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interviewRMC — Face à Face· 9 juillet 2026 19 min

Face à Face : Olivier Faure - 09/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC à sa face. Apolline de Malherbe. Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Olivier Faure. Bonjour Apolline de Malherbe. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes premier secrétaire du Parti Socialiste, député de Seine-et-Marne. On verra si vous êtes encore d'ailleurs premier secrétaire du Parti Socialiste ce soir. Je vous poserai la question de savoir quelles conséquences le vote des militants qui est organisé ce soir pour dessiner la manière d'avoir un candidat au Parti Socialiste aura des conséquences sur vous et puis sur la France d'une certaine manière. Mais je voudrais d'abord vous interroger sur la campagne qui démarre.

Marine Le Pen qui a décidé d'être candidate malgré tout. D'abord un, est-ce que la Cour de cassation doit accélérer le processus ? Est-ce que pour vous il faut savoir oui ou non si Marine Le Pen, si le jugement est confirmé ou non avant l'élection présidentielle ?

0:55
Olivier Faure

Moi je ne commande jamais les décisions de justice. La justice est indépendante, elle doit le rester. Nous sommes dans un état de droit et donc il y a eu deux jugements. Un premier en instance qui a condamné Marine Le Pen lourdement pour des faits qui sont caractérisés, des tournements de fonds publics. Ce jugement a été confirmé en appel même si la peine d'exécution provisoire a été annulée et donc que Marine Le Pen est désormais en capacité d'être candidate à l'élection présidentielle.

1:24
Présentateur

Vous trouvez que le fait qu'elle soit malgré tout candidate, elle en a le droit ?

1:29
Olivier Faure

Elle en a le droit, c'est légalement possible. Est-ce que c'est moralement souhaitable que quelqu'un qui se présente à la présidence de la République, à la magistrature suprême, soit elle-même une personne condamnée ? Je me souviens d'une époque où l'extrême droite se vantait d'être main blanche, tête haute. La réalité c'est qu'aujourd'hui c'est l'inverse, c'est les mains sales et la tête basse. La réalité c'est que la décision appartient à Marine Le Pen, elle a donné sa réponse. Maintenant la justice n'a pas à se prononcer en fonction de Marine Le Pen, mais en fonction de son propre agenda.

Je crois que Rémi Hatz a confirmé le fait qu'il y aurait effectivement une décision qui serait prise par la Cour de cassation en avril. Donc en avril prochain, il est possible que Marine Le Pen soit soumise au bracelet électronique.

2:15
Présentateur

Perturbé par des manifestants hier, le premier déplacement, ils avaient des casseroles, il y avait notamment des militants avec des drapeaux LFI ou Europe Ecologie Les Verts, avec des cris comme « en prison les voleurs ». Est-ce qu'il faut littéralement l'empêcher de faire campagne, comme ça a été le cas hier ? Elle a été obligée d'écourter et de changer son programme ?

2:34
Olivier Faure

Ça ne l'a pas empêché de faire campagne, et la réalité c'est qu'elle fera campagne. Mais vous ne pouvez pas non plus empêcher des citoyens qui considèrent qu'il y a là une anomalie à ce que quelqu'un qui a été condamné aussi lourdement pour détournement de fonds publics, il ne s'agit pas d'une affaire privée, il s'agit en réalité de quelqu'un qui a fraudé la loi et qui a volé l'argent des Français et des Européens. Donc l'évidence, c'est qu'il y avait une forme de retenue morale qui aurait dû s'imposer à elle, ce qui n'est pas le cas, et donc il n'est pas anormal qu'il y ait des gens qui viennent lui signifier que sa situation n'est pas normale.

3:09
Présentateur

Gabriel Attal dit que Marine Le Pen prend en otage la campagne présidentielle. Vous trouvez que c'est le cas ?

3:15
Olivier Faure

Je ne sais pas si elle la prend en otage. La réalité, c'est que ça aurait été la même histoire. Nous sommes dans une situation où c'est un parti qui a été condamné, et où le danger que représente l'extrême droite, c'est évidemment, on le comprend, une forme de trumpisation de la vie politique.

3:32
Présentateur

C'est une forme de trumpisation ? Elle fait du problème, Marine Le Pen ?

