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interviewRadio J — L'interview politique· 26 octobre 2023 12 min

François Patriat - Le Barbier du matin du 26/10/23

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonsoir Patria, bonjour et bienvenue. Bonjour. Président de ce groupe Rassemblement des Démocrates Progressistes et Indépendants, c'est-à-dire le groupe macroniste au Sénat. Hier, le président de la République, à la fin de son voyage au Proche-Orient, en partant d'Égypte, a dit « Une intervention massive d'Israël serait une erreur. Que faut-il comprendre par cette mise en garde ? »

0:25
François Patriat

Je pense que le président de la République est allé dans ce périple Moyen-Orient où il a fait ce que d'autres chefs d'État n'ont pas fait. Il avait trois buts. D'abord, tenter de sauver tous les otages. Ensuite, d'éviter l'enflammement horizontal et vertical du conflit. Et en troisième lieu, de tracer les voies de la paix. Tout en rappelant que, bien sûr, on ne peut pas aujourd'hui espérer qu'il y aurait une trêve. C'est clair. On ne peut pas le dire comme tel. Donc, dans le même temps, il demande aux Israéliens « Ok, vous avez le droit, bien entendu, à vous défendre. Vous avez le droit, aujourd'hui, d'éradiquer le Hamas. Faites-le dans des conditions qu'il respecte au plus.

La donnée, c'est une mise en garde. Dire aujourd'hui, vis-à-vis des civils, essayez d'être à la fois le plus prudent, si on peut parler de prudence, entre guillemets, de le faire connaissant la réalité des faits. Je pense que c'est la voie la plus juste et la plus réelle qu'il ait pu exprimer.

1:13
Présentateur

Quand, presque en réponse, on entend Benjamin Netanyahou ne plus parler d'invasion, mais d'incursion. Vous pensez que c'est ce qui progresse, calibrer une opération militaire pour qu'il y ait le moins de dégâts possibles côté civil ?

1:24
François Patriat

Je crois qu'Israël, aujourd'hui, est suffisamment responsable pour dire que c'est l'incursion qu'ils vont faire. L'objectif, c'est de détruire toutes les installations du Hamas et les moyens qu'a le Hamas aujourd'hui pour, à nouveau, attaquer Israël. Et de le faire après, je crois que le temps qui a été pris, c'est plus de 15 jours maintenant, c'est pour identifier bien les sites, pour permettre aux civils, dans les conditions qu'on connaît aujourd'hui, qui sont dramatiques aussi pour les civils là-bas, de quitter le terrain, de faire en sorte que ces sites...

Je crois que c'est une opération qui est préparée minutieusement, malgré tout, j'espère, pour faire en sorte qu'il y ait le moins de civils qui soient.

2:01
Présentateur

Il y aura cette phase militaire, et puis après, il y aura une phase politique. Netanyahou le dit, il y aura des comptes à rendre après la guerre. On se prépare aussi à une grande crise politique en Israël et dans toute la zone.

2:11
François Patriat

Je pense... Vous savez, on pense aujourd'hui aux accords d'Abraham, on repense à tout ce qui a été fait, et à tous les échecs successifs pour arriver à une solution. Ce qu'a dit le chef de l'autorité palestinienne en disant, nous reconnaissons aujourd'hui qu'Israël a le droit d'exister, d'avoir un État. Il faut aussi que les Palestiniens aient un État. La solution à deux États, tout le monde la souhaite. Le tout, c'est de savoir comment la mettre en place. Et aujourd'hui, les voix... Je pense qu'on peut remettre le chantier sur le chou de l'ouvrage, mais je me dis que ça va être difficile et long.

2:43
Présentateur

Dans cette perspective d'aller arriver à une solution à deux États, l'idée de coalition lancée par le président de la République pendant ce voyage a-t-elle sa place ? C'est une coalition uniquement antiterroriste ? C'est une coalition pour observer ?

