Jean-Luc Mélenchon au grand oral du salon du bâtiment
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 77 %Attaque 14 %Défensif 9 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:59OuverteRéponse partielle
Première question à Stanislas Lacroix.
- 9:04OuverteRéponse directe
Comment voyez-vous les choses pour permettre cette stabilité et confiance dans le secteur ?
- 17:25OuverteRéponse partielle
Question de Frédéric Carré.
- 17:29OuverteRéponse directe
Quelles sont vos solutions pour cette concurrence déloyale ?
- 23:04OuverteRéponse partielle
Jean-Christophe Repon, question.
- 23:07OuverteRéponse directe
Sur la formation initiale et continue, qu'en est-il de l'apprentissage et des CFA ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:55Invité politiqueChiffre
« 2 800 000 personnes qui sont en attente d'un logement social, 350 000 personnes qui n'ont plus aucun logement d'aucune sorte et qui sont à la rue »
- 2:34Invité politiquePromesse
« En tant que gouvernement, nous voulons atteindre 400 000 logements. Nous voulons atteindre 700 000 réhabilitations. »
- 3:52Invité politiqueChiffre
« Il faut qu'on trouve 300 000 personnes. »
- 6:06Invité politiqueChiffre
« 8% pour la récupération de matériaux qui sont censés être récupérés et recyclés »
- 10:16Invité politiqueChiffre
« Il faut donc se retrousser les manches et à toute vitesse se mettre au travail pour récupérer dans ces 2,8 millions 100 000 personnes »
- 10:59Invité politiqueFait
« nous modifions les règles du compromis social dans notre pays »
- 22:02Invité politiqueFait
« Personne ne viendra chez nous avoir une situation qui, par sa propre sous-évaluation, va couler des boîtes françaises »
- 26:47Invité politiqueChiffre
« 25% des contrats ont bu au bout de trois mois. »
- 27:53Invité politiqueFait
« Je suis contre l'arrosage sans contrepartie connue. »
- 28:00Invité politiqueFait
« Comment se fait-il que des patrons qui prenaient des apprentis tout d'un coup aient besoin de 6 à 8 000 balles pour les prendre ? »
- 31:03Invité politiqueChiffre
« Il y a 2,8 millions de gens qui attendent d'avoir un logement. »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon83 %
- Présentateur5 %
- ?4 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
≈ 39,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Donc vous allez intervenir d'abord pour exprimer votre vision des grands enjeux du bâtiment et de votre ligne politique d'action en la matière pendant six minutes. Puis trois présidents d'organisations professionnelles vont ensuite vous interroger par ordre alphabétique. Frédéric Carré, président de la FFB, Stanislas Tacroix, président d'Uni Climat, Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB. Pour être tout à fait transparent, vous avez été informé des grandes thématiques de leurs interrogations. Mais évidemment, nos présidents intervieweurs peuvent avoir envie de rebondir, voire d'élargir le champ de leurs interrogations.
Et enfin, nous terminons par une question de conclusion que je pose en termes identiques à chacun des candidats qui participent à ce grand oral. Voilà le cadre général de ce grand oral. Et donc à vous, M. Mélenchon, la parole pour six minutes.
Bon,
pour moi, la question du logement, mais plus largement de la construction dans le bâtiment, n'est pas une inconnue. J'ai été ministre de l'enseignement professionnel. Le bâtiment est un des premiers employeurs du pays, un des premiers chiffres d'affaires, une des proportions les plus importantes de la richesse du pays.
Donc
j'ai eu à en connaître et à connaître quelques-uns d'entre vous, ou en tout cas vos organisations,
dans
le passé. Si bien que je sais à peu près où mettre les pieds pour ne pas être à côté du sujet. Mais commençons d'abord par
aller
sur le fond idéologique, parce qu'il y en a un.
Nous
ne sommes pas entre gens qui comparent des solutions techniques, les unes étant très raffinées et les autres très idéalistes.
Il
y a eu pendant plus de dix ans l'idée que le logement était un marché, et seulement un marché. Et donc on y a appliqué toutes les recettes miracles du marché, dérégulées et effondrées le secteur social de la production de logements. Le résultat, on le connaît tous, c'est une maltraitance sociale généralisée. 2 800 000 personnes qui sont en attente d'un logement social, 350 000 personnes qui n'ont plus aucun logement d'aucune sorte et qui sont à la rue, et des millions de gens qui aimeraient accéder à la propriété mais ne le peuvent plus parce que leurs revenus sont insuffisants d'une part, et d'autre part, ce qu'on leur propose est trop cher. Voilà le tableau d'ensemble. À partir de quoi,
il
faut prendre des décisions et si possible des horizons chiflés.
La
première chose que nous vous offrons, c'est l'idée d'un contrat.
Donc
je ne suis pas venu caresser les uns ou les autres dans le sens du poil, mais dire le résultat que nous voulons atteindre en tant que gouvernement.
En
tant que gouvernement, nous voulons atteindre 400 000 logements. Nous voulons atteindre 700 000 réhabilitations.
Et
nous connaissons l'inconnu derrière ces chiffres.
Où
trouver les gens pour le faire ? Vous avez perdu 100 000 emplois.
