Guillaume Guérin face aux GG - 29/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteRéponse directe
Quel est le montant des dégâts ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour reconstruire la mairie ?
- 2:28OuverteRéponse partielle
12 jours après, est-ce que vous avez compris ce qui s'est passé ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui se passe samedi 17 octobre à Limoges comme partout en France ?
- 8:38OuverteÉludée
Est-ce que cette affaire est une affaire terroriste ?
- 9:20RelanceRéponse directe
Vous avez dit qu'il y a des défaillances de l'État dans le maintien de l'ordre.
- 11:00RelanceRéponse directe
Vous ne souhaitez pas engager la responsabilité de l'État ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55Invité politiqueChiffre
« Le montant total des travaux n'est encore pas chiffré complètement, ça représente plusieurs dizaines de millions d'euros. »
- 1:29Invité politiqueFait
« L'État assumera la reconstruction via le ministère de la Culture, qui va désigner un maître d'ouvrage qui sera l'OPIC. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Ça sera plafonné à 80%, parce que ce sont les procédures internes du ministère de la Culture. »
- 1:58Invité politiqueChiffre
« Imaginez que ça coûte 40 millions, le budget de la ville de Limoges c'est 200 millions par an, le budget de la métropole c'est 500 millions, on ne peut pas assumer la reconstruction seul, c'est impossible. »
- 2:22Invité politiqueFait
« On a un calendrier spécifique qui serait l'équivalent de la procédure Notre-Dame pour compresser les délais administratifs et alléger les procédures, notamment avec l'ABF. »
- 4:17Invité politiqueChiffre
« 32 blessés graves chez les policiers nationaux, dont deux commotions cérébrales. »
- 5:03Invité politiqueFait
« Manque de grenades de désencerclement. »
- 6:54Invité politiqueChiffre
« Un des premiers suspects a fait 96 heures de garde à vue. »
- 7:08Invité politiqueFait
« Il est fiché S. »
- 8:04Invité politiqueChiffre
« Philippe il gagne 1700 euros par mois. »
- 14:34Invité politiqueChiffre
« À 2,40 euros le litre de gasoil, ou 2,35 euros, ça fait cher pour venir travailler. »
- 15:51Invité politiqueChiffre
« 95% des habitants de Limoges sont scandalisés, quel que soit leur bulletin de vote d'ailleurs. »
Temps de parole
- David Guerin60 %
- Présentateur10 %
- Invité8 %
- Invité 27 %
- ?6 %
- Invité 34 %
- Invité 44 %
≈ 37,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Guillaume Guérin, bonjour. Bonjour Olivier Truchot. Vous avez reçu un SMS
? De
qui
?
Vous savez de qui je parle ? Je ne sais pas. Emmanuel Macron ? Non, toujours pas. Toujours pas ?
Non, ce
n
'est
pas très grave. Pas de coup de fil, pas de SMS ? Non, mais ce n
'est
pas le sujet, vous savez, moi ce qui m'importe, c'est la reconstruction de l'hôtel de ville, la continuité du service public chez moi. Mais il peut peut-être vous aider quand même à reconstruire,
il a permis à
Notre-Dame d'être reconstruit en
5 ans.
De ce côté-là, c'est fait. Le Premier ministre est venu, il a pris des engagements très clairs, les choses avancent conformément à ce que j'attendais.
Quel est le montant des dégâts ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour reconstruire la mairie ? Et est-ce qu'il y
a
des choses qui sont perdues définitivement ?
Non, pas grand-chose n'est perdu sur le plan mobilier, parce que les choses ont été sauvées. En revanche, ce
qui
a été détruit, c'est la charpente et la couverture de la façade historique, du bâtiment historique.
Le
montant total des travaux n'est encore pas chiffré complètement, ça représente plusieurs dizaines de millions d'euros.
En
revanche, les vitraux ont été sauvés, les peintures murales ont été sauvées.
