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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 17 août 2022 26 min

Le vote des étrangers, une proposition de loi qui "fait turbuler le système pour rien", selon le vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Bienvenue à vous, si vous nous rejoignez pour le 8.30 France Info. Bonjour Jean-François Akili.

0:09
Invité

Bonjour Céline Asselot.

0:09
Présentateur

On est ensemble pendant une demi-heure sur France Info, la radio et sur France Info, canal 27, avec Sylvain Maillard. Bonjour à vous.

0:16
Sylvain Maillard

Bonjour.

0:16
Présentateur

Et merci d'avoir accepté notre invitation ce mercredi matin, député Renaissance de Paris, vice-président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale. Alors on va parler de la rentrée parlementaire, bien sûr, puisque ça se profile déjà, même si on est encore au milieu de l'été. Mais parlons justement de cette saison estivale, d'abord avec la canicule, la sécheresse, les incendies, les orages. Les questions climatiques ne nous ont pas laissé beaucoup souffler depuis le début de l'été. Comment vous expliquez, Sylvain Maillard, qu'on n'ait pas davantage entendu la majorité, le gouvernement, sur ces sujets-là, ces dernières semaines ?

0:48
Sylvain Maillard

Je n'ai pas forcément cette vision, en tout cas sur les sujets, évidemment, de grands incendies de feu. On a eu une présence ministérielle des ministres là, et puis surtout nos forces d'intervention, les pompiers étaient là, sont présents.

1:04
Présentateur

Plus entendu Gérald de Darmanin, par exemple, que Christophe Béchut, ministre de la Transition et de l'État depuis le début de l'été.

1:09
Sylvain Maillard

Qui est le chef des pompiers ? C'est Gérald Darmanin, donc je crois que c'est important aussi qu'il soit là, tout simplement présent, à leur côté, les encourageant. Elisabeth Band s'est rendue aussi sur place, mais aussi il faut laisser faire les pompiers, c'est un travail extrêmement difficile. A chaque fois qu'il y a des visites ministérielles, je le rappelle, dans des contextes de crise, c'est aussi compliqué à assurer ces visites-là. Donc il faut laisser les professionnels, surtout en cas de crise.

1:31
Invité

Mais vous n'avez pas la sensation, Sylvain Maillard, que le gouvernement, la majorité, sont pris de court par ce péril climatique qui s'impose à nous désormais, tout de suite ?

1:40
Sylvain Maillard

Oui, c'est une situation compliquée, qui n'est pas qu'en France, d'ailleurs. Je me souviens, l'année dernière, de feux en Australie incroyables que nous commentions. Il faut que nous adaptions nos systèmes autour des pompiers, évidemment, dans toute l'Europe d'ailleurs. C'est pour ça que le président de la République a vu des mots assez forts en demandant à ce qu'il y ait une organisation européenne plus performante encore.

Il y a déjà des Canadaires à disposition, mais il faut qu'il y ait une organisation européenne plus performante, parce que quand il y a des feux dans un des pays, il faut qu'il y ait une mutualisation des services, une mutualisation des pompiers, une mutualisation des moyens, car ça coûte très cher, ça coûte très cher. Donc je crois que moi, là-dessus, il y aura une réponse et une réponse efficace.

2:26
Présentateur

Là, on parle des conséquences, mais est-ce qu'on s'est suffisamment attaqué aux causes, finalement, le dérèglement climatique, qui est la raison pour laquelle il y a cette canicule, ces sécheresses très fortes, ces incendies très violents cet été ?

2:38
Sylvain Maillard

Oui, ça se rappelle à nous en permanence. C'est aussi ça qui va faire évoluer la société, c'est tout simplement le changement climatique qui s'articule autour de phénomènes extraordinaires, c'est-à-dire d'orages d'intempéries incroyables à des endroits qui font que des inondations apparaissent en quelques minutes et extrêmement fortes avec des dégâts importants, des méga-feux. C'est aussi ça qui nous fait bouger, qui va faire bouger la société plus rapidement. On a des objectifs extrêmement ambitieux pour la France de décarbonation. Nous allons accentuer cela. Dès la rentrée, nous avons, entre autres, sur l'énergie, un projet de loi qui va nous permettre aussi de décarboner.

Il n'y a pas de miracle. C'est évidemment dans l'évolution de notre mode de consommation que nous trouverons les réponses.

