problème qui se pose, il faut plus d'Europe. Et nous nous disons non, c'est une réponse dogmatique qui ne convient pas forcément.
Enfin convenez que dans l'histoire de la droite française, il y a eu des listes aux européennes, où les personnalités et les têtes de liste faisaient un attelage moins baroque que celui-là quand même.
Moi je ne le trouve pas baroque, je le trouve tout à fait représentatif de ce qu'est notre famille politique. Vous l'avez dit en introduction, François-Xavier Bellamy apparaît comme peut-être plus conservateur que je ne le suis moi-même sur certains sujets.
Qui est-t-il, est-ce que vous, derrière, parce qu'on entend beaucoup de mots autour de lui, un télo, prof de philosophie, veilleur au moment du mariage pour tous, à titre personnel contre l'IVG ? Si on sort des caricatures et des mots qui lui sont... Oui, il faut bien les citer. Il faut bien les citer. Non, non, mais il faut bien les citer.
Vous l'avez rencontré. On ne fait que ça. On ne fait que ça.
C'est qui a rétablissé votre vérité sur François-Xavier Bellamy ?
D'abord, il va y avoir quatre mois de campagne et il est notre tête de liste. Donc, vous aurez l'occasion d'en discuter directement avec lui et vous découvrirez quelqu'un qui est extraordinairement à l'écoute, qui est quelqu'un avec qui vous pouvez avoir des dialogues extrêmement fructueux, qui n'est absolument pas buté sur ses positions, qui a des convictions fortes, dont certaines que vous avez rappelées, qui sont des convictions tout à fait respectables à titre personnel, à titre philosophique, à titre éthique. C'est son parcours, c'est son ses convictions et puis sur le plan politique et sur le plan du projet européen que nous portons, moi, je me sens totalement en phase avec lui.
Nous travaillons parfaitement en bonne intelligence et c'est quelqu'un qui est, je l'ai vu aussi sur le terrain vendredi à Belfort, pas plus tard que vendredi, dans des conditions qui sont loin de celles d'être une classe de prof de philo. Je peux vous dire que c'est quelqu'un qui est très à l'aise et surtout quelque chose qui manque beaucoup dans la politique française aujourd'hui, et on le voit bien avec ce qui se passe dans notre pays, qui est extraordinairement à l'écoute. C'est quelqu'un qui est désireux de bien faire, qui est quelqu'un qui est désireux d'apprendre, là où il a peut-être des choses qu'il connaît moins bien, c'est quelqu'un qui est très à l'écoute.
Et ça, je crois que c'est une qualité fondamentale, non seulement dans le débat politique français, mais au niveau européen, il va siéger au Parlement européen. Je peux vous dire que siéger au Parlement européen, c'est une sacrée cure d'humilité, parce que vous vous retrouvez au milieu de 700 députés qui viennent de 8 groupes politiques différents et qui viennent de 28 nations, enfin 27 demain. Et donc, il faut savoir écouter et comprendre les autres. Et François-Xavier Bellamy, il a cette qualité fondamentalement.
Arnaud Dangean, quand François-Xavier Bellamy dit qu'il veut une renégociation du Brexit et de l'accord entre Royaume-Uni et Union européenne, est-ce que vous êtes d'accord ?
Le Brexit, c'est Michel Barnier lui-même qui le dit, à qui nous devons rendre un grand hommage, parce qu'il fait un travail formidable. Michel Barnier dit lui-même en permanence, et j'étais encore avec lui hier matin à Bruxelles, il dit, c'est une négociation perdant-perdant. Ce qui est assez inédit dans l'histoire, mais nous sommes dans une négociation perdant-perdant. Il n'y aura pas de vainqueur au Brexit. On peut donc essayer de tout faire pour que ce Brexit se passe le moins mal possible. Moi, je ne pense pas qu'il faut dire renégociation par rapport au premier étage de la fusée. Si vous me permettez, en deux secondes, c'est un sujet extraordinairement compliqué.
