Yannick Jadot, député européen "Europe Ecologie Les Verts" - 05/01
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Très belle année 2020 à chacun d'entre vous. Bienvenue dans BFM Politique, votre rendez-vous de la mi-journée avec David Ducan du Parisien Aujourd'hui en France et avec Edwige Chevrillon de BFM Business, notre Nick Jadot. 2019, ça avait été son année de gloire, grande percée aux Européennes où il était devenu comme la troisième force, première force à gauche devant la France Insoumise et loin devant le Parti Socialiste. Et depuis, eh bien depuis Europe Écologie, il est vert, renaît au moment, au quotidien. Évidemment, on lui posera la question, la question des retraites, la question du blocage. Quelle est la position véritablement d'Europe Écologie, les Verts ?
Les municipales, bien sûr, quelles seront les alliances d'Europe Écologie, les Verts ? Yannick Jadot, son leitmotiv, c'était de dire que l'écologie devait dépasser désormais les clivages, dépasser les partis. Est-ce que Europe Écologie, les Verts, le suit véritablement sur ce point ? On lui posera la question et puis on reviendra bien sûr sur les incendies terribles en Australie. La faute au réchauffement climatique, que faire ? Que doit faire l'Europe aussi sur ce terrain-là ? On y revient bien sûr dans un instant. Mais avant d'interroger Yannick Jadot, on fait un point sur l'actualité de ce dimanche midi. Avec vous, Florence Duprat. Bonjour Florence.
Bonjour Apolline, bonjour à tous. Quelle porte de sortie possible alors que la France entre dans son deuxième mois de grève et de mobilisation contre la réforme des retraites ? C'est une semaine décisive qui s'ouvre. Les négociations vont reprendre officiellement mardi. L'objectif de l'exécutif, c'est de trouver un compromis rapide, comme l'a demandé Emmanuel Macron durant ses voeux, même si la tonalité reste ferme ce matin. David Unal.
Dans une interview accordée au journal Le Parisien, le nouveau secrétaire d'Etat aux retraites réaffirme la position ferme du gouvernement. La promesse d'un régime universel sera tenue. Interrogé sur les concessions accordées à plusieurs corps de métier comme les policiers ou les militaires, Laurent Pietraszewski se défend de faire du cas par cas et donc de recréer des régimes spéciaux. L'universalité de la pénibilité n'est pas remise en cause si on admet que mettre sa vie en danger pour défendre la nation ou partir en mer 20 jours d'affilée, c'est différent des autres métiers.
On ne va pas demander à tous les Français, êtes-vous en situation de partir en mer 20 jours loin de votre famille pour travailler 18h sur 24 ? La pénibilité sera justement au cœur des négociations entre les partenaires sociaux et le gouvernement mardi. Un sujet avec l'âge pivot sur lequel certains syndicats refusent de transiger. La pénibilité des métiers a un impact direct sur l'espérance de vie et sur l'espérance de vie en bonne santé des salariés. Et donc ne pas les prendre en compte au moment de travailler sur un régime de retraite, se réfère à un régime de retraite complètement inéquitable.
Pour d'autres syndicats comme la CGT au Sud Rail, il n'est pas question de négocier sur la base d'un système de retraite par points. Ce n'est pas des aménagements, ce n'est pas des clauses qu'on veut, c'est le retrait de ce projet de loi. Malgré le retour aux négociations, plusieurs journées de mobilisation nationale sont d'ores et déjà prévues, les 9 et 11 janvier. Le 13 janvier, des négociations sont prévues avec les ministères du Travail et de la Santé. Après un mois de grève, le bras de fer continue entre le gouvernement et les syndicats. Le projet de loi, lui, devrait être présenté le 24 janvier au Conseil des ministres.
Et on a tendance, c'est toujours la galère dans les transports en commun. A la RATP, le trafic reste très fortement perturbé, à l'exception des deux lignes automatiques qui fonctionnent. A la SNCF, toujours des difficultés, mais on note un léger million. On va justement vous retrouver, Garance à Mespil, vous êtes gare de Lyon. Comment ça se présente pour les retours de congés ?
Il y a beaucoup de monde dans cette gare de Lyon aujourd'hui, mais les trains sont à quai, ils sont à l'heure. Donc pas de problème pour retourner chez soi, pour reprendre le travail demain. Petit bémol, en tout cas, pour les voyageurs d'aujourd'hui, ce sont les interconnexions à faire entre les différentes gares de Paris-Intramuros, puisqu'il y a évidemment très peu de transports en commun dans Paris. Donc c'est surtout ça qui s'annonce compliqué. Et puis les prochains jours s'annoncent également compliqué, puisqu'on ne sait pas encore quels transports vont réellement fonctionner dans les jours à venir.
Merci beaucoup pour ces précisions avec Anthony Brault. Un tournant dans l'enquête sur l'attaque au couteau de Villejuif. Le parquet national antiterroriste a décidé de se saisir du dossier. La radicalisation de l'assaillant est aujourd'hui acquise. Son comportement au moment des faits laisse penser qu'il avait choisi ses victimes en fonction de leur religion. Il avait bien préparé aussi son passage à l'acte. La tension monte entre les Etats-Unis et l'Iran. Alors que la mort du général Soleimani laisse craindre une réponse iranienne, Donald Trump lance un avertissement à Téhéran dans un tweet. Le président américain dit avoir identifié 52 sites en Iran à frapper en cas de riposte.
Téhéran avertit que viser des sites culturels serait une déclaration de guerre. Et puis malheureusement, toujours pas d'accalmie en vue en Australie. Les températures frôlent les 50 degrés. Les vents continuent d'attiser les feux de forêt. Les Australiens évaluent les dégâts après une journée particulièrement critique. Celle d'hier, l'une des pires depuis le début des incendies. Des centaines de propriétés ont été détruites. Un homme est mort alors qu'il essayait de sauver la maison d'un ami. Il s'agit du 24e décès depuis le mois de septembre. C'est une superficie équivalente à deux fois la Belgique qui est partie en fumée.
Et à cela s'ajoute aussi un désastre écologique, puisque plus de 500 millions d'animaux sont morts dans les incendies. Voilà, pour l'essentiel, vous retrouvez Apolline de Malère pour BFM Politique.
Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes député européen Europe Écologie Les Verts. Je le disais, 2019, ça a été votre année de gloire. L'année où vous avez percé en politique. Troisième force aux européennes. Deuxième chez les jeunes. Première force à gauche. Vous êtes désormais la figure de la gauche devant la France insoumise. Et loin devant le parti socialiste. Mais on se demande un peu où est-ce que vous étiez passé depuis. Au fond, on a un peu l'impression que vous êtes reparti en catimini, que vous êtes très présent pour les campagnes électorales.
