Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 5 février 2026 26 min

François-Noël Buffet : « L’adoption de ce budget 2026 est un moindre mal »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. François-Noël Buffet, bonjour. On va revenir sur toutes ces actualités avec vous. Mais d'abord, vous connaissez le principe de cette émission. Je vais vous montrer trois unes de la presse régionale. Vous me dites, laquelle de ces trois vous inspire le plus ? On commence avec Bien Public qui titre sur deux incidents graves survenus dans un collège à Dijon. Mardi, une dizaine de jeunes ont débarqué au collège des Lantillères pour en découdre avec un élève. La police municipale a dû intervenir. Le Parisien titre sur le grand déclassement du niveau de vie des Français.

Pour la troisième année consécutive, le PIB par habitant est inférieur à la moyenne européenne. Et la montagne se demande quelles réponses apportées à la délinquance, notamment en matière de narcotrafic. De quoi avez-vous envie de nous parler ?

0:53
Invité

Les deux, si je puis me permettre.

0:54
Présentateur

C'est une normalement bien.

0:56
Invité

C'est le climat de violence qui est exceptionnel, qui continue de se développer sur le pays. Et singulièrement, le climat de violence des plus jeunes. On va évoquer un cas particulier. On peut évoquer aussi le cas de ce qui s'est passé hier dans le Rhône, sur la commune de Saint-Génie-Laval. Cette jeune fille qui a été battue quasiment à mort par d'autres jeunes collégiennes. Cette violence des jeunes est très très préoccupante. Et la violence d'une manière générale liée au narcotrafic est tout aussi préoccupante.

1:21
Présentateur

Vous parlez aussi, vous, d'ensauvagement de la société, comme dirait Bruno Retailleau.

1:25
Invité

Oui, on est à ce stade, on peut dire cela. Il faut réagir vite. Alors la question, c'est de savoir. Réagir vite, le dire, est une chose. Trouver les moyens de cette réaction en est une autre. Bien sûr que l'école a son rôle, mais l'école ne peut pas avoir tous les rôles. La responsabilité des parents est essentielle. L'éducation est fondamentale. C'est les parents qui font cette éducation. Nous avons besoin de les responsabiliser et puis revenir au partage de valeurs qui sont le respect des gens, le respect des uns et des autres. La violence n'est pas une solution, nous le savons tous. Mais il faut avoir des mesures assez strictes, très dures.

Je pense que notamment l'interdiction, vous savez, d'Internet, en tous les cas des réseaux pour les plus jeunes d'entre nous, peut aider, ce n'est pas la seule solution, peut aider quand on voit les images de violence permanente qui sont banalisées sur les réseaux, à la télévision ou ailleurs. Vraiment, les propos qui sont tenus dans des réunions publiques ou y compris d'ailleurs parfois sur des supports de communication, tout ça contribue à alimenter cette violence-là qui n'a pas besoin d'être alimentée. Donc on a un travail collectif.

2:32
Présentateur

Et puis on en parlera évidemment dans quelques instants de la police municipale, mais avant ça, un mot du budget. La France qui a enfin un budget depuis lundi à la suite du rejet de deux motions de censure. Vous êtes dans quel état d'esprit ? Vous êtes soulagé ce matin ?

2:44
Invité

– Ce n'est pas une question de soulagement, c'est un moindre mal. Nous savons tous que ce budget n'est pas celui que nous aurions aimé, qui était un budget utile à la France, en matière notamment de résorption du déficit, qui est fondamentale. Mais il fallait bien qu'on sorte de cette situation de blocage, qui est principalement liée d'ailleurs à la situation politique de l'Assemblée nationale, disons, les fausses telles qu'elles sont. Bon, tant mieux, il est voté.

On en a besoin, je rappelle que pour notre industrie de défense, et notre défense en général, nos forces armées ont besoin d'évoluer très très vite maintenant, compte tenu du contexte international que vous avez par ailleurs rappelé. Nos policiers ont besoin d'équipements supplémentaires, de moyens supplémentaires. Nous avions veillé avec Bruno Retailleau, lorsque nous étions au gouvernement, à préparer un budget qui soit un budget parfaitement adapté aux soucis et aux besoins de la police. Donc, il le fallait. Bon, ce n'est pas le meilleur.

