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interviewyoutube.com· 18 janvier 2026 44 min

Groenland, Olivier Faure, budget... L'interview en intégralité de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Merci d'être avec nous BFM Politique. Nous recevons aujourd'hui Manuel Bompard, bonjour, coordinateur national de la France Insoumise, député également des Bouches-du-Rhône, à mes côtés pour vous interroger Amandine Atalaya, bonjour Amandine Amandine, réaliste BFM TV, et Lucie Robquin, directeur des rédactions de la Tribune. Bonjour Guillaume. Bonjour Lucie.

On le disait, le nouveau, comment pourrait-on décrire cela, coup de sang si j'ose dire de Donald Trump ce matin, un coup de tonnerre avec cette annonce qui a été faite effectivement tard hier soir, Donald Trump, qui menace d'imposer à huit pays, dont la France, des droits de douane supplémentaires, jusqu'à ce que les États-Unis parviennent à acheter le Groenland. Une mesure de rétorsion après le soutien apporté notamment par la France, justement à ce petit territoire qui appartient au Danemark, ce serait plus 10% à partir du 1er février, plus 25% à partir du mois de juin. Comment réagir face à cette menace, cette nouvelle menace de Donald Trump ?

1:04
Manuel Bompard

Par une fermeté absolue. Moi je ne crois pas que ce soit un coup de sang. Je pense que Donald Trump a une stratégie très pensée, très réfléchie, qui est de rançonner en quelque sorte les pays de l'Union Européenne et la France en particulier. Je ne crois pas non plus que ce soit un coup de tonnerre, parce qu'en vérité, vous savez, tout ça a été très largement prévisible. Quand M. Trump a menacé l'Union Européenne et la France il y a maintenant moins d'un an, la réponse de l'Union Européenne, ça a été de signer avec les États-Unis un accord commercial dans lequel on a accepté 15% de droits de douane, sans aucune mesure de répercussion.

On s'est même engagé à leur acheter davantage de gaz et de pétrole. Quand on a voulu, dans le budget, on en parlera tout à l'heure, augmenter le taux de la taxe GAFAM, la taxe qui touche les services numériques américains, Donald Trump a passé un coup de téléphone manifestement ou a envoyé un courrier au ministère de l'Économie, ça a été révélé cette semaine, et le gouvernement a reculé. Quand Donald Trump a kidnappé le président vénézuélien, Emmanuel Macron a été incapable de le condamner. Et d'ailleurs, Donald Trump, à l'époque, a partagé la réaction d'Emmanuel Macron sur ses réseaux sociaux pour le féliciter.

Donc vous voyez, de mon point de vue, la France et l'Union européenne, depuis des mois et des mois, a donné une autorisation à Donald Trump à nous menacer et à nous agresser. La France a donné une autorisation à Donald Trump ? Quand vous ne faites rien, quand Donald Trump et les États-Unis d'Amérique vous menacent et que vous ne répondez par rien d'autre que de la soumission, il ne faut pas s'étonner à ce qu'il continue. Donc évidemment, maintenant, il faut une réaction forte et une réaction ferme. Et cette réaction, elle doit être à la fois internationale. Donc internationale, ça veut dire par exemple saisir le Conseil de sécurité des Nations unies.

Ça veut dire par exemple constituer un front du refus des violations du droit international ou des menaces de violations du droit international du président américain. Et il faut une réponse nationale. Et cette réponse nationale, elle doit être de couper les dépendances que nous avons aujourd'hui avec les États-Unis d'Amérique.

3:02
Invité

C'est ce que propose Emmanuel Macron ce matin. Il demande que l'Europe actionne l'outil anti-coercition. C'est un mécanisme qui permet de limiter l'accès des entreprises américaines au marché européen. C'est donc la réponse que vous attendez ?

3:14
Manuel Bompard

C'est la moindre des choses. Et on aurait dû déjà le faire l'année dernière. Mais rassurez-moi, l'Emmanuel Macron qui fait cette proposition, c'est bien le même que celui qui est au pouvoir en France depuis 7 ans. C'est bien le même dont l'ensemble des gouvernements, par exemple, pour vous donner quelques exemples, ont fait des accords, ont signé des contrats avec Microsoft, au ministère de l'Intérieur, au ministère de l'Éducation nationale. C'est bien le même qui a appelé Starlink quand il y a eu la crise catastrophique à Mayotte. C'est bien le même qui, consciemment, a créé toutes ces situations, a maintenu ces situations de dépendance et qui se réveille aujourd'hui.

Il faut couper toute dépendance aux États-Unis ? Évidemment, on ne pouvait pas le voir immédiatement. Donc il faut un plan qui permet d'arrêter, de mettre un terme à ces dépendances. Donc oui, il faut dans les marchés publics avoir des mesures qui permettent d'interdire l'accès de certaines entreprises américaines à ces marchés publics. Oui, il faut interdire un certain nombre d'importations de produits qui, par exemple, sont produits aux États-Unis avec des pesticides ou avec des OGM, par exemple, qui sont interdits dans l'Union européenne.

Oui, il faut taxer les services numériques, parce que ce n'est pas normal que ces services-là, aujourd'hui, ne soient pas taxés à la hauteur de l'activité qu'ils réalisent réellement.

4:25
Présentateur

Si vous écoutez Emmanuel Bompard, ça veut dire, vous dites quoi ? Face à la menace Trump, il faut boycotter les produits américains ?

4:31
Manuel Bompard

Non, ça veut dire qu'il ne faut pas avoir de dépendance. Parce que sinon, vous savez très bien que dans votre opposition, face à l'agressivité américaine, vous êtes faible, en vérité. Et c'est vrai sur le plan.

4:42
Invité

Avoir des dépendances ou être allié ? C'est-à-dire que vous voulez aller jusqu'à rompre le fait qu'on soit allié avec les États-Unis aujourd'hui ?

4:48
Manuel Bompard

Vous pensez qu'on est encore allié avec les États-Unis aujourd'hui ? Vous avez lu les documents de l'administration américaine qui présentent l'Union européenne comme un adversaire idéologique et stratégique des États-Unis d'Amérique. Les États-Unis d'Amérique ne sont pas nos alliés. Ils sont quoi ? C'est important. Ils ne sont plus des alliés ? Ils sont quoi, les États-Unis ? À ce stade, ils ne sont pas des alliés. Et si malheureusement, ils devaient attaquer le Groenland, en vertu des accords qui nous lient au Danemark, ils deviendraient des adversaires, évidemment. Et donc la question, c'est comment vous empêcher cette situation ?

Est-ce qu'ils sont aujourd'hui des adversaires, les États-Unis ? D'un point de vue commercial, d'un point de vue idéologique, oui, ce sont des adversaires.

5:27
Invité

Et vous pensez que l'option militaire est possible pour vous sur le Groenland ? Parce que vous disiez, il veut rançonner, c'est-à-dire acheter plus ou moins le Groenland. Vous pensez qu'il y arrivera ?

5:36
Manuel Bompard

Je pense que vous ne pouvez exclure aucune option. Et que donc, vous devez être en mesure de répondre à chacun de ces scénarios. Et que pour répondre à chacun de ces scénarios, le point qui me surprend beaucoup, c'est qu'il y a une institution, un organisme dont on ne parle plus jamais. Ça s'appelle l'Organisation des Nations Unies. Qu'est-ce qu'on attend pour poser cette question au moment de l'Organisation des Nations Unies ? Qu'est-ce qu'on attend pour constituer un front du refus face aux États-Unis de Donald Trump ?

6:03
Invité

Mais Donald Trump s'est émancipé lui-même du droit international.

6:06
Manuel Bompard

Et alors ? Et parce qu'il s'en est émancipé, on devrait l'abandonner ?

6:08
Invité

Et donc c'est un cadre qui ne le restreint plus ?

