Municipales, tarif des péages, travail de mémoire... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot
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Nick Jadot, avez-vous pris le temps d'écouter la leçon du professeur Didier Raoult hier devant la commission d'enquête de l'Assemblée ? J'étais en campagne municipale à Montpellier.
On se bat pour que les citoyens s'emparent de cette élection, transforment la société, résistent aux canicules qui commencent, résistent à la pollution de l'air qui revient, résistent à la sécheresse. Et on était là ensemble, il y avait déjà des températures très hautes. Comme à Montpellier, comme à Marseille, comme dans toute la France. Et on se disait maintenant la référence n'est plus le Sahara, c'est la Sibérie. Et là, il y a une sacrée responsabilité dimanche à voter pour des maires qui vont transformer la société à la fois pour éviter que la catastrophe s'emballe, mais aussi pour évidemment mieux y résister.
Vous vous rendez compte qu'on sort du confinement, on va peut-être demander notamment à nos anciens de rester confinés tout l'été parce qu'on va avoir des températures insupportables. Dire encore à nos enfants qui viennent d'être déconfinés, de ne pas jouer dans la cour parce qu'il y a de la pollution de l'air, on a un enjeu extraordinaire et possible. Parce qu'on le voit partout, on visite des entreprises, je finis, on visite des entreprises. S'il y a un potentiel de création d'emplois locaux extraordinaire autour de la transition écologique, de dynamique, de redynamisation du tissu économique qui est formidable, il n'y a plus qu'à.
Ma question portait davantage sur le professeur Raoult. Oui, donc je n'ai pas écouté. Pour ça, pour vous dire, je n'ai pas écouté. Et l'écologie, vous ne l'avez pas écouté. Didier Raoult a dénoncé les liens, selon lui, entre les scientifiques et notamment les membres du conseil scientifique et le laboratoire Gilead, qui commercialise, lui, un autre médicament que l'hydrochloroxine, c'est le remdesivir. Est-ce qu'il faut enquêter, pour vous, sur ces liens supposés ou réels ?
À partir du moment où un professeur très impliqué dans les processus potentiellement d'élaboration, d'autorisation des médicaments, pose une alerte, je pense que ça vaut toujours le coup d'enquêter. Après, on sait que le professeur Raoult est un personnage qui a défendu une thèse. Tout le monde en a dit sur lui dans la classe politique. Il a une parole crédible parmi d'autres.
Quand certains ont voulu en faire un gourou, y compris au moment où le débat commençait à être très sérieux dans la communauté scientifique sur la chloroquine, avoir le président de la République qui lui rend visite comme un chaman, ça sort le professeur Raoult de son rôle normal de scientifique très impliqué depuis des années, voire des décisions sur ces sujets. Vous, vous n'êtes pas allé le voir quand vous êtes allé à Marseille il y a quelques jours ? Non, je ne suis pas allé le voir.
Vous n'avez pas le souhaité ou vous aviez mieux à faire ?
Non, je ne souhaite pas. Je ne souhaite pas. Moi, je ne suis pas médecin, je ne suis pas scientifique. Vous savez, moi, j'ai vécu en Afrique, j'ai vécu en Asie, donc pendant des années, de la chloroquine, on en prenait quasiment tous les matins. Mais pas dans les mêmes dosages que ceux préconisés par le professeur Raoult. Mais c'est pas comme anti-paludéen. Donc, je n'ai pas de soucis par rapport, si vous voulez, à la dangerosité absolue de ce produit. En revanche, il est évident qu'à partir du moment où beaucoup d'études scientifiques contestent la validité de ce traitement, mais c'est devenu... Enfin, on a quasiment eu un hashtag, je suis chloroquine, c'est débile.
Enfin, je veux dire, il n'y a pas de raison que spécifiquement en France, on n'ait pas un débat éclairé, apaisé sur les traitements potentiels du Covid à ce moment-là, et puis de pouvoir prescrire de la chloroquine, mais évidemment à des patients qui n'allaient pas être à risque sur les effets secondaires. Lundi prochain, au lendemain des municipales, d'ailleurs Emmanuel Macron doit recevoir les 150 citoyens qui étaient membres de la Convention citoyenne sur le climat. Vous voulez dire qu'il veut passer vite l'étape des municipales ? Non, attendez, la question n'a pas encore été posée. Ça vous intéresse, Yannick Jadot, les propositions sorties de la Convention citoyenne ?