Mais on va se poser la question de savoir quel est le rôle et quelle est la façon de vivre Europe Écologie Les Verts au quotidien pour les Français. Sachant qu'on a aussi l'impression qu'Europe Écologie Les Verts depuis est redevenue Europe Écologie Les Verts. C'est-à-dire une logique souvent assez partisane. Notamment pour cette campagne des municipales. On vous posera la question des alliances. On va revenir bien sûr sur la réforme des retraites, sur votre position, sur cette grève qui se poursuit, sur les municipales, sur les incendies terribles en Australie et puis sur la montée de la tension en Iran, Irak, Etats-Unis.
À mes côtés, bien sûr, David Ducan du Parisien Aujourd'hui en France et Edwige Chevrillon de BFM Business. Bonjour Yannick Jallot. Bonjour Madame, bonjour Monsieur. On voulait tout de même vous poser la question de ce qui s'est passé à Villejuif 2020 qui commence sous le signe du terrorisme, attaque au couteau, un homme qui est mort, deux autres personnes qui ont été grièvement blessées. Est-ce que vous estimez que le terrorisme islamiste, l'hydrislamiste, comme le décrit Emmanuel Macron, est aujourd'hui la menace principale intérieure en France ?
C'est une menace, incontestablement. C'est une menace qui a évolué, puisque, au fond, on a là des comportements individuels, potentiellement d'un déséquilibré, qui choisit d'instrumentaliser une religion, de se radicaliser potentiellement tout seul, et de tuer, et de tuer. Et donc là, aujourd'hui, déjà, on ne peut être qu'aux côtés des victimes, de leurs familles, de leurs proches.
On ne sait pas si c'est radicalisé tout seul.
Le parquet de terroristes est saisi. Vous avez parfaitement raison. L'enquête qui s'occupe là-dessus. Vous avez parfaitement raison. Aucune thèse n'est plus négative. Mais on n'est plus dans les attentats très organisés, avec le soutien massif de l'État islamique. On n'est plus dans ces situations-là, pour le moment.
Est-ce que ça en est pour autant moins du terrorisme islamique ?
Ça rend le combat contre le terrorisme encore plus difficile. Encore plus difficile. Quand vous avez effectivement des personnes qui se radicalisent collectivement ou individuellement, qui, en plus là, sont des personnes en difficulté psychologique, psychiatrique, ça devient extrêmement difficile. C'est là que toutes les stratégies, les politiques, les outils qui sont mis en place pour essayer d'identifier les signaux, même les signaux bas de radicalisation, sont des outils extrêmement importants. Et il va falloir, encore une fois, des hommes, des femmes.
C'est quoi des signaux bas ?
Écoutez, on l'avait vu pour l'attentat à la préfecture. C'est évidemment des changements de comportement, des changements de comportement vis-à-vis des femmes, des changements de comportement dans le travail, des logiques d'isolement. Et ça, c'est vrai qu'à la fois, il faut la police, il faut tous les outils de lutte contre le terrorisme. Et puis c'est vrai que ça, ça nous renvoie tous à une responsabilité individuelle qui est parfois de détecter nous-mêmes un comportement qui est en train de...
Vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron quand il parle de la société de vigilance ? Est-ce que vous tracez un lien entre les phénomènes de communautarisme et ceux de radicalisation ? Je vous pose la question parce qu'Emmanuel Macron, dans ses voeux, a promis des annonces prochainement pour lutter contre le communautarisme, contre tout ce qui, au fond, voudrait attaquer l'unité nationale française. Faites-vous ce lien ? Y a-t-il, selon vous, un lien ?
Il faut faire extrêmement attention entre les chaînes de causalité, que ce soit le communautarisme, que ce soit une vision extrêmement conservatrice de la religion et le terrorisme. Il n'y a pas de chaîne de causalité évidente selon tous les experts qui s'expriment sur ce sujet-là.
Il n'y a pas un terreau communautariste qui peut, dans certains cas, déclencher des radicalisations individuelles ou collectives, d'ailleurs ?
Il peut y avoir, si vous voulez, des pertes de repères terribles dans notre société, des situations sociales, psychiatriques, psychologiques, individuelles, terribles, qui font qu'à un moment donné, il y a un passage à une radicalisation et potentiellement un passage au terrorisme. Si vous voulez, pour les écologistes, très clairement, aujourd'hui, nous devons retrouver dans notre société un projet partagé. Nous devons, si nous voulons sortir des communautarismes, il faut évidemment investir sur certains quartiers qui ont été abandonnés par la République. Et vous êtes à l'aise là-dessus, Yannick Jadot ou pas ? Attendez, attendez, j'y viens.
Mais il est évident que tout ce qui, dans notre société, tente d'imposer le fait religieux dans le fonctionnement de la République, dans le fonctionnement logique, laïque des institutions, toutes les tentatives d'imposer, au fond, de sortir de nos sociétés sécularisées pour tenter de faire primer la religion sur le droit commun, sur les lois de la République, nous devons combattre.
Sans l'espace d'une forme de complaisance vis-à-vis de ça. Par conséquent, vous ne voulez plus rien avoir à faire aujourd'hui avec le CCIF, par exemple, dont vous aviez signé, alors apparemment par erreur, l'appel à la marche contre l'islamophobie. Attendez. On a le sentiment d'une ambiguïté, il faut peut-être la clarifier.
Il n'y a aucune ambiguïté vis-à-vis du CCIF. Qu'il y ait, et je trouve que ça a été extrêmement maladroit à l'époque de la part du président de la République, après les attaques de Bayonne, le président de la République ne prend aucune initiative pour marquer fortement la solidarité de la communauté nationale vis-à-vis d'une partie de cette communauté nationale. A l'inverse, est-ce que vous-même, vous n'avez pas été maladroit en signant un appel et en disant après,
ah ben non, je ne l'avais pas lu ? L'appel à manifester contre l'islamophobie pour une manifestation dont visiblement vous ne vous sentiez enrête.
J'ai dit à quel point je ne considérais pas qu'il y avait dans notre pays des lois islamophobes. Je l'ai dit, il n'y a pas dans notre pays un racisme d'État. Il y a dans notre pays du racisme. Il y a dans notre pays de l'antisémitisme. Il y a dans notre pays un rejet de la religion musulmane. Et donc, il faut tout combattre, tous ces racismes. Il faut combattre tous ces racismes. Il faut combattre toutes ces intolérances. On ne peut pas être dans une société qui se divise de ce point de vue-là. Mais, il faut trouver une sortie par le haut de ces communautaristes. Il ne s'agit pas simplement d'interdire.