6:10
Manuel Bompard

Non mais justement, à nous d'aller construire des coalitions internationales qui d'ailleurs ne sont pas que européennes, après l'agression au Venezuela, après le kidnapping du président vénézuélien...

6:20
Présentateur

Vous regrettez toujours le départ du président Nicolas Maduro ?

6:23
Manuel Bompard

Non mais je regrette le kidnapping, oui, oui, je le regrette, le kidnapping, la violation du droit international. Attendez... Vous pensez que ça irait toujours mieux pour les Vénézuéliens s'il était toujours là ? Si vous voulez, on parlera de ça après, mais est-ce que ça ira mieux pour les Groenlandais si Donald Trump attaque le Groenland, de votre point de vue ? Vous voyez, ce n'est pas la question qu'il nous est posée. Attendez, je vous le disais tout à l'heure, après ce qui s'est passé là, il y a eu 5 présidents sud-américains avec le gouvernement espagnol qui ont dit « Stop, ça, on ne l'accepte pas. Pourquoi la France ne participe pas de cette coalition internationale ?

» Voilà, moi, les questions que je pose. Et je trouve que le président de la République peut se réveiller aujourd'hui. Mais le problème, c'est qu'il est déjà bien tard pour se réveiller. Et qu'il faut tourner la page de cette politique de quelqu'un qui reste, en quelque sorte, dans la soumission aux États-Unis d'Amérique. Il faut tourner cette page. Il est soumis aux États-Unis d'Amérique. Oui, bah écoutez, comment vous voulez utiliser un autre terme quand vous avez un débat parlementaire, qu'on dit « On va prendre la taxe sur les GAFAM qui est avec le taux à 3 %, on va le monter à 15 %, ce qui était prévu.

Puis après, certains disaient 6 %, et que le gouvernement dit « On est favorable à cette mesure. » Et que le jour d'après, le gouvernement n'est plus favorable à cette mesure parce que M. Trump a menacé la France. Comment vous voulez que j'utilise un autre terme

7:27
Présentateur

comme le terme de soumission ? Manuel Bompard, juste vous évoquiez il y a un instant avec Amandine la question, le risque que les États-Unis envahissent le Groenland. Si les États-Unis envahissaient le Groenland, est-ce qu'il faudra, la France, défendre militairement le Groenland ?

7:40
Manuel Bompard

– Évidemment, mais le mieux, c'est quand même peut-être de l'empêcher, non ? – Oui, vous dites qu'il faudra défendre militairement le Groenland. – Mais sinon quoi ? Vous allez laisser les États-Unis envahir le Groenland, et puis après ?

7:50
Invité

– Non mais donc vous soutenez les premiers envois de quelques soldats européens aujourd'hui ?

7:55
Manuel Bompard

– C'est honnêtement très symbolique.

7:56
Invité

– Ils sont très peu nombreux, mais c'est symbolique en effet.

7:59
Manuel Bompard

– Voilà, c'est honnêtement très symbolique. Mais oui, je pense que les mesures qui consistent et qui permettent de montrer aux États-Unis et d'Amérique qu'on ne les laissera pas faire permettront précisément de les empêcher d'envahir le Groenland. – Mais si c'était le cas ? – Oui, si c'était le cas, mais si les États-Unis attaquent la France, est-ce qu'on va se défendre ? Oui, si les États-Unis attaquent un pays de l'Union européenne, est-ce qu'on doit se défendre ? Y compris c'est les alliances qu'on a conclues, vous le savez.

8:21
Invité

– Il y a une alliance dont vous ne parlez pas, c'est l'OTAN, et de fait on vit une expérience inédite, où un membre de l'OTAN attaque d'autres membres pour acquérir un territoire. Est-ce que ça veut dire que l'OTAN ne sert plus à rien ?

8:32
Manuel Bompard

– Ah bah oui, et puis ça moi c'est une conviction de longue date que j'ai, et vous savez c'était même une conviction qui à un moment a été partagée par Emmanuel Macron, qui il y a quelques années avait prononcé cette phrase, il avait dit que l'OTAN est en mort cérébrale.

8:41
Invité

– Il faut donc en sortir ?

8:42
Manuel Bompard

– Oui bien sûr. Mais enfin, vous voyez bien le caractère totalement absurde de la situation dans laquelle on est, vous avez un pays qui menace d'attaquer un autre pays, membre de cette même alliance militaire. À partir du moment-là, cette alliance militaire n'a plus aucun sens en vérité. Et cette alliance militaire, je parlais des dépendances tout à l'heure, elle produit une dépendance ? Enfin, est-ce que les gens qui nous écoutent savent que, quand vous avez des pays de l'OTAN comme le Danemark, qui il y a encore quelques mois achètent des F-35 américains, il suffit d'un mot, d'une phrase de Donald Trump pour que ses avions ne puissent pas voler ?

Comment vous pouvez accepter cette dépendance ? Comment vous pouvez considérer que vous êtes en mesure de faire face à l'agressivité de Trump, si vous êtes totalement dépendant de sa moindre décision pour nous empêcher de nous défendre ?

9:26
Invité

– Mais si on est isolé, comment on se défend ? Si on quitte le commandement intégré de l'OTAN, comment fait la France ?

9:31
Manuel Bompard

– Ce n'est pas parce qu'on quitte l'OTAN qu'on est isolé. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

9:33
Invité

– Alors quel est votre plan ?

9:35
Manuel Bompard

– Mon plan, c'est celui dont je vous ai parlé tout à l'heure. C'est-à-dire constituer une coalition internationale, un front international du refus des agressions américaines, de l'impérialisme américain. Mon plan, c'est de réactiver les outils de la diplomatie internationale, c'est-à-dire l'organisation des Nations Unies. Certes, Donald Trump n'en a rien à faire.

9:52
Présentateur

– Vladimir Poutine non plus ?

9:54
Manuel Bompard

– Sans doute, sans aucun doute d'ailleurs.

9:55
Présentateur

– Est-ce que ce n'est pas l'arme des faibles aujourd'hui ?

9:57
Manuel Bompard

– Mais vous savez, il n'y a pas dans le monde que les États-Unis et la Russie. Précisément, il y a plein d'autres pays qui, eux, savent très bien que s'il n'y a pas de droit international, parce que s'il n'y a pas de droit international, c'est la loi du plus fort qui s'applique. Et donc précisément, pour empêcher que ce soit la loi du plus fort qui s'applique, vous allez avoir plein, beaucoup d'alliés à l'échelle internationale.

10:14
Présentateur

– Il n'y a pas que la Russie et les États-Unis, mais quand des pays de la taille et de l'importance de la Russie et des États-Unis ne respectent plus l'ONU, est-ce que ça a encore du sens ?

10:21
Manuel Bompard

– Eh bien précisément parce qu'eux ne le respectent plus, qu'il faut créer une coalition de plusieurs dizaines, de plusieurs centaines de pays à l'échelle internationale, qui disent « ça, c'est les principes » et on sera attaché au respect de ces principes. Enfin sinon, quoi, on accepte de passer dans un monde dans lequel il n'y a plus de règles ? Enfin, il faut quand même se rappeler de quoi on parle. Les règles du droit international, c'est le résultat de la Première Guerre mondiale, de la Deuxième Guerre mondiale, à un moment on a tourné la page de ça.

10:46
Invité

– Pourquoi vous n'aviez pas la même fermeté sur la défense de l'Ukraine quand la Russie s'en est prise précisément ? – Pourquoi vous dites ça ? – Parce que vous étiez davantage opposé aux sanctions, au fait qu'on réagisse militairement, au fait que la France puisse envoyer des troupes pour maintenir un éventuel cessez-le-feu. Vous êtes beaucoup plus ferme vis-à-vis des États-Unis.

