Nicolas Dupont-Aignan invité de Jean-Pierre Elkabbach
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:58ComplaisanteÉludée
Est-ce que vous savez que je vous admire ?
- 2:08OuverteRéponse directe
Quand vous dites que vous menacez François-Xavier Balamy, Marine Le Pen et Jordan Bardella, vous plaisantez ?
- 2:13FerméeRéponse partielle
Est-ce que les jeux sont faits ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Quel est le plus conservateur entre vous et Bellamy ?
- 4:09FerméeRéponse directe
Vous avez dit que vous finirez à 10%.
- 4:58OuverteRéponse directe
Dans l'affaire Vincent Lambert, est-ce que vous avez été choqué qu'on arrête les traitements ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32PrésentateurFait
« Je progresse, beaucoup de Français me suivent, et je crois que dans la vie politique française, on a encore la liberté de penser, la liberté de proposer. »
- 0:53PrésentateurFait
« J'ai la prétention de proposer un projet équilibré, un patriotisme humaniste qui manque terriblement à la France. »
- 2:35PrésentateurChiffre
« Aux dernières Européennes, je me souviens très bien, 0,5%. »
- 3:35PrésentateurChiffre
« Nous n'étions pas nombreux. »
- 4:48PrésentateurFait
« On peut voter anti-Macron sans, pour autant, être prisonnier de ce duel. »
- 11:17PrésentateurFait
« Son seul argument, c'est horrible Le Pen qui est son meilleur marchepied, son meilleur opposant. »
- 14:26PrésentateurChiffre
« On ne peut pas continuer le développement de l'Afrique subsaharienne avec 6 enfants par femme. »
- 16:57PrésentateurFait
« Actuellement avec l'Union Européenne, c'est l'impuissance totale, puisque on taxe ceux qui dépolluent et on libère et on importe ceux qui polluent. »
- 18:15PrésentateurFait
« Nous sommes le seul pays qui a respecté Kyoto. »
- 18:21Invité politiqueFait
« EDF et la France viennent de nommer à la tête d'un parc nucléaire et thermique français, Cédric Lewandowski. »
Temps de parole
- Présentateur62 %
- Nicolas Dupont-Aignan23 %
- ?14 %
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4
jours avant l'élection européenne, bienvenue Nicolas Dupont-Édouard.
Bonjour Jean
-Pierre Elkavache.
Est-ce que vous savez que je vous admire
?
Oh, je ne mérite pas tant. Oui, je vous admire vraiment. Pourquoi
? Parce
que vous allez à chaque élection de défaite en défaite et que les échecs ne vous effraient pas.
Mais vous savez, je suis gaulliste,
c
'est-à-dire que je crois à des convictions, et dans une classe politique un peu lâche, j'estime qu'on a le droit en démocratie de faire part de ces convictions. Et d'être présent
à chaque
élection, comme
vous dites,
je
suis
insubmersible. Je progresse, beaucoup de Français me suivent, et je crois que dans la vie politique française, on a encore la liberté de penser, la liberté de proposer, et les électeurs ont la liberté de choisir. Et chaque fois, je pense qu'on est le seul à mettre debout la France. Non, mais en
revanche,
oh, je n
'ai
pas cette prétention, mais j'ai la prétention de proposer un projet équilibré, un patriotisme humaniste qui manque terriblement à la France, et je le fais parce que beaucoup de gens me soutiennent. Je ne me sens pas du tout seul, pas du tout isolé.
Vous
voyez,
je suis le seul à présenter le meilleur projet, etc. Non,
je
n
'ai
pas
dit ça.
Mais ça ne fait rien. C'est-à-dire que vous êtes sûr qu'un jour, vous rencontrerez votre destin et votre
étoile.
C'est pas mal d'avoir fait croire.
Oh, c'est aux Français de décider. Je suis beaucoup plus modeste que vous le croyez. Mais je souffre de voir mon pays tel qu'il l'est. Je souffre de voir la vie politique réduite à un jeu assez pitoyable,
il faut le dire. Quelle vous
participez ?
J
'essaye de l'enrichir à ma façon, modestement. Je ne prétends pas avoir la vérité. Mais je vais vous dire une chose, Jean-Pierre Elkabach.
