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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 16 août 2017 17 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & internationalSécurité

Charlottesville : "Il faut condamner ces suprémacistes racistes", juge Florian Philippot

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Ce mouvement ça marche ?

  • 0:39OuverteRéponse directe

    La publicité est faite, vous en dites ? Vous y faites quoi dans ce mouvement ?

  • 1:14RelanceRéponse partielle

    Vous ne pouviez pas le faire de façon intrinsèque au sein du Front National ?

  • 2:06FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous avez l'intention de le transformer en parti ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Il a servi à quelque chose, ce séminaire de deux jours ?

  • 3:41RelanceRéponse partielle

    Cette position sur l'euro, il faut la revoir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:27Invité politiqueChiffre
    « Il y a un peu plus de 2000 personnes et c'est ouvert à tous ceux qui veulent adhérer, qu'ils soient déjà au Front National ou pas d'ailleurs. »
  • 3:09Invité politiqueChiffre
    « Nous avons fait près de 11 millions de voix à la présidentielle. »
  • 4:31Invité politiqueFait
    « Retrouver notre souveraineté, c'est un élément indispensable, notamment une monnaie nationale nouvelle. »
  • 11:12Invité politiqueChiffre
    « Il y en a peut-être plus de 120 aujourd'hui, peut-être même beaucoup plus, qui ont été identifiées par le ministère de l'Intérieur. »
  • 12:35Invité politiqueFait
    « C'était un Algérien qui était clandestin en 2009 en France. Aujourd'hui, il est en situation régulière. »
  • 13:09Invité politiqueChiffre
    « La Cour des comptes nous dit dans 95% des cas, ils restent quand même en France. »

Temps de parole

  • Florian Philippot65 %
  • Présentateur13 %
  • Intervenant10 %
  • Invité6 %
  • Locuteur non identifié3 %
  • Locuteur non identifié 22 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Pas un matin sans son rendez-vous politique sur France Info, c'est à 8h30, c'est avec Jannick Halimi du Parisien. Bonjour, notre invité ce matin, Florian Philippot, bonjour, député européen, vice-président du Front National, président de l'association Les Patriotes, ce mouvement lancé au lendemain de la présidentielle en mai dernier, ça marche ce mouvement ? Ça marche bien, oui, il y a des élégions.

0:27
Florian Philippot

Il y a du monde ? Il y a un peu plus de 2000 personnes et c'est ouvert à tous ceux qui veulent adhérer, qu'ils soient déjà au Front National ou pas d'ailleurs. Alors, chacun peut aller se renseigner, il y a un site internet, c'est association-lespatriotes.fr. La publicité est faite, vous en dites ? Vous y faites quoi dans ce mouvement ? Qu'est-ce qu'on y fait ? Si vous voulez, l'association a été créée pour participer à ce grand mouvement de refondation qui a été annoncé par Marine Le Pen le soir du second tour de la présidentielle, que je trouve moi très heureux, que je vois comme un grand mouvement de modernisation de notre famille politique.

Et l'objectif, c'est d'y réfléchir, on va mettre en place des forums de réflexion qui seront ouverts, où il y a déjà des groupes qui sont réunis pour travailler. Et puis, c'est de lancer un signal politique à la fois de modernité et de rassemblement des patriotes au-delà de la gauche et de la droite.

1:14
Intervenant

Vous ne pouviez pas le faire de façon intrinsèque au sein du Front National, tout simplement ?

1:19
Florian Philippot

Je pense que les choses sont complémentaires.

1:21
Intervenant

Elles sont complémentaires, c'est-à-dire qu'elles sont un peu différentes quand même ?

1:24
Florian Philippot

C'est bien qu'il y ait de la diversité et de la différence, mais c'est vrai que moi, j'ai été comme vice-président du Front en charge de la stratégie, de la communication, une des personnes à l'origine de la création des collectifs. Vous savez, les associations qui existent toujours, socioprofessionnelles dans le domaine de l'école, de la santé, de l'écologie, de la protection animale, etc. Et qui ont, eux aussi, de manière un peu autonome, réfléchi, produit, réuni des gens, des experts. Ça continue. Je pense que c'est bien qu'on ait cette diversité de réflexion.