3:22
Invité

Sylvia Maillard, il y a le prochain budget. Nous en avons un peu les grandes lignes, les arbitrages du ministre Gabriel Attal. Il y a une rallonge de 3,3 milliards d'euros pour la transition écologique. En fait, en réalité, il y a 1,9 milliard dédié vraiment à ce sujet. Il est question d'isolation des passoires thermiques, les bâtiments, et d'un coup de pouce à la voiture électrique. Est-ce que ça ne manque pas un petit peu d'ambition ? Est-ce que ce sujet-là, au fond, ne devrait pas irriguer à peu près tous les ministères aujourd'hui ?

3:49
Sylvain Maillard

Mais il irrigue l'ensemble des ministères. Là, vous prenez uniquement un budget où on rajoute de l'argent. Il y a un budget extrêmement important, avec une ambition extrêmement importante sur la modification de notre production énergétique, sur les passoires thermiques, vous l'avez dit, sur l'évolution de nos modes de locomotion, tout simplement.

4:07
Invité

Est-ce que c'est un logiciel de pensée qu'il faut changer, désormais ? C'est-à-dire passer à un regard sur ce péril climatique qui impacte tout, la vie économique, les finances, tout ?

4:15
Sylvain Maillard

Mais c'est un regard qui change. Mais il faut que chacun d'entre nous modifie sa façon de se rendre au travail. Et je me souviens d'un amendement que j'ai porté, justement, pour faciliter l'accès au travail. Il faut aussi entendre les Français qui ont besoin de leur automobile pour aller travailler. Il faut entendre les Français qui ont besoin d'une chaudière au fuel pour se chauffer. Et de pouvoir accompagner, au fur et à mesure des années, cette transition, de pouvoir la financer aussi. Nous mettons beaucoup d'argent, mais il faut aussi les moyens financiers. Et continuer à avoir ces moyens financiers dans les années qui viennent. Ça va prendre du temps, mais nous avons largement accéléré.

4:48
Invité

Quand vous voyez Thierry Breton, le commissaire européen au marché intérieur, qui, à votre place, ici même hier matin, appelait à, au fond, réduire notre consommation d'énergie. Il évoquait le cas du Japon, 15% en moins. Est-ce que chacun des Français concernés, à un moment donné, il va falloir baisser un petit peu le niveau de charge, baisser le chauffage, moins conduire ses automobiles ? Quelle est l'idée, au fond ? Chacun doit contribuer ?

5:12
Sylvain Maillard

Alors, moi, je suis contre les injonctions qui expliquent ce que doivent faire les Français. Et d'ailleurs, les Français nous ont, pendant la crise sanitaire, parfois reproché en disant... Vous êtes contre ça, vous ? ...de nous infantiliser. Par contre, donner des idées, donner des orientations en disant... Oui, faisons chacun un geste supplémentaire, par jour, en permanence. Trouvons ce qui nous permet, nous, d'être un peu plus économes d'un point de vue énergétique. Ça, j'y crois beaucoup. Et je crois que cette sensibilisation, très tôt, dans l'année, parce que... C'est quoi, les particuliers, les entreprises ? La difficulté sera cet hiver.

Les entreprises, les particuliers, évidemment, mais les entreprises, tout particulièrement, on voit bien que la difficulté sera cet hiver. J'ai entendu Thierry Breton hier être assez optimiste, d'un point de vue européen, sur le fait que nous allions passer l'hiver. Je crois aussi, d'ailleurs, c'est nous l'analyse que nous faisons aussi, mais il est évident que chaque geste énergétique, d'abord, est bon pour la planète, de modification de notre consommation est bon pour la planète, mais aussi, il nous permettra de passer un hiver plus serein.

6:10
Présentateur

Ça veut dire qu'on incite, on ne contraint pas, on ne prend pas des mesures de restrictions plus fortes sur, je ne sais pas, l'éclairage public, sur l'éclairage de nuit des magasins. On sait que ça fait beaucoup débat aussi, en cette période où on demande des économies d'énergie. Et puis, on se questionne aussi sur les conséquences climatiques de nos consommations. On ne peut pas aller plus loin ?

