Le "8h30 franceinfo" d'Édouard Philippe
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:14OuverteRéponse directe
Quelle a été votre réaction hier quand vous avez appris le mouvement des salariés de la Tour Eiffel ?
- 1:19OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une erreur ou est-ce que c'est plus grave ?
- 1:48OuverteRéponse directe
Venons-en à vos propositions pour lutter contre le narcotrafic.
- 2:02RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce que votre état d'urgence apporterait de plus ?
- 2:55RelanceRéponse directe
Alors lesquels justement ?
- 4:10RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'on y revient quand on met en place ce genre de technologie qui pose question sur les libertés publiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« On est très heureux en France d'accueillir 100 millions de touristes. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Et il est hors de question, mais vraiment, je le dis avec la plus grande tranquillité, en même temps la plus grande fermeté, et hors de question, qu'on rentre dans ce genre de considération, dans ce genre de demande. »
- 2:23Invité politiqueFait
« la menace que fait peser le narcotrafic sur la santé de nos concitoyens, sur la santé de nos enfants, et sur la sécurité de l'État, est telle que je crois que nous devons encore créer quelques instruments juridiques. »
- 3:08Invité politiqueFait
« Il s'agirait d'utiliser d'abord la capacité à faire des perquisitions administratives, c'est-à-dire à aller encore plus vite dans l'action engagée par les forces de l'ordre. »
- 3:20Invité politiqueFait
« La reconnaissance faciale ? Par exemple. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Lorsque vous avez un maire qui doit être exfiltré pendant la nuit par le RAID, vous voyez bien que c'est une déclaration d'hostilité, voire de guerre que l'on fait aux autorités publiques, à la République. »
- 6:25Invité politiqueFait
« Mais bien sûr qu'il faut être exigeant avec les consommateurs. »
- 7:04Invité politiqueChiffre
« 70% de ces amendes forfaitaires ne sont pas recouvrées. »
- 10:06Invité politiqueFait
« Je propose des instruments qui correspondent à l'intensité de cette crise. »
- 15:17Invité politiquePromesse
« Je ne vais pas le dire aujourd'hui parce que je vais le dire bientôt et que pour l'instant, je me livre à un combat qui est un combat politique qui consiste à dire que pour équilibrer notre système de retraite, c'est-à-dire au fond pour le sauver, pour l'avenir, pour le présent et pour l'avenir, il va falloir que chacun travaille plus longtemps. »
- 16:48Invité politiquePromesse
« Nous allons travailler plus longtemps. »
- 17:38Invité politiquePromesse
« on commence à mettre en place un système de capitalisation qui ne changera rien dans les dix prochaines années mais qui sera extrêmement précieux dans 15 ou dans 20 ans. »
- 21:49Invité politiqueFait
« s'il y a dispersion des candidats qui s'inscrivent dans un espace politique de la droite et du centre alors le risque que nous ne soyons pas au deuxième tour sera très grand. »
Temps de parole
- Édouard Philippe68 %
- Présentateur14 %
- Présentateur 29 %
- ?8 %
≈ 27,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Agathe. Bonjour. Et bonjour Edouard Philippe. Bonjour. Bonjour
Edouard
Philippe. Vous avez promis, Edouard Philippe, un programme massif pour l'élection présidentielle. Vous commencez à le dévoiler par petites touches. Aujourd'hui, on va en parler en particulier sur la sécurité et le narcotrafic. Mais d'abord, je voudrais vous demander ce que vous avez ressenti. Quelle a été votre réaction hier quand vous avez appris ce sujet dont on a beaucoup parlé ce matin, le mouvement et la colère des salariés de la Tour Eiffel, après que leur direction manifestement a accepté une visite d'une délégation hindoue sans employé femme.
Oui,
je vais vous dire, quand j'ai entendu la nouvelle, j'en ai été surpris. J'ai même cru au début que ce n
'était
pas vrai. Sauf que c'était bien vrai et qu'il y
a
une décision absurde qui a été prise. On est très heureux en France d'accueillir 100 millions de touristes. C'est une de nos grandes forces.