2:54
François Patriat

C'est une coalition pour quoi faire ? Je crois qu'il y a eu, de la part des oppositions qui cherchent toujours à reprocher quelque chose au chef de l'État, une mauvaise interprétation de ce qu'il a dit. Il n'a pas dit qu'il y a une coalition contre Daesh avec des moyens militaires pour aller déployer des forces militaires. Il a dit, nous allons trouver une coalition d'États qui vont nous aider à lutter contre le terrorisme. Ça veut dire le financement du terrorisme. Ça veut dire le renseignement du terrorisme. Ça veut dire la propagande du terrorisme.

Si on arrive à réunir des pays qui sont capables, sur ce sujet, d'agir très fortement, alors on réduit de beaucoup la puissance de feu du Hamas.

3:26
Présentateur

Quelle attitude doit-on avoir, nous, Français, vis-à-vis du Qatar ? Certains disent qu'il faut remplir les relations avec le Qatar, d'autres disent qu'au contraire, ils sont utiles. Quel lien nous devons entretenir avec eux ?

3:37
François Patriat

Il faut avoir un rapport lucide. Lucide sur l'attitude du Qatar qui est souvent ambiguë. Certains comme un investisseur qui vit en France dans tous les domaines que vous connaissez par ailleurs, mais qui joue un jeu trouble en soutenant par ailleurs par les mouvements terroristes. Je crois qu'il faut aller à leur rencontre quand ils font œuvre de paix ou de médiation. Je ne sais pas à quel prix, je ne connais pas. Bien entendu, personne ne dira quelles sont les conditions de libération des otages. Personne ne saura. Le président a esquissé ça. Bien entendu, ça doit rester dans le domaine du secret. Je crois que voilà, il faut être lucide. On sait que le Qatar a des attitudes ambiguës.

Il faut tenir compte de ces ambiguïtés et parler avec le Qatar quand il peut nous aider.

4:23
Présentateur

Quand le président va à Ramallah, quand il incite à la modération, est-ce qu'il est déjà dans la négociation pour avoir des otages, ne pas être trop agressif envers les pays arabes ou même envers le Hamas ?

4:34
François Patriat

Je ne pense pas qu'il soit dans la négociation déjà. Je ne pense pas. Je crois qu'il est là-bas pour parler vrai. Il est là-bas pour parler vrai, pour dire qu'on ne peut rien occulter. Il y a une agression dramatique, épouvantable, atroce contre Israël avec des exactions inqualifiables. Il y a dans le même temps une histoire avec laquelle il faut aujourd'hui traiter qui doit avancer dans le bon sens. Espérons-le. Ça dure depuis plus d'un demi-siècle aujourd'hui. C'est d'essayer de rassembler des gens, je ne dis pas de bonne volonté, parce que c'est trop facile à dire, mais des gens capables, chacun dans leur territoire, d'être influents pour que cette solution fasse la paix avant.

5:12
Présentateur

Comment réagissez-vous à la flambée des actes antisémites depuis trois semaines, maintenant en France, depuis le 7 octobre, jusqu'à voir des photos d'otages qui sont affichées hier dans les rues de Paris se faire arracher ?

5:20
François Patriat

Je suis toujours frappé par le niveau de l'antisémitisme dans notre pays, qui est réel. Moi-même, parce que j'ai des amis juifs aujourd'hui, j'ai reçu des menages de mort rappelant mon amitié ou mes amis juifs, etc.

5:37
Présentateur

C'est quoi ? C'est le Roland de la Seconde Guerre mondiale ? C'est ancestral ? Ou c'est uniquement le conflit du Proche-Orient

5:42
François Patriat

qui s'est importé ? Non, il y a un fond dans notre pays qui date depuis longtemps, même depuis la Troisième République, depuis avant, qui date depuis toujours de gens qui pensent que le juif est l'homme à battre, qui pensent que le juif est riche, qui pensent que le juif réussit. Vous savez, dans notre pays, il y a une forme de jalousie qui ne s'adresse pas seulement aux juifs, qui s'adresse tout simplement à l'égard du chef de l'État aujourd'hui, comme tel. Parce que vous êtes brillant, parce que vous réussissez, parce que vous investissez, parce que vous êtes artiste, parce que, etc. Vous êtes suspect dans ce pays. Vous êtes suspect. Il ne faut pas réussir dans ce pays.