Il
faut en trouver 300 000 pour faire redémarrer la machine au niveau auquel je le situe. Deuxièmement, il faut financer.
Alors
le financement, c'est le plus facile. De l'argent,
il
y en a en tas, en piles, en montagnes, en icebergs, il y en a des quantités considérables. Et si par hasard il venait à en manquer,
en
réorientant l'investissement public, c'est-à-dire en modifiant la proportion de ce qui va du livret A aux banques privées et à la partie qui est centralisée sur la caisse des dépôts et consignations, nous le trouverions. Je vous indique une ressource cachée de près de 30 milliards
aujourd
'hui disponibles si on décidait de le mettre dans cette direction.
Voilà
pour le financement. Deuxième énorme problème,
c
'est la qualification. Vous ne pouvez rien faire de tout ce que je viens de dire avec le personnel que vous avez. Il vous en faut beaucoup plus. Pour cela, comme il n'y a pas de métier qui soit autre chose qu'une science pratique, il vous faut du personnel qualifié.
Il
n'y a pas de métier sans qualification. Tout métier est une science pratique. Il faut qu'on trouve 300 000 personnes. Donc il faut que la filière du bâtiment, depuis le CAP
jusqu
'à la licence professionnelle et peut-être un grade au-dessus, soit une filière en continu
où
repérant les endroits qui sont les plus délicats, nous fassions les ajustements. entre le bac professionnel et la licence professionnelle, c'est-à-dire le cursus universitaire, par exemple.
Et
il faut répondre à toutes les questions qui vont avec l'avis de cette jeunesse. D'abord, la valorisation viendra de là. Si quand on rentre pour faire un CAP, on sait que si on a envie, si on veut, si on sait, on ira jusqu'à la licence professionnelle, on n'aura plus besoin de parler de réhabilitation de ces métiers. Deuxièmement, vous allez avoir pour vous du vent qui souffle dans les voiles. Pourquoi ? Parce que l'intelligence artificielle n
'est
pas capable encore
de
mettre un écrou et un boulon, n'est pas capable de tirer droit à un fil électrique ou de faire proprement une peinture. Je ne dis pas que ça durera tout le temps, mais pour l'instant, on en est là. Ce ne sont donc pas ces métiers qui sont les plus directement atteints par le déploiement de l'intelligence artificielle. Au contraire, on va attendre d'elle une meilleure adaptation des projets que l'on va formuler. Et donc, une meilleure adaptation des formations pour répondre à ces projets. Voilà comment je me représente cette affaire dans son ensemble. Formation, financement, affaires réglées. Troisième niveau, la réhabilitation. Il y a deux aspects.
Il
y a l'aspect technique. Il y a une discussion entre nous. Je propose qu'on y consacre au canton aujourd'hui. « Est-ce qu'il faut vraiment, et le petit, et la rénovation totale ? » Parce qu'on m
'a
déjà pris la tête à plusieurs reprises sur ce sujet. Donc, je commence à le connaître. Mais je suis obligé de partir du plus ample pour réfléchir. C'est-à-dire de la rénovation totale. Ne me racontez pas d'histoire. Si telle ou telle personne est prête à refaire les stores, refaire ceci et cela, c'est parce qu'elle pense qu'elle ne peut pas en financer davantage. Si donc, on s'assure du financement, nous aurons davantage de demandes pour des rénovations globales. Le problème qui est contenu dans ce problème-là, c'est celui de la récupération. Là, messieurs,
je
dis messieurs puisque vous êtes des messieurs, je vous attends au tournant. Parce qu'il va falloir qu'on parle sérieusement
des
8% pour la récupération de matériaux qui sont censés être récupérés et recyclés. Je sais que vous n'y êtes pour rien, mais je viens vous chatouiller à l'endroit qui pourrait m'arranger.
C
'est que vous avez besoin de points de collecte. Et vous avez besoin que la collecte soit faite.
Or,
le privé ne satisfait pas cette demande. Et l'instance qui est censée arbitrer les sujets est composée de gens qui ont intérêt à faire le contraire. Par conséquent, pas avec moi.
Ce
machin-là sera entièrement refondu.
Et
constitué de gens assez indépendants pour faire aussi bien du contrôle, j'ai fini, presque, du contrôle que de la récupération. Et pour nous, les points de récupération qui iront pour le bâtiment nous permettent dans les éco-régions d'organiser de véritables mines des villes.
C
'est-à-dire, on commence par récupérer votre matériel, puisque c'est 70% des déchets. Deuxièmement, on récupérera le reste aux autres. On leur dira, dites donc, vous pouvez le faire, puisque le bâtiment le fait. Et c'est eux qui ont le plus gros morceau. Ces questions-là sont cruciales pour l'avenir du pays. Il nous faut impérativement récupérer, recycler en masse. Et naturellement, non seulement vous, mais les autres. Enfin, le dernier élément, c'est le logement. Il faut bien que je donne un exemple. Dans les 400 000, il y en a 200 000, c'est du logement social, ça on sait faire. Et puis après, il y en a 30 000 pour les jeunes,
il
y en a 40 000 pour les seniors. Et il m'en manque 10 000, je ne sais plus où ils sont. Mais restons sur ces chiffres-là, c'est les seuls qui comptent. À l'instant de ma démonstration, et pour conclure, c'est le logement des jeunes. Mais je veux encore sous-préciser, le logement des jeunes en formation. Messieurs, si vous ne mettez pas davantage d'internat collé à vos lycées professionnels du bâtiment,
il
vous manquera des bras, il vous manquera des têtes. C'est une certitude. Et notamment, si vous envisagez de féminiser les métiers autrement que par la pénurie de bras.
