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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 6 novembre 2025 34 min

Sauver l’industrie : quel rôle pour les régions ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est un savoir-faire vieux de 80 ans qui a failli disparaître, sauvé grâce à un paris. La Scop depuis plus d'un an, Durale Alex appartient à 180 de ses salariés rentrés au capital. Grégory Planck travaille dans l'entreprise depuis 27 ans.

Il s'est lancé dans cette aventure sans hésiter une seconde. Moi, c'était une évidence parce que déjà pour garder mon emploi et puis pour essayer de garder la la société, la la marque, on voulait pas que ça parte à l'étranger ou aux oubillettes du Alex, c'est toute une fierté. Une réussite rendue possible grâce au soutien public, notamment du conseil régional.

Lors de la reprise, la région prête 1 million d'euros et double la porort des salariés avec un don de presque 600 €. Une aide essentielle selon le directeur général de la marque. On a réussi à lever 4 millions de prêts, d'accord, grâce au démarrage de la région et de la métropole.

Euh ce qui fait qu'on a eu un total de 9008, ça a été les clés pour euh sauver Duralex. La région insuffle aussi de nouvelles idées comme ce coffret lancé l'an dernier. Alors ici, on a le pack qui a été fait en collaboration avec Stéphane Bern, la région centre et la Poste.

Une idée sortie de la tête du président de région. Ces verrs sont vendus dans les bureaux de poste du territoire à des milliers d'exemplaires. C'est concret, c'est c'est fait, c'est en place, ça ramène du chiffre d'affaires et ça fait plaisir aussi aux clients.

Pour l'exécutif régional, l'investissement était inédit mais nécessaire. Les autres offres étaient des offres industrielles qui achetaient la marque mais qui allaient grâce à cette marque peut-être produire à l'autre bout du monde, produire ailleurs. Donc ça n'était pas pour moi de véritables offres industrielles.

La région est à l'origine de 95 % des aides économiques sur son territoire mais qui pourrai être mis à mal par le contexte budgétaire. Centreval- de Loire a perdu 50 millions de recettes en 2025 et ce qui nous est annoncé pour 2026, c'est à nouveau 50 millions de moins de recettes. Nous nous risquons de ne pas disposer de manière suffisante des moyens pour porter toutes les actions que nous avons envie de porter au bénéfice du développement économique du territoire.

Alors pour durer Durale Alexalex peut compter sur le soutien populaire lancé cette semaine un financement participatif a permis de lever 5 millions d'euros. Et on va en parler avec nos présidents de région présents au plateau. Bonjour Franck Leroi, merci d'être avec nous.

Vous êtes le président d'hiver droite de la région Grand Test et bonjour François Bonau. Merci également d'être là président socialiste de la région centre Val-de Loire. Stéphane Vernet de l'Ouest France et restez avec nous Stéphane, on va avoir votre éclairage, votre analyse durant tout ce débat.

François Bonau, on vient de voir le sujet chez vous en région centre Val-Doire sur Duralex, un fleuron pour les Français. Euh on a vu 5 millions d'euros en quelques heures ont été investis dans Duralex. Vous avez été surpris par cet engouement ?

Non, pas surpris. Pourquoi ? Parce que depuis que nous avons soutenu la relance, ce redémarrage de Duralex, il y a autour de cette entreprise, autour de produits qui font partie de nos vies véritablement un engagement extraordinaire, un engagement des citoyens, un engagement au niveau régional bien évidemment, mais au niveau national.

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en France, nos concitoyens croient et aiment l'industrie, qu'ils ont véritablement envie d'avoir un patriotisme industriel, d'avoir une souveraineté industrielle. Et là, ce qui se traduit par cet engagement extraordinaire 5 millions en réalité parce que c'était toppé mais il y a eu plus de 16 millions de promesses qui sont intervenues en en de C'est extraordinaire.

Ça veut dire que nous avons aujourd'hui sur nos territoires régionaux la possibilité de soutenir ces industries qui sont des industries qui ne doivent pas qui ne veulent pas partir à l'autre bout du monde. Nous avons le devoir d'organiser autour de ces industries par l'innovation, par le soutien à l'information, par l'accompagnement sur l'international. Nous avons véritablement la volonté de faire en sorte que ces territoires soient des territoires d'avenir.

La preuve, elle est faite que ça n'est pas un rêve, que ça n'est pas une illusion, que ça n'est pas du baratin. Aujourd'hui, il y a dans notre pays, au niveau des acheteurs, au niveau des financeurs, une vraie volonté de soutenir et développer l'industrie. C'est la raison pour laquelle j'ai pris la responsabilité au tout début d'apporter 1 million d'euros et à partir de ça, des banques sont venues.