6:26
Sylvain Maillard

Moi, je suis toujours pour l'incitation, parce que je pense qu'en fait, c'est ce qu'il y a de plus efficace. L'éclairage public, vous l'avez dit, on a déjà l'ensemble des... Je suis député de Paris, je vois bien à quel point l'éclairage de nuit a baissé pour l'ensemble des enseignes. D'abord, c'est des économies pour eux, c'est aussi ça qui fait que c'est d'autant plus efficace. Et puis, je crois que c'est un geste qui est bon aussi vis-à-vis de leur clientèle. Mais tout le monde ne fait pas, il suffit de se balader dans Paris pour voir un changement. Moi, je suis député des grands bouleurs, je vous invite à y passer.

Vous verrez que c'est fait très largement et beaucoup plus qu'il y a quelques années. Donc, c'est ces gestes, ces petits gestes qui vont permettre d'économiser. Et puis, au fur et à mesure, on va prendre des bonnes habitudes et tant mieux. Vous dites injonction, Sylvain Maillard, mais pas punition. Oui, préconisation. Plutôt qu'injonction, on n'en est pas à l'heure actuelle à devoir expliquer ce que nous devons faire. On est en train d'apprendre à être plus sobre énergétiquement. Je crois que chaque Français va trouver la solution pour lui améliorer et baisser aussi sa facture de consommation électrique ou énergétique.

7:32
Présentateur

Sylvain Maillard, restez avec nous, vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale députée de Paris. On s'interrompt le temps de faire le point sur l'actualité de ce mercredi matin à 8h40. Le fil info avec Louise Buyens.

7:43
Invité

A cause des orages, un arbre est tombé sur un camping et a fait deux blessés graves en Corrèze la nuit dernière. Dans les départements du Sud, placés en vigilance orange pour orages et inondations, pas de dégâts majeurs signalés, mais déjà beaucoup d'eau à Marseille et ses environs. En une heure ce matin, il a plus autant que ces trois derniers mois. Cinq départements sont encore concernés par une vigilance orange ce matin. L'élu américaine et anti-Donald Trump, Liz Cheney, essuie une lourde défaite à la primaire dans le Wyoming. C'est la candidate soutenue par l'ancien président des Etats-Unis qui est investie par les Républicains dans l'élection pour la Chambre des représentants.

C'était le papa des films 3 et l'histoire sans fin. Par exemple, le réalisateur allemand Wolfgang Petersen est mort à l'âge de 81 ans. Il souffrait d'un cancer du pancréas. Deux médailles françaises au championnat d'Europe de natation à Rome. L'argent en relais mixte 4 fois 200 mètres nage libre. Et puis Damien Joly décroche le bronze au 1500 mètres.

8:50
Présentateur

Avec toujours à nos côtés Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris, vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Vous êtes aussi, M. Maillard, membre de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce que vous pensez de la stratégie de la France vis-à-vis de l'Ukraine ? Hier, Emmanuel Macron s'est entretenu pendant plus d'une heure avec Volodymyr Zelensky. On a le sentiment que c'est un peu un coup de fil au président ukrainien, un coup de fil aux dirigeants russes. Est-ce que cette diplomatie alternée, ça peut vraiment marcher ?

9:20
Sylvain Maillard

D'abord, c'est d'être aux côtés des Ukrainiens. Et le président de la République le répète en permanence. Nous sommes aux côtés des Ukrainiens. Et de faire en sorte que l'intégrité du territoire ukrainien soit garantie. Et dans les éventuelles discussions qu'il pourra y avoir, parce que ce que nous souhaitons au fond, c'est qu'à un moment, il y ait un cessez-le-feu qui est une discussion, que la volonté ukrainienne soit respectée et le président l'a toujours répété. Je crois que c'est important que le président puisse continuer à garder une entrée, une discussion avec Vladimir Poutine. Ça ne marche pas très bien pour l'instant.

C'est compliqué, c'est évidemment compliqué, mais c'est tout à son honneur de ne pas avoir rompu le fil. Il faudra un moment reprendre ce fil de toute façon. Mais d'être toujours et réaffirmer que nous sommes aux côtés des Ukrainiens. et de soutenir le gouvernement ukrainien, de soutenir son dirigeant. Je crois que c'est l'honneur de la France.

10:16
Présentateur

Cet équilibre n'a pas toujours été très bien compris, notamment du côté des autorités ukrainiennes. On n'a pas toujours très bien accueilli le fait qu'Emmanuel Macron continue à discuter avec Vladimir Poutine.

