Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 2 décembre 2018 18 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleSécuritéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Sylvain Maillard : "On ne pouvait pas éviter ce qui s'est passé hier à Paris"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Les mesures de sécurité prises hier autour des Champs-Elysées ont-elles été à la hauteur de la menace qui était prévisible ?

  • 1:39RelanceRéponse partielle

    Ces barrages filtrants sur les Champs-Elysées, est-ce que c'était la bonne méthode ou ont-ils été suffisamment bien pensés ?

  • 3:25OuverteRéponse directe

    Quand Emmanuel Macron, à 11 000 km de Paris hier soir, dit que ceux qui veulent le chaos seront identifiés et jugés, n'y avait-il pas un message plus fort à envoyer ?

  • 4:41OuverteRéponse directe

    Sur la réunion ce matin à l'Elysée, avec le Premier ministre et quelques ministres, vous attendez quoi, vous en tant que député La République En Marche ?

  • 5:53RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'il n'est pas temps pour l'exécutif de commencer à faire quelques concessions pour calmer les esprits et pour aller de l'avant ?

  • 6:42OuverteRéponse directe

    Mais par exemple, vous, Sylvain Maillard, député de La République En Marche de Paris, qu'avez-vous compris des revendications des gilets jaunes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « Je vous rappelle que le samedi précédent, tout avait été cassé sur les Champs-Elysées. »
  • 0:43Invité politiqueFait
    « Le préfet de police, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, ont apporté en tout cas toutes les garanties pour que les Champs-Elysées en eux-mêmes soient parfaitement sécurisés. »
  • 1:09Invité politiqueChiffre
    « Nous n'avons jamais eu autant de policiers à Paris pour pouvoir sécuriser une manifestation. »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « Est-ce qu'on aurait pu l'éviter ? Moi, je crois que c'est pratiquement impossible à l'heure actuelle dans le contexte depuis plusieurs années où à chaque manifestation d'importance, vous avez des gens qui viennent pour la baston, très clairement. »
  • 3:59Invité politiqueFait
    « il dit très clairement qu'il y a un message à l'encontre des casseurs, en quelques mots, que c'est inacceptable et que ce sera très durement puni par la justice. »
  • 6:51Invité politiquePromesse
    « le travail doit payer plus en France. »
  • 9:22Invité politiqueFait
    « nous n'avons pas supprimé pleinement l'ISF. »
  • 9:39Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas un cadeau fiscal. C'est pour qu'ils puissent créer de l'emploi. »
  • 10:33Invité politiqueFait
    « L'impôt n'est pas là que pour être juste. Il doit être juste, mais sa finalité ce n'est pas d'être pleinement juste. »
  • 12:32Invité politiquePromesse
    « d'aller parler à ceux qui sont éloignés de la politique. »

Temps de parole

  • Sylvain Maillard73 %
  • Locuteur non identifié23 %
  • Présentateur4 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur non identifié

Bonjour Sylvain Maillard, député La République En Marche, député de Paris, c'est d'ailleurs dans votre circonscription autour des Champs-Elysées que s'est déroulée cette journée de guérilla urbaine quasi insurrectionnelle. Les mesures de sécurité prises hier autour des Champs-Elysées ont-elles été à la hauteur de la menace qui était prévisible ?

0:21
Sylvain Maillard

Moi j'ai été, la semaine dernière c'est public, donc j'avais pris des positions m'inquiétant fortement du fait d'avoir à nouveau une manifestation sur les Champs-Elysées. Je vous rappelle que le samedi précédent, tout avait été cassé sur les Champs-Elysées. Et donc, quelque part d'être dans un refus à nouveau d'avoir une manifestation sur les Champs-Elysées. Le préfet de police, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, ont apporté en tout cas toutes les garanties pour que les Champs-Elysées en eux-mêmes soient parfaitement sécurisés.