Si
vous voulez obtenir ce résultat, vous devez développer le logement. Alors je dis vous, c'est-à-dire nous, l'État, la République. Et évidemment, loger nos étudiants. Si nous renonçons à cultiver de la matière grise, nous serons un pays pauvre. Nous n'avons que cela. De l'intelligence à cultiver, que ce soit l'intelligence dans le lycée professionnel, dans les voies générales, etc. J'ai une dernière demande à vous faire, s'il vous plaît.
Il
paraît que vous ne pouvez pas amener les gens jusqu'au niveau ingénieur. Vous, vous allez finir par tomber, parce que vous êtes vraiment à côté du trou. Bon. Vous ne pouvez pas amener les gens jusqu'au niveau ingénieur.
Eh
bien, si vous ne pouvez pas les mener jusqu'au niveau ingénieur, ce que je comprends parfaitement, je ne suis pas en train de faire de la démagogie au diplôme,
eh
bien, messieurs, inventez le poste de travail juste avant ingénieur. OK. L'assistant de l'ingénieur. Mais donnez les moyens à tout jeune homme, toute jeune femme qui fait un CAP de peinture de terminer assistant de l'ingénieur, parce que c'est une belle et grande carrière dans la vie. Voilà.
Merci,
M. Mélenchon. Première question à Stanislas Lacroix.
M.
Mélenchon, vous savez qu'on est un secteur assez sensible, sensible aux changements. On a besoin de stabilité. On est sur des cycles longs.
Le
bâtiment réfléchit à horizon assez long et l'industrie qui approvisionne le bâtiment par ses équipements a besoin aussi de cette stabilité. Comment voyez-vous les choses, puisque vous avez un certain nombre d'impulsions où on sent que vous cherchez à amener une vraie différence dans vos politiques ? Comment, du coup, permettre d'avoir cette confiance, s'assurer que cette perception de stabilité que nous appelons de nos voeux soit là et qu'elle permette de continuer à assurer les rénovations dont nous avions besoin, dont on a besoin et des aides dont on a besoin pour assurer ces rénovations
?
Douce musique.
Vous
voilà devenus tous amis du temps long.
J
'ai connu une période où on ne parlait que du temps court, de la réactivité, de l'agilité et que sais-je encore comme fadaise. Car naturellement, il y a dans les lois de la nature et dans la vie des cycles longs et des cycles courts.
Et
qui ne sait composer avec l'un et avec l'autre ne sait rien faire. Là, nous avons aujourd'hui un cycle court devant nous. Nous avons une situation d'urgence sociale. Il faut donc se retrousser les manches et à toute vitesse se mettre au travail pour récupérer dans ces 2,8 millions 100 000 personnes,
des
gens qu'on puisse immédiatement loger, etc. Je ne vous refais pas la première partie de mon discours. Maintenant, les Français doivent réapprendre ce qui était une de leurs spécialités, le temps long. Car nous étions un pays capitaliste
qui
avait un plan et le général de Gaulle appelait ça l'ardente obligation. Inutile de vous dire que le mot ardent prendra une autre signification dans ma bouche mais que je le prends tout à fait à mon compte. Ardente obligation. Donc, vive la gestion du temps long. Notre idée est qu'il y a le temps long et qu'il a son outil, la planification écologique. La planification, c'est un engagement. J'ai dit, nous modifions les règles du compromis social dans notre pays.
La
règle est la suivante. Si vous donnez comme contrepartie le respect du plan, vous aurez des aides. Si vous ne donnez aucune contrepartie, vous n'aurez rien. Vous avez le droit d'entreprendre librement. Ce droit constitutionnel ne vous sera jamais disputé. Mais il n'est écrit nulle part dans la Constitution qu'on est obligé d'aider des gens qui ne veulent pas aider leur pays. Par conséquent, si vous entrez dans les objectifs du plan, l'État se mettra à l'aide pour atteindre les objectifs du plan parce que c'est son intérêt. Premièrement, la planification. Deuxièmement, un nouvel outil. Alors, j'avance doucement parce que ce sont dorénavant mes méthodes.
Je
vous ai bien brusqué dans le passé. Voici venu le moment où il faut y aller plus tranquillement pour faire comprendre ce que je veux. Il dit oui, ce n
'est
pas exaucé encore. Bon, la capelle,
c
'est des malins. Alors, oui, il me voit arriver
où
j'en étais. Le temps long et comment on va s'y prendre. Il vous faut un nouvel outil.
