Autoritarisme, 10 septembre, présidentielle… Débat Anasse Kazib & Mathilde Panot à la Fête de l’Huma
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- 1:00Fait
« les sauts bonapartistes, les sauts autoritaires, la possibilité même demain d'un fascisme ou autre, elles sont systématiquement le reflet déformé d'une crise euh euh du régime, d'une crise politique, d'une crise économique et cetera »
- 4:04Fait
« un mouvement qui a réussi à faire tomber un budget plus un premier ministre avant même qu'il puisse être matérialisé sur le terrain »
- 4:46Fait
« Marie-Lise Léon, la patronne de la CFDT, elle a dit elle a dit "On attend de juger sur pièce." »
- 5:27Fait
« le ministre de l'armée qui a signé le budget de 5 % d'investissement pour la remilitarisation de l'OTAN »
- 6:45Fait
« les élections elles sont toujours plus à droites que la réalité du terrain »
- 7:26Fait
« Le système capitaliste n'accepte que des réformes indolores pour son système. Sinon, il ne le fait pas. »
- 10:10Fait
« à chaque fois qu'il y a des défaites, il y a derrière une volonté de reprendre par la main de la du législatif autoritaire »
- 10:53Fait
« l'augmentation du vote de l'extrême droite, c'est la combinaison du racisme et du désarrois »
- 13:00Fait
« personne pensait qu'on allait être sur une rentrée comme ça »
- 15:00Chiffre
« ils ont été obligés de passer par 493 »
- 16:50Chiffre
« 27 sondage sur 27 qui donne l'extrême droite en tête »
Temps de parole
- ?100 %
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Bah déjà, bonsoir à toutes et à tous. Merci pour pour l'invitation et et cette table ronde. Pour moi, la première chose déjà, c'est de pas être fataliste vis-à-vis de la situation et vis-à-vis de ce qui est en train de se passer et de pas penser que l'ennemi est plus fort qu'il n'est en réalité. C'est que la question de la répression et la question de la radicalisation de de du pouvoir et c'est comme ça et ça a toujours été comme ça à travers l'histoire. les sauts bonapartistes, les sauts autoritaires, la possibilité même demain d'un fascisme ou autre, elles sont systématiquement le reflet déformé d'une crise euh euh du régime, d'une crise politique, d'une crise économique et cetera et que c'est pas le fait juste d'un bonhomme, c'est pas Macron qui est plus autoritaire que
Pierre, Paul ou Jacques et cetera. Moi, je rappelle dans ce pays euh que il y a une personne qu'on aime bien citer en exemple à chaque fois, c'est le général de Gaulle. euh le général de Gaulle, il y avait 150 Algériens qui étaient balancés par-dessus la scène. D'accord. Et je pense que s'il y avait 150 Algériens, on se réveillit le matin à 6h et on veit BFM TV, il y a 150 Algériens qui viennent d'être tués par la police. Je sais pas si là on est en train de dire qu'on est dans un niveau d'autoritarisme. Je sais pas ce qu'on aurait dit pour le général de Gaulle et c'est pareil, je veux dire à travers l'histoire, on en a vu enfin François Mitteran, c'est pas le général de Gaul. François Mitteran, c'est monsieur France Afrique. C'est ça a été un des des plus
grands organisateurs de la torsion euh euh de de ce qui s'est passé en Afrique. Ça a été celui qui a commandité l'assassinat Sankara. C'est-à-dire que l'autoritarisme, il est en réalité le reflet de d'une volonté de réprimer, de faire terre ce qui s'exprime lorsque le régime il est il est en difficulté. Et je pense qu'il faut partir de ce principe-là, c'est qu'Emmanuel Macron, il utilise l'autoritarisme et la répression car il est vraiment vraiment en difficulté et que de ces fragilités, nous on doit euh saisir ce qui est en train de se passer pour voir comment le battre en en le mettre en recul et les affronter sérieusement. Euh parce que euh moi ce que je vois notamment euh cette semaine parce queil faut pas qu'on