3:36
Olivier Faure

Bien sûr. Elle n'est pas la copie conforme, mais en tout cas, on voit bien que son modèle est un modèle illibéral, une forme de... on passe par-dessus toutes les règles de la morale élémentaire, par-dessus l'état de droit, alors même qu'elle voulait incarner l'autorité de l'État.

3:54
Présentateur

Elle n'a pas l'air de décourager les Français pour l'instant, en tout cas les premiers sondages depuis cette décision, il y a notamment ce sondage IFOP, qui montre que qui que ce soit face à elle, au deuxième tour, elle l'emporte.

4:07
Olivier Faure

C'est vrai. C'est vrai, de toute façon, c'est une candidate redoutable, et l'extrême droite est aujourd'hui avec le vent dans le dos. Donc, ce serait une forme d'incapacité à comprendre la situation, que de dire le contraire.

4:20
Présentateur

Alors, celui face auquel elle l'emporterait le plus largement, c'est Jean-Luc Mélenchon.

4:25
Olivier Faure

Que voulez-vous que je vous dise ? Je pense effectivement que le problème de Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il est à la fois un très bon candidat de premier tour, mais qu'il est le plus mauvais candidat pour la gauche au second tour, parce qu'il est celui qui permet à toutes les droites de se coaliser, puisqu'il est devenu, en réalité, une forme d'épouvantail commode. Et donc, la réalité, c'est qu'il serait sèchement battu par l'extrême droite, ce qui serait un problème.

Non seulement parce que la défaite serait au rendez-vous, mais aussi parce que le score lui-même serait sans appel et donnerait le sentiment qu'en réalité, la France a basculé à l'extrême droite, ce qui ne peut pas être le cas. Mais pour l'instant, avant de parler au second tour, parler du second tour, parlons déjà du premier. Et donc, faisons en sorte qu'il y ait au rendez-vous une gauche qui est en capacité de l'emporter.

5:13
Présentateur

Mais c'est qui cette gauche-là ? D'abord, primaire ou pas primaire ?

5:16
Olivier Faure

Il y aura une primaire.

5:17
Présentateur

Mais alors, primaire ou primaire ? C'est-à-dire laquelle primaire ? Pardon, je me dis complètement. J'ai essayé de comprendre. Ça va être très simple. Vos adhérents, je redis quand même le contexte, il faut que tout le monde comprenne. Les adhérents socialistes sont appelés aujourd'hui à voter pour décider du mode de destination. Donc, il ne décide pas du candidat, il décide du mode de désignation. Deux options. Une primaire dite « ouverte », c'est-à-dire qu'il faudrait payer 2 euros mais ne pas avoir à prouver qu'on est adhérent du parti pour choisir.

Et puis, l'autre forme de choix, ce serait une primaire dite « fermée », les adhérents socialistes et places publiques en ajout de cotisation qui décideraient. J'ai bon ?

6:00
Olivier Faure

Tout bon.

6:00
Présentateur

Et vous, vous êtes pour la solution 1 ?

6:03
Olivier Faure

Je suis pour ouvrir les portes et les fenêtres. Je suis pour que dans un moment que vous venez de décrire, qui est un moment où nous ne sommes pas les favoris de cette compétition.

6:12
Présentateur

Oui, c'est le moins qu'on puisse dire, mais je vous trouve très lucide.

6:15
Olivier Faure

Mais il faut l'être. Mais donc, à un moment où on sait que ce combat sera extrêmement difficile, ce n'est pas le moment du repli sur soi. C'est le moment, au contraire, où on doit ouvrir les portes et les fenêtres et créer un élan populaire, créer une dynamique. Faire en sorte qu'il y ait des centaines de milliers, peut-être même des millions de personnes qui viennent ajouter leur force au nôtre et qui viennent donner une légitimité à un candidat.

6:35
Présentateur

C'est le modèle de la primaire 2012.

6:38
Olivier Faure

C'est le modèle de la primaire 2012 qui avait permis la victoire de François Hollande. Et donc, il faut trouver un moment, un moyen, comme on dit en bon français, on dirait un game changer, un moment qui permette de dire que quelque chose se passe dans cet espace politique-là et que nous sommes en train de prendre la mesure de ce qu'est une élection présidentielle. Quand vous dites ouvrir toutes les portes... On n'est pas nommé président de la République, on est forcément élu. Mais Olivier Farf, vous dites... Il faut prendre les ailes une après l'autre.