Sécurisés pour les commerçants, sécurisés pour les Parisiens qui puissent venir dessus, mais aussi pour les gilets jaunes, qu'ils puissent défiler sans que ce soit la guérilla comme nous avions connu le Saint-Mid avant. La difficulté, elle est assez simple. Nous n'avons jamais eu autant de policiers à Paris pour pouvoir sécuriser une manifestation. Mais elle est venue d'ultra-droite, d'ultra-gauche, de zadistes, de casseurs, de pilleurs, qui sont venus directement au contact très très tôt, dès 9h, au contact, qui ont refusé évidemment de présenter une cardinale ou même de rentrer dans le périmètre des Champs-Elysées parce que dès le début, ils voulaient la bagarre avec les policiers.

1:36
Locuteur non identifié

Mais ces barrages filtrants sur les Champs-Elysées, est-ce que c'était la bonne méthode ou ont-ils été suffisamment bien pensés ? Car au final, on a eu Place de la Concorde, un mélange de casseurs et au départ, un mélange avec aussi des gilets jaunes réels. Et c'est d'autant plus difficile pour les forces de l'ordre d'intervenir.

1:57
Sylvain Maillard

Je ne suis pas spécialiste de ce type d'intervention. La seule chose que je peux dire, d'abord, c'est rendre hommage aux forces de l'ordre qui ont passé une journée extrêmement difficile hier. Leur professionnalisme, même s'il y a des blessés, il y a relativement peu de blessés par rapport à l'engagement qu'ils ont dû subir et de rappeler que ce sont des mères et des pères de famille qui, toute la journée, se font caillasser par des gens qui sont venus uniquement pour la castagne. Est-ce qu'on aurait pu l'éviter ?

Moi, je crois que c'est pratiquement impossible à l'heure actuelle dans le contexte depuis plusieurs années où à chaque manifestation d'importance, vous avez des gens qui viennent pour la baston, très clairement. Donc, de toute façon, est-on capable de boucler entièrement Paris ? La réalité est non. Et c'est très dur à dire parce que, moi, j'entends, et j'ai eu toute la journée hier des habitants du 8e arrondissement, vous l'avez rappelé, c'est ma circonscription, du 8e, du 1er arrondissement, qui étaient affolés chez eux, qui ont reçu des parpaings directement dans leurs fenêtres d'appartement, bloqués chez eux, un hôtel particulier, sa voiture brûlée. Incendié. Exactement.

Non mais, vous vous rendez compte, vous êtes chez vous et vous vivez d'une guérilla urbaine en bas de chez vous, en plein milieu de Paris. Donc, est-ce que c'est satisfaisant ? Évidemment que non. Est-ce qu'on aurait pu faire mieux ? Je pense que malheureusement, non. Alors, après la forme, le fond,

3:25
Locuteur non identifié

quand Emmanuel Macron, à 11 000 km de Paris hier soir, dit que ceux qui veulent le chaos seront identifiés et jugés, n'y avait-il pas un message plus fort à envoyer, compte tenu de ce contexte jamais vu pratiquement à Paris ?

3:41
Sylvain Maillard

Je crois que, d'abord, il y a une tradition bien instaurée sous la Ve République, c'est que le Président de la République ne parle pas des affaires intérieures quand il est à l'étranger. Il a tenu un propos en deux temps, en disant, d'abord, moi, ce qui m'a plu, c'est-à-dire qu'il dit très clairement qu'il y a un message à l'encontre des casseurs, en quelques mots, que c'est inacceptable et que ce sera très durement puni par la justice.

4:11
Locuteur non identifié

Il y a le message pour les casseurs,

4:11
Sylvain Maillard

et puis il y a aussi le message qu'attendent les gilets jaunes. Mais tout à fait. Et dans ce message, dans ses propos, parce qu'il est à l'extérieur de la France, il dit, je reprends l'avion, je rentre, et je serai, dès ce matin, avec le gouvernement pour parler des problèmes, discuter, évidemment, de la continuité du mouvement des gilets jaunes. Et en tant que député La République En Marche ? Donc je pense que c'est logique, et c'est un discours qui est tout à fait entendable. J'ai entendu, je condamne et je rentre.