fasse non plus un débat totalement déconnecté de la réalité. Moi je pense que ce qui s'est passé notamment le le 10 septembre dernier est quelque chose d'assez incroyable. C'est pas le fruit du hasard si on met 80000 policiers. On met pas 80000 policiers pour des manifestations euh mergaise et house music de Basti à République. Ça les intéresse pas. Parfois même, c'est vous qui faites la circulation parce que les flics, ils en ont rien à taper parce qu'ils savent que vous pouvez être ce que vous voulez. C'est très bien encadré, c'est très structuré, les mots d'ordre sont très sympas, ça ira pas plus loin. Mais lorsque le pouvoir il commence à douter de ce qui est en train de se passer, parce que la question elle est pas de se dire est-ce que c'est un processus
révolutionnaire qui est devant nous, on n'est pas du tout là. C'est un première une première étape qui a été beaucoup plus importante que euh les analystes le pensaient. Je veux dire même les renseignements généraux disaient par exemple qu'ils attendaient à peu près 100000 personnes forcées de constater qu'il y avait entre 200 et 250000 selon les les chiffres qui sont plus de 800 opérations d'action coup de point et cetera, des grèves même minoritaires mais des grèves qui ont existé dans plusieurs secteurs. Donc on est face à un régime qui est tétanisé par ça. Et ça c'est une réalité parce que il y a eu dans le le quinquena et demi plus la moitié de de de ce qui est en train de d'être le deuxème quinquena d'Emmanuel Macron, il y a eu une marque indélib pour le
macronisme. Lui-même dit qu'il a été scarifié, il a été scarifié par le mouvement des gilets jaunes. Ça c'est une réalité. C'est-à-dire queon voit en fait comment l'autoritarisme, la répression, elle agit de manière forte quand le pouvoir est réellement dans la crainte d'une instabilité. Aujourd'hui, on est dans une instabilité du régime qui est assez incroyable et que je pense que aussi pour moi, le débat, il doit il doit ouvrir des pistes de réflexion sur comment on peut on peut y arriver. Et moi, je pense que c'est pas une fatalité euh ce qui est en train de se passer, la répression, ce qu'on a vécu vis-à-vis de la question de la Palestine et cetera et cetera. Moi je pense que si on met toutes nos forces, toute notre énergie pour faire en sorte de construire un
mouvement de masse dès cette rentrée à partir du 10 septembre là de ce qu'on a vécu et de commencer à construire, je moi je suis profondément convaincu que si on on est déterminé, qu'on se donne la peine d'y arriver, je suis profondément convaincu qu'on est capable de faire tomber Emmanuel Macron. Je pense qu'on peut faire tomber Emmanuel Macron parce qu'un mouvement qui a réussi à faire tomber un budget plus un premier ministre avant même qu'il puisse être matérialisé sur le terrain dit quelque chose de la fragilité du système. Et on sait que le cornu les amis hein, j'ai vu Marie-Lise Léon, la patronne de la CFDT, elle a dit elle a dit "On attend de juger sur pièce." Voilà, elle attend elle voilà, elle attend que que le cornu lui ramène la retraite à 60 ans, la hausse des
salaires et cetera. Voilà. On sait pas pourquoi Baïou, il a dû proposer l'austérité parce que Marie-lise Léon, la patronne de la CFD, elle pense que le corn, il vient avec un carnet de chèque. Même le Parti socialiste qui ont léché le sol du sol au plafond au plafond pardon, l'ensemble des plateaux télé, ils sont venus avec 23 milliards en disant que c'est une austérité acceptable. Et le patronat leur a dit "Allez vous faire si vous croyez qu'on va accepter que 23 milliards d'austérité." Donc, on sait ce que va être le plan de le corn. Alors oui, ça sera peut-être pas les 2 jours fériers et cetera, mais on sait que ça va être un plan de guerre parce que c'est le ministre de l'armée qui a signé le budget de 5 % d'investissement pour la remilitarisation de l'OTAN. Donc lui, il
l'a signé ça. Il sait qu'il est il va aller te chercher à toi le prolot dans ta poche, d'accord, pour aller fabriquer des drones, des famasses, des hélicoptères de combat. C'est ça ce qu'il veut faire. lui, il en a rien à taper de tes histoires. Si peut-être les deux jours fériers ça te fait chier, il verra peut-être dans la poche arrière si tu regardes moins que les deux jours férier. Peut-être c'est un totem, tu veux pas qu'on le touche ? T'inquiète pas, on va voir comment on va le faire. Et on est face à ça. Et moi, je pense que dans cette séquence là, face à tout ce qu'on a vécu, face au réveil aussi parce qu'on parle du 10 septembre mais pour moi euh face aux 2 ans de génocide que vit le peuple palestinien, il y a l'émergence d'une nouvelle génération