3:33
Présentateur

– Mais vous parlez, vous dites, ce n'est pas votre budget. Certains disent à droite, c'est un budget socialiste. Vous allez jusqu'à reprendre ces mots ?

3:38
Invité

– Non, c'est un budget de compromis, dans lequel le Parti Socialiste a parfaitement joué sa carte. – De compromis ou de compromission ? – Non, arrêtons.

3:45
Présentateur

– Il y a certains élus à droite qui sont aujourd'hui au gouvernement.

3:48
Invité

– Quelle solution propose-t-il ? – Je veux bien tout ce qu'on veut, mais il y a un moment, il y a un principe de réalité qui s'impose, et il y a l'intérêt du pays et des compatriotes. Il n'est pas satisfaisant. On est d'accord là-dessus. On n'aurait pas fait ce budget si on avait eu la majorité de l'Assemblée nationale, c'est très clair. Mais la situation politique, elle est ce qu'elle est. Donc, on a un budget pour la France. Le débat majeur, il aura lieu l'année prochaine, au moment de l'élection présidentielle. C'est là que les choix fondamentaux se feront.

4:15
Présentateur

– Vous dites quoi, Sébastien Lecornu, à qui on promettait l'enfer et la censure ? Vous dites, chapeau l'artiste quand même, il est parvenu à faire adopter ce budget ?

4:24
Invité

– Je dis qu'il a réussi à faire adopter un budget, dans des conditions extrêmement difficiles, il faut bien l'admettre. On aurait pu mieux faire, bien évidemment. Mais voilà, c'est fait. Je n'ose pas dire que c'est un événement, c'est un événement important. Mais maintenant, il faut passer à autre chose. – Au budget de la France, vous voulez dire ? – Tout de suite. Il faut préparer le budget tout de suite, parce qu'il arrivera très très vite en réalité. Parce que nous savons que les services de l'État, ils travaillent déjà, c'est normal. Donc tout de suite, et en plus, il va venir au moment où on aura une élection présidentielle.

Donc la situation n'est pas simple, on n'est pas sorti encore de la difficulté.

4:59
Présentateur

– Et peut-être, on n'est pas encore sorti peut-être du budget, puisque Sébastien Lecornu a annoncé une saisine du Conseil constitutionnel sur ce texte. Ça correspond à quoi ? À quoi ça sert cette saisine ? C'est la première fois en 50 ans que l'exécutif le fait ?

5:11
Invité

– Oui, parce que d'abord, je crois que c'est prévu dans les textes, d'une part, que le Conseil constitutionnel soit saisi après le vote du budget. Il y a un point particulier qui est sous les paroles du gouvernement, il exerce son droit, il le fait.

5:23
Présentateur

– Mais ça ne traduit pas une fébrilité sur certains dispositifs, notamment en matière fiscale ?

5:27
Invité

– Il peut y avoir des points fragiles, il faut les faire traiter. Mais ça, une fois de plus, il ne faut pas en faire des événements extraordinaires.

5:35
Présentateur

– C'est la première fois en 50 ans.

5:36
Invité

– Oui, mais c'est le jeu normal de nos institutions et des capacités qu'ont les uns et les autres de pouvoir saisir le Conseil constitutionnel pour faire contrôler un acte majeur de notre vie politique au sens large du terme. Eh bien voilà, on respecte les procédures, on respecte les choses, on verra bien ce que dit le Conseil constitutionnel.

5:50
Présentateur

– Un remaniement est annoncé dans les prochains jours, vous en serez ?

5:55
Invité

– Non, non, non, je n'en serai pas. Oui, je crois qu'il y a des ajustements qui sont prévus, ça c'est à la main.

6:03
Présentateur

– C'est une nécessité selon vous maintenant de remanier ce gouvernement ? Maintenant que le budget est passé ?

6:08
Invité

– Ce n'est pas anormal qu'il y ait dans un gouvernement, dans la vie de ce gouvernement, des ajustements. Je crois qu'il y a des raisons à cela, certains membres du gouvernement sont candidats aux élections municipales, c'est un motif suffisant pour se consacrer pleinement à cette élection municipale lorsque l'on recherche un mandat de maire. Donc ça ne me paraît pas illogique. Et ce n'est pas non plus un événement extraordinaire.