Les
gens qui viennent en France, les touristes qui viennent en France, ils savent qu'ils viennent dans un pays qui a des règles, des usages, et ils viennent les respecter. Et il est hors de question, mais vraiment, je le dis avec la plus grande tranquillité, en même temps la plus grande fermeté, et hors de question, qu'on rentre dans ce genre de considération, dans ce genre de demande. Je comprends que les salariés aient été choqués, et
plus
que choqués qu'ils expriment leur désaccord profond. Je le partage. Je crois d'ailleurs que tout le monde le partage.
On était tout à l'heure avec le président de la société d'exploitation. J
'ai compris qu'il y avait eu des
excuses. Qui est aussi maire socialiste de Paris-Centre, Ariel Veil, qui reconnaît une erreur. Est-ce que c'est une erreur ou est-ce que c'est plus grave
? C'est une erreur,
c'est une erreur, elle est reconnue. J'ai compris que la délégation s'était excusée, j'ai compris que les responsables avaient reconnu une erreur. Bon, ben voilà, c'est une erreur. C'est une erreur. Et faut avouer à moitié pardonner. Bon, voilà. Mais cela dit, ça dit des choses. On a un art de vivre en France.
Je
ne sais pas s'il est meilleur que les autres,
mais
c'est le nôtre. Et on y tient. Alors on va le conserver, et on va l'assumer. Voilà, c'est tout.
Edouard
Philippe, venons-en à vos propositions pour lutter contre le narcotrafic. Vous étiez hier en campagne à l'Est, dans le Gard, symbole de ces villes moyennes de plus en plus touchées par la drogue. Pour préciser, l'état d'urgence contre le narcotrafic que vous voulez mettre en place. Pourtant, une loi votée en 2025 crée déjà un parquet national anticriminalité organisé sur le modèle du parquet antiterroriste. Qu'est-ce que votre état d'urgence apporterait de plus
?
Alors, d'abord, l'état d'urgence, ce n
'est
pas une formule, c'est un instrument juridique. Et vous avez raison de dire qu'il y
a
une loi en 2025 qui a été votée, adoptée, c'est une bonne loi. Elle a créé des bons instruments juridiques, et c'est une bonne loi. Mais la menace que fait peser le narcotrafic sur la santé de nos concitoyens, sur la santé de nos enfants, et sur la sécurité de l'État, est telle que je crois que
nous
devons encore créer quelques instruments juridiques. Et c'est ce que je propose, notamment avec cet état d'urgence narcotrafic, qui n
'est
pas un état d'urgence pour tout le pays pendant tout le temps, qui est la possibilité que je propose d'installer
dans
une zone localisée, par exemple une agglomération, qui est totalement déstabilisée, ou qui commence à être déstabilisée par le narcotrafic, de pouvoir utiliser des instruments que normalement on n
'a
pas le droit d'utiliser.
Alors
lesquels justement ? Parce que les perquisitions, les fermetures, les saisies sont déjà possibles. Le parquet national anticriminalité, d'ailleurs, a fait avancer la lutte contre le narcotrafic.
Qu'est-ce
qui changerait concrètement avec vous
? Il s'agirait d'utiliser d'abord la capacité à faire des perquisitions administratives, c'est-à-dire à aller encore plus vite dans l'action engagée par les forces de l'ordre et par l'ensemble des forces qui concourent à la sécurité des Français. Il s'agirait aussi d'utiliser des technologies qu'on n'utilise pas dans le droit commun. La reconnaissance faciale ? Par exemple. Hier j'étais à l'Est, et juste un mot, pardon, c'est dur pour Alès d'être réduit à la ville ou à une ville dans laquelle il y aurait un narcotrafic. Il y a beaucoup d'autres choses et d'autres choses extraordinaires à voir Alès.
Mais
on en a beaucoup parlé parce que le maire a été menacé directement.
Lorsque dans une ville, vous avez des narcotrafiquants qui menacent directement un maire qui fait son boulot et qui le fait bien d'ailleurs et qui s'engage sur la sécurité. Lorsque vous avez un maire qui doit être exfiltré pendant la nuit par le RAID, vous voyez bien que c'est une déclaration d'hostilité, voire de guerre que l'on fait aux autorités publiques, à la République. Bon, il faut pouvoir y répondre. Et l'état d'urgence localisé sur l'agglomération d'Alès, par exemple, pendant un temps donné, permettrait, me semble-t-il, avec l'utilisation de la reconnaissance faciale, de dénier l'accès à la zone d'un certain nombre de
trafiquants.