Vous
savez, dans un incendie,
ce
qui pose souvent problème, c'est davantage le dégât des eaux lié à l'arrêt du feu que le feu en lui-même. La façade devrait, je dis bien devrait, je parle au conditionnel, être sauvée également, malgré la prise au vent qui est la sienne aujourd'hui. Les mesures de sauvegarde sont en cours d'établissement, elles seront définitivement terminées à la fin de l'année. Et derrière, on va lancer la reconstruction. En fait, qu
'est
-ce qui s'est passé ? L'État assumera la reconstruction via le ministère de la Culture, qui va désigner un maître d'ouvrage qui sera l'OPIC, qui est le bras armé du ministère de la Culture, qui a notamment fait le château de Versailles. Ça sera plafonné à 80%, parce que ce sont les procédures internes du ministère de la Culture. 80% du montant des travaux sera assumé par l'État, c
'est
l'engagement qu'a pris le... Donc
ce sont tous les Français qui vont payer la
reconstruction
? Bien sûr, mais moi j'avais une obligation, si vous voulez, morale vis-à-vis des Limougeaux, je ne pouvais pas assumer sur le budget municipal la reconstruction de l'hôtel de ville. Imaginez que ça coûte 40 millions, le budget de la ville de Limoges c'est 200 millions par an, le budget de la métropole c'est 500 millions, on ne peut pas assumer la reconstruction seul, c'est impossible. Sinon on ne peut plus faire nos politiques publiques, de la petite enfance, du milieu associatif, des seniors.
Et donc j'avais besoin de l'État là-dessus, le Premier ministre a été au rendez-vous, on a un calendrier spécifique qui serait l'équivalent de la procédure Notre-Dame pour compresser les délais administratifs et alléger les procédures, notamment avec l'ABF.
12 jours après, est-ce que vous avez compris ce qui s'est passé ? Parce qu'on parle beaucoup du matériel, il faut reconstruire, mais il ne
faut
pas oublier qu'il y avait des gens à l'intérieur de la mairie, lorsque le feu a été déclenché d'une façon visiblement préparée, minutieusement préparée, ce n
'est
pas un coup de folie si j'ai bien compris, c'est une attaque organisée, vous avez compris pourquoi
? Je
pense qu'il faut poser cette question-là aux auteurs de l'incendie. Qu'est-ce qui se passe samedi 17 octobre à Limoges comme partout en France ? Il
y a
une manifestation, manifestation contre la vie chère,
qui
regroupe plusieurs centaines de milliers, plusieurs millions de Français un peu partout dans l'Hexagone. À Limoges il y a 5000 personnes, sous estimation déjà des renseignements territoriaux, qui avaient estimé la manif à 2000, donc il y
a
une erreur sous les 3000.
À
l'intérieur de ce cortège, vous avez des gens totalement pacifistes, qui considèrent que le coût du gazoil est trop cher pour aller travailler, et ils ont raison. Donc il
y
a un certain nombre de revendications sociales qui sont portées ce jour-là par les Françaises et les Français, qui sont hautement légitimes eu égard au coût de la vie actuelle. À l'intérieur du cortège, vous avez d'autres types d'individus.
Vous
avez quelques jeunes qui viennent là rechercher des sensations fortes, qui sont à mon avis pas très malins, parce que vu ce à quoi on a assisté en termes d'incendie, de pillage de l'hôtel de ville et de destruction des magasins, il y
a
un problème de cortex cérébral à ce moment-là. Puis vous avez à l'intérieur de ce mouvement des activistes politiques, identifiés, c'est pas moi qui le dis, c'est le parquet, c'est la police nationale,
c
'est les observateurs, y compris la presse,
qui
constatent qu'on a quelques centaines d'individus
qui
sont équipés pour aller faire la guérilla vis-à-vis de la police nationale,
qui
au début de la manifestation s'en prennent d'abord aux policiers nationaux et sur les boulevards,
avec
beaucoup de violence, destruction de certaines voitures, 32 blessés graves chez les policiers nationaux, dont deux commotions cérébrales, des pavés qui leur sont jetés, qui sont des pavés qu'on retrouve dans les noues. Les noues, vous savez, c
'est
les fossés qui permettent la gestion intégrée des eaux pluviales.