L
'État républicain, dans l'histoire, c'est toujours adapté aux objectifs politiques de la période politique qu'il traversait. L'État républicain a épousé la cause du néolibéralisme, c'est-à-dire qu'il a passé le plus clair de son temps à se faire harakiri, à détruire des pas entiers de son activité, des moyens de contrôle. Imaginez-vous quand on demande, Mme Aurélie Trouvé qui se trouve là au premier rang, demande à l'État quels moyens ils ont de connaître les marges des raffineurs, pas des distributeurs. Le distributeur, c'est le pauvre gars qui est là dans sa cahute et qui vous met... Non, mais les raffineurs. Eh bien, il n'y a pas de réponse, messieurs.
Si vous voulez savoir combien de gens bénéficient de quelle aide particulière, il n'y a pas de réponse. Alors, à quoi bon un État s'il ne peut remplir sa fonction ? Vous avez besoin d'un nouvel outil étatique. L'État doit changer. Alors, on m'accuse déjà de vouloir reprendre en main. Ben oui, l'État est au service
de
la décision nationale, pas l'inverse. Et par conséquent, il faudra faire ce qui aura été décidé.
Et
pour ça, il faut un État qui sache se spécialiser. C'est le thème des éco-régions, c'est-à-dire des régions bâties sur des nécessités écologiques. Les nécessités écologiques ne se régleront pas avec les mains et les ongles. Elles se régleront avec des machines, avec du savoir-faire, avec des ingénieurs, avec des matériaux ressourcés. Par conséquent, vous êtes à nouveau en première ligne puisque c'est vous qui, dans ce domaine, pouvez produire et la collecte et le règlement en amont des matériaux que vous utilisez.
L
'État éco-régional
va
vous permettre d'atteindre ces objectifs de continuité dans la durée. Car l'État signera avec vous des contrats, des engagements mutuels. L'État s'engage à ne pas changer ceci ou cela et vous vous engagez à atteindre tel ou tel objectif. Voilà. J'ai donné quelques éléments pour la collecte. Je termine quand même là-dessus parce qu'après mon passage ici, je voudrais bien qu
'il
y
ait
deux ou trois réponses qui me viennent. Puisque le privé n
'est
pas capable, ce qui moi ne me surprend pas,
il
faut qu'il y ait un instrument public puisque c'est vous qui le payez.
Vous
n'allez pas être compte qu'on vous ramasse quand même les déchets que vous faites. Donc, vous serez mes alliés dans cette affaire. Et moi, je pourrais m'appuyer sur ce qu'on aura fait ensemble pour dire aux autres d'en faire autant. Parce que nous aurons les lieux, les compétences et les métiers. Et on aura atteint en un coup, pour peu qu
'on
s'entende bien, on aura atteint en un coup un des instruments essentiels. Car,
si
on veut une économie circulaire, le point de départ, c'est le point de collecte. Ce n
'est
pas traité, tout le reste, on sait le faire. Mais on a besoin de points de collecte qui soient raisonnables, qui vaillent pour les gros émetteurs, si je puis dire, mais aussi pour les petits. Il me faudra vraisemblablement, si j'écoute ce qu'on m'a dit dans l'économie sociale et solidaire, un point à tous les 20 bornes. C'est trop. On ne saura pas le faire. Mais on peut en avoir à des distances de 40 kilomètres. Un point de collecte, spécialisé ou pas,
à
mon avis, il
vaut
mieux qu
'il
soit général si on veut que ça marche et qu'ensuite, on organise la collecte générale. Voilà la réponse que je vous fais. Ce n'est donc pas des promesses, c'est un contrat. Si vous ne faites pas votre partie, on fera quand même la nôtre, mais avec des boîtes publiques. Moi, je préfère qu'on travaille sur la base d'un compromis où, en effet, là, je vous donne raison, on ne peut pas changer les règles tous les 8 jours. Changer la règle d'attribution de la prime Rénov, là, c'est absurde. On est certains du résultat, il ne se passe plus rien. Au bout d'un moment, parce que personne ne peut s'engager à prendre du personnel ou à faire des formations si un an après, la règle a changé.
Donc, sur ce point, je ne peux rien faire d'autre que de dire, c'est vous qui avez raison, les professionnels. Ça ne peut pas durer comme ça. Donc, lisibilité, c'est le plan. Visibilité, c'est le plan. Et stabilité, c'est ce que je viens de vous dire, c'est le contrat.
Juste peut-être une petite précision. Faut-il comprendre, M. Mélenchon, que du coup, vous êtes favorable à la stabilité sur les C2E
? Non,
non, non, non, non. Sous bénéfice d'inventaire, cher monsieur, de ce qu'il y
a
dedans et de ce qui correspond aux objectifs que je viens de fixer. Si je dois trouver là-dedans des choses que personne ne peut faire, je n'en vois pas l'intérêt.
Par
contre, s'il y a des choses que tout le monde peut faire et qui ne s'y trouvent pas, je vois l'intérêt de l'y mettre. Voilà comment je règle le problème. Mais pour vous dire franc, je n'ai aucune confiance dans ce qui a été décidé pendant les dix dernières années. J'ai assisté à une partie de l'édiction de ces règles, je n'y crois pas. Tout est idéologique là-dedans. C'est l'idée que, moi, en contrôle, mieux tout va se passer. Et c'est le contraire qui s'est produit. Donc, vous êtes des hommes réalistes à la tête
d
'entreprises qui représentent une part considérable de l'activité du pays. Vous et nous, quoi que vous pensiez de nous et quoi que nous en pensent de vous, on est obligés de s'entendre.
