Conférence de Albert Maillet - Ex-responsable des forets et risques à l'ONF
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 82 %Attaque 5 %Défensif 13 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:19OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui explique l'ampleur des feux de forêt ces dernières années ?
- 10:22OuverteRéponse directe
Quelle leçon l'ONF tire de ces années de feu répétitif et quel changement dans sa stratégie ?
- 21:54OuverteRéponse directe
Est-ce que du côté des propriétaires privés, vous avez senti une prise de conscience plus urgente suite aux incendies ?
- 26:14OuverteRéponse directe
Quels sont les facteurs de fragilisation de la fonction de puits de carbone de la forêt ?
- 43:43OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a des choses faites pour envisager une restauration des zones humides dans les Landes ?
- 52:27OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il faut faire d'une forêt pour qu'elle brûle moins ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:04Chiffre
« Cet été, la France a été touchée par des incendies historiques avec presque 100 millions d'hectares brûlés depuis le début de l'année 2026. »
- 3:48Chiffre
« Météo France nous dit premièrement, ça a été l'été le plus chaud depuis 1900. »
- 3:48Chiffre
« On est à de l'ordre de + 4°gr par rapport aux moyennes de référence historique longue et on est à + 1 entre + 1 et + 2°gr par rapport aux références de 2003 et 2022. »
Temps de parole
- ?100 %
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Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue à cette nouvelle conférence de la tribune des PS etchaussées organisée en partenariat avec le forum étudiant pour un avenir durable. Nous avons le plaisir d'accueillir ce soir Albert Maillet, ingénieur général des ponts des eaux et des forêts, qui a consacré une grande partie de sa carrière à la gestion forestière et à la prévention des risques naturels. Il a notamment été à la tête de la direction forêt et risque naturel de l'ONF, l'Office national des forêts entre 2012 et 2024 avant de devenir conseiller auprès de la direction générale.
Son parcours en fait un témoin et un acteur clé de l'adaptation des écosystèmes forestiers au dérèglement climatique. Ce soir, nous aborderons avec lui trois défis majeurs et indissociables. L'intensification des mégafeux, l'avenir de nos puits de carbone et la transformation de la filière bois. Face à des sécheresses répétées et des régimes d'incendie inédits, plusieurs questions s'imposent. Comment penser la gestion du combustible et la prévention face au feu extrême ? Jusque où nos forêts peuvent-elles continuer à jouer leur rôle de puit de carbone face au dépérissement ?
Et comment arbitrer entre la préservation des ressources et l'apprévisionnement d'une industrie appelée à décarboner notre notre économie ? Excusez-moi. L'expérience d'Albert Maillet nous permettra de confronter réalité terrain, contrat écologique et impératif économique. Nous le remercions chaleureusement d'avoir accepté l'invitation de la tribune ainsi que toutes les personnes mobilisées pour organiser cet événement. Sans sans plus attendre, je laisse la parole à la parfaite Safia et l'excellent Thiago. Excellente conférence à toutes et à tous. [grognement] Albert Mailler, bonsoir. Merci beaucoup d'être présent avec nous ici ce soir pour cette conférence.
Donc on va rentrer un peu tout de suite dans le vif du sujet. Cet été, la France a été touchée par des incendies historiques avec presque 100 millions d'hectares brûlés depuis le début de l'année 2026. C'est un nouveau record enregistré en France qui dépasse celui de 1976 euh où 88000 hectares avait brûlé. Euh qu'est-ce qui l'année 2022 avait été aussi traumatisante avec près de 60000 hectares qui avaient été brûlés ? Qu'est-ce qui explique l'ampleur des feux de forêt ces dernières années ?
Alors, si on regarde le l'année 2026, bah le facteur évident, le premier facteur, c'est le c'est le l'accélération du changement climatique puisque si on regarde les chiffres qui sont donnés par Méofrance euh au sujet l'été 2026, euh qu'est-ce que nous dit Météo France ? Météo France nous dit premièrement, ça a été l'été le plus chaud depuis 1900. On pensait que 2003 qui était un été très chaud était exceptionnel, que 2022 qui avait été chaud était exceptionnel. Bon, 2026 euh écrase complètement ces références historiques puisqu'on est à de l'ordre de + 4°gr par rapport aux moyennes de référence historique longue et on est à + 1 entre + 1 et + 2°gr.
par rapport aux références de 2003 et 2022 qui était pourtant considéré comme déjà haute. Donc premièrement euh l'été le plus chaud depuis 1900. Euh deuxièmement, l'été le plus caniculaire puisqu'on a 53 jours de canicule réparti en trois périodes. Le précédent record c'était 2003, c'était 33 jours. Donc vous voyez que le là aussi le le saut est le saut est important. Euh troisièmement euh l'été le 2e été, il y a eu pire mais c'est quand même le deuxè en en classement. Euh l'été le plus sec donc en 2è rang euh avec un déficit ploélectrique de 40 %. Euh quatrièmement, l'été le plus ensoleillé. Alors ça ça peut faire plaisir aux touristes.
Plus 22 % par rapport au par rapport au moyen de référence. Donc si vous mettez tout ça bout à bout, évidemment vous cochez toutes les cases pour que les conditions pour avoir des feux très importants soient réunis. D'autant que condition météo pour avoir des feux très importants sur réunis d'autant que l'autre élément qui joue alors qui est pas uniquement spécifique à 2026 mais qui est qui est caractéristique des quelques années qui ont précédé depuis 2000 depuis 2022 justement euh c'est que la biomasse donc ce qui constitue le combustible cette biomasse a évolué dans un sens qui la rend beaucoup plus dangereuse. Pourquoi ?
D'une part, parce que avec les facteurs climatiques, elle est plus sèche et cetera, mais surtout parce que et on en parlera sans doute plus tard sur la question d'adaptation des forts au changement climatiques, c'est que face au changement climatique, les forêts dépérissent voire meurent. Euh sur l'aspect d'épérissement, si on compare les surfaces dépérissantes forestières en France hexagonal, en 2017, on était à 200000 hectares à peu près. Aujourd'hui, on est à 1 million d'hctares. 2017 aujourd'hui, donc on a multiplié par 5 les surfaces dépérissantes qui sont pas forcément mortes mais qui sont dépérissantes. Et si on regarde la mortalité, comment évolue la mortalité ?
Ça c'est un inventaire forestier national. qui nous donne cette information. [raclement de gorge] On voit que la mortalité, elle a augmenté euh elle a augmenté fortement là aussi ces ces dernières années, elle a été multipliée par 2, 245. Or, des forêts qui sont stressées ou des forêts pires qui sont mortes, c'est ce donne des combustibles extrêmement euh extrêmement favorables au feu [toux] par rapport à la biomasse qui serait vivante et et moins moins moins dégradé par par le climat. Donc des facteurs climatiques très défavorables. On coche toutes les cases. Euh une biomasse qui est beaucoup plus défavorable, on coche aussi beaucoup de cases.
Et puis un troisème élément qui est que comme on est on est rentré dans une année où euh les phases de canicule sont très importantes, la caractéristique la caractéristique de la phase de canicule, c'est que vous n'avez vous avez très peu de refroidissement nocturne euh ou de rafraîchissement nocturne. On refroidit pas mais on rafraîchit.
Euh or, il se trouve que et là je je suis plutôt sur dans le domaine de la lutte contre les incendies, il se trouve que très souvent les services d'incend de secours reprenaient la main quand ils avaient des incendies qui se développaient fortement reprenaient la main et le contrôle s'incendie pendant la nuit justement parce que ou à la sortie de la nuit justement parce que le le passage de la nuit avait cet effet dépressif sur la dynamique du feu. Sauf que quand vous êtes en canicule, quand cet effet dépressif climatique de nocturne n'existe plus ou en tout cas est fortement réduit, ben vous avez plus aucun aucun frein au système.
Et donc ça donne lieu un emballement finalement, un développement de des feux en continu jour comme nuit. Ce qui fait qu'au bout d'un moment, vous arrivez à des niveaux de surface qu'on avait jamais connu en France et vous vous débarquez dans dans ce qu'on appelle les mégafeux. Al les mégafeux, c'est pas uniquement un feu de grande surface, c'est un feu dans lequel la dynamique du feu est telle que le feu commence à générer lui-même des conditions climatiques microclimatiques, environnementales qui ont rien à voir, enfin qui ont rien à voir, qui sont autonomes par rapport à aux conditions climatiques de base. C'est ce qu'on appelle par exemple les pyrocumulonus.
Et donc là, vous avez un une nouvelle forme de feu qui se met en place contre laquelle est beaucoup plus difficile de lutter. On connaissait ça aux États-Unis, au Canada, en Australie et on connaissait pas ça en France jusqu'à 2026. C'est apparu en 2026. Vous pouvez expliquer ce que c'est un un pyro cumlonimbus ? Mais en fait c'est quand vous avez un feu de forêt de de base, je dirais sans qu'il soit euh [raclement de gorge] le la transmission du feu se fait de plusieurs façons. Elle se fait par elle se fait par radiation, elle se fait par contact, mais c'est et elle se fait par conviction. convection, c'est colonne de chaleur qui s'élève au-dessus du au-dessus du foyer.
Et et alors ces colonnes de chaleur en général, elles sont elles sont quelque part absorbé enfin dans l'atmosphère, sauf que si vous avez un feu qui est trop puissant et cetera, il finit par créer dans l'atmosphère un espèce de champignon un peu comme avec les les bombes atomiques qui fait que localement vous avez quelque chose qui commence à à être différent de ce qui se passe autour et et ça ressemble justement au au au cumulus normaux d'orage, sauf que c'est le feu qui est créé. C'est pour ça qu'on dit que ce sont des pyro cumulus. OK.