4:41
Locuteur non identifié

Sur la réunion ce matin à l'Elysée, avec le Premier ministre et quelques ministres, vous attendez quoi, vous en tant que député La République En Marche ? Vous attendez quoi de cette réunion ?

4:49
Sylvain Maillard

Moi, ce qui est très très dur pour le gouvernement, mais pour les députés que nous sommes, c'est que nous avons en face un mouvement sans tête, qui revendique, il y a autant de gilets jaunes que de revendications. Ils essayent de se structurer depuis quelques jours. Je lis ce matin dans le journal du dimanche, et je m'en félicite, qu'ils vont tenter d'avoir à nouveau des portes-paroles, mais que ces portes-paroles seraient en tout cas prêts à être reçus directement par Édouard Philippe le plus rapidement possible. Donc je vois que ce mouvement est en train de, en tout cas je l'espère, se structurer pour que nous puissions avoir une réelle discussion.

Parce que nous voulons tous sortir de ce conflit, nous entendons la souffrance, je veux le redire à ce micro, nous entendons la souffrance de ceux qui manifestent, pas les casseurs, ceux qui manifestent partout en France, pour dire on n'arrive pas à boucler nos fins de mois.

5:45
Locuteur non identifié

Nous l'entendons, et nous voulons y répondre. Entendu, ou en tout cas écouté, pas forcément, ou l'inverse, entendu mais pas forcément écouté. Est-ce qu'il n'est pas temps pour l'exécutif de commencer à faire quelques concessions pour calmer les esprits et pour aller de l'avant ?

5:59
Sylvain Maillard

Mais nous sommes dans la discussion, et prêts à voir quelles sont les meilleures possibilités Oui, la portée ouverte, dit Batimion, mais ça ne suffit pas à un moment, ce n'est pas seulement la porte ouverte, c'est aussi des annonces. Mais il faut pouvoir discuter. Oui, mais les annonces, très bien, mais savoir, ça ne sert à rien de faire une annonce si elle ne correspond pas à l'attente pleine et entière de ceux qui manifestent, et ceux qui manifestent, mais aussi ceux qui soutiennent la manifestation, sans être pleinement ou pleinement investis en tant que gilet jaune.

Donc, là où nous avons besoin, c'est peut-être l'habitude que nous avons tous, mais c'est d'avoir en face de nous des interlocuteurs qui puissent porter la parole et qui puissent, avec nous, construire la meilleure solution pour se sortir de ce conflit.

6:42
Locuteur non identifié

Mais par exemple, vous, Sylvain Maillard, député de La République En Marche de Paris, qu'avez-vous compris des revendications des gilets jaunes ?

6:49
Sylvain Maillard

Moi, je crois que, et c'est le sens de notre action, le travail doit payer plus en France. Le travail doit payer plus en France. Et que, quelque part, notre élection, il y a 18 mois, parce qu'une partie aussi de ces gilets jaunes ont voté aussi pour nous, notre élection, elle est un signe important en disant qu'on veut qu'il y ait un changement profond. Nous, nous portons des réformes, qui sont parfois, probablement pas assez visibles, qui sont souvent à infusion lente, mais de transformation profonde de l'économie parce que nous voulons créer de la valeur et ensuite la redistribuer. C'est toujours été le sens de notre action.

Et là, ce que nous entendons, le message que nous entendons dans la rue, c'est, nous, on veut tout de suite. Les fins de mois sont difficiles tout de suite. On ne veut pas une amélioration dans deux ans, dans trois ans, dans quatre ans. Il y a une urgence. Il y a une urgence à agir. Il y a une urgence tout de suite. Et c'est cette réponse, cette question qu'il faudra donner une réponse.