Et
on va le faire.
Mais
il faut que le compromis, on se comprenne bien. Nous, notre but, il est de nature écologique. Et je suis sûr que vous aussi, comme homme, comme citoyen, je n'en sais rien moi, comme père de famille, comme ce que vous voulez, il n
'y
en a pas un parmi vous qui peut dire « je m'en fous le climat, non,
ce
n
'est
pas vrai, ça ne chauffe pas, ce n
'est
pas vrai ». Donc, on doit avoir une discussion rationnelle qui va tenir. À condition, encore une fois, je l
'ai
dit, il faut qu'on ait un pacte productif. On s'entend sur ce qu'on va produire, si on peut, comment on va le produire. Mais ça, c'est une affaire de formation. C'est la phase formation. Donc, on peut arriver à s'entendre dans des conditions. Après, bon, alors, vous ferez entendre le museau quand je vais vous dire qu'on passe le SMIC à 1700. Mais déjà, je vous suis reconnaissant de ne pas avoir commencé votre interrogatoire par les cotisations sociales, les taxes et le reste, dont ma tête est plus que saoulée.
Question
de Frédéric Carré.
Monsieur
Mélenchon, dans la vraie vie de nos entreprises aujourd'hui, elles souffrent énormément. La vraie vie de nos entreprises aujourd'hui, elles souffrent énormément. Elles font 1 à 2 % de marge. Et on est dans un secteur qui souffre. Et nos TPE et artisans sont soumis à une concurrence déloyale très forte. Trois exemples. Le premier, c'est que les maîtres d'ouvrage font de la sous-traitance en cascade et les entreprises arrivent sans qualification. Deuxième exemple, la réglementation à l'entrée à nos métiers. Aujourd'hui, on le voit que pour être boulanger, pour être coiffeur, pour être taxi, il faut des qualifications et pour le bâtiment, non. Et pourtant, ô combien c'est important.
Et troisième exemple, c'est les auto-entrepreneurs. Aujourd'hui, on ne
s
'improvise pas d'entrepreneurs et donc, il
y a
une distorsion sur la TVA. Aujourd'hui, nos entreprises en souffrent. Quelles sont vos solutions pour cette concurrence déloyale
?
Alors, vous avez raison de parler de concurrence déloyale
parce
que ça a été organisé pour ça.
Mais
moi, je ne tourne pas autour du pot. Ce n'est pas un hasard d'avoir accumulé
les
moyens de la concurrence déloyale en disant je n
'ai
pas vu,
je
ne
suis
pas au courant. Si, tout le monde était au courant que ça allait mal tourner. Ça a commencé quand on a créé le statut d'auto-entrepreneur. Ce fut une discussion. à l'époque,
je
devais être sénateur.
Je
me rappelle qu'on a discuté. Je faisais partie de ceux qui disaient auto-entrepreneur égale auto-esclave.
Je
me trompais sur un point que j'avais sous-estimé.
C
'est la volonté de liberté individuelle qui existe dans l'auto-entrepreneuriat. C'est-à-dire que des gens qui sont auto-entrepreneurs se maltraitent en effet beaucoup eux-mêmes parce qu'ils travaillent beaucoup, durement, des fois sans les moyens qu'il leur faut, par goût de la liberté. C'est-à-dire
qu'ils
ont le sentiment qu'on ne leur donne pas d'ordre et qu'ils construisent leur vie. Par conséquent, ils méritent mieux que les remarques de type purement idéologique que j'en faisais à l'époque.
Pour
autant, ça n'a rien changé à ma manière de voir. Ça ne peut pas continuer comme ça. Nous avons voté contre l'abaissement du seuil de cotisation sur les TVA. Pourquoi ?
Parce
que ces gens sont des malheureux.
Je
ne vous dis pas que vous ne l'êtes pas, j'y viens dans un instant. Mais commençons par considérer la position du plus faible et du plus frappé.
Ce
sont des malheureux pour beaucoup d'entre eux. Alors évidemment, peut-être que vous allez en trouver un, deux, trois, quatre cas qui s'en sortent à merveille. Mais la masse, non. Si vous saviez comme nous avons pu être, nous-mêmes, on était stupéfaits, célébrés jusque dans la rue. Les gens allaient nous dire « formidable ! » Alors on parlait des jeunes la plupart du temps. Donc on voit qu'il faut trouver une solution qui permette aux auto-entrepreneurs
de
fonctionner
dans
des collectifs et notamment que pour tous ceux qui sont auto-entrepreneurs au service des commandes d'une plateforme, la règle que nous avons fait adopter au Parlement européen et qu'il faut faire adopter dans ce pays mais le gouvernement ne veut pas,
qui
est présomption d'emploi.
C
'est-à-dire que quand ils travaillent pour une plateforme, parce que c'est souvent le cas, la plateforme soit présumée être leur employeur. Maintenant, je viens
au
concret du travail quotidien. Déjà, si vous réglez ça, on a réglé votre problème parce que tout le monde doit se retrouver à condition égale de compétition. Un auto-entrepreneur, son but, ce n
'est
pas de vous écraser, c'est de bosser.