6:14
Présentateur

Et d'ailleurs, le Président de la République a été caricaturé comme manipulé par la finance juive, par beaucoup d'antisémites. C'est ça, complètement. C'est ça, voilà.

6:20
François Patriat

Mais le raccourci est fait, qui appartient à cette catégorie de Français qui sont, ça va encore me faire, peut-être, mais qui sont les premiers de cordée. Ce qui tirent, justement, à la fois le monde de l'économie, la culture et autres. Et qu'il y a dans ce pays, à chaque fois, vous savez, on aime bien les boucs émissaires dans ce pays. On est binaire, et on aime les boucs émissaires. Et les juifs sont souvent les boucs émissaires.

6:44
Présentateur

Que faire de ces enfants radicalisés qu'on exclue temporairement de l'école parce qu'ils ont troublé les cérémonies en hommage à Dominique Bernard ? Qu'est-ce qu'on en fait ? On les met dans les internats ? Comment on les traite ? D'abord, je crois qu'il faut les suivre aujourd'hui.

6:55
François Patriat

Je pense qu'il faut mettre en cause les parents. Je crois qu'il faut mettre en cause les parents. On l'a fait dans les drames des banlieues. On l'a dit aujourd'hui, il y aura dans la loi future un volet qui permettra de mettre en responsabilité Le dispositif anti-émeute est prononcé aujourd'hui. C'est avec les parents. Trouver aujourd'hui sans doute des lieux, des locaux, des établissements d'enseignement où ils pourront être suivis. Parce que si ça se répète, il faut quand même une surveillance réelle. Alors, dans ces actions, qu'est-ce qu'il y a comme part de provocation ? Qu'est-ce qu'il y a comme part de bêtise ? Et qu'est-ce qu'il y a comme vraiment relentissime dedans ?

Il faut aussi faire la part des choses.

7:36
Présentateur

Difficile pour l'État, pour l'éducation, de lutter contre les réseaux sociaux, contre l'environnement familial, contre les imams.

7:42
François Patriat

Complètement, vous avez raison. Il faut être patient simplement ? Ah non, il faut donner les moyens de surveillance de plus en plus. Et je crois que les lois que nous votons actuellement donnent à la surveillance, et ça a été fait depuis déjà 3 ou 4 ans, des moyens recrutent beaucoup dans le domaine d'aujourd'hui. Une surveillance, vous avez vu, tout le monde l'a compris. On a vu le problème des fichiers, on le voit à côté. Il faut que maintenant, dans ce contexte, dans cette guerre totale que nous vivons contre les drames à la fois racistes, mais aussi la montée de l'islamisme à côté, on le voit bien, il faut des moyens d'enseignement très importants.

8:19
Présentateur

Il va y avoir une loi immigration, elle fait partie de cette lutte, elle va arriver au Sénat. Vous êtes optimiste, elle va être votée entre la majorité de droite au Sénat, et vous ?

8:27
François Patriat

Je pense qu'il y a une part d'irresponsabilité chez nos responsables politiques, notamment de la majorité au Sénat. Les Républicains, pourquoi ? Non, je... Oui, mais pas tous, encore. Voilà. Je pense que cette loi, elle doit être, je ne dis pas équilibrée, mais elle doit répondre à deux impératifs. Il faut à tout prix que nous puissions, les Français le demandent, et c'est normal aussi. Je vois que Gérald Darmenin publie maintenant, chaque jour, les listes des gens qui sont expulsés. Il faut que les gens qui n'ont plus rien à faire sur notre territoire, c'est la demande des Français. C'est s'écrit leur exaspération. Il faut qu'ils soient mieux reconduits.

Il faut mieux qu'on les reconduisse hors des frontières et qu'on empêche d'en venir d'autres. Mais dans le même temps, il faut aussi que les Français, parce que, vous savez, on a parlé, je crois que les Républicains déforment le texte, dans le texte aujourd'hui sur les métiers en tension. Il ne s'agit pas de quelque chose d'automatique et d'irréversible. Si vous remplissez les conditions trois ans en France, avoir au moins travaillé pendant huit mois dans ces conditions-là sur des métiers en tension définis, par exemple, la restauration n'y est pas. Là, vous pouvez être... avoir des titres de séjour. Là, oui. Et puis, en même temps, ce n'est pas définitif.

