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interviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre· 10 octobre 2024 19 min

Face aux experts du jeudi 10 octobre 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Manuel Bompard est donc notre invité ce matin, coordinateur de la France Insoumise, élu LFI dans les bouches d'Ironne. Monsieur Bompard, la partie politique, vraiment politique de ce nouveau gouvernement va débuter avec le budget, son examen à l'Assemblée Nationale. Je rappelle pour tout le monde que c'est pioche illimitée sur le 49-3, pour le budget c'est un domaine particulier, mais c'est sans doute le moment le plus politique. Quel est l'état d'esprit de LFI et du NFP au moment d'attaquer cet examen ?

0:21
Manuel Bompard

Combatif et n'acceptant pas les orientations qui sont proposées dans ce budget, qui de mon point de vue vont faire souffrir les Françaises et les Français et vont avoir un impact économique qui va être désastreux. Pour le dire en quelques mots, Michel Barnier, le budget qu'il va mettre sur la table ce soir, est un budget qui revient à couper 60 milliards d'euros, à faire 60 milliards d'euros d'économie, c'est 2% du PIB. Et à le faire avec un plan d'austérité le plus violent que le pays n'ait jamais connu. Juste 2% du PIB, c'est l'équivalent du plan d'austérité qui avait été imposé à la Grèce en 2010. Exactement.

La conséquence d'un plan d'austérité de cette violence, ça a été, dans les années suivantes pour la Grèce, 25% du PIB en moins. Donc je pense que ça va produire une récession économique et que c'est vraiment pas la bonne manière de s'attaquer au problème de l'augmentation des déficits publics.

1:14
Invité

Mais alors, il y a 40 milliards de réduction de dépense, mais il y a aussi 19 milliards, un peu plus de 19 milliards d'impôts. Est-ce que ça, finalement, c'est pas plus proche de vous que ne l'était le budget présenté l'année dernière par les macronistes ?

1:26
Manuel Bompard

Notamment sur les plus revenus. Oui, oui. Alors ce qui est certain, c'est qu'après nous avoir dit pendant des années et des années que les solutions que nous proposions étaient les plus mauvaises solutions, qu'il ne fallait certainement pas faire ça, je note avec satisfaction d'un certain point de vue qu'enfin, cette minorité, cette nouvelle coalition comprend qu'il n'y a pas d'autre solution que de mettre à contribution les grandes entreprises qui se sont fait beaucoup d'argent et les plus riches du pays qui ont tout à fait les moyens de contribuer à la solidarité nationale. Donc vous votez ça ? Non, attendez, attendez. Enfin, je vais vous répondre.

S'il y a des mesures qui permettent de mettre en place une taxe sur les super profits ou d'augmenter les impôts sur les 0,3% des plus riches, puisque c'est les chiffres qui sont avancés. Je ne vais pas m'opposer à ces mesures-là spécifiques. Mais il ne faut après pas raconter d'histoire aux gens. C'est l'arbre qui cache la forêt d'ensuite des mesures qui vont se traduire, par exemple, par le refus d'augmenter les retraites sur les 6 premiers mois de l'année 2024. En moyenne, c'est 150 euros en moins pour une pension moyenne. Je rappelle qu'il y a 2 millions de retraités. 1 400, c'est la médiane. Sur à peu près 1 400 euros de pension, c'est 150 euros qui vont être prélevés aux retraités.

Est-ce que vous seriez favorable ? Attendez, je vais répondre à votre question, mais je veux juste dire qu'il y a 2 millions de retraités en France qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et ils vont se faire enlever une partie de leur retraite. Je trouve ça scandaleux.

2:43
Invité

C'est ma question. Est-ce que vous seriez favorable à un système ? Vous prenez donc la médiane, on coupe l'ensemble en deux parts égales. On se dit, en dessous de 1 400, on n'y touche pas. C'est-à-dire qu'on indexe toute l'année. Et au-dessus, on fait un effort. Vous jouez ça ou pas ?