À partir de ça, d'autres collectivités sont venues. À partir de ça, on a créé et c'est très important une SCOP, c'estàdire une société coopérative, la Fédération de l'ensemble des salariés qui ont apporté leur tribus. La région a en plus contribué à apporter la même chose que la totalité des salariés pour lancer cette scope et nous prouvons là la possibilité de défendre l'industrie.

Non pas non pas en disant on va boucher le trou de la route mais en mettant ces industries. Vous voyez ce qui est dit aujourd'hui ? Ce sont des industries d'avenir, ça convoque la création.

Quand Stéphan Bern, je lui ai demandé s'il voulait bien soutenir. Quand Philippe Val de la porte de la poste, je lui ai demandé s'il voulait bien mettre la logistique de la poste à à contribution immédiatement. Mais dans l'instant, ils nous ont dit c'est le patriotisme, c'est le patrimoine industriel en justement est-ce que ça montre aussi ces 5 millions en quelques heures l'attachement des Français à leur à leur patrimoine du Ralex, c'est c'est une marque à laquelle les Français sont attachés.

On a tous joué à la cantine avec les verts avec les verres du RALEX. Ça montre qu'il y a un vrai attachement des Français à leur patrimoine industriel. Mais bien évidemment, il y a un attachement des Français parce que derrière, il y a des femmes et des hommes qui travaillent dans ces industries.

Moi, j'ai une autre entreprise aujourd'hui qui est en difficulté qui est une entreprise qui s'appelle l'entreprise du groupe Brant avec des marques extraordinaires comme Dud Rich et cetera. Les salariés eux-mêmes sont des porte-vois extraordinaires pour la défense de cette industrie et immédiatement quand on ouvre le sujet devant nos concitoyens, ils comprennent l'enjeu. Donc il faut que nous ayons des financements qui nous permettent de soutenir dans les passages difficiles.

Et aujourd'hui, en fonction du commerce national et international, il y a des passages difficiles. Il faut absolument que nous puissions soutenir et c'est le boulot des régions. Tout à l'heure à l'instant Carole Delga, notre présidente de région de France le disait, le l'investissement des régions pour l'économie, il est directement il est très puissant parce qu'il est sur le territoire, il touche ses entreprises directement.

C'est pas des fonds qui sont promis, annoncés avec des milliards et cetera qui finalement circulent au-dessus des territoires. C'est pour l'industrie réelle la capacité d'agir. Il y a des bonnes nouvelles Franck Leroi.

Il y a aussi des entreprises qui sont plus en difficulté. C'est le cas par exemple chez vous de Novasco en Moselle. Est-ce que la réindustrialisation qu'Emmanuel Macron avait érigé en priorité finalement c'est une promesse un peu non tenue ?

Non, c'est un engagement qu'on a tous pris parce que on a pensé à une époque dans les années 80 et 90 que l'Europe pourrait se passer d'ateliers de production, qu'on pourrait envoyer ça en Chine ou ailleurs et qu'on pourrait simplement garder l'école blanche chez nous. C'était une erreur monumentale. Il y a pas de souveraineté européenne, il y a pas de souveraineté française sans sans une industrie ancrée dans ces territoires.

Et alors c'est difficile évidemment parce que il suffit pas d'un claquement de doigt pour déclencher de l'investissement mais d'abord le fait d'avoir confié aux régions il y a 10 ans, 9 ans exactement bientôt 10 ans, le fait de pouvoir avoir quelque part l'exclusivité des aides économiques, ça a déjà permis d'abord de d'acquérir une certaine expérience en la matière, une certaine expertise en la matière, de travailler avec l'État en direct, avec BPI, avec Business France, avec Oui, bien sûr. avec l'ensemble des acteurs qui sont véritablement formatés pour ce type d'aide et d'accompagner comme ça a été fait dans nos régions, le monde économique à un moment où il avait besoin de de venir se réimplanter sur nos territoires. Une étude intéressante a été produite en 2024 par IWI à l'échelle européenne et elle situe 15 dans les 15 premières régions européennes les plus attractives cinq régions françaises.

Ce qui veut dire que alors qu'avant on s'éparpill un peu, tout le monde faisait un peu de développement économique, mais je pense très sincèrement qu'il y avait une déperdition d'énergie et d'argent. Aujourd'hui, la concentration à l'échelle des régions en lien avec les territoires puisque le foncier économique, ce sont les EPCI, les établissements publics de coopération internationale. Le fait d'avoir ce ce double étage à l'échelle des collectivités plus le soutien de l'État sur des projets type France 2030 et cetera sur des grands enjeux stratégiques nous a redonné de l'attractivité.