Je trouve ça passionnant. Je trouve ça passionnant. Justement, il y a parmi ces propositions, il y en a une qui a beaucoup d'écho, qui suscite d'ailleurs certaines inquiétudes, c'est l'abaissement de la vitesse de 130 à 110 km heure sur les autoroutes. Est-ce que vous êtes favorable, vous, à cette mesure, et est-ce que vous comprenez les craintes, éventuellement le mécontentement qu'elle peut provoquer ? Quand on est sur l'autoroute, déjà, parfois, à 130, on s'ennuie un peu. À 110, si vous voulez, il va y avoir le sentiment qu'on perd du temps. C'est évident, tout le monde est dans cette situation-là.
Mais s'il était avéré que la réduction de la vitesse sur l'autoroute permet d'avoir un impact substantiel, significatif sur les émissions de gaz à effet de serre, sur la sécurité routière, on sait que réduire sa vitesse, c'est baisser aussi sa consommation de carburant, donc améliorer son pouvoir d'achat. Et moi, j'ai mis, ce n'est pas à qui condition ? Non, non, c'est avéré. C'est avéré que vous baissez la vitesse, évidemment, votre moteur tourne moins vite, vous baissez les émissions de gaz à effet de serre. Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on mette comme contrepartie le fait qu'on baisse les péages sur les autoroutes. Quel est le rapport entre les deux ?
Justement, mais pour en permanence, vous savez, y compris sur les autoroutes. Sur les autoroutes, y compris sur les autoroutes. Ce n'est pas du tout l'enjeu des 80 km heure. L'enjeu des 80 km heure, ce n'était même pas tant le temps perdu. Quand on roule, moi, je viens de Picardie, je sais ce qu'il y a que de conduire à la campagne et de voir 90 ou 80. On ne perd que quelques minutes sur votre trajet. Ce qui était inacceptable, c'était le sentiment de mépris de Paris pour les zones rurales, abandonnées par les services publics, abandonnées économiquement, abandonnées socialement. Là, on est sûr à une autre chose.
D'ailleurs, les classes les plus fragiles ne prennent pas l'autoroute parce que c'est trop cher. Justement, baisser. Parce que c'est trop cher. On sait que les sociétés autoroutières font des rentes inacceptables. Inacceptables. Qui sont critiquées, y compris par la Cour des comptes, par les institutions européennes. C'est une machine à engranger du cash sur l'automobiliste, ce qui est scandaleux. Eh bien, justement, faisons la vitesse sur les autoroutes et puis, abaissons les tarifs de péage. Et baisser les tarifs des péage, c'est encourager les Français à utiliser davantage leur voiture. Mais des Français ont besoin de la voiture.
Quand vous partez en famille, moi, regardez là, le bon sens de la Convention citoyenne. Moi, j'ai trouvé ça extraordinaire. Et franchement, toutes les critiques sur les citoyens, y compris de ce que j'ai lu du Premier ministre, on peut prendre le train, par exemple, Yannick Jadot, non ? Mais on peut prendre le train. Mais si vous abaissez les tarifs des péageages, vous incitez, mais pourquoi pas les Français à prendre la voiture ? Vous partez en vacances à la campagne. Une fois que vous êtes arrivé à la gare, vous faites comment avec votre famille et vos bagages ? Donc, on ne peut pas se passer d'automobiles. Mais je n'ai jamais dit qu'on allait se passer totalement d'automobiles.
Mais c'est les tarifs ? Certains y arrivent. Regardez aujourd'hui, si on prend l'hiver, il y a des stations de ski, vous arrivez en train, vous avez une navette, tout ça se passe très bien. Vous avez besoin de vous déplacer. Donc, la question n'est pas d'empêcher le déplacement, c'est de créer les conditions pour que ce déplacement ait le moins d'impact possible pour l'environnement et soit le moins cher possible pour les familles. Mais juste un mot de bon sens. Oui, d'un mot, d'un mot, d'un mot.