2:58
Manuel Bompard

Alors, attendez. Sur le principe, oui, je suis favorable à ça. Est-ce que l'outil, c'est le fait de dire, on va indexer les pensions sur l'inflation uniquement les petites pensions et pas les grandes ? Je pense que ce n'est pas le bon outil. Le bon outil pour organiser le partage des richesses entre les plus hauts revenus, que ce soit sous la forme de salaire ou que ce soit sous la forme de pension de retraite, et les plus bas, c'est la fiscalité. C'est l'impôt sur le revenu.

3:18
Invité

Oui, mais là, on a un outil qui est immédiatement disponible au 1er janvier. Est-ce qu'on s'en sert ?

3:22
Manuel Bompard

Non, mais attendez, l'outil d'impôt sur le revenu, il est immédiatement disponible au 1er janvier. Vous l'avez dit vous-même. Sans préjudice du reste. On peut faire les deux. Mais je ne pense pas que ce soit le bon outil pour organiser le partage de la richesse.

3:33
Invité

Donc, il faut épargner même les très hauts de retraite. Ben, il faut... Attendez, je ne dis pas qu'il faut les épargner. Ben, c'est ce que vous venez de me dire.

3:39
Manuel Bompard

Non, pardon, attendez. Précisons les choses si vous voulez bien. Il y a une mesure qui s'appelle la revalorisation automatique des pensions de retraite sur la base de l'inflation. Je ne suis pas pour toucher cette mesure. Maintenant, il y a une autre possibilité pour mettre à contribution, y compris les plus riches des retraités, ça s'appelle l'impôt sur le revenu. Et ça nécessite d'augmenter des tranches sur l'impôt sur le revenu pour que les plus hauts revenus, que ce soit sous la forme de pension de retraite ou que ce soit sous la forme de salaire, soient mis davantage à contribution. Donc, je ne suis pas pour ne pas les mettre davantage à contribution, mais pas par cet outil.

4:08
Invité

J'en reviens aux entreprises, à la fiscalité sur les entreprises. Quand on rentre dans le détail, là, sur la super taxe au-delà de l'IS, des 25% d'IS, ça va toucher les grands groupes. Mais on s'aperçoit aussi, quand on rentre dans le détail, et le diable est là, comme vous le savez, que ça va toucher les ETI françaises, qui ont cette particularité... Entreprises de taille intermédiaire. Oui, qui ont des boîtes qui font souvent un milliard d'euros de chiffre d'affaires, pas nécessairement très profitables, mais qui ont cette particularité d'avoir leur emploi en France, à la différence des grands groupes. Est-ce que là, il n'y a pas une mesure qui risque d'avoir de mauvais effets de bord ?

4:41
Manuel Bompard

Je ne le crois... Enfin, d'abord, je ne connais pas, à ce stade, je ne sais pas si vous le connaissez, le détail précis de cette mesure. C'est pourquoi je vous en parle. La piste qui avait été évoquée, c'était le fait de ramener le taux d'impôt sur les sociétés au niveau auquel il était, avant qu'Emmanuel Macron décide de le baisser, en le concentrant uniquement sur les grands groupes. Moi, il se trouve que j'étais défavorable au fait de baisser le taux d'impôt sur les sociétés, sur les grands groupes. Donc, je ne vais pas vous dire que je suis contre le fait de le remettre au niveau auquel il était.

C'est juste que je trouve qu'il y a quelque chose de pas sérieux à faire une politique en 2017, et à faire l'inverse sept ans plus tard. Je trouve que là, il y a une forme de contradiction. Je ne crois pas qu'il y ait d'effet de bord si vous concentrez votre mesure sur les grands groupes qui réalisent plus d'un million d'euros de chiffre mondiaire.

5:22
Invité

Un milliard ou trois milliards.