Des
cailloux blancs qui font entre 400 grammes et 1,2 kg, les plus gros qui ont été retrouvés font 1,2 kg,
sont
balancés sur la tête des policiers qui, pour certains, ont des casques, pour d'autres, n'en ont pas. 32 blessés graves, 2 commotions cérébrales.
La
police républicaine française recule face aux assauts, non pas des manifestants, mais d'une partie de ces manifestants qui sont en réalité des activistes politiques, des black blocs,
comme
on le retrouve dans d'autres manifestations, Sainte-Soline, Notre-Dame-des-Landes et beaucoup d'autres manifestations précédentes, beaucoup d'autres faits de société précédents.
Et
les policiers, vers 15h40, n'ont plus les moyens d'assurer le maintien de l'ordre. Manque de grenades de désencerclement.
Et
les LBD ne suffisent pas à faire reculer les black blocs. Moi, j'ai assisté à des images absolument lunaires que
je
n'aurais jamais pensé voir en 2026. Vous avez des gens qui chargent la police nationale pour brûler les voitures, pour littéralement essayer de tuer les policiers nationaux qui sont présents sur le bitume ce jour-là. Et malgré les tirs de LBD, ces individus ne reculent pas.
C'est une
scène de guérilla urbaine que je n'aurais jamais pensé voir dans ma ville. Limoges,
c
'est à la fois une grande ville et une petite ville.
C
'est la 20e ville de France, c
'est
la 2e ville du Grand Sud-Ouest. Je n'aurais jamais pensé voir ces images-là un jour. Mais il ne
faut
pas confondre l'action de ces black blocs, c'est la revendication légitime d'une partie des manifestants, encadrés par les syndicats d'ailleurs. Parce qu'il y a un certain nombre de revendications sociales aujourd'hui dans ce pays qui sont compréhensibles. Mais comment on met fin à ce mouvement-là ? Et donc je termine, ces black blocs se retrouvent
mobilisés
pour découper le cortège en deux. Ils arrivent vers l'hôtel de ville entourés d'une foule de jeunes
galvanisés
par
ce
qu'ils viennent de voir en termes d'exaction vis-à-vis de la police nationale. Là, on a des jeunes qui scandent à cab, à cab, à cab, donc mort aux flics. Donc ça n'a plus rien à voir avec les revendications ni lycéennes, ni les revendications sociales du cortège de 14 heures. C'est totalement différent. Et là, on assiste à une pluie de projectiles sur l'hôtel de ville, les vitres explosent en 10 minutes. Il n
'y a
pas un seul policier national pour protéger l'hôtel de ville parce qu
'ils
sont coincés sur les boulevards.
La
police municipale fait ce qu'elle peut, mais 20 policiers municipaux face à 600 excités, dont certains sont extrêmement déterminés à y mettre le feu.
Vous
avez les jeunes qui sont très énervés, très excités, qui rentrent et qui pillent et qui cassent. Et vous avez un certain nombre d'activistes, pas très nombreux, qui eux,
on
le voit sur les vidéos d'ailleurs, font les choses de manière très méthodique pour incendier l'hôtel de ville. Donc maintenant, vous savez, moi je ne commande pas une enquête en cours, c'est la meilleure façon de la planter. Il y
a
eu deux interpellations. Un des premiers suspects a fait 96 heures de garde à vue. Il est aujourd'hui placé en détention provisoire en attendant la suite de son procès.
Il est connu pour être un militant.
Si on en suit les fuites qu'il
y a
pu avoir dans la presse, il est fiché S, qui aujourd'hui, il faudrait qu
'on
m'explique exactement ce que ça veut dire, parce que moi je n
'ai
toujours pas vraiment compris ce que vous voulez dire, fiché S. Il a un pédigré qui ne plaide pas en sa faveur. Il a eu déjà des violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Son père, chez qui il vit, a lui-même été condamné pour des faits de destruction, notamment de relais téléphoniques par le feu,
d
'autres affaires de ce type.