Yannick Jadot, baisser les tarifs des autoroutes, c'est votre position ou c'est celle du parti ? Tout le monde est d'accord chez les écologistes pour dire qu'il faut baisser les tarifs ? Ah oui ? Oui. Ah oui, vous savez, tout le monde critique.
Vous vous rendez compte, on a quand même... Enfin, c'est un scandale la privatisation des autoroutes. Il y a eu plein de rapports, il y a eu plein de... Y compris des commissions d'enquête parlementaires. C'est un scandale. On a donné des bijoux de la République qui appartenaient à tous les Français, à des sociétés qui engrangent des milliards sur notre dos. Et d'ailleurs, on n'a pas entendu le gouvernement se positionner sur la privatisation d'ADP au moment où on sait que le trafic aérien va baisser, au moment où on sait que le trafic aérien là aussi génère beaucoup de pollution. On est toujours sur la même logique.
Privatisons ce qui nous appartient collectivement et qui est un enjeu de transition majeure. 8h41,
vous restez avec nous Yannick Jadot, c'est le Filinfo avec Victor Vasseur.
6 milliards d'euros, c'est un bon début de négociation, souligne sur France Info le patron de la CFDT, Laurent Berger. Le ministre de la Santé veut augmenter les salaires à l'hôpital et dans les maisons de retraite. Les aides-soignantes, les infirmiers, les manipulateurs radio seront les premiers concernés. Bayer va verser 10 milliards de dollars à des victimes du Roundup pour faire cesser les poursuites mais ne reconnaît aucune faute. Plus de 50 000 plaintes liées au glyphosate déposées aux Etats-Unis contre le groupe agrochimique. Selon les victimes, le pesticide leur a provoqué un cancer.
après une première enquête classée sans suite des juges d'instruction vont reprendre les investigations dans l'affaire Coller comme le réclame l'association Anticor. Le numéro 2 de l'Elysée, Alexis Coller, est accusé de conflit d'intérêt avec l'amateur MSC. En région parisienne, regardez sur votre pare-brise la couleur de votre vignette avant de partir. Mise en place de la circulation différenciée, les vignettes de classe 0, 1 et 2 peuvent rouler et puis si vous empruntez le RERB comme un million de voyageurs chaque jour, le trafic est très perturbé. Un train vide a déraillé hier.
France Info Et tout est plus clair.
Yannick Jadot, faut-il, comme s'apprête à le faire le gouvernement, fermer certaines lignes aériennes pour lesquelles un trajet en train en moins de 2h30 est possible ? Est-ce que c'est une bonne idée ? Pour l'instant, il y a 3 lignes qui seraient supprimées ou est-ce que vous souhaitez aller plus loin ?
Il faut aller plus loin. Il faut évidemment fermer pour toutes les compagnies, pas simplement pour les compagnies qui touchent de l'argent public. C'est ce qui a été annoncé dans le cas de ces 3 lignes. Parce que jusque-là, on était sur Air France. Il faut évidemment fermer. Mais regardez, même Marseille. Moi, je me balade en permanence. Marseille, c'est 3 heures de Paris. Est-ce qu'il faut un avion ? C'est-à-dire, vous quittez la ville, vous allez à l'aéroport, vous montez dans un avion qui émet beaucoup de gaz à effet de serre pour atterrir dans un autre aéroport, mettre 45 minutes pour rejoindre le centre de Paris alors que vous avez un TGV qui fait centre-ville, centre-ville.
Eh bien, à partir du moment où c'est beaucoup moins impactant pour le climat, il faut choisir des transports comme le train, comme le TGV qui permettent à la fois de voyager confortablement et de moins polluer. Mais parfois, on prend aussi l'avion d'une ville de région pour rejoindre Paris pour prendre un autre avion. C'est notamment le cas d'ailleurs sur le plan économique. Est-ce que ça veut dire qu'il faut en compensation augmenter les liaisons aériennes vers l'étranger d'un certain nombre de capitales régionales pour que les voyageurs n'aient pas à passer par Paris ?