Euh [raclement de gorge] pour continuer sur ce que ce que vous venez d'évoquer, on voit qu'on a un monde qui est qui est très mouvant et notamment la su la situation des forêts évolue vite. Vous avez dit que qu'il y avait des choses en France qu'on ne voyait pas avant qui qui viennent d'apparaître. Quelle leçon l'ONF tire de ces différentes années de feu répétitif à différents endroits en France et et surtout quel changement dans sa stratégie l'ONF a pu opérer pour que de tels incendies soient j' dire modéré ou que leur impact soit plus limité que que ce qui est prévu jusqu'ici.
Alors, d'abord avant de de répondre sur ce que l'ONF et je voudrais faire une petite petite petit préambule, c'est que le feu de forêt c'est d'abord un phénomène de territoire. Le feu ne connaît pas la limite des propriétés des voilà et l'office ne gère qu'une donc d'une part comme c'est un phénomène territoire, c'est pas un phénomène que forestier. Bien sûr, le feu se développe en forêt, mais euh la problématique du feu de forêt, c'est une problématique qui concerne euh l'ensemble du territoire. Où sont les zones habitées, où sont les points sensibles ? Où sont les les les équipements d'évacuation ou les équipements de permettant au servic d'atteindre le feu ?
Euh où sont les zones agricoles et cetera et cetera. Euh donc c'est c'est ça déborde largement du secteur forestier. Ça déborde d'autant plus largement du secteur forestier qu'en France. Contrairement à certains pays, les la mise à feu, enfin l'allumage, il est très majoritairement dû à l'homme, à l'homme ou à des équipements installés par l'homme. Alors, en général, de manière involontaire, accidentelle. Bon, on a quelques cas de feu criminel, mais en général c'est involontaire accidentel, mais c'est néanmoins dû à l'homme. Alors que les feux naturels d'origine naturelle, c'est les feux de foudre représentent à peine à peine 10 % de des départs de feu.
Ce qui est pas le cas dans d'autres d'autres pays, d'autres contrées où le feu de foudre peuvent représenter beaucoup plus que ça. Pourquoi j'évoque ce point ? parce que ce point justement il est directement en lien avec l'organisation du territoire puisque c'est l'homme qui met le feu et puisque souvent le feu il est mis à partir d'équipement que l'homme a installé ou d'activités, il y a beaucoup de départs de feu qui sont liés à des travaux travaux forestiers, travaux agricoles, travaux le long des le long des voies publiques et cetera. Euh ça ve ça veut donc dire que euh la structuration, l'organisation territoire va jouer un rôle important dès dès ce stade, dès le démarrage.
Euh ça va jouer aussi un rôle très important dans la manière dont ensuite les services incends vont pouvoir intervenir en fonction des priorités qui vont avoir à qui vont avoir à gérer. Donc une problématique de territoire. Alors, évidemment à l'intérieur de cette problématique de territoire, il y a une problématique forestière qui est spécifique à la forêt. Mais cette problématique forestière, il n'est que partiellement une problématique ONF puisque en France les forêts gérées en France hexagonale les forêts gérées par l'ONF, c'est un petit quart de la forêt française et donc 3/4 des surfaces sont pas gérés du tout par l'ONF.
Ce qui veut dire quand vous voulez intervenir sur la forêt d'un territoire, il suffit pas de dire qu'est-ce que l'ONF va faire. Il faut voir qu'est-ce que qu'est-ce qui est fait sur l'ensemble du territoire territoire forestier. Alors qu'est-ce qu'on retire de de cet été ? qu'on connaissait déjà avant, hein. Mais euh premier point, c'est ça, c'est que plus vous avez des feux importants, plus c'est plus cette approche un peu systémique euh au niveau de l'ensemble du territoire euh est importante. Le deuxième point qui paraît qui paraît important, c'est qu'il faut surtout bien se garder de pas dire "Bon, on a eu on a eu un bilan très très très déchevant.
Donc tout ce qu'on a fait jusqu'à maintenant est ajouté à la poubelle, ça marche pas. C'est pas vrai. Ce qu'on a fait jusqu'à présent marche bien mais marche même très bien. Je vais vous donner un chiffre qui le montre. Entre 1976 et 1990, c'est une période de 15 ans. Vous aviez une année sur de où on dépassait 50000 hectares brûlés et vous avez sur les périodes de 15 ans une surface moyen brue de 44000 hectares. 44 45000 hectares. Si vous prenez la période 90 jusqu'à 2002, fin 2001, fin 2001 avant 2002, une trentaine d'années donc au lieu d'une quinzaine d'années. Ça c'est pas une année sur de on dépassait les 50000, c'est une année sur 30. Pourquoi ?
C'est pas parce qu'on a eu de la chance, c'est parce que en 90 a été mis en place toute une stratégie dont je pourrais en parler plus tard qui a eu qui a eu des effets tout à fait efficaces. Donc une année sur 30 avec une surface moyenne qui est qui était de 12000 12000 13000 hectares par an au lieu de de 45000. Mais depuis 2022, si on regarde 2022 jusqu'à aujourd'hui, on est revenu à une année sur 3 qui dépasse les 50000 hectares et on est revenu une moyenne de 35000 hectares par mois. Ça veut dire quoi ? Ça veut pas dire que ce qui a fonctionné pendant 30 ans ne fonctionne plus.
Ça veut dire que ce qui a fonctionné pendant 30 ans est maintenant pris de vitesse en quelque sorte par l'importance du changement climatique qui fait que il efface ce changement climatique efface une partie des des bons résultats qu'on avait pu qu'on avait pu obtenir. Donc c'est à partir de là qu'il faut dire on garde les mêmes principes de base, on les jette pas mais il faut voir comment on peut les renforcer pour les rendre plus efficaces dans un contexte de feu qui qui s'est aggravé.
Et là, il faut rebalayer en fait toute la politique toute la politique de prévention et de traitement des incendies parce que c'est un ensemble, c'est toute une série de maillons d'une chaîne et il faut que tous les maillons soient résistants pour que la chaîne résiste. Donc ça passe par des programmes en matière de prévention. Je disais tout à l'heure, l'essentiel des parts de feu sont le fait de l'homme et de ses activités. Donc il faut absolument arriver à sensibiliser les les gens et notamment les professionnels puisque je disais tout à l'heure, il y a beaucoup de choses qui sont dans le cadre de travaux pour qu'il soit très prudent.
Euh le deuxième élément c'est que une fois que ce système de prévention, c'estàd le fait que vous ayez pas pu éviter la mise à feu, une fois que la mise à feu existe, euh il faut essayer d'éteindre le plus vite possible parce qu'un petit feu, c'est toujours facile à à éteindre. Si vous laissez prendre de l'ampleur, ça devient de plus en plus compliqué.
Donc là, c'est toute la toute la stratégie d'attaque rapide sur les fenaissants qu'on a déjà mise en œuvre et qu'il faut renforcer qu'il faut renforcer et qu'on a commencé d'ailleurs à renforcer puisque alors là, je vais parler de l'office puisque l'office jusqu'aux années 2022 avait euh mettait en place un syndrome de patrouille de détection des paires de feu concentré sur 15 départements du sud-est. Depuis 2022, on a multiplié par de notre dispositif et il est plus uniquement concentré sur le sud-est. Il est réparti maintenant sur 89 départements. Donc on est en train de on change pas on change pas la on change pas finalement la recette mais on est en train de la de de la faire évoluer.
Le troisème élément euh qui est qui est important dans ces cas-là, c'est qu'est-ce qu'on peut faire ? Ben, on peut regarder euh qu'est-ce qui va faire que le combustible dont je parlais tout à l'heure soit peut-être un peu moins dangereux que euh que que ce que laisse penser ou craindre l'évolution au changement climatique. Ça ça passe par comment on adapte les forêts au changement climatique. Le 4è élément, c'est il est clair que si on veut vraiment régler le problème à l'origine, il suffit pas de travailler sur l'adaptation, il faut travailler sur l'atténuation puisque c'est à la base c'est c'est bien le changement climatique qui nous crée tous ces problèmes.
Donc l'adaptation c'est bien mais euh ça suffit pas. L'adaptation, ça permet de mieux résister, ça permet pas de résoudre le problème, ça soigne les symptômes, ça soigne pas la maladie. Donc la maladie, il faut atténuer. Et atténuer, ben là c'est tout. Alors là, pour le coup, on déborde largement de la politique forestière, c'est toute la politique de diminution des gaz à effet de serre. Euh donc voilà, il y a il y a beaucoup de de choses euh qui sont qui sont à renforcer, à améliorer. Euh dans le cadre de la politique d'atténuation, la forêt peut jouer un rôle important et on y reviendra peut-être tout à l'heure puisque elle a un rôle de puit de carbone très important.
Euh et le bois est un matériau qui a un bien en carbone très intéressant. Euh voilà, donc toute une série de de choses en sortant un peu de mon domaine, si on raisonne maintenant en terme de de lutte, alors je suis s'il y avait un pompier, il faudrait lui demander à lui. Mais euh dans le domaine de la lutte, on la nouveauté qu'on a eu aussi en 2026, qu'on avait jamais connu en France sont des évacuations massives de centaines de milliers de personnes.
Donc ça si on regarde ce qui se passe dans les autres pays parce qu'il faut toujours regarder ce qui se passe dans les autres pays sont des choses qui se qui se faisaient depuis longtemps par exemple en Amérique du Nord et pour que ça soit efficace il faut les préparer très en amont. Faut pas attendre d'être face au problème pour dire maintenant comment est-ce que je fais pour évacuer ? Il faut avoir des plans très préparés en amour. Alors, on les avait pas en France parce que jusqu'à présent on avait pas vraiment besoin. Mais maintenant, il va falloir falloir qu'on les qu'on soive puisque on sait qu'on peut en avoir besoin. Voilà, toute une série de choses.