5:23
Présentateur

Oui, c'est des milliards à ce niveau. Autre question qui concerne ce gouvernement, M. Bompard, c'est Bruno Retailleau, dans les colonnes du Parisien ce matin. Il précise encore un peu plus sa pensée et veut durcir le discours. Bon, déjà, il reprend la parole et ensuite, il explique un certain nombre de pistes qu'il souhaite et d'arbitrage qu'il souhaite obtenir, notamment sur la question de l'immigration, supprimer la circulaire valse, faire appel à des pays tiers pour participer à la régulation du flux d'immigration. Comment est-ce que vous regardez ces propositions ?

5:47
Manuel Bompard

D'abord, je trouve que depuis l'installation de ce gouvernement, il y a quand même une question qui se pose, c'est de savoir si le Premier ministre, c'est M. Retailleau ou M. Barnier. Parce que M. Barnier tient un discours de politique générale dans lequel les mesures que vous êtes en train d'évoquer ne sont pas évoquées. Et M. Retailleau, une semaine plus tard, vient avancer d'autres mesures. Dans les annonces de M. Retailleau ce matin, que j'ai eu le temps rapidement de consulter, il y a des choses avec lesquelles je suis en radical désaccord, que les choses soient très claires.

Je pense par exemple que le fait de s'en prendre et de s'attaquer à l'aide médicale d'État, c'est une mesure qui est absurde, inefficace d'un point de vue économique. Toutes les expériences précédentes, y compris dans d'autres pays d'Europe où cette mesure a été mise en place, se sont traduites par un échec. Pour une raison très simple que les gens doivent comprendre, c'est que si vous ne soignez pas une pathologie immédiatement, elle s'aggrave, elle se traduit par un engorgement des services d'urgence, et y compris d'un point de vue financier. C'est pas de la contagion. D'un point de vue, en plus, il y a la contagion. C'est surtout ça l'argument.

Les deux, la contagion et le fait qu'ensuite vous allez devoir soigner une pathologie quand elle s'est aggravée, est-ce que ça va coûter plus cher ? D'ailleurs, je ne suis pas le seul à le dire. Vous avez peut-être vu qu'il y a une tribune qui a été signée, je crois, par six anciens ministres de la Santé, qui ne sont pas tous des insoumis. Je crois qu'il n'y en a aucun qui est insoumis, d'ailleurs, dans les listes, et qui tous disent que ce serait une mesure absurde. De la même manière, le fait de remettre en cause des mesures de régularisation des travailleurs sans papier, je pense que c'est une grave bêtise.

Les travailleurs sans papier, ils contribuent à la solidarité nationale, ils payent des cotisations, il faut les régulariser, on en a besoin.

7:11
Présentateur

Monsieur Bompard, dans quelques instants, parce que vous êtes aussi élu marseillais, nous reviendrons ensemble sur ce qui se passe à Marseille. des mineurs et de plus en plus jeunes, 14 ans, utilisés par des donneurs d'ordre pour abattre des concurrents. Et puis cette vidéo qui a un peu scotché tout le monde, de la DZ mafia, en tout cas, prétendument, cette mafia marseillaise qui se met en scène, cagoulée, face aux caméras. Reste avec nous et à tout de suite.

7:38
Invité

T'as vu toutes ces factures, il faut vraiment qu'on fasse des travaux de rénovation, non ? C'est pas trop le moment, là. Bah, t'as d'autres idées ? On a qu'à se lever à l'eau froide.

7:45
Locuteur

Allez, au moins !

7:47
Invité

J'ai mieux, on se chauffe avec du bétail. On t'en fait une tête. C'est mon père. Il faut qu'on chauffe avec des vaches. Avec le prêt Rénovénergie de Caisse d'épargne, faites vos travaux maintenant et commencez à rembourser dans trois mois. Caisse d'épargne, vous êtes utile. Moi, je suis fan des vieux westerns avec attaque de diligence et tout. Mais bon, là, faut que je me mette à la page, hein. Parce qu'on vient de me voler ma voiture avec juste une télécommande. Ah, j'aime pas. Ce que vous allez aimer, c'est qu'avec Maïf, votre véhicule volé est couvert, même sans trace des fractions visibles. Maïf, assureur militant. Born to share.