Les gens qui font des procès sur les déclarations de tel ou tel sur le Brexit n'ont généralement pas eux-mêmes connaissance de la complexité de cette affaire. Le Brexit, c'est une fusée à trois étages. La première fusée, c'est l'accord de sortie, l'accord de divorce, qui est sur la table actuellement. Et qui n'est pas à renégocier, puisqu'on est allé au bout du bout des concessions qu'on pouvait faire aux Britanniques, et la balle est dans leur camp. Donc ce n'est pas à nous de réouvrir une négociation. Il y a le deuxième étage de la fusée, qui est la période intermédiaire. Celle où on va mettre en place le divorce, avec plein de clauses très techniques, qui vont prendre du temps.
Là-dessus, il y a de la marge de manœuvre, il y a de la négociation possible sur cette période de transition. Puis il y a le troisième étage de la fusée, post-2020, qui sera la relation future avec ce grand pays européen, qu'est l'Angleterre, avec lequel il faudra qu'on ait naturellement des relations commerciales de sécurité ou autre. Et ça, tout est à négocier sur ce sujet. Donc vous voyez que c'est plus complexe qu'à prendre ou à rejeter. En revanche, sur la partie qui nous concerne aujourd'hui...
Vous le défendez bien, mais il a quand même dit qu'il faut renégocier l'accord conclu entre l'Union Européenne.
Pourtant, il a reprécisé sa pensée. Notre position, elle est très claire. C'est de dire qu'aujourd'hui, la balle, elle est dans le camp des Britanniques. C'est les Britanniques qui ont demandé à sortir. Il faut négocier une sortie la moins pire possible, si je peux me permettre cette expression. Et c'est là où nous sommes aujourd'hui. Donc aujourd'hui, la balle est dans le camp des Britanniques.
Quand il dit toujours, François-Xavier Bellamy, qu'il y a un discours à construire avec le Premier ministre national conservateur, Victor Orban, qui est, je cite, un allié. Vous êtes d'accord avec ces mots ?
Il a raison. Je vais vous dire pourquoi Victor Orban, son parti siège dans le groupe dans lequel je siège moi-même.
Le PPE.
Le PPE, c'est 218 députés au Parlement européen à Bruxelles. Victor Orban, c'est 12 députés. Donc, ce n'est pas le centre de gravité du PPE, ce n'est pas lui qui fixe la ligne du PPE. Vis-à-vis d'Orban, ma position, elle est très claire. Tout ce qui concerne l'état de droit, les fondements de l'état de droit, nous devons être extrêmement vigilants et exigeants avec Victor Orban. Et je peux vous dire que quand Victor Orban vient devant le PPE, le dialogue est un dialogue musclé sur les questions d'état de droit. Donc moi, je ne suis pas contre le fait qu'on critique M. Orban quand il flirte avec la ligne rouge sur les questions d'état de droit. Mais ça reste un allié.
En revanche, je n'aime pas quand on fait la confusion avec ce qui ressort de la politique migratoire de M. Orban où là, je ne me sens pas, moi, français, autorisé à dire à M. Orban voilà la politique migratoire que vous devez adopter et nous devons mépriser votre position stricte sur la politique migratoire.
Mais c'est un allié.
Aujourd'hui, il appartient à notre famille politique.
Ça peut être un confrère ou un collègue. Allié, c'est un autre mot.
Vous savez, je pense que sur les dizaines et dizaines de textes que nous votons, que j'ai voté depuis 10 ans au Parlement européen le FIDES de M. Orban a dû voter à 95% dans la même direction que nous sur la majeure partie des textes européens. Donc il y a des sujets qui fâchent. Il ne faut pas les mettre sous le tapis. Il faut avoir le courage de les affronter quand ils se posent. Mais je trouve qu'il ne faut pas faire un procès systématique à Orban. C'est ce qui avait expliqué, vous savez, on a été extraordinairement caricatural sur cette question quand il y a eu le fameux débat au Parlement européen et le vote sur l'article 7. Tout le monde a dit qu'on vote pour ou contre des sanctions.
Ce n'est pas du tout ça. L'article 7 ne déclenche pas automatiquement des sanctions. Aujourd'hui, la Hongrie de M. Orban n'est pas sous sanctions. Elle n'est pas sous sanctions. Il y a un processus de négociation pour savoir si justement elle a flirté avec la ligne rouge dans un certain nombre de domaines. Donc Victor Orban, c'est un Européen. Je pense qu'on ne gagne rien à mépriser et à diviser les Européens. Je pense qu'il faut être ferme sur certains principes mais il faut toujours dialoguer. On est entre Européens. Si demain on veut construire une Europe plus forte, il faut parler à tout le monde en Europe.