10:25
Sylvain Maillard

Toutes les discussions qu'il y a eu Emmanuel Macron avec Vladimir Poutine ont toujours eu en préambule une discussion avec les autorités ukrainiennes. Donc ce que j'entends, c'est que les Ukrainiens, à un moment, voulaient une position plus ferme et pas de possibilité de discussion avec les Russes. La diplomatie française a toujours voulu garder une possibilité de discussion, mais toujours en disant que c'est les intérêts de l'Ukraine qui primaient avant tout.

10:50
Invité

Cette stratégie présidentielle mériterait un débat à l'Assemblée nationale, Sylvain Maillard, où cela reste le domaine réservé du président de la République ?

10:59
Sylvain Maillard

On peut débattre de tout à l'Assemblée nationale. C'est vrai que ce n'est pas à l'ordre du jour, mais je crois qu'il y a relativement un consensus là-dessus sur la position française. On peut avoir des discussions, j'entends des oppositions extrêmes, parfois des positions qui sont d'ailleurs un peu étonnantes, mais je crois qu'il y a un consensus général sur le fait de soutenir l'Ukraine.

11:19
Présentateur

Y compris sur le long terme, y compris avec des livraisons d'armes pendant plusieurs mois, plusieurs années s'il le faut ?

11:24
Sylvain Maillard

Je crois qu'il y a un consensus, en tout cas c'est ce que je ressens, un consensus assez large sur le fait de continuer à livrer des armes, de faire en sorte que les frontières de l'Ukraine soient garanties et que nous puissions arriver rapidement à cesser le feu. Je crois que là, il y a un consensus, mais rien n'est interdit. On peut en discuter au Parlement, évidemment, si le besoin des parlementaires se ressentait.

11:46
Invité

Alors Sylvain Maillard, vous avez évoqué le budget tout à l'heure de la France, 330 milliards d'euros en hausse de 14 milliards par rapport à 2022. C'est ce qui sera discuté à la rentrée. Alors j'ai envie de vous demander si ce budget marque la fin à vos yeux, même s'il augmente un petit peu du quoi qu'il en coûte. Je vous fais écouter les arguments de Thierry Breton que nous évoquions à l'instant, le commissaire européen au marché intérieur, qui était à votre place ici même hier, qui a estimé qu'il fallait retourner très vite à la règle des 3%.

Alors la règle des 3%, on n'a pas encore, on a prolongé l'autorisation qui est donnée aux Etats membres pour faire face précisément momentanément à cette situation jusqu'en 2023. Mais il faudra évidemment y revenir, je le dis clairement. Jusqu'à 2023, ça veut dire dans l'esprit de Thierry Breton, il faut y revenir assez vite. Vous êtes d'accord avec ça, vous ?

12:33
Sylvain Maillard

D'abord oui, le quoi qu'il en coûte est terminé, parce qu'il faut revenir à une rigueur budgétaire. Le quoi qu'il en coûte était pendant la crise sanitaire qui nous a permis de ressortir avec une économie forte, pas en lambeau comme on nous l'avait prédit.

12:45
Invité

Avec même 44 milliards votés là, à la première session, au fond de dette concernant le pouvoir d'achat.

12:52
Sylvain Maillard

Oui, donc on a évidemment... Ça c'était la fin du quoi qu'il en coûte. C'est aussi, c'est une période un peu plus compliquée d'un pic inflationniste inattendu. Six mois avant, on nous aurait dit ce qui allait se passer, nous n'aurions pas pensé que c'était possible. Il y a un moment difficile pour les Français à passer. On est dans un vrai pic inflationniste et donc il y a un paquet de mesures sur lesquelles nous sommes engagés et que nous avons votées. Mais l'idée, elle est très simple et Bruno Le Maire l'a rappelé. Le président de la République l'a porté d'ailleurs pendant la campagne électorale. Il faut que nous revenions à 3%.

Nous sommes d'accord là-dessus sur cet objectif de tirer les bretons. On s'est engagé en 2027 à être à 3%. Cette année, on sera à 5%. C'est une trajectoire qui est ambitieuse parce qu'en même temps, il faut que nous réfermions la police, la santé, l'hôpital.