11:03
Manuel Bompard

– Non, je ne crois pas une minute. Moi, vous savez, je fais partie d'une formation politique et qui avait, parce qu'on était en campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon comme candidat à l'élection présidentielle en 2022. Je me rappelle très bien, j'étais avec lui d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon est le premier responsable politique et le premier candidat à l'élection présidentielle qui a réagi pour condamner l'agression russe en Ukraine. Parce que nous, on n'a pas de double discours, pas de double standard. – Et il faut lui reconnaître le premier à avoir mis en garde

11:26
Présentateur

il y a quasiment un an contre l'appétit de Donald Trump pour le Groenland.

11:30
Manuel Bompard

– Exactement, et c'est la raison pour laquelle je vous disais tout à l'heure que malheureusement, moi, ce n'est pas une situation que je trouve… ça ne me réjouit pas, mais mon sentiment, c'est qu'on n'a rien fait depuis un an. Et donc, on a donné un encouragement à continuer à nous menacer, à nous agresser. Ceux qui ont résisté à Trump l'ont fait reculer. Parce que vous savez, quand Trump dit « je vais mettre des droits de douane », il s'affaiblit lui-même, il produit de l'inflation aux Etats-Unis, il affaiblit la situation économique de son propre pays. Je veux dire, il n'est pas si fort que ça, Donald Trump.

12:00
Invité

– Mais qui a su résister à Donald Trump ? Vous dites qu'il y a des pays, on l'imagine ?

12:04
Manuel Bompard

– Par exemple, les Chinois ont résisté, et en résistant, ils l'ont fait reculer, ils l'ont fait plier. Et l'Union européenne ne l'a pas fait. – La Chine est un modèle de ce point de vue ? – Non mais de ce point de vue ? – La Chine a été capable de résister, et donc elle a eu la réponse que, effectivement, l'Union européenne aurait dû avoir…

12:19
Invité

– Il faut parler le même langage que Donald Trump, c'est-à-dire appliquer des taxes douanières contre ceux qui en appliquent.

12:23
Manuel Bompard

– Alors après, il faut faire attention à comment on le fait, parce que, comme je vous le disais, quand vous faites des taxes douanières, vous produisez de l'inflation. – C'est l'inflation pour tous les Européens. – Donc il ne faut pas faire n'importe comment, parce que sinon vous vous tirez une balle dans le pied. Mais il faut cibler les secteurs, qui sont les secteurs stratégiques des Etats-Unis, qui sont proches de l'administration américaine. C'est pourquoi je suis aussi indigné de ce que je vous disais sur la taxe GAFAM tout à l'heure. C'est précisément une mesure que vous devez prendre immédiatement.

Deuxième mesure que vous pouvez prendre immédiatement, vous demandez et vous imposez une autorisation du gouvernement pour tout rachat d'entreprises françaises par un Américain ou un groupe américain. C'est possible dans la loi de le faire. Stop ! On arrête de laisser vendre des fleurons industriels et stratégiques français à des entreprises américaines. Troisième mesure que vous pouvez prendre immédiatement, vous appliquez des clauses de sauvegarde, c'est-à-dire que vous considérez que les pays qui sont produits, les produits qui sont produits, pardon, aux États-Unis avec des OGM, vous les interdisez d'importation, ce n'est pas juste des droits de douane.

Et après, il faut faire attention, il faut faire monter les alternatives parce que sinon, évidemment, vous vous mettez vous-même

13:23
Présentateur

dans une situation difficile. À l'instant, on apprend que la première ministre italienne, Giorgia Meloni, a qualifié d'erreur la menace de surtaxe justement brandie par Donald Trump. Donc si je comprends bien, la mesure avancée pour l'instant par le chef de l'État en réponse qui est l'activation effectivement de cet instrument européen qui permettrait des mesures de rétorsion contre les États-Unis, vous dites que ce n'est pas suffisant.

13:43
Manuel Bompard

Il faut le faire, évidemment, mais ça ne suffit pas. Et ça ne suffit pas, je pense que j'en ai fait la démonstration, je ne vais pas répéter ce que j'ai dit précédemment, parce qu'aujourd'hui, vous êtes dans une vulnérabilité absolue vis-à-vis des dépendances qu'on a.

13:56
Invité

Et de vous, comment vous qualifieriez ce que fait Donald Trump ? C'est quoi ? C'est une dérive autocratique ? Quels seraient vos termes sur la façon dont tourne cette présidence ?

14:05
Manuel Bompard

Un impérialisme le plus brutal avec un pouvoir fasciste qui veut étendre une internationale réactionnaire et fasciste sur l'ensemble du globe. Un pouvoir fasciste, Donald Trump ? Ah bah oui, je ne sais pas, j'ai l'impression que ça devrait nous réunir tous. Vous savez, quand vous commencez à interdire certains ouvrages dans des universités ou dans des bibliothèques, quand vous avez une police de l'immigration qui agit dans aucun respect des principes de base de ce qu'est un État de droit, c'est-à-dire la justice, quand vous avez un président qui menace l'ensemble de ses voisins, appelez ça comme vous voulez, mais moi j'appelle ça du fascisme, effectivement.

14:42
Présentateur

Si dans 18 mois, Jean-Luc Mélenchon accède à l'Elysée, ce sera quoi la France dans le monde ?

14:47
Manuel Bompard

Ça sera une France indépendante, donc alignée sur les intérêts d'aucune puissance. Ça sera une France qui travaillera justement à cette coalition des pays non alignés. Ça sera une France qui sera capable de résister et de demander le respect du droit international partout dans le monde. Ça sera une France d'un certain point de vue...

15:07
Invité

Et qui augmentera ses crédits militaires aussi ?

15:09
Manuel Bompard

En fait, sur les crédits militaires, on a déjà voté des augmentations. Ensuite, il faut faire d'abord avant... Parce que là, c'est pareil, on parlait des soumissions aux États-Unis d'Amérique. Excusez-moi, mais il y a un an, M. Lecornu disait 5% de notre PIB en dépenses militaires, ce n'est pas nécessaire. Et puis Trump a dit, « Bon, si vous ne mettez pas 5% de votre PIB en dépenses militaires, c'en est fini de l'OTAN et de l'aide américaine. » La France s'est alignée. Donc, en fait, il ne suffit pas de donner un volume, un chiffrage. Il faut faire une évaluation des besoins, regarder si on a des vulnérabilités dans notre politique de défense.

Et si on en a, par exemple, on dit que la cybercriminalité, les menaces cyber sont... Là, s'il faut effectivement augmenter des crédits pour répondre à ces préoccupations en matière de défense, il faut le faire. Mais il ne suffit pas de donner un volume, sinon ça n'a aucun sens. Voilà la France à laquelle moi, personnellement, j'aspire et celle que, de mon point de vue, nous devons défendre. Une réunion d'urgence. Et pardonnez-moi, je ne veux pas être trop long, mais pardonnez-moi, mais ce que je dis là, c'est le retour à ce qu'a été très longtemps la tradition politique de la France. à l'idée qu'on devait être indépendant, qu'on devait avoir notre propre voix sur la scène internationale.

Votre modèle, c'est le gaullisme ? Pas sur beaucoup d'aspects de politique nationale, sans doute pas, mais du point de vue de la politique internationale, même si là aussi, je ne dis pas que j'étais d'accord avec tout, au moins, il y avait cette idée que la France, elle devait avoir sa propre voix, sa propre indépendance et décider librement et souverainement de son propre dessin.

16:32
Invité

La France pèse beaucoup moins qu'à l'époque, à la fois économiquement, géopolitiquement.

16:36
Manuel Bompard

Peut-être parce qu'on a organisé consciemment notre affaiblissement. Quand vous voyez, je ne sais pas si on va en parler plus tard, mais quand vous voyez aujourd'hui que l'Union Européenne est en mesure d'imposer à la France un accord de libre-échange aussi important que l'accord de libre-échange avec le Mercosur, contre l'avis de la France, contre le vote à l'unanimité de l'Assemblée nationale et du Sénat.