6:30
Présentateur

– Non, quelles sont les priorités ? Quelles doivent être les priorités aujourd'hui du gouvernement ? Sur les textes qui doivent arriver notamment au Parlement d'ici 2027, quelles sont les priorités que vous fixez ?

6:39
Invité

– Les priorités de défense, c'est incontestable. Le pouvoir d'achat, c'est incontestable. Et je crois qu'un des enjeux majeurs, c'est de redonner confiance à nos compatriotes, d'essayer de trouver les moyens d'un apaisement en matière de politique, parce que le monde est d'une violence incroyable. Il faut qu'on retrouve confiance, qu'on retrouve cet apaisement et quelques lignes directrices, en particulier sur la sécurité, et ça c'est fondamental. On sent bien qu'on est sur un point de dérapage, le narcotrafic notamment, mais pas seulement, alimente tout ça. Donc je crois qu'il faut se consacrer à ça en premier.

Mais le pouvoir d'achat, redonner aux Français la capacité de pouvoir vivre de leur travail, que le travail paye plus que l'assistance, c'est des lieux communs que de dire ça. Mais nous avons besoin de cela.

7:21
Présentateur

Un mot sur le procès Marine Le Pen. Ce mardi, on a pris connaissance des réquisitions du parquet à l'encontre de Marine Le Pen pour son procès en appel. Réquisition identique à la peine prononcée en mars dernier en première instance, mais sans exécution provisoire. Est-ce que Marine Le Pen paye ses très fortes accusations contre les juges, contre la décision de première instance selon vous ?

7:43
Invité

C'était son choix de défense. Elle doit l'assumer, c'est une chose. Les réquisitions sont identiques en première instance. Maintenant, c'est à la Cour de décider. Elle décidera peut-être l'exécution provisoire. Pas parce que le parquet ne la réclame pas, qu'elle ne peut pas être prononcée. On a des exemples. Le cas de l'ancien président Nicolas Sarkozy est un exemple. Donc, attendons la décision définitive avant de, j'allais presque dire, de porter quelques jugements que ce soit, quelques conséquences que ce soit. Mais en tous les cas, le fait majeur, c'est que les réquisitions n'ont pas été modifiées et les reproches qui sont faits à Mme Le Pen ont été maintenus par la Cour.

8:20
Présentateur

Les avocats généraux parlent quand même, pour justifier cette absence d'exécution provisoire, disent pas de risque de récidive. Il y a quand même un sujet aujourd'hui sur cette exécution provisoire, exécution immédiate. Est-ce que, selon vous, il va falloir réformer les textes ?

8:34
Invité

Sur le fond, je pense que c'est nous qui avons demandé, nous collectivement, que l'exécution provisoire puisse être prononcée dans ce type de situation. Moi, ce qui me semble essentiel, ce n'est pas de remettre en cause la possibilité de prononcer l'exécution provisoire, c'est qu'à l'audience, il faut qu'il y ait un débat sur ce sujet-là. C'est notamment le cas du président Sarkozy, où, alors que le parquet ne réclame pas cette exécution, le tribunal décide de la prononcer, alors même qu'il n'y a pas eu de débat contradictoire sur cette demande à l'audience.

Donc, il faut rendre obligatoire à l'audience, dès lors que le parquet ou le tribunal envisage de la prononcer, un débat, parce que je rappelle que l'exécution provisoire, c'est d'abord des garanties de représentation. Donc, il faut ce débat à l'audience. Donc, la réforme, à mon avis, elle doit aboutir sur ce point.

9:15
Présentateur

Et elle doit intervenir avant 2027, selon vous ? Il faut déposer un texte avant 2027 ?

9:20
Invité

Alors, il peut être déposé. Oui, je pense qu'il ne faut pas perdre de temps. C'est un aspect très important en matière de droit de la défense, en matière de débat contradictoire et de qualité des débats. Donc, il n'y a pas de raison d'attendre. On peut très bien déposer un texte, le faire procéder.

9:33
Présentateur

Vous allez le faire vous-même ou ce n'est pas encore tranché ?

9:36
Invité

Ce n'est pas tranché. Je ne me suis pas posé la question, mais je pourrais le faire moi-même, bien sûr.