13:37
Invité

Pas avant 2027.

13:39
Sylvain Maillard

Il faut que nous financions, je vais juste terminer là-dessus, nous financions la transition écologique. Nous en parlions tout à l'heure. Ça coûte de l'argent, il faut le financer. Il va falloir que nous produisions plus. C'est aussi avec l'accroissement du PIB que nous allons pouvoir avoir des marges de manœuvre qui vont nous permettre de financer l'ensemble des besoins qui ont été largement mis en avant pendant cette crise.

14:02
Invité

Comment ce sera un cadeau pour le successeur ou celle qui succédera à Emmanuel Macron finalement ? Cadeau empoisonné.

14:09
Sylvain Maillard

De quoi d'être à 3% ? Je crois que ce n'est pas un cadeau empoisonné. C'est remettre les finances publiques en bon ordre. Et le bon ordre, l'objectif, il est 2027, d'être à 3%. Ça, c'est un effort colossal de revenir à 3%. D'ailleurs, on l'a très peu connu ces dernières années avant Emmanuel Macron. Donc, c'est un effort important. Il faut un budget qui soit bien tenu. C'est ce que nous faisons à l'heure actuelle. Nous allons continuer à le faire et nous allons continuer à apurer. Je pense aussi à la réforme des armées. On parlait tout à l'heure de l'Ukraine. Ça coûte de l'argent.

Voter une loi de programmation militaire extrêmement ambitieuse, il va falloir la financer et dans le même temps tenir la dette.

14:43
Présentateur

Alors, comment on fait justement ? Cet équilibre, il semble un peu inextricable quand vous dites l'hôpital, l'associé, l'école, les armées.

14:50
Sylvain Maillard

Il faut de la croissance. C'est pour ça que nous nous battons pour une société du plein emploi. C'est d'ailleurs vraiment ce que nous portons, une société du plein emploi, parce qu'il faut cette croissance. C'est avec cette croissance que nous avons trouvé des marges de manœuvre pour financer l'ensemble de nos besoins et notre modèle social. Sans cette croissance, nous n'avons pas les moyens de financer notre modèle social. Et donc, cette croissance, on va la chercher partout où on peut la trouver.

15:10
Présentateur

On n'est pas au plein emploi encore, selon les derniers chiffres.

15:12
Sylvain Maillard

Oui, mais notre objectif, 2027, c'est d'être à 5%, ce qui est l'équivalent du plein emploi. Vous pourrez quand même noter que depuis 2017 à 2022, malgré les crises, nous avons fait un bond spectaculaire avec une baisse du chômage. On va continuer. On a beaucoup investi sur la formation professionnelle, sur l'apprentissage. On va continuer parce que c'est ça qui va nous permettre d'engendrer de la croissance et de faire rentrer de l'argent et de financer l'ensemble de notre besoin.

15:37
Présentateur

Justement, vous disiez, il y a quand même la crise du Covid, la guerre en Ukraine qui se sont invitées, qui ont un peu perturbé les perspectives et les projets. Qu'est-ce qu'on fait si on continue à s'inviter dans l'actualité des événements de cette nature ? En fait, c'est compliqué d'avoir un objectif à 2027 et puis de devoir naviguer à vue en fonction de la situation internationale.

15:57
Sylvain Maillard

La politique est pleine d'imprévus. Il se passe toujours des choses totalement imprévues. Ces 5 dernières années nous ont montré à quel point il fallait être toujours sur ses gardes. Il faut bien gérer son budget. Bien gérer son budget, ça donne des marges de manœuvre pour gérer l'imprévu et donc c'est ce que nous faisons.

16:11
Invité

Sylvain Maillard, la clé de sortie, finalement, pour vous, c'est l'emploi, c'est ça ? C'est le plein emploi ?

16:14
Sylvain Maillard

Le plein emploi, c'est la clé de sortie. C'est ce qui nous permet de financer notre modèle. D'où l'apprentissage sur lequel vous assistez tant. L'apprentissage, la formation professionnelle, l'assurance chômage aussi.

16:23
Invité

Et pourtant, il y a tous ces emplois non pourvus, Sylvain Maillard. Regardez, dans les hôpitaux, dans les transports, tous ces emplois qui ne sont pas pourvus, on ne trouve pas d'infirmiers, de chauffeurs, etc. Comment vous expliquez ça ? Nous sommes rentrés dans une société de pénurie humaine.