Et je trouve que la politique de stigmatisation et de division systématique avec parfois beaucoup de procès d'intention qui est faite notamment par le Président de la République vis-à-vis d'autres Européens n'est pas saine.
Vous êtes, Arnaud Dangean, présenté souvent comme jupéiste. Vous aviez soutenu Alain Juppé lors de la primaire de la droite. Alain Juppé qui s'apprêterait à soutenir la liste d'Emmanuel Macron pour ses Européennes. Est-ce que ce n'est pas là où vous... Est-ce que la ligne d'Emmanuel Macron n'est pas plus proche de la vôtre ?
Non, c'est une question, mais on va être très franc, c'est une question que j'ai pu me poser. Après les bouleversements qu'on a connus en 2017, j'ai fait partie des gens de droite qui ont été profondément troublés par ce qui se passait dans notre pays. Et je fais partie des gens qui étaient prêts à laisser sa chance à Emmanuel Macron et au niveau européen notamment. Le début d'Emmanuel Macron était plutôt porteur d'espoir. Ce jeune président français réformiste, pro-européen, ça valait la peine qu'on s'y intéresse et qu'on lui laisse sa chance. Il y a beaucoup de choses qui m'ont choqué ensuite dans la façon dont il a présenté ses idées européennes.
D'abord, je vous l'ai dit, cette volonté de cliver en Europe. Cette croisade où il a défini le camp des progressistes contre les nationalistes. Moi, je pense que c'est doublement dangereux. D'abord parce que c'est faux. Les clivages ne sont pas aussi organisés que ceux-là en Europe. Selon les sujets dont vous parlez, vous avez beaucoup plus de clivages géographiques, est-ouest-nord-sud que de clivages progressistes contre nationalistes. Et je pense que c'est en plus très dangereux, y compris pour la démocratie française, de dire en gros, il y a les bons autour de moi et puis les autres, c'est des affreux. Moi ou le chaos, je pense que c'est extraordinairement antidémocratique.
Et comme moi, je suis profondément attaché à la démocratie, à la diversité des opinions, y compris en Europe, et surtout en Europe, je pense que ce clivage est une faute. Et je ne pouvais pas suivre Emmanuel Macron sur ce chemin-là. Et je trouve que mes amis qui suivent Emmanuel Macron dans ce clivage européen commettent une erreur. Alain Juppé fait une erreur. Je pense que sur cette lecture-là, c'est-à-dire d'un côté, il y aurait les pros qui sont forcément autour d'Emmanuel Macron et sinon c'est des Antilles, je pense que c'est une mauvaise lecture. Mais vous êtes plus proche de lui que d'Orban, j'imagine. Ça dépend des sujets. Ça dépend des sujets. Ça dépend des sujets.
Encore une fois, je pense qu'il faut bien comprendre d'où vient Orban. Moi, je connais mal Victor Orban, je le croise de temps en temps dans les réunions de notre groupe politique. Je n'ai pas d'indulgence particulière avec lui sur certains de ses propos ou certaines de ses positions. Mais il faut se rendre compte qu'on parle d'Orban. Mais si vous allez en Slovaquie voisine, c'est un gouvernement social-démocrate. Ils ont quasiment les mêmes positions qu'Orban. Si vous allez en République tchèque, c'est un centriste, proche de la famille de M. Macron, M. Babich.
Il a les mêmes positions qu'Orban sur un certain nombre de sujets parce que les clivages en Europe reposent aussi sur des traditions socio-culturelles, historiques. La Hongrie vient d'un contexte historique qui n'est pas le même que le nôtre. Moi, je plaide, sinon pour l'Alliance, je plaide pour la compréhension et le respect de ce qui fait l'identité de ces pays-là. Nous ne pouvons pas être uniformément tous pareils. De Gaulle parlait d'une Europe qui ne doit pas devenir une purée de marrons dans laquelle on va concasser les nations pour en faire un truc informe à la sortie.