Si la France a été depuis 5 ans le pays le plus attractif d'Europe, c'est aussi parce que le couple État région a parfaitement fonctionné. On a eu un exemple à l'instant sur une industrie tout à fait particulière et cher au cœur des Français euh euh en en centre Valle-Doire. Euh on pourrait en citer un peu partout évidemment dans le grand test également parce que c'est notre vocation d'être au côté du monde économique.

J'ajouterai que notre deuxième compétence extrêmement complémentaire c'est la formation. La formation, la qualification. Aujourd'hui, la première demande des entreprises que nous visitons les uns les autres, c'est "Aidez-nous à recruter." Vous connaissez les courbes démographiques de la France, vous savez que la natalité chute.

Vous savez que les effectifs scolaires commencent à diminuer dans certaines régions. Vous savez aussi que des quantités importantes de salariés vont quitter leur entreprise arrivant à l'âge de la retraite. Et il y a un véritable risque notamment dans l'industrie, c'est que la relève ne soit pas là.

Donc coupler compétences du développement économique avec la formation, c'est absolument essentiel. si on veut relever le défi industriel de la France. Un mot un mot là-dessus Stéphane sur l'importance des régions dans la compétitivité économique et l'attractivité.

Oui. Alors ça a été très bien dit. Moi je pense qu'effectivement le le le l'échelon régional pour le pilotage de projets sur des bassins industriels, des bassins d'emploi, des bassins de vie locaux, il est c'est le c'est le bon échelon.

Et en fait, vous parliez d'expertise, d'expérience. La démonstration a été faite ces dernières années que les régions étaient particulièrement bien placées pour accompagner ces ces projets de territoire parce qu'elles savent quels sont les besoins, quelles sont les perspectives, les possibilités. Euh ça c'est très bien si effectivement le le l'effort demandé aux régions dans le cas du budget l'année prochaine et à niveau de ce qui est annoncé par le gouvernement, ça ça a été très bien dit par Carole Delgar, le on peut craindre un impact sur la capacité des régions, un impact négatif sur la capacité des régions à accompagner ces projets dans leur territoire.

Mais on oublie aussi par exemple que les régions, il y a il y a un ruiss il y a un vrai ruissellement à partir des régions. Le les régions, c'est aussi beaucoup d'aide euh aux communes en difficulté dans leur dans leur dans leur espace par exemple. Euh donc tout c'est tout ça qui est qui est potentiellement euh euh remis en cause et qu'il faut préserver.

Juste un mot euh on parle de décentralisation. Il y a un sujet qu'on a pas évoqué, c'est que en fait on est paradoxalement sur cette questionlà aujourd'hui on n'est pas aidé par le par l'Union européenne. Il faut savoir que vous aviez tous les fonds euh structurels, le la PAC qui jusqu'à maintenant était pilotée régionalement par les régions.

L'Union européenne veut faire en sorte que ces aides soient nationalisées, c'est-à-dire que leur gestion soit transférée aux États. le le l'État français s'y oppose et contre cette mesure parce que le le notre gouvernement a bien compris l'intérêt de piloter ses ses aide au niveau régional, c'est beaucoup plus pertinent et beaucoup plus efficace mais on aura peut-être pas le choix et ça ça fait partie des choses qui vont peut-être poser problème dans le dans le pilotage des projets région. C'est déterminant l'aspect de l'Europe.

Pourquoi ? Parce que si on reprend les exemples de l'industrie, l'industrie de demain, elle a besoin d'innovation, elle a besoin de recherche. Dans ces domaines, nous mobilisons les fonds de l'Europe pour que nous ayons concrètement sur le territoire, dans nos laboratoires en lien avec les industries, la capacité d'innovation.

Nous mobilisons les fonds de l'Europe pour la performance écologique de nos entreprises et c'est fondamental. Faire de l'économie circulaire, tout le monde est pour. Mais au départ, ça coûte de l'argent.

Économiser l'eau, tout le monde est pour. développer des produits qui vont être des produits permettant un nouveau rapport à l'environnement. Tout le monde est pour il faut c'est l'Europe.

Si demain les régions ne pouvaient plus mobiliser, merci de le souligner comme ça, ne pouvait plus mobiliser les fonds européens en accompagnement de leur propre mobilisation, on aurait un déficit considérable pour la recherche, pour l'innovation et pour l'industrie. J'ajouterai un mot à ce que dit François, c'est que les régions sont aussi des formidables donneurs d'ordre sur le plan économique. La commande publique passée par les régions en investissement, c'est absolument considérable. et à plus de 80 % en moyenne, ce sont des entreprises de nos territoires qui bénéficient de la commande publique.