16:36
Sylvain Maillard

Parce qu'il y a des bas salaires ? Pas uniquement parce qu'il y a des bas salaires. Je vous ferai remarquer que dans beaucoup d'emplois, de beaucoup d'entreprises, avec des salaires extrêmement importants, on ne trouve pas non plus de personnel. Il y a des problèmes de formation, il y a aussi parfois des problèmes de motivation, où il faut faire en sorte que chacun ne soit pas incité à parfois ne pas reprendre son emploi. Vous trouvez que c'est le cas aujourd'hui ? Oui, c'est le cas aussi. On a de tout sur le marché de l'emploi. Je vous invite à venir parfois dans les antennes de Pôle emploi. Il y a de tout.

Il y a des gens qui sont en extrême difficulté pour retrouver un emploi, pour plein de raisons. Il faut les accompagner. C'est ce que nous faisons et ce que nous allons faire encore plus. Donner plus de moyens à Pôle emploi ou à France Travail, qui remplacera Pôle emploi, de faire en sorte qu'on ait des moyens de plus accompagnés.

17:19
Invité

Tous les gouvernements parlent de transformer l'ANPE, le Pôle emploi, de donner plus de moyens. On a l'impression que c'est toujours la même musique, finalement.

17:26
Sylvain Maillard

Pourquoi ça ne fonctionne pas si bien ? Pardon, je me permets d'insister parce que la clé, elle est là-dessus. Vous savez, les premières semaines où vous perdez votre emploi sont cruciaux, cruciaux, pardon. C'est ce moment-là où il faut un accompagnement beaucoup plus fort. En France, quand nous sommes arrivés en 2017, il fallait huit mois pour rentrer en formation entre le moment où vous commenciez votre période de chômage et votre entrée en formation huit mois. On a baissé largement ce niveau-là. Il faut qu'on aille encore plus loin. Les premières semaines, c'est un moment parfois de deuil.

Et donc, il faut que nous puissions le passer et très vite faire en sorte que la personne retrouve un emploi. Quand il y a beaucoup de demandes, c'est plus facile. C'est le cas à l'heure actuelle. Mais il faut que nous puissions avoir un Pôle emploi ou un France Travail qui soit mieux adapté, qui permette de mieux suivre individuellement les difficultés. Vous êtes une femme seule avec deux enfants élevés. Vous n'êtes pas dans les mêmes conditions qu'un célibataire homme. Pardon, c'est caricatural ce que je dis. Mais c'est la réalité qu'un célibataire homme qui peut bouger et donc pouvoir prendre un emploi plus facilement.

Il faut accompagner les parcours professionnels mais de faire en sorte que chacun trouve un travail parce que financer notre modèle social, c'est aussi créer de la richesse. Et donc, il faut que chacun puisse y avoir accès.

18:32
Présentateur

8h51 sur France Info. Sylvain Maillard, notre invité. Jusqu'à 9h, on s'interrompt le temps du fil info. C'est le résumé de l'actualité de ce mercredi avec Louis Buyens.

18:41
Invité

Deux campeurs très gravement blessés en Corrèze après la chute d'un arbre sur une tente et une caravane. Le pronostic vital d'une des victimes, une femme de 69 ans, est engagée. Coups de tonnerre et grosses pluies sont encore attendus aujourd'hui, surtout dans le sud de la France. Cinq départements sont en vigilance orange pour des orages et quatre le sont aussi pour des inondations. La France et l'Inde prêtent à travailler main dans la main pour mettre fin au conflit en Ukraine, rapporte l'Elysée après un coup de fil entre Emmanuel Macron et le Premier ministre indien. Le président français a aussi téléphoné à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Il a dit son inquiétude sur la sécurité à la centrale nucléaire de Zaporizhia et appelé les forces russes à se retirer du site. Pressenti un temps pour succéder au pape François, le cardinal canadien Marc Wellé est accusé d'agression sexuelle sur une stagiaire entre 2008 et 2010 quand il était archevêque de Québec. Une action collective a été lancée au Canada. Au championnat européen de Munich, la radia des cyclistes français continue. Sébastien Vigier remporte la médaille d'or en Kering. Melvin Landerneau décroche le bronze. Avec Sylvain Maillard, le vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, nous allons parler de cette majorité relative, mode d'emploi.