En tout cas, l'association Les Patriotes, ça veut porter un message de patriotisme ouvert, rassembleur, généreux, conquérant en même temps, parce qu'on pense qu'on a des choses à dire et qu'on est attendus face à Macron.

2:06
Intervenant

Est-ce que vous avez l'intention de le transformer en parti, en micro-parti, comme on dit de nos jours, ou ça va rester un centre de réflexion ?

2:13
Florian Philippot

Non, c'est une association loi 1901, ça n'est pas un parti politique. Ce sera le nouveau nom du FN ou pas ? Non, je ne crois pas, puisque c'est le nom de l'association. Enfin, pourquoi pas ? Ça, ce n'est pas à moi d'en décider à la liste, c'est aux adhérents. En tout cas, effectivement, ce seront les adhérents qui seront consultés sur cette question-là.

2:28
Présentateur

Et moi, je suis favorable au changement de nom. Adhérents qui seront consultés aussi au Front National, c'est la grande période des discussions, des concertations au FN. Il a servi à quelque chose, ce séminaire de deux jours, cet été ?

2:39
Florian Philippot

Oui, c'était une étape, ce séminaire. C'était une étape utile. Déjà, on s'est tous réunis, peut-être pour la première fois depuis la grande séquence électorale qui a occupé le pays présidentiel-législatif. Et puis, on a fait un débriefing, comme on dit.

2:54
Intervenant

C'est un constat d'échec, pratiquement, ce débriefing, puisque vous proposez une refondation. Donc, ça prouve que les fondations qui avaient été posées pendant la campagne et avant n'ont pas été totalement efficaces.

3:04
Florian Philippot

C'est-à-dire que nous n'avons pas gagné, chacun en est conscient. Après, est-ce qu'on doit s'autoflageller ? Non, nous avons fait près de 11 millions de voix à la présidentielle. Nous étions, nous, au second tour, contrairement à d'autres forces politiques très importantes qui n'y étaient pas. Mais c'est vrai qu'on est peut-être la seule force politique à avoir fait ce travail d'introspection, de réflexion. Et moi, je le vois comme un grand travail, justement, qui nous permet d'accéder au pouvoir. Le reste, c'est un peu de la cuisine interne. On a pris plein de petites décisions qui nous seront très utiles sur l'organisation du mouvement, l'organisation des campagnes électorales.

Mais à la limite, ça, ce n'est pas très intéressant, je pense, pour les Français.

3:41
Présentateur

Il y en a une qui est très utile à votre avenir, c'est de choisir ce que vous faites de la sortie de l'euro. Et ça, vous n'avez pas tranché.

3:45
Florian Philippot

C'est-à-dire se battre face au système Macron, proposer quelque chose de positif, vraiment, dessiner ce que c'est que le projet de société patriote. Ça, c'est quelque chose sur lequel nous sommes attendus, parce que Macron va faire l'augmentation de la CSG. Il va faire la loi travail de précarisation. Donc c'est ce que vous n'avez pas fait.

4:02
Intervenant

Il va faire la baisse des cotisations sociales également et la baisse de la taxe d'habitation.

4:07
Florian Philippot

Oui, mais la loi travail XXL, comme on dit par ordonnance, sera compensée peut-être pour certains, mais pas pour d'autres, pas pour la majorité des retraités, pas pour des indépendants, pas pour les fonctionnaires, etc. Et je crois que cette précarisation voulue par l'Union européenne, il faut y apporter une réponse en face.

4:22
Intervenant

Qui est la sortie de l'euro et de la zone euro ?

4:25
Florian Philippot

Non, ce n'est pas la réponse immédiate, ça. Mais retrouver notre souveraineté, c'est un élément indispensable, notamment une monnaie nationale nouvelle. C'est un élément indispensable d'abord pour retrouver la compétitivité et l'emploi, parce qu'on peut tourner le problème dans tous les sens. Il n'y a pas de compétitivité sans monnaie adaptée à l'économie. Et c'est surtout une question politique. On retrouve de la liberté. On n'est plus sous le chantage d'une banque centrale à Francfort qui peut, dans tous les domaines, y compris dans le domaine migratoire, dans le domaine économique, vous imposer une politique parce qu'elle a l'arme monétaire contre vous.