anti-impérialiste qui est incroyable. Je veux dire, on a la démonstration avec les flottis qui partent de avec des des dizaines et des dizaines de nationalités que il y a quelque chose qui est en train de se passer. Mais je le dis et je le répète, si on met nos forces dans cette bataille- làà je veux dire, il faut se rendre compte les amis de ce que veut dire demain la démission du président de la République française parce qu'on prend pas encore la teneur de ce que ça peut être. Moi, je le prends politiquement de manière profonde. Je peux avoir un désaccord notamment avec les camarades de la France insoumis sur le fait que notamment LFI, après Mathilde pourra dialoguer avec ça, mais c'est de destituer Macron pour refaire des nouvelles élections présidentielles et
cetera. Et voilà, moi je pense que de toute façon les nouvelles élections présidentielles elles permettront à Marine Le Pen de gagner. On sait par habitude les amis que les élections elles sont toujours plus à droites que la réalité du terrain. Les gens ils sont toujours plus radicaux dans les manifestations, les mobilisations que l'expression derrière du bulletin de vote dans les toujours. Toujours. Et il y a aussi quelque chose que l'élection présidentielle française, elle est à deux tours. Tu peux faire un très bon score au premier tour. Le deuxième tour c'est un tour de fusion. C'est-à-dire, il faut que tu acceptes de diluer ton programme pour que moi je dise à mes électeurs, "Allez, c'est acceptable." Et Paul Lafar qui était le beau fils de Carl Max Marx, il disait "Le système
capitaliste n'accepte que des réformes indolores pour son système. Sinon, il ne le fait pas. sinon ils détruisent le système. C'est ça aussi le fascisme. Le fascisme c'est le basculement de la démocratie libérale vis-à-vis d'une forme qui est celle de l'écrasement par l'autorité, par le par les militaires, par la force policière et cetera et cetera. Parce qu'à un moment donné, la bourgeoisie, elle dit "Mais si ces cartes, les règles du jeu qu'on a créé, le paquet de cartes, c'est le nôre et que vous arrivez à nous déposséder de tout ça, le jeu ne nous intéresse même plus. on va faire autre chose. Et on est dans ce moment-là en fait dans des points de bascule où je pense que la radicalisation qui est en train de s'exprimer sur le terrain, on doit pas uniquement l'accompagner mais on doit
faire en sorte de l'élargir et de la massifier. Et je dirais que notamment dans le combat qui nous rassemble et toutes et tous qui est celui de la lutte contre le génocide en Palestine, je pense que dans le même sens faire tomber l'un des présidents les plus puissants du monde plus pu qui a plus de de protection que le président américain qui est un symbole la France. Le président français c'est l'impérialisme français les amis. C'est une place forte géopolitique. C'est pas juste la bombe nucléaire, c'est une histoire de la bourgeoisie. D'accord. Et dites-vous que si Emmanuel Macron tombe, la panique internationale que ça va susciter, il ne peut pas y avoir de démission de Macron par des simples grèves minoritaires et quelques actions coup de point même
spectaculaires, mais par un mouvement qui soit un mouvement de grève générale. Je dis ça pourquoi ? Parce que je pense que on devrait mettre toutes nos forces parce qu'on sait que la défaite les amis, elle amène du fatalisme, du désarrois et elle amène aussi énormément de répression. La fin de 2023, c'est pas que les répressions contre Naël, c'est 1000 syndicalistes de la CGT qui ont été licenciés, poursuivis en justice. C'est des énergéticiens chez qui on a fracassé la porte à 6h du matin. C'est énormément de répression parce que oui, le pouvoir quand il quand il t'a regardé, quand il a vu que tu étais là pour l'affronter, il décide quand tu as perdu de vite reprendre la main. On voit tout de suite les lois autoritaires. On a vu toutes ces choses-là après la marche contre