Tiens, cas d'école, Sylvain Maillard, Sacha Houllier qui a déposé sa proposition de loi en faveur du vote au municipal des étrangers non communautaires, un vieux serpent de mer politique. Voici ce qu'on disait ce député Renaissance de la Vienne, qui est le nouveau président de la commission des lois à l'Assemblée il y a huit jours sur France Info à la radio. Vous savez que c'est déjà le cas pour toutes les personnes qui résident dans l'Union Européenne. Personne n'est étonné qu'un Espagnol ou qu'un Bulgare puisse voter aux élections municipales. Et ça avait d'ailleurs interrogé beaucoup de gens que les Anglais ne le puissent plus.

Puisqu'avec le Brexit, les Anglais ne peuvent plus être ni électeurs ni éligibles sur les listes municipales en France et donc dans l'Union Européenne. Alors voilà donc ce député que vous connaissez bien. C'est un marcheur de la première heure comme vous-même qui dépose cette proposition de loi personnelle avant de partir en vacances. Ça fonctionne comme ça désormais Renaissance ?

20:59
Sylvain Maillard

On apprend à fonctionner différemment de ce qu'on a connu. C'est la bonne méthode ça ? Écoutez, je ne vais pas vous cacher que ce n'a pas forcément été une bonne surprise. Parce que vous n'allez pas le suivre ? Pardon ? Vous n'allez pas le suivre ? Non, je pense que c'est... On va en discuter. Notre présidente Aurore Berger d'ailleurs l'a dit publiquement. Je crois que c'est important qu'on ait un débat. On va l'avoir à la rentrée sur l'immigration. Gérald Darmanin l'a souhaité également. Mais que nous en interne on puisse clarifier notre position par rapport à différentes questions.

Et c'est un sujet, vous l'avez dit, un vieux serpent de mer qui a rappelé Sacha Houillet sur lequel il s'était engagé lui dans le cadre de sa campagne législative. Donc ça, ce n'est pas la bonne méthode. D'ailleurs, il l'a déposé sans demande de co-signature. C'est vraiment à titre personnel. Voilà, je pense que c'est... Justement, ça fait turbuler le système pour rien. Pour être tout à fait honnête, c'est ce sur quoi nous avons discuté. Il ne faut pas que nous ayons des objets politiques, en fait, qui n'ont pas été discutés entre nous. Ça ne veut pas dire que chacun d'entre nous ne peut pas avoir une position politique.

On fait de la politique parce qu'on aime ça et qu'on défend des convictions. Et moi, je ne peux que reconnaître les convictions de Sacha Houillet. Mais là-dessus, évidemment, ça fait turbuler le système et ça envoie une image qui n'est pas positive. Mais on en parlera tous ensemble. Il n'y a pas de tabou, nous, dans notre majorité. Et c'est un sujet sur lequel on peut discuter.

22:19
Présentateur

On a l'impression que vous êtes un peu perdu. Vous, les députés de la majorité, notamment ceux qui êtes là depuis 2017, c'est un tout autre système qui s'annonce pour ce nouveau quinquennat. Et il faut trouver ses marques, il faut faire des alliances. Et on a le sentiment que, pour l'instant, vous n'avez pas encore trouvé la boussole.

22:36
Sylvain Maillard

Céline Asso, vous avez tout à fait raison. Mais je crois qu'on a trouvé la boussole. Regardez les textes sur lesquels nous avons discuté au mois de juillet. Tous les textes ont été votés. Avec l'aide d'autres parties. On a une majorité, mais une majorité relative. Donc, il faudra à chaque fois composer. Les Français l'ont souhaité ainsi. Moi, si on m'avait laissé choisir, j'aurais préféré une majorité absolue. Mais on a une majorité relative et on fonctionne parfaitement. Regardez l'ensemble des textes, qui ont été votés. On a trouvé des majorités pour tout. Et on va continuer.

C'est vrai que ça demande un autre travail, un autre rapport avec les ministres, un autre rapport avec les groupes d'opposition. On n'était pas habitués. C'est vrai. Vous avez raison là-dessus. Mais enfin, regardez le résultat. Au bout d'un mois et demi de travail, tout a été voté dans les temps et au service des Français. Donc, on va continuer là-dessus.