Est-ce qu'on y revient quand on met en place ce genre de technologie qui pose question sur les libertés publiques ? Est-ce qu'on y revient un jour
? Essayons de réfléchir par analogie.
On
a créé des instruments dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. On les a renforcés après 2015 et encore quelques années après. On a créé la possibilité d'un état d'urgence pour lutter contre eux. Est-ce qu'un certain nombre de pratiques qui ont été mises en oeuvre au moment de l'état d'urgence sont venues limiter la sécurité aujourd'hui dans votre vie quotidienne ? La réponse est non. Objectivement, la réponse est non. Mais vous comprenez bien que face à cet élément qu
'est
le narcotrafic, qui est, encore une fois, qui amène violence
et
une violence extraordinaire, corruption, parce qu'il ne faut pas se voiler la face, avec le développement du narcotrafic, vous avez les menaces, la corruption, c'est vrai à Alès, c'est vrai au Havre, je le vois partout. Eh bien, vous avez besoin d'instruments qui, à la fois, permettent de lutter contre les narcotrafiquants, qui permettent aussi de suivre ceux sur lesquels on peut avoir des soupçons, qui permettent aussi
de signaler des
consommateurs, et puis il faut aussi, c'est vrai,
au
-delà de la répression ou avec la répression, mettre en place des politiques de prévention qui sont indispensables.
La reconnaissance faciale, ça existe déjà, et d'ailleurs, parfois, il y a
des... Non, non, ça
existe de façon très encadrée,
et heureusement, d'ailleurs.
Mais parfois, il y
a
des abus et parfois, il
y
a des erreurs aussi. Les perquisitions administratives, ça existe déjà aussi. Est-ce qu'un état d'urgence est vraiment nécessaire ? Des spécialistes disent qu'on n
'a
pas besoin de nouveaux leviers juridiques, on a surtout besoin de moyens pour la police et pour la justice.
Mais je n'oppose pas les nouveaux instruments juridiques et les moyens. J'ai été Premier ministre de 2017 à 2020. À cette époque, et ensuite, on a beaucoup augmenté les moyens, augmenté les recrutements dans la police et dans la gendarmerie, et évidemment, doté les forces de l'ordre de moyens supplémentaires. Il faut des moyens, bien entendu, des moyens humains, bien entendu, des moyens techniques, bien entendu, mais il faut aussi des instruments juridiques. Et je propose de se dire qu'on ne passe rien aux narcotrafiquants. On n'accepte pas l'idée que petit à petit, notre pays, notre société, la santé publique, notre république soit gangrenée par le narcotrafique.
C'est un sujet qu'il faut prendre au sérieux. Et on
ne passe rien
aux consommateurs aussi ? Mais bien sûr qu'il faut être exigeant avec les consommateurs.
Il y a déjà des amants qui sont censés être...
Il n
'y
a pas le narcotrafique d'un côté qui serait mal et puis la consommation de
l
'autre côté qui serait tolérable. Chaque fois que quelqu'un achète un produit stupéfiant, il faut qu'il sache qu'il est un maillon d'une chaîne qui va jusqu'au pire narcotrafiquant, jusqu'au pire violence, menace, torture, corruption. Donc concrètement,
qu'est-ce qui lui arrivera à ce consommateur ?
Vous avez aujourd'hui la possibilité de prononcer des amendes forfaitaires. Il en est prononcé chaque année. La police nationale peut le faire. Les polices municipales n
'ont
pas le droit de le faire. À mon avis, on pourrait bouger ça. 70%
de
ces amendes forfaitaires ne sont pas recouvrées.
On
envoie le mauvais signal.
Parce
que le type qui prend une amende
mais
qui n
'a
pas à la payer parce que finalement ce n
'est
pas recouvré, parce qu'il y
a
un problème de discussion...
Souvent, ils
sont insolvables.