Il ne s'agit pas simplement de continuer à diviser et de reprendre les pètes de l'exprime. Il faut porter un projet.
Il faut comprendre qu'il y a eu une sorte d'ambiguïté. Quand vous avez Esther Benbassa, qui est sénatrice Europe Écologie Les Verts, qui est aux côtés des manifestants contre l'islamophobie, et que vous vous dites, non, non, je n'aurais pas voulu signer le texte, mais vous l'avez quand même signé, tout ça est un peu plus...
Mais vous savez, le jour de cette manifestation, j'avais pris un engagement avec Sabrina Sabi, qui est là. Qui est avec vous dans ce... Qui est là, qui est notre candidate à Ivry, qui a une bonne chance de gagner, et notre rendez-vous, à ce moment-là, c'était de rencontrer les jeunes d'Ivry. Justement, ces jeunes qui veulent être reconnus dans l'espace politique, qui veulent être reconnus dans leurs difficultés comme dans leurs aspirations. Et le rôle, je crois, de la politique, parfois c'est de manifester, parfois c'est de pétitionner, on le fait tous, peut-être trop, mais notre rôle, c'est de trouver des solutions, de faire des propositions pour les problèmes des Français.
Alors justement, sur les questions aussi concrètes, et notamment les retraites. Oui, absolument. Yannick Jadot, on voit bien que c'est une semaine cruciale, pour le mouvement social, pour les grévistes, mais aussi avec ses rencontres avec le gouvernement, on va savoir s'il y a un compromis qui peut être trouvé, sachant que les partenaires syndicaux vont rencontrer les différents membres du gouvernement. 32e jour de blocage, jamais on a vu une grève aussi longue dans la Ve République. Est-ce que vous dites aujourd'hui, stop ou encore ?
On va quand même préciser, Yannick Jadot, que vous êtes plutôt favorable, en tous les cas, j'ai lu vos déclarations, à un système universel de retraite, un système par points. Est-ce que vous dites aujourd'hui, il est temps d'arrêter les mouvements sociaux, d'arrêter les grèves ?
Si vous me permettez, je vais un peu inverser l'ordre des sujets, parce que tout ce qu'on raconte sur les retraites, et c'est important, ce dont on débat aujourd'hui, c'est nos conditions de vie, pour quelques années, parfois quelques décennies, une fois qu'on a arrêté de travailler. Donc c'est un sujet absolument essentiel pour la société. Mais c'est l'avenir.
Sinon, il n'y aurait pas cette mobilisation.
Vous avez raison, et c'est l'avenir. Et quand on voit ce qui se passe en Australie... Non mais attendez, j'y viens, je vais vous donner toutes les réponses. Mais quand on voit ce qui se passe en Australie, des sociétés totalement bouleversées par le dérèglement climatique, quand on lit les scientifiques sur ce qui se passe en Arctique, quand on voit qu'en 25 ans, les échelles dont nous parlons, nous avons réduit, selon les espèces, en termes de biodiversité, de 25 à 60. Si il y a le chaos climatique, si il y a le chaos climatique, si il y a la disparition du vivant,
pour nos jeunes, comme pour nous aujourd'hui,
la question des retraites ne sera plus le sujet majeur de nos sociétés. Mais restons-nous. La question des grèves et des blocages, elle se pose aujourd'hui. Non mais c'est important de dire où on se projette. Parce que ce sujet, aujourd'hui, plus personne ne comprend rien en réalité sur ce qui est sur la table.
Bon déjà, est-ce que vous dites stop ou encore ? Non, c'est juste pour essayer de cerner les différents problèmes.
Je dis stop au projet du gouvernement. Je dis très clairement qu'aujourd'hui, vu la confusion extrême dans laquelle sont tous les Français, le gouvernement a réussi à faire une non-consultation pendant 18 mois. On ne comprend plus rien. Tous les jours, on nous annonce qu'un régime spécial qui devait disparaître va être maintenu parce que tel ministre est intervenu. Donc vous demandez le retrait du projet.
Vous demandez le retrait du projet qu'on prenne le temps.
Il faut aujourd'hui le retrait du projet. Mais les écologistes ne se satisfont en aucune mesure du statu quo. Aujourd'hui, ce projet, il est injuste. Mais la situation actuelle, elle est injuste. Quand vous avez un ouvrier qui a une espérance de vie de 6 ans de moins qu'un cadre, de 10 ans de moins en bonne santé, c'est ce que les démographes appellent la double peine. C'est-à-dire qu'à la fois, vous avez des années de vie en moins et des années de souffrance en plus.
Donc il faut un nouveau projet.
Il faut un nouveau projet.
Un système universel basé sur un système universel. Nous sommes pour la convergence du salariat en termes de régime.
Nous voulons cette convergence, mais à une condition. C'est que ça ne se fasse pas sur le principe du moins 10 ans. C'est que ça se fasse pour que démocratiquement, collectivement, nous décidions de notre avenir. Il y a différents points. Si vous me permettez...
Allez-y, allez-y.
Au fond, l'hypothèse implicite de cette réforme, c'est qu'il faut faire des économies. Vous lisez les rapports...
Si pour un euro cotisé, rapporte la même chose, entre guillemets, à chacun, à chaque culture repété.
Sauf que vous êtes trop au courant de la politique de ce gouvernement pour ne pas savoir qu'Edouard Philippe se fout pertinemment du système à points. Ce n'est pas le cœur de sa réforme. Son sujet, à lui, c'est comment on économise des défenses.
Comment on équilibre le système de retraite. Non, non, non, non. Si vous lisez, si vous lisez... En fait, la réforme des retraites n'est qu'un prétexte pour vous ?
Ah, je crois que la réforme des retraites, quand il s'est agi au départ, de dire qu'il faut faire converger et réconcilier les salariats. Moi, ça me va. Vous dites banco. Quand il s'agit de redonner potentiellement de l'autonomie à chacune, à chacun dans sa vie, ça me va. Quand il s'agit, à un moment donné, d'organiser une réforme qui est injuste sur l'âge pivot, qui est injuste sur les retraites que toucheront les uns et les autres... Et qui est injuste démocratiquement sur qui va décider de ce que seront le niveau des retraites, c'est totalement anxiogène et ça fout une trouille à tout le monde.