Non, ce qu'il faut et c'est le combat que nous menons au niveau européen et c'est ce que fait l'Allemagne, c'est ce que font d'autres pays et c'est ce que ne fait pas encore la France, il faut investir massivement sur le train. Vous vous rendez compte quand même que l'Allemagne a fait son plan de relance avec un investissement massif sur le transport de personnes et de marchandises par le train depuis des années, des années, des années. malheureusement, nous, et encore aujourd'hui, on n'investit pas suffisamment sur le train et on ne se donne pas les moyens d'avoir des déplacements rapides, confortables, moins impactants.
Mais supprimer des liaisons aériennes, ça a des conséquences économiques pour ces villes en région aussi. Est-ce qu'il faut des mesures de compensation pour compenser pour l'attractalité économique ? Quelles conséquences ? Vous savez qu'aujourd'hui, la plupart des plateformes d'aéroports dans certaines villes en région sont très largement financées par les collectivités. Comment vous croyez que Ryanair organise le low cost, organise dans une situation de dumping social inacceptable, de dumping fiscal inacceptable et il fonctionne avec l'argent public ? Ils se permettent ces comportements-là avec l'argent public ? Ça, il faut le changer ?
Il faut empêcher les collectivités de financer ces compagnies low cost ? Bien sûr ! La venue de ces compagnies low cost ? Regardez, Tours, c'est un des enjeux de la municipale de Tours. L'enjeu, c'est l'aéroport. Est-ce qu'on a besoin d'une grande plateforme aéroportuaire à Tours ? Évidemment non. Il va falloir à un moment donné mettre... Quand j'entends le gouvernement qui ne répond toujours pas aux appels au secours du patron de la SNCF qui dit évidemment comme toutes les entreprises nous avons perdu beaucoup d'argent avec la période de confinement et le patron dit on va réduire les investissements. On sait qu'il y a du sous-investissement sur les lignes du quotidien, sur...
Alors, en Ile-de-France, un sous-investissement massif. On va peut-être licencier ou supprimer des postes au moment où tous les pays se disent il faut mettre le paquet sur le train. C'est bon pour l'aménagement du territoire, c'est très bon pour l'emploi, c'est bon pour l'attractivité économique dont vous parliez et c'est bon pour l'environnement. Donc, faisons ce qu'il est urgent de faire.
On ne peut pas regarder la Sibérie à 40 degrés, se plaindre des feux de forêt en Amazonie ou ailleurs et ne pas faire nous assumer notre responsabilité, surtout encore quand ça permet de manière assez extraordinaire de créer de l'emploi, de renforcer le tissu économique et encore une fois de bien vivre là où on vit habituellement sans devoir forcément rejoindre les métropoles.
Les municipales, Yannick Jadot, qu'est-ce qui se joue précisément dimanche soir pour vous et pour votre parti ? Est-ce que c'est en partie le sort de la planète, l'écologie dans les années qui viennent ou est-ce que c'est également le leadership sur la gauche pour l'avenir ?
Ce qui se joue c'est la vie locale, la vie quotidienne de nos concitoyens. Uniquement ça ? Là, ce sont les municipales. Ce qui est passionnant parce qu'effectivement je me déplace beaucoup comme beaucoup d'écologistes, c'est qu'il y a une incroyable aspiration populaire à changer, à transformer notre société. Personne ne dit que c'est simple. Mais il y a cette période de confinement qui suit quand même une interrogation profonde sur notre modèle de développement. Notre société avant... Vous voulez dire que l'écologie aujourd'hui
dépasse les parties traditionnelles ? Ah oui, ça dépasse les parties. Ça va bien au-delà.
Il y a une aspiration populaire à dire même avec cette période de confinement, notre relation au travail, le télétravail, l'autonomie dans le travail, les déplacements contraints et en même temps le lien social, le lien de solidarité. Et puis, je l'ai dit, on sort du confinement, on a eu 3 milliards et demi de personnes en confinement. Si on écoute les scientifiques, c'est dans quelques années 3 milliards et demi de personnes sur la planète qui devront s'exiler de leur lieu de vivre ce qui sera bien habitable. Si on vous suit bien, ça veut dire que les verts n'ont pas le monopole de l'écologie. Vous voyez bien comment ça se passe. Cette aspiration, quel débouché politique elle trouve ?