Alors comment vous
faites ? Mais non.
Ou alors les procédures sont compliquées de recouvrement.
Mais bien sûr que non. Ce n
'est
pas vrai.
Ils
ne sont pas insolvables. Ne me dites pas qu'il
y a
70% des amendes qui sont insolvables. Ce n'est pas vrai. La vérité, c'est qu'il y a une difficulté de circulation de l'information entre le ministère de la Justice, le ministère de
l
'Intérieur, le ministère de l'Économie et des Finances. Bon. Donc, il faut en effet aller chercher la responsabilité du consommateur. Moi, je propose quelque chose. Outre le fait que les amendes forfaitaires soient mieux recouvrées, je propose que toute personne dépositaire de l'autorité publique, chargée d'un service public, parce que je pense qu'il faut commencer par là, dont on se rend compte qu'il est consommateur,
parce
qu'il est interpellé, parce que simplement en tant que consommateur, on doit signaler cette consommation à son employeur.
Le dénoncer
à son employeur. Après, il lui arrive quoi ? Le dénoncer. Si c'est constaté...
Le signaler. Le signaler à son employeur.
Je pense qu'il faut le signaler à son employeur et que son employeur public, en fonction des circonstances, prenne ses responsabilités.
Et qu
'est
-ce
qui lui arrive ensuite ? Je pense qu'il faut pouvoir prendre ses responsabilités. On a le droit de voir est-ce que c'est une fois ? Qu'est-ce que c'est ?
Quel est le type de métier ? Quelqu'un qui consomme de la drogue
le week-end dans un cadre privé, il pourrait être dénoncé quelques jours plus tard à
son employeur ? Je n'ai pas dit
dénoncé, j'ai dit que s'il est pris en train d'acheter de la drogue, s'il est constaté, s'il
y a
une constatation, je pense que l'employeur public doit le savoir. Je pense que ça n'est pas neutre. Mais, enfin, pardon, vous non plus, vous pensez que ça n'est pas neutre. Qui pense que c'est neutre ? Parce que ça a du sens. Ils ne
se
sont pas engagés pour faire prospérer le narcotrafic.
Vous parlez d'exemplarité. Il y
a
vos propositions sur le narcotrafic, Edouard Philippe, mais vous voulez aussi suspendre les demandes d'asile et le droit du sol à Mayotte.
Oui,
alors ça n'a rien à voir.
Non, mais j'égrène quelques-unes de vos propositions. Ne mêlons pas
les sujets.
J'égrène quelques-unes de vos propositions. Donc, ceci pour Mayotte. Mettre en place une amende pour les parents d'enfants perturbateurs à l'école, durcir les règles de l'assurance chômage et mettre fin, ce sont vos mots, à l'open bar des arrêts maladie. C'est vous qui avez dit tout ça ces derniers jours. Votre ligne, vous l'assumez, c'est à droite toute
?
Ma ligne, c'est de dire ce que je crois. C'est d'ailleurs à ça que c'est en une campagne. C'est pour ça que c'est bien une campagne électorale. Ce n
'est
pas tellement le fait d'être en campagne.
Votre ligne,
ce n
'est pas de vous dire je vais essayer de rassembler aussi les plus modérés,
les centriques ? Je vais
essayer de terminer ma réponse. Et une fois que j'aurai terminé la réponse, j'essaierai de répondre à la question suivante. Mais d'abord, je voudrais répondre à la première question. Ma ligne, c'est de dire il y
a
un débat public parce qu
'il y a
une campagne électorale. Bon, chacun est libre de se présenter et chacun, lorsqu'il se présente, doit,
ce
n
'est
même pas qu'il est libre, doit dire ce qu'il veut, ce qu'il pense, ce qu'il propose. C'est ce que je fais. Je le fais dans toute une série de domaines et je vais continuer parce qu'il y a beaucoup d'autres domaines à traiter et je propose exactement ce que je crois nécessaire. Quand je vais à Mayotte, je vois une situation qui n'a aucun équivalent sur le territoire national, aucun. C'est une situation de crise extrêmement aiguë, extrêmement
intense et donc
je propose des instruments
qui
correspondent à
l'intensité de cette crise. Vous n'étiez pas par hasard à Mayotte, vous avez choisi d'aller à Mayotte, vous avez choisi d'aller à l'Est.
