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InterviewFRANCE BREAKING· 20 septembre 2026 5 minComplaisantFond programmatiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesRetraitesLogement

Budget 2027 : Amélie de Montchalin tire la sonnette d’alarme sur la dette française

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    « ce montant dépasse le budget de l'éducation nationale évalué à 65 milliards d'euros »
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    « la dette publique a atteint en 2025 un niveau inédit, supérieur au sommet enregistré pendant la crise sanitaire de 2020 »
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    « la France serait alors le seul pays européen dans cette situation »
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    « la charge d'intérêt pourrait atteindre 100 milliards d'euros par an en 2030 »
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    « le gouvernement prévoit déjà un effort de 54 milliards d'euros l'an prochain pour redresser les finances publiques »
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    « le déficit public est attendu à 5,4 % en 2026 contre 5,1 % en 2025 »
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    « les pensions de base des retraités percevant au moins 2034 euros par mois pourraient être gelées »
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    « les aides personnalisées au logement pourraient être gelées »
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    « les ressources des collectivités locales progresseraient au niveau de l'inflation »

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Amélie de Montchalin

À quelques jours de la présentation du budget 2027, l'ancienne ministre Amélie de Montchalin alerte sur l'augmentation du coût de la dette. Dans un entretien au Parisien publié dimanche 20 septembre, la première présidente de la Cour des comptes estime que la France doit rapidement faire des choix pour contenir la charge d'intérêt. Selon elle, cette charge atteindra près de 80 de 80 milliards d'euros en 2026. Amélie de Montchalin souligne que ce montant dépasse le budget de l'éducation nationale évalué à 65 milliards d'euros, représente 40 % de plus que celui des armées et équivaut à six fois le budget de la justice.

Elle affirme également que la dette publique a atteint en 2025 un niveau inédit, supérieur au sommet enregistré pendant la crise sanitaire de 2020. Selon elle, la France serait alors le seul pays européen dans cette situation. L'ancienne ministre de l'Action et des Comptes publics estime que la charge d'intérêt pourrait atteindre 100 milliards d'euros par an en 2030, voire davantage si les taux souverains continuent d'augmenter. Elle prévient que cette dépense devra être financée soit par une baisse des dépenses publiques, soit par davantage d'impôts.

Mais Amélie de Montchalin assure qu'il n'y a pas de fatalité, à condition de prendre rapidement des décisions qu'elle qualifie de responsables. Le projet de budget pour 2027 doit être présenté en Conseil des ministres le 1er octobre avant son examen au Parlement. Le gouvernement prévoit déjà un effort de 54 milliards d'euros l'an prochain pour redresser les finances publiques. Dans le même temps, le déficit public est attendu à 5,4 % en 2026 contre 5,1 % en 2025. La tâche est compliquée par une prévision de croissance abaissée à 0,5 % pour 2026 dans un contexte de tension inflationniste liée à la guerre au Moyen-Orient. Parmi les mesures envisagées figurent celles concernant les retraites.

Selon l'avant-projet de loi de financement de la sécurité sociale, les pensions de base des retraités percevant au moins 2034 euros par mois pourraient être gelées. Entre 1260 et 2034 euros, les pensions du régime général progresseraient encore mais moins vite que l'inflation. Les retraités les plus modestes resteraient protégés. Le ministre des Comptes publics David Amiel assure toutefois qu'aucune pension versée ne diminuera. Bercy présente ces mesures comme des éléments destinés à alimenter les discussions parlementaires et les consultations en cours.

Le Premier ministre euh le Premier ministre Sébastien Lecornu a de son côté laissé au Parlement le soin de trancher certaines mesures sensibles. D'autres économies sont également envisagées. Les aides personnalisées au logement pourraient être gelées. Selon le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jean Brun, Sébastien Lecornu a par ailleurs confirmé que les ressources des collectivités locales progresseraient au niveau de l'inflation. La culture euh devra elle aussi composer avec ses contraintes. La ministre Catherine Pégard a indiqué que certaines structures du spectacle le vivant public disposeraient de moins de crédits en 2027 avec des réductions étudiées au cas par cas.

Elle dit vouloir travailler avec les établissements concernés pour éviter de les fragiliser. La ministre évoque notamment la possibilité de reporter certains investissements ou travaux dans les grands théâtres et les opéras parisiens. Elle a également assuré vouloir limiter autant que possible les économies pesant sur l'information et la production à France Télévisions alors que sa présidente Delphine Ernotte Cuny a annoncé que le groupe devrait réaliser 90 millions d'euros d'économie en 2027. À l'approche de l'examen du budget, David Amiel appelle enfin les partis à dépasser l'esprit de boutique.

Pour lui, le débat parlementaire doit porter sur les mesures permettant de réduire le déficit et non remettre en cause l'objectif de de réduction lui-même. Amélie de Montchalin met elle en garde contre une autre échéance, l'absence de budget au 31 décembre. Selon le ministère des Finances, cette situation entraînerait un surcoût d'une quinzaine de milliards d'euros pour les finances publiques. Pour la première présidente de la Cour des comptes, les choix budgétaires des prochains mois auront donc des conséquences directes sur le coût de la dette.