l'islamophobie. Qu'est-ce qu'il y a eu après la grande marche de plus de 80000 personnes tout de suite loi séparatiste, loi sécurité globale. Après le mouvement des gilets jaunes, le le rapporteur du GIGN qui a fait la la loi sécurité globale qui a qui a été avortée, il a dit à cause du mouvement des gilets jaunes, nous avons vu que nous avons perdu la bataille de l'information parce que les gens ils voyaient pas Jérôme Rodriguez se faire éborgner sur BFM TV ou le JT de TF1, il le regardait sur les réseaux sociaux et la violence policière, elle se voyait sur les réseaux sociaux. C'est pour ça qu'il fallait absolument masquer ça. Et oui, à chaque fois qu'il y a des défaites, il y a derrière une volonté de reprendre par la main de la du législatif autoritaire,
par l'atteinte à l'état de droit, si tenté qu'il existe et cetera, le pouvoir pour domestiquer, discipliner. Et je diraiis un dernier mot, j'invite vraiment euh euh ils auraient même pu faire partie de de cette table là. Euh c'est euh euh Benoît Cocar et Félien Fori, deux sociologues de notre génération qui font leur recherche sur le basculement du vote des classes populaires dans cette France notamment périphérique, souvent de la gauche vers l'extrême droite. Et ils expliquent pour le dire de manière très synthétique que l'augmentation du vote de l'extrême droite, c'est la combinaison du racisme et du désarrois. C'est lorsque les gens en fait ils sont déclassés, ils ne savent plus comment faire et qu'on leur explique "Laisse tranquille Boloré, laisse tranquille Bernard Arnaud. Moi,
j'ai mieux à te proposer. Mamadou et Karim qui sont là-bas, ils ont pas être là-bas. Donc le logement social de Mamadou, je vais te le récupérer et l'AME que Karim il touche, je vais l'enlever pour que toi François, Jean-François, Sophie et cetera, vous puissiez avoir un logement. Par contre, vous fermez vos gueules sur Bernard Arnaud, Boloré, le la lutte de classe, ça ne vous regarde pas. Et c'est malheureusement à cause des défaites queon se retrouve on se retrouve dans une montée de l'extrême droite où à force de discours le carcher et cetera euh quand vous avez de gauche comme de droite un martellement de discours raciste où on continue à expliquer que c'est l'immigration le problème, que c'est toutes ces choses-là et cetera et qu'en fait on on ne fait pas en sorte de
d'unir la classe ouvrière, d'unir notre camp pour affronter le système et le faire tomber, on se retrouve dans des moments plus difficiles. Merci. Bon, d'abord, moi je veux je veux dire que non seulement c'est important d'avoir ces débats, mais ça fait du bien aussi d'avoir des débats y compris à gauche parce que il y a tellement une droitisation et une extrême droitisation du débat que euh enfin voilà, je trouve ça important que queon entende aussi ces ces voieslà et euh et je suis d'autant plus contente qu'on ait ces débats là que certains tirent une conclusion qui n'est évidemment pas la tienne, mais quand tu dis que Emmanuel Macron que tu es en désaccord sur le fait que derrière il faudrait des élections présidentielles parce que Marine Le Pen
la gagnerait selon toi ce que je moi je ne crois pas je vais expliquer pourquoi. Il y en a qui en tirent la conclusion que du coup Emmanuel Macron doit pas partir. par exemple ce qui s'est passé avec place publique cette fois-ci sur Baou place publique ayant tellement peur d'une dissolution où on nous explique encore on agite le chiffon rouge du Rassemblement national que à la fin il supplie François Baou de ne pas demander d'arrêter avec le vote de confiance qu'il avait prévu de faire le 8 septembre vote de confiance où on l'a fait tomber. Donc la première chose c'est que enfin là on est en train de faire une rentrée où si je vous avais demandé le 15 août comment vous sentiez la rentrée juste après que François Baouit annoncé le pire plan d'austérité qu'on a jamais vu au 21e siècle. Si je