Il y a une identité hongroise, il y a une identité d'Europe centrale et est-européenne qui nous dérange, qui nous pose des questions qui nous dérangent, mais il faut dialoguer avec eux. Je note d'ailleurs que quand le président de la République s'est rendu en tournée dans ces pays-là, c'est très intéressant, il avait donné une interview à la presse locale où il disait quasiment ça. Où il disait il faut respecter vos identités, il faut respecter vos parcours. Le problème, c'est que ce n'est pas du tout le discours qui tient et que ces ministres tiennent quand ils sont en France en stigmatisant ces gens-là.
Plus largement, Alain Juppé parti, Xavier Bertrand parti également de votre parti. Est-ce que vous ne craignez pas que LR soit en train de se rétrécir, qu'elle est en train de devenir une version française du Tea Party à l'américaine ?
C'est un risque, vous le connaissez, j'ai une parole franche, c'est un risque qui pouvait exister, c'est aussi une question que je me suis posée dans l'immédiat après 2017 avec tous les bouleversements qu'on a connus, c'était un risque. Moi j'ai fait le choix de rester à LR comme un certain nombre de gens et ce que je constate aujourd'hui...
Par loyauté en fait ?
Non, parce que malgré tout... Votre manière d'être c'est je suis dans mon parti, j'y reste ? Non, non pas du tout parce que vous savez ce n'est pas vraiment mon état d'esprit même si je suis par ailleurs légitimiste. Moi d'abord parce que je m'y sens bien au niveau européen et c'est là où j'exerce mon mandat la plupart du temps je suis à Bruxelles et à Strasbourg pour exercer mon mandat dans un groupe politique et je me sens à l'aise dans ce groupe politique.
La deuxième raison c'est que sur le terrain moi j'ai constaté que beaucoup d'élus locaux avec qui je travaille au quotidien avec qui j'ai des affinités de longue date et des affinités humaines ils ont eu la même réflexion que moi ils ont hésité il ne faut pas se le cacher on a hésité et puis on s'est dit ben non le mirage macronien s'est quand même largement dissipé ils ont vu les décisions néfastes qui ont été prises par ce gouvernement sur un certain nombre de plans économiques politiques ou sociétaux et ces gens là ont dit ben non finalement on est vraiment de droite on est vraiment à droite et il faut faire vivre une droite aussi parce que c'est très important je crois il faut éviter cette polarisation moi ou le chaos Macron ou les extrêmes moi je pense que la droite a vocation à incarner une alternative crédible raisonnable responsable et sans sectarisme et de ce point de vue là je pense qu'Eller a une place à jouer
On file au standard 8h35 bonjour Marie vous nous appelez d'arcueil je crois
oui tout à fait c'est ça bonjour
bonjour bienvenue on vous écoute
merci tout d'abord bonjour d'accepter ma question merci monsieur d'enjeun pour vos propos qui ont au moins le mérite de mettre sur la table des enjeux pour les élections européennes donc je suis activement engagée pour une association qui s'appelle les jeunes européens on a une question à vous poser en matière de défense commune européenne vous avez pu tenir des propos assez sceptiques ou réalistes comme vous le dites après les propos tenus par Emmanuel Macron sur l'armée européenne du coup on voulait savoir votre avis est-ce que vous croyez en une armée européenne ou une défense commune européenne et pourquoi quelle est votre position