16:53
Invité

Ce sont les règles européennes, une majorité de pays européens le souhaite, cet accord.

16:55
Manuel Bompard

Oui, mais Mme Attalaya, si vous êtes honnête avec moi, il y a 10 ans, il y a 15 ans, il y a 20 ans, jamais un accord de libre-échange aussi important que celui comme le Mercosur aurait pu être imposé à la France. Jamais, parce que la France se serait donnée les moyens de constituer une coalition suffisamment large au sein de l'Union Européenne pour l'empêcher. D'ailleurs, sur ce point, parce que je ne sais pas si on en reviendra, j'alerte sur le fait qu'il va y avoir un vote très important mercredi prochain au Parlement européen puisqu'à l'initiative des eurodéputés de la France soumise... Vous y croyez toujours ? Il y a une résolution à l'initiative des eurodéputés de la France soumise.

Il y a une résolution qui va être votée mercredi au Parlement européen pour saisir ce qu'on appelle la Cour de justice de l'Union Européenne. Et si cette saisine est votée, elle est suspensive. C'est-à-dire que tant que la Cour de justice de l'Union Européenne n'aura pas rendu son verdict, l'accord ne pourra pas s'appliquer. Donc oui, j'y crois. Et j'appelle l'ensemble des parlementaires européens à voter cette saisine. Et je fais remarquer que ça sert à quelque chose d'avoir des eurodéputés de la France soumise au Parlement européen. Face aux menaces de Trump, il y a un pays qui est en première ligne.

17:52
Invité

L'Iran. L'Iran, tout à fait. L'Iran qui vit aujourd'hui une répression effroyable. Donald Trump menace d'intervenir si ses exactions se poursuivent. C'est donc la bonne méthode ? Encore une fois, Donald Trump donne le la ?

18:03
Manuel Bompard

Non, ce n'est pas la bonne méthode du tout. D'abord, je vais dire mon soutien absolu à la révolte et au mouvement de protestation, de contestation du peuple iranien. Dénoncer absolument la répression terrible que subit aujourd'hui le peuple iranien.

18:20
Invité

Mais au-delà de dénoncer, Donald Trump propose d'agir.

18:22
Manuel Bompard

Je vais y venir. Oui, mais il y a différentes manières d'agir, madame. Et en tout cas, l'idée que c'est par une intervention militaire extérieure qu'on va libérer le peuple iranien de son oppression est une idée que je combats et que je conteste. Et d'ailleurs, on devrait peut-être avoir un petit peu de mémoire. Parce que quand en Irak, les États-Unis d'Amérique, ils sont allés soi-disant, parce qu'il y avait des armes de destruction massive, ou soi-disant au nom de la démocratie et de la liberté, je ne crois pas que ça ait permis ensuite pour le peuple irakien un avenir qui était un avenir heureux. Donc il faut prendre d'autres mesures.

Évidemment qu'il ne faut pas laisser les Iraniens tout seuls, mais pas l'intervention militaire. Les autres mesures, c'est par exemple, excusez-moi, peut-être que vous allez me trouver redondant, saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies.

19:07
Invité

Mais il n'y a aucune unanimité sur cette question-là.

19:09
Manuel Bompard

Mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas d'unanimité, madame. Il est possible, au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies, de faire voter un certain nombre de mesures contre le régime iranien. Il faut frapper les dignitaires du régime, leurs avoirs, leurs biens. Je vous prends quelques exemples de ce qu'on peut faire. Voilà des mesures qui sont nécessaires de mettre en place. Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire.

Mais l'agression américaine, surtout parce que personne n'est naïf, pour essayer d'aller imposer à la tête de l'Iran le retour de la monarchie avec le fils du chat qui apparaît maintenant, soi-disant, comme étant l'avenir iranien, quand on se rappelle ce qu'était le régime du chat. Parce que si maintenant on agit au nom des régimes, on veut le retour de la police militaire du chat, l'interdiction des journaux, l'enfermement des prisonniers et des opposants politiques, non. Donc moi, je ne suis ni un partisan, évidemment, du régime iranien théocratique actuel, ni un régime, ni un partisan du retour de la monarchie.

20:02
Présentateur

C'est le peuple iranien qui doit dire... Dans quelques instants, un autre sujet qui ne fait pas l'unanimité, c'est la question du budget, 49-3 ou ordonnance. Vous nous direz... Enfin, quoi ? Votre préférence, on sait que là-dessus vous êtes très critique. Vous nous direz aussi dans un instant, une ville LFI, à quoi ça pourrait ressembler ? Les municipales, c'est dans moins de deux mois. A tout de suite. Vous êtes bien sur BFM Politique, notre invité Manuel Bonparc, coordinateur de la France Insoumise. Dans quelques instants, vous nous direz à quoi ressemblerait une ville LFI ? Puisque les municipales sont désormais dans moins de deux mois.

Mais d'abord, une semaine cruciale pour le Parlement, pour le Premier ministre, aussi Sébastien Lecornu, qui va probablement jouer sa survie sur la question du budget. Une chose est claire, c'est ce qu'il a dit, le budget ne pourra pas être voté, si je veux dire, par les procédures habituelles. Ce sera soit 49-3, soit ordonnance. Et si le budget n'est pas votable, c'est d'abord votre faute, Manuel Bonparc. C'est ce qu'il a dit le Premier ministre. Votre faute est celle du Rassemblement national. Matignon vous accuse de sabotage, juge que vous portez une responsabilité historique au moment où le gouvernement proposait une méthode nouvelle. Tout ça à cause de vous ?

21:11
Manuel Bompard

C'est son échec. Et quand on échoue, le mieux, c'est d'assumer ses responsabilités, pas vouloir les faire reposer sur le dos des autres. Ce que vous appelez sabotage, enfin ce que le gouvernement appelle sabotage, c'est quoi ? C'est le fait que la France insoumise à l'Assemblée nationale défend ses propositions politiques, dépose des amendements pour essayer de faire voter les mesures pour lesquelles elle a été élue et pour lesquelles on siège à l'Assemblée nationale. Et à un moment, vous savez, c'est simple. Si M.

Lecornu avait une majorité, comme il le prétend, allant de LR au Parti Socialiste pour voter son budget, aucun de nos amendements, aucune de nos propositions n'aurait pu être votée à l'Assemblée nationale. Donc s'il a échoué, ce n'est pas à cause de nous, c'est parce que ce qu'il prétend être sa majorité, en fait, n'en est pas une, et que ces personnes-là sont incapables de se mettre d'accord. Donc c'est son échec, c'est son bilan.

Et je rappelle qu'au moment où il a été nommé et qu'il est venu devant l'Assemblée nationale et qu'il y a eu une motion de censure que nous avons déposée, il s'était engagé et il avait utilisé ça comme argument de non-censure à ce que ce soit désormais l'Assemblée nationale qui écrive le budget. C'est ce qu'il avait pris comme engagement. Il avait dit « Je renonce au 49-3 ». Donc c'est l'Assemblée nationale qui va écrire le budget. Et là, jeudi soir, ils ont interrompu les discussions parlementaires de manière autoritaire pour empêcher à l'Assemblée nationale de continuer son travail.

Et donc celles et ceux qui disaient à l'époque « On ne censure pas parce qu'on a obtenu que c'est l'Assemblée nationale qui allait écrire le budget et parce que le gouvernement a renoncé au 49-3 ». Déjà, par le fait même que le gouvernement ait empêché l'Assemblée nationale d'aller au terme de son examen, devrait s'engager à censurer ce gouvernement.