Et
un deuxième suspect qui est aussi en détention provisoire. Encore une fois, moi vous savez, je laisse la justice faire son travail. J'attends en revanche qu'elle soit implacable, c'est-à-dire que ce n
'est
pas un fait délictuel,
c
'est un fait a minima criminel, parce qu'il y avait des agents à l'intérieur de l'hôtel de ville, et pas seulement des policiers. Les policiers sont dépositaires d'autorité publique, donc
ils
peuvent exciter certaines personnes, de par l'uniforme. Philippe qui est à la loge, Philippe il gagne 1700 euros par mois, il est gardien, peut-être qu
'il
vote Mélenchon d'ailleurs, je n'en sais rien. Et Philippe, lui il n'a rien demandé. Sauf que Philippe il s'est vu mourir, un
certain nombre
de jeunes femmes qui ont fait l'état civil du mariage ce jour-là, se sont vues mourir.
Donc
il y
a
eu une tentative d'homicide. En tout cas, vu
de l'extérieur, il y a eu une tentative d'homicide.
Est-ce que la justice retiendra l'aspect criminel des choses ou pas ? Je n'en sais rien. Est-ce
que vous dites qu
'il
faut que la justice soit implacable pour
envoyer aussi un message ?
Oui,
mais si vous voulez, il faut faire attention. Certains médias vous parlent de procédures terroristes. Est-ce que cette affaire est une affaire terroriste ? Ce n
'est
pas à moi d'en juger. Il y a des gens qui aujourd'hui disent que ça doit être condamné comme un acte terroriste. Il y
a
un certain nombre de faits cumulatifs nécessaires pour dire que cette affaire est terroriste ou elle ne l'est pas. Donc aujourd'hui, moi si vous voulez, je laisse la justice faire son travail. Ça peut être requalifié d'ailleurs à un moment donné.
Bien sûr,
ça peut
être requalifié. Mais la justice
n'a pas à faire passer de message. Je suis désolée, elle est là aussi pour voir par rapport à chaque responsabilité individuelle. Ça n'a rien à voir. Juste, M. Guérin, il y a quelque chose que je ne comprends pas.
C
'est qu'en fait, là, vous nous parlez du profil des casseurs, de leur détermination malgré le tir de LBD. Donc voilà, vous vous axez essentiellement sur eux. Mais je vous ai trouvé quand même plus virulent, notamment dans la presse et dans vos déclarations, puisque dès le 19 octobre, vous avez mis en cause publiquement la défaillance de l'État.
Et
là, vous n'en parlez pas. Si, si, mais je
peux
y venir. On vient de commencer. Si, vous
avez dit qu'on avait tous estimé.
Pardon Maître, mais ce n
'est
pas l'État qui a mis le feu à la mairie de Limoges.
D'accord, mais vous avez
dit qu
'il y a des défaillances de l'État dans le maintien de l'ordre. Il y a des responsables. Les premiers responsables
sont les incendiaires.
D
'accord ? Ensuite, ce sont
ceux
qui
ont cassé l'hôtel de ville par destruction, qui ont pillé l'intérieur et qui ont après saccagé quelques magasins de centre-ville. Puis après, il y
a
une défaillance, une carence, choisissez le terme que vous voulez, de
l'État.
C'est
-à-dire
qu
'il
n'a pas su, avec la police républicaine, protéger l'hôtel de ville, la maison commune de toutes les Limougeaux et de tous les Limougeaux, et qu
'il
n
'a
pas su assurer le maintien de l'ordre. Donc il y
a
bien deux responsabilités, mais que je ne place pas au même degré. Ce n
'est
pas l'État qui a allumé le feu à l'hôtel de ville. Mais oui, il y a eu une carence de l'État, et c'est aussi pour ça, si vous voulez, que le Premier ministre est venu vendredi, sans doute lié à la pression que nous avons pu mettre collectivement, en demandant un certain nombre de choses extrêmement fermes, en menaçant de démissionner, parce que vous savez, moi j'ai une activité professionnelle à côté. Vous
aviez menacé
de démissionner s'il n'y avait pas un acte de l'État ?