Et donc quand on veut parler de soutien aux entreprises, c'est aussi par la commande publique qu'on y arrive. Et si effectivement on vient renier les marges de manœuvre des régions, ben l'investissement public diminuera à tous les échelons, échelon régional, mais aussi échelon local qui sera moins aidé. Et à ce moment-là, on enclenchera euh un cercle vicieux qui est moins d'investissement, moins de croissance, moins de rentrée de TVA et tout le monde sera perdant.

Justement, on va parler des questions budget puisque c'est évidemment votre sujet de de préoccupation majeure. Sébastien Lecornu qui estime que l'effort de redressement des finances publiques doit être partagé et évidemment partagé également par les collectivités. C'est ce que dit le Premier ministre.

On va l'écouter. C'était l'heure de son discours de politique générale. Ce budget demandera un effort aux collectivités locales comme à tous les autres acteurs de la République à commencer par l'État qui doit être exemplaire.

J'ai conscience comme élu local que cet effort est difficile et parfois incompris. aussi ai-je souhaité que les moyens alloués aux collectivités maintiennent une trajectoire de hausse en 2026. Par ailleurs, il faudra veiller adapter ces mesures au cas par cas.

Comment ne pas voir la situation préoccupante des conseils départementaux ? L'État sera au rendez-vous avec un fond de sauvegarde pour 2026. Mais au-delà de ces mesures d'urgence, il faut enfin se mettre au travail pour adopter des mesures structurelles.

Vous êtes d'accord ? François Bonu est l'effort, il doit être partagé également par les collectivités. Il y a un effort acceptable et un effort inacceptable.

Il faut être clair. Si l'effort qui nous est demandé était plus important encore que l'effort qui nous a été demandé en 2025, nous serions dans une situation de rupture. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'en effet le soutien en l'économie, le développement des mobilités tellement importante, la formation dans le secteur du soin absolument capital la formation dans le secteur du soin aujourd'hui il y a des hôpitaux qui ne trouvent pas sur le territoire national les infirmières, les aides soignantes et cetera. Tout cela nous serions obligés de le réduire. C'est inacceptable parce que la priorité de nos territoires, la priorité de nos concitoyens, c'est justement que nous à un moment où le chômage repart, que nous soutenions l'économie et l'emploi, que nous soutenions la mobilité parce que c'est une demande sociale très importante pour le rural et cetera et que nous soutenions le domaine de la formation.

Donc aujourd'hui, ce qui est proposé est véritablement inacceptable. Il ne faut pas, attention à ça, il ne faut pas ajouter à une crise nationale que tout le monde constate, une catastrophe locale. Si véritablement l'État pense sortir le pays en mettant à genou les collectivités territoriales, on va vers une crise économique, une crise sociale absolument insoutenable.

Frankl, je partage totalement l'is de François et je pourrais pouvoir dire qu'on est unanime à niveau région de France et j'allais dire que département, intercommunauté et région et commune sont sur la même position. Si l'effort est mesuré, il est parfaitement normal qu'on y participe. L'État en 2000 a sauvé l'économie française avec le quoi qu'il en coûte.

Donc quelque part, on a bénéficié dans nos territoires d'un soutien économique exceptionnel. Maintenant, dans les déficits récurrents, nous ne sommes pas responsables de cette situation. Nos nos collectivités sont toutes équilibrées depuis toujours.

Donc vienne quand l'État est en difficulté à porter notre contribution. Oui, le Sénat a fixé une limite aux alentours de 2 milliards d'euros pour l'ensemble des collectiviers territoriales. Ça ça nous paraît être un effort acceptable.

C'est contraignant mais ça nous permet de ne pas stopper le moteur de l'investissement local. Dans ce pays, 70 % de l'investissement public est porté par les collectivités territoriales. Si vous les pressurez, si vous les empêchez d'investir, c'est le moteur de l'investissement public dans le pays qui s'arrête.

Et à ce moment-là, les catastrophes iront et s'enchaîneront de manière euh dramatique pour le pays. Est-ce qu'on est près de la zone de rupture par rapport à nos budgets ? Nous disons oui, attention.

Tout à l'heure, il a fait il a fait euh vous avez fait état de la situation des départements à juste titre. Il y a certains départements qui sont très fortement endettés et cetera. La moyenne de l'endettement des départements, c'est une capacité de désendettement de 6,1 années.

Pour les régions, nous sommes déjà à 6,3. Donc, il y a pas des régions qui iraient bien et puis d'autres collectivités. Nous sommes sur la ligne de rupture.