9:39
Présentateur

L'actualité politique, elle vient aussi du Sénat. François-Noël Buffet, un projet de loi pour réformer les polices municipales a été examiné ces dernières heures. On va faire le point avec Guimet Allard, qui va tout de suite tout nous expliquer. Guimet, le Sénat se penche depuis mardi sur le projet de loi pour renforcer les pouvoirs de cette police municipale. Un vote solennel aura lieu la semaine prochaine. Et dans ce texte, il est question notamment du port des armes pour les agents. Aujourd'hui, où en est-on ?

Alors, parmi les communes munies d'une police municipale, la très grande majorité, environ 80%, autorisent leurs agents à porter des armes, même si certaines, comme Bordeaux ou Nantes, n'autorisent que les armes non létales, comme par exemple des bâtons de défense. Car l'éventail des armes possibles est très large. Cela va des armes de poing, comme par exemple des pistolets ou des revolvers, à des armes à feu d'épaule, que l'on tient donc sur l'épaule. Et les policiers peuvent aussi utiliser des matraques, des pistolets à impulsion électrique ou encore du gaz lacrymogène.

Les polices municipales non autorisées à porter des armes, comme c'est le cas par exemple à Paris, sont des cas bien plus minoritaires et sont en général situés dans des communes plus petites. Paris étant l'exception qui confirme la règle. Alors aujourd'hui, qu'est-ce que le texte prévoit de changer ? Jusqu'à présent, être autorisé pour un policier municipal à porter une arme ne pouvait advenir qu'à la suite d'une demande nominative du maire auprès du préfet. Mais l'article 7-R, introduit par les rapporteurs du texte, prévoit qu'une fois obtenue, cette autorisation devienne nationale.

En clair, en cas de mutation de l'agent en question dans une autre commune, celui-ci aura immédiatement le droit de porter une arme et n'aura plus besoin d'effectuer une nouvelle demande d'autorisation sous réserve et évidemment que la commune en question ait le droit et y autorise ses agents. Et cette modification de la loi était une demande très forte des élus. Le texte prévoit l'accès à d'autres équipements, Guimet. Oui, des équipements plus modernes, plus adaptés, comme par exemple des drones sous réserve d'une autorisation par le préfet.

Alors les drones pourront être utilisés pendant 5 ans à titre expérimental et dans des circonstances très définies, comme par exemple la sécurisation de grands rassemblements, la régulation de flux de transport, le secours aux personnes ou encore en cas de risque naturel. Les policiers seront également autorisés à utiliser des lecteurs automatisés de plaques d'immatriculation, par exemple pour des contraventions du code de la route ou encore relatives à l'abandon d'ordures. Et d'une manière générale, ce qu'il faut dire, c'est que le texte est très attendu, notamment par les élus, mais la gauche s'inquiète.

Elle estime que ce texte fait porter le poids de la sécurité aux collectivités locales. Écoutez.

12:12
Invité

Cette évolution, cette judiciarisation, portent en elle des dangers au-delà de la confusion des missions des polices. Celle aussi de créer des disparités, des inégalités trop importantes en fonction des moyens des communes qui peuvent ou non la mettre en place et qui seront incités de fait à le faire. Ce glissement est aussi, quoi qu'on en dise, un nouveau signe de désengagement de l'État qui pourrait justifier sa moindre présence sur le terrain, par exemple, par l'action des polices municipales.

12:40
Présentateur

Monsieur le sénateur, est-ce que vous comprenez ces craintes ? Est-ce qu'effectivement, le renforcement des moyens de la police municipale ne fait pas craindre un désengagement de l'État ?

12:48
Invité

Non, nous avons veillé à cela. Quand nous avons préparé le texte à Ibon-Henri Taillot, au gouvernement, nous avons bien surveillé le fait qu'il n'y ait pas ce glissement-là car c'était une inquiétude des maires. Et on le comprend bien. Moi, qui ai été maire pendant 20 ans, je ne souhaite pas que la police nationale se désengage. En revanche, la demande est forte de la part des élus, des maires et pour leur police municipale. Pour quelles raisons ? Principalement parce que nos policiers municipaux sont aujourd'hui les premiers au contact de la violence qui s'est fortement développée sur nos territoires.