4:55
Présentateur

En tout cas, cette position sur l'euro, il faut la revoir, selon votre collègue du Front National, Nicolas Bé, qui était à votre place il y a quelques temps.

5:03
Locuteur non identifié

Moi, je pense qu'on peut, sur cette question monétaire, infléchir en effet notre position. C'est-à-dire qu'on fait le constat aujourd'hui lucide que cette monnaie unique européenne, à certains égards, décède à nos intérêts. La question, c'est de savoir s'il est opportun de la remettre frontalement en cause ou si on peut envisager une évolution. C'est une idée sur laquelle on n'a pas convaincu, ni les électeurs en général, ni même, je crois, une majorité de nos électeurs. Donc, on ne peut pas ne pas en tenir compte.

5:27
Présentateur

Bon, vous n'avez pas convaincu sur cette idée. Il faut en trouver une nouvelle ?

5:31
Florian Philippot

Alors, une majorité de nos électeurs, si. Il y a une majorité de nos électeurs qui sont pour la monnaie nationale. Après, il faut continuer de convaincre tout le monde. Vous savez... Donc, vous, vous pensez toujours que c'était une bonne idée, qu'il y a pas eu de problème au débat sur cette question ? Je ne fais pas de la politique en regardant un sondage, en disant, ah bah, sur ce point-là, on n'est pas encore à 50%. Je parlais de l'élection. Non, mais c'est tout simple. Sans monnaie nationale, sans souveraineté monétaire, sans souveraineté nationale, tout ce que nous proposons à côté, enfin, beaucoup des choses que nous proposons à côté, ne peuvent pas être appliquées. C'est très simple.

Et c'est bien tout le problème du Front National, parce qu'une partie de vos collègues, aujourd'hui, ne sont plus d'accord. C'est le problème de la France et de la zone euro. C'est que ça fait des années que les gouvernements promettent des choses aux gens. Moi, j'ai entendu Sarkozy, Hollande, maintenant Macron dire on va faire le « made in France », le patriotisme économique, on va aider les PME françaises, etc. Sauf qu'ils n'en ont absolument pas l'autorisation dans le cadre de l'Union européenne. Sauf que, même en matière migratoire, on voudrait retrouver des frontières nationales, on voudrait refuser les quotas de migrants, qu'on n'en aurait pas le droit.

Je vous signale que la Slovaquie, la Hongrie, ces deux pays-là, ont voulu refuser les quotas de migrants imposés par l'Union européenne. Eh bien, la Cour de justice de l'Union européenne leur a dit « Non, non, vous êtes dans le système, donc vous devez accepter les quotas de migrants ».

6:41
Intervenant

Vous refaites le débat et les débats des élections, mais apparemment, ça reste le plafond de verre, cette sortie de l'euro et de la zone euro. Vous n'arrivez pas à convaincre une partie de l'électorat général français, et de cela, une partie du Front National semble avoir pris en compte, et pas vous.

6:56
Florian Philippot

Je ne crois pas du tout que ce soit le plafond de verre. Vous savez, aux élections régionales en 2015, nous n'avons pas gagné de région, et pourtant, la question de l'euro n'était absolument pas dans la campagne. Vous savez, quand nous voyons au second tour des personnes se mobiliser, peut-être de bonne foi pour certaines, contre nous, parce qu'elles ont des craintes, parce qu'elles entendent un discours, et parce qu'elles ont des craintes sur ce que nous allons faire, parce qu'elles craignent des choses, eh bien, nous devons leur parler, nous devons leur répondre. Et la question de l'euro ou pas l'euro n'est pas du tout dans l'équation à ce moment-là.

C'est à nous aussi de nous montrer plus rassembleurs, plus ouverts, je crois, et peut-être plus positifs dans notre manière de présenter les choses. Et c'est ainsi que nous allons convaincre une majorité de Français, parce que moi, je pense qu'il y a déjà, idéologiquement, une majorité dans le pays pour le patriotisme. Sauf que les Français se disent qu'est-ce qu'il y a derrière le patriotisme économique, derrière le patriotisme agricole, derrière le patriotisme en matière régalienne, en matière d'immigration ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que c'est une société qui va rassembler ou est-ce que c'est une société qui va diviser ? Si les gens pensent que ça va diviser, on a perdu.

Si les gens pensent que ça va rassembler, comme ce sera le cas, on a gagné.