7:02
Présentateur

Donc là, c'est la première, aujourd'hui, en quelque sorte, cette aile-là, ensuite il y aura la haie de la primaire et puis ensuite il y aura la campagne. Mais quand vous dites ouvrir grand les portes et les fenêtres, ça veut dire du coup, c'est-à-dire que vous imaginez que ceux qui viendraient et qui paieraient 2 euros, ça veut dire que n'importe qui pourrait voter. Et en même temps, vous dites la gauche, or, elle est fille. Je n'ai pas tout à fait compris. Vous ouvrez, mais pas non plus grand, grand, quoi.

7:23
Olivier Faure

Non, ça veut dire que toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette gauche-là pourront venir voter, moyennant la somme modique de 2 euros. Donc, pas de barrage à l'entrée, pas de vote censitaire. On ne demande pas aux gens de venir payer 20, 30, 40, 50 euros, comme c'est le cas pour les militants. Et donc, on est dans une situation où on dit à tous, venez choisir votre candidat et venez ensuite le supporter.

7:48
Présentateur

Quand on vous dit de vote censitaire, c'est parce que pour être adhérent, pour avoir sa carte à jour, il faut effectivement payer sa cotisation. Et ça peut aller jusqu'à 40 euros. Non, c'est quoi ? C'est 15, 20.

7:59
Olivier Faure

Mais non, c'est bien plus que ça. Vous ne vous rendez pas compte ?

8:00
Présentateur

Moi, je ne suis adhérente d'aucun parti, donc je ne sais pas.

8:03
Olivier Faure

Je vous donne ma cotisation à moi, c'est 6 500 euros.

8:06
Présentateur

Ah oui ? C'est parce que vous êtes député. Parce que je suis député. Oui, voilà, tout le monde n'est pas député. J'espère que vous n'avez pas que des militants députés, sinon ça ne vous en ferait pas beaucoup quand même.

8:13
Olivier Faure

Ça ne ferait pas beaucoup, effectivement. Mais la cotisation de base, elle est à 60 euros normalement. Donc, avec des cotisations sociales, avec la possibilité pour ceux qui ont des difficultés sur leur revenu, de payer moins cher. Mais enfin, la réalité, c'est quand même que c'est une cotisation qui est élevée. Et donc, moi, je souhaite qu'y compris pour que les classes populaires puissent venir participer à ce scrutin, qu'elles puissent dire, voilà, moi, entre X et Y, je choisis X ou Y. Eh bien, je souhaite que tout le monde puisse venir et que tout le monde puisse donner un élan à ce candidat.

Donner une légitimité très puissante, très forte, qui permette de dire qu'il y a à un moment quelque chose qui se passe et faire en sorte que ce candidat ou cette candidate soit en mesure derrière de prendre son élan. Regardez ce qui s'est passé avec toutes les primaires, qu'elles aient eu lieu à droite ou à gauche. Ça a toujours donné un élan aux candidats. Ça a été le cas pour François Hollande, ça a été le cas pour Benoît, mais ça a été le cas pour Valéry-Pécresse. Vos opposants, au sein du Parti Socialiste,

9:01
Présentateur

vous diraient qu'ils sont aussi pour une primaire. Simplement, c'est primaire ou primaire. C'est-à-dire primaire ouverte ou primaire fermée. Mais de toute façon, il y aura une primaire.

9:08
Olivier Faure

Bien sûr, il y aura de toute façon une primaire. Mais là, ça n'est pas la même chose de faire un huis clos entre militants socialistes et places publiques, même si, évidemment, j'ai le plus profond respect pour les uns et pour les autres. Je suis premier secrétaire, donc ce n'est pas moi qui vais cracher sur mes propres militants. Mais ce que je dis simplement, c'est qu'aujourd'hui, nos militants, qu'est-ce qu'ils souhaitent ? Ils souhaitent, en réalité, aller vers la victoire.

Et pour aller vers la victoire, il faut éviter de donner le sentiment d'être dans l'entre-soi, d'être fenêtre et porte fermée, mais au contraire, de s'ouvrir au maximum et de dire, écoutez, venez avec nous, venez donner de la force à celui ou celle qui sera le candidat à la présidentielle.