vous avais demandé comment vous voyez la rentrée, personne pensait qu'on allait être sur une rentrée comme ça. Ce que je trouve extraordinaire dans ce qui s'est passé le 10 septembre. D'abord, la première chose, c'est que même si on prend les chiffres de la police et moi en fait nous on a fait un travail de compilation de chiffres qui étaient dans la presse plus des chiffres qui ont été donnés par les unions locales et les unions départementales CGT et nous on atteint juste en confiant ça 360000 personnes hors de Paris donc si on prend Paris 500000 personnes et ensuite tous les gens qui du fait des formes d'action qui étaient choisies complètement auto-organisé ne sont pas comptabilisés exemple le commerçant qui décide qu'il utilisera pas la carte bancaire pour que
l'argent aille pas aux banques ce jour-là. Exemple, les gens qui ont décidé de faire la grève de la consommation ce jour-là. Et juste si on prend les chiffres de la police, donc qui pour moi sont des chiffres largement sous-estimés, ils ont dit 197000 personnes. Tuas tu as raison, les renseignements généraux disaient 100000 personnes. Ça veut dire qu'il y a eu plus de monde le 10 septembre à se mobiliser d'une manière ou d'une autre que dans toutes les manifestations des gilets jaunes à l'exception de la première. Donc on est sur un très fort taux de mobilisation avec en plus je trouve non seulement un sangfroid populaire extraordinaire vis-à-vis du dispositif de répression et du dispositif policier qui était déployé. Une chose qu'a dit la procureur de la
République que j'ai trouvé intéressante qui dit jamais on a eu autant de jeunes femmes arrêtées. On n jamais vu ça nulle part et généralement quand les femmes s'y mettent ça sent mauvais pour le pouvoir. Donc je donc je trouvais ça intéressant. Et puis une deuxième date qui est d'ors et déjà là qui est celle du 18 septembre où il faut espérer qu'il y ait une jonction entre des grèves, donc des blocages de l'économie directement par les les travailleurs et les salariés, plus des mouvements qui ont tiré des leçons à la fois de la de la mobilisation contre les retraites parce que normalement c'était impossible de perdre cette lutte. Comment c'est possible de perdre une lutte quand vous avez à la fois 93 des salariés 93 % des salariés avec vous ? l'ensemble de l'intersyndical,
l'immense majorité des gens et même l'Assemblée nationale où ils ont été obligés de passer par 493. Donc, ils ont tiré à la fois les leçons de ça, donc des mobilisations traditionnelles qu'on voit depuis extrêmement longtemps et des leçons aussi de ce qui s'est passé avec les gilets jaunes. Donc moi, je trouve qu'il y a une intelligence populaire dans la manière dont ça a été mené, une tentative d'inventer aussi des nouvelles formes d'action, de comprendre qu'il faut passer des seuils face à un pouvoir qui écoute rien ni personne, qui est je crois quelque chose qui donne beaucoup d'espoir pour la suite. Et moi, je pense vraiment qu'on peut mettre à terre Macron aussi et qu'on peut mettre à terre Macron aussi. Peut-être je vais terminer là-dessus parce qu'après ça
impliquerait beaucoup de choses. Mais pourquoi moi j'y crois pas au fait que Marine Le Pen gagne la présidentielle ? Moi je je le dis assez sincèrement, je supporte plus les gens qui disent "Ah non, il faut pas faire ça parce que sinon après l'extrême droite va arriver au pouvoir." Déjà quand on a Retaillot comme ministre de l'intérieur, on peut poser la question de savoir quelle est la différence entre un ministre de l'intérieur de Marine Le Pen et un ministre de l'intérieur comme Retaillot. Enfin, je veux dire, la première chose que ce mec a fait en arrivant, ça c'est le résultat de la non censure du PS d'une part et du d'autre part qui lui ont laissé gouverner pendant 8 mois. La première chose qu'ils ont fait c'est toucher sur les crit les la les critères
de régularisation la circulaire vals. Ça veut dire des gens, y compris des parents d'enfants scolarisés. Enfin, je veux dire, c'est une question de vie ou de mort pour des pour des milliers de gens dans ce pays. Des millions de gens qu'on a touché comme ça. Voilà. Derrière, ils ont essayé de toucher le décret AME. Derrière, vous avez un ministre de l'intérieur qui crie à balile. Donc en fait déjà, faut arrêter d'avoir peur de faire des choses parce que l'extrême droite arriverait au pouvoir. Ça c'est la première chose. La deuxième chose c'est que moi je crois profondément que l'extrême droitisation, elle vient par le haut. On parlait des Boloré, destérrains et tout. Si vous voulez voir un exemple de d'extrême droitisation par le haut, vous prenez l'interview qu'a fait Baou juste avant