22:53
Présentateur

On va rentrer dans le fond, juste deux questions très concrètes. Ça veut dire que si le gouvernement utilise le 49-3, la France insoumise déposera une motion de censure ?

23:01
Manuel Bompard

Si le gouvernement utilise le 49-3, la France insoumise déposera immédiatement une motion de censure. Et à chaque fois que le gouvernement utilisera le 49-3, la France insoumise déposera immédiatement une motion de censure. Si le gouvernement utilise les ordonnances ? Et si le gouvernement annonce qu'il va légiférer par ordonnance, la France insoumise déposera une motion de censure. Nous n'accepterons pas qu'on nous impose un budget qui serait catastrophique pour le pays et qu'on l'impose de manière autoritaire par l'intermédiaire du 49-3 ou par l'intermédiaire du 49-3.

23:31
Présentateur

Donc si j'ose dire les deux solutions sont aussi pires l'une que l'autre ?

23:33
Manuel Bompard

C'est pour ça que tout à l'heure je vous disais pour moi ni l'un ni l'autre. Je pense que ce budget serait une catastrophe pour le pays et qu'il faut tout faire pour l'empêcher de voir le jour.

23:41
Invité

Mais on a vu que les parlementaires étaient incapables de négocier ce budget. Il y a eu 350 heures de débat, aucun vote n'est possible. Quelle issue est possible à part les ordonnances ?

23:49
Présentateur

Et puis sur le fond Lucie il y a eu des mouvements.

23:51
Invité

Bien sûr il y a eu beaucoup beaucoup de concessions accordées à la gauche ces derniers jours.

23:55
Manuel Bompard

Mais madame en fait ce que vous contemplez aujourd'hui c'est le résultat d'un entêtement du pouvoir macroniste qui a perdu les élections il y a un an et demi et qui veut continuer à imposer sa politique.

24:06
Invité

Mais il n'y a pas d'entêtement. Sébastien Lecornu a accordé beaucoup de concessions à la gauche encore vendredi.

24:11
Présentateur

Par exemple le maintien des bourses étudiants trop à 1 euro, augmentation de la prime d'activité, Et rentrons sur le fond, pas d'augmentation d'impôts sur le revenu parce qu'il y aura une indexation du barème sur l'inflation.

24:21
Invité

Ce sont des milliards d'euros qui sont accordés.

24:23
Manuel Bompard

Alors l'ensemble des mesures dont vous venez de parler, ou quasiment l'ensemble des mesures dont vous venez de parler, ne voit pas le jour si le gouvernement est renversé.

24:31
Invité

Donc vous ne souhaitez pas ces mesures qui vont profiter aux travailleurs modestes ?

24:34
Manuel Bompard

Non, je ne vous ai pas dit que je ne les souhaitais pas. Je vous ai dit que, par exemple, si on renverse le gouvernement, les mesures d'économie qui étaient prévues, par exemple sur les APL, sur les retraites, etc., elles ne voient pas le jour. Donc ce n'est pas le résultat d'une négociation. M. Lecornu nous dit qu'après nous avoir menacé de nous couper les deux bras, il nous dit que finalement il ne va nous en couper qu'un et demi. Et vous me demandez d'être content. Ben non, pardonnez-moi, je ne suis pas content. Et je pense que vous ne serez pas content non plus si on vous menace de vous...

25:03
Présentateur

Rien ne trouve grâce à vos yeux dans ces propositions que le Premier ministre a fait.

25:06
Manuel Bompard

Mais ce n'est pas rien ne trouve grâce à mes yeux. Mais écoutez, à un moment, il faut dire les choses. Franchement, vous présentez ça, et j'ai entendu Olivier Faure hier présenter ça comme étant, en quelque sorte, le résultat d'une négociation. Écoutez, à un moment, il faut être un peu cohérent dans ces positions. Au mois de septembre, le Parti Socialiste a présenté son contre-budget. Déjà, à l'époque, nous lui avons dit que ce n'est pas le contre-budget du nouveau Front Populaire. Mais allons, passons sur ça. Le Parti Socialiste, au mois de septembre, a présenté son contre-budget. Ils ont proposé 20 mesures dans le contre-budget du Parti Socialiste.

Aujourd'hui, dans la copie budgétaire telle que M. Lecornu l'a présentée, même si on n'en connaît pas l'ensemble des détails, vendredi, il y a zéro mesure sur les 20 mesures que le Parti Socialiste a mis sur la table au mois de septembre.

25:48
Invité

La hausse de la prime d'activité, les repas à 1 euro pour les étudiants du CRUS, etc. Tout ça, ce sont des concessions faites par Sébastien Lecornu aux socialistes. C'est quoi alors ?

25:56
Manuel Bompard

Écoutez, le repas à 1 euro, c'est une mesure qui a été votée à l'Assemblée nationale il y a un an. Vous êtes au courant ? Donc vous pouvez considérer, si vous voulez, maintenant qu'il faut remercier le gouvernement de mettre en œuvre des mesures.

26:11
Invité

Le gouvernement, à l'origine, s'y opposait.

26:12
Manuel Bompard

D'accord, mais pas en dernière lecture. D'ailleurs, en dernière lecture, les députés Macronis se sont abstenus. Donc si vous voulez considérer qu'une mesure qui coûte 100 millions d'euros et qui a été votée l'année dernière par l'Assemblée nationale, c'est une grande victoire...

26:24
Invité

Pourquoi est-ce que vous êtes si jusqu'au boutiste ? Pourquoi ne pas reconnaître que les socialistes ont quand même réussi à faire bouger le gouvernement ?

26:30
Manuel Bompard

C'est un point de vue que vous donnez. Non, mais... Si, parce que si je vous dis, pourquoi vous êtes aussi complaisante avec le Parti Socialiste ? C'est pas grave, c'est tout ou rien. Vous me donnez votre point de vue, vous avez le droit de l'avoir. Mais moi, je ne le partage pas. Mais il n'y a aucun d'acti social ? Donc je ne suis pas jusqu'au boutiste, madame. Je défends les positions qui sont les notes. Donc maintenant, si vous considérez qu'accepter un budget dans lequel on va faire des économies en supprimant la prime de Noël pour un million d'allocataires du RSA...

26:55
Invité

Le gouvernement y a renoncé à ça.

26:56
Manuel Bompard

Ça a sauté ? Oui, ça a sauté.

26:58
Invité

Ils l'ont annoncé en décembre.

26:59
Manuel Bompard

Ah bon ? Ben non, je ne crois pas, madame. Donc vous avez la copie définitive du budget de M. Lecornu ?

27:04
Invité

Ah non, mais personne ne l'a.

27:05
Manuel Bompard

Bon, on verra. Peut-être que vous avez raison et qu'ils ont renoncé. Mais en tout cas, M. Lecornu ne l'a pas dit vendredi qu'ils y avaient renoncé. Est-ce que M. Lecornu a renoncé à supprimer 4 000 postes d'enseignants tels que c'était prévu dans le budget initial ?

27:15
Invité

Il a renoncé à 2 000, c'est la moitié. C'est ce qu'on appelle un compromis.

27:17
Manuel Bompard

Non, il n'a pas renoncé à 2 000, madame. Ce n'est pas vrai. Il a évoqué vendredi le fait qu'il y aurait 2 000 à ESH, qui étaient déjà prévus dans le budget initial.

27:25
Invité

Mais parce qu'il faut faire des économies également.

27:27
Manuel Bompard

Ah non, mais d'accord. Mais après, vous pouvez être d'accord avec eux. La vérité, c'est que vous êtes en train, ici, de me dire qu'il faut faire des compromis, parce qu'on est obligé de faire des économies. Mais pourquoi...

27:37
Invité

Non, on s'étonne de votre divergence d'analyse à gauche entre les socialistes et vous.