Oui, autre élément euh on a vu dans ces feux que un des problèmes c'est l'interface entre les zones d'habité et les forêts. Donc, par rapport à ça, il faut progresser. Et il y a des marges de progrès importantes. Il y a aujourd'hui ce qu'on appelle des obligations légales des broussaillement autour des maisons d'habitation pour qu'elles soient bien protégées lors du passage non feu. Ces obligations sont malheureusement pour l'instant pas assez appliquées. En haut, il y a un tiers des maisons qui les qui les appliquent mais les deux tiers les appliquent pas.
Voilà, il va falloir faire un effort de pédagogie d'abord euh parce qu'il faut faire comprendre aux gens qu'on fait pas ça pour les embêter. On fait ça pour éviter que leur maison ne brûle. C'est c'est quelque part assimilable à une assurance. Si ces gens se payent une assurance incendie pour leur maison, et bien ils peuvent se payer ils ont intérêt à se payer un débroussaillement qui est une autre forme d'assurance incendie pour que la maison ne brûle pas. Voilà. Donc il y a il y a beaucoup de choses, je pourrais pas continuer comme ça pendant un certain temps, mais je vais peut-être en rester là. Il y a beaucoup de choses qu'on peut imaginer à partir de ce qu'on a constaté cet été.
Oui, dernier point important, il y a un phénomène aussi de pédagogie, d'acculturation dans des zones où pour l'instant le problème n'était pas connu du tout puisque j'ai dit tout à l'heure, on est passé de situations historiques où en gros c'était le Sud-Ouest et le Sud-Est qui était la Corse qui était très concernée à des systèmes où maintenant toute la France est concernée. Sauf que dans le reste de la France, les gens les gens, les administrations, les acteurs découvrent le problème. Fontainebleau par exemple, pardon. Fontainebleau. Fontainebleau par exemple.
Euh juste pour rebondir ce que vous aviez dit, donc la stratégie principale du coup de l'ONF, c'est de renforcer un peu toutes les mesures qui existaient déjà en amont. Mais étant donné que 75 % de la forêt, elle appartient à des propriétaires privés. Est-ce que du côté des propriétaires privés, vous avez senti peut-être une prise de conscience un peu plus urgente suite aux incendies qui ont eu lieu cet été ?
Ah ben les propriétaires privés euh alors je disais tout à l'heure, moi l'ONF, je fais que les propriétaires publics donc je peux pas me ni me prononcer à leur place ni mais les propriétaires privés euh forcément ils sont ils sont très conscients du problème pour une raison évidente, c'est que ce sont les premières victimes du ce sont les premières victimes du sinistre. Quand une forêt brûle, c'est un patrimoine d'une forêt, hein. Donc de la même façon que quand quelqu'un voit sa maison brûler, ben ça lui fait quelque chose. Quand propriétaire for voit sa forêt brûler, ça lui fait aussi quelque chose.
Donc donc je dirais qu'en terme de sensibilisation et cetera, je pense pas qu'il y a de problème de ce point de vue-là. les gens sont sont parfaitement après là où les choses sont plus compliquées en forêt privée qu'en forêt publique, c'est qu'en forêt privée le la propriété elle est très atomisée, très morcelée entre un très grand nombre de propriétaires. Euh si si je fais une comparaison, les forêts d'agenal appartenant à l'État, il y en a 1300 en France hexagonal, ils ont une surface moyenne de 1200 hactares. Les forêts des collectivités, il y en a 15000. Une surface moyenne de 200 hectares. Toutes ces forêts là, c'est l'ONF qui s'en occupe. L'ONF n'est propriétaire de rien.
C'est soit l'État, soit les collectifs qui sont propriétaires. Mais l'ONF s'occupe de ces forêts. Mais la forêt privée, c'est très c'est plus de 13 millions d'hectares appartenant à 3 millions et demi de propriétaires dont 2 millions et demi ont moins d'un hectare. Donc on est sur quelque chose qui est extrêmement atomisé. Or euh le problème de la prévention de contre incendie, je l'ai dit tout à l'heure, c'est que c'est un problème de territoire. Vous pouvez pas traiter le sujet de manière atomisée en faisant des actions euh séparées et diverses. Voilà.
Et donc là, il y a un vrai travail mais les organisations qui s'occupent de la forêt privée, parce qu' il y en a, c'est pas l'office, mais il y en a d'autres, euh travaille beaucoup avec ses propriétaires en les regroupant, les conseillant pour qu'ils puissent avoir une action collective qui les aide en premier lieu à protéger leur propre patrimoine et en même temps bien sûr à améliorer la situation sur l'ensemble du territoire.
J'ajoute et pardon, j'ajoute que par rapport au problème dont je parlais tout à l'heure de la dangereuse de la biomasse qui est liée essentiellement au problème de l'adaptation au changement climatique, enfin plutôt de l'inadaptation au changement climatique qui est en train d'épérissement, ça c'est un problème qui est commun forêt publique, forêt privée. Donc les solutions techniques par rapport à la bonne manière de d'accroître la résistance de ces forêts au changement climatique. Là pour le coup, on travaille avec la forêt privée parce que c'est indépendant du foncier pour savoir quelles sont les bonnes les bonnes pistes de travail.
Donc si on si on résume en gros la forêt c'est que en à l'échelle nationale 10 à 15 % des émissions nationales de carbone elles sont souvent évoquées comme quelque chose de fondamental dans la stratégie nationale par carbone et notamment pas que par l'État le chiffre project par exemple qu'on recevra à la rentrée évoque ça comme un des grands chantiers majeurs. On voit pourtant aujourd'hui que la quantité annuelle absorbée, elle a beaucoup diminué euh depuis les années 2000 euh environ la moitié. Quels sont les facteurs de fragilisation de cette fonction de puit de carbone si essentielle qu'à la forêt ?
Alors sur la question du carbone avec la forêt, je vais répondre à votre question mais avant de répondre à votre question, je vais faire quelques quelques remarques préalables parce que c'est une c'est une question qui est compliquée et dans laquelle il faut pas mélanger de concept. Euh le sujet du carbone en forêt, vous pouvez l'étudier, vous pouvez l'appréhender de deux façons. Vous pouvez l'appréhender en tant que flux. Et si vous l'appréhendez en tant que flux, le flux entrant de carbone dans une forêt, c'est la séquestration par l'arbre du CO2 qui est dans l'atmosphère. sa photosynthèse. Hm.
Euh et les flux sortants, ce sont euh les c'est la mortalité naturelle et c'est alors mortalité naturelle mais qui est plus ou moins aggravée par les stress climatiques ou sanitaires et c'est euh la récolte de bois pour alimenter la fillère bois. Et donc ce qu'on appelle le puit de carbone au sens strict, c'est le bilan global de ce de ces trois flux entre les flux rentrant et les deux flux sortants. Si ce bilan global il est positif, vous avez un puit. Si ce bilanon global il est négatif et il peut être négatif, vous avez une source. [soupir][souffle coupé] Ça c'est une chose à ne pas confondre avec la question du stock de carbone. Là, on parle plus de flux, on parle de stock.
Et euh là aussi, les stocks de carbone en forêt, ils sont très variables entre une forêt jeune, une forêt très ancienne, très mature. Le stock carbone est beaucoup plus élevé dans une forêt mature que dans une forêt jeune. Alors, pourquoi je fais cette distinction ? Parce que je vais vous prendre un exemple. Si vous avez une forêt euh vierge à l'équilibre, son stock, on va dire grosso modo pour simplifier le cœur de l'Amazonnie, même si c'est pas complètement voilà et qu'elle est pas soumise à un changement climatique, un allé climatique qui qui la met en périne. Le stock de carbone dans une forêt comme ça, il est colossal. Le pu de carbone, il est nul. Pourquoi ?
Parce que dans une forêt comme ça à l'équilibre pas exploité en fait l'accroissement naturel il est compensé. L'écosystème a trouvé un équilibre interne qui fait que l'accroissement naturel est totalement compensé par la mortalité naturelle. Donc une fois comme ça, le pu est nul mais le stock est colossal. À l'inverse, vous prenez une une parcelle agricole, une ancienne parcelle agricole, vous la boisez, le stock de carbone, il est minuscule puisque vous avez rien du tout. Le flux, il est considérable puisque vous allez avoir une forène qui va pousser très très vite. Donc il faut savoir de quoi on parle quand on parle de quand on parle de bilan carbone autour d'une forêt.
L'autre élément qu'il faut avoir en tête, c'est que le bilan carbone dans une forêt c'est pas que les arbres, c'est le sol aussi. Et le troisème élément qu'il faut voir en tête, si là on raisonne plus en terme de bilan carbone général, c'est que le bilan carbone, il se limite pas au bilan carbone dans la forêt.
Lorsque vous exploitez une forêt et que vous utilisez le bois pour faire des matériaux pour en faire un usage de long à longue durée de vie, donc par exemple des matériaux de construction, votre carbone il a pas il a disparu de la forêt mais il a pas disparu du bilan général, il s'est translaté, il s'est déplacé dans votre bâtiment et dans votre bâtiment si par exemple c'est un bâtiment historique, il peut rester stocké très longtemps. il peut rester stocké même plus longtemps que ce qui serait resté stocké si le bois était resté en forêt. Donc il faut avoir tout ça en tête quand on on discute de bilan carbone pour pour bien bien voir que c'est pas c'est pas simple.
Bon après pour pour répondre à votre question, si on revient au puit au sens strict, c'est-à-dire au bilan des flux, pourquoi est-ce que le puit se dégrade ? Ben à cause du changement climatique pour des raisons simples, c'est que je vous ai dit tout à l'heure le pluit c'est le bilan entre trois paramètres, trois facteurs. Le premier facteur c'est l'accroissement naturel des forêts. L'accroissement naturel des forêts, on a un climat qui est plus sec. Comme il est plus sec, la photosynthèse fonctionne moins bien. La photosynthèse c'est du CO2 + H2O. Ça fait des chaînes carbonées et ça relâche de l'oxygène. Ça fonctionne en fonction de l'abondance ou du manque des deux paramètres d'entrée.