Quand
la moitié d'un peuple ne veut plus aller voter,
quand
le discrédit de la politique et de la presse et des journalistes est à ce point, quand la démocratie est menacée, est-ce qu'on va se coucher ? On laisse faire ou est-ce qu'on donne ses convictions
? Je le fais et avec
joie
parce que c'est mon devoir. Pour les prochaines européennes, vous avez dit, je menace François-Xavier Balamy à l'air, je suis en concurrence avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Quand vous dites ça, vous plaisantez ? Non, je ne plaisante pas. Mais vous êtes loin d'eux. Mais qu'est-ce que vous en savez encore ?
Est-ce que les jeux sont
faits
? Est
-ce que
les Français ont le droit de choisir sans avoir des sondages, sans que tout soit organisé à l'avance
? Mais pour le moment, vous savez
que... Mais pour le moment, j'en sais rien. François-Xavier
Balamy est en train de picorer, vous voyez.
Mais j'en sais rien.
Ils sont
nourris. Mais oui. Mais j'en
sais
rien
du tout.
Ça, c
'est votre... Il grossit
et
il stagne.
Et vous... Mais c'est la fable.
Personne n'en sait rien.
Mais personne n'en sait rien, vous savez. Aux dernières Européennes, je me souviens très bien, 0,5%. Des journalistes comme vous disaient, mais pourquoi vous continuez ? On a été à
4%. Vous ne me dites pas
pourquoi vous continuez, puis il
ne faut pas le mettre dans
le
même
sac que
tout le monde.
Ne
vous mettez pas dans le même sac. Non,
non. Je
fais mon
devoir... Benhamie, êtes-vous, quel est le plus conservateur
? Je
ne sais pas, ça ne veut rien dire pour moi.
Ça veut dire
beaucoup sur des choix, non, on va voir. En tout cas, je vais vous dire, celui qui veut défendre l'indépendance de la France, qui pense depuis le début de mon engagement... C'est moi. Mais ce n
'est
pas une question de
moi.
Excusez-moi, non, Jean-Pierre Elkabach. Ce sont des actes. Quand je me suis engagé avec Philippe Séguin, je me suis engagé avec Philippe Séguin, j'étais tout jeune, contre Maastricht, parce que je savais que ça allait produire
des dégâts.
Je
me suis engagé avec
Rocard, j'étais pas engagé avec Rocard, contrairement à cette fable. Quand je me suis engagé, j'étais député, j'ai voté contre les instructions de Jacques Chirac, si je peux finir, c'est important, sur le traité d'Amsterdam, qui ouvrait et qui supprimait les frontières nationales. Nous n'étions pas nombreux. Aujourd'hui, tous les votes que j'ai effectués comme député, je les ai faits en conscience, et
aujourd
'hui, on paye... Excusez-moi, je finis, parce que... Oui, mais vous ne pouvez pas dire, je
finis
mon propos. On paye des décisions, des traités qui ont été signés, j'en viens à M. Bellamy, par les Républicains et les Socialistes ensemble,
qui
ont mis le pays dans cet État, et qui, aujourd'hui, pleurent sur les résultats
de leurs actions. Donc, lui, on porte la
responsabilité aussi. Bien évidemment, puisqu'il a signé, et tous les membres de sa liste ont signé des traités
qui produisent des effets
désastreux. J'ai encore le droit de le dire. Très bien,
vous avez tous les droits. Vous avez dit que vous finirez à 10%. Oui,
je
le
répète
et je dis aux Français, est-ce que vous voulez, c'est très simple, est-ce que vous voulez être enfermé
dans
un faux duel Macron-Le Pen, qui vous a désespéré d
'une certaine manière
en 2017 ? Ils n'ont rien dit du tout. Ils vont voter dimanche,
qui
vous a désespéré en 2017. Si vous voulez reproduire ce duel pour 2022 et enfermer le pays dans deux impasses, continuez comme ça. Oui, votez pour un patriotisme. On peut voter anti-Macron sans, pour autant, être prisonnier de ce duel. C
'est l
'offre que je propose.
Et
on
est en liberté.
Et si vous n'atteindrez pas les 5%
?