Si nous devions faire un effort supérieur à ce que ce qui est annoncé les 2 milliards, tu as raison de le dire, je crois qu'on on rentrerait vraiment dans une phase de récession économique et de crise de l'emploi. Stéphane, pour qu'on comprenne bien quel effort dans le budget actuel est demandé aux collectivités, c'est 4,6 4,7 milliards et donc c'est plus de deux fois plus que les 2 milliards préconisés par le Sénat et qui est votre étiage en fait. Mais je veux dire ce que moi j'ai envie de vous poser une question.

Ce que ce que vous dites là, votre constat, il est le message est clair. Votre constat est limpide, est-ce que tout ça est bien compris par le Premier ministre ? Vous avez une expression curieuse.

Vous disz si le gouvernement veut mettre à genou les collectivités locales, on en est pas là quand même. Si demain nous devions diminuer les formations sanitaires et sociales parce qu' il s'agit de ça. Si demain nous devions diminuer sensiblement l'investissement que nous faisons pour les mobilités, pour le rail et cetera.

Si demain nous ne pouvons plus accompagner, comme je l'ai fait sur Duralex, accompagner des entreprises qui sont en difficulté ou des entreprises qui veulent se développer, alors on serait dans une situation de rupture. Et donc on a besoin de disposer de moyens. Le niveau des 2 milliards, c'est déjà un effort considérable.

On est prête à le consentir parce que en effet nous pensons que les territoires n'iront pas bien si le pays ne se redresse pas. Mais passer cette barre, c'est à la fois constater que l'État est en très grande difficulté, mais aussi mettre les collectivités dans une incapacité à agir. Il ne faut pas la double crise.

Franch, est-ce que vous espérez obtenir des réponses là-dessus ? Sébastien Lecorn qui va venir faire une réunion de travail avec vous. Alors, je je j'apprécie déjà et je pense qu'on apprécie tous le fait qu'il viennent passer un peu plus de 2 heures avec nous où on va pouvoir se parler très librement et très directement.

C'est une méthode inédite hein. D'habitude, les premiers ministres arrivent faisaient un discour d'habitude il venait, il faisait un discours à la tribune, quelques photos et repartaz. Aujourd'hui, il y a une séance de travail, séance de travail de plus de 2 heures qui va nous permettre de nous exprimer avec chacun notre sensibilité, mais la conviction qu'une partie de la solution dans notre pays passe par les collectivités territoriales et notamment par les régions.

Et si effectivement euh l'État est en difficulté, observons que la sphère locale et régionale, elle se porte plutôt bien. On a des majorités, on porte l'investissement national et qu'on n'est pas en plus responsable de tout ce qui arrive au budget de l'État aujourd'hui. Donc si on prend en considération cet élément là, on est prêt à faire des efforts.

On l'avait déjà déclaré l'année dernière, on y a contribué. On est prêt cette année en fer également mais dans une limite qui nous permet de continuer à investir dans les territoires parce que c'est ce qu'attendent nos concitoyens euh dans les lycées, euh dans les mobilités euh euh dans l'aménagement du territoire dans nos communes rurales ou urbaines. Et si effectivement demain on vient imposer aux régions un effort dépassant leur capacité, c'est tout ce moteur de l'investissement local qui sera ralenti et au bout du compte, c'est la France qui sera affaiblie.

Donc je pense que il est en capacité, il est un élu local, il l'a il l'a répété, c'est un homme de dialogue, il l'a démontré. Moi, je je mise beaucoup sur cette rencontre où on va pouvoir se dire les choses et je suis intimement convaincu que euh de la demande d'effort à la hauteur de 4 milliards 8 qui est faite, on peut à mon avis revenir quelque chose de raisonnable, quelque chose de consensuel également parce que la position du Sénat est intraitable. Le Sénat refusera tout effort aux collectivités supérieur à 2 milliards et j'allais dire le Sénat a une une majorité politique qui aujourd'hui Carole Delga l'a sans doute dit tout à l'heure recueille la sentiment dans le niveau d'efforts demandé aux collectivités de l'ensemble des collectivités territoriales.

François Bonau vous faites confiance à à Sébastien Lecnu la méthode qu'il a choisi d'employer avec vous c'est la bonne. Il est évident que le prend le temps d'écouter les collectivités territoriales, c'est une meilleure solution que de venir leur dire ce qu'elle devrait faire. Donc nous sommes très très très dans l'attente de ce moment d'échange.

Je pense qu'il doit comprendre que pour redresser la France, il ne faut pas provoquer de crise sociale et de crise économique sur le territoire. Parce que si demain les entreprises dont nous avons parlé, si demain elles sont chaos, il y aura plus de production de richesse et la situation difficile de la France au niveau du budget de l'État se trouvera se trouvera aggravé. Donc il s'agit de trouver un équilibre.