Je
ne
suis pas cloué sur mon siège. Donc s'il fallait faire un symbole, je suis vice-président des maires de France aux côtés de David Lysnard, s'il avait fallu faire un symbole national d'un abandon de l'État, si on n'avait pas traité le cas de Limouge comme je le demandais, j'aurais démissionné, on serait revenu aux urges. Et vous savez, je pense même qu'on aurait regagné les élections assez largement. Donc l'idée était bien d'obtenir quelque chose du gouvernement, c'est le cas, on a obtenu la procédure Notre-Dame, on a obtenu 80% du financement de la reconstruction de cet hôtel de ville, parce que tout le monde m'explique qu
'on
ne peut pas aller au-delà en termes de dispositifs. Donc les 20% restants vont se partager entre les assurances et la fondation du patrimoine. Stéphane Bern sera d'ailleurs à Limoges tout à l'heure, et je le rejoins dans l'après
-midi. Il y a une
émission d'ailleurs télévisée du service public. Exactement,
on enregistre
l'après-midi.
Vous ne souhaitez pas engager la responsabilité de l'État ? Vous savez que vous avez le code de la sécurité intérieure qui...
Bien sûr,
mais vous savez, dès
lors que... C'est une responsabilité même sans vote ou c'est une responsabilité
pour vote ? Moi,
ce
que je voulais, c'était des écrits garantissant que l'État allait financer la reconstruction de
cet hôtel de ville. Oui, mais non, mais... Pardonnez-moi, mais... C'était plus
intéressant que de...
Non, je suis désolé,
pour moi, j'y vois une différence. Il
y
a la solidarité nationale, c'est une chose, sauf qu'après, derrière, vous avez la responsabilité juridique. Et moi, si j'étais vous, alors évidemment, je suis avocat, donc je ne pense que procédure, mais pour moi, vous devriez engager la responsabilité juridique de l'État. Et vous avez la possibilité
de le faire avec le code de la sécurité intérieure.
Je vais vous dire, dans la balance...
Je ne suis ni commentateur,
ni magistrat, ni policier national. Je suis le modeste maire de cette ville.
On
a obtenu ce qu'on voulait en termes de reconstruction. Il y a un certain nombre de dossiers qui n'intéressent personne ici, qui sont des dossiers très territoriaux, que j'ai remis sur la table, qui n'avançaient pas depuis deux ans, sur lesquels j'ai eu des engagements. Voyons,
ça
fait deux ans qu'on attend la sixième année d'école vétérinaire. On n'arrive
pas à faire avancer ce dossier.
En dix minutes, on a résolu le problème, ce matin, au ministère de
l
'Agriculture.
Il y a un certain nombre d'engagement.
Vous devez tenir
à Limoges. Allez-y, profitez, continuez.
Oui, justement, il pourrait
tenir une demande d'un démitère.
Alors, on va continuer.
Monsieur le maire, je vous trouve extrêmement calme, posé, raisonné face à une situation qui, moi, m'a vraiment fait très mal au cœur. Je suis un ancien directeur du cabinet des locaux. Les mairies, j'y ai passé des heures. Il y a des mariages, il
y a
des conseils municipaux.
C
'est des bâtiments qui ont une âme, qui ont une vie. Quand on touche à la mairie d'un élu, c'est une attaque vraiment personnelle. C'est une attaque contre la République, de manière très claire. On n'a toujours pas évoqué, enfin, toujours pas dit, qu'on parle de l'ultra-gauche. C'est du terrorisme d'ultra-gauche. Et vous n'auriez pas été de centre-droit ou de droite. Peut-être que votre mairie n'aurait pas été attaquée. L'ultra-gauche nous montre comment ils sont prêts à aller détruire, attaquer les symboles, les centres de pouvoir et les élus, de manière très directe, démocratiquement élus.