Donc, de faire croire que c'est un aspirateur à immigration qu'on va demain donner des titres à tout le monde, ce n'est pas bien. Donc, sur le texte, moi, je crains que les Républicains tendent la corde à l'extrême qu'ils veulent obtenir le maximum de bonus pour leur camp en disant, voilà, nous avons obtenu le fait que le gouvernement recule sur telle ou telle chose et puis qu'au bout du compte, il soit très divisé et pas accepté à voter le texte. Comme sur les retraites. Ils font la sur-enchaire et puis vous donnez tout et vous n'obtenez rien. Je crains que ce soit comme les retraites. Souvenez-vous, sur les traites, lorsque M.

Ciotti, Marlex et Retailleau sortent de Matignon et disent, nous avons gagné, c'est notre loi. Et on va la voter. On va la voter.

10:03
Présentateur

Et vous, vous avez vu ce qui s'est passé. Ça veut dire que ça sera ingouvernable si ça continue comme ça. Si l'opposition ne joue pas le jeu, il faudra aller vers une dissolution et remettre les cartes devant les électeurs.

10:11
François Patriat

Je crois que chacun doit prendre ses responsabilités aujourd'hui. On ne peut pas d'un côté dire qu'on demande des mesures importantes qu'on n'a pas prises soi-même par le passé et lorsque le gouvernement veut les prendre parce que dans les mesures que propose aujourd'hui le gouvernement et Gérald Darmanin, il y a des mesures dont je demande depuis des semaines et des semaines que soient montrées leur opérabilité et leur efficacité. Il faut qu'il y ait à la fois dans ce texte des mesures dont l'efficacité pourrait être prouvée et qu'il y ait des actes derrière. Alors, le gouvernement le fait aujourd'hui, c'est sans précédent.

Il va par exemple, pour les mesures d'expulsion, on va passer de 12 mesures à 4 mesures. Ce sera très rapide. Ce sera très rapide. On va faciliter. Donc, ça va avancer. Ce n'est pas une loi d'immigration supplémentaire. C'est une loi anti-immigration supplémentaire. C'est une loi qui doit donner la mesure aujourd'hui. Moi, je pense qu'il faut mettre les oppositions nationales face à leurs responsabilités. Si elles ne veulent pas le voter, on sait qu'en fait quand elles ne veulent pas qu'elles ne veulent pas qu'elles mesures soient prises.

11:02
Présentateur

Il y a peut-être une issue. Vous gardez le côté dur pour plaire à la droite

11:05
François Patriat

et puis les métiers en tension on peut faire ça par circulaire. Ce n'est pas évident. Je pense que la décision n'est pas prise aujourd'hui de savoir ce qui peut être fait. J'en ai parlé avec mon ami M. Maillard, le président du groupe, avec le gouvernement. C'est ce que la proposition des centristes au Sénat de dire, en vrai, tirons-le comme ça. Contrairement à ce que j'ai lu ou entendu, la première ministre n'est pas aujourd'hui disposée à abandonner l'article 3. Pas plus que le ministre de l'Intérieur.

11:28
Présentateur

Sur la régularisation des métiers en tension.

11:30
François Patriat

Donc, on va avoir quand même au cœur de cet automne un point de tension politique majeur. Manifestement, oui. Mais chacun va prendre ses responsabilités. Au Sénat, Darmanin a montré qu'il était ouvert, qu'il prenait une partie des amendements, une grande partie des amendements qui étaient proposés. Il est pour le dialogue aujourd'hui, mais vous savez, quand on a le sens du dialogue et qu'on a été invité chez le ministre aujourd'hui, jeudi, à venir parler d'un texte qui va venir dans 10 jours au Parlement et que, manifestement, enfin, aujourd'hui, l'ordre a été donné par le président du groupe de boycotter la rencontre, c'est pas vraiment le sens du dialogue.

François Patria, merci et bonne journée. 7h45, votre invité sera Pierre Gattaz, ancien président du Mouvement des entreprises de France.

François Patriat - Le Barbier du matin du 26/10/23 — François Patriat · Pourquijevote