Alors du CO2, on en a manque pas. Ça, il y a pas de problème. Ça sera pas un facteur limitant. Mais de l'eau, jusqu'à présent n'en manquait pas trop. Ce qui fait que ce qui explique d'ailleurs que euh euh dans les dernières décennies, la forêt stockait énormément de carbone parce qu'en fait il y avait pas de facteur limitant. Le CO2 était en train d'exposer et l'eau c'était pas encore très limitant. Donc la machine photosynthétique tournait à plein régime. Aujourd'hui le CO2 a toujours mais l'eau ça commence à devenir un facteur très limitant. Donc là, la machine tombe plus du tout au plein régime, ce qui fait que l'accroissement naturel baisse.
Donc le premier facteur, le facteur dans mon équation diminue. En face de ça, comme il y a moins d'eau, comme il y a plus de canicules, les arbres souffrent. Les arbres souffrent et ils meurent dans un certain nombre de cas. Donc la mortalité augmente, le deuxème terme se dégrade. Et le troisème terme qui est la récolte, la récolte intrinsèquement elle augmente pas forcément mais en fait elle augmente parce qu'à cause de la mortalité, on est obligé de faire des récoltes qu'on a pas prévu de faire mais comme ça meurt on est obligé de ramasser les arbres qui sont qui sont morts. Donc la récolte augmente aussi ce qui fait que et bien votre bilan il se dégrade.
qui se dégrade et c'est pour ça que le pit de carbone diminue. Je vais me faire la voix de certains biologistes comme Francis Allé qui soutiennent plutôt l'idée d'une intervention moindre de l'humain sur l'espace forestier pour atteindre ce qu'il appelle une libre évolution totale qui serait son selon eux plus résiliente et avec un stockage maximum de de carbone notamment au niveau du sol. leur projet c'est ce serait d'arriver à atteindre 70000 hectares en Europe de l'Ouest. Euh comment se positionne l'ONF à ce genre de proposition qui s reviens à mon introduction.
Je suis d'accord avec Francis Allé sur le stock mais je suis pas d'accord sur le flux puisqu'une forêt une forêt naturelle totalement à l'équilibre c'est une forêt où euh le mécanisme physiologique de la forêt est à l'équilibre. Donc les l'accroissement est compensé par la mortalité naturelle. et le sol il stock du carbone jusqu'un certain point mais la capacité de stockage dans le sol est le bain infini de même façon la capacité de séquestration du carbone par un écosystème est pas infinie un arbre ça grandit pas indéfiniment ni en hauteur ni en diamètre un sol ça pas indéfiniment du carbone.
Donc il y a un moment donné si vous êtes dans un système naturel pas perturbé du tout ça va prendre du temps. Ça va prendre du temps. Mais à long terme, c'est un système équilibré. Donc le flux, le puit, le bien des flux est nul. Par contre, là où je suis d'accord avec lui, c'est que le stock il est colossal. C'est ce que je disais tout à l'heure, le stock est colossal. Le problème du stock, c'est que c'est comme le stock d'or dans les banques centrales, sauf que l'or détruit. Alors qu'une forêt, ça peut être détruit. L'Amazonnie aujourd'hui, c'est une des parties du monde où les surfaces brûlées sont les plus importantes. 8 millions d'hectares par an en moyenne.
Bon, quand vous avez 8 millions d'hectares qui brûlent, là vous perdez tout, votre stock disparaît. Passer de 8 à 0. Voilà. Donc je suis pas en désaccord avec ce qui est dit mais on parle pas de la même chose. Et donc ce que vous ce que vous dites c'est que l'intervention humaine et la façon dont on gère et on on utilise la forêt de façon assez accrue par l'humain, ça permet un un flux maximal. On est on est dans ce qu'on peut faire de mieux en terme de de pompage, j'allais dire de CO2 pour pour l'humanité.
Alors ça dépend là intervient un autre facteur qui est important et notamment dans les politiques publiques, c'est important, c'est le facteur de temporalité qui est lié au qui est lié à la notion de de C'est pour ça que je disais que le carbone c'est compliqué qui est lié à la notion de risque. Je vais vous prendre un exemple concret. Si vous me dites voilà, ça c'est une forêt très mature avec un très très gros stock sur pied. Euh si je te demande de maintenir dans les 3 ans qui viennent euh le stock de carbone, c'est quoi a priori euh la l'option qui te paraît la plus réaliste ? Je veux avoir tendance à répondre, ne touchez à rien. Vous avez un stock colossal.
Parce que quand on coupe, on fait ce qu'on appelle une dette carbone provisoire. Vous déstoquez provisoirement, après vous allez replanter et cetera, ça va se constituer, mais provisoirement vous allez déstocker. Donc si vous êtes sur de très courts termes, dans un cas vous déstockez, perdez du carbone, dans l'autre cas sous vos réserve que la forêt ne soit pas détruite, vous gardez votre stock. Donc si vous êtes sur le très court terme, vous pouvez dire le risque que soit complètement détruit, je vais le prendre, il est pas trop trop et vous pouvez faire le paris si vous raisonnez sur un siècle.
Là, je fais pas le même paris parce que il est pas certain du tout que sur une durée d'un siècle, vous perdiez pas tout votre capital, soit par une soit par un incendie, soit par une attaque sanitaire puisqu'il y a deux il y a deux façons de perdre totalement un capital forestier. Il brûle ou les insectes vous le vous le font mourir. C'est donc la réponse à la question, elle est elle est pas simple. Après quand vous la temporalité joue beaucoup. Après ce qui est certain, ça c'est clair, c'est que si vous exploitez le bois à un moment donné, vous créez une dette dans votre forêt mais comme je disais tout à l'heure, vous translatez votre bois quelque part.
Alors, il faut que ce soit un emploi du bois de longue durée, mais vous translatez à ce momentlà votre stock de bois ailleurs dans dans dans le système. Et ça a deux avantages, c'est que vous conservez votre carbone orforé pendant un certain temps, mais c'est que si vous mettez ce bois là à la place d'autre chose dont le mélan carbone est plus médiocre que celui du bois, par effet de substitution, vous vous avez un deuxième gain carbone additionnel. Donc c'est pour ça que moi mon rêve c'est qu'il y a du bois partout dans l'économie française.
Par contre, ce qui est clair, c'est que si vous voulez avoir un régime carbone qui se dégrade pas sur le long terme en exploitant, et il faut absolument renouveler les forêts parce que sinon vous créez la dette au moment où vous exploitez mais si vous renouvellez pas votre forêt ben votre dette vous la gardez. Alors que c'est le renouvellement forestique qui va faire que peu à peu au fur et à mesure que le nouveau la nouvelle forêt va croître, elle va annuler peu à peu votre dette et vous allez retrouver avec un système. Donc voyez la différence entre une forêt où on fait rien, c'est que en gros il y a plus de flux et vous avez un stock important et stable tant que rien ne vient la détruire.
Et [grognement] une fois exploité, vous allez vous allez passer par des par des phases où vous allez déstocker, donc créer une dette carbone, renouveler, reboiser, donc créer un crédit carbone. Ce qui fait que sur le très long terme, ça va sans doute, enfin si c'est bien fait, ça va s'équilibrer comme dans le premier cas, mais avec le le comment dire le l'élément complémentaire que euh régulièrement vous sortez de du bois de votre forêt, vous le mettez dans l'économie. Et ce bois là, il peut plus être détruit. Ça peut plus être un bout une partie du stock détruit en forêt par des aléas. Alors ça peut être détruit vous le mettez.
Si la charpente de Notre Dame de Paris brûle, effectivement vous perdez aussi le stock qui était dans la charpente. Il faut pas que ce soit du bois de de chauffage non plus. Alors le bois de chauffage, le bois de chauffage en terme d'émission de carbone. Oui, c'est clair puisqu'on réémet on réémet le carbone. L'intérêt du bois de chauffage, il est ailleurs. Il est dans le deuxè le deuxème facteur dont j'ai parlé tout à l'heure, le facteur de substitution. C'est-à-dire, je mets du bois à la place d'autre chose. Là, je mets du bois de chauffage à la place du pétrole à la place de l'énergie fossile. Euh et de ce point de vue- làà c'est pas inintéressant. Pourquoi ?
Parce que euh si vous faites si vous faites du on peut prendre deux scénarios, vous décidez de faire du bois énergie. Donc vous allez réémettre la quantité de carbone qui a dans le bois. Ça ça fait pas le fait pas l'ombre pour doute mais du coup vous allez pas utiliser mettons du pétrole. Donc vous allez économiser la quantité que vous auriez mis si vous aviez utilisé du pétrole. Si vous utilisez le pétrole et que vous gardez votre bois, vous allez garder votre stock de carbone en forêt, pas de problème. Sauf s'il est détruit, pas de problème. Et vous allez émettre les les gaz effet de serre à partir du pétrole.
Sauf que comme le bois c'est un c'est un organisme vivant, même s'il y a pas quelque chose qui détruit la forêt, le jour où l'arbre devient c'est naissant, il va mourir. Et à ce moment-là, naturellement, il va y avoir décomposition du bois, réémission du carbone qui était dans le bois l'atmosphère. Ce qui est qu'à long terme, vous allez avoir deux émissions. Vous allez avoir l'émission du pétrole, vous allez utiliser. Vous allez avoir l'émission de votre bout de bois que vous avez soigneusement conservé comme stock mais qui au bout d'un moment, n'étant pas immortel, va réémettre de toute façon son carbone pour ce qui se décompose.