Ce
n
'est
pas de ne pas payer, c'est de pouvoir payer. Par conséquent, avec eux aussi, il y a un bon compromis possible. Je viens au dernier point.
C
'est le travailleur détaché. Alors vous n'en avez pas parlé. Pourquoi ? Qu
'est
-ce qu
'il
vous prend ? Combien vous en
avez un ?
100 000 dans la branche. J'ai demandé ça ce matin. J'ai dit, mais à la fin, combien il
y
en a là-dedans ? Parce que ça discutait, j'avais été voir ceux de la FNB là qui m'ont invité.
Hein,
quoi ? Oui, oui, c'est ça. Voilà. Ils m'ont invité au centre de formation. On a discuté, on a passé toute l'après-midi ensemble. Et bon, on a parlé des travailleurs détachés. Il y en a un qui me dit non, non, mais les cotisations sociales, ils pègent.
J
'ai dit, monsieur, allez raconter ça à quelqu'un d'autre qu'à moi. Je sais bien que ce n
'est
pas vrai. Ça n'existe que pour ça. Le travailleur détaché, c'est de la délocalisation à domicile. Le travailleur détaché, on lui a imposé de payer des cotisations dans son pays. Vous voulez qu'on parle des cotisations sociales
des
pays qu'on a fait d'entrer dans l'Union européenne, de la Roumanie et d'autres pays comme ça ? Enfin, soyons sérieux. Donc, il paye les cotises ici ou bien il reste là-bas. Mais des fois, on en a besoin. On a besoin de bras aussi.
Il
faut être malin. Donc, il faut qu'ils puissent, s'ils veulent, continuer à travailler ici. Mais au tarif d'ici. Personne ne viendra chez nous avoir une situation qui, par sa propre sous-évaluation, va couler des boîtes françaises. Je me rappelle de gens qui étaient venus me voir à Perpignan. C'était des petits entrepreneurs.
Et
les gars m'ont dit, écoutez, nous, on a envie d'être honnête, monsieur Mélenchon. On ne veut pas tricher.
On
ne
veut
pas tricher. On n'aime pas ça. On veut respecter la loi. Mais ils me disent, qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse là ? C'est de la concurrence déloyale.
Et
le gars me dit, je ne savais pas pour lui répondre, il me dit, alors, qu'est-ce que vous me dites de faire ? De prendre moi aussi des travailleurs détachés pour pouvoir avoir ma part du gâteau qui me reviendrait ? Et ça m'a beaucoup ébranlé parce que ce dont je suis en train de vous parler, ça s'est passé il y a presque dix ans. Et ça m'est resté à l'esprit parce que ce que ce gars était venu me dire, ce n'était pas je vous demande ceci ou faites en sorte que cela. C'est dire, nous, on veut que ça se passe à la loyale. Donc, je vous prends au mot. Si c'est à la loyale, vous m'aurez pour allier. Ça, c'est sûr. Et allier à main de fer
parce
que comme c'est déjà décidé, ça sera appliqué.
Jean-Christophe Repon, question.
La
main de fer, c'est peut-être de trop, ça vous
fait peur
? Un poil excessif. Ça va ? On n'a pas bougé.
On
n
'a
pas bougé. Sur la formation initiale et continue, et j'ai bien reconnu le ministre de l'enseignement professionnel, vous n'avez pas beaucoup parlé de l'apprentissage et des CFA. J
'attendais, j'attendais mon cher. Bien
évidemment.
Et souvent, je sais
que vous mettiez l'accompagnement des entreprises dans l'apprentissage comme des avantages fiscaux. Et donc, je voudrais revenir là-dessus parce que vous savez que l'apprentissage structure, pour partie, l'artisanat et que nous sommes très attachés à l'opérationnalité des jeunes que nous prenons jusqu'à 30 ans maintenant, quel que soit leur niveau de formation et nous voulons, nous, qu'ils aient un cursus de formation comme un cursus universitaire en apprentissage. Et donc, cet accompagnement, qu'est-ce que vous voulez en faire ? J'ai cru comprendre dans votre introduction que c'était plutôt le lycée pro, mais je pose la question
parce que pour nous,
c'est
important parce que vous
n'avez parlé que de lycée professionnel, vous n'avez pas parlé de CFA ni d'apprenti, donc je pose la question.
Bon, alors d'abord, quand je parle de lycée professionnel, je parle, comme vous le savez très bien, cher Président, aussi
d
'apprentis parce qu'il y a des apprentis des lycées professionnels. Moi, je n
'ai
pas une croisade contre l'apprentissage. Ce n
'est
pas l'apprentissage dans certains domaines. Non, non, non, mais écoutez-moi, moi, je ne cache rien. Je ne
suis
pas en train de vous raconter des histoires pour les embellir. Je vous dis les choses comme elles sont dans mon esprit et vous en faites ce que vous voulez. Moi, je n'ai rien contre l'apprentissage, mais j'ai tout contre les arnaques. Alors, imaginez qu'on va mettre de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur. On en a déjà mis beaucoup. On en a déjà mis beaucoup. Et ça coûte horriblement cher parce que si on a inventé l'université, si on a inventé les IUT et compagnie, c'est aussi parce que c'est une mutualisation. Bon, et d'une, je laisse ça de côté. Je reviens au niveau où vous le posiez, je pense, c'est l'apprenti qui vient au niveau CAP et qui va préparer un bac pro ou ABT.