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10:35
Présentateur

8h41, Manuel Bompard est notre invité ce matin. Alors M. Bompard, vous êtes élu des Bouges-du-Rhône de Marseille. Il y a cette vidéo qu'on va peut-être pouvoir remontrer à nos téléspectateurs de personnes cagoulées qui se mettent en scène avec écrit DZ Mafia qui est le nom d'un des gangs marseillais dans le narcotrafic et qui tient à se mettre à distance des assassinats commandités et effectués ou prétendument effectués par des mineurs de 14 ou 15 ans. Il y a eu le plan Marseille en grand pour essayer d'aider la ville fosséenne. Est-ce que vous, qui êtes élu local, vous dites que ça ne suffit pas, que ça n'est pas efficace et comment on fait pour arrêter cela ?

11:07
Manuel Bompard

Écoutez, moi, ça fait depuis malheureusement des années que Marseille paye un très lourd tribut de ces batailles entre des gangs, des narcotrafiquants, avec quasiment chaque mois des morts dans la rue. Il y en a dans ma circonscription. Et ça fait depuis plusieurs années qu'on tire la sonnette d'alarme en disant les solutions qui sont mises en place, les opérations de communication qui sont effectuées, parce que vous avez parlé du plan Marseille en grand, mais on a eu aussi les opérations place net XXL, vous vous en rappelez, qui devaient, soi-disant, tout régler. À chaque fois, on me disait attendez, arrêtez avec ces formes de communication parce qu'elles ne règlent rien.

Vous savez, moi, dans ma circonscription et de manière générale dans les quartiers populaires de Marseille en particulier, on me dit quoi ? On me dit, il y a des opérations de communication, le ministre vient avec des CRS et des caméras ce jour-là, mais sauf que quand le ministre est parti avec les caméras et les CRS, le lendemain, les points de deal reviennent. Donc je pense que la solution n'est pas la bonne. Je pense que ce qu'il faut faire, très concrètement, c'est concentrer les moyens financiers qu'on met et qu'on accorde à la police, à la police judiciaire.

Les moments où on a eu des résultats, c'est quand on a été en capacité de démanteler des réseaux, c'est-à-dire de les remonter, de remonter les filières, de s'attaquer à la question du trafic des armes, à la question du trafic de la drogue. Je vous donne un exemple. Bruno Le Maire, je n'ai pas l'habitude de le citer, avait dit au début de l'année, il faut qu'on modifie la loi pour pouvoir geler les avoirs des grands trafics, par exemple. Rien n'a été fait depuis que cette annonce a été faite. C'est difficile juridiquement, mais... Non, il suffisait d'une loi. Pourquoi on n'a pas été en capacité de la mettre de manière prioritaire ? Je vous donne un deuxième...

Qui aurait été transpartisane, pour le coup. Bien évidemment. Parce qu'il faut... J'essaie juste de dire qu'à mon avis, la logique qui consiste à essayer de s'attaquer au bas du panier n'est pas la bonne. La bonne logique, c'est d'essayer de remonter les filières. Pourquoi ? Parce que c'est terrible ce que je vais dire. Mais vous allez avoir des enfants de 14 ans, 15 ans, 16 ans qui vont mourir parce qu'ils ont été utilisés par des réseaux, mais qui sont immédiatement remplacés par d'autres. Donc si vous voulez vraiment apporter une réponse à cette difficulté, il faut doubler les effectifs de la police judiciaire. Voilà moi ce que je crois.

Par exemple, j'ai vu qu'en Seine-Saint-Denis, chaque officier de police judiciaire a sur sa table à peu près, je crois, ses 200 dossiers. Tout le monde dit que pour travailler sérieusement, il en faut 50. Voilà. Parce que vous ne pouvez pas travailler sérieusement. il faut remonter, c'est un travail d'enquête, un travail de renseignement. Donc il faut concentrer les moyens financiers sur la police judiciaire. Voilà ce qu'il faut faire.