23:21
Invité

Vous diriez, Sylvain Maillard, sans tomber dans la tambouille politique, que le président de la République avait jadis ces grands relais. On va citer ne serait-ce que Richard Ferrand, l'ancien patron de l'Assemblée nationale, que lui-même doit presque se réinventer ou changer son logiciel, son mode de fonctionnement ?

23:37
Sylvain Maillard

Le logiciel est nouveau pour nous tous. Y compris le chef de l'État ? Oui, forcément. Parce que d'abord, il est dans un deuxième mandat. Il est aussi avec une majorité, c'est vrai, relative. Une majorité à l'Assemblée, je le rappelle. Il n'y a aucune possibilité de créer une autre majorité qu'avec la majorité présidentielle. Donc, soyons très clairs. Mais évidemment, chacun doit apprendre à travailler différemment. Je l'entendais tout à l'heure dans votre édito sur lequel vous disiez qu'il fallait absolument des lois avec un maximum de 15-20 articles. C'est exactement ça. Ce n'est plus possible des lois avec 140-150 articles. On ne peut plus fonctionner ainsi. Donc, il faut des lois.

Ça veut dire qu'il faut négocier avec l'opposition en amont également ? D'abord, il faut négocier en interne pour trouver des positions communes entre les ministres et notre majorité. J'y tiens énormément. Je peux vous dire que notre présidente, Aurore Berger, veille au grain que nous soyons parfaitement entendus sur les positions que nous défendons. Et à côté de ça, il faut évidemment trouver des majorités. Donc, aller auprès des autres députés voir qui est d'accord avec ce que nous portons et comment faire pour voter l'intégralité d'un texte.

24:49
Présentateur

Parce que vous dites, Sylvain Maillard, que ça fonctionne bien. Mais on a vu Gérald Darmanin contraint de reporter le projet de loi sur l'immigration qui était prévu juste après la rentrée parlementaire pour se donner le temps justement de discuter, de réfléchir, de convaincre peut-être. Ça veut dire qu'il va falloir aller moins vite aussi que ce que vous espériez ?

25:04
Sylvain Maillard

Et vous savez quoi ? C'est à notre demande, cela. Ce n'est pas lui qui est contraint. C'est tout simplement nous avons demandé d'avoir plus de temps pour travailler en amont les textes. Pour travailler plus en amont, ça nous permet, nous, de mieux définir le cadre de travail l'intégralité veut porter un texte mais aussi de trouver les voies de compromis plus facilement avec d'autres groupes.

25:23
Présentateur

Est-ce que vous ne voulez pas reproduire les scénarios de cet été du paquet de mesures fiscales sur le pouvoir d'achat où il y a eu beaucoup de débats dans l'hémicycle ? Vous voulez faire autrement, c'est ça ?

25:30
Sylvain Maillard

Où il y a eu beaucoup de débats dans l'hémicycle. Il y a eu beaucoup de débats aussi à côté mais on a besoin de trouver des consensus. Ils sont plus difficiles à trouver que quand vous avez une majorité absolue. Donc on a besoin d'un peu plus de temps. Aussi, je crois que la qualité du travail parlementaire n'en sortira que grandir. Vous savez, on peut être extrêmement résistant quand on travaille tous les matins de 9h jusqu'à 6h du matin. À un moment, on demande aussi, nous, d'avoir plus de temps pour mieux travailler les textes. On ne se fait pas plaisir, on ne fait pas du travail en chambre quand on est à l'Assemblée. On veut du travail qui soit efficace sur le terrain.

Donc il faut aussi qu'on ait le temps de pouvoir aller sur le terrain voir si ce que nous avons voté fonctionne. Et donc on a demandé au gouvernement d'avoir plus de temps et c'est ainsi que ça se passera maintenant. Et on apprend à vivre dans un nouveau logiciel.

26:16
Présentateur

Merci beaucoup, Sylvain Maillard, d'être venu nous en parler. Député Renaissance de Paris, vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Merci à vous, Jean-François Achilly. Je vous dis à demain et restez avec nous, bien sûr, sur France Info. Sous-titrage Société Radio-Canada

Le vote des étrangers, une proposition de loi qui "fait turbuler le système pour rien", selon le vice-président du groupe Renaissance à l'Assemblée — Sylvain Maillard · Pourquijevote