7:43
Locuteur non identifié

Est-ce que ce n'est pas aussi la limite de la théorie d'Emmanuel Macron sur les premiers de cordée ? Car ce que disent les gilets jaunes, ce que disent les retraités, c'est que les facilités faites aux plus riches ne favorisent pas le bien-être supérieur pour tous qu'avait théorisé Emmanuel Macron ? Ça ne suffit plus. Pour me dire, la théorie prend du plomb dans l'aile, non ?

8:04
Sylvain Maillard

Moi, je ne crois pas au fait d'opposer une catégorie par rapport à une autre. Je pense que nous devons instaurer, et j'espère, en tout cas, c'est ce que nous nous portons depuis 18 mois, maintenant que nous sommes arrivés au pouvoir, portons cette idée de transformation pour un bien-être global de tous. et qu'il n'y a pas une opposition entre les riches et les pauvres. Il n'y a pas une opposition entre les parisiens ou ceux des métropoles et ceux de la ruralité. Il n'y a pas d'opposition

8:30
Locuteur non identifié

entre les riches et les pauvres, mais il y a un besoin chez les moins riches d'entendre que leurs difficultés sont prises en compte au plus haut sommet de l'État. C'est bien ça que réclament les gilets jaunes.

8:39
Sylvain Maillard

Nous avons besoin de créer de la richesse en France pour la distribuer. Il faut arrêter. Ça fait 30 ans qu'on le fait, c'est-à-dire distribuer de l'argent que nous n'avons pas de l'État pour combler des fins de mois. Nous devons construire de la richesse et ensuite la distribuer. Il faut changer de paradigme. Si ça marchait, si ça marchait, le fait d'uniquement faire de la distribution sans créer de richesse, il n'y aurait pas de souci. On voit bien que nous sommes dans une impasse. Et pour sortir de cette impasse, ce que nous avons décidé de faire, c'est-à-dire de faire en sorte que le travail paie plus, de recréer de la richesse pour qu'ensuite nous puissions la redistribuer.

Et puis j'entends souvent cette opposition les riches doivent contribuer plus. Ce que nous avons fait sur l'ISF, parce que vous avez sûrement me posé la question, en disant, d'abord nous n'avons pas supprimé pleinement l'ISF. La réalité c'est quoi ? C'est qu'on a dit que ceux qui ont le plus de moyens, il fallait qu'ils orientent leur argent, leur épargne, plutôt vers les entreprises, qui est un bonus vers les entreprises pour créer les emplois. Ce n'est pas un cadeau fiscal. C'est pour qu'ils puissent créer de l'emploi. Parce que les entreprises ont besoin de cash pour pouvoir investir.

Et par contre tout ce qui reste sur le patrimoine, vous décidez, vous avez de l'argent, vous décidez d'investir dans un appartement, bas-dessus c'est toujours taxé comme ça l'était auparavant, parce que nous voulons flécher l'argent vers les entreprises et non pas vers le patrimoine immobilier. Mais que l'argent soit fléché,

10:00
Locuteur non identifié

comme vous dites, vers les entreprises, ce n'est pas forcément un veto qu'opposent les gilets jaunes. Les gilets jaunes réclament de la justice fiscale. Quand vous supprimez partiellement l'ISF, quand la flat tax allège fortement l'imposition du capital, comment voulez-vous faire croire aux manifestants que le gouvernement favorise cette justice fiscale ?

10:20
Sylvain Maillard

C'est aussi une très bonne question ce que vous venez de poser, parce qu'il y a aussi la réflexion entre la justice et l'efficacité fiscale. L'impôt n'est pas là que pour être juste. Il doit être juste, mais sa finalité ce n'est pas d'être pleinement juste. Sa finalité c'est d'être efficace.

Efficace pour pouvoir financer les services publics, c'est-à-dire collecter suffisamment d'impôts, mais aussi pour pouvoir flécher l'investissement de nos concitoyens, vers par exemple les entreprises à l'heure actuelle, vers de l'écologie, faire en sorte de donner une incitation fiscale pour qu'on puisse avoir une trajectoire financière de l'ensemble de nos concitoyens qui soit en orientation avec la politique que nous souhaitons suivre. Donc moi j'entends la justice, mais cette justice doit être aussi efficace. Et c'est ça ce bon équilibre qu'il nous faut trouver. Aujourd'hui la justice fiscale n'est pas efficace. On voit qu'il y a des besoins et des besoins à court terme.