Eh bien, je n'atteindrai pas les 5%. C'est l'avis. Vous ne faites pas un rachiri,
mais pas les 5%.
Je sais
que ça ferait plaisir à beaucoup de personnes, mais je ne le ferai pas. Bon, les sujets de fond.
Dans l
'affaire Vincent Lambert, aux multiples rebondissements, est-ce que vous avez été choqué qu'on arrête les traitements ? Oui.
Il fallait les poursuivre. Alors, attention. J'ai été choqué d'abord des paroles définitives des uns des autres sur ce sujet, car
l
'enjeu très simple, la problématique très claire. Est-ce que Vincent Lambert est un handicapé très lourd
? Ou
est-ce que Vincent Lambert est maintenu artificiellement en vie ? Quelle est votre réponse ? Je n'ai pas la réponse. Je ne
suis
pas médecin, je ne suis pas membre de la famille. Ce que j'ai lu
des
uns ou des autres m'incite à penser qu'il est plutôt un handicapé très lourd, mais je n'ai pas la vérité. Et dans cette affaire, je crois qu'il faut beaucoup d'humilité. Beaucoup d'humilité.
Est-ce
que les avocats et la famille ont fait preuve d'humilité en criant « Victoire, victoire,
c'est la remontada ? » ? Je ne
le crois pas. Qu'est
-ce que ça veut dire ?
Mais vous savez,
ce
qui est en jeu, ce n
'est
pas la famille, ce n
'est
pas les avocats, ce n
'est
pas vous ou moi, c'est lui. Et une société qui donne la mort volontairement, sans s'assurer vraiment,
ne peut pas... Et alors, il y a 1 500
Jean-Pierre Elkabach, et je l'ai découvert à cette occasion, parce
qu'on apprend
1 700 personnes dans une situation terrible.
Et le Conseil d'État a donné son accord pour ceux qu'elle apprécie,
pas pour les autres. Et la Cour d'Appel
a fait l'inverse. Et influencée par l'ONU. Et vous avez été surpris, pas surpris, que ce soit le droit d'une
commission
de l'ONU supranationale
qui s
'applique aux droits européens
et français ? Je vais vous dire ce
qui se passe. Vous savez l'analyse que j'ai
? Des
droits s'affrontent,
des
membres de la famille s'affrontent,
et
on voudrait, dans notre société qui veut tout régler, qu'il y
ait
une loi,
un
avis, une vérité. C'est un sujet terrible, d'une complexité inouïe. Et bien, est-ce qu'un jour, face à une complexité inouïe, l'homme, l'être humain au XXIe siècle peut dire « je ne
sais
pas, je
ne
peux pas tout
».
Vous avez fait allusion à la Cour d'Appel de Paris, vous avez
raison. Deux droits qui s'opposent, je n'en sais rien. Mais elle a dit « 6 mois
». Et bien, on verra
dans 6 mois. 6
mois, c'est-à-dire un sursis de 6 mois. Et le drame, on le recommence dans 6 mois. Ce n
'est
pas « on le recommence
». On
donne une chance à un être humain,
peut
-être de vivre,
et
ça mérite peut-être 6 mois. La vie peut
exiger 6 mois.
Vous imaginez
qu'un jour, on verra
sortir tout seul Vincent Lambert
de l'hôpital. Mais qu'est-ce
que vous en savez ? Je n'en sais rien. En tout cas, c'est un être humain, et il mérite notre compassion.
Un ministre
du Vatican,
le cardinal Kevin Farel, a dit hier « l'état végétatif dans lequel se trouve Lambert représente certes un état pathologique pénible, mais il ne compromet absolument pas la dignité des personnes se trouvant dans cette condition, ni leurs droits fondamentaux à la vie ».
L
'Église catholique est beaucoup intervenue.
Oui, et bien c'est son
droit.
Vous lui donnez
raison
? Mais je ne donne pas raison au tort. Je pense que c'est son droit, et je pense que la vie est au-dessus de tout, et que nous avons le danger d'une société technicienne qui va tuer les vieux. Voilà la réalité de notre société. Et moi, je n'accepte pas. La vie dépend. La vie, c'est sacré. C
'est ça
l'honneur de notre civilisation. Est-ce que vous soutenez l'association Pro-Vie, qui a
été tout le temps aux côtés de la famille ? Non, je ne soutiens pas l'association Pro-Vie.