Il
y
a
des endroits en France où je n
'ai
pas le droit d'aller ? Non, pas du tout, mais vous choisissez de
faire votre rentrée sur certains thèmes. Mais je choisis d'aller là où ça va mal.
À la question d'Agathe, pourquoi ces thèmes-là ? Mais monsieur, vous êtes
formidable,
mais un peu déroutant.
On
est dans une campagne électorale, on est dans un débat public. Je peux effectivement osciller entre le 7e et le 6e arrondissement en disant il se passe des choses. Je peux aussi, d'abord parce que j'ai le droit, ensuite parce que c'est nécessaire, aller dans les endroits
en
France, partout, où il me paraît qu'il y a un sujet extrêmement sérieux et extrêmement grave. Il
se trouve qu'à Mayotte, il se
trouve que Mayotte, c'est la France, c'est un département français. Il est peu connu sans doute, il y a beaucoup de gens qui n'y ont jamais été et probablement encore plus qui n'iront jamais. Mais néanmoins, c'est un département français qui est confronté à une situation d'une extraordinaire gravité.
Et donc, je propose
un certain nombre de solutions.
On entend, c'est votre ligne. Le créneau de la droite, il est bien encombré quand même, notamment par Bruno Rotaillot qui propose notamment 1. Une révision de la Constitution pour élargir le champ du référendum à l'immigration. 2. De permettre aux Français de censurer la censure du Conseil constitutionnel,
c
'est-à-dire de donner aux Français le dernier mot. Alors là, c'est l'artillerie lourde. Édouard Philippe, est-ce que c'est trop à droite pour vous
?
Moi, je ne sais pas si c'est trop à droite. Il y a beaucoup de choses quand Bruno Rotaillot propose un certain nombre de mesures que je trouve intéressantes.
Ces mesures en particulier,
est-ce que vous les
reprendriez ?
Censurer la censure
du Conseil constitutionnel ? Je
suis comme lui assez à l'aise avec l'idée de l'utiliser le référendum.
Notamment sur l'immigration
?
Je suis moins sensible que lui à l'idée de changer le champ d'application de l'article 11. Donc changer la constitution, non ? Non, mais non, pardon Madame Lambret, vous me posez une question, elle est sérieuse et elle est complexe. Donc traitons-la sérieusement et de façon claire. Changer la constitution, ça n'est pas impossible. Il y
a
des formes pour ça. C'est l'article 89. Bon, déjà, moi je vous le dis, si on veut changer la constitution, il faut respecter la constitution et les formes prévues par la constitution pour
modifier.
Donc
il faut repasser par le
Parlement. Donc ça passe par l'article 89 et pas par l'article 11. C'est le premier point. Deuxième point, je n'ai aucun problème avec l'idée de référendum. Et je pense d'ailleurs qu'on doit rendre plus habituelle l'utilisation du référendum. Mais en respectant le champ de l'article 11.
Et un référendum sur l'immigration ?
Et troisièmement...
Un référendum sur l'immigration juste ?
Je ne suis pas sûr qu'il soit dans le champ de l'article
11.
L'article 11, je rappelle juste pour les gens qui nous écoutent pour qu'ils suivent bien, c'est celui qui restreint le champ d'application du référendum. Les questions sur lesquelles on peut ou pas consulter les Français. C'est pas moi
qui l'écris.
Notamment
les
questions économiques mais pas les questions
sociétales et pas l'immigration. C
'est les concepteurs de la Constitution, c'est le général de Gaulle, c'est Michel Debray, ça se respecte. Bon. Et troisièmement, je le dis, je ne crois pas, je pense qu
'on
doit être très exigeant avec la justice.
C
'est d'ailleurs un des points forts et un des points sur lesquels je veux insister pendant cette campagne. Mais
je
ne crois pas qu'on gagne quoi que ce soit dans la défense de la démocratie et dans la défense de la République a instillé un rapport de défiance avec les juges. Donc,
censurer
la censure du Conseil constitutionnel.