Cet équilibre passe par le maintien d'une dynamique territoriale qui a fait ses preuves que nous portons au niveau régional. Et je voudrais juste ajouter ça, le pays va mal, très mal. Il y a un nombre important de nos concitoyens qui doutent véritablement de l'avenir.

Aujourd'hui, ces ces concitoyens envoient des messages clairs aux collectivités territorial. On a confiance dans la commune, dans la région qui porte vétérement nos aspirations. Donc, il faut que l'État, que le premier ministre comprenne bien que en travaillant avec les collectivités, en travaillant avec les régions, il va dégager une solution.

C'est une solution pour le pays aussi. Merci François Bonau. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.

On va parler dans quelques instants des questions de sécurité, de narcotrafic. On va accueillir l'un des spécialistes du sujet, c'est votre collègue président socialiste de la région Bourgogne Franchecté, Jérôme Durin qui va nous rejoindre. Mais avant cela, on va écouter le ministre de l'intérieur, Laurent Nunes, sur cette question du narcotrafic.

C'était il y a quelques semaines ici à Versailles. On va poursuivre cette guerre contre les narcotrafiquants. Donc c'est vraiment une priorité extrêmement forte.

Et voilà. Donc la priorité c'est évidemment de poursuivre cette ces missions de de sécurité. C'est ce que nos concitoyens attendent.

Mais je n'oublie pas comme ministre de l'intérieur, la sécurité c'est aussi la sécurité civile. C'est aussi la sécurité civile. Ça va être civile.

Bonjour Jérôme Durin. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le nouveau président de la région Bourgogne Franchecté.

Vous avez vous avez beaucoup travaillé hein que vous étiez au Sénat sur cette question du narcotrafic. Vous avez entendu le ministre de l'intérieur. Est-ce que vous pensez qu'après votre travail, ce que vous avez proposé est suivi des faits ?

Oui. Non. Euh en partie parce que tout n'est pas mis en place.

On a un Parquet national anticriminalité organisé qui ne verra le jour que début janvier 2026. c'était prévu. Euh, on a une coordination des forces de sécurité intérieure qui commence à produire des effets.

Mais malheureusement, on a sans doute pris cette vague de criminalité organisée dans une phase ascendante et sur le terrain, on constate partout que les effets, les dégâts sont continu et et d'ailleurs le le dernier rapport de l'Ofaste réévalue le chiffre d'affaires de la criminalité organisée. On avait dit c'est 3 milliards et demi, 6 milliards d'euros, ils sont à 7 milliards et demi. On nous dit désormais que il y a plus de zone blanches.

Euh les dimensions corruptives locales sont pointées, y compris par le président Christian Charp de la Commission nationale des comptes de campagne. Euh le la dimension d'action sociale locale des groupes criminels est relevé puisque maintenant ils font presque des cadeaux dans les quartiers, les fournitures scolaires, les aménagements. Donc le le tableau reste sombre.

Pour autant ce travail est là, le dispositif légal est là, la coordination des forces s'opère, l'action judiciaire va être renforcée. Je je pense on est sur le bon chemin, mais mais on n'est pas au bout de la lutte et de l'entrave face au groupe criminel. Et on l'a vu he Franck Loir, lors lors des travaux de Jérôme Durin et d'Étienne Blanc, le narcotrafic aujourd'hui il est plus qu'entonné à certaines zones, il s'étend sur tout le territoire.

Est-ce que euh vous dans votre région vous y êtes confronté et de quelle manière ? Certaines villes de notre région sont fortement confronté à ce problème qui effectivement est un problème qui à l'image d'une pieuvre s'étend progressivement sur le territoire. Des mesures fortes doivent être prises et et Jérôme a été des parlementaires qui ont poussé à ce que une réaction ait lieu et une première loi soit votée.

C'est en marche, c'est plutôt positif. Maintenant, je pense qu'il faut intensifier la lutte. Euh à notre niveau, nous n'avons pas en tant que président de région une compétence générale en matière de sécurité.

Mais par contre, dans nos gares, euh dans nos lycées, aux abords de nos lycées, euh en accompagnant les communes euh dans l'équipement de la vidéo protection, on contribue à cette production de sécurité qui est attendue par nos concitoyens. Donc chacun a sa place. On demande pas de police régionale, simplement dans le cadre de nos compétences.

Nous sommes actifs parce que la situation l'impose. Euh cette délinquence euh elle et cette criminalité parfois, elle a tendance à se diffuser et si les collectivités publiques collectivement ne réagissent pas au côté de l'État ou n'apportent pas leur contribution au côté de l'État, euh le le la lutte sera plus difficile. Elles le font suffisamment.