C'est ça ? Voilà. Bon, très bien. Alors, bienvenue à ce jeune pour commencer. Deuxièmement, alors maintenant, une fois qu'on a dit ça, non, pas partout. Et ce n
'est
pas la seule méthode.
Et
surtout, par pitié, cher président, ne venez pas me parler d'Allemagne.
Parce
qu'à chaque fois qu'on parle de l'apprentissage, j'ai droit au numéro de violon sur l'Allemagne. Alors, ça n'a rien à voir. D'abord, qu
'on
se comprenne bien. En Allemagne, vous rentrez au niveau CAP, vous pouvez finir PDG.
Parce
que vous avez une structure interne de valorisation, de formation tout au long de l'existence.
En
France, on peut trouver la même chose au niveau de la toute petite entreprise. Tu entres apprenti au CAP et tu peux, à la fin, être celui qui prend la suite parce que le patron t'a à la bonne, parce que ça s'est bien passé et tout ça. Donc, ça existe. Mais en France, on n'a pas fait comme ça.
On
fait une filière de formation
et
puis, les gens entrent comme ça. C'est-à
-dire,
ils ne partent
à
un niveau de qualification.
Voilà.
C'est un système qui correspond à quoi ? À une expérience de la vie. Les très hauts ingénieurs que nous avons dans notre pays, ceux qui sont à l'école polytechnique, c'est Napoléon qui a inventé ça parce qu'il avait besoin d'ingénieurs pour l'artillerie. Bon, tout le monde est l'héritier d'une histoire. Donc, l'Allemagne est l'héritière d'une longue histoire de la social-démocratie et des pactes politiques entre le parti socialiste et le syndicat majoritaire. Bon, c'est une autre tradition. Nous, les Français, on a fait comme ça. Alors, essayons de voir comment tout ce qu'on vient de faire là peut aussi continuer à profiter. Faut-il des apprentis ? Oui. Faut-il en mettre 800 000 d'un coup ?
Non. Voilà, c'est aussi simple que ça. Parce que c'est une absurdité. L'appareil n'était pas prêt à digérer. 25% des contrats ont bu au bout de trois mois. Alors, je ne mets pas en cause. Je mets en cause
ceux
qui peut-être ne savaient pas. Et puis en plus, le jeune, il est parti.
Et
quand il est parti, il est parti. Tu ne demandes pas en plus au patron de lui courir derrière. Bon, ça n'a pas marché. Puis alors après, pour les statistiques, c'est grandiose. Parce que comme tous ces jeunes gens relèvent du code du travail, ce sont censés être des emplois. D'accord ? Donc, quand on a fait le calcul de la productivité du travail, en un an, tout d'un coup, tchouf, on avait perdu je ne
sais
pas combien de points. Et chacun de s'arracher les cheveux en traitant les ouvriers de bons à rien et de feignants. Je ne
dis
pas vous, c'est dans l'industrie qu'il y en a qui se sont risqués à ça. Pour le peu qui reste, ils ne sont pas devenus plus malins. Donc, ça, ce n
'est
pas acceptable. Si on veut accueillir, il faut s'assurer des conditions de l'accueil. Et il faut s'en assurer pédagogiquement, autant que simplement en nombre de places. Pardon, s'il a pu m'arriver de dire qu'il y avait de l'abus, c'est quand on a commencé à donner, en plus de ce qu'on donne aux jeunes qui sont en apprentissage, 6 000 balles ou 8 000 balles pour les accueillir. Alors là, excusez-moi, mais oui, j'ai un tordue le nez. Ça ne m'a pas plu et je trouve que ce n
'est
pas la bonne idée. Sauf si on pouvait mettre en commun. Pourquoi on fait ça ? C'est toujours pareil. Je suis contre l'arrosage sans contrepartie connue. Comment se fait-il que des patrons qui prenaient des apprentis tout d'un coup aient besoin de 6 à 8 000 balles pour les prendre
?
Ah, c'est quand même un problème. Donc, imaginez-vous qu'un pauvre diable comme moi, voyant ça de l'extérieur, se pose des questions. Donc, encore une fois, il n
'y a
pas d'hostilité de principe. Il y a à quoi ça correspond, à quoi on veut arriver et combien on en veut à la sortie. Aidez-moi à faire en sorte que
quand
on va faire le tour de tous les lycées professionnels, arrêtez de vendre les bâtiments et rediscutez entre nous de la taxe professionnelle pour arrêter la compétition
qui
nous fait perdre du temps et de l'argent aux uns et aux autres, à l'État par le nombre de gens qu'on y met pour courir derrière et vous aussi dans vos CFA.
Je
n
'ai
pas l'intention de dire du mal de vos CFA. Ça va, j'en ai vu deux ou trois. Je n'étais pas content qu'on ait pris le mot faculté des métiers parce que je venais d'inventer les lycées des métiers. Je me suis dit ils sont malins, ils me collent après. Mais il faut bien reconnaître que c'était une trouvaille parce que ça valorisait et
c
'est difficile de vous en faire le reproche. Donc, je n
'ai
pas l'intention de critiquer, mais messieurs, j'attire votre attention sur le fric que ça coûte parce que ça coûte plus cher que l'enseignement public.