9:46
Présentateur

Qu'est-ce que vous ferez ce soir ? Vous serez premier secrétaire du Parti Socialiste, encore ce soir, quel que soit le résultat ?

9:53
Olivier Faure

Je ne comprends pas très bien votre question, pour tout vous dire.

9:56
Présentateur

Ma question, c'est que vous aviez un choix. Votre choix, à vous, c'est l'option 1. Si c'est l'option 2 qui l'emporte, est-ce que vous partirez ?

10:04
Olivier Faure

Vous l'avez dit vous-même, il y aura une première dans tous les cas de figure. Moi, ce que j'ai ouvert comme choix, c'est le fait qu'on puisse avoir deux solutions. Je suis un démocrate, donc j'ai dit, puisque nous ne sommes pas exactement d'accord...

10:13
Présentateur

Donc même si vous êtes désavoué, vous restez ?

10:15
Olivier Faure

Mais il n'y a pas de question de désavoué ou pas désavoué. Ce n'est pas un référendum pour ou contre moi. C'est ce soir un choix stratégique. Est-ce que nous considérons que nous sommes très bien entre nous et que ça suffit ? Ou est-ce qu'au contraire, on souhaite s'élargir, faire en sorte que le plus grand nombre ait le sentiment que ce candidat est le candidat qu'ils ont choisi ?

Moi, c'est la version que je défends, parce que je crois qu'à un moment, dans une campagne où vous avez une extrême droite qui est en majesté, où vous avez des concurrents à droite comme à gauche qui sont déjà sur le pied de guerre et qui ont déjà marqué leur territoire, si vous voulez arriver à reprendre le terrain, ça suppose d'avancer.

10:53
Présentateur

D'ailleurs, sur cette question du calendrier, les autres sont déjà partis en campagne, enfin une partie en tout cas. Ce serait quand cette fameuse primaire ? Option 1 ou option 2 ?

11:03
Olivier Faure

Ce serait fin septembre, début octobre.

11:04
Présentateur

Ce n'est pas un peu tard ?

11:05
Olivier Faure

Un peu tard ? Les uns et les autres sont déjà partis. Toutes les primaires qui ont eu lieu précédemment. C'était toujours à l'automne ? Toujours à l'automne, parfois même beaucoup plus tard. Et la réalité, c'est que méfiez-vous aussi des sondages. Vous avez, et ce n'est pas un reproche que vous faites à vous uniquement, mais c'est un reproche qu'on peut faire au monde politique comme au monde médiatique. Tous les ans, avant chaque présidentielle, c'est pareil. On commente les sondages et on dit « Oh là là ! » La réalité, c'est que si les sondages avaient vu juste un an à l'avant, ça se saurait. Depuis 1974, ils se sont quasiment toujours trompés.

11:37
Présentateur

On se souvient de François Hollande, le fameux monsieur 3%.

11:39
Olivier Faure

On se souvient de François Hollande, mais on pourrait aussi dire que, normalement, Alain Juppé, Édouard Balladur, Raymond Barr, même peut-être Éric Zemmour, tous ces gens-là ont été un jour promis à l'élection présidentielle par les sondages. Et la réalité, c'est qu'ils n'étaient même pas au second tour la plupart du temps.

11:55
Présentateur

Vous serez candidat ?

11:56
Olivier Faure

Vous verrez.

11:58
Présentateur

Vous serez candidat ?

11:59
Olivier Faure

Mais je n'ai pas... Moi, je cherche depuis des mois...

12:02
Présentateur

Vous ne serez pas candidat ?

12:04
Olivier Faure

Je n'ai rien dit. J'ai dit simplement que ça fait des mois que je cherche surtout à tenir un rôle exigeant qui est celui d'un premier secrétaire.

12:10
Présentateur

Mais vous cherchez aussi... Vous ménagez la possibilité de l'être.

12:14
Olivier Faure

Je suis premier secrétaire. Il ne serait pas illégitime que je le sois. Je n'ai pas pris... Je n'ai pas dit que j'avais pris ma décision. Mais ce que je dis...

12:21
Présentateur

Mais vous n'avez pas décidé de ne pas l'être ?