Ayez en tête que la basilique de Nice, en 2020, ce sont les policiers municipaux qui interviennent en premier. Ayez en tête que Mulhouse, il y a un an, à la fin du mois, ce sont les policiers municipaux, les ASVP qui sont intervenus en premier. Donc la violence a changé. La proximité des policiers municipaux les place dans leur tenue en première ligne. Il faut donc qu'eux-mêmes puissent se protéger aussi. Donc l'armement d'ailleurs, qui ne représente que 58% de nos polices municipales, seuls 58% de nos polices sont armées d'armes létales, d'armes à feu. Bien sûr. Donc ce n'est pas non plus la majorité. C'est la liberté du maire de faire ce qu'il veut. Il n'armera pas sa police municipale.

Il l'équipera de moyens nouveaux s'il le souhaite.

14:01
Présentateur

Mais justement, est-ce que ça ne va pas créer ce que disait Guimet ? C'est un peu d'une commune à l'autre en fonction de l'idéologie ou de la politique du maire ?

14:08
Invité

Ça, après, le choix politique, c'est une chose. Moi, je suis allé sur le terrain, j'ai fait beaucoup de visites. Nous avons beaucoup travaillé dans le cadre du Beauvau, des polices municipales. Vous avez toutes les situations, mais tout le monde s'adapte. Dans les milieux, on va dire, les moins urbains, les plus ruraux, périurbains, on mutualise, on travaille ensemble, ça fonctionne. Dans les grandes villes, effectivement, on développe parfois de façon très importante les polices municipales. Il y a des coopérations avec les polices nationales. Donc laissons cette liberté au maire. Mais veillons à ce qu'effectivement, il n'y ait pas un désengagement de l'État. Ça, c'est très important.

Mais je crois qu'il n'y a pas de risque de ce point de vue-là. Les collaborations fonctionnent. Et puis on donne aux policiers municipaux, enfin, si le maire le désire, des capacités d'agir nouvelles. Avec ces fameuses amendes forfaitaires délictuelles. Le gouvernement, nous en avions prévu au texte d'origine neuf. La commission des lois du Sénat et le Sénat a décidé d'en avoir plus. On est quasiment à 15 aujourd'hui. Tout le monde est d'accord là-dessus. Pas de problème. Quel est le point fondamental ? C'était de ne pas être sous la coupe du procureur de la République. Donc, quand on a rédiger le texte, j'ai veillé à ce qu'il n'y ait pas nécessité, dans ces constats, de besoin d'enquête.

C'est le point juridique majeur. Il n'y a pas besoin d'enquête. Donc, c'est un constat d'une infraction qui a un caractère délictuel qui se fait sans enquête. Donc, ça, c'est une souplesse supplémentaire très importante.

15:26
Présentateur

Alors, justement, vous en parlez. Les compétences s'élargissent, donc les responsabilités s'élargissent.

15:30
Invité

Bien sûr.

15:30
Présentateur

En revanche, le salaire ne suit pas.

15:32
Invité

Alors, on n'a pas le volet social dans cette affaire. Parce qu'il y avait déjà eu des négociations, il y avait quelques années, en matière de rémunération de nos policiers. Ça viendra, évidemment. Ce qui est très important, en revanche, dans le texte, c'est qu'on a renforcé la déontologie. Et la formation et la déontologie. Vous avez évoqué…

15:49
Présentateur

Ce que veulent les policiers, c'est un salaire amélioré.

15:51
Invité

Bien sûr. Mais je comprends. Mais l'objet du texte n'était pas d'avoir une vocation, dans un premier temps, à caractère social. La vocation était augmentation des compétences, liberté des maires de décider. Donc, il appartiendra au maire. Je rappelle que c'est au maire de décider comment ils rémunèrent leurs policiers, comment ils le font. Mais je voudrais revenir sur un point qui me paraît, moi, absolument essentiel. C'est qu'on a renforcé la déontologie, le contrôle. Plus de pouvoir, plus de contrôle. Et on a assoupli un certain nombre de dispositions. Vous l'avez rappelé tout à l'heure.