merci Marie Arnaud d'enjeun vous répond oui merci Marie c'est une question très importante qui sera je l'espère abordée pendant le débat c'est un débat qui cette question là illustre parfaitement le positionnement que je vous relatais tout à l'heure entre les euros réalistes et puis ceux qui sont europhobes qui ne veulent rien du tout à 27 ou à 28 et puis les euros j'allais dire enthousiastes ou euphoriques comme Emmanuel Macron qui sautent les étapes moi je ne pense pas qu'une armée européenne soit réaliste à court et moyen terme on en est très loin il faut bien savoir ce que ça veut dire ces mots là une armée européenne la question immédiate qui se pose c'est qui la commande qui envoie des hommes tués et être tués quelle est la décision ultime dans une démocratie de légitimité démocratique si vous faites aujourd'hui une armée européenne qui a le pouvoir de déployer cette armée la commission européenne mais ça serait insensé le président français mais jamais les allemands avec qui nous sommes pourtant très proches jamais les allemands ne vont accepter que ça soit un président français exécutif qui donne l'ordre sans que ça passe par le parlement allemand aujourd'hui les troupes allemandes ne se déploient que sous l'égide de leur parlement donc il y a des questions extraordinairement complexes qui renvoient à l'identité des peuples derrière ça donc moi je suis pour une politique de défense européenne avec plus de coopération beaucoup plus robuste et on peut progresser mais je crois de façon réaliste qu'il n'est pas sain de parler aujourd'hui d'armée européenne c'est une illusion
vous évoquez la commission européenne la commission européenne va refuser la fusion entre Alstom et Siemens que les gouvernements français et allemands soutiennent ardemment est-ce que c'est compréhensible cette décision de la commission européenne est-ce que ça ne va pas encore ternir l'image de la technocratie bruxelloise
je suis d'accord avec vous je pense que c'est une erreur parce que la commission européenne qui est la gardienne du temple en matière de traité européen s'appuie sur des textes du droit à la concurrence qui ont été élaborés dans les années 80 ou 90 pour protéger j'allais dire le marché européen d'une concurrence faussée entre européens mais à l'époque on n'avait pas les géants chinois qui aujourd'hui vont rafler tous les marchés au niveau mondiaux je pense que c'est une erreur de continuer à raisonner avec ce logiciel des années 80 aujourd'hui nous avons besoin d'industries puissantes et performantes à l'export sur les marchés mondiaux et malheureusement cette décision va effectivement jeter le trouble alors que par ailleurs il y avait eu plutôt des progrès depuis quelques mois quelques années on avait vu que la commission était moins naïve quand il s'agissait de taxer certains géants américains dans les GAFAM qui étaient en position monopolistique aujourd'hui je pense que cette décision n'est pas bonne je note pardonnez-moi de faire un peu de politique quand même mais que c'est madame Verstager commissaire danoise libérale qui va prendre cette décision qui va rendre cette décision et qui est l'allié de monsieur Macron au niveau européen dont monsieur Macron aurait bien fait la future présidente de la commission européenne donc là il y a aussi des questions politiques qui doivent se poser
Gaëlle notre auditrice sur l'application France Inter vous dit la chose suivante elle n'est pas la seule beaucoup de questions sur ce thème je suis choqué d'entendre qu'être contre l'IVG est une conviction personnelle respectable et éthique pensez-vous vraiment ce que vous venez de dire Arnaud Dangean Simone Veil vient de se retourner au Panthéon je n'ai pas dit que c'était une conviction
éthique j'ai dit que François-Xavier Bellamy avait sur le plan philosophique éthique et personnel des convictions l'IVG c'est une conviction qu'il a on ne va pas l'empêcher d'avoir cette conviction mais l'IVG est dans la loi française j'ai pas entendu qu'il y avait une remise en cause de la loi française et en tout état de cause la loi française sur l'IVG ne sera pas remise en cause au niveau européen puisque ce n'est pas une compétence européenne donc pour moi le débat s'arrête là
vous aussi vous êtes contre l'IVG à titre personnel ?