Elles le font suffisamment les éviter d'apporter leur contribution. Il il y a une forme de de piège, c'està-dire que la population nous demande d'y aller, la situation nous y invite, les circonstan institutionnelle de la période nous le permettent. On a une loi sur les polices municipales dont l'article 7 prévoit que les régions vont pouvoir enfin, j'allais dire légitimement intervenir dans le champ de la sécurité en complément de ce que font les collectivités.

Euh mais ça revient à votre débat précédent, c'est c'est que fait l'État ? Euh que font les autres ? Donc, il faut que l'État fasse tout son boulot et le travail pour les régions n'est pas d'aller sur le régalien en lieu et place de l'État.

Enfin, c'est pas Franck Lerois qui va avec des moyens régionaux contribuer à aller débusquer un narcotrafiquant qui est installé à Dubaï. En revanche, qu'on puisse avoir des dispositifs qui aident les communes, qui dans les gares, qui dans les lycées viennent sur nos compétences renforcer la sécurité, là on est à notre place. Mais il faut que l'État soit fort puisque c'est un peu ce que dit le le Premier ministre.

L'État doit se concentrer sur le régalien qu'il le fasse pleinement avec des sujets de police judiciire qui sont pas les nôtres. En revanche, nous on peut être là euh pour contribuer à ce mouvement général de sécurité qui est attendu de nos concitoyens. Sur la question du narcotrafic, on a un peu plus de 4 mois des municipales, il y a un sujet d'inquiétude qui monte.

C'est est-ce qu'il y aura un impact du narcotrafic des narcotrafiquants sur le scrutin, sur des pressions sur les candidats ? Est-ce qu'il faut le craindre ? Il faut le craindre, mais il faut pas se se faire des peurs inutiles.

Moi, ce qui m'a marqué euh dans le travail que nous avons fait Étien Blanc et la commission d'enquête sénatoriale euh c'est que l'échelon qui était le plus en pointe sur les risques liés au narcotrafic, c'était l'échelon municipal. et les maires ils nous ont accueilli en disant "Enfin, vous arrivez parce que eux voient ce que c'est que le le le ravage du narcotrafic dans un quartier, dans un hall d'immeuble parce qu'il voit ce que c'est que euh des commerces euh éphémères qui sont là euh pour le blanchiment de de l'argent euh du crime. Donc je crois qu'on a un dispositif local et des élus locaux qui sont très en vigilance.

Euh, ils savent les risques corruptifs. Euh, mais effectivement, il faut qu'on ait une vigilance euh parce que le le la capacité corruptive, elle est gigantesque et euh tout le monde peut tomber sous la menace ou paras du gain euh dans les filets des narcotrafiquants. Donc, il faut qu'on soit collectivement euh responsable.

Franck Lauri, vigilance mais pas de peur inutile. Pas de peur inutile mais euh la vigilance effectivement s'impose parce que des phénomènes quand on n'est pas suffisamment vigilant peuvent très vite se déployer, se développer et ensuite conquérir des territoires complets. Aujourd'hui, ça reste limité fort heureusement mais je pense qu'effectivement l'État doit concentrer ses moyens sur ces sujets.

C'est la raison pour laquelle aussi nous pensons que la décentralisation doit connaître une nouvelle étape. L'État a vocation à se concentrer sur le régalien, la sécurité des Français, l'armée, la sécurité via la police, la gendarmerie, la justice, les affaires étrangères. Toutes ces questions là sont du ressort de l'État et il y a une très forte attente de sécurisation du côté des Français.

Mais l'État peut pas tout faire non plus. Est-ce qu'il est encore pensable aujourd'hui que l'État s'occupe du logement, de la biodiversité, d'un tas de sujets de mobilité ou autres alors que les collectivités territorial tout niveau confondu, ont démontré depuis les début des années 80 qu'elle savait faire et qu'elle savait faire mieux que l'État puisque nous gérons tous ces services publics à l'équilibre et personne aujourd'hui ne songe à retirer à ses collectivités ses compétences. Donc je pense qu'il faut aller dans une nouvelle étape de la décentralisation pour permettre à l'État de pouvoir concentrer tous ces moyens sur la sécurité des Français. qui passe notamment par une intensification des moyens de lutte contre le narcotrafic par exemple.

Cette nouvelle étape de la décentralisation, elle a été promise par le premier ministre. Il promet une loi avant les municipales. Vous croyez que ce sera une vraie étape de décentralisation ?

Alors ça, on vous le dira à 14h 14h30 quand on aura fini de travailler avec les veut dire vous espérez des réponses aujourd'hui. Bah oui, c'est je c'est un rendez-vous qui est dans le dans son chronométrage nous permet de travailler. Donc j'imagine que le premier ministre a entendu notre message et qu'il a des choses à nous dire.