Vous dites stop au gouvernement, il faut retirer le projet. Est-ce que vous dites stop aux grévistes ?
Mais non, mais la responsabilité, les grévistes, ils ne font pas grève pour demander plus de prise en compte de la pénibilité.
On est bien sûr, mais pour autant, un mois de grève, un coût de la grève aussi très important du point de vue économique, une galère pour un certain nombre de Français, qu'est-ce qu'on fait ?
C'est très difficile pour beaucoup de Français. C'est très difficile pour certains secteurs économiques. Et c'est pour ça que j'appelle le Président de la République à bien, au fond, à dire, à faire cette déclaration. Notre système des retraites doit évoluer. Notre système des retraites doit être plus juste. Nous n'avons pas pris en compte la pénibilité comme nous devrions. Et même ce gouvernement a supprimé les positions...
Mais pour vous, la responsabilité de l'arrêt de la grève, on est bien d'accord que la responsabilité de l'arrêt de la grève, c'est le retrait du projet. Ça passe forcément par le retrait du projet.
Yannick Jadot, mais oui, parce qu'aujourd'hui, plus personne ne comprend ce qu'est ce projet. C'est quand même... Je l'ai dit, c'est parfois et malheureusement quelques mois de retraite pour certaines personnes. C'est parfois des décennies.
Il y a quelques minutes, vous avez attaqué le Premier ministre en l'accusant de ne pas considérer comme important l'aspect systémique, c'est-à-dire la transformation du régime en régime universel, mais de se concentrer sur l'aspect budgétaire de la réforme. Qu'est-ce qu'on fait, Yannick Jadot ? On laisse filer le déficit ? Non. Le Conseil d'orientation des retraites nous dit qu'il y aura 12 milliards de déficits en 2021.
Non, écoutez, c'est intéressant, il faut lire ce que dit le Conseil d'orientation des retraites. Qu'est-ce qu'il dit ? Un, on n'a pas un problème de dépense. Le problème de recettes. On a un problème de recettes. C'est le retrait d'un certain nombre de recettes et donc des choix du gouvernement en matière notamment d'exonération, de choses comme ça, qui crée le déficit. C'est ça que dit le...
Mais c'est qu'il n'y a pas assez d'actifs uniquement, c'est pas une question de cotisation, d'exonération.
Je suis convaincu que vous avez, on a tous lu, Hervé Lebrasse, démocrate, qui nous explique...
On l'a non seulement lu, mais on l'a reçu.
En plus. Donc, qu'est-ce qu'il nous dit ? Il nous dit qu'en fait...
Il dit qu'il n'y a pas d'urgence, c'est effectivement économique.
En fait, ce n'est pas le sujet. Personne ne dit qu'il faut lâcher les vannes, qu'on peut faire n'importe quoi et tout ça. Simplement, il dit qu'aujourd'hui, ça n'est pas le sujet.
Le sujet, c'était de mettre plus de justice.
Déjà, en 2007... Il y a le vieil fond de la population, vous le savez bien, il y a le jadeau. Alors, c'est intéressant, justement. Quelle solution ? Par exemple, que dit Hervé Lebrasse ? C'est qu'il dit les hypothèses du Conseil d'orientation des retraites. C'est qu'à pareil 65 ans, une femme continue à avoir un accroissement d'espérance de vie autour de un mois par an. La réalité aujourd'hui, c'est qu'on est à 0,3 mois par an. Pour les hommes... Ça stagne. Non, mais d'accord. Ça stagne comme aux Etats-Unis.
L'espérance de vie stagne. Mais la question de David, c'est... Vous savez que ça fait la différence ? Concrètement, on a bien compris du point du démographe. Non, mais vos solutions... Vous remettez... En fait, vous dites qu'il n'y a pas de problème, donc il n'y a pas besoin de proposer de solution. Vos solutions économiques...
Non, les enjeux. Pourquoi on veut absolument une négociation sur les retraites ? Je l'ai dit, c'est la question de la pénibilité. Aujourd'hui, on a des personnes qui travaillent... On appelle ça... Vous ne répondez pas sur le déficit.
Vous ne répondez pas sur le déficit. Sur quoi ?
Attendu.
Je viens de vous dire que...
Je viens de vous dire que ce déficit prévu par le Conseil d'orientation des retraites est un déficit fondé sur des hypothèses que nous ne validons pas aujourd'hui. Vous le contestez. Il y a trois ans, le Conseil d'orientation des retraites avait prévu un déficit de 14 milliards en 2025. On est tombé sur d'autres hypothèses à 8 milliards. On a déjà retiré 6 milliards en trois ans. Parce qu'il y a moitié... Et puis surtout, qu'est-ce que nous proposons, nous, les écologistes ? Au-delà de mieux prendre en compte la pénibilité. Au-delà, et vous le savez, d'intégrer des vraies stratégies sur les salariés seniors dans les entreprises.
Parce qu'aujourd'hui, une personne qui fait valoir ses droits à la retraite...
Donc la question, c'est l'emploi. Pour vous, la réponse, c'est l'emploi.
Quand nous proposons d'investir massivement dans le logement, c'est 130 000 emplois, et j'en ai discuté avec la Fédération française du bâtiment, en deux ans. Quand nous proposons de sortir des pesticides, nous installons 200 000 paysans dans notre pays. Quand nous proposons d'investir sur les énergies renouvelables, les transports collectifs, ce sont des centaines de milliers d'emplois.
Donc la réponse, c'est l'emploi et l'investissement.
C'est quand même sortir par le haut d'un sujet essentiel, qui est de redonner du boulot, du boulot qui a du sens, du boulot qui participe d'une mobilisation de la société autour du climat et de la justice sociale,
précisément, Yannick Jadot, dans un instant, on va parler de l'Australie, bien sûr. Mais une dernière question sur ce sujet. Est-ce que vous irez, oui ou non, à la manifestation du 9 janvier ? Oui, vous y serez. Comme vous étiez au 5 décembre.
Comme j'étais au 5 décembre.
C'est d'une certaine façon un soutien aux grévistes. A tout de suite, on parle de l'Espagne.
Mais oui, mais je n'ai pas dit que je n'étais pas un soutien aux grévistes.
Poursuite de ce BFM politique avec vous, Yannick Jadot. On part tout de suite en Australie. Oui, avec cette situation édifiante. 24 morts aujourd'hui recensés parmi la population. Des centaines de millions d'animaux aussi tués ou gravement blessés par ces incendies gigantesques qui ravagent ce pays-continent. La forêt humide, la plus ancienne de notre planète. Elle remonte au Gondwana il y a 600 millions d'années. Elle commence à être touchée par les flammes. Question pour commencer très simple. Est-ce que pour vous, cette catastrophe-là est la conséquence du dérèglement climatique ?