7:58
Présentateur

On continue d'en parler. Après un point sur l'info, à 8h40, elle est au chapuis.

8:01
Invité

Après le drame dans une pizzeria de Seine-et-Marne, la piste terroriste est désormais totalement écartée. L'homme qui a foncé sur le restaurant ne donne toujours pas d'explication à son geste, un geste de folie qui a coûté la vie à une adolescente. Le suspect est un gros consommateur de stupéfiants. Il est toujours en garde à vue. Il doit être présenté à un juge dans la journée. La manifestation des antinucléaires hier à Bure, dans la Meuse, a viré à l'affrontement avec les forces de l'ordre. Des cocktails Molotov et des pierres ont été jetés sur les gendarmes qui ont répliqué avec des grenades.

Le face-à-face a fait au total 5 blessés, 2 gendarmes et 3 militants, des militants qui étaient mobilisés contre le futur site d'enfouissement de déchets radioactifs. Et puis dans l'actualité aussi, la marche arrière de Donald Trump, le président américain, avait fini par condamner hier les violences à Charlottesville. Et bien voilà qu'il renvoie à nouveau dos à dos les groupuscules d'extrême droite et les antiracistes. Il y a des torts des deux côtés, selon lui.

9:06
Présentateur

Le vice-président du Front National, Florian Philippot, est l'invité de France Info. On a envie d'entendre votre avis sur les déclarations de Donald Trump. Avant cela, un mot du projet du gouvernement qui prépare un projet pour sortir de l'état d'urgence progressivement. C'est ce dont nous parlait Sacha Houllier, le vice-président de l'Assemblée nationale. Il y a quelques jours.

9:27
Locuteur non identifié

C'est une masse terroriste que nous avons pleinement prise en conscience. Puisque, vous le savez, nous avons étudié au début de la session extraordinaire la prorogation de l'état d'urgence. Cette prorogation, non pas pour que l'état d'urgence soit définitif et soit ancré dans le droit commun, mais pour qu'on ait les moyens, d'ici au 1er novembre, de prendre des mesures qui permettent d'appréhender correctement cette menace et de sortir progressivement d'état d'urgence. Est-ce que c'est la bonne réponse, selon vous ?

9:54
Florian Philippot

Alors là, je viens d'écouter ce qu'a dit monsieur. Objectivement, c'est tout sauf clair. Moi, je suis favorable, bien sûr, à terme à ce qu'on sorte de l'état d'urgence, qui s'est transformé peu à peu en slogan, puisqu'on n'y a pas mis grand-chose derrière, à condition de rétablir la sécurité des Français et de s'en donner les moyens. Et pour cela, il faut prendre... Ce n'est pas le cas aujourd'hui ? Non, malheureusement.

10:16
Intervenant

C'est-à-dire des frontières...

10:17
Florian Philippot

Notamment, pas que. Ce n'est pas suffisant, mais...

10:20
Intervenant

Moins perméable.

10:21
Florian Philippot

C'est nécessaire. Déjà, avoir effectivement la maîtrise de nos frontières nationales, pouvoir les contrôler, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui avec le système Schengen et le système de l'Union européenne. Ça me paraît absolument indispensable. Mais de la même manière, il faut que nous soyons beaucoup moins... plus haut au niveau de l'État, parce que je pense que les Français, eux, ne le sont plus. Mais il ne faut pas être dupe vis-à-vis du fondamentalisme islamiste qui avance. On sait qu'il grignote la République progressivement. Ça commence par le communautarisme. Il impose ses lois. Il impose sa loi, parfois terrible, aux femmes, dans certains quartiers, dans certains endroits.

Et on recule. Et on laisse faire. Ou on ferme les yeux. Eh bien, ça, c'est le début du renoncement. Et ça peut être préalable à des formes de violences beaucoup plus graves. Donc là, il faut arrêter d'être naïf, appliquer la laïcité de manière extrêmement ferme.

11:05
Intervenant

Oui, Florian Philippot...