Je ne suis pas là-dedans. Je dis simplement
que
la vie est sacrée et que dans une société très technicienne, je me méfie beaucoup des tentations de mettre à mort une personne qui n'a pas notre vision, qui est handicapée lourde. S'il est maintenu en vie artificiellement, j'accepte. Si c'est un handicapé lourd que l'on dit à tort maintenu à vie artificiellement, cela m'inquiète. J'ai été confronté, vous savez, à
titre
personnel avec ma mère, qui est restée dans le coma des mois. Donc je sais de quoi il s'agit. Et quand on est confronté à ça, et si j'en parle gravement, c'est parce que j'ai changé d'avis après ça.
C
'est parce qu'on se dit, attention,
attention. Est-ce que dans tel moment, les convictions religieuses, personnelles, intimes, entrent en jeu
?
Convictions, bien sûr,
de conscience humaine. On est des êtres humains. Voilà, c'est tout Jean-Pierre El-Cavage.
Vous
êtes croyant
? C'est ma
vie privée. Ça me regarde.
Et
pratiquant ? Ça me regarde. Non, parce que j'ai toujours refusé et j'ai toujours détesté que les hommes politiques mettent en avant...
Mais il y a beaucoup d'hommes politiques qui sont intervenus dans le cadre
de Vincent Lambert. On peut intervenir. On peut connaître
les détails et
la réalité. Je me suis
beaucoup renseigné. J'ai jamais eu une parole définitive dans cette affaire. Je crois être... Et je crois connaître malheureusement ce genre de situation pour avoir beaucoup d'humilité face à ça.
Emmanuel Macron monte sur le front en première ligne.
Est
-ce que vous trouvez ça risqué ? Comment dire ? Courageux ou choquant ?
Pas à la hauteur de la fonction présidentielle. Cet homme, décidément, aura beaucoup abaissé la fonction présidentielle. Et je pense qu'il prend un risque considérable alors qu'il a déjà perdu cette élection. D'accord.
Il a déjà perdu cette élection parce que... Mais comment vous dites ? À
votre propos, vous dites que
j
'ai pas perdu. Attendez. L'élection est déjà pour l'autre qui est le chef de l'État.
Je
vais vous dire pourquoi. Vous dites qu
'il
a déjà perdu. Attendons
dimanche. Ce
que je veux dire par
là...
Il aura peut-être perdu.
Mais attendez, dimanche.
Non,
mais non.
Ce que je veux dire par là, c'est que d'ores et déjà, c
'est un scrutin proportionnel. Oui, l'addition de tous.
L'addition des oppositions fait qu'il a déjà perdu. Et voilà pourquoi...
Mais l'addition des
oppositions,
est-ce que ça fait une alternative ? Mais exactement. Voilà pourquoi, cher Jean-Pierre
Elkabach... On gouverne
le pays. Voilà pourquoi,
cher
Jean-Pierre Elkabach, je comprends pas
pourquoi
il se met dans cette situation. Je pense qu'Emmanuel Macron devrait relire la Constitution de la Ve République et
ne pas s
'embarquer dans cette espèce de duel fantasmatique qu'il est en train de créer, et je le crois suffisamment intelligent, pour savoir qu'il ne le crée pas pour l'élection européenne, que c'est sa seule chance de survie pour 2022, et qu'il veut rendre les Français prisonniers
d'un duel terrible pour la France.
Voilà, donc,
c'est du machiavélisme
d'Emmanuel Macron,
et
osement les Français
vont déjouer ce piège. Mais heureusement qu'il y a un président
qui allume Machiavel, ou
Mazarin,
ou Richelieu, etc. Oui, mais
les Français, je les appelle... Donc il n'est pas
naïf, c'est ce que vous voulez dire. Exactement.
Mais est-ce qu'en pareil... Je veux dire, vous avez compris ce que vous voulez dire.
Absolument. En pareil moment, pour une pareille bataille, avec un tel enjeu, vous pensez que le président de la République peut rester spectateur, il ne peut pas intervenir, et il doit rester un observateur muet ?