Absolument. C'est ce que disent les scientifiques. Ce n'est pas simplement la question de mon avis. On a des vagues de chaleur exceptionnelles, uniques, des températures qu'on n'a jamais vues. On a eu pendant des années de telles sécheresses liées aussi au dérèglement climatique. Et ça, ça construit une situation absolument dramatique. Vous l'avez dit, l'Australie est un continent tellement éloigné que vous avez beaucoup d'espèces endogènes. Qui n'existent pas ailleurs, il faut préciser. Qui n'existent pas ailleurs. On est sur un demi-milliard d'animaux qui ont été brûlés ou asphyxiés ou assoiffés.
On a des morts, évidemment, des zones entières qui ne seront plus habitables pendant longtemps. Et c'est le dérèglement climatique, la situation. Le pire, c'est que nous voyons ça en Australie. Nous avons eu tous les rapports sur l'Arctique il y a quelques jours disant à quel point la fonte de la banquise, la fonte des glaciers était là aussi dans un phénomène d'emballement, d'accélération. On a des inondations, on a les catastrophes un peu partout.
Et le message des écologistes, dans le monde entier, évidemment, on est avec nos collègues australiens qui se battent contre un Premier ministre qui est climato-sceptique, qui continue à défendre ce qui alimente le dérèglement climatique massivement, le charbon. Donc on est dans un monde de dingue.
Est-ce qu'il faut s'exprimer au nom de l'Europe ? Mais bien sûr ! Il faudrait que l'Europe soit plus présente ?
Vous vous rendez compte qu'on négocie un accord de libre-échange avec l'Australie ? Moi, je n'ai pas entendu le président Macron. Ça vous dit le stop ? Ces accords de libre-échange, nous les combattons. Il avait stoppé le Mercosur, c'est vrai.
Et là, Bolsonaro a d'ailleurs remarqué...
D'ailleurs, sur le Mercosur, on ne peut plus entendre trop non plus sur la question de l'accord de libre-échange.
Vous le trouvez là-dessus ?
Non, mais ce que je veux dire, c'est que l'Europe, dont la politique commerciale, est une compétence très forte. Doit peser sur tous ces pays. Il ne suffit pas simplement qu'ils aient signé ou ratifié. Mais comment vous voulez peser auprès du Premier ministre ? Mais parce qu'à un moment donné... Saufait l'Australie ? Oui, mais nous sommes tous victimes. Il y a les victimes australiennes aujourd'hui. Mais la politique pro-charbon de l'Australie, nous en subissons tous les conséquences. Et ce sont toujours les plus vulnérables qui subissent ces conséquences. Donc, ce que je veux dire, c'est que le niveau d'alerte est tel.
Et finalement, nous sommes aujourd'hui dans une société où nous pouvons décider de la société que nous voulons. Nous sommes à un moment de l'histoire. Il n'y a pas souvent de moment dans l'histoire des sociétés où nous pouvons décider à l'échelle de l'humanité de ce que nous voulons et pas simplement rêve en le faisant.
Aujourd'hui, nous avons... Mais c'est quoi ? C'est renoncer à la croissance économique ? C'est renoncer à une société de consommation ? C'est renoncer à quoi ?
Non, non, mais c'est quoi ? Ce que nous proposons, c'est à la fois une société de protection. Protéger la santé, l'environnement, les droits. C'est une société de projection. Éviter le chaos climatique, l'anéantissement du vivant, c'est s'autoriser un avenir bienveillant. Donc c'est une projection positive dans le temps. C'est aussi une projection dans l'espace. Nous sommes une humanité. Confronter un défi, nous devons le faire ensemble. C'est une autre projection dans l'espace. C'est retrouver à l'échelle de nos territoires, de nos villes, de nos villages, la maîtrise des déplacements, du logement.
On va précisément revenir aussi à toutes ces questions au niveau local, mais encore un mot sur l'Australie. Pour finir sur la croissance économique, ce que j'ai défendu avec Daniel Cohen, Laurence Tubiana, Guillaume Duval, Dominique Méda, et tous les écologistes, c'est l'idée d'un green deal européen. Nous avons aujourd'hui la possibilité d'investir dans nos logements. On emprunte à des taux zéros ou à des taux négatifs. Si on investit dans le logement, c'est rentable. C'est en moyenne 500-600 euros d'économie, de pouvoir d'achat. C'est lutter contre la précarité énergétique qui se touche en Europe 54 millions de personnes, en France 7 millions de personnes.
C'est créé, je l'ai dit tout à l'heure, 130 000 emplois d'artisans sur tous nos territoires dans l'année ou dans les deux années qui viennent. J'en ai discuté avec la Fédération française du bâtiment, avec les artisans. Ils sont prêts. Mais ce gouvernement, malheureusement, a choisi de réduire par deux le budget de l'isolation des logements. Et nous devons le faire au niveau européen. Il faut que l'Europe, ça soit une zone d'investissement autour du climat, autour de la biodiversité, autour de l'emploi des jeunes.
Pour résumer simplement ce que vous venez de dire sur Emmanuel Macron, un, vous estimez qu'il doit stopper les accords éventuels de libre-échange avec l'Australie, il doit se réveiller à nouveau sur le Mercosur et sur la question...
Il doit se réveiller sur le climat.
Se réveiller sur le climat. Bien sûr.
Qu'est-ce qu'on a eu pendant les vacances de Noël ? On a eu le décret sur les distances, sur les pesticides, qui est exactement ce que demandaient les firmes agrochimiques, ce qui n'a rien à voir avec ce que... Et de l'agriculteur et des agriculteurs aussi. Et de certains agriculteurs. Et c'est pour ça... Certains agriculteurs, vous savez, c'est fondé sur les recommandations de l'ANSES. Non, non, non, non, attendez, attendez, attendez. Là, même l'ANSES, au fond, est très gêné dans la situation. L'ANSES dit, la décision du gouvernement se fait sur des données des années 80. Des années 80.
Le ministère de l'Agriculture lui-même, en 2016, avait envoyé une note au préfet en disant, pour les cultures hautes, au moins 50 mètres. Et vous avez tous les médecins...
Ils ont 40 ans de retard au gouvernement ? Emmanuel Macron a 40 ans de retard sur l'écologie ?