Mais
ça, c'est peut-être une autre discussion. Pour les apprentis, il n
'y
a pas de nom. Il y a du oui, mais l'essentiel pour moi, c'est quand un jeune, homme ou femme, a obtenu son CAP et qu'il veut aller au BT, comment il fait
? Ce
n
'est
pas forcément chez vous, mais peut-être que c'est chez vous. Comment on fait ? Ensuite, une fois qu'il est là, comment il va passer
?
Je revois des scènes encore. Les mômes qu'il y avait... Dans le lycée, si tu allais du CAP, si on allait du CAP
à
bac professionnel,
tous
les mômes qu'on interrogeait à CAP,
on
lui dit « Tu veux aller au BAC
? »
« Oui,
pourquoi
pas ?
» «
Tu allais ailleurs où il n'y avait pas le BAC ?
» Ouf ! Ça
paraissait, la marge paraissait élevée. Donc, j'insiste, la bonne formation, c'est celle qui fait filière et qui garantit qu'on pourra passer, si on bosse, d'une étape à l'autre. Je ne
peux
pas mieux vous répondre dans le moment. Maintenant, si vous voulez qu'on diminue la prime, moi, je suis d'accord.
Le
temps tourne très vite, M. Mélenchon. C'est maintenant la question finale. Vous avez parlé au début de votre intervention d'une crise du logement qui est subie par de nombreux Français qui ne trouvent pas à louer. Il y a aussi des Français qui ne trouvent pas à accéder à la propriété. Si vous êtes élu président de la République, quelles sont les trois premières décisions que vous prenez en la matière pour commencer à débloquer la situation ?
Déjà, ça s'améliore d'habitude, on m'en demande une.
Alors
je
dis la poudre de perle à pain
ou la baguette magique,
ça
me paraît bon. Non mais attendez. Déjà, vous aurez une différence.
C
'est que vous aurez quelqu'un qui connaît quelque chose. Deuxièmement, quelqu'un qui croit à la production. Je la discute, je discute son contenu, ses processus et tout le reste, mais je sais qu'on ne peut rien faire si on ne produit pas
et
que pour produire, il faut produire top niveau
parce
que sinon, on est dévoré de l'intérieur par le niveau le plus faible. Donc,
la
première chose, c'est de rassembler l'argent dont on a besoin
pour
faire cette relance massive et rapide du logement social. Il y a 2,8 millions de gens qui attendent d'avoir un logement. C'est une honte. J'ai dit, c'est le premier sujet de maltraitance sociale. Maintenant, je dis le deuxième car le premier sujet de maltraitance sociale, c'est les gens qui n'arrivent plus à manger à leur faim dans notre pays. 9 millions de personnes.
Par
conséquent, premier élément, rassembler l'argent. Deuxièmement, mettre en place des dispositifs
qui
ne changent pas sans arrêt et qui puissent fonctionner immédiatement.
C
'est dans le domaine de la réhabilitation qu'il faut faire le plus gros effort. Et l'endroit qui fait le plus mal, c'est le reste à charge.
Si
nous réglons la question du reste à charge, comment on le finance,
par
rapport à quoi, qu
'est
-ce qu'on enlève, qu'est-ce qu'on rajoute, où il faut prendre de l'argent,
à
ce moment-là, on aura réglé de quoi faire une relance massive de la réhabilitation des logements. Voilà les deux points. Et le troisième, c'est pour nous tous.
Une
fois qu'on aura fait ces deux points-là, bzou, ça va démarrer tout seul. Le troisième point, c'est les points de collecte.
Le
service public de la collecte des déchets. Un, pour que l'argent que vous y consacrez ait un sens. Pour l'instant, vous lui vivez comme une taxe qui est un pur abus de pouvoir, parce que vous ne voyez pas la contrepartie venir. Remarquez que vous, vous demandez des contreparties, alors vous ne se détonnez pas que moi aussi. Donc, ça, c'est le point qui va servir à tout le monde. L'intérêt général, vous le servez quand vous construisez bien, quand vous réhabilitez bien. Mais l'intérêt général, c'est que les éco-régions fonctionnent. Et pour ça, que nous puissions mettre en France une vraie industrie du circuit économique circulaire, de l'économie circulaire.
Nous, les Français, nous savons travailler avec des plans. On a tout le temps fait ça. Vous allez à la forêt de Joux, vous allez trouver les sapins implantés par Richelieu pour la marine nationale. Bon, ils y sont toujours. Nous avons toujours été comme ça. Pourquoi bouder la chose que nous savons faire ? Nous organiser pour passer en tête. Alors, c'est votre domaine, mais ça sera aussi le domaine de l'espace. Ça sera aussi le domaine... Il y a plein de domaines où les Français peuvent largement courir en tête. Voilà ce qu'on pourrait faire ensemble. Ça me semble un bon début.
Jean-Luc Mélenchon, merci. Votre grand oral est terminé.
Jean-Luc Mélenchon