Donc dans un cas, vous avez une émission, dans le cas, vous en avez deux. Mais à très long terme, ça je suis d'accord. Et c'est juste pour avoir un ordre de grandeur, c'est quel pourcentage à peu près du bois en France qui est utilisé pour comme bois de chauffage ? Alors euh pop, j'ai pas le chiffre exact en tête euh enfin pour la France, je sais pas le chiffre exact en tête. Euh mais pour pour l'ONF, pour les forêts publiques, euh l'objectif des des forêts publiques, c'est de faire de bord du bois d'ur.
Alors, je vais faire peut-être une petite remarque préalable, c'est que euh en civiliculture, on sait pas fabriquer, c'est impossible de fabriquer du bois d'ur sans fabriquer du bois énergie en même temps. Pourquoi ? Parce que quand vous voulez faire du bois d'ur pour faire des un beau tron pour faire des planches, vous allez commencer par euh faire de la circulion de votre peuplement en faisant des éclaircis. Éliminer l'aide. Ce ce bois que vous éliminez, qu'est-ce que vous en faites ? Et ben, vous en faites que vous le mettez en bois énergie. Euh mais c'était pas votre objectif. Votre objectif, c'est de faire du bois d'or. Mais vous avez du bois énergie.
Quand vous arrivez avec l'arbre adulte, un très beau chaîne, un très beau être, vous allez couper, il va partir en bois d'ur mais le boisur, il utilise le tron, il utilise pas les branches. Qu'est-ce que vous allez faire des grosses branches ? Et vous allez faire du bois énergie. Ce que je veux dire par là, c'est que il y a très peu de cas, en tout cas au forêt publique, il y en a pas, où vous faites euh un moment pour fabriquer du bois d'énergie, par exemple des taillers à courte rotation ou ça on fait pas.
On veut toujours fabriquer du bois d'œuvre et en fabriquant du bois d'œuvre forcément on on génère des on génère du bois d'énergie avec du bois énergie ou d'ailleurs du ce qu'on appelle du bois d'industrie. C'estàd du bois qui des des systèmes de transformation qui ont qui récupèrent du bois plus plus plus bas de gamme. Donc pour vous donner une idée sur pour l'ANF sur 12 millions de m c de bois qui sont commercialisés chaque année, il y en a la moitié qui sont du bois d'œuvre bois d'œuvre et l'autre moitié c'est en haut moitié moitié entre du bois d'énergie et du bois d'industrie. Merci beaucoup. Euh là, on va abord essayer d'aborder un peu le le sujet des forêts des Landes.
Donc les forêts des Landes, c'est une monoculture de pain maritime qui a été plantée au 19e siècle, notamment avec à la manœuvre des ingénieurs de l'école des PS-chaussées. Euh donc, ils ont planté cette monoculture sur d'anciennes zones humides et cette forêt, elle est victime de feu de forêt de façon récurrente. On peut par exemple 1949, 52000 hectares, 32000 hactares en 2022, 45000 en 2026. On sait aujourd'hui que les zones humides, elles jouent des rôles d'éponges qui sont cruciales, notamment pendant les périodes de sécheresse ou pendant les périodes de crues en plus de stocker plus de carbone que les sols forestiers.
Euh est-ce que je sais que maintenant je sais que l'ONF n'est pas le seul à prendre ses décisions mais est-ce que il y a quand même des choses qui sont faites pour envisager une restauration des zones humides, même si ça implique de renoncer à une partie de l'activité industrielle de la région ? Alors sur le cas spécifique des landes de Gascogne, non seulement l'ONF n'est pas le seul, mais il est pas du tout décisionnaire puisque ce sont des forêts uniquement privées, quasiment 100 % privé. Donc l'office ne s'occupe pas des forêts privés. J'ai j'ai pas de enfin l'établissement n'a pas de stratégie de pour agir dans ces forêts là.
Bon, après je je vais pas beauté en touche en répondant pas à votre question. Je vais quand même répondre sur un plan plus technique euh sur un plan plus technique mais celui qui décide c'est pas le technicien, c'est le propriétaire. Euh les quel propriétaires privés ont des conseils techniques aussi qui sont portés par des coopératives, par des experts privés et par un autre établissement public que l'ONF qui est un établissement public spécialisé dans le conseil à la forêt privée.
Si j'ai envie à votre question, premièrement historiquement, il faut savoir effectivement que la zone des landes, c'était une zone où historiquement on avait déjà du pain maritime, puis il était déjà en place au départ. On avait du on avait quelques feuilles notamment du du chaîne mais on avait surtout des marécages. C'était une zone très humide, très marécageuse et que le chantier effectivement mené à l'époque sous Napoléon 3 par l'administration des des pont des chaussées, le chantier consistait était d'abord un chantier d'assainissement euh parce qu'il y avait par exemple de la malaria et cetera et cetera.
Bon, ce que je peux dire, c'est que si on avait ce type de zone humide aujourd'hui au même endroit sur les mêmes surfaces, il est absolument certain qu'on roboiserait pas compte tenu des politiques actuelles de protection des zones humides. Mais bon, mais sous Napoléon 3, le sujet c'était pas la protection des humides, c'était l'assainissement. Donc, on a cherché à saignir. On a cherché à saignir comment ? à travers des techniques, j'allais dire un peu de génie civil entre guillemets, hein. C'est c'est-à-dire du drainage. Et en mettant sur le site une forêt euh une forêt c'est un arbre, c'est une très très bonne pompe à eau puisque je fais une petite parenthèse.
Je disais tout à l'heure, c'est la photosynthèse qui qui qui fait le job en matière de de séquestration carbone. Mais pour que ça fonctionne, il faut que il faut que la sève monte dans l'arbre. Pour que la sève monte dans l'arbre, il faut qu'il a une force d'aspiration importante qui est en fait générée par la transpiration au niveau des du feuillage du du haut de l'arbre. Et c'est ce système de transpiration qui qui génère ce système de pompe aspirante. Donc un arbre ça pompe beaucoup d'eau. Un chaîne grande taille adulte ça peut pomper 1000 L d'eau par jour. Ça veut pas dire qu'il les consomme. Il en rejette même l'essentiel dans l'atmosphère par transpiration.
Il en rejette 95 % dans l'atmosphère par transpiration. C'est pour ça qu'on vous dit parfois sur des très grandes forêts comme l'Amazonnie et cetera, il y a il y a des des fleuves entre guillemets euh de d'atmosphère très chargé en humidité des rivières humides au-dessus de la canopée. C'est parce qu'en fait il y a une énorme évaporation audessus de la canopé. Bon donc le fait de mettre des arbres c'était du point de vue de l'objectif poursuivi, c'était un très bon choix. technique euh économique aussi. Alors économique économique aussi mais ça c'est venu un peu après. Économique c'est venu un peu après.
Sachant que dans un premier temps d'ailleurs l'économie c'était pas le bois c'était le c'était le gémage. Et puis après effectivement le bois le bois a pris aussi le le relais. Euh alors pourquoi que du pain maritime ? Parce que c'est ça qu'on pourrait se se poser comme question. Mais parce que le terrain tel qu'il est pour une forêt, pour un arbre, il est vraiment pas terrible. Il est très pauvre, un sable bleu et il a euh en terme de de d'eau euh il il a des mouvements de nap qui font que tantôt votre arbre il manque d'eau, tantôt il est il a les pieds dans l'eau. Il y a des mouvements de bon et ça vous avez pas beaucoup d'espèces d'arbres qui savent résister à un machin pareil.
Bon, si vous si vous ajoutez que euh le changement climatique, réchauffement et cetera fait que vous avez besoin d'un arbre aussi qui soit alors ça c'est au moment de Napoléon 3 c'était pas le sujet mais maintenant ça allit vous avez besoin d'un arbre qui soit capable de résister à plus de séchet mais finalement le plan maritime c'est c'est l'arbre qui coche le mieux toutes ces cases donc il faut pas rêver on remplacera pas le pain maritime dans les landes ou vous faites plus de forêt du tout fait autre chose ou si vous faites de la forêt, il y aura forcément une très forte omand de pain maritime.
Par contre, par contre alors si vous gardez en tout cas les espèces locales, est-ce que vous avez pas cherché des espèces à l'autre bout du monde ? Par contre ce qui est certain aussi c'est que euh on peut être un peu moins drastique que ce que ce qui a été fait historiquement en terme de drainage et en terme de de d'élimination des autres es des autres essences. Et il y a quand même matière dans ce secteurlà à installer une trame qui sera minoritaire mais qui peut exister sans taux de difficulté de feuill dans les espaces qui sont les plus favorables au feuill et notamment de chaînes.
Il y a par exemple de bons espoirs qu'on peut fonder sur des choses comme le chaînège qui devrait s'y retrouver assez bien, mais ça restera quand même euh largement derrière le plan maritime en terme de en terme de surface. Par contre, si c'est fait en si c'est fait euh sous forme de trame sur le plan écologique, c'est intéressant parce que dans quand vous faites une trame, vous avez un effet écologique qui est bien supérieur à la au poids relatif de la surface. C'est quoi une trame ? Ben une trame c'est c'est une espèce de de maillage. Enfin de c'estàdire vous faites vous faites pas un boisement, on un bloc euh vous faites un boisement par filament, par filaire.
de manière à ce que vous ayez l'équivalent d'un tray si vous voulez enfin de quelque chose qui est donc à surface équivalente à surface cumulé équivalente vous avez une couverture qui est qui est beaucoup plus répartie et c'est ça qui est écologiquement intéressant. Voilà. Donc pour résumer euh on on on va devoir garder le plein maritime de sauf ne pas faire de forêt. On va devoir garder le pain maritime de façon dominante, mais on peut d'une part enrichir quand même de manière minoritaire mais non négligeable avec du feu à travers ce système de tram. Et après, on n'est pas obligé en terme de drainage pour répondre à votre question euh de draîner à mort partout.
