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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 août 2024 26 min

Nomination à Matignon, commission d'enquête sur les Jeux de Paris 2024... Le "8h30 franceinfo" d'Alma Dufour

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Alma Dufour

Bonjour Alma Dufault, vous êtes-vous comme beaucoup de Français prise aux Jeux Olympiques, aux Jeux ? Oui bien sûr, évidemment c'est formidable toutes ces médailles, c'est formidable de voir ces performances, je pense que ça fait du bien, je me baladais un peu partout en France ces derniers jours et on voit quand même que les gens après les deux dernières années qu'ils ont vécues sont contents aussi d'avoir de quoi se réjouir un petit peu, même si tout n'est pas rose dans ces Jeux et on a tiré la sonnette d'alarme sur plusieurs choses qui nous paraissent très problématiques mais voilà quoi qu'il en soit on est très très fiers des athlètes français aujourd'hui.

0:38
Invité

Vous personnellement ça vous touche le clapping géant pour Léon Marchand au Club France, la ferveur, l'euphorie même à la Concorde au basket 3-3 hier soir, le Suédois du Plantis qui s'envole dans le ciel du Stade de France ?

0:53
Alma Dufour

Bien sûr que ça touche, ce qui touche déjà c'est la performance, ce qui touche c'est les parcours de vie de ces athlètes, ce qui touche c'est le fait qu'on soit capable de se réunir autour de ça, ça ça touche évidemment, moi ce qui me touche aussi c'est le profil des médaillés d'or, c'est l'image de la France que l'on renvoie qui pour moi est à dix milieux des polémiques montées par l'extrême droite, est une image de diversité, est une image de courage, de force, de valeur, de partage, c'est ça qui me touche, c'est l'image de mon pays, la France que moi j'aime, la France dans laquelle j'ai grandi et que j'ai l'impression d'avoir vu revenir en fait justement avec ces médaillés d'or, je pense notamment à Teddy Rienard, à toute l'équipe de judo mais aussi à Léon Marchand et ça c'est très très beau et ça je pense que ça fait du bien à tout le monde.

1:39
Invité

Alma Dufour, le 25 juillet avant la cérémonie d'ouverture, la France Insoumise a annoncé vouloir mettre en place une commission d'enquête sur ces jeux, est-ce que c'est encore le cas, à quoi ça va servir, pourquoi ?

1:50
Alma Dufour

Alors parce que justement si tous les françaises et les français sont heureux de voir les jeux, sont heureux de profiter du sport, c'est pas des girouettes et c'est pas des imbéciles et je pense qu'ils apprécient assez peu le fait que sous couvert de la grande fête des jeux, on essaye de leur faire avaler un peu tout et n'importe quoi politiquement. Et bien typiquement, on se pose la question 1 sur la rentabilité de ces jeux pour l'économie nationale, sur des investissements colossaux qui ont été réalisés notamment par exemple pour rendre la Seine baignable et ça n'a échappé à personne qu'elle n'est qu'à moitié, qu'il y a des triathlètes qui ont été contaminés. Ça, ça choque les gens.

Ça c'est pas sûr, il n'y a pas de triathlètes contaminées officiellement. Pour l'instant, on a des doutes, mais en tout cas ce qui choque les gens, c'est que dépenser 1,5 milliard d'euros pour rendre la Seine baignable alors qu'on a des problèmes d'accès à l'eau potable dans les territoires d'outre-mer, c'est des choses qui ont choqué. Expulser des étudiants à l'appel, expulser des personnes en précarité de logement, si mais sans doute, mais en tout cas les choix devront être mesurés par rapport à l'efficacité de l'argent public qui a été investi. Il y a beaucoup de choses qui posent problème dans ces Jeux et ça n'enlève en rien le plaisir du sport et le plaisir de la compétition sportive.

2:55
Invité

C'est des choses très différentes. Sauf que c'est précisément ce que vous écrivez dans l'appel et dans l'annonce de cette commission d'enquête populaire. Vous dites que ça n'a plus rien à voir avec la cohésion et le plaisir du sport. Depuis dix jours, on la voit la cohésion et le plaisir du sport.