11:21
Locuteur non identifié

On va en reparler dans un instant Sylvain Maillard, député de la République En Marche. Vous restez avec nous. On va poursuivre cette interview avec Patricia Martin, avec les auditeurs de France Inter. Le standard est ouvert. C'est au 01-45-24-7000. A tout de suite. Comment sortir de la crise des gilets jaunes ce matin pour en parler le député de la République En Marche de Paris, Sylvain Maillard ? Une question de Patricia Martin.

11:43
Présentateur

Oui, il y a dans le journal du dimanche d'aujourd'hui une interview très intéressante de Pierre Rosanvalon, qui est historien et professeur au Collège de France, qui parle de la société telle qu'elle est, qu'il la qualifie d'éloignement, société d'éloignement, dit-il, où les gens vivent finalement en ghetto, ce qui crée évidemment des préjugés et des fantasmes, et ce qui est probablement le terreau de ce qui se passe en ce moment. Alors ça, le terreau, il ne s'est pas fait en un jour. En revanche, ce qu'il dit par ailleurs, il qualifie les gilets jaunes de décrocheurs de la démocratie. Ce sont des personnes qui ont une défiance vis-à-vis des institutions.

Et là, est-ce qu'il n'y a pas une responsabilité directe de la République En Marche qui était censée au départ faire de la politique, je dirais, autrement, en éliminant un peu les vieux briscats, on va dire, et en redonnant peut-être un élan, une confiance précisément aux citoyens ?

12:29
Sylvain Maillard

C'est ce que nous essayons de faire depuis la construction, depuis le début de la République En Marche, d'En Marche d'ailleurs, c'est d'aller parler à ceux qui sont éloignés de la politique. Hier, nous avons un nouveau délégué général, Stanislas Guerny, et hier, dans son discours d'ailleurs, nous exhortait à retourner aussi En Marche pour aller, au contraire, aller en priorité vers ceux qui sont le plus éloignés de la politique pour les ramener parce que c'est consubstantiel à notre mouvement, à ce que nous voulons porter comme valeur. Est-ce que c'est une réussite, un échec ?

La réalité, c'est que le travail est immense et qu'il faut qu'on puisse redonner confiance à l'ensemble des citoyens dans la politique, dans l'action politique. C'est moins dans la politique en elle-même, parce que je crois qu'en France, nous sommes un peuple politique, mais dans l'action politique. C'est-à-dire que quand nous disons quelque chose, quand un élu promet quelque chose, il le fait, il le met en place, et puis il reste à l'écoute tout le long de son mandat des préoccupations, tout en ayant l'intérêt général cheville au corps.

Donc évidemment qu'il y a beaucoup de travail, mais qui aurait pu croire un instant, et surtout pas nous, qu'en un an, un an et demi, nous allions réparer le pays ?

13:43
Locuteur non identifié

La limite des partis politiques, la limite des corps intermédiaires, c'est aussi ce que démontre cette séquence des gilets jaunes. Vous aviez d'ailleurs émis le souhait, vous, de relancer La République En Marche. Bon, c'est Stanislas Guérini qui est désormais à la tête. Vous vouliez changer ce parti, La République En Marche, très affaibli, disiez-vous. En quoi est-ce un parti affaibli ?

14:07
Sylvain Maillard

C'est un parti qui a besoin de trouver un second souffle, comme un mouvement d'ailleurs, qui a besoin de trouver un second souffle et qui a besoin dans son organisation propre de modifications d'organisation. Parce que c'est démocratie trop verticale ? En fait, la verticalité, moi, je pense que c'est quelque chose de très bien. Parce que ça nous permet d'être efficaces. Vous savez, j'ai vécu cette campagne autour d'Emmanuel Macron, et cette verticalité, elle vous permet de prendre une décision le lundi et qu'elle soit parfaitement appliquée partout. Et donc, elle est d'une vraie efficacité. Sauf que dans les régions, les élus locaux...