Édouard
Philippe, vous avez été Premier ministre
pendant trois ans. Il y a un Conseil
constitutionnel. Lorsque j'étais Premier ministre, il m'est arrivé de pester intérieurement contre des décisions qu'il prenait. Ça m'est arrivé. Mais j'ai pesté intérieurement. Et je considère que dans notre État de droit auquel je tiens, il faut respecter un certain nombre de règles. Parfait pour les référendums, ça me va très bien. Mais ne dénigrons pas pas un système qui a pour objectif quel objectif ? De vérifier que le Parlement écrit bien la loi. Je voudrais vous donner un exemple. Il
y
a beaucoup de Français, moi le premier, qui ont été agacés de ce que le Conseil constitutionnel a déclaré inconstitutionnel, le projet de loi qui avait été discuté par le Parlement et qui permettait de limiter l'accès aux écrans et aux réseaux sociaux des plus jeunes. Pour
les
moins
de 15
ans.
Je pense que c'est une bonne loi. Mais si le Conseil constitutionnel dit qu
'elle
est mal rédigée parce qu'elle va trop loin sur ça, dans ce cas-là, vous savez ce que je propose, on fait un petit groupe peut-être transpartisan avec des formations politiques qui pensent qu'il faut aller dans ce sens-là.
On
s'associe avec des juristes. On consulte le Conseil d'État. Ça prend un petit peu de temps, c'est vrai. Mais vous allez voir, en trois mois, on sera capable de rédiger une loi qui sera remarquablement rédigée et je vous garantis une chose. Si elle est remarquablement rédigée, si elle est bien travaillée, le Conseil constitutionnel le constatera. Donc ce que je veux, c'est conserver ce qui fait la force
de
la Constitution de la 5e.
On a bien
entendu vos divergences avec Bruno Retailleau là-dessus sur le Conseil constitutionnel et
sur l'État de droit.
Et les convergences,
il
y en a, on les a entendues également.
Avec
Édouard Philippe, ancien Premier ministre. Il y a un sujet sur lequel vous n'avez toujours pas précisé votre pensée, Édouard Philippe. Votre programme, c'est celui des retraites. Vous aviez fait beaucoup réagir en parlant d'un âge légal de départ à 65, 66 ou 67 ans. Cette phrase, elle date de 2021. Et depuis, vous n'avez toujours pas éclairci votre propos. pourquoi vous ne le dites pas aujourd'hui ?
Je ne vais pas le dire aujourd'hui parce que je vais le dire bientôt et que pour l'instant, je me livre à un combat qui est un combat politique qui consiste à dire que pour équilibrer notre système de retraite, c'est-à-dire au fond pour le sauver, pour l'avenir, pour le présent et pour l'avenir, il va falloir que chacun travaille plus longtemps. Et cette idée qui est une idée que je crois juste et vraie, qui est une idée qui a été mise en oeuvre dans toutes les autres pays européens qui soient d'ailleurs gouvernés à droite ou à gauche
pour
faire face à une évolution démographique qui est aujourd'hui là et qui a des effets considérables, cette idée n'est pas une idée acquise en France. Il y a beaucoup de gens en France qui laissent à penser qu'on n'aurait pas besoin pour équilibrer les retraites de travailler plus longtemps, qu'on pourrait même baisser l'âge de la retraite ou dépenser encore beaucoup plus d'argent qu'aujourd'hui pour financer un système qui n
'est
pas équilibré.
C'est le cas
de beaucoup d'autres candidats mais juste Edouard Philippe,
les auditeurs
et les téléspectateurs qui vous écoutent
et qui se disent Edouard
Philippe pourquoi pas mais moi je ne
veux
pas que ce soit la purge je ne
veux
pas bosser
jusqu'à 67
ans. Pourquoi vous ne levez pas cette ambiguïté ?
Parce que le fait de ne rien dire
ça peut effrayer aussi.
Parce qu'aujourd'hui je fais et je livre un combat qui est un combat idéologique je le dis un combat politique au sens le plus noble du terme disant et au fond disant les choses assez simplement nous avons une réalité démographique et une réalité financière face à nous nous devons donc travailler plus longtemps travailler plus longtemps pour équilibrer nos comptes et donc pour nous redonner de l'air pour pouvoir faire autre chose.