C'est-à-dire, notamment, un gendarme ou un policier national qui intègre une police municipale, il n'est pas utile de lui refaire une formation extraordinaire en matière, notamment d'armement, parce qu'il connaît. Donc, des économies. Donc, on gagne du temps pour le maire. Et en même temps, on ne fait pas des choses qui sont inutiles. Ça ne veut pas dire que sur d'autres points, il n'y aura pas cette formation. Et ce fichier national, ce qu'on appelle le RIO, d'ailleurs, va permettre, effectivement, des mobilités beaucoup plus faciles et des efficacités plus grandes, c'est clair.

16:47
Présentateur

De nouvelles compétences pour les policiers municipaux. Laurent Nunes, au micro de Quentin Calmet, hier, disait qu'il était opposé au droit accordé à ces policiers municipaux de faire des contrôles d'identité. Qu'est-ce que vous en pensez ?

16:58
Invité

C'est un sujet qui s'est posé, effectivement, de faire des constats, mais ils ne peuvent pas faire le contrôle. Je pense qu'il va falloir travailler pendant la navette.

17:05
Présentateur

Expliquez-nous la différence.

17:06
Invité

Vous pouvez constater, si je vous demande, monsieur, comment vous appelez-vous, vous me dites, je m'appelle, voilà, mon nom, mon adresse, mais vous n'avez pas le moyen de vérifier, c'est-à-dire d'interroger les services pour pouvoir vérifier si ce que vous me dites est la vérité. C'est ça, le sujet. Bon, à partir du moment où, dans le texte, on a autorisé, enfin, le Sénat a autorisé notamment l'accès aux traitements anticipés, les antécédents judiciaires, l'accès au TAJ, qui est un fichier très particulier, il faut peut-être se poser la question qu'ils puissent contrôler cette identité pour s'assurer que la personne qui est en phase 2, est bien celle qui est requière et qui a été condamnée.

Donc, il faut profiter de la navette pour ça. On souhaite que ce soit… Moi, je n'ai pas d'hostilité de principe, bien évidemment, je suis plutôt à l'humide favorable, mais il y a des conditions très claires à déterminer.

17:47
Présentateur

Sujet toujours poli, c'est avec ces refus d'obtempérer qui font encore la une de l'actualité. Deux nouveaux cas en début de semaine. On ne peut rien faire contre ce phénomène ? On ne peut pas stopper ces chauffards ?

17:57
Invité

On ne peut pas stopper. Bien sûr que si, on peut les stopper. Il y a même des pays qui acceptent de bousculer, de renverser les motos. En Angleterre. Notamment en Angleterre. Nous n'en sommes pas là. Ça vous y est favorable ? Moi, je suis très prudent là-dessus, mais je suis très prudent là-dessus. En revanche, je suis pour que l'on utilise tous les moyens possibles pour essayer de mettre hors de nuisance ces gens-là. Ça fait partie de cette violence qui continue d'augmenter et du non-respect de tout. Donc, le travail d'éducation, d'une part, le travail de répression sur ces gens-là est absolument nécessaire. Les services le font. Ne nous trompons pas. Les services le font.

Et nos gendarmes, comme nos policiers, sont équipés désormais pour pouvoir empêcher ces comportements. C'est un travail de longue haleine.

18:44
Présentateur

Les policiers qui sont en colère.

18:45
Invité

Mais les sanctions doivent être, une fois de plus, les sanctions doivent être extrêmement fermes là-dessus.

18:51
Présentateur

Elles ne le sont pas suffisamment ?

18:53
Invité

Elles le sont aussi.

18:54
Présentateur

Il faut musculer encore le dispositif.

18:56
Invité

On ne va pas relancer le débat de la sanction pénale. On constate depuis des années, en réalité, sur les très objectifs, que les sanctions sont de plus en plus importantes. Ce qui compte, c'est l'efficacité de la sanction pénale. Et le vrai sujet, c'est l'exécution de la peine.

19:08
Présentateur

François-Nord Buffet, les policiers qui sont en colère en ce moment, le week-end dernier. 45 000 personnes ont participé à une manifestation à l'appel du syndicat Alliance Police Nationale. Ils dénoncent un manque de moyens. Ils ont tort ? On a déjà assez donné ou il faut aller plus loin ?