Ah, ben là, sur la question du modèle agricole, sur la question des pesticides, je peux vous dire que c'est au moins 30 ans de retard. En Bretagne, aujourd'hui, on est en train de financer, avec l'argent public, des élevages à 1 million, 1 million de poulets. On est en train de refaire du béton et des porcheries. Qu'est-ce qui va se passer ?
Avec qui vous travaillez, Yannick Jadot, sur ces questions-là, justement ?
Avec les paysans. Avec les paysans. Avec les chercheurs.
Mais est-ce que derrière vous, il y a des chercheurs, justement ? Parce que, vous voyez, il y a une idéologie, mais derrière, il y a aussi...
Mais il n'y a pas d'idéologie, madame. Non, non, non. L'idéologie, c'est de croire qu'on peut continuer à financer un modèle agricole qui laisse un tiers de nos paysans avec moins de 350 euros par mois pour vivre. Un système qui abîme l'environnement, qui est en train de détruire la biodiversité, qui crée le doute dans l'alimentation, qui contamine et qui fait disparaître les paysans. Ça, c'est de l'idéologie.
Mais là, le pragmatisme, ce qui est concret aujourd'hui, c'est d'utiliser les 9 milliards d'euros d'argent public européen liés à la politique agricole commune pour aider tous ces paysans à sortir du surendettement, à faire de l'alimentation de qualité et avoir des revenus d'essence tout en protégeant l'environnement.
Ce qui se passe en Australie nous emmène sur un terrain quasi philosophique sur lequel vous devez sans doute prendre position. Vous êtes le leader aujourd'hui de l'écologie en France. 24 morts, je le disais. 500 millions d'animaux touchés. Certains des plus radicaux dans votre famille politique ne mettent plus de hiérarchie. Est-ce que, Yannick Jadot, l'homme doit rester primordial dans les politiques publiques ? Est-ce que l'humanisme est compatible avec la défense de la planète ?
C'est un fondement de l'écologie, l'humanisme. Vous savez, moins il y aura de terres habitables parce que désertification, parce qu'inondation, parce que dégradation, parce que montée des eaux. Et moins on pourra faire de la solidarité. Et moins on pourra faire du partage. Au contraire, notre écologie, elle est profondément sociale.
Quand on voit quelqu'un comme Yves Cochet, qui vient de votre famille, qui a incarné votre famille politique pendant longtemps. Aujourd'hui, il est en Calais, en Bretagne. Il pense que tout va s'écrouler. Et une de ses premières mesures, c'est aussi de dire qu'il faut arrêter d'avoir des enfants.
Oui, mais moi, si vous voulez, je ne suis pas du tout d'accord avec ça.
Vous n'êtes pas d'accord sur la question de l'humain et de l'animal ?
Vous restez un humaniste, quoi. Mais je suis... Tous les écologistes sont humanistes. Même ceux qui... Pas tous. Non, non, mais si, si, si, si, si, attention. Moi, je trouve terrible. Un, certains sont radicaux. Que ceux qui ont bien vécu aujourd'hui, face à la leçon de dire qu'il ne faut plus faire d'enfants, je trouve ça potentiellement... Enfin, je trouve ça vraiment choquant, je vais le dire. Par contre, ce qui m'inquiète, c'est qu'il y a beaucoup de jeunes dans notre société qui ne veulent plus faire d'enfants. Oui. Parce qu'il se dit, justement, le futur n'est pas bienveillant. Ne sera pas bienveillant pour nos enfants. Et notre responsabilité profonde, c'est de redonner l'espoir.
C'est qu'on ait une espérance commune. Enfin, franchement, le combat écolo, si ce n'est pas aussi pour qu'il y ait une humanité un peu joyeuse, un peu réconciliée, un peu solidaire, il se perd. On ne se bat pas simplement contre la disparition des kangourous.
Et sur les méthodes, Yannick Jadot, quand on a vu l'apparition, par exemple, d'Extinction Rebellion, ce mouvement écologiste, plutôt du côté des zadistes, qui a notamment, par exemple, au cœur de Paris, installé des blocages avec un rapport, parfois, à la violence, à l'utilisation de la violence, extrêmement développé. Est-ce que vous soutenez des mouvements comme celui-là ? Est-ce que vous estimez qu'ils soutiennent aussi votre cause ? Et qu'ils font avancer votre cause ?
Ce qui est intéressant avec...
Ce sont d'autres manifestations
du combat écologiste. Bien sûr. C'est qu'au fond, aujourd'hui, la société s'empare de ces sujets-là. Tout le monde ne s'en empare pas de la même façon.
Non mais est-ce que vous soutenez l'attitude d'Extinction Rebellion ?
Mais un, je conteste le fait qu'ils mettent en place des actions violentes. Ah si, la privation de liberté, c'est une action violente. D'accord, enfin... On n'a pas le droit dans ce pays d'empêcher les gens de se réciter les libres. Donc, une manifestation pour vous, c'est violent. Donc, finalement, quand on fait des journées sans voiture, quand on fait des quartiers piétons, c'est une contrainte sur la liberté de situation. C'est décidé par des élus, élus au suffrage universel. Ce que je trouve intéressant, c'est que, que ce soit pour les gilets jaunes comme pour Extinction Rebellion, ce ne sont pas des personnes qui s'extraient de la société et de la politique.
Au contraire, ils disent l'espace public et l'espace de la reconstruction de la démocratie. Et, moi, il y a des choses, vous savez, j'étais à Greenpeace, donc de la désobéissance civile, j'en ai fait. Mais nous, on attaquait, on bloquait une centrale nucléaire, une raffinerie, voilà. C'était... On faisait des actions sur les pollueurs. C'est différent. Là, ça se passe dans la rue, ça se passe en centre-ville. Mais quand je vois des personnes de tous âges venir dans ces rassemblements pour parler ou avec une petite pancarte, je pense à ma petite fille, eh bien, je trouve ça extrêmement émouvant, je trouve ça extrêmement touchant.
Mais notre responsabilité politique, c'est de faire en sorte, encore une fois, que nous ayons un projet, que nous portions des solutions. Et pour ça, on va y arriver. Il faut conquérir le pouvoir. Il ne faut pas simplement attendre que les autres soient touchés par la grâce. Il faut qu'on agisse. Il faut qu'on agisse au profit de nos concitoyens.