Il peut y avoir des endroits où effectivement on renonce à un drainage absolu et on on remetre ou on on remet des zones humides. On on a encore plein de questions passionnantes à vous poser. On va peut-être passer à une phase de question avec le public. Oui. Donc voilà. Est-ce que il y aurait des gens dans la salle qui vous imposent des questions ? Je me dépasse. Bonjour, merci beaucoup pour du coup cette discussion très intéressante.
Alors moi c'est pendant l'été, j'avais vu une j'avais écouté un podcast sur la gestion des incendies et j'avais entendu le terme de forêts mosaïques où c'était des forêts qui étaient censées être plus diverses dans les différentes espèces qui étaient à l'intérieur et c'était censé réduire les incendies euh et le leur effet et j'avais jamais trop compris le pourquoi du comment ça pourrait fonctionner. Euh et aussi si vous pouvez revenir sur les différentes façons de les stratégies pour essayer de limiter les insin dans les forêts. Euh bah je suis intéressé. Donc je peux résumer votre question en disant qu'est-ce qu'il faut faire d'une forêt pour qu'elle brûle moins ? À peu près. Ouais hein.
Voilà. Alors premier élément de réponse. Euh n'attendez pas de réponse miracle. Euh notamment quand vous êtes en situation climatique un peu extrême, quand vous êtes en situation climatique moyenne, euh là il peut y avoir de vraies différences en fonction des des stratégies que vous avez et je vais y revenir parce que je vais quand même répondre à votre question. Mais quand vous êtes en situation climatique extrême, tout brûle. Je disais tout à l'heure l'Amazonnie 8 millions d'hectares. Très honnêtement l'Amazonnie c'est une forêt dense totalement fêue globalement dans un climat humide. On se demande comment elle peut brûler sur 8 millions d'hctares en plus. Et ben, elle brûle.
Elle brûle parce qu'en saison sèche, très sèche avec des mises à feu qui sont souvent humaines dans le cas de l'Amazonnie. Mais ça, je vous ai dit tout à l'heure, en France, c'est pareil hein, les mises à feu sont souvent humaines. Elles sont pas volontaires mais elles sont souvent humaines. Vous arrivez à faire brûler l'Amazonnie. Donc le miracle en la matière n'existe pas. Bon, après ça veut pas dire qu'on peut on peut rien faire parce que parce que euh ce qu'il faut bien avoir en tête en matière d'incendie, c'est que tout le monde parle en surface.
Bien sûr, la surface c'est important parce que c'est impressionnant sur le plan social, sur le plan des risques par rapport au à l'habitat, par rapport aux équipements. Plus c'est grand, plus vous avez de problème. Mais si vous raisonnez en terme écologique cette fois-ci l'impact sur une forêt, c'est pas la surface qui est le plus important. Plus important, c'est l'intensité du feu et c'est sa sa récurrence. [grognement] Tous les combien le feu repasse au même endroit. Pourquoi ? parce que les milieux naturels, je vais revenir tout à l'heure, ils ont des capacités naturelles de régénération, de cicatrisation, je devrais dire, après le passage feu. Je vais revenir tout à l'heure.
Mais euh si vous voulez savoir en terme de civiliculture préventive, donc avant que le feu ne passe, qu'est-ce qui est favorable ? Et encore une fois, c'est pas une sécurité absolue. Vous réfléchissez à la façon dont vous agissez quand vous voulez faire un feu de cheminée qui fonctionne. Quand vous voulez faire un feu de cheminée qui fonctionne, vous faites quoi ? Vous mettez à la base de votre feu de cheminier du papier journal ou des éléments très fins. Puis vous mettez au-dessus des branchettes ou des des des bouts de planchettes. Puis vous mettez au-dessus si possible en fait sour pour pas que ça écrase tout des bûes de taille nettement supérieure.
Vous vérifiez que votre cheminée tire bien, vous allumez la lumette et au miracle ça flambe et ça flambe dans tous les cas. Vous avez vu que dans mon raisonnement, j'ai pas parlé d'espèces d'essence. Je vous ai pas dit vous mettez du châtiné, du chien, je vous ai parlé que de structure de combustible. Alors après, selon que vous mettez du chaîne ou du pain, le la le feu veut pas se comporter de la même façon. Mais pour l'allumage et pour le pour la flambée, si je puis dire, c'est la structure du combustible et son arrangement qui est très important. Et ben en forêt, c'est pareil.
Si vous voulez avoir un feu de forêt qui se développe bien au sens du feu mais mal au sens de votre intérêt, il faut que vous ayez une stratification avec au sol de l'air bassé ou des litières qui s'enflamment facilement au-dessus des broussailles, du sous-bois assez dense dans lequel le feu va prendre sa puissance. Et puis au-dessus vous avez les arbres. Sachant que dans les arbres, la montée en Simne dans l'arbre, elle est favorisée par le fait que vous ayez des branches mortes au long du tron. Euh et arrivé en Sim, lorsque le feu arrive en SIM, ce qui va brûler dans la SIM, ce sont les éléments fins. Il brûlent pas les grosses branches, rien.
[grognement] Mais un feu reste très rarement, enfin circule très rarement entre de cim à cim, il redescend assez vite au sol. C'est ce qu'on appelle les soues de feu et le système repart un peu plus loin, un peu différemment. Donc tout ça pour dire que si vous voulez avoir quelque chose qui est moins favorable à la dynamique du feu, il vous faut quelque chose qui élimine enfin qui élimine ou qui réduise fortement le choubois puisque c'est là que ça d'ailleurs quand vous faites artificiellement du débrousseillement c'est exactement ce que vous faites. enlever euh alors évidemment pas question de faire du bour artificiel en forêt partout.
Ça serait complètement illusoire en terme de économique, en terme de moyens, mais surtout sur une catastrophe écologique. Par contre, en choisissant et alors là, on va revenir à à au choix de l'espèce. En choissant une espèce qui va bien et en la menant correctement, vous pouvez avoir un peuplement adulte qui a un couvert dense. Si le couvert est dense, il y a beaucoup moins de lumière qui passe au sol. S'il y a moins de lumière qui passe au sol, naturellement il y a moins de sous-bois qui se développent parce que le sousbois pour se développer, il a besoin de lumière.
Donc la question c'est siicolement si on raisonne qu'en terme d'incendie, hein, la question c'est qu'est-ce que je peux faire ? mettre pour avoir des euh peuplements forestiers qui portent un ombrage au sol maximal. Euh et là ben c'est il faut faut regarder espèce par espèce. Globalement les feuillues en général sont euh plus efficaces en terme de portage d'ombre que les résineux globalement. Mais euh il y a des exceptions. Euh par exemple, si vous prenez les pains euh le pain maritime ou le pain d'aleppe sont des pains qui passer beaucoup de lumière. Donc là, vous allez avoir du chouboin.
Mais si vous prenez du pain parasol, bien nommé pour sa forme parasol ou ou si vous prenez des pains des pains de ce type là, euh là il y a là il y a beaucoup plus d'ombre. Donc vous pouvez pas dire globalement les pains c'est pas bon. De même façon, vous pouvez pas dire globalement les résineux c'est pas bon. Ça dépend quel résineux. Si vous mettez du cèdre, je vous garantis que sous le cèdre c'est très ombrangé. Vous aurez pas de mal à avoir quelque chose d'assez d'assez propre. Dans les feuillus, si vous prenez l'eucalyptus, c'est une catastrophe. Ça laisse passer beaucoup de lumière. Alors, dans l'eucalyptus, il y a pas beaucoup de sous-bois, mais c'est pour une autre raison.
C'est parce que l'eucalyptus fait crever euh toutes les espèces qui lui sont compétitives. Mais vous prendre si vous preniez quelque chose de qui un feuillage léger comme l'eucalyptus, c'est une catastrophe alors que c'est du feu. Euh voilà, ça c'est le premier principe. Vous vous enlevez vous enz la stratification, vous cassez la stratification. Deuxième principe, c'est qu'un feu euh ça se développe d'autant mieux qu'il a face à lui un combustible homogène et régulier. Si vous mettez dans le système des tas d'hétérogénéité spatial, euh ben ça ça le ralentit forcément.
Je je parle même pas d'endroit où vous supprimez complètement la forêt, des coupes feu, des sans aller jusque là, même en faisant l'hétogénité, ça ralentit. C'est c'est le même principe qu'en électricité, hein. Si vous avez un conducteur, parfait, ça passe. Vous commencez à mettre dans votre conducteur des tas de trucs isolants. Même si c'est pas complètement isolant, ben votre corant, il va il va moins bien passer. Euh c'est pareil pour un feu. Donc voilà le type de chos qu'on peut faire pour améliorer la situation. Mais après, comme j'ai dit tout à l'heure, quand vous êtes vraiment dans une situation climatique difficile, euh ça ça brûlera mais moins fort et moins vite. Merci beaucoup.
Une autre question ? Euh, bonsoir. Merci d'être là de de nous partager euh votre expérience et votre savoir. Ma question, elle portait sur les territoire d'outreem. Est-ce qu'on est autant préparé euh dans à la gestion des feux de forêt dans les territoires d'outreer que en métropole euh notamment euh enfin la gestion du personnel des Canadaires et de l'approvisionnement en eau et aussi dans la prévention des feux. Est-ce qu'il y a des restrictions différentes entre les forêts métropolitaines et les forêts, je pense par exemple à la Guyane française où il y a énormément d'espèces protégées. Voilà. Alors euh bon, il y a un certain nombre de principes qui sont valables n'importe où.
Après, c'est clair que comme les forêts d'outre mer ressemblent pas du tout écologiquement aux forêts de l'hexagone, euh vous avez vous avez des différences. Euh vous avez différences [grognement] qui sont liées euh je viens de parler par exemple du de la fermeture du couvert qui empêche qu'il y ait de beaucoup de lumière qui arrive au sol. Bon si vous êtes dans une forêt comme la forêt amazonnienne par exemple, là c'est clair que vous êtes dans une forêt qui est alors qui est très étagée, qui est très stratifiée, mais avec des strates déjà hautes et avec beaucoup d'ombre au sol.