Mais entre l'un et l'autre, il y a une limite. Ce que je constate,
c
'est que le président de la République
est
à court d'arguments
pour
défendre sa vision et son mandat. Son
seul... Finir
ma phrase ? Son seul argument, c'est horrible Le Pen qui est son meilleur marchepied, son meilleur opposant. Et quand, dans une République, un pouvoir à un opposant officiel, ça m'inquiète toujours. Et je dis aux Français qui ne supportent plus ce duel, et d'ailleurs, c'est pourquoi ils n
'ont
pas envie de voter. Parce qu'à la télévision, on rabâche ce duel. Ce n'est pas un duel, c'est un scrutin proportionnel. Très bien. Est-ce
qu'on peut
passer... Non mais,
on a une élection d'accord. Oui, mais avançons encore la réponse que vous l'avez dit. Vous l'avez déjà dit.
Non,
je
n
'ai pas
fini.
J'ai une
nouveauté.
Ah
bon. Alors,
on écoute la nouveauté.
La nouveauté, c'est qu'on vote par défaut en permanence. Là, on a l'occasion, avec un scrutin proportionnel, à un tour, à un seul tour, de voter par adhésion.
Et
je dis aux Français, ne vous détournez pas des urnes parce qu
'on
vous parle d'un
vote
par défaut. Votez par adhésion, vous avez l'embarras du choix. Votez. Même pour Macron.
Votez pour qui vous voulez.
Même pour Bellamy. Et même pour des listes qui présentent, qui ne sont peut-être pas mises en valeur comme les autres, mais qui présentent une subtilité peut-être de programme qui peut être utile pour l'Europe. Car si je suis candidat, ce n
'est
pas pour être candidat à Jean-Pierre Elkabach. C'est parce que je crois qu'une Europe des nations et des projets est la réponse à la mondialisation d'aujourd'hui. Et si on peut venir au fond du projet, ça peut être intéressant.
Un mot. Marine Le Pen s'en prend à Jean-Luc Mélenchon et à la France insoumise. Elle vient de dire qu'elle rebaptise la France insoumise, la France islamiste. Oui, mais ce n
'est
pas mon style de politique.
Non, mais vous êtes
d'habitude, on dit que la provocation, elle vient de Nicolas Dupont-Aignan. C'est une provocation ou elle a raison, là ? Mais
je n'aime pas les caricatures. Et je vais vous dire, j'aimerais qu'on parle des projets. Ça fait combien de minutes qu'on est là, cher Jean-Pierre Elkabach
?
Oui, on parle des grands projets.
La place de la religion,
la place de l
'Europe
des nations et des projets.
Un
projet, justement, les rapports de l'Europe et de l'Afrique. Vous avez dit, vous réclamez le contrôle des naissances en Afrique. Et vous l'avez dit, je réaffirme, etc. On a cru que c'est une plaisanterie ou
un dérapage.
Non,
mais
je vais vous dire une chose. Je lisais hier, attendez, une interview
de
M. Moussa Marat, Premier ministre du Mali,
qui
a écrit un livre merveilleux,
qui
est un homme exceptionnel, et qui a écrit et qui a dit exactement ce que je dis. Mais qu'un
Africain le dise, oui, mais vous
n'allez pas finir avec l'Afrique coloniale de l'Europe.
Non,
enfin,
arrêtez. On ne
va
pas se la
traîner encore. Arrêtez. Moi, je suis
né. Non, c'est l'inverse. Je suis né après la décolonisation.
Je n'ai aucun complexe. Mais laissez les Africains décider le même. Oui, je les laisse.
Mais j'ai quand même le droit aussi, en tant qu'Européen, on affrontait... C'était
une discussion... De conseiller
aux Africains
de
pratiquer le
contrôle
des
naissances.
Oui, et je vais vous dire pourquoi. C'est de l'ingérence. Non, ce n
'est
pas de l'ingérence. Je considère les Africains comme des égaux. Nous avons le droit... Nous parlons à la Chine, nous parlons aux Etats-Unis. Vous donnez des avis toute la journée sur Trump, sur X ou Y. Je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de dire que le problème de l'environnement, un des problèmes majeurs de l'Europe,
c
'est le développement africain, de résoudre les problèmes migratoires, de ne pas simplement rétablir les frontières que je veux rétablir, mais de traiter à la cause des phénomènes. Et je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à dire qu'on ne peut pas continuer le développement de l'Afrique subsaharienne avec
6
enfants par femme.