12:22
Olivier Faure

Ce que je dis, c'est que ça fait des mois que je cherche à concilier des points de vue qui sont parfois très divergents. Pour quoi faire ? Pour arriver à rassembler la gauche que j'ai dite...

12:33
Présentateur

Mais vous n'arrivez même pas... Olivier Faure, mais à un moment, il faut quand même regarder les chiffres. Vous n'arrivez même pas à rassembler votre propre groupe de députés. Je disais qu'ils n'étaient déjà pas si nombreux, mais surtout, ils sont divisés. Ce qui s'est passé lundi, vous avez annoncé vous-même voter la motion de censure et vous l'avez en effet fait. Mais sur le groupe, sur le groupe, il y a 20 députés, dont vous, qui avez voté la censure, sur 68. Vous êtes en minorité dans votre propre groupe.

13:00
Olivier Faure

Il peut arriver qu'on soit en avance de phase. Moi, on a eu un débat qui a été un débat curieux. Enfin, je ne vais pas ici le qualifier davantage. Et effectivement, j'ai fait un choix. Pourquoi j'ai fait ce choix ? Parce que je ne veux pas donner qui tue au gouvernement. Vous avez vu encore ce matin les images qui sont produites dans la Drôme, avec l'absence de Canadair, l'absence de moyens qui sont là pour lutter contre les incendies qui sont directement liés à la canicule. J'ai tout à l'heure écouté Cécile Duflo à votre micro qui expliquait qu'on était dans une époque où on commençait même à avoir des réfugiés climatiques.

Je ne voulais pas donner qui tue ce gouvernement de son action sur le climat. Alors, à un moment où, au contraire, il réduit les budgets qui sont destinés à limiter le réchauffement climatique et la résilience climatique.

13:49
Présentateur

Mais ce n'a pas été votre seul argument.

13:51
Olivier Faure

Le deuxième argument que j'ai évoqué devant mon groupe, c'est de dire rendez-vous compte que le lendemain de ce vote, il y aura un vote qui sera proposé par le gouvernement sur l'adoption d'une loi qui crée une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. C'est-à-dire une inversion totale de la charge de la preuve et une blessure dans l'état de droit et j'étais fasciné de voir que la droite et l'extrême droite main dans la main ont voté cette proposition.

J'ai été avec beaucoup d'autres au Panthéon il y a quelques mois au moment où le président de la République a honoré Robert Banater mais ce soir-là Robert Banater il n'était pas à l'honneur et c'est l'extrême droite qui était déjà majoritaire.

14:34
Présentateur

Vous parleriez d'un permis de tuer ?

14:37
Olivier Faure

Je n'irai pas jusqu'à parler de permis de tuer parce que...

14:39
Présentateur

C'est un des arguments et ce sont des cris qui ont été entendus depuis les rangs de la gauche dans l'hémicycle. Vous ne dites pas vous permis de tuer ? Vous ne dites pas que c'est un permis de tuer ?

14:48
Olivier Faure

Non, la réalité c'est que heureusement les policiers ne sont pas tous à chercher à cibler des gens et à s'autoriser le meurtre de gens qu'ils considèrent comme des délinquants. Mais la réalité c'est quand même que c'est très grave. Pourquoi c'est très grave ? Parce qu'on présume le fait que quand un policier fait usage de son arme à feu et qu'il tue quelqu'un il était en état de victime défense. Ça n'est absolument pas toujours le cas. J'entends parfaitement ce que vous dites là-dessus

15:18
Présentateur

et sur l'écologie mais c'est un peu illisible et c'est d'ailleurs ce qu'a remarqué Jean-Luc Mélenchon qui a été assez au minimum ingrat sur le fait que vous votiez avec eux et avec Europe Écologie.

15:29
Olivier Faure

Il a très bien compris une chose parce que Jean-Luc Mélenchon ce jour-là qu'est-ce qu'il comprend ? Il comprend que lui il voulait pouvoir dire une chose simple il voulait pouvoir dire regardez les socialistes regardez ce qu'ils ont fait ils ne sont pas avec les écologistes petits écologistes venez à moi. Et donc dans ce discours-là il vient me taper dessus comme toujours parce qu'en réalité celui qui a le plus souvent subi les foudres de Jean-Luc Mélenchon c'est moi. C'est vous. Pourquoi ?