de tomber sur quatre chaînes d'info en continu. Alors, les questions alors c'était incroyable. Ah oui, pourquoi vous feriez pas les 36h puis les 50 heures par semaine ? Pourquoi vous supprimeriez pas tes vacances et même toutes les vacances du monde ? Donc cette extrême droitation, elle se fait par le haut. On dit le poisson pourri par la tête. Bon bah voilà, mais la réalité du pays, ce n'est pas cela. Et c'est ce qu'on a vu notamment, enfin, je veux dire, rappelez-vous toujours les législatives dernières organisées en 3 semaines, 27 sondage sur 27 qui donne l'extrême droite en tête. Et ce qui fait mentir et ce qui sauve la République de l'extrême droite, c'est tout ce que le pouvoir méprise. Les jeunes des quartiers populaires, les habitants des outresemes, les militants associatifs,
syndicaux et cetera qui du coup décident d'aller massivement aux urnes et qui en allant massivement aux urnes, en fait les rendent tous minoritaires et font gagner le à l'époque le nouveau Front populaire. Et dernière chose peut-être sur donc moi je pense qu'on peut le à terre et que y compris en le foutant à terre et en ayant une présidentielle déjà faut les arrêter parce que c'est eux la Macronie qui est responsable de l'ext de la montée de l'extrême droite. 8 députés d'extrême droite en 2017 en 2022 il y en a 89 en 2024 il y en a 142. Donc il faut les arrêter le plus vite possible parce que c'est eux qui extrême droitisent aussi la société. Et puis la deuxième chose, et ça ça appellerait un développement plus long, mais je vais pas le faire là, mais sur qu'est-ce qui se passerait s'il
y avait une dissolution. Bon, déjà nous on demande pas la dissolution, demande la destitution du président parce que c'est lui le problème en ce moment et que il faut trancher entre les grandes options. Mais s'il y avait une dissolution, je vais vous dire quelle est la leçon de ce qui s'est passé aux États-Unis. Réfléchissez pourquoi Trump est élu aux États-Unis. Pourquoi dans des États Trump est arrivé en tête et dans le même état, le même jour, le même vote, vous avez par exemple l'avortement qui est inscrit dans la constitution d'un état. Vous avez Rachidatib qui est élu au Congrès le même jour, qui est une palestino-États-unienne qui a levé haut effort la question palestinienne et du génocide en Palestine. Pourquoi c'est possible ? un paradoxe entre Trump d'un
côté qui gagne dans l'État et Rashidat qui est élu. Bah parce qu'en face il y avait une gauche qui était plus de gauche. Parce qu'en face il y a une gauche qui a non seulement été complice du génocide de Netaniaah enfin qui a livré directement les armes et on le sait très bien sans les États-Unis n'auraient pas pu faire le génocide. Donc ça c'est la première chose. La deuxième chose ils n'ont jamais porté la rupture avec le modèle capitaliste. Jamais. Je veux dire la la candidate du Parti démocrate n'a porté aucunement la question sur comment est-ce queon fait en sorte de rompre avec le modèle de production et de consommation qui euh bon pourrit à la fois l'écosystème, le seul écosystème compatible avec la vie humaine et rend la vie pourrie de tous les gens. Et donc quand vous avez une
gauche qui est pas de gauche et ben en fait vous faites gagner l'extrême droite. C'est ça qui se qui se passe. Donc nous dans tous les cas ce sur quoi nous sommes sûr c'est que nous on gardera un programme de rupture parce que si nous on cède à la place qu'on a je veux dire et après il y a les associations, les syndicats, d'autres partis politiques qui tiennent aussi mais si nous on cède derrière il y a plus rien sur cette question là et donc nous on ne cè pas sur le programme de rupture parce que seul un programme de rupture peut battre l'extrême droite. Mais bon, tu as pas trop répondu sur pourquoi ça serait ça ne pourrait pas être possible que Le Pen gagne, mais au-delà de la question de qui peut gagner et cetera, euh moi je le dis avec avec beaucoup