non non pas du tout
d'accord et donc de soutenir mais il n'y a pas de débat là-dessus
mais il n'y a pas de débat là-dessus moi quand je vois François-Xavier Bellamy je ne parle pas d'IVG on parle de projet européen on va siéger ensemble je l'espère au parlement européen dans 5 mois pour défendre des intérêts français et européens au parlement européen je ne vois pas et on ne parlera pas de l'IVG donc pour moi fin du débat
mais vous ne craignez pas justement que le fait qu'il ait dit ça ça vient de vous rattraper que chacune de vos interviews on vous parle de l'IVG on reparle de l'IVG parce que c'est vrai qu'aujourd'hui en 2019 dire je suis contre l'IVG qui est un droit acquis par les femmes pendant des années et un droit durement acquis ça peut heurter
c'est un droit qui est dans la loi je n'ai pas entendu de remise en cause de la loi donc pour moi il n'y a pas de débat j'ajoute quand même que si vous allez un par un y compris au parlement aujourd'hui tel qu'il est constitué aujourd'hui vous allez trouver beaucoup de gens qui ont des doutes et qui ont des convictions qui sont contraires à l'IVG et qui s'expriment mais qui ne légifèrent pas au parlement européen donc pour moi fin du débat
Jean-Pierre est en ligne excusez-moi erreur sur le prénom bonjour Jean-Pierre oui bonjour
on vous écoute on vous écoute bonjour j'aurais voulu savoir monsieur Dangean ce que vous pensez du rapprochement entre monsieur Laurent Wauquiez et monsieur Eric Zemmour un personnage assez contestable qui considère que quand on ne s'appelle pas Robert ou Denise on n'a pas le droit d'être français merci Jean-Pierre monsieur s'est décrédibilisé complètement avec ce rapprochement
merci Jean-Pierre Arnaud dans Jean-Voix
je ne crois pas qu'il y ait de rapprochement entre Laurent Wauquiez et Eric Zemmour je vois très bien la séquence à laquelle vous faites allusion c'est la venue d'Eric Zemmour au siège des républicains il y a une semaine il faut juste replacer les choses dans leur contexte Eric Zemmour doit être le 4 ou 5ème intervenant il y a un cycle de conférences qui est fait aux républicains avec des intervenants qui sont invités et qui viennent exposer les thèses
il a été reçu en grande pompe
il a été reçu il y avait beaucoup de monde pour l'écouter moi je ne pense pas que c'est en censurant le débat qu'on progresse donc on peut exprimer nos désaccords avec Eric Zemmour moi j'en ai un certain nombre je n'ai pas participé à cette conférence mais je ne vois pas pourquoi on bannirait des débats monsieur Zemmour
pour sortir de la crise des gilets jaunes Emmanuel Macron n'exclut pas de passer par le référendum et peut-être le jour des européennes alors deux questions est-ce que vous êtes pour ou contre un référendum et pour ou contre un référendum le jour des européennes
moi je ne suis pas contre un référendum encore faut-il savoir ce qu'on demande parce que j'ai peur que ça soit le grand n'importe quoi donc c'est une c'est une possibilité constitutionnelle en tant que gaulliste je ne peux pas m'opposer à ce qu'on utilise le référendum au contraire mais il faut faire attention à ce qu'on pose comme question est-ce que ça sera vraiment conforme à la préoccupation exprimée par nos concitoyens en ce moment premier point sur l'opportunité de le tenir le 26 mai le même jour que les européennes moi je suis totalement contre on ne peut pas d'un côté dire les élections européennes sont importantes pour ce qu'elles sont c'est-à-dire le débat européen et puis écraser ce débat européen par des considérations qui seront strictement nationales et puis continuer pardonnez-moi mais c'est assez obsessionnel chez moi mais ce que je vois c'est une tactique voire une stratégie politique qui concourt systématiquement à cliver pour contre moi les extrêmes et à ne pas donner la possibilité d'un éventail de choix qui est le propre de la démocratie libérale donc pour moi ça me choque profondément qu'on veuille utiliser cette date-là pour faire un référendum
On profite de vous avoir Arnaud Dangean au micro pour vous demander de remettre votre casquette de spécialiste du terrorisme et des questions de défense Laurent Wauquiez a dit qu'il ne fallait surtout pas rapatrier les djihadistes emprisonnés par les Kurdes en Syrie d'autres demandent la déchéance de la nationalité pour ces djihadistes est-ce que ce sont des propositions et des mesures efficaces est-ce que vous les soutenez quelle est votre position là-dessus ?
C'est un sujet extraordinairement sensible et comme chaque fois que vous m'avez interrogé sur ces sujets je commence toujours par dire qu'il faut aborder ces sujets avec beaucoup d'humilité parce que c'est très complexe et il n'y a pas de solution miracle dans un sens ou dans l'autre je trouve que le gouvernement a d'ailleurs été très maladroit c'est le moins qu'on puisse dire sur la formulation des choses en laissant penser qu'on allait rapatrier ce qui est un peu un terme à vocation humanitaire rapatrier 130 djihadistes alors que la réalité est beaucoup plus complexe que ça et qu'il faut la regarder en face moi je ne suis pas favorable sur le principe à ce qu'on rapatrie tout le monde en France je pense en revanche que ce qui compte c'est un la sécurité des français et deux ce qui compte aussi c'est la justice et je pense que parmi les gens qui sont actuellement détenus par les Kurdes si nos services de police et de renseignement sont en mesure d'apporter des éléments précis solides qui permettent de judiciariser des gens qui auraient commis des actes contre la France et donc produits des victimes françaises nous devons la justice aux victimes françaises et donc si on est en mesure de judiciariser quelques personnes parmi ces 130 il faut le faire et sinon ?