11:06
Florian Philippot

Et fermer, évidemment, les lieux de haine. J'en finirai là, mais pour donner quelques mesures. Comme les mosquées radicales. Il y en a peut-être plus de 120 aujourd'hui, peut-être même beaucoup plus, qui ont été identifiées par le ministère de l'Intérieur. Plus les salles de prière clandestines qu'on ne connaît pas, par définition, qu'on connaît mal. Il faut les chercher. Il faut les fermer. Fermer ces lieux de haine. Expulser les imams étrangers qui prêchent la haine. Je veux dire, il y a des mesures, quand même, d'une évidence rare qui ne sont pas prises.

11:29
Présentateur

Il y en a beaucoup qui ont été mises en place. Vous avez tweeté, après l'attaque de militaires à Levallois la semaine dernière, plus rien ne surprend, si ce n'est cette incompréhensible poursuite de l'immigration massive. Vous faites un lien entre immigration, terrorisme. C'est une manière de recoller les morceaux avec une partie du Front National qui vous reproche la sortie de l'euro, ça ? Vous faites des raisonnements qui m'échappent.

11:50
Florian Philippot

Je vous interroge. Surtout que je n'ai jamais varié de position sur ces sujets-là. Et nous avons une position très claire. Bien sûr que oui, il y a un lien avec la politique déraisonnable en matière d'immigration. Ça ne veut pas dire que chaque personne qui entre sur le territoire français, comme étranger, en situation régulière ou pas, est un terroriste potentiel. Ça n'est pas cela, évidemment. Et chacun l'aura compris. Mais ça veut dire qu'il peut y avoir, et il y en a déjà eu parmi les flux de migrants, des terroristes djihadistes. Ça veut dire que, par exemple, là, on parlait de ce camion qui a foncé contre des militaires de Sentinels.

12:25
Invité

Il y a beaucoup de Français de souche

12:27
Florian Philippot

qui sont à l'origine de ces... Moi, je ne parle pas de Français de souche, mais je parle de Français. Mais pour le coup, cette voiture qui a foncé sur les militaires Sentinels, c'était un Algérien qui était clandestin en 2009 en France. Aujourd'hui, il est en situation régulière. Donc, il a été régularisé entre-temps. Eh bien, vous voyez, nous, on est pour la suppression de la possibilité de la régularisation dans le droit français.

12:45
Intervenant

Mais ce que dit, justement, Emmanuel Macron, qui est de faire la partition, si je puis dire, entre les réfugiés politiques et les clandestins de façon beaucoup plus ferme. Peut-être qu'auparavant, là, vous êtes plutôt d'accord avec lui.

12:56
Florian Philippot

Oui, c'est-à-dire que les clandestins, par définition, n'ont pas vocation à rester en France, sauf qu'ils restent en France. Y compris ceux qui ont demandé à avoir le statut de réfugiés qui ne l'ont pas eu. Ils ont été déboutés du droit d'asile, comme on dit. Eh bien, la Cour des comptes nous dit dans 95% des cas, ils restent quand même en France. Alors qu'ils ne devraient pas rester en France. C'est pour ça que nous parlons de naïveté. Et tant qu'il y aura cette naïveté, non seulement on prendra un risque en matière de sécurité et de terrorisme, on empêchera l'assimilation. Voilà.

Ceux qui veulent s'assimiler, et il y en a, ceux qui veulent s'assimiler, en sont presque empêchés par ces gens-là. Or, voilà, quand on ne fait pas le tri entre le bon grain et l'ivraie, eh bien, on a tendance à laisser la situation se dégénérer.

13:35
Intervenant

Est-ce qu'il faudrait qu'on revienne peut-être un temps sur les problèmes internes au Front National ? Il y a quelque temps, vous aviez décidé, vous, au Front National, de lancer un grand emprunt patriotique au regard des problèmes financiers que vous subissiez. Où en êtes-vous de cet emprunt patriotique ?

13:52
Florian Philippot

Alors, je ne suis pas la meilleure personne pour vous en parler, parce que je ne suis pas le trésorier et que je ne suis pas au fait, jour après jour de ces questions. Mais j'invite tout le monde à continuer, bien sûr, de participer à cet emprunt patriotique. Il y a un site internet dédié, empruntpatriotique.fr, je crois, où on le trouvera via un moteur de recherche, et qui permet, évidemment, de nous aider, et d'aider le combat patriote. Parce que nous n'avons pas les soutiens financiers et bancaires des autres, et notamment de M. Macron en son temps quand il fut candidat, et d'autres candidats qui ont eu des soutiens bancaires que nous n'avons pas.