27:40
Manuel Bompard

Mais vous devriez remarquer d'ailleurs que ce n'est pas juste entre les socialistes et nous. Les socialistes, les communistes, les écologistes disent comme moi. Dissent que ce budget est inacceptable. Et alors quand Olivier Faure annonce... Et ils ne sont pas isolés parce qu'on a une divergence d'analyse. Mais tout le monde a compris pourquoi. Pourquoi ? Parce qu'ils ont décidé qu'il fallait à tout prix éviter une dissolution de l'Assemblée nationale, qu'ils ont peur de retourner devant les électrices et les électeurs et qu'ils ont choisi de rejoindre une forme de grande coalition qui va du Parti Socialiste au Républicain.

28:05
Présentateur

Mais ils disent quoi ? Les socialistes sont des trouillards de l'élection ?

28:08
Manuel Bompard

Il n'y a pas qu'eux. Il y en a d'autres. Mais ils ont procédé à un renversement d'alliances, un changement d'alliances. Ils ont été élus dans l'Union de la Gauche, dans ce qu'on a appelé le Nouveau Front Populaire. Et aujourd'hui, ils ont lâché le programme du Nouveau Front Populaire. Ils ont même lâché leur contre-budget. Et ils ont décidé de rejoindre les rangs de la coalition macroniste.

28:28
Présentateur

Quand Olivier Faure annonce que les socialistes ne censureront pas le gouvernement si le financement de ces nouvelles mesures ne se fait pas sur le dos des Français, qu'est-ce que vous dites à Olivier Faure ?

28:37
Manuel Bompard

Qu'il nous prend pour des imbéciles, parce que ces mesures se feront sur le dos des Français. Parce que quand vous supprimez des moyens, par exemple au ministère de l'Éducation nationale, quand vous supprimez des postes d'enseignants, ça se fait sur le dos des Français.

28:49
Invité

Le gouvernement doit quand même taxer les grandes entreprises à hauteur de 8 milliards d'euros. Comme l'année dernière. C'est la surtaxe d'impôts sur les... Oui, c'est considérable ou non ?

28:56
Manuel Bompard

C'est comme l'année dernière. Donc vous ne pouvez pas dire que dans l'effort cette année par rapport à l'année dernière, cet effort reposerait sur les grandes entreprises et les ultra-riches. Il n'y a rien sur le patrimoine des ultra-riches. Aucune mesure. Alors que même M. Lombard, ministre de l'Économie de M. Bayrou, ce n'est pas mon ami à la base, même lui dit, c'est quand même scandaleux, je me suis rendu compte à Bercy qu'il y a des plus riches dans ce pays.

29:20
Présentateur

Amélie de Montchalin, je le dis, c'est important, qui a ministre des Comptes publics à Ouest-France, précise ce matin « Aucun Français fortuné ne paye zéro impôt sur le revenu, mais certains payent moins que ce qu'il devrait. C'est la raison pour laquelle, dit-il, le gouvernement assume de durcir la lutte contre l'optimisation fiscale. »

29:33
Manuel Bompard

Oui, enfin franchement, c'est une plaisanterie. Vous savez, M. Daré, Mme de Montchalin, elle-même, il y a quelques mois, disait, on s'est rendu compte qu'il y a des gens, parmi les plus riches, qui ont un niveau d'imposition qui, en quelque sorte, leur donneraient droit à faire partie des bénéficiaires d'allocations sociales. Elle-même, elle disait ça. Et sa réponse, c'est la lutte contre l'optimisation fiscale. Enfin, je veux dire, c'est une plaisanterie. Donc, il y a eu des débats sur la taxe Zuckman, ça a été refusé par le gouvernement, le Parti Socialiste l'avait fixé comme condition sine qua non du fait qu'il puisse laisser passer le budget.

Puis après, ils ont dit, bon, on se contentera d'une taxe Zuckman-Lite. Là, il n'y a ni taxe Zuckman, ni taxe Zuckman-Lite. Il n'y a rien de ce qu'ils ont proposé. Ils ont dit, au moment de leur contre-budget, il faut remettre en cause des niches fiscales qui sont des effets d'aubaine, comme le crédit impôt recherche, ou le fameux pacte d'Utrecht sur la transmission des entreprises, parce que certains en profitent pour transmettre tout, sauf des entreprises. Il n'y a rien sur ce sujet. On nous a dit, il faut une taxe sur les holdings. Il n'y a rien.

Donc, excusez-moi, mais si vous essayez de me faire croire qu'un budget dans lequel il y a zéro des 20 mesures que le Parti Socialiste a mis sur la table, c'est une grande...

30:42
Présentateur

Mais il y avait des taxes socialistes. Regardez la réalité en face. Le prochain rendez-vous politique, dans quelques semaines, ça va être les élections municipales. Le premier tour dans moins de deux mois. On apprend à l'instant que la ministre de la Culture, candidate de la droite à l'Amérique Paris, Rachida Dati, annonce qu'elle quittera le gouvernement avant les élections municipales des 15 et 22 mars. Bien sûr, je quitterai le gouvernement, mais je ne peux pas vous dire ici quand. Qu'est-ce que vous en pensez ?

31:05
Manuel Bompard

J'en pense que si elle quitte le gouvernement, je souhaite qu'elle ne soit pas non plus maire de Paris et que ce soit Sofia Chikirou qui soit élue à la mairie de Paris. Et que Mme Dati ne soit ni plus après le mois de mars ni membre du gouvernement, ni à la mairie de Paris.

31:20
Invité

Sur l'élection à Paris, puisqu'on y est avant d'élargir, mais sur ce cas précis, est-ce que si la droite est en mesure de l'emporter, Sofia Chikirou se retirera éventuellement pour empêcher cela ?

31:33
Présentateur

Pour se maintenir, il faut faire 10%.

31:34
Invité

Si elle n'atteint pas, voilà, le maintien.

31:37
Manuel Bompard

Mais non, mais Sofia Chikirou, elle est candidate pour être maire de Paris. Donc sa volonté, c'est d'abord au premier tour d'arriver en tête de l'élection et si possible en tête à gauche, et au deuxième tour de proposer le rassemblement...

31:47
Auditeur

Si ce n'est pas le cas. Attendez, attendez, je vais vous répondre.

31:49
Manuel Bompard

De proposer le rassemblement de la gauche autour de sa candidature pour battre Mme Dati et avoir une mairie de Paris qui répond enfin aux urgences que connaît aujourd'hui la ville de Paris. Maintenant, dans l'hypothèse sur laquelle vous m'interrogez, qui est que Sofia Chikirou ferait plus de 10%, pardon, c'est un peu technique, mais qu'elle ne serait pas en tête de la gauche, ben là, il faut poser la question à M. Grégoire, puisque M. Grégoire, pour l'instant, il dit que dans ce cas de figure-là, il ne peut pas y avoir d'alliance avec la France insoumise, mais il a signé un accord avec les écologistes dans lequel il dit qu'il y aura une alliance. Donc posez-lui la question.

Une fois qu'il aura clarifié ce point de vue, je vous répondrai. Mais vous savez, nous, notre position, elle a toujours été claire, et elle est vraie à Paris comme elle est vraie partout en France. Partout où on sera en tête, à gauche, on proposera le rassemblement pour battre la droite et l'extrême droite. Je ne peux pas être plus clair que ça.

32:36
Présentateur

Est-ce que votre objectif, c'est de faire perdre les socialistes là où ils se présentent ou là où ils sont élus ? La question ne vient pas de moi, elle vient d'Olivier Faure.

32:42
Manuel Bompard

Oui, bon.

32:43
Présentateur

Est-ce que votre premier objectif, c'est que des socialistes perdent ?