Et
je pense que là, l'État... Non, ce n
'est
pas un fantasme. C'est que nous avons, dans notre pays, une mouvance d'ultra-gauche qui a passé un cap au point de mettre le feu, de manière organisée, méthodique, etc., par, manifestement, sous réserve de l'enquête, un fichier S connu pour ce type d'acte. Donc, vraiment, il y a la réparation, je termine, il y a la réparation, il y a le calme du maire, mais je pense que l'État doit bien comprendre que nous faisons face, dans notre pays,
à une
mouvance d'ultra-gauche qui ne
recule devant rien jusqu'à faire ça. Alors, la question, c'est comment éviter que ça se reproduise ? Alors, il y a eu plus de policiers déployés les samedis suivants, enfin, le samedi 24. Celui du 31 qui arrive, on promet également un dispositif fort. Vous êtes rassuré, à Limoges ? Il y
aura
des manifestations samedi de prévue ? Vous savez, je
crois ce que je vois. Donc, le samedi dernier,
il
y a eu un énorme déploiement de forces de l'ordre, de la police nationale et des forces de gendarmerie via les dispositifs qui leur permettent d'intervenir en milieu urbain. Effectivement, les choses se sont bien passées. Maintenant, vous savez, la probabilité que les choses sont venimes d'ici l'élection présidentielle, elles sont réelles, surtout s'il n'y a pas un certain nombre de mesures qui sont
prises pour calmer la colère sociale sur des choses
extrêmement concrètes.
Alors, justement, M. le maire, parce que là, mettez votre casquette de politique. Comment on répond à cette crise sociale ? La vie chère ? Qu'est-ce que le gouvernement peut faire pour éviter qu'on ait des manifs jusqu'à la présidentielle
?
Déjà, je vous le redis, il y a une partie des manifs qui sont légitimes. Et donc là, je pense qu'il
y a
un certain nombre de choses que le gouvernement peut faire, notamment sur le coût du carburant. Il y a plusieurs dispositifs qui peuvent s'activer. C2E, la taxe, etc. Quand j'écoute Roland Lescure hier expliquer que la taxation du gasoil ne l'empêche pas de dormir, je me dis que ce gouvernement est quand même extrêmement déconnecté de la réalité de ce que vivent les Français. Vous savez, moi, je suis sur un territoire semi-rural. La majorité de mes agents ne vivent pas dans la ville-centre.
Ils
n'habitent pas non plus en première couronne, parce que quand vous êtes fonctionnaire de catégorie B ou de catégorie C, c'est trop cher d'habiter en première couronne. On a les mêmes faits à Bordeaux. Ce sont des gens qui habitent à 30, 40 kilomètres de la métropole. Et donc, par conséquent, 30, 40 kilomètres aller-retour, ça fait 80 kilomètres jour. À 2,40 euros le litre de gasoil, ou 2,35 euros, ça fait cher pour venir travailler. Donc, il y a un problème de pouvoir d'achat dans ce pays. Ça, c'est une réalité. Il y
a
un problème de coût de la vie dans ce pays qui devient insupportable pour bon nombre de nos compatriotes. Et ceux
-là,
je veux dire, ils ne bougent pas aujourd'hui. C'est-à
-dire
qu'on a des gens qui sont extrêmement patients et extrêmement calmes et extrêmement résilients.
La
question,
c
'est jusqu'à quand ? Après, en revanche, je considère que ce qui s'est passé là, à Limoges et ailleurs, chez Benoît Payan, à Marseille, ne sert pas les intérêts des manifestants et ne sert pas les revendications sociales. Parce que je pense que ça cornérise complètement et ça occulte toutes les revendications légitimes du moment. Ce que les gens voient là,
vous
savez, 95%
des habitants de Limoges sont scandalisés, quel
que soit leur bulletin de vote
d'ailleurs.
Après, il
y
a 5% de gens qui sont satisfaits de voir ce qu'ils ont vu. Moi, ça me désole profondément. Ceux-là, ils sont incurables pour la société. Mais la majorité des gens sont scandalisés par ce qui s'est passé. Et je pense que ce qui s'est passé là est totalement contre-productif pour les revendications sociales du
moment. Alors très vite, Bruno Poncet, avant d'écouter Cécile qui nous appelle de Limoges.
Non, mais moi, j'entends ce que vous dites. Je trouve que vous avez un discours apaisé. J'avais un peu peur le lendemain, parce qu'en
fait,
la colère doit toujours
pas souvent le faire. Là, on est à 12 jours.