19:22
Invité

D'abord, nous sommes tous, sans exception, en tous les cas pour ce qui nous concerne, solidaires de nos policiers et de l'engagement qui est le leur. Il faut redire les choses. Il y a eu des évolutions ces dernières années en termes de rémunération, c'est clair, en termes de moyens matériels, notamment véhicules, armement et autres dispositifs. Il y a encore, il y en aura encore cette année, il y a encore des progrès à faire en matière d'immobilier. Ça, ce n'est pas faux. Il y a eu des retards pris, notamment dans la gendarmerie, parce qu'il n'y avait pas de budget l'année dernière. Donc, ça a décalé l'ensemble des projets, c'est exact. Il faut essayer de le rattraper.

On sera un peu pareil dans cette année. Mais il est vrai que dans nos commissariats, il y a de très bonnes choses qui se font. Mais il y a du retard. Il faut se donner un plan pluriannuel en matière de réaménagement ou de reconstruction ou de travaux. Dans l'immobilier de la police nationale, ça, oui, c'est nécessaire.

20:12
Présentateur

On va aller chez vous, François-Noël Buffet. On va retrouver Francis Ziegelmeyer, rédacteur en chef adjoint au Progrès. Bonjour, Francis, en direct depuis Lyon. Vous avez réalisé donc un grand sondage dans cinq grandes villes de la région. Et vous êtes notamment intéressé à Lyon et au maire écolo Grégory Doucet. Qu'est-ce qu'on apprend avec ce sondage ?

20:33
François-noël Buffet

Bonjour, bonjour, monsieur Buffet. Ce qu'on apprend avec ce sondage, c'est qu'à Lyon, comme dans les autres villes tenues par des équipes écologiques, les maires sortants sont en difficulté. À Lyon, c'est une série de sondages qui a été publiée. Et le nôtre confirme un petit peu cette tendance, alors que nous sommes à un mois et demi du premier tour de scrutin. Grégory Doucet est très en retard par rapport à son adversaire principal, puisqu'il y a une nouveauté un petit peu originale dans cette élection, une personnalité qui est entrée de manière un peu fracassante dans cette élection. C'est Jean-Michel Aulas et il a plus d'une dizaine de points de retard sur lui aujourd'hui.

21:14
Présentateur

Vous avez une question pour le sénateur, je crois, Francis.

21:19
François-noël Buffet

Oui, je crois que, monsieur Buffet, vous aviez été candidat la dernière fois à l'élection métropolitaine. Ça ne s'était pas très bien passé. Comment vous jugez, comment vous voyez la candidature aujourd'hui de Jean-Michel Aulas ? Puisqu'une grande partie, il est soutenu par LR, notamment par Horizon, par l'UDI, par le Centre. Il a réussi à faire une unité là où ça avait été quand même excessivement difficile les années précédentes.

21:43
Invité

Oui, vous croyez bien, en 2020, ça ne s'est pas bien passé. Il y a plusieurs raisons à cela, mais ce n'est pas l'objet du débat. Je pense que, moi, j'ai soutenu très très vite, lorsque l'idée est venue que Jean-Michel Aulas puisse être candidat à Lyon, j'ai soutenu cette idée très tôt, il y a pratiquement un an maintenant, parce que je pense qu'elle est de nature à être en capacité de pouvoir rassembler largement et de pouvoir gagner cette élection municipale et peut-être l'élection métropolitaine. Donc, c'est une bonne chose.

Avoir quelqu'un comme Jean-Michel, cette personnalité-là, qui a démontré sur le plan professionnel d'une part, sur le plan sportif évidemment d'autre part, sa capacité à porter des projets, à avoir une vision et à rassembler, est absolument essentielle dans un monde qui a besoin en réalité un peu de retrouver confiance en lui, de retrouver des projets, de retrouver une sorte de destin collectif et qui tire les conséquences du sondage que vous venez de publier, à savoir que l'exécutif élu en 2020 a voulu imposer les choses extrêmement fortement et il faut qu'on passe aujourd'hui d'une écologie punitive à une écologie vertueuse et de progrès. C'est ça l'essentiel.

Et l'enjeu, c'est de rassembler et de ne pas opposer. Or, on a le sentiment, qui n'est pas qu'un sentiment puisque le sondage le révèle, c'est que finalement, dans ces communes-là, au sens large du terme, on a plutôt opposé les gens plutôt qu'on a essayé de les rassembler. Or, nous avons besoin de rassembler. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir au cœur de nos dispositifs des politiques environnementales dynamiques. Ça, c'est absolument fondamental. Il n'est pas question de le remettre en cause. En revanche, il est question d'emmener tout le monde dans le bateau, si je puis dire, de façon cohérente et de ne pas opposer les gens, plutôt de les rassembler autour d'un projet lui-même.