et sinon non moi je ne suis pas forcément pour je pense que
on les laisse dans la nature on les laisse là-bas en prenant le risque qu'ils viennent refaire un attentat en France
là aussi c'est carrément théoriquement on a pris un certain nombre de mesures qui nous permettent d'éviter des retours de ce type là donc ça voudrait dire que toutes les mesures qu'on a votées depuis maintenant 5 ans sont totalement inefficaces pour prévenir les retours de gens d'entre eux
il y a un retrait américain donc il y a clairement
une nouvelle donnée il peut y avoir un risque moi je note quand même qu'il y a un certain nombre de dispositions qui peuvent être prises avec l'Irak l'Irak est prête à accueillir et à juger un certain nombre de djihadistes qui ont commis des faits répréhensibles sur ce territoire là les anglais ont choisi une autre option qui est très radicale qui est la déchéance de nationalité vous en pensez quoi ?
moi je pense que ça mérite d'être considéré oui je pense que ces gens là qui sont partis il ne faut pas me raconter d'histoire ils sont partis en connaissance de cause ils sont partis j'allais dire sans retour ils sont partis sur une cause qui était la remise en question totale de notre modèle de civilisation et de la société à laquelle ils appartenaient je ne vois pas pourquoi on viendrait leur offrir l'état de droit alors que cet état de droit ils voulaient le détruire oui mais enfin nous on y est resté dans l'état de droit vous connaissez la complexité du sujet eux ils sont dans d'autres états ils ont choisi d'évoluer dans d'autres états avec d'autres références si ils ont commis des actes contre nous directement et qu'ils ont produit des victimes françaises je pense que nous devons la justice à ces victimes et que nous pourrions mais juste un mot aussi là dessus pour montrer la complexité du dossier on parle de 130 mais il y a 130 profils très différents vous avez déjà la moitié c'est des femmes et des enfants et parmi les enfants beaucoup de moins de 13 ans donc je ne suis pas sûr qu'on puisse les qualifier de djihadistes durs qui s'ils sont dans la nature vont tout de suite rejoindre un réseau terroriste donc ça peut plaider dans les deux sens si vous voulez vous avez une dizaine ou une douzaine de binationaux ces gens là n'ont pas vocation à rentrer en France puisqu'ils sont binationaux ils n'ont pas à rentrer en France et puis il vous en reste une quarantaine où là vous avez de tout dedans vous avez du et j'aimerais bien que dans ce tout on fasse le tri est-ce que nos services parce qu'on veut les faire revenir en nous disant mais ils seront judiciarisés est-on sûr qu'on pourra tous les judiciariser et les punir à hauteur de ce qu'ils ont commis la justice un mot dernier je voudrais rendre hommage aux juges antiterroristes un certain nombre de mes amis politiques ont peur qu'il y ait trop de laxisme je pense qu'en matière antiterrorisme il n'y a pas de laxisme en France et tant mieux
et je précise d'un mot que vous parlez du chiffre de 130 djihadistes un chiffre qui a été démenti par le gouvernement et ensuite par le ministre de l'Ontario
oui mais il serait bien que le gouvernement soit précis dans les éléments qu'il livre pour l'instant il vise plus d'une centaine il faut qu'ils comprennent l'extraordinaire sensibilité de ce sujet nos concitoyens sont à juste titre traumatisé et on ne peut pas faire comme si ce traumatisme n'existait pas on peut être le plus rationnel possible dans ces questions il faut l'être mais on doit tenir compte de la sensibilité de nos concitoyens à cette question
Arnaud Dangean merci numéro 3 de la liste les républicains pour les élections européennes eurodéputés spécialistes des questions de terrorisme et de défense on l'a entendu et bien compris merci d'avoir été au micro d'Inter le carrefour du 7-9 à suivre merci d'avoir regardé cette vidéo
Arnaud Danjean