Mais Emmanuel Macron l'a déjà dit. Il
a dit à Ouagadougou. Mais
il a dit,
choisissez l'éducation,
l'émancipation
des femmes, le
moindre d'enfants par famille. Mais c'est ce que j
'ai dit. Mais il l'a dit directement
aux Africains, mais en
laissant aux Africains le souhait que
l'Occident et l'Europe ne se mènent pas encore de la vie intime des Africains. Mais Jean
-Pierre Elkabach, pourquoi ce procès d'intention ? Pourquoi la liberté des femmes serait utile en Europe et pas en Afrique ? Pourquoi je n'aurais pas le droit de le dire sans aucune condescendance et sans aucune ingérence ? Mais j'ai même pas
besoin de... Alors si avec
humilité, pas de condescendance on peut
considérer, c'est une pierre dans un débat. C'est une pierre
fondamentale dans un débat.
Et je vais
vous dire, l'hystérie
des
personnes qui étaient sur le plateau montre bien à quel point nous n'avons pas dépassionné nos rapports avec ce continent. À quel point nous sommes en train de passer à côté de l'histoire. Les Chinois ont pris pied en Afrique, pour le plus grand malheur des Africains. La France doit dépasser le stade néocolonial du passé et doit avoir des rapports de franchise. Mais enfin
c'est
ridicule. D'accord, mais vous
aviez qu'en
retour les Etats africains vous disent, vous réclament moins de racisme en France
et en Europe. Mais bien évidemment, mais bien évidemment. Et qui vous disent
accueillez mieux les
migrants africains. Mais ils peuvent dire ce
qu'ils veulent, heureusement. Mais nous sommes en liberté. Cette société... Vous savez, j'ai retrouvé une phrase de Clémenceau que j'adore.
Honte,
honte au pays où l'on se tait, gloire au pays où l'on parle. Clémenceau, la France est en train de mourir de
l'interdit
de parole. On se dit tout. On ne peut rien
dire dans notre pays
sans procès d'intention,
délirant. Vite sur le fond. Sur le fond, ah, il
est
temps, ça fait 20 minutes. Non, non,
non, mais on est sur le fond des fois toujours. L'Afrique, les rapports... Très bien. La croissance et l'emploi. Oui. Est-ce que c'est un pays seul ou l'Europe
?
C'est... Vous me répondez assez vite. C'est les deux, mon capitaine. La sécurité, la lutte contre les terroristes et les assassins d'Al-Qaïda et Daesh,
c
'est un pays ou l'Europe
?
Ce
sont
les deux des nations libres qui contrôlent
leurs frontières, qui ont leur justice. Qui font
deux frontières ou une...
Pourquoi
deux, il y a
les frontières extérieures ? Parce
que la frontière... Si elle marche, comme dit
le patron
de Frontex
ici, si elle marche à quoi ? Mais elle ne marche
pas. Pourquoi
revenir sur
ce qui est le principe de l'Europe, la
libre
circulation ? Eh bien, je vais vous
dire, ça ne marche pas depuis 20 ans. Depuis 20 ans, on nous dit qu
'il
y
a
une frontière européenne. Il n'y arrive pas à la faire. Le jour elle existera, je supprimerai la frontière nationale. En
attendant,
je rétablis les frontières
nationales. Le climat
et l'énergie, c'est un pays seul ou l
'Europe ? C'est les deux.
Et
alors je vais vous répondre, actuellement avec l'Union Européenne, c'est l'impuissance totale, puisque on taxe ceux qui dépolluent et on libère et on importe ceux qui polluent. Donc, moi je veux dire très clairement...
On ferme les mines de charbon, les centrales à charbon, comme le France et
la France. Est-ce que le font l'Allemagne et l
'Allemagne
? Non, l'Allemagne doit le faire. C'est pour ça qu
'il
y
a
au
moins une harmonisation. Et c'est pour ça qu'on ne fait rien face
à l'Allemagne. Et
c'est pour ça que cette Europe-là, tout a
échoué.