Elle trouve un rassemblement de forces politiques, de citoyens, qui est une force de renouveau mais qui porte partout le logiciel
de l'écologie sociale, solidaire, démocratique. Est-ce qu'il y a pour vous aujourd'hui des maires de droite, des maires sortants qui ont un bon bilan écologiste ? Écoutez, là,
en me baladant, je dois dire que je suis confronté à la situation totalement opposée. On a des maires de droite qui insultent nos électeurs à Lyon, qui appellent à Lille à voter pour la candidate socialiste Martine Aubry en disant les écolos sont des fous furieux. Là, on a une sorte de... Les républicains se rétractent totalement dans un conservatisme qui est incompréhensible dans le monde d'aujourd'hui pour dire attention... Il n'y a pas un maire
sur les 50 ou les 100 plus grandes villes de France qui vous semble... Mais sûrement, sûrement qu'il y en a qui agissent. Je ne dis pas le contraire. Il n'y a pas une seule alliance avec un maire sortant sans Christ ou de droite aujourd'hui aux municipales.
Toutes les alliances, tous les rassemblements auxquels nous participons se font sur le projet écologiste. Exclusivement à gauche, Yannick Jadot. Il se présente dans 48 villes de plus de 30 000 habitants au deuxième tour. C'est uniquement des alliances à gauche. Parce que vous voyez bien, on parlait de la convention citoyenne, ce formidable exercice démocratique. Vous avez en aparté le Premier ministre qui dit tout le mal qu'il pense de ces citoyens qui s'emparent de leur vie, qui s'emparent de notre avenir.
Vous avez la République en marche qui, dans beaucoup, beaucoup, beaucoup de villes, parce qu'aujourd'hui, c'est la réalité, la République en marche, c'est l'UDF d'avant, de Bayrou à De Villiers. Ils se sont inscrits sur une pensée politique qui est la droite, une droite républicaine, incontestablement, mais c'est la droite. Et il s'allie avec le RPR d'avant, mais souvent, dramatiquement. Il s'allie en disant, il y a plus simplement le front républicain contre l'extrême droite, il y a maintenant le front du déclin anti-climat, anti-villes respirables, anti-transport collectif, anti-cantibio, contre les écologistes. Et vous, à gauche, vous voulez remplacer le PS ?
Je ne veux remplacer personne. Je veux rassembler. Ce que nous faisons partout, c'est de rassembler autour
d'une de cette nouvelle espérance. Mais sans aller chercher les écologistes de l'autre rive. Par exemple, on peut être de droite et écolo aujourd'hui, non ? Mais j'en suis convaincu.
D'ailleurs, il y en a de plus en plus qui, petit à petit, viennent voter pour nous. Parce qu'ils se disent comment mon parti peut ignorer le défi de la jeunesse, le défi de nos sociétés et ils se rendent compte que finalement, ce que disent les écologistes depuis tellement longtemps est vrai. Prenons un seul exemple. Je finis. Roundup. 10 milliards Bayer Monsanto. 10 milliards Bayer Monsanto va donner... La firme allemande qui a accepté
de payer 100 000 plaignants, d'indemniser 100 000 plaignants.
Voilà. Donc, 10 milliards sur le glyphosate. Souvenez-vous, il y a presque 3 ans, jour pour jour, c'était à l'automne. Il y a 3 ans, le président de la République disait nous allons interdire le glyphosate. Dans 3 ans, il n'y aura plus de glyphosate. On a augmenté l'utilisation du glyphosate dans notre pays. On n'a même pas commencé à le baisser. On l'a augmenté. Quand aux Etats-Unis, Monsanto, Bayer, sont prêts à payer 10 milliards pour les cancers qu'ils ont générés. Et bien,
je trouve que là encore, on est sacrément retains. On poursuit cet entretien dans une minute. Yannick Jadot, il est 8h51. Victor Vasseur pour le Filinfo.