Eh bien, précisément, vous êtes venu aujourd'hui avec les têtes de liste Europe, Écologie, Les Verts pour l'Île-de-France. On a vu David Béliard, le candidat à Paris, passer devant la caméra à l'instant pour venir s'asseoir derrière vous. Précisément, justement, rentrons dans cette organisation concrète de l'écologie au niveau local. Au soir des Européennes, vous triomphiez, vous disiez on est la troisième force politique du pays et depuis, eh bien, vous remontez pour les prochaines échéances électorales, c'est-à-dire les municipales. Mais je voudrais qu'on s'arrête un instant sur le cas de Paris parce qu'on a un peu du mal à comprendre. Cédric Villani et David Béliard, donc, derrière vous.
Le candidat Europe Écologie, Les Verts, a été chercher Cédric Villani. Il lui a tendu la main. Villani a accepté, a dit OK pour une alliance. Et puis finalement non, c'est le parti Europe Écologie Les Verts par la voix de son nouveau chef de parti, Julien Bayou, qui annonce qu'il n'y aura pas d'alliance. Donc je ne comprends pas. C'est-à-dire que vous allez le chercher, il vous dit oui et puis finalement vous lui dites non. Vous regrettez qu'il n'y ait pas d'alliance finalement ?
Alors, les élections municipales...
Vous êtes d'accord que c'est quand même... Vous avez un petit feuillet en coin. Je vois bien que vous-même vous n'y comprenez pas grand-chose quand même.
Ah si, je crois que je comprends. Alors vous allez m'expliquer parce que... C'est vous qui avez tranché ? C'est vous qui avez tranché. Non, ce n'est pas moi qui vais trancher. La force, c'est pour ça que je dis ça. Les élections municipales ne sont pas une élection nationale. Il y a 35 000 communes dans notre pays. C'est 35 000 cas particuliers. Alors pourquoi c'est le parti qui répond ? Pourquoi ? Moi je trouve extrêmement important que les écologistes ne se trompent pas d'élection. Notre élection, c'est l'élection municipale. On n'est pas dans la présidentielle. On n'est pas face à Macron. Notre objectif, notre objectif, c'est de transformer la vie de nos concitoyens en mieux.
Notre objectif... Donc le parti, c'est que les déplacements, les logements, l'alimentation, l'urbanisme, le coût de la vie...
C'est une action locale. Soit... Oui, mais attendez. J'arrive, j'arrive, j'arrive. Il faut qu'on a ça, c'est super. C'est un beau pitch.
Mais enfin, non, les faits...
Comment ça se passe ?
Parce que les canicules, la pollution de l'air, l'alimentation, les gens qui sont obligés de partir des centres-villes parce que les logements sont trop chers, c'est la réalité quotidienne essentielle de nos concitoyens. Il faut qu'il y a Pauline,
il faut des investitures,
il faut des... Moi, là, vous avez dit que nous étions absents depuis l'été. Mais depuis l'été, les écologistes sont sur le terrain. Depuis l'été, partout, ils construisent des coalitions
autour de l'environnement. Pour changer la vie des Français, il faut gagner. Vous dites que ce n'est pas une élection nationale, ça veut dire que le parti Europe Écologie des Verts se trompe ?
Je dis qu'il faut laisser à David Béliard la responsabilité, l'enthousiasme de porter ce qu'il propose, sa coalition climat pour Paris. Donc, y compris avec Cédric Villani.
Soyons clairs, parce que là, franchement, la question d'Apolline était très simple. Mais non, c'est oui ou non. Mais parce qu'il a lancé,
il a lancé, il a lancé un appel à tous les acteurs de la politique parisienne. En disant, on ne peut plus simplement être ambassadeur ou ambassadrice du climat, être maire, c'est s'occuper du quotidien des Parisiens. C'est la pollution de l'air. On ne peut pas d'un seul coup découvrir qu'on a trop minéralisé, qu'il faut végétaliser. Il faut devenir maire. Et donc, David Béliard, dont je salue le courage dans cette dynamique politique, il dit, travaillons, travaillons, travaillons, travaillons, et on verra à la fin ce qu'il est possible de faire.
Il est évident que si Cédric Villani, demain matin, vient sur votre plateau pour dire, Macron est un dieu qui a tout résolu sur les problèmes de l'écologie, de la justice sociale, de la démocratie, il n'y aura pas d'alliance. En revanche, si à l'échelle de Paris, enfin, nous avons un projet ambitieux qui fasse que Paris devienne une société du bien-être, de la joie partagée... Ça veut dire que la déclaration
de Julien Bayou, qui est à la tête d'Europe écologique désormais... Je la trouve maladroite.
Voilà. Je la trouve maladroite. Il faut faire confiance à nos têtes de liste. Vous savez, en Ile-de-France, vous avez plein de situations. Différentes. Différentes.
Autant qu'il y a effectivement de personnes dans votre pays.
Et c'est ça qui est super. C'est qu'on est en train de recomposer le paysage politique. On est en train de dire qu'il y a des enjeux majeurs. L'écologie,
la vie quotidienne, la justice sociale. Tous ceux qui sont prêts avec nous. Il faut prendre une minute encore sur Paris parce que Apolline a dépeint la situation. Je me mets à la place des électeurs parisiens. Franchement, rien n'est clair. Par exemple, pouvez-vous prendre l'engagement puisque vous avez gouverné la ville avec Mme Hidalgo depuis des années. Là, vous partez en candidature individuelle, en tout cas autonome pour le premier tour. J'en déduis que Mme Hidalgo ne va pas assez loin sur le plan de l'écologie, logiquement.
Est-ce que vous prenez l'engagement que dans un second tour, vous ne recommencerez pas exactement comme avant à gouverner la ville avec elle si jamais elle est en tête après le premier tour ?
Je ne veux pas, si vous voulez, j'ai dit que c'était des élections locales où ce sont les écologistes à l'échelle locale qui prennent leurs responsabilités. Je ne vais pas donner le second tour avant qu'on connaisse la fin du premier tour. Pourquoi y aller en autonome si on sait très bien que vous allez recommencer, vous allez regouverner la ville avec elle ? Je vais vous dire, le seul engagement que je prends, c'est que les écologistes ne seront plus les supplétifs de personne. C'est que l'écologie...
C'est ce qui est le cas aujourd'hui, notamment à Paris.
Mais on a pu aussi parfois se présenter à des élections pour, en assumant qu'on allait être dans des coalitions, dans des majorités, en étant minoritaires et qu'on ferait notre petite affaire, qu'on pousserait... Mais tout ce qui s'est bien passé sur l'écologie, à Paris, à Rennes, à Nantes, ce sont les écologistes qui l'ont porté. C'est parce qu'ils ont été candidés aux élections qu'ils l'ont imposé. Mais je vais vous dire, on est dans des villes, par exemple, prenons Paris, Paris a eu des grands-mères. Grand-mères. Il y a eu Jacques Chirac, il y a eu Bertrand Delanoé. On est d'accord, on n'est pas d'accord avec leur politique, mais ils ont marqué la capitale. Anne Hidalgo.