Et de la même façon euh le fait que soit embragé, ça entretient un microclimat aussi qui est qui est plus favorable, même si je l'ai dit tout à l'heure, quand tout ça est sec, c'est sec. Donc ça ça brûlera quand même. Autre différence qui a sans doute, alors je peux pas parler des forêts en général, mais c'est que les pressions de mise à feu fonctionnent pas du tout de la même façon. Euh pression de mise à feu euh dans l'hexagone, c'est j'ai dit tout à l'heure, c'est des imprudence, euh sont des travaux, sont des équipements euh en forêt tropicale en général, hein. Euh c'est souvent l'homme aussi qui met le feu, mais dans ce cas-là, c'est volontaire.
Par exemple au Brésil, vous avez des normes surfaces qui sont euh qui sont mises qui qui sont allumées euh tout simplement pour libérer de l'espace, pour faire de l'élevage ou de l'agriculture. Donc on est on est on n'est pas du tout dans les mêmes les mêmes configurations. L'autre différence qu'il y a, si je reviens sur la France, qu'il y a entre l'outre mer et l'hexagone, c'est que je disais tout à l'heure, la problématique feu de forêt, c'est pas qu'une problématique forestière, c'est une problématique d'aménagement du territoire et c'est une problématique aussi de stratégie de lutte.
Bon, il est clair que quand vous regardez l'aménagement du territoire outreem et enfin la façon dont les territoires sont structurés autre mer et comment ils sont structurés en métropole, ça se ressemble pas vraiment. D'ailleurs, quand on dit une mère, on devrait distinguer euh la manière dont territoire être organisé en Guyane. Ça a rien à voir avec la manière organisée aux Antill ou ou à la Réunion. Euh et de la même façon, les organisations de prévention et de lutte on ont on sont assez sont assez différentes.
Donc vous pouvez pas faire de de il y a un certain nombre de principes qui sont valables partout, mais après vous pouvez pas faire de transfert très simple euh d'un dispositif hexagonal, un dispositif ou visa d'ailleurs. Voilà. Après, il y a des il y a des cas où le transfert il est plus simple que non d'autres. Par exemple, si vous prenez l'île de la Réunion, on applique à les réunions beaucoup plus facilement les règles hexagonales qu'en Guyane. Pour prendre deux exemples, dans la gestion des feux existants, est-ce que aussi il y a une différence de la gestion de bah enfin là on parle de la prévention, ça va être différent.
Et euh pour revenir à ma question, est-ce que dans la gestion de la forêt dans dans la gestion des feux de forêts qui peut y avoir, euh vous avez observé euh à à l'ONF des différences de des différences budgétaires entre ce qui était accordé à la France euh en métropole et au territoire d'outre mer ? Ben justure de cette forêt, il y a il y a deux deux grosses différences, enfin il y a plus que deux mais il y a au moins deux domaines où il y a des grosses différences. Premier domaine, c'est que l'exploitation forestière outreem euh qui est quand même des éléments importants de de la gestion forestière, elle est beaucoup plus faible qu'en qu'en métropole. Je vous donne un chiffre.
Euh en Guyan en Guyane, l'office il exploite 80000 m³ d'eau par an sur 6 millions d'hectares. On mtropole sur 4500000 hactares, on on on exploite 12 millions de m c donc ça rien à voir en en terme de présence humaine, en terme de voilà et et en terme de lutte, c'est pareil. La lutte et les moyens de lutte sont pas du tout les mêmes entre l'hexagone et la métropole. Ils sont d'ailleurs pas du tout les mêmes, même à l'intérieur de l'hexagone, entre les zones qui historiquement brûlent depuis longtemps et puis c'est qui sont les nouvelles zones à risque. Vous avez des pompiers partout, ça c'est clair.
Mais les moyens pompiers pour les sens de feu de forêt dans un département comme le VAR ou dans un département comme les Alpes Maritimes ou les bouges du Rô sont incommensurablement supérieurs à ce que vous trouverez dans des services d'incendie de secours du nord de la France. Euh les Canadais, ils sont pas partout. Donc il y a pas il y a pas qu'avec l'autre mer qu' a des différences en terme de d'organisation de gestion de forestière et et d'organisation de lutte. Voilà, c'est lié c'est lié à l'histoire des feux de forêt, enfin la la situation historique des feux de forêt qui les dispositifs ont été calés sur ces historiques.
La la question qu'on a maintenant c'est le changement climatique est en train de faire bouger ces équilibres historiques. Donc effectivement ça se des questions de comment on fait bouger en face comment on fait bouger en face tout le système de gestion et et de lutte. Bon, bonsoir monsieur. Merci beaucoup de votre présence ici. J'avais une question concernant quelque chose que vous avez énoncé tout à l'heure. Vous avez parlé de la forte augmentation de la mortalité en forêt. Est-ce que vous pourriez nous en dire plus sur l'origine, l'impact et les moyens de lutter contre cette augmentation de la mortalité ?
Mais l'augmentation de la mortalité forêt, elle a je l' évoqué rapidement mais je vais insister un peu plus, expliciter un peu plus. Elle a deux causes possibles, deux principales causes possibles. La première, c'est le stress hydrique que vont subir les arbres. Donc ça c'est une cause de mortalité physiologique. Euh il faut savoir comment enfin en quelques mots comment fonctionne un arbre par rapport à l'eau ? un arbre, il va chercher dans le sol l'eau dont il a besoin. Chez un arbre, l'eau est essentielle pour deux raisons. Comme chez tous les autres vivants parce qu'il a besoin d'eau.
Mais chez lui, il y a une deuxième raison qui fait qu'il a absolument besoin d'eau, c'est que les éléments dont il va se nourrir, les sell mir minu enfin tout ce qui trouve dans le sol en terme d'aliments primaire vaut être transporté jusqu'aux feuilles qui sont les endroits où l'arbre transforme tout ça et oui à partir desquels il va euh fabriquer ce qu'on appelle la célébour et à partir de laquelle il va se développer croîre se développer. Euh tout ça est transporté par l'eau.
C'est-à-dire que l'eau, c'est à la fois un élément qui est utilisé par l'arbre en tant qu'élément, mais c'est aussi un vecteur, un vecteur qui sert à transporter dans l'arbre tous les éléments nutritifs dont il a besoin jusqu'aux feuilles. Et cette deuxième fonction d'eau, je l'ai dit tout à l'heure, euh l'arbre garde pas cette eau-là, il il a réévacu par transpiration dans l'atmosphère. Et c'est de très loin la plus grande partie de l'eau qui pompe. Ce qui fait que euh il y a un troisème élément qui joue qui est très important, c'est que lorsqu'il y a il évacue dans l'atmosphère par transpiration cette eau, c'est un effet refroidisseur.
Donc ça refroidit le dessus du feuillage qui est en plein soleil. Si vous êtes dans un système où votre climat devient beaucoup plus sec, qu'est-ce qui va se passer ? il va se passer que il va avoir de plus en plus de mal à aspirer l'eau dont il a besoin. Et là selon les espèces, il y a plusieurs stratégies. La première stratégie enfin une des stratégies c'est ce sont des espèces qui manquent d'eau vont fermer ce qu'on appelle les stomates, c'estàdire les pors qu'ils ont sur les feuilles qui leur permettent de transpirer vont fermer. En gros, ils vont arrêter leur transpiration. Ils vont fermer leur stomate pour plus perdre d'eau.
Ils peuvent plus en pomper suffisamment donc ils arrête d'en perdre. Hop. Mais ça ça a deux conséquences. La première c'est que comme il y a plus d'eau, ils arrêtent de transpirer, il y a plus d'eau, ils arrêtent de pomper de l'eau, ben il y a plus de photosynthèse. Donc l'arbre n'est plus alimenté. il va pas crever tout de suite parce qu'il a des réserves, mais si ça dure trop longtemps, il va avoir un problème d'alimentation au sens alimentaire du terme. En tout cas, ça va l'affaiblir, ça c'est sûr. Le deuxième problème que que ça pose, c'est que comme il transpire plus, il y a plus l'effet refroidisseur.
Si vous êtes en période de canicule forte, la température de surface des feuilles dans le houpied peut monter à des niveaux qui sont destructeurs pour les feuilles. Ça va détruire les tissus des feuilles. Donc à un moment donné là aussi stress il va perdre ses feuilles. Ça veut pas dire que l'arbre meurt mais ça veut dire que momentanément il perd ses feuilles. Mais en tout cas, il est stressé et si ça dure trop longtemps, il peut m'ouvrir ou si ça se répète trop souvent, il peut m'ouvrir. Ça c'est la première stratégie, la stratégie de l'arbre économ.
Et puis il y a une deuxième stratégie et certaines essences ont plutôt cette deuxième stratégie qui est je force au maximum pour pomper l'eau. Je je ne déclenche pas de mécanisme d'économie mais je force au maximum tant que je peux pour pomper l'eau tant qu'il en reste dans le sol. Et ce faisant, je vous dis tout à l'heure, on est dans un système de pompe aspirante. Mais ce faisant, à partir d'un certain seuil où où la récupération de l'eau devient très difficile, il va en même temps l'arbre en même temps qu'il va aspirer de l'eau, il va aspirer de l'air, il va y avoir des bulles d'air. Et ça, c'est un phénomène qui est voisin de maladie humaine, quoi.