Le nouveau dispositif de chômage partiel de longue durée présenté hier au syndicat. Il entre en vigueur dans une semaine. Les salariés seront indemnisés à hauteur de 84% de leur salaire net. La difficulté de ce comité scientifique, c'est qu'il n'était pas vraiment scientifique, déplore Julien Aubert sur France Info. Le député Les Républicains, membre de la commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la crise du coronavirus, il était face à Didier Raoult hier. Le professeur marseillais s'est montré très critique vis-à-vis de ce conseil scientifique qu'il a quitté. Le procès d'une figure du djihad démarre aujourd'hui à Paris devant la cour d'assises spéciales. C'est une première.
Tyler Vilhus, 30 ans, a participé à des combats en Syrie et il a fréquenté l'organisateur des attentats du 13 novembre à Paris. Un texte totalement vidé de sa substance, déplore l'opposition. L'Assemblée nationale adopte une proposition de loi de la République en marche destinée à améliorer le quotidien des directeurs d'école. Le ministre de l'Éducation s'engage à alléger les charges administratives.
France Info, tout est plus clair.
vous nous disiez il y a quelques instants la République en marche d'aujourd'hui c'est l'UDF d'hier. Le parti présidentiel a fait alliance avec la droite dans plusieurs grandes villes pour vous faire battre. Désormais, écoutez ce qu'en disait hier le patron du parti, Stanislas Guérini, qui était assis exactement à votre place. Jamais,
nous n'avons voulu faire un front anti-écolo. Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Europe Écologie des Verts qui fait un front anti-la République en marche. Il y a beaucoup de villes où nos candidats ont tendu la main aux candidats écologistes et systématiquement Europe Écologie des Verts qui ne faut pas confondre avec l'écologie a dit non. Les sectaires c'est vous. Oui, écoutez, je veux bien pas facile pour M. Guérini aujourd'hui de justifier que le fait que la République en marche en fait le macronisme a été absorbé par la droite. Quand vous pensez à ce gouvernement, vous pensez à qui ? La République en marche ? Bien sûr.
concrètement qu'À Aix-en-Provence, Nîmes, Lille, ils vous ont tendu la main aux écologistes et que vous l'avez refusé ? Écoutez, tout ça n'est pas sérieux. Vous voyez bien comment effectivement à Bordeaux le candidat La République en marche qui disait pique-pendre du maire sortant sur l'éthique, sur les valeurs finalement dit l'enjeu c'est de battre les écologistes. Alors prenons une autre ville
Yannick Jadot. Lille, vous gouvernez la ville depuis 20 ans avec Martine Aubry. Aujourd'hui, vous êtes face à elle. Oui. C'est-à-dire qu'on s'entend tout le temps sauf pendant la campagne. Oui,
sauf parce qu'il y a des points... Vous savez, moi, dans les grandes villes, il y a toujours eu des maires historiques qui ont incontestablement correspondu à l'attente des habitantes et des habitants. À Lille, il y a Pierre-Mourois, il y a Martine Aubry qui est une femme politique éminemment respectable. Avec qui vous gouvernez depuis 20 ans la ville. Sauf que là, vous voyez bien que les nouveaux défis, on l'a dit, de la ville respirable, il y a une vingtaine d'hectares à Saint-Sauveur en pleine ville. Mais ça, on le découvre non plus avant l'élection.
C'est quasiment la seule ville, si on prend la Flandre historique, donc avec le nord de la France, c'est la seule ville où sa place centrale est encore occupée par les voitures. Et vous êtes aux manettes depuis 18 ans à Lille ? Mais on n'était pas avec Martine Aubry. Il y a un moment donné, si vous voulez, vous êtes minoritaire, à un moment donné, si vous voulez que la ville devienne respirable, si vous voulez que les entreprises trouvent une nouvelle dynamique autour de tous ces enjeux de transition, de numérique, de déplacement, de services de proximité, de cantine bio, eh bien, il faut qu'on prenne les manettes.