On parle pas, vous avez un discours apaisé, mais vous avez raison. En fait, à un moment donné, on n'a parlé depuis le 17 octobre que de la violence et que de ce qui s'est passé. Or, en fin de compte, vous le dites vous-même, vous êtes maire d'une ville. Moi, je connais bien Limoges. Je viens de Vierzon. Donc, on est sur le même axe. Le Polt.
Le Polt,
oui.
Voilà. Vous avez été réclamé le Polt ou pas un peu ?
Bien sûr. La livraison des rames oxygènes.
Voilà,
exactement. On est d'accord. On a encore eu une mauvaise nouvelle il n'y a pas longtemps. Mais je vois ce que vous dites dans votre quotidien. Et vous voyez bien, les gens qui vivent dans votre ville, qui étaient une des plus grandes villes industrielles françaises avec la portionnaine et des machines agricoles, et qui aujourd'hui, comme moi, Vierzon, n
'ont
quasiment plus rien et qui peinent à se remonter. Donc, effectivement, vous avez raison. Ces revendications-là sont légitimes. Effectivement,
la
violence, dans ce cas-là, cette violence-là qui est gratuite n'apporte rien. Et on est d'accord. Et vous avez dit, on s'accornerise. Aujourd'hui, on ne parle pas des vraies revendications.
Alors, je voudrais qu
'on
donne la parole à Cécile très rapidement pour terminer. Elle nous appelle de Limoges, de votre ville. Cécile, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes condottise de CAR. Qu'est-ce que vous vouliez nous dire,
Cécile ?
Écoutez, moi, j'ai vécu la scène en direct parce que j'ai été déviée par les services de la TCL. Donc, je travaille en sous-traitance pour la TCL.
J
'ai été déviée. Je me suis retrouvée en face de l'émeute parce que pour moi, ça a été une émeute.
Ça
a été quelque chose que j'ai très, très mal vécu et que je vis encore très mal parce que je vous avoue que j
'ai
du mal à m'en remettre.
Parce
que la mairie, c'est la mairie. J'ai marié mes deux fils dans cette superbe salle des mariages.
J
'ai des énormes souvenirs. Je suis une à Limoges. Donc, voilà, la mairie, c'est la mairie. Par contre, je voulais juste adresser un grand message de soutien et toute mon affection à notre mère
car
je trouve que toutes ces actions, toutes ces paroles sont
centrées
dans le réel et dans ce qu'il faut faire.
Vous
avez complètement raison, monsieur le maire et je serai toujours derrière vous et c'est avec une très, très grande émotion. Celle que vous avez ressentie, je pense aussi
que
je suis tout à fait derrière vous et que je pense que des centaines, des milliers de Limoges sont derrière vous comme moi aujourd'hui. –
Mais on voit, Cécile,
que c'est quelque chose qui a quand même frappé au cœur des habitants
de
Limoges parce
qu'il y
a encore beaucoup d'émotions 12 jours après.
–
Oui, oui, mais la mairie, c'est l'âme de Limoges. C'est ça, la mairie, la cathédrale, la gare. Tout ça, c'est notre âme. On a touché notre âme. Et notre mère qui en fait battre le cœur aujourd'hui est là pour sa défense.
J
'admire énormément ce qu'il fait, même si je n
'ai
pas voté pour vous, désolé. Mais j'admire énormément ce que vous faites parce que vous êtes vraiment extraordinaire. Merci beaucoup pour tout ça. – Faut t'avouer et ta moitié pardonnée.
– Merci, madame. –
Oui, c'est ça.
Merci
énormément pour ce que vous faites, monsieur le maire.
Pour vos
interventions télévisées, pour tout.
Pour tout.
–
Merci,
le
maire. – Oui, c'est pas pour rien que vous êtes venus ici ce matin. Merci, monsieur le maire, d'être venus face aux grandes gueules. Et on verra. Il faudra aussi surveiller si l'argent arrive pour reconstruire l'Amérique.
– C'est préférable. – Oui, je suis quelqu'un d'extrêmement gentil et patient.
–
Vous allez
maintenir
la pression. – Oui.
– Merci. –
Pour toi, mais viril tout de
suite.