Parce que justement il considère que je le prive d'une part de son espace politique alors même que il serait très heureux d'avoir François Hollande face à lui parce qu'il considère que dans ces cas il pourrait élargir son spectre et moi je suis un homme de gauche et donc je me bats sur des sujets qui sont des sujets de gauche et ça le gêne parce qu'il voudrait s'approprier à lui seul la gauche. Vous n'avez pas tout à fait le monopole quand même

16:16
Présentateur

des critiques de Jean-Luc Mélenchon et pas non plus le monopole de la gauche. Bien sûr que non mais c'est pas ce que je dis. Mais face à lui effectivement vous avez entendu donc ces mots il dit Olivier Faure a trahi sa parole sa dignité la nupesse le nouveau front populaire tout et tout le monde pour devenir le candidat des centres il a refusé dix fois la censure pour sauver Macron et maintenant il met un maillot d'insoumis pour voter avec nous et les écolos la censure de Le Cornus ce n'est plus une girouette c'est un ventilateur c'est de saison mais Hollande n'aura pas de pitié.

16:50
Olivier Faure

Je viens de vous répondre je vous l'ai dit en fait il aurait tellement aimé que je ne vote pas cette censure tellement aimé pouvoir dire regardez les socialistes regardez comme ils sont ils donnent kit sur le gouvernement sur la question climatique et malheureusement ce discours-là il ne peut pas le tenir.

17:05
Présentateur

Le fait que il y ait parmi les rangs de la gauche non seulement les déclarés enfin les déclarés ceux qui espèrent pouvoir se déclarer comme Raphaël Glucksmann mais ceux aussi comme Bernard Cazeneuve comme François Hollande dont on sent qu'ils sont un peu tapis dans l'eau qu'ils se préparent voilà c'est l'expression en effet je sens une petite ironie de votre part

17:25
Olivier Faure

je... oui peut-être oui

17:29
Présentateur

je sens de ironie sans doute voilà s'ils sont candidats à cette fameuse primaire de la gauche ils choisiraient plutôt le scénario 2 ce dont je viens de parler

17:38
Olivier Faure

je crois qu'ils choisiraient d'attendre et que François Hollande ne veut se plier à aucun vote

17:45
Présentateur

ah il ne veut se plier à aucun vote

17:47
Olivier Faure

je crois avoir compris ça je crois qu'il l'a déjà dit publiquement ou en tout cas il y a des offres qui ont été craquées et donc je pense qu'il ne veut se soumettre à aucun vote

17:55
Présentateur

et Raphaël Glucksmann qui serait évidemment sans doute le favori d'une option 2 puisqu'il s'agirait comme électeur de cette fameuse primaire à la fois des adhérents socialistes mais aussi des adhérents place publique vous trouvez que c'est tout à fait juste ?

18:11
Olivier Faure

ce n'est pas l'option que je défends vous l'avez compris maintenant moi je me plierais à la décision que prennent les militants c'est vrai que le problème d'une primaire fermée c'est que c'est une primaire dont on peut soupçonner d'ores et déjà le résultat parce que le corps électoral détermine presque le résultat

18:27
Présentateur

comment vous définiriez votre gauche aujourd'hui ? j'ai l'impression qu'à chaque fois l'expression c'est gauche hors LFI ça fait un peu maigre d'être juste hors LFI

18:33
Olivier Faure

je ne sais pas ce que je dis je n'ai pas dit gauche hors LFI moi j'ai dit la gauche démocratique et écologique et je défends non pas vous m'interrogez sur LFI je vous réponds je suis là pour vous répondre mais la réalité c'est que je parle très peu de LFI ça n'est pas mon sujet le sujet c'est pas de savoir si on est contre X ou Y la question c'est de savoir qu'est-ce que nous nous portons

18:51
Présentateur

eux parlent beaucoup de vous on l'a vu notamment avec ce message de Jean-Luc Mélenchon

18:55
Olivier Faure

peut-être que parfois on les obsède mais moi ça ne m'obsède pas ce qui m'obsède ce sont les français la France son état la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui et c'est la seule boussole qui me guide

19:07
Présentateur

merci Olivier Faure d'avoir répondu à mes questions ce matin premier secrétaire du parti socialiste 8h48