d'espoir vis-à-vis du mouvement dans le sens où je pense que ce mouvement-là, construire une grève générale politique, c'est-à-dire une grève générale qui impose et qu'on croit en nos forces en fait, je pense que si on on se donne l'objectif de construire un mouvement de masse, de mettre toute notre force, nos éner énergie par l'autoorganisation par en bas d'imposer des mots d'ordre aussi qui soient pas uniquement parce que je pense que il y a parfois un écueil dans lequel on tombe, c'est de rester dans des mots d'ordre économique. Je pense que c'est primordial aussi dans cette période là de voir que la question de la démission d'Emmanuel Macron, elle est l'alpha et l'oméga en fait parce que c'est la la le la déstabilisation de ce système- làà de ce régime-là. Et moi je
pense mon le désaccord que j'essaie d'exprimer notamment avec la position de l'élection présidentielle, c'est que l'élection présidentielle, elle est hypothétique, elle te elle te donne aucune certitude. Le mouvement s'il permet de faire tomber Emmanuel Macron te donne beaucoup plus de certitude par l'autoorganisation et par le fait de croire en nos forces et notamment d'exiger, moi souhait et notre souhait aux camarades de révolution permanente, c'est d'exiger la fin de la figure présidentielle. C'est-à-dire qu'un mouvement qui permette d'atteindre et et euh euh la figure présidentielle et de mettre un coup énorme sur le caractère de la 5e République n'a pas euh euh n'a pas pour vocation de de d'être là pour refaire des élections. Vous voyez bien ? Enfin, je veux dire, tu peux risquer de
te faire éborgner, tu peux risquer, il y a des il y a des centaines de gardes à vue euh euh on va faire grève et dégrèv et cetera. Moi, je connais personnellement personne qui a envie de risquer de perdre des mois de salaire, risquer de se faire éborgner. pour une hypothétique élection dans lequel bah l'issue du scrutin, il dépendra de comment l'élection elle va se passer et cetera. Pourtant, je pense que si on fait tomber le président de la République en exigeant derrière un programme démocratique radical, c'est-à-dire que Macron il dégage mais c'est plus jamais aucun président de la République qui vient, je pense qu'on est dans une situation politique qui est totalement différente que de faire autant d'efforts, autant de sacrifices pour faire quoi ? Une élection. Parce
que la réalité c'est que les gens euh euh ils diront "Mais attends, je comprends pas pourquoi moi je dois faire autant de sacrifices, autant de trucs, dans 1 an et demi, il y a l'élection présidentielle, viens on économise des kilomètres de marche et cetera et puis on attend 1 an et on fera l'élection présidentielle 1 an. Il y a pas de il y a pas de changement." Moi, je pense qu'au contraire, on aurait tort de penser que ce mouvement-là sont des bouchés politiques qui soit institutionnels. Mais je pense que son débouché, il doit être dans une forme démocratique radicale, c'est-à-dire d'aller chercher beaucoup plus que simplement la démission d'Emmanuel Macron, mais d'imposer la fin de la figure présidentielle et de commencer à imposer aussi, je sais pas moi, je suis
pour le les modalités révocatoires pour le fait que les mandats ils soient de 2 ans, que un député il ait le salaire d'un ouvrier pour pas en faire de la politique, pour pas qu'il y ait des gens, ils ont 70 balis, 75 et cetera et puis ils ont fait x et x mandat et ils continuent à en faire de la politique et on continue à voter pour eux. Moi je pense que c'est primordial et les leçons qui sont tirées et je dirais je ferai pas plus long mais pour comprendre aussi dans la population, il y a beaucoup de gens, moi je vois qui sont aussi des électeurs type peuple de gauche électeur nouveau Front populaire. Très sincèrement, la grande majorité de ceux que j'ai vu sont typiquement le profil de gens qui ont voté Nouveau Front populaire et qui pour beaucoup ont fait