Et ce qui est en train, ce qui est nécessaire à Lille, c'est qu'il y a un nouveau cycle politique qui correspond aux enjeux de 2020. Renaud Delis. Il y a un débat, Yannick Jadot, qui est monté dans le pays autour des noms de rues liées à notre histoire, à l'histoire et au passé de notre pays. La statue de Colbert, par exemple, devant l'Assemblée nationale a été vandalisée avant-hier. Jean-Marc Ayrault propose, lui, de rebaptiser la salle Colbert de l'Assemblée nationale. Est-ce que vous approuvez cette initiative ? Est-ce qu'il faut déboulonner les statues de Colbert, effacer cette mention de notre paysage urbain ? Moi, je n'aime pas la façon dont on aborde ce sujet.
C'est un sujet majeur, notre histoire. On est dans un pays qui a évidemment une histoire complexe. Chaque individu est complexe. Une statue, c'est notre vision de l'histoire. On a mis Colbert. Avant, il y en avait d'autres. On change des noms de rues parce qu'il faut plus de femmes, il faut plus de statues, il faut mieux valoriser la mémoire et l'histoire des femmes et davantage valoriser et expliquer ce qu'ont été les victimes de notre histoire. Mais la question, c'est, est-ce qu'à un moment donné, on peut avoir un débat structuré, apaisé sur notre histoire et sur les mémoires ? Il est quand même totalement aberrant qu'on ne recontextualise plus notre histoire.
On ne déboulonne pas, on n'efface pas, on explique. C'est ce que vous voulez dire. Un, on explique. Deux, on a le débat sur ce qu'a été l'esclavage, crime contre l'humanité. Et je suis très fier que le Parlement européen ait adopté la semaine dernière à l'échelle européenne le fait que l'esclavage était un crime
contre l'humanité. Pour en revenir au cas de Colbert, on met une petite plaque en disant qu'il a été ministre de Louis XIV et qu'il a été l'un des initiateurs du Code noir. Et on espère que les gens vont s'en sortir avec ça.
C'est incontestablement sur des pages chambres de notre histoire. Il faut que les programmes d'histoire à l'école, il faut que le débat dans la société donne davantage de la parole aux victimes. Moi, je n'ai pas de soucis sur le fait qu'à un moment donné, nos statuts ne sont pas éternels. On en a changé. On peut parfaitement sur une place dire cette personne-là, c'est bon, on a assez vanté son histoire, on met une personne d'aujourd'hui, un nom d'aujourd'hui ou un autre passé. Il y a des exemples
sur l'avenue Bugeaud à Paris, on pourrait ajouter une statue de l'un de ses opposants en Algérie. Oui, mais il y a encore une fois, ayant ce débat, tous les cas sont identiques.
Bugeaud a enfumé de manière effroyable dans nos colonies. Donc, il y a des noms dans des plaques qu'il faut faire sauter. Où s'arrêtent les limites ? Voltaire, c'est qu'il n'y a pas... Voltaire, Jules Féry... Prenons la Troisième République. Prenons la Troisième République.
Pardon, Yannick Jadot, et je voudrais qu'on revienne sur l'exemple de Voltaire. Voltaire, c'est un peu qui s'est mis.
Je vais dire la Troisième République, la Troisième République, c'est l'école. La Troisième République, c'est une partie de la construction de la République. Et la Troisième République, c'est le colonialisme insupportable. ayons ce débat sur la Troisième République plutôt que de prendre une personne de la Troisième République pour dire une statue ou pas de statue. Éclairons notre pays de son histoire. Intégrons les mémoires. Parce que les mémoires, ça renvoie à des vécus familiaux, à des vécus personnels. Ça renvoie à une émotion. Intégrons tout ça. Mais faisons-le de manière organisée, structurée. pour ne pas ce débat pour ou contre les statues. C'est trop faible.
On l'ouvrira plus longuement une autre fois, si vous voulez bien, Yannick Jadot, ce débat passionnant effectivement sur la mémoire et sa représentation aujourd'hui. Merci beaucoup. Merci. Et dans une minute 9h sur France Info.
Yannick Jadot