Eh bien, il est temps que ce soit un maire écologiste qui adapte Paris au nouveau contexte. C'est clair. Bordeaux a eu des grands-mères. Chaban, Juppé. Aujourd'hui, il est temps que ce soit un maire écologiste. Je dirais sur Lyon. Sur Lyon. C'est moins... Lyon a eu... Même Colomb a pu être adapté à une époque de Lyon. Il ne l'est plus aujourd'hui. Il faut un maire écologiste. On a compris. Et demain, je serai à Villeurbanne. Jamais... Première grande ville de banlieue dans notre pays.
Est-ce que vous avez les hommes pour vous appuyer là-dessus ?
Oui. On a les hommes, les propositions.
Et pas seulement au niveau national ? Qu'est-ce que ce soit au niveau...
À Besançon, à Strasbourg, à Montpellier, à Perpignan, il faut arracher Perpignan à l'extrême droite.
Yannick Jadot, là, on dézoome un peu. Si vous deveniez demain président, avec qui est-ce que vous gouvernerez ? Est-ce que vous estimerez ? Parce que vous disiez tout à l'heure que Julien Bayou, en gros, il confondait l'élection nationale et l'élection locale. Élection nationale, pour le coup. Est-ce que vous accepteriez des alliances ? Est-ce que vous pourriez gouverner avec d'autres ? Avec qui ? Est-ce que vous seriez forcément à gauche ? Est-ce que vous seriez forcément du côté du Parti Socialiste ou de la France Insoumise ? Est-ce que vous êtes encore aujourd'hui ancré de ce côté-là ? Ou est-ce que vous avez dépassé l'équivage et vous pourriez travailler avec des gens du modem ?
Ma culture politique, mon histoire politique, elle est plutôt à gauche. On ne va pas se raconter d'histoire. Mais aujourd'hui, je suis un écologiste qui veut, avec tous les écologistes, conquérir le pouvoir. Pas pour l'occuper, pour l'exercer. Pas pour l'accaparer, pour le rendre citoyen. Et que quand on voit ce qui se passe...
Vous êtes un parti de gouvernement. Bien sûr. Ça que vous voulez être. Aujourd'hui, ce n'est pas évident.
Mais, écoutez, je crois que les Français reconnaissent de plus en plus que nous proposons des solutions qui créent de l'emploi, de la justice sociale, qui sont des solutions d'innovation industrielle, d'innovation économique. Eh bien, moi, ce qu'on a envie de faire, c'est comme on le fait sur les municipales, de rassembler toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui se reconnaissent dans ces valeurs-là. C'est votre attitude et on retrouvera donc celle-là. On ne raconte pas d'histoire. Souvent, ils viennent de la gauche. Mais aujourd'hui, ils viennent de la droite. Et qu'est-ce que je vais faire ?
Je vais leur demander leur carte en arrivant s'ils sont convaincus que les sujets que nous portons sont des sujets essentiels. On travaille avec les entreprises. Et donc, vous n'êtes pas dans ce logiciel partisan. On l'a bien compris. On travaille avec les syndicats,
les associations pour transformer notre société. Elle en a besoin. Vous voulez gouverner le pays. Vous devez avoir une opinion précise sur ce que la France, l'Europe, peuvent faire aujourd'hui sur la scène internationale face à Donald Trump qui semble, là encore, par ses actions, déclencher l'embrasement au Proche-Orient. Qu'est-ce que, selon vous, la France ou l'Europe peuvent faire de nos jours face à cela ?
Alors, vous avez raison. La situation est absolument dramatique en Iran, en Irak, avec Joe Biden qui a pris cette expression en disant que Trump avait lancé de la dynamite dans une poudrière. Son geste est irresponsable. Non pas que je défends et que j'apprécie M. Souleymane qui a été tué. Ce type était une ordure. Mais quand vous n'attaquez pas l'un des principaux dirigeants ou des principaux généraux d'un pays, si vous voulez, l'apaisement. Donc, notre responsabilité, c'est que l'Europe pèse de nouveau dans le concert des nations, ce qu'elle ne fait pas aujourd'hui. Pour ça, évidemment, il y a les élections américaines en 2020. si Trump repasse, ça va être compliqué.
Si Trump ne repasse pas, il faut que l'Europe remette l'accord sur le nucléaire au centre du jeu. Parce que c'était quoi l'hypothèse autour de l'accord sur le nucléaire ? C'était d'éviter la tension au niveau de la prolifération nucléaire, mais c'était aussi un pari politique sur l'Iran. C'était de se dire Caménie va disparaître. Rouhani, c'est comme ça que ça se passe en Iran, désignera le nouveau guide suprême. C'était le pari d'Emmanuel Macron au moment de l'Ottawa du Géphard-Garit. Il faut y revenir. Et pour ça, l'Europe doit avoir une politique étrangère commune, ce qu'elle n'a pas aujourd'hui. C'est un enjeu. C'est un enjeu de toutes les souverainetés. Merci beaucoup.
Et quand, juste pour finir, se libérer du pétrole, c'est aussi se libérer de la dépendance de l'Irak, de l'Iran, de l'Arabie saoudite et de la Russie. C'est aussi ça. La boucle est bouclée sur l'écologie.
Yannick Jadot, merci d'avoir été avec nous. Quelle est votre résolution pour 2020 ?
Contribuer à faire gagner le maximum de mer. Prendre l'avion ? Prendre l'avion ? Non, parce que des fois, c'est nécessaire. Je ne suis pas... Donc, aucun radicalisme si vous deux fois,
vous-là, du pragmatisme. On a tellement
à profiter de la vie. On peut tellement trouver des solutions de nous réconcilier et de nous apaiser. Et ça, c'est l'écologie.
Peut-être que c'est ça qu'il faut nous souhaiter à tous pour 2020. Un peu d'amour. Profitez de la vie. Un peu d'amour et de bienveillance pour 2020. Yannick Jadot, merci d'avoir été avec nous pour BFM Politique. Merci à David Ducan, à Edwige Chevrillon. La qualité continue, bien sûr, sur BFM TV. Et je vous retrouve, pour ma part, à 18h. Pour rien en même temps, à tout à l'heure.
Yannick Jadot