13:28
Invité

Il faut redéployer, il ne faut pas des nouvelles embauches dans la police.

13:31
Manuel Bompard

Ah bah si, il faut de manière générale davantage de moyens pour la police. Ça me paraît être une certitude. D'accord. Mais je ne vais pas répondre uniquement en vous disant il faut plus de moyens parce que sinon c'est une réponse à mon avis qui est une réponse démagogique. Je dis qu'il faut les mettre à cet endroit. De la même manière, il y a des effectifs de douanes qui ont été supprimés. bien de quelque part. Vous savez qu'en France, il y a un conteneur sur 5 000 en moyenne qui est ouvert au port de Marseille. Bon bah qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut remettre des effectifs de douanes pour renforcer les contrôles. Un sur 1 000 à Amsterdam.

14:04
Présentateur

8h45, l'activité à l'étranger aussi et qui nous concerne puisque Woldimir Zelensky vient à Paris.

14:09
Invité

Vous êtes membre de la commission des affaires étrangères ? De la défense. De la défense. Et justement, Emmanuel Macron est allé hier dans le Grand Est pour aller regarder comment se préparait la première brigade ukrainienne entièrement formée en France avec du matériel français pour aller rejoindre le front d'ici la fin de l'année. L'accord de sécurité entre la France et l'Ukraine qui avait été mis au vote à l'Assemblée nationale, vous aviez voté contre. Oui, on ne l'avait pas voté. Vos camarades socialistes et écologistes avaient voté pour. Vous en êtes tous dans votre réflexion sur ce qu'il faut faire aujourd'hui pour aider l'Ukraine ?

14:41
Manuel Bompard

Non. Alors d'abord, on a voté contre cet accord de sécurité. Pour autant, on ne s'est pas opposé au fait que la France apporte son soutien à l'Ukraine qui a été victime d'une attaque, d'une violation du droit international qui était tout à fait inacceptable. Ce que je regrette et peut-être que ça peut être l'objet de notre débat, c'est que où sont les perspectives ? Quelle est la stratégie à long terme ? Quelle est la manière et qu'est-ce que fait la France pour essayer de créer les conditions du retour de la paix ? J'ai l'impression qu'on ne parle plus de cette question.

Et ce que nous avions déploré au moment de la discussion à l'Assemblée nationale sur cet accord de sécurité, c'est précisément ça. C'est qu'il n'y avait aucune perspective stratégique. C'est quoi la perspective ? C'est de laisser la guerre pendant des années et des années en disant que c'est aux Ukrainiens de le définir eux-mêmes et en priorité ? Bien évidemment qu'en dernier ressort, pour obtenir les conditions d'un accord de paix, il faut que l'ensemble des belligérants en soient d'accord et donc en particulier les Ukrainiens puisque ce sont la nation agressée. Mais vous savez très bien ou alors on renonce à jouer toute forme d'action diplomatique.

Moi je crois que la France devrait être à l'initiative de pourparler de paix, prendre des mesures pour essayer de créer les conditions d'un accord de paix pour que la guerre s'arrête le plus rapidement possible. Et vous savez que ces conditions en vérité elles sont sur la table. Ce n'est pas très difficile de les obtenir. C'est des garanties de sécurité pour l'Ukraine, c'est clair. C'est des garanties aussi de sécurité mutuelle. Je sais que ça fait crier certaines personnes quand je dis ça.

16:03
Invité

Mais pas collective, pas l'OTAN.