Et c'est ça l'enjeu. Moi, je pense que la politique, c'est d'abord de rassembler et de porter sur un projet et emmener tout le monde. Ce n'est pas ce qui a été fait dans ces communes, manifestement. Parce qu'on a voulu imposer les choses. Et puis, il y a des désaccords de fond. Quand on vous dit, et qu'on l'assume d'ailleurs, qu'on est décroissant, ça a un sens. Moi, je ne suis pas décroissant. Je suis, au contraire, pour la croissance, pas pour une croissance débridée, pas pour faire n'importe quoi, mais pour se mettre dans une démarche positive au service de nos habitants.

Nous sommes au service de nos habitants et pas d'idéologie de tout poil qui pourrait arriver parce qu'on est convaincu qu'on a raison et qu'on a raison tout seul. Ça, c'est faux. En revanche, et ça se traduit dans le sondage.

23:58
Présentateur

Merci beaucoup, François.

23:59
François-noël Buffet

Ce qui se traduit dans le sondage aussi, c'est qu'il y a une satisfaction importante du travail qui a été fait par la municipalité, dont plusieurs items, notamment les transports en commun, l'environnement, l'image de la ville à l'extérieur, la propreté. Donc, le bilan n'est peut-être pas aussi…

24:19
Invité

Je n'ai pas dit que le bilan était à 100% négatif. Personne ne dit ça. En tout cas, moi, je ne le dis pas. Il y a des choses qui ont été positives, mais il y a des choses qui créent des crispations extrêmement fortes et des rejets extrêmement forts parce qu'on a voulu imposer… Enfin, l'exécutif a parfois voulu imposer les choses de façon très puissante, j'allais dire dogmatique. Et non, ça, ce n'est pas possible. Les gens ne veulent pas ça, les populations ne veulent pas ça. Et le rôle d'un maire, ce n'est pas d'opposer les gens, c'est de les rassembler justement pour emmener vers ce qu'on imagine étant l'idéal pour son territoire.

24:51
Présentateur

On a bien compris. Je rappelle le nom des autres candidats quand même à la mairie de Lyon. Anaïs Belouaïssa, chérifie, candidate insoumise. Georges Kepenekian, sans étiquette. Alexandre Dupalais, candidat UDR. Nathalie Perrin, Gilbert, candidate d'hiver gauche. Delphine Bridet, candidate lutte ouvrière. Merci beaucoup, Francis. On reparlera du sondage Ebra dans une vingtaine de minutes. Petite dernière question, François-Noël Buffet, toujours sur ces municipales qui sont marquées par l'entrée en vigueur de cette loi PLN Paris-Lyon-Marseille. Qu'est-ce que ça va changer ? Qu'est-ce que ça change même au niveau de la campagne ?

25:22
Invité

Ça change beaucoup de choses, et notamment au moment du vote, puisqu'à Lyon, à Lyon même, sur la ville, nous aurons trois scrutins en même temps. Celui pour le maire de la commune de Lyon, avec une liste sur l'ensemble de la ville de Lyon, plus une élection dans les arrondissements, plus au même moment une élection métropolitaine. Donc on a un risque, ça va être compliqué. Il va falloir que nos compatriotes appréhendent ce scrutin qui est un scrutin important.

25:48
Présentateur

Ça va changer un peu quelque chose en matière de résultats ? Oui, sans doute, ça va influencer, parce que mécaniquement,

25:54
Invité

vous n'avez pas le même résultat sur le plan des élections. Dès lors, vous avez une circonscription unique sur la ville de Lyon pour élire le maire, ce qui n'était pas le cas jusqu'à maintenant, puisqu'il était issu des élections des arrondissements. Oui, donc c'est un changement important.

26:05
Présentateur

On suivra ça avec attention. Merci beaucoup François Noël Buffet. Merci à vous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.

François-Noël Buffet : « L’adoption de ce budget 2026 est un moindre mal » — François-noël Buffet · Pourquijevote