14:42
Locuteur non identifié

Enfin, il n'y a pas d'élection pour représenter En Marche localement.

14:45
Sylvain Maillard

Il y a manque de démocratie. Mais je revendique une horizontalité, d'ailleurs, qui était dans la création même d'En Marche, qu'il faut beaucoup plus valoriser, faire en sorte... Moi, je demandais ce qu'il y ait des élections au niveau départemental, parce que je crois que c'est important qu'on puisse conserver non seulement cette verticalité, je le dis encore une fois, je revendique, parce que c'est ça qui rend aussi le mouvement efficace et dans une cohérence. Mais il faut plus d'horizontalité pour qu'on soit plus à l'écoute du terrain et plus à l'écoute des initiatives locales.

Parce que les questions qui se passent en grande ruralité n'ont évidemment rien à voir, très souvent, avec ce qui se passe, par exemple, à Paris.

15:25
Locuteur non identifié

Quand il y a blocage en démocratie, comme en ce moment avec les Gilets jaunes, une sortie possible, c'est la dissolution. C'est ce que réclame Jean-Luc Mélenchon, c'est ce que réclame aussi Marine Le Pen. La dissolution, monsieur le député, vous voyez ça comment aujourd'hui ?

15:38
Sylvain Maillard

Moi, ce que j'entends, c'est qu'il faut qu'on apporte des résultats. J'étais encore hier avec une délégation de Gilets jaunes, ils ne m'ont pas demandé une dissolution, ils m'ont demandé plus d'argent en fin de mois. Ce n'est pas une dissolution qui va apporter plus d'argent en fin de mois. C'est à nous, politiques, de trouver des solutions pour que chaque personne qui travaille en France, entre autres qui travaille en France, puisse avoir les moyens de vivre et ne soit pas à compter dès le 15 du mois. Donc, on entend cette réponse. Après, notre sort personnel, je vais vous dire avec un peu plus de recul, notre sort personnel n'a finalement peu d'importance dedans.

C'est une dissolution, ce n'est pas important. Ce qui est important, c'est qu'on puisse changer la vie de nos concitoyens et particulièrement ceux qui sont en souffrance.

16:22
Locuteur non identifié

A l'instant, le gouvernement français dit vouloir étudier toutes les options pour éviter de nouvelles scènes d'émeute, notamment celles de l'instauration de l'état d'urgence. C'est ce que dit le porte-parole Benjamin Griveaux ce matin. L'état d'urgence, ça veut dire des libertés restreintes, ça veut dire la saisie éventuelle des armes. C'est la solution qu'il faut sortir, qu'il faut dégainer pour cette crise en ce moment ?

16:45
Sylvain Maillard

Je n'en sais rien. C'est aussi l'assignation à résidence avant une manifestation. Voilà, après, ce sera au ministre Christophe Castaner de déterminer quelle est la bonne réponse à donner à ce que nous avons vécu hier.

17:02
Locuteur non identifié

Cet état d'exception de l'état d'urgence, je vous sens réticent ?

17:06
Sylvain Maillard

Non, je n'ai pas d'analyse précise dessus. Nous sommes sortis de l'état d'urgence il y a quelques semaines. C'est vrai que d'y rentrer, c'est toujours un moment fort. On sait quand on y rentre, on sait rarement quand on en sort. Si c'est la réponse, pour plus qu'on ait des scènes de guérilla, comme j'ai connu dans mon arrondissement, évidemment que si c'est la bonne réponse, j'y souscris avec enthousiasme.

17:31
Locuteur non identifié

Merci Sylvain Maillard, député La République En Marche de Paris. Merci d'être venu ce matin au micro de France Inter et bonne journée.