L'embolie, c'est une espèce d'embolie gazeuse. Euh ce qu'on appelle phénomène de cavitation. Et alors là, c'est radical quand il y a cavitation et le l'élément dans lequel il y a la cavitation meurt instantané. Enfin instantanément, je prend un petit peu de temps mais il meurt. C'est irrécupérable. Donc euh dans les deux cas de figure, votre arbre, il va être au minimum stressé et dans certains cas, il va y passer. Soit parce qu'il crève de faim, il est plus alimenté, soit parce que il crève de chaud, la température de surface de ses feuilles est telle qui perd tout son feuillage. Soit parce que il a une cavitation, il a une embolie gageuse.
Ça c'est le déplairissement, la mortalité climatique pure. Vous avez une autre un autre type de mortalité qui est la mortalité sanitaire. Euh c'est-à-dire qu'un arbre, il peut être attaqué et il est malheureusement aujourd'hui de plus en plus souvent attaqué par des parasites euh par des pathogènes. Et dans ces pathogènes, il y en a un certain nombre qui attaque l'arbre quel que soit sa configuration et puis il y en a certains qui sont dit de faiblesse qui attaquent l'arbre préférentiellement lorsque l'arbre est en état de faiblesse. L'exemple typique du pathogène de faiblesse, c'est le scolite quand l'arbre est affaibli.
Donc par exemple par le stress climatique dont je parlais tout à l'heure, le stress climatique va pas le tuer mais va l'affaiblir suffisamment pour que le scolite l'attaque et à ce moment-là le le dépérissement final c'est le résultat surtout de l'attaque sanitaire. Voilà, c'est deux grandes causes de de dépérissement de dépérissement des forêts. Sachant que euh la troisème cause mais qui est pas du dépérissement qui est de la destruction pure et simple, c'est l'incendie. Oui, bonsoir. Vous avez parlé du bois énergie et en disant que c'était plutôt une bonne chose puisque ça permet d'utiliser les branche des arbres qui sont pas utilisables pour faire des bâtiments par exemple.
Mais il y a de vifes critiques qui qui disent que en pratique c'est beaucoup des des trons des trons d'arbres centenaires par exemple qui sont brûlés dans ces centrales. Et donc en pratique, qu'est-ce que qu'est-ce qui se passe vraiment ? Est-ce que c'est vraiment une si bonne chose que ça ? Non. Euh il il questionne la notion de de consommation de d'arbres qui peuvent être très très matures, voir des arbres centenaires euh dans euh dans les dans l'usage euh du bois énergie, donc euh de valorisation vraiment énergétique du bois en le brûlant. Euh et il questionne euh vraiment il questionne la pertinence de de cet usage. Bah vous pouvez faire du bois énergie avec n'importe quel type de bois.
Après il faut être masochiste pour les couper du bois centenaire pour faire du bois énergie. D'autant que comme j'ai dit tout à l'heure euh si vous coupez votre bois centenaire pour faire de jolies planches, de toute façon, vous allez fabriquer du bois énergie avec puisque puisque dans un un arbre euh de grande taille, enfin centenaire, donc en haut tout ce qui est pas le tron va pouvoir être utilisé en bois énergie. Donc ce qu'il faut savoir, c'est que le bois énergie, c'est quand même pas si vous faites du bois d'or, euh c'est quand même plus rémunérateur que le bois énergie.
Donc euh enfin je sais pas quoi vous pensez exactement comme type de scénario, mais parce que même dans le cas d'une forêt qui dépérit, un bois dépérissant, si vous si vous le récupérez assez rapidement, vous pouvez quand même l'utiliser en bonheur. Ça c'est pas parce que le le l'arbre est a des péris que son bois euh à condition vous le récupérer rapidement, que vous laissiez pas se dégrader sur pli que son bois est inutilisable. Euh je vous donne un exemple très très concret.
Euh le siège de l'ONF, le nouveau siège de enfin le nouveau maintenant il a 2 3 ans d'âge mais le siège de l'ONF qui aujourd'hui la direction générale F est dans le dans le le parc de de l'école vétérinaire de Maison Alfort qui est un siège en bois à dominante forte bois. On a imposé l'architecte qui était pas d'accord mais bon on était tu d'utiliser des piscin scolité.
L'architecte était pas d'accord parce qu'il dit il y pensait pas puis c'est scolité mais c'est dangereux ça va pas tenir c'est ben non c'est pas dangereux et puis c'est la scolité et il est esthétiquement un peu moins joli parce qu' voilà il s mais si vous le récupérez très rapidement il a les mêmes caractéristiques mécaniques que puissolité donc on a tout fait pé en colité et croyez-moi je vais au bureau sans craindre de prendre bâtiment sur la tête Ça tient donc le bois énergie enfin ça c'est ça c'est en tout cas c'est la stratégie de l'office hein.
Bois énergie pour nous c'est un sous-produit fatal on peut pas l'éviter parce qu'avant quand on avait pas débouché du bois énergie qu'est-ce qu'on faisait ? Ben soit on laissait tout sur place. Alors les écologistes vous diront c'est très bien, ça fait beaucoup de carbone sur place. Mais bon, les forêts publiques, c'est pas fait que pour les écologistes. Je pourrais vous dire que si vous laissez tout sur place dans une forêt comme Fontaine Blue, vous allez vous faire sonner les cloches parce que les promeneurs vont vous dire "Mais c'est quoi ce bazar ?
Il y a du bois partout, on peut plus déplacer et cetera et cetera." Donc soit on laisse sur place mais ça a quand même des inconvénients en forêt publique notamment. Euh je parle même pas du risque d'incendie parce que si vous laissez des quantités de bois après exploitation sur place, ben forcément ça fait du combustible. Soit vous l'évacuez vous l'évacuez dans des charges de déchets vert mais alors pour le coup non seulement ça vous rapporte rien mais ça vous coûte. Donc le fait d'avoir débouché le bois énergie de ce point de vue là est très intéressant. Mais c'est un sous-produit, c'est pas c'est pas un produit c'est pas un produit prioritaire du tout du tout.
C'est assez passionnant en vous écoutant de voir à quel point les problématiques sont très très diverses. Elles mettent en lieu des acteurs qui pensent pas du tout la même chose et qu'en fait on pourrait en parler pendant des heures mais malheureusement le temps nous presse. On va on va s'arrêter là. Vous vouliez dire un mot de conclusion euh particulier ou euh on peut laisser là-dessus ? Usion Non, enfin j'espère que la voix assez clair dans mes explications.
Euh non, ce que ce que je peux dire, c'est si peut-être ce que je peux dire sur un plan un peu général euh pendant très longtemps euh en fait le changement climatique est en train de est en train de révolutionner le métier de forestier. Euh pourquoi ? parce que dans pendant très longtemps, les forêts sont des sont des écosystèmes à cycle très long. Ce qui fait que pendant très longtemps, le principe de gestion d'un forestier, notamment d'un forestier public, c'était de dire euh je suis en climat constant. Enfin, je disais même pas je suis en climat constant, il partait du principe qu'il était en climat constant.
Euh je vais regarder ce qui a bien marché dans le passé au cours des des siècles. Et a priori ce qui a bien marché dans le passé va bien marcher dans l'avenir puisque c'est climatiquement c'est la même chose. Je suis sur le même sol, le même terrain, le même climat. Donc le l'histoire a fait le boulot pour moi du choix des meilleures techniques. Donc en gros, on se disait euh si un chaîn est arrivé jusqu'à nous en étant planté par Colbert, il y a pas de raison qu'en plant chaîne maintenant on retrouve pas on retrouve pas ce chaîne dans de siècles.
Bon, ça vole éclat complet et parce que donc on partait sur ces principes et c'est pour ça qu'en fa République, on faisait très peu de plantation, très très peu parce que quand on partait sur ce principe, la conséquence de ce principe c'est je reproduis ce qui existe et comme ça, je suis sûr de moi. Et la manière de reproduire ce qui existe, c'est de faire la régénération naturelle. Vous l'aider, ça se fait pas tout seul, il faut faire des travaux et cetera. Mais en gros, vous favorisez ce qui tombe des arbres qui sont en place pour faire le froid de demain. Régénération naturelle, pas un seul plan, pas de plantation. Ce schéma là, il vole en éclat avec le changement climatique. Pourquoi ?
parce que on est sûr que le climat de demain ça pète le climat d' 100 ans 150 ans. Ce qui veut dire qu'on est sûr que si on prend une décision aujourd'hui pour un arbre qui va devenir adulte dans 150 ans, en se basant sur le climat d'aujourd'hui, on a tout faux. On est sûr de se tromper. On n'est pas bien sûr exactement de ce qu'il faut faire. C'est pour ça qu'on va faire va tester des tas de choses. C'est pour ça qu'on a une approche dite de forêt mosaïque où on teste de la diversité et puis on verra bien ce qui résiste qui résiste pas. Mais il y a une chose qu'on est sûr, c'est que si on refait exactement ce qui existe aujourd'hui dans un climat de demain, ça tiendra pas.
Et ça par rapport à la pratique habituelle, c'est une révolution. Et quelque part, c'est une révolution qui est un petit peu angoissante. Le terme est peut-être fort, mais qui est déstabilisante pour par exemple les agents de l'ONF qui disent "Mais est-ce qu'on est sûr de bien faire ?" Ben non, on est sûr de rien. Donc le problème c'est vous faites au mieux et euh vous assumez qu'il puisse y avoir des échecs. Ça fait partie de l'apprentissage. Par contre la précaution qu'il faut prendre, c'est faites diversifier parce que si vous faites pas diversifié et vous avez fait le mauvais choix, al cata. On va rester là-dessus. Merci beaucoup d'avoir répondu à notre invitation.
vous on a plein de prochaines conférences à la tribune et au feed qui vont être passionnantes et qui vont continuer ces questionsl et encore un merci à tous ceux qui sont venus et à vous Albert Maillet pour cette pour cette conférence très intéressante.
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Je [applaudissements] je vous vois pas bien tous à contrejour, mais je vous remercie en tout cas de votre présence et de votre attention. Merci.
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