et ont tiré le bilan du fait notamment de l'alliance électorale à gauche où en fait vous comprenez bien que vous avez voté pour Parti socialiste aussi et il voit ce que le Parti socialiste, il est au crochet du macronisme pour essayer de le sauver pour être le médecin de gauche pour dire nous on veut pas l'instabilité, on veut le retour de la démocratie et cetera et cetera. Et donc vous voyez le choc que ça fait vis-à-vis des gens qui se disent "Putain, j'ai voté en pensant que euh ça allait profondément changer. Je vois euh euh des gens euh euh de du Parti socialiste qu'on avait combattu, qu'on avait dit plus jamais PS revenir par la porte arrière et s'imposer et proposer des modalités. Je veux dire même il y a un truc Olivier Fort, il dit qu'il est pour envoyer des militaires français en
Ukraine. Même Macron, il est pas aussi explicite que ça. Il a dit il est pour envoyer parce qu'il dit Poutine ne connaît que le rapport de force. Et ça dit quelque chose de des trahisons et du poids que ça peut avoir. Et moi, je pense qu'on ne doit pas mettre notre espoir dans des processus électoraux. Je suis pas anti-électoraliste. On on s'est mis dans quelques élections, on continuera à s'y mettre. Mais pas dans pas pour penser que l'élection est supérieure à un mouvement de masse, à une grève générale politique et je pense qu'on devrait se donner les moyens, mettre tout notre énergie là-dedans, faire en sorte que toutes nos organisations et même moi, j'envoie un message à à à tous les camarades de l'antiracisme politique, à tous les camarades qui sont soucieux de la
question palestinienne et cetera. Il ne faut pas regarder ce mouvement à côté. Il ne faut pas regarder ce mouvement de côté en considérant que c'est l'histoire de jeunes étudiants euh un peu du peuple de gauche euh euh des travailleuses, des travailleurs, des syndicalistes et cetera. Moi je pense qu'on a un rôle central. Je le dis pourquoi ? pour une raison principale, c'est que la classe ouvrière, elle est aussi en grande partie racisée. Ce sont les conducteurs de bus, de métro, ceux du nettoyage, de la maçonnerie, de l'agroalimentaire, de la logistique. Et je pense que nous, militant et militants antiracistes, parce que moi je me définis jamais comme ça mais profondément enfin on se comprend ce que je veux dire mais je pense que ceux qui mettent leur leur
militantisme principalement sur les questions des violences policières, du racisme, de l'islamophobie, on doit faire en sorte d'imposer des mots d'ordre qui soient des mots d'ordre profond, régularisation et de tous les sans papiers, liberté de circulation et d'installation pour toutes et tous que le départ à la retraite pour la femme d'origine ivoirienne qui est venue en France à l'âge de 35 ans qui sait qu'elle a 43 annuités, elle s'en fout de non à 64 ans, elle s'en fout de non à 62 ans. Elle sait que quand elle calcule les 43 annuité, elle va partir à 70 balis. Peut-être même qu'elle partira pas avec une retraite parce que si on lui renouvelle pas son titre de séjour de 10 piges, un jour ou l'autre elle se barra. Et moi, je pense que notre rôle, et je conclus là-dessus,
je conclus juste là-dessus. Je pense que notre rôle, il va faire en sorte que à l'in à l'inverse des mouvements précédents, notamment celui de la réforme des retraites, il faut que nous on dise imposons des revendications qui soient installées et qui permettent de donner un caractère politique, profondément politique et qui fassent rentrer des secteurs et des secteurs. Parce que les Arabes et les Noirs ne sont pas des baltringues. Les femmes de ménage de l'hôtel Ibis, elles ont fait 22 mois. Il y a qui qui fait 22 mois ici dans la classe ouvrière blanche ? c'est il faut arrêter de penser que les Noirs et les Arabes, ils sont pas dans les manifestations parce queils ont peur, parce que ça les intéresse pas. Non, parce qu'il n'y a aucune revendication qui leur donne envie de venir. Parce
qu'on dit on parle pas de et moi je pense que si on commence à dire régularisation de tous les 100 papiers de mettre la retraite et l'égalité des droits pour toutes et tous, je pense qu'on pourrait être demain des millions et des millions à lutter. Et oui, là on commencerait à rentrer pour de vrai dans ce qui s'appelle une grève générale politique et qui pourrait permettre de faire tomber Emmanuel Macron et de réfléchir à un autre système derrière.
Anasse Kazib