32:45
Manuel Bompard

Non, non, mon premier objectif, c'est d'avoir des mairies insoumises, des mairies qui portent un programme de rupture. Et si vous voulez bien, peut-être qu'on peut, à un moment,

32:54
Présentateur

commencer à dire... On va y venir dans une seconde, juste concrètement, sur cette accusation qui vous est lancée par Olivier Faure, qui reprend un article du Canard Enchaîné, qui évoque une discussion entre votre candidat à Marseille, qui est la tête de liste, qui s'appelle Sébastien Delogu, qui aurait échangé avec un cadre du RN, lui disant, une quadrangulaire, en gros, ça vous arrange bien, vous, le Rassemblement National. Article qu'a repris Olivier Faure, sur le réseau social X, il dit, le projet de la France insoumise, il semble clair, préférer l'arrivée de l'extrême droite à celle de la gauche unie, hors LFI. Et il dit tout son soutien au candidat socialiste, enfin de la gauche.

33:25
Manuel Bompard

C'est ridicule, c'est pathétique, et moi, je forme le vœu que cette élection municipale, elle se fasse pas sur des calomnies et des fake news, et qu'elle puisse se faire, si c'est possible, je suis député de Marseille, à Marseille en particulier, mais partout en France, si possible, en confrontant des projets, des propositions, pour qu'ensuite les gens puissent décider librement et en connaissance de cause. Alors, j'ai bien compris que le Parti socialiste veut qu'on parle de tout, sauf du bilan de ses municipalités, mais nous, on souhaiterait pouvoir en parler, si c'est possible. Donc le bilan des municipalités socialistes est mauvais à vos yeux ?

Ah oui, on peut faire bien mieux, oui, bien sûr, c'est la raison pour laquelle on a des listes, mais je vous dis pas, pour que les choses soient claires et qu'on me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit, je vous dis pas que le bilan des municipalités de droite et d'extrême droite est bon, il est très mauvais.

34:06
Invité

Qu'est-ce que vous feriez de mieux que les socialistes ? Soyons concrets, c'est quoi une ville à la vie ? Qu'est-ce que ça apportera concrètement ?

34:12
Manuel Bompard

D'abord, ça apportera du soulagement en termes de pouvoir d'achat. Évidemment, on ne peut pas tout régler à l'échelle d'une ville, mais nous, on agira dans toutes les villes dans lesquelles on est élu pour la gratuité.

34:20
Invité

Qu'est-ce qu'on peut faire pour le pouvoir d'achat à l'échelle ?

34:21
Manuel Bompard

Je vais vous répondre. On agira partout où c'est possible, partout dans les communes où on sera élu, pour la gratuité de la comptine scolaire. Voilà, très concrètement, ce qu'on peut faire en termes de pouvoir d'achat pour tout le monde.

34:31
Invité

Que vous financerez comment ?

34:33
Manuel Bompard

Qui payent les finances de la ville.

34:34
Invité

Les contribuables, donc ?

34:37
Manuel Bompard

Oui, évidemment. Entre autres, oui, il n'y a pas que les contribuables qui financent les municipalités. Il y a ce qu'on appelle les dotations qui financent. Alors là, le problème, c'est que le gouvernement et les socialistes sont prêts à accepter qu'on supprime des milliards d'euros aux collectivités locales. Donc c'est vrai que ça rend la situation plus difficile.

34:56
Auditeur

Est-ce que ça veut dire hausse des impôts locaux ? Non. Il n'y aura pas de hausse des impôts locaux

35:00
Manuel Bompard

dans les miliaries insoumises ? Non, ça ne veut pas dire hausse des impôts locaux. Ça veut dire rat de faire pour récupérer les dotations qui sont les nôtres. Attendez, parce que c'est intéressant que les gens soient au courant. Est-ce que vous savez que cette semaine à l'Assemblée nationale, le Rassemblement national a fait voter un amendement pour qu'on supprime 5 milliards d'euros de dotations aux collectivités locales. Et ces gens-là veulent diriger des communes.

35:16
Invité

Mais je reviens à votre proposition sur les cantines. Quel est l'intérêt d'offrir une cantine gratuite à un enfant dont les parents gagnent je ne sais pas, 5 000 euros par mois ?

35:22
Manuel Bompard

Mais madame, vous ne faites pas payer l'école, y compris aux gens qui sont riches. Vous êtes d'accord ? Donc nous, on considère qu'il y a un certain nombre de droits qui sont universels.

35:30
Présentateur

Mais on les paye d'une certaine façon par nos impôts et c'est normal, les écoles.

35:32
Manuel Bompard

Mais le fait d'avoir... Ben oui, mais je ne vous dis pas l'inverse. Le fait d'avoir... Donc ces cantines gratuites, il faudra bien les financer d'une certaine façon. Écoutez, si vous voulez, vous pouvez vous focaliser sur les plus riches. Mais moi, vous savez, je suis député de Marseille. Et des familles que je rencontre... Parce qu'à Marseille, il y a déjà des tarifs préférentiels pour certains. Mais des familles que je rencontre à Marseille comme partout en France qui me disent « Sinon, on a désinscrit les enfants de la cantine parce qu'on n'arrive pas à payer. » Alors que vous savez que dans un certain nombre de familles populaires, les enfants ne mangent pas davantage bien à la maison.

Ben moi, je dis que c'est une mesure à laquelle tout le monde devrait être d'accord de dire qu'il faut agir pour la gratuité des cantines scolaires. Faciliter l'accès et décider par exemple la gratuité au moins pour les jeunes des transports en commun. Il n'y a pas que moi qui le propose. J'ai vu que...

36:14
Invité

Ça existe déjà dans des villes socialistes

36:16
Manuel Bompard

comme Montpellier. Alors on peut le faire partout. Voilà, il faut le faire. C'est très important de le faire. Facilité publique. Garantir le fait qu'on utilise tous les leviers à notre disposition pour lutter contre le logement indigne, contre le logement insalubre. Construire du logement social. Ça, c'est l'État. Mais à l'échelle des communes, on a des leviers d'action. Vous savez que dans une ville comme Marseille, il vous faut parfois 10 ans pour avoir accès à un logement social, que vous avez des copropriétés dégradées dans lesquelles il y a des locataires et des propriétaires qui se mobilisent. Et la ville, elle devrait être là pour les appuyer.

36:49
Invité

Mais sur le plan de la sécurité pour les villes ?

36:51
Manuel Bompard

J'ai parlé de ce sujet, j'ai parlé de la tranquillité publique. Moi, je pense qu'il faut tourner le dos à une vision qui a une vision communicationnelle et qui fait croire aux gens que parce qu'on va mettre des caméras partout dans la ville, on va les protéger.

37:04
Invité

Et ça, vous souhaitez les enlever ?

37:06
Manuel Bompard

Non, je ne souhaite pas les enlever. Et désarmer les polices municipales. Non plus. Je souhaite faire un moratoire sur les caméras de vidéosurveillance parce que ce qui protège, c'est des humains, ce n'est pas des caméras. Parce que si vous êtes agressé dans la rue, la caméra, elle ne va pas sortir, elle ne va pas descendre de l'endroit où elle est fixée pour venir vous défendre.

37:21
Invité

Mathilde Panot avait pourtant dit et c'était ici même d'ailleurs

37:23
Manuel Bompard

qu'elle souhaitait que ces caméras soient enlevées. Ce n'était pas un moratoire ? J'aime bien avoir un débat de fond sérieux. Vous savez les deux villes qui sont les plus vidéosurveillées en France ? Non. C'est Nice et Nîmes. C'est deux villes dans lesquelles la criminalité et la délinquance a augmenté ces dernières années. Alors si c'était la solution au problème, pourquoi la délinquance et la criminalité n'ont pas baissé ? Non, ça ne l'est pas. Et pour les enquêtes ?

37:46
Invité

Ce sont ce qu'ils disent ?