Mais vous avez tranché le sujet vous la
connaissez votre réforme
des
retraites
? Nous allons travailler plus longtemps. A côté de ce que je dis là je dis aussi que
nous
ne sommes pas tous dans la même situation face au travail. Votre activité professionnelle madame, monsieur n'est pas exactement la même que celle d'un chauffeur routier ou de quelqu'un qui travaille en travail posté et la nuit. C'est pas la même chose. Même si vous levez très tôt le matin parce que les matinalis ça
n'est pas la même chose. C'est moins
difficile. Vous avez plus de capacité d'organisation par rapport à votre travail.
Ça vire un
âge différencié
selon qu
'on a un travail pénible ou
pas ? Et il
faut en tenir compte évidemment.
Alors est-ce que attendez je termine
? Attendez je termine. Vous me posez une question elle est difficile je termine. Donc un on prend en compte la réalité démographique en travaillant plus longtemps. Deux on prend en compte la réalité tout court en considérant qu'il
y a
des différences par rapport au travail. Et trois on commence à mon avis un peu tard mais c'est comme ça on commence à mettre en place un système de capitalisation qui ne changera rien dans les dix prochaines années mais qui sera extrêmement précieux dans 15 ou dans 20 ans et donc il faut commencer maintenant on aurait pu commencer un peu avant il y a d'ailleurs des gens pour qui ça a commencé les fonctionnaires notamment il faut commencer le système de capitalisation.
Et avec ça vous avez les trois bases importantes d'une réforme des retraites et j'aurai l'occasion de la préciser bien entendu puisque la campagne et le débat public de la campagne électorale doivent servir à ça prochainement mais pour l'instant je me bats sur cette idée j'observe d'ailleurs prochainement
dans les jours qui viennent
absolument j'observe j'observe avec avec bonheur que cette idée commence à faire des petits si j'ose dire
même monsieur Hollande
qui il
dit 63 ans il était avec nous il
y a
matin
ici
même
63 ans
écoutez j'ai vu qu'il s'était battu beaucoup
plus vous avez remarqué que d'autres candidats de
la droite et du centre Edouard Philippe Gabriel Attal par exemple dit que l'âge de départ ça n'est plus la priorité c'est la durée de cotisation Bruno Retailleau dit il faut indexer l'âge de départ sur l'espérance de vie peut-être que c'est parce que c'est impopulaire de parler de l'âge de départ est
-ce
que vous vous regrettez d'avoir été trop avant dans ce débat sur l'âge de départ
je pense encore une fois qu'il faut dire ce qu'on croit et ce qu
'on
pense je vois bien que beaucoup se disent mais on pourrait peut-être s'en sortir parce que la question est impopulaire en créant un système en créant un système exclusivement fondé sur la durée de cotisation je voudrais juste faire observer encore une fois c'est pas moi qui dis ça avec une expertise particulière c'est ce qui se passe dans les autres pays je voudrais juste faire observer que lorsque on érige comme critère la seule durée de cotisation on crée d'abord des injustices formidables
et
terribles pour les plus fragiles
pour
celles et ceux souvent celles d'ailleurs qui ont des carrières hachées qui elles
pour
éviter la décote
doivent
travailler beaucoup plus longtemps c'est d'ailleurs le système actuel
vous
dites que là je peux protéger aussi dans certains cas
mais bien
entendu mais bien entendu et par ailleurs il faut bien comprendre que la question de la retraite dans un système par répartition n'est pas simplement une question individuelle attendez attendez vous qui avez évoqué le sujet alors maintenant je le traite c'est pas simplement un sujet individuel bien sûr que c'est un sujet individuel c'est sa retraite on a cotisé on a acquis un certain nombre de droits mais
c'est aussi pour les
autres mais c'est aussi un sujet collectif et si on n'améliore pas ce qu'on appelle le taux d'emploi des seniors c'est
à
dire la capacité à travailler plus longtemps alors l'ensemble du pays se trouve privé de ressources pour financer
la