14:26
Présentateur

Florian Philippot, Donald Trump est revenu hier soir sur ses déclarations de la veille aux Etats-Unis, après la mort d'une manifestante antifasciste ce week-end en Virginie à Charlottesville, et un défilé de militants d'extrême droite, de néo-nazis et de suprémacistes blancs. Écoutez le président américain.

14:43
Locuteur non identifié

Je pense qu'il y a eu des torts des deux côtés, et je n'ai aucun doute à ce sujet. J'ai condamné des groupes très différents, mais tous ces groupes n'étaient pas des néo-nazis. Croyez-moi, ils n'étaient pas tous des suprémacistes blancs.

14:58
Présentateur

Il y avait des gens bien dans ce défilé, les suprémacistes et les antiracistes sur le même plan. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

15:06
Florian Philippot

D'abord, ça m'inspire que c'est une question interne aux Etats-Unis, et que nous ne sommes Dieu merci, on ne devrait pas être dans le débat permanent des Etats-Unis, c'est leur affaire. Deux, il faut être très clair sur ce sujet-là. Il y a ces suprémacistes racistes, il faut les condamner de manière très claire, et il faut condamner toutes les violences.

15:23
Intervenant

Et leurs clones en France ?

15:25
Florian Philippot

Je ne crois pas, il y en a peut-être, il y en a sûrement, mais je n'ai pas vu, Dieu merci non plus, de manifestations du type de Charlottesville en France. Non, effectivement,

15:34
Intervenant

Dieu merci, mais enfin... Il y a, il faut les condamner de la même manière. Il y a, y compris au sein de votre parti, ou en adossement de votre parti, des mouvances d'extrême droite affichées, pures et dures, qu'est-ce que vous en pensez ?

15:47
Florian Philippot

Non, vous savez que nous avons toujours été extrêmement clairs sur ce sujet-là. Pas toujours, non. Si, si, si, avec des procédures d'exclusion qui ont été toujours bien menées, et qui toujours, justement, voyez cette affaire-là aux Etats-Unis, c'est ce que je disais hier, ça permet de dire, voilà, c'est ça l'extrême droite. C'est ça. Et tous ceux qui disent qu'en France, les patriotes, ceux qui aiment leur pays, qu'ils le veulent souverains, qu'ils le veulent libres, qu'ils le veulent indépendants, qu'ils veulent défendre son identité nationale, son modèle social, tous ceux qui sont traités d'extrême droite pour dire cela, eh bien, c'est une injustice et une diffamation profonde.

Le soutien que Marine Le Pen était allée chercher

16:21
Intervenant

Marine Le Pen auprès de Donald Trump pendant la campagne, qu'est-ce que vous en pensez ?

16:25
Florian Philippot

Je ne crois pas qu'elle soit allée chercher un soutien auprès de Donald Trump. Ne jouons pas sur les mots. Non, vraiment.

16:31
Présentateur

Elle s'était rendue boire un café à la Trump Tower.

16:33
Florian Philippot

Non, elle avait une réunion là-bas avec des diplomates et des industriels, mais c'est vrai qu'elle était allée aussi au Liban, en Afrique, en Russie. Et c'est vrai que Trump, je vais être très clair sur votre question, Trump, c'est bien sur la lutte contre le libre-échange. Je trouve qu'en matière de politique étrangère, c'est décevant. Moi, je m'attendais à une politique d'après ses propres propos de campagne, d'apaisement international, où les États-Unis arrêteraient d'être le gendarme du monde. Et je trouve que ses propos, en Corée du Nord, au Venezuela, vis-à-vis de la Russie, où il a renforcé les sanctions, eh bien, ce sont des propos qui ne vont pas dans le sens de l'apaisement.

Et je pense que ce n'est pas du tout la politique qu'il faut mener. Mais ça, c'est l'affaire des Américains. En tant que Français, je souhaite en tout cas une diplomatie française qui soit libre et qui permette un équilibre du monde. Or, trop souvent, depuis des années, la diplomatie française a été calquée justement sur la diplomatie américaine.

17:22
Présentateur

Et ce sera le mot de la fin. Florian Philippot, vice-président du Front National, était l'invité de France Info. Merci à Yannick Halimi.