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interviewLa France insoumise à l'Assemblée nationale· 15 avril 2026 5 min

Vivement 2027, qu'on respire ! - Anne Stambach-Terrenoir

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Quelle ironie de parler de simplification sur ce texte devenu une sorte de monstre ou plutôt une magnifique allégorie de la macronie en déliquence. 28 articles au départ, mais après près de 2 ans d'examen chaotiqu et encore heureusement que le gouvernement Atal avait engagé une procédure accéléré, nous découvrions le 20 janvier dernier en commission mixte paritaire ce délicieux document de 150 pages, plus de 120 articles, tous largement modifiés que nous avons examiné en une heure chrono. Voilà comment on fait la loi en Macronie.

Et à l'arrivée, un improbable fourtou Trumpiste qui met même mal à l'aise le gouvernement et son socle commun, qui n'a manifestement plus grand-chose en commun si j'en crois la tribune des anciens ministres de la transition écologique appelant au rejet d'une partie du texte. sans compter les tergiversations autour des ZFE, archétype là aussi du marcronisme où un principe écologique devient finalement une mesure d'injustice sociale. Résultat donc d'un côté on supprime le haut conseil de l'éducation artistique et culturelle, de l'autre le haut conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge.

Hop, un article qui installe les entreprises privées au collège de l'ACNIL pour mieux protéger nos données personnelles sans aucun doute. un autre pour faciliter les centres commerciaux au détriment des petits commerces et surtout surtout les néolibéraux en rêvé vous l'avez fait ce texte massacre à la tronçonneuse les normes qui nous protègent un peu des dérives productivistes. C'est un véritable arc réactionnaire qu'on a vu se former des rangs macronistes à l'extrême droite pour voter avec une forme de joie destructrice la disparition d'instance indépendante tout domaine confondu et il s'en est fallu de peu que l'B ou encore la commission nationale du débat public y passe.

Sans surprise, c'est surtout le droit de l'environnement que vous attaquez massivement, celui qui protège donc nos conditions de survie sur cette planète. Tout au long des débats, je me suis surprise à chantonner un titre de ma jeunesse. Respire de Mickey 3D.

Approche-toi petit, écoute-moi gamin. Je vais te raconter l'histoire de l'être humain. Au début, il y avait rien.

Au début, c'était bien. La nature avançait, il y avait pas de chemin. Puis l'homme a débarqué avec ses gros souliers, des coups de pieds dans la gueule pour se faire respecter.

Des routes à sens unique. Il s'est mis à tracer. Les flèches dans la plaine se sont multipliées.

Et la multiplication des routes est en effet au cœur de ce texte. Car le 27 février 2025, le Tribunal administratif de Toulouse annulé l'autorisation de l'autoroute à 69. Panique à bord chez les bétonneurs de tout poil, des fous furieux voudraient empêcher de répandre des kilomètres de beauaugoudron pour préserver des terres agricoles fertiles, des zones humides, des arbres, des oiseaux, des fleurs inacceptables.

Alors, ce texte est devenu un permis de bétonner. Vous voulez des data centers qui sont des bombes écologiques. Vous voulez du bitum.

Alors, dérogation pour tout le monde. Tout projet déclaré par les bons soins du gouvernement comme d'intérêt national majeur pourra détruire des espèces protégées. C'est l'article 15 bis AA. et ne comptera pas comme une mesure comme une surface artificialisée.

C'est l'article 15 qui anéantit le zéro artificialisation nette de la loi climat. Et pour être bien sûr que la nature ne puisse pas se régénérer, l'article 18 sabote complètement le principe de la compensation des dégâts. Dorénavant, les atteintes à la biodiversité pourront être compensées plus tard.

Je pense que tout le monde comprend que si on ne déplace pas immédiatement une espèce touchée par des travaux, elle est simplement morte puisqu'il ne s'agit pas là d'objets inertes mais d'être vivant. Je reviens à ma chanson. La suite disait et tous les éléments se sont vu maîtriser.

En deux temps trois mouvements, l'histoire était pliée. Car en bon petit trampiste, vous restez sour aux alertes toujours plus presses des scientifiques qui hurlent l'urgence de bifurquier face au réchauffement climatique et à la 6e extinction des espèces. Aujourd'hui, la France est déjà championne d'Europe de l'artificialisation des terres par habitant et on continue, on accélère, on détruit les sols 4 fois plus vite que la population augmente.

L'artificialisation, c'est la première cause de l'effondrement de la biodiversité. Les espèces disparaissent parce que leurs habitats sont détruits. Préserver les sols, les zones humides, c'est notre meilleur rempart contre les effets du changement climatique.

Les sols sont notre premier puit de carbone, mais aussi notre assurance vie contre les inondations qui se multiplient comme contre les sécheresses qui s'aggravent chaque année. Je termine avec le refrain de notre chanson. Il faut que tu respires, c'est demain que tout empire.

Tu vas pas mourir de rire et ça c'est rien de le dire. Et effectivement, ça nous fait pas rire parce que tout ça c'est au bénéfice de qui ? toujours les mêmes, les grandes entreprises, celles qu'on gave d'argent public sans condition.

D'où l'article 27 qui crée un conseil à la simplification, un pur lobby institutionnalisé où le MEDF pourra tranquillement dire si les lois que nous discutons ici ne serait pas trop contraignante pour ces intérêts. Car non, personne ne croit que cet article est pensé pour les PME dont vous vous fichez complètement sinon vous auriez déjà bloqué les prix du carburant comme nous le réclamons et pas annoncer un pauvre plafonnement des marges des distributeurs qui sont quasi inexistantes. Mais là encore pas question pour vous de toucher au bénéfice de Total énergie et ses copains raffineurs.

Bref, à l'heure où les effets du changement climatique et de l'effondrement de la biodiversité sont chaque jour plus prignants, avec la complicité de l'extrême droite, vous mettez le plus grand nombre en danger pour préserver encore et toujours quelques intérêts privés. Alors, simplifions-nous la vie tout court en rejetant ce texte et vivement 2027 qu'on respire. Yeah.

Vivement 2027, qu'on respire ! - Anne Stambach-Terrenoir — Anne Stambach-Terrenoir · Pourquijevote