Donc
la question, pardonnez-moi Jean-Pierre Elkabach, n'est pas du tout ce que vous dites. Ce faux choix, est-ce que c'est la France ou l'Europe
?
La question, c'est comment on construit l'Europe ? Et justement, ce qui gêne dans ma candidature, c'est que je n
'ai
pas un discours binaire stupide. Ah oui,
on
est français, on est européen.
On doit
articuler... Non mais,
permettez-moi d'insister.
On doit retrouver la liberté des nations pour justement que l'Europe ne soit pas une Europe paralysée à 28, mais une Europe intergouvernementale des coopérations à 4 ou 5. Donc on peut être
patriote français, donc européen. On
ne sera un bon
européen
que si
on est d'abord
patriote français.
Ce
que dit Emmanuel Macron. Non, parce qu'il a tout abandonné au niveau national.
Et
il fait confiance à une technostructure non élue. Commission non élue. Très vite. Oui, mais très vite, c
'est
l'essentiel. On a confié nos pouvoirs à une commission qui n'est pas élue,
une banque centrale qui n'est pas élue, oui, et
une cour de justice qui n
'est
pas élue. La seule élection qui prime, c'est la démocratie nationale, et c'est ensuite des coopérations comme Airbus ou Ariane. Vous fermez les centrales nucléaires françaises ? Non. Absurde.
Nous sommes le seul
pays... Très bien. Nous sommes le seul pays qui a respecté Kyoto. Nous sommes le pays qui produit l'électricité
six fois
moins carbonée qu'en Allemagne. C'est pourquoi EDF et la France viennent de nommer à la tête d'un parc nucléaire et thermique français, Cédric Lewandowski. Et lui, je pense qu'avec lui, les choses seront plus claires. Et dernière question sur ce thème, l'intelligence artificielle, la robotique, les données... Fondamentale.
L'Europe ou un pays seul ? Eh bien, des coopérations européennes, mais surtout pas à 28, puisque l'Union européenne
a été incapable... L'Union
européenne a été incapable depuis 20 ans de former un seul projet. On n'a jamais, Jean-Pierre Elkabach, autant transféré de pouvoir l'Union européenne, on n
'a
jamais été aussi impuissant. Donc, on revient à l'esprit du général de Gaulle, des nations qui décident, et des coopérations
à 4 ou 5 crédits. Vous pouvez me répondre très vite.
Si
lundi matin, vous n
'êtes pas élu, qu'est-ce que vous faites ? Eh bien, je continue mon mandat.
Les Français
auront tranché. Et est-ce
que vous... Mais je serai élu, et je vais vous dire, je serai
heureux d'être élu avec
des gens compétents,
intègres,
pour changer les choses à Strasbourg. Si vous êtes
élu jusqu'en 2024, est-ce que vous êtes encore candidat à la présidentielle
?
Je n'en sais rien. Je suis libre, et les Français seront libres. C'est-à-dire que vous pouvez demander là un mandat pour 3 ans, un mandat
abrégé ?
Vous pensez que je serai élu en
2022
? Je vous remercie de cette confiance exceptionnelle. Non,
non.
Si vous allez au Parlement jusqu'en 2024, vous l'abrégé pour aller vous présenter
encore. Mais il faut dire aux électeurs la vérité, vous demandez un
mandat de 3 ans. Parce que vous pensez que je serai élu, je vous en remercie. Si vous êtes élu. Eh bien,
on le verra,
on n'en est pas là. On attend dimanche.
Merci. Bonne journée. Demain, je recevrai ici le Premier ministre Édouard, Philippe. Lui aussi s'est engagé dans la bataille pour une Europe réinventée.
On verra laquelle ? Mais
pour l'instant,
c'est lui qui l'a
construit dans cet état-là. Pas lui, mais enfin bon. On
ne va
pas reprendre le débat. Merci d'être venu. A bientôt, et on verra les résultats de
dimanche.
On verra dimanche. Bonne chance, je vous dis quand même. Mais les Français vont arbitrer.
Nicolas Dupont-Aignan