Donc on verra avec les collègues présidents de région euh ce que le Premier ministre propose. Euh la décentralisation, c'est formidable et on en a besoin. Euh la question financière, elle est première parce que on peut faire tout ce qu'on veut en matière de compétences.

Si on n pas les ressources euh et si on est dans des formes de contrat léonin passé avec l'État, alors on aura pas la capacité d'agir. C'est le sujet sur un certain nombre de compétences qu'on exerce déjà. On vous a parlé des formations sanitaires et sociales tout à l'heure.

Il y a des des engagements qui ont été pris qui n'ont pas été honorés. Nous avons des courriers de François Berou qui nous promettait des 215 millions qu'on a pas. Certains présidents de région, je pense à Christ Moran dit moi je ferme des places de formation infirmière, on a besoin d'infirmière, on n pas les moyens pour les former.

Donc voilà, il faut il faut travailler sur la séquence budgétaire et puis la décentralisation, elle sera d'autant plus crédible que on a des réponses budgétaires à la hauteur de nos de nos attentes. Un mot là-dessus Stéphane sur cette question de laisation et les réponses que peut-être apporter Sébastien Lecnu. Tout tout a été dit sur le notamment sur la sécurité.

Je trouve que enfin voilà, on avait on avait un ministre de l'intérieur Bruno Rota qui avait choqué en son temps en disant que il y avait un risque de mexicanisation de la France par rapport au narcotrafic. Je crois que le rapport que vous enf en tout cas le tableau que vous dressez montre que que ce risque existe. On on y est. le la réponse les réponses existent aussi mais comme ça a été très bien dit en fait dans la définition des compétences cette réponse elle vient elle est d'abord du ressort de l'État et les communes c'est les deux échelons en fait pour intervenir en la matière et les régions en réalité sont pas son ne sont qu'indirectement concernées elles peuvent effectivement aider les communes à s'équiper et cetera, mais elles peuvent pas agir agir directement sur ces sur ces sur ces questions.

Et quant à la l'intérêt de la la réunion d'aujourd'hui, effectivement, c'est une réunion de travail. Moi ce que j'ai compris c'est qu'il va être beaucoup question surtout non pas de budget mais beaucoup de de du fameux grands actes de grand acte décentralisation envisagé par le le Premier ministre. Et c'est peut-être là aussi autour de cette cette affaire de de de compétences et d'efforts partagés vous allez pouvoir travailler.

Il y a eu un rapport très intéressant qui est celui de Boris Ravignon qui a pointé le coût des doublons entre l'État et l'ensemble des collectivités territoriales et qui les a estimé à 7 milliards. Ça veut dire qu'il y a 7 milliards de clarifications dans ce pays qui sont attendues par tous. Comment se fait-il que l'État quand l'État quand l'État a décentralisé, il n'a jamais transféré les fonctionnaires ou rarement de transférer les fonctionnaires aux collectivités territoriales.

Du coup, sont restés à l'état un certain nombre d'agents publics qui quelque part interviennent en doublon de ceux que nous avons dû recruter dans les collectivités territoriales. Il existe encore une direction de l'immobilier au ministère de l'éducation nationale. L'immobilier c'est les communes, les départements, les régions.

À quoi ? Suppression de certaines agences d'État. Est-ce que c'est aussi suppression de certaines agences régionales ?

C'est ce que demande notamment le RN. Alors bon, reconnaissant que le RN en la matière est particulièrement faible dans son argumentation, le RN se contente dans nos assemblées de faire de la politique nationale. On attend tous la moindre proposition pertinente de ce parti politique qui par ailleurs combat les régions, combat les intercommunités, combat l'Europe alors que ce sont des leviers du développement dont nos territoires ne pourraient pas se priver.

Et qui veut supprimer les régions ? Jérôme durant le rassemblement national. Oui, on n'a pas bien compris ce qu'il voulait au fond.

Je le le Saft-il le même c'est pas clair. Euh la réalité c'est que ils sont pas entrés dans les dossiers. Euh c'est un les régions sont pour l'Assemblée nationale une tribune pour faire une campagne nationale et ils s'intéressent d'assez loin euh à nos compétences en réalité.

Merci beaucoup. Merci Franck Leroi. Merci Jérôme Durin d'avoir été avec nous.

Merci Stéphane de m'avoir accompagné durant toute cette heure. Merci à tous de nous avoir suivi. Vous poursuivez évidemment la journée spéciale pour savoir ce qu'il se passe ici au congrès des régions.

Séan de clôture à suivre en direct à partir de 15h30 sur notre antenne avec Alexandre Poussard. Quant à nous, on se retrouve demain matin. Très bonne journée. [musique] [musique]