37:47
Manuel Bompard

Non, il y a une enquête de la gendarmerie qui dit que ça n'a aucun impact, la vidéosurveillance, sur la prévention des crimes et des délits et ça aiderait à hauteur de 1% dans l'élucidation et ça coûte très cher. À Marseille, à chaque fois que vous mettez quatre caméras, vous pouvez mettre un effectif, un être humain. Moi, je préfère qu'on mette un être humain pour faire de la prévention, pour faire de la médiation, pour détecter... Vous m'avez dit non

38:09
Invité

sur désarmer les polices municipales, c'est plus à l'ordre du jour.

38:12
Manuel Bompard

Mais pas du tout. On a dit depuis le début que notre volonté, effectivement, c'était de faire en sorte que les armes soient dans les mains de ceux qui en ont besoin, qui ont les compétences et les formations pour ça, c'est-à-dire la police nationale. Maintenant, je vous ai dit non parce qu'évidemment qu'on ne va pas, au lendemain de l'élection, sans avoir fait monter les alternatives et obtenu les renforts de police nationale, tout supprimer d'un coup. Donc oui, bien sûr, notre objectif, c'est de faire en sorte que la police armée, ce soit la police municipale et que la police nationale, elle soit désarmée. C'est presque tout à fait notre...

38:41
Présentateur

Je voyais que votre candidat à Marseille cette semaine était attaqué par ses opposants sur le fait qu'il allait devoir comparaitre devant la justice au mois de juin pour recel de vol pour avoir diffusé fin 2024 sur ses réseaux sociaux des documents privés d'un chef d'entreprise. Ça, ça ne vous pose pas de problème ?

38:55
Manuel Bompard

Ce n'est pas du recel de vol. Enfin, je veux dire, vous savez, quand vous êtes député, et c'est ce qui est arrivé à Sébastien Leloupé, ça m'est arrivé à moi d'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi moi je ne suis pas poursuivi parce qu'on nous a transmis des documents qui pointaient des malversations dans une entreprise. Et en fait, on a une responsabilité, on a un devoir. C'est la vertu de l'article 40, c'est que si on nous transmet des documents qui nous disent qu'il y a l'air d'y avoir des malversations dans une entreprise, notre devoir et notre responsabilité, c'est de le faire savoir et de le signaler à la justice. Donc, en l'occurrence, c'est de ça dont on est en train de parler ici.

Et plutôt que de regarder et d'enquêter pour savoir s'il y a effectivement des malversations dans cette entreprise, on s'en prend à Sébastien Delogu. Enfin, je veux dire, ça n'a aucun sens. Au contraire. Heureusement qu'il a fait ça. Vous dites quoi

39:38
Présentateur

que la justice est politique ?

39:40
Manuel Bompard

Ne me faites pas dire des choses qui après... Pourquoi je vous croirais ? Je vous dis que là, précisément, sur ce cas de figure-là, oui, évidemment que je ne peux pas souligner la coïncidence avec l'imminence de l'élection municipale et mon incompréhension sur le fait qu'on s'en prend à Sébastien Delogu alors qu'il a fait ce qu'il devait faire, c'est-à-dire signaler la justice parce qu'on lui a transmis des documents. Après, l'origine de ces documents,

40:04
Présentateur

nous en savons, rien quand nous les recevons... Cette comparution dans le tribunal, pour vous, c'est pour le mettre en difficulté pour les municipales.

40:09
Manuel Bompard

C'est ce que vous dites. Le calendrier judiciaire, enfin, franchement, c'est quand même... Pourquoi le faire maintenant ? Pourquoi l'annoncer maintenant ? Pour le faire après ? Bon, après, je pense que les gens, ils le savent très bien que Sébastien Delogu, il n'a rien à se reprocher. Si, ça me gêne quand c'est pour les autres politiques parce que je trouve que, précisément, les élus, ils doivent respecter la loi et que tout ce qui est de nature a coupé un peu le lien entre la population et sa confiance en la justice me paraît problématique pour le public. Alors, justement,

40:38
Présentateur

Manuel Bompard, de Plutôt, Plutôt, pour terminer le procès, justement, Plutôt, est-ce que vous êtes Plutôt Le Pen ou Bardella ? C'est un petit peu... On a vu que les sondages cette semaine, ce sondage notamment réalisé par notre partenaire Elam, montrait que les Français, les sympathisants RN, semblaient préférer Jordan Bardella. si je vous pose cette question, c'est parce que son procès en appel à Marine Le Pen a commencé cette semaine. Au moment où elle avait été condamnée, Jean-Luc Mélenchon avait dit la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple. Est-ce que vous préféreriez que Marine Le Pen puisse se présenter à la présidentielle ?

41:06
Manuel Bompard

Alors, pour répondre à votre question, ni l'un ni l'autre, on les battra tous les deux. Voilà. Pour le reste, moi, j'ai dit après le procès en première instance de Marine Le Pen que je trouvais qu'une décision aussi importante que l'inéligibilité devait permettre que tous les voies de recours puissent être utilisées. En l'occurrence, c'est le cas puisqu'il y a un procès en appel et puisqu'il y aura manifestement, si ça doit être le cas, un procès en cassation avant l'élection présidentielle. Donc, Mme Le Pen qui protestait contre l'exécution provisoire, en l'occurrence, d'un certain point de vue, elle a été satisfaite puisqu'il y a son procès en appel.

Donc, maintenant, on va pouvoir en parler au fond et le fond de ce qui est reproché à Mme Le Pen est extrêmement grave.

41:45
Présentateur

Autre choix que je vous propose, là aussi, je pense déjà savoir ce que vous allez choisir. Je vous propose d'un côté Raphaël Glucksmann, de l'autre, Jean-Luc Mélenchon. Raphaël Glucksmann qui a glissé à nos confrères du Figaro il y a quelques jours qu'à ses yeux, je cite, la seule candidature qui favoriserait l'ERN c'est celle de Jean-Luc Mélenchon car il est le seul à être sûr de perdre face à Marine Le Pen ou Jordan Bardella au second tour. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

42:06
Manuel Bompard

C'est bien qu'il croit en son étoile mais le mieux, c'est des faits et pas des croyances en politique. Donc, non, comme je vous l'ai dit tout à l'heure on gagnera, on battra l'extrême droite parce que dans ce pays il n'y a pas une majorité de la population qui veut donner le pouvoir à un parti aussi dangereux que l'extrême droite à un parti qui encore cette semaine je voyais M. Bardella dire que les volontés de Trump contre le Groenland il fallait en prendre acte. Je pense qu'il n'y a pas une majorité du peuple français qui veut donner le pouvoir à l'extrême droite.

42:40
Présentateur

Il a condamné le coup de force douanier d'hier soir Jordan Bardella.

42:44
Manuel Bompard

C'est bien, il se réveille. Mais moi je vous dis que si lui il était au pouvoir avec Trump franchement ça serait vraiment très dangereux pour la France.

42:50
Présentateur

Est-ce que vous croyez qu'il y a plus de 50% des Français qui veulent de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon à l'Elysée ?

42:54
Manuel Bompard

Je pense que le programme que l'on défend peut réunir une majorité populaire parce que je pense qu'il y a une majorité pour augmenter le SMIC je pense qu'il y a une majorité pour passer à la 6ème République je pense qu'il y a une majorité pour avoir de la justice fiscale pour établir l'impôt de solidarité pour être non aligné oui je pense qu'il y a une majorité pour ça après il faut faire notre travail de conviction et parfois notre travail de conviction il se heurte à des polémiques à des caricatures à des mensonges et moi ma volonté c'est dans l'élection présidentielle je suis sûr qu'on va y arriver qu'on sorte un peu de tout ça et qu'on regarde le fond des propositions et sur le fond des propositions toutes les propositions dont je vous ai parlé elles sont soutenues par plus de 50% de la population

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Présentateur

Merci beaucoup Manuel Bompard d'avoir été l'invité de BFM