16:05
Manuel Bompard

Ah, moi je pense que ça ne passe pas par l'OTAN personnellement parce que je pense précisément que si vous voulez créer des garanties de sécurité mutuelle, c'est-à-dire pour chacun des pays, je ne pense pas que ce soit en élargissant l'OTAN jusqu'aux frontières de la Russie que vous allez y parvenir. C'est l'intégrité territoriale de l'Ukraine, c'est une évidence. Voilà, il faut poser sur la table... Les frontières de départ. Il faut que les Russes rendent ce qu'ils ont pris. Le point de départ de la discussion ça doit être ça. Ensuite, M. Zelensky lui-même, excusez-moi, vous dites c'est à l'Ukraine de définir, M.

Zelensky lui-même a déjà dit que sur les territoires qui sont les territoires disputés, il était prêt lui-même à des formes de consultation populaire. Par exemple, ça peut être une manière d'apporter une réponse et de créer les conditions d'un accord de paix. Je regrette, en fait, on ne parle plus de cette question uniquement que par qu'est-ce que fait la France pour aider l'Ukraine ? Très bien, mais moi je pose la question de qu'est-ce que fait la France pour obtenir la paix ? Je pense que ça devrait être ça, notre priorité et je trouve que ce sujet

16:55
Présentateur

n'existe pas. Deux petits mots rapides, M. Bompard, s'il vous plaît. Hugo Prévost, qui est élu, la France insoumise, a démissionné. Il est soupçonné d'agression sexuelle et d'effets a priori graves dont on n'a pas le détail par ailleurs. Votre parti réagit très très rapidement. Ça veut dire que vous allez devoir donc nommer quelqu'un pour une partielle qui va se dérouler en un idée du délai ?

17:17
Manuel Bompard

D'abord dire que le groupe parlementaire de la France insoumise, dès qu'il a eu connaissance de ces informations, a pris une décision très forte qui est de l'exclure de notre groupe parlementaire et qu'ensuite, effectivement, dans la foulée, il a choisi de démissionner. Donc ça veut dire qu'il va y avoir une nouvelle élection partielle dans cette circonscription. La loi est très claire sur le fait qu'à partir du moment où la démission est effective, il y a trois mois pour organiser cette partielle.

Ça ne dépend pas de moi à la date de cette partielle mais bien évidemment, il y aura un candidat du nouveau Front populaire, je le souhaite, investi par la France insoumise puisque c'était la règle de notre accord dans cette circonscription.

17:52
Présentateur

Un tout dernier mot, peut-être plus anecdotique mais vous nous direz, le Paris Football Club, autre club de la capitale, va être racheté par la famille Arnaud, une des plus grandes fortunes françaises avec un petit bout racheté par Red Bull qui est en groupe d'origine asiatique mais qui a des antennes un peu partout dans le monde. Est-ce que vous saluez le fait qu'une famille française investisse dans un produit qui était pour l'instant en partie détenu par des capitaux étrangers mais du golf ?

18:16
Manuel Bompard

Alors, honnêtement, je n'avais pas connaissance de cette information donc je vous donne juste un avis comme ça, personnel, mais moi, mon club, mon mode préféré de propriété... Oui, d'abord et puis après, le modèle de propriété des clubs qui m'intéresse, c'est plus le modèle des sociaux dans lesquels ce sont les supports qui sont propriétaires de leur club, je trouve que c'est un modèle plus intéressant. Après, je n'ai pas de commentaire particulier à faire. Vous savez qu'en Espagne,

18:40
Invité

c'est un peu du pipeau les sociaux, en fait, ils votent mais ça s'arrête là.

18:44
Manuel Bompard

Attendez, la propriété collective du club, par contre...

18:46
Invité

Ah quoi ? Moi, je vous dis que c'est un modèle que j'aime bien. C'est du bricolage. Non, il y a des coopératives de production, ça oui, mais dans le domaine du football, vous savez très bien. On s'arrête là. C'est du make-up tout ça. Non, je ne le crois pas. Moi, je crois que c'est un modèle qu'il faudrait développer.

19:00
Présentateur

Merci beaucoup, M. Bompard, d'avoir été avec nous ce matin en direct sur LCI.