retraite de ceux qui sont plus nombreux à la retraite mais aussi l'ensemble de l'activité donc il faut accepter l'idée qu'un système par répartition c'est un système collectif qui ne peut pas reposer seulement sur des choix
et qui a besoin d'un match de départ c'est pas populaire je le sais mais qu'est-ce que vous préférez dans une campagne
électorale quelqu'un qui vous dit ce que vous avez envie d'entendre ou quelqu'un qui vous dit alors même qu'il sait que c'est impopulaire ce qu'il croit juste pour le pays
vous donner un match de
départ et vous êtes entré en campagne en pensant que le courage de dire de dire les choses y compris les plus impopulaires vous permettrait de vous imposer comme le candidat naturel de la droite et du centre est-ce que
en fait non j'ai pas fait ce calcul
là monsieur
j
'ai pas fait ce calcul là
ma question c'est de savoir vous êtes aujourd'hui le candidat naturel ou
pas
vous
êtes le candidat naturel ou pas mais il y
a
des candidats
dans
votre camp il y a des candidats il n
'y a
pas de candidats naturels il y a des candidats et ils sont légitimes Gabriel
Attal Bruno Retailleau pendant ce temps Marine Le Pen
et Jean-Luc Mélenchon se croquent les mains est
-ce que vous n
'êtes
pas en train de créer la machine à perdre là tous ensemble chacun dans votre couloir sur un espace qui n
'est
pas non plus si
large que ça est-ce qu'on peut aussi
se dire qu'une campagne c'est bien de la faire vivre plutôt que de dire avant la campagne ce qu'elle doit donner donc il y a des candidats c'est comme ça vous voulez interdire à quelqu'un d'être candidat
Maude Bréjon qui vous soutient elle appelle Gabriel Attal et
Bruno Retailleau à se retrouver le plus
vite
possible vous
aussi vous pensez bien que moi j'aimerais bien que tout le monde dise ah bah vraiment ses idées sont les meilleures sa personnalité la plus convaincante et bien sûr que j'aimerais ça mais ce que je constate
et
c'est important c'est qu'il y a des candidats ils sont légitimes ils ont le droit d'être candidats ils ont le droit de dire ce qui les anime ce qu'ils souhaitent donc ne leur nions pas cela ne leur nions pas cela ce qui est certain aussi
c
'est que le moment venu probablement janvier-février je préférais que ce soit avant mais probablement janvier-février s'il y a dispersion des candidats qui s'inscrivent dans un espace politique de la droite et du centre alors le risque que nous ne soyons pas au deuxième tour sera très grand
mais
c'est tard janvier-février Edouard Philippe peut-être que Jean-Luc Mélenchon sera installé Marine Le Pen
aussi et peut-être
que c'est tard mais je ne vous parle pas d'un monde parfait je vous parle du monde tel que je le connais bon je pense que ça se passera en janvier-février je préférais je vous ai dit je préférais que ça se passe avant je pense que ce sera en janvier-février à ce moment-là il faudra que chacun des responsables politiques soit exactement cela responsable et qu'il tire les conséquences de la situation dans laquelle on sera et moi vous savez j'entends beaucoup de gens expliquer qu'ils vont gagner tout ça moi je suis là pour dire ce que je crois ce que je propose aux français et pour
dans
toute la mesure du possible favoriser le rassemblement de la
droite
et
du centre
est-ce que vous pourriez travailler avec Raphaël Guzman ou François Hollande des macronistes historiques appel à une grande coalition pour combattre l'extrême droite qui passerait notamment par Raphaël Guzman Xavier Bertrand mais pas Bruno Retailleau 10 secondes pardon il faut rendre à l'heure
est
-ce que vous pourriez vous faisiez référence à son revirement sur les retraites
moi ce que je souhaite c'est rassembler la droite je suis un homme de droite je veux rassembler la droite et le centre mais je sais que si on veut gouverner il faut avoir la base politique la plus large possible donc je veux rassembler la droite et le centre et je ne désespère pas qu'une partie de la gauche se décale de Jean-Luc Mélenchon merci beaucoup
et sorte de son
poids à mon avis mortifère merci beaucoup Edouard
Philippe et merci beaucoup Agathe à demain merci merci
Édouard Philippe