3:08
Alma Dufour

Bien sûr, mais attendez, pour les habitants de la Seine-Saint-Denis qui, pendant des mois, ont vu des travaux colossaux, des piscines gigantesques se construire dans leur territoire, alors qu'ils sont plusieurs mois de l'année privés d'ascenseurs dans leur logement, alors que leurs enfants ont du mal à accéder à la piscine, alors qu'il pleut dans les lycées du 93. Ça, c'est aussi des choses douloureuses.

Notamment, les députés qui sont à la tête, on va dire, de cette commission d'enquête sont des députés du 93, voient l'écart colossal, comme je le disais, qu'il y a entre les investissements réalisés pour le quotidien des Françaises et des Français, et ce qui a été mis sur la table, par moment avec un peu moins de succès, pour des infrastructures, des Jeux olympiques, dont on ne sait pas exactement à quel point ça va apporter une pluie sur les gens.

3:47
Invité

Mais précisément, la Seine-Saint-Denis, c'est 4000 logements qui vont être issus du village olympique, c'est...

3:52
Alma Dufour

C'est pas énorme, 4000 logements ?

3:54
Invité

Enfin, chaque année, il y en a 10 000, c'est 4000 d'un coup, alors c'est sans doute pas assez, mais c'est 7 piscines, je crois, dans un département, où plus d'un 1 sur 2...

4:04
Alma Dufour

Quand je vous dis, je pense que ce qui pose aussi problème, c'est qu'il pleut dans des lycées, c'est qu'il y a dans des HLM des problèmes d'ascenseurs, des problèmes d'insalubrité colossaux dans les logements sociaux, c'est des problèmes d'infrastructures du quotidien, qui seront pas forcément résolus par les infrastructures sportives, même si elles sont quand même bienvenues en partie, mais c'est ça que je veux dire, on est censé être à l'europré en termes d'argent public, on est censé contrôler la dépense publique, et là, on a une dépense absolument colossale, des rallonges budgétaires qui sont décidées sans vraiment contrôle démocratique et sans contrôle de ce qui va rentrer à la fin, in fine, dans les caisses de l'État.

Donc c'est tout à fait normal que les parlementaires aient un droit de regard, et à travers nous le peuple français, sur comment on utilise l'argent public en France. Mais elle entendra qui, cette commission d'enquête, par exemple ? Eh bien justement, on entendra à la fois des chefs d'entreprise, on entendra à la fois des élus locaux, on entendra à la fois des experts financiers aussi sur la rentabilité des Jeux, on va entendre tout l'écosystème, en fait, de ce que ça a été comme opération économique, les Jeux Olympiques, pour la France. Ça, c'est à la rentrée, septembre ? Ça, c'est à la rentrée, oui, tout à fait.

5:09
Invité

Vous parliez de la Seine, il y a eu des entraînements annulés, mais globalement, il y a encore quelques mois, personne ne peut croyer que les épreuves auraient lieu, or, elles ont eu lieu. Ça, il y a peut-être des affinées, mais c'est un héritage. C'est un héritage écologique considérable, quand même, et qui fait du bien à tout le monde.

5:29
Alma Dufour

Vous trouvez ? Enfin, très, très honnêtement, l'eau de la Seine, ça a été une bataille colossale pour la rendre à peu près...

5:34
Invité

C'est 37 variétés de poissons au lieu d'une dizaine, à peu près...

5:38
Alma Dufour

Mais vous savez très bien que la Seine est extrêmement polluée, qu'on a du mal à contrôler dès qu'il pleut, en fait, on a du mal à contrôler les infrastructures, ce qui est rejeté dans la Seine, qu'on a des enjeux écologiques absolument.

5:47
Invité

Donc, il fallait renoncer à restaurer ce milieu naturel-là ?

5:49
Alma Dufour

Moi, honnêtement, franchement, c'est pas. La Seine, à ce stade-là, dans cet endroit-là, à Paris, n'est pas exactement un écosystème naturel. Il y a énormément de choses à faire pour préserver nos écosystèmes naturels. Moi, qui suis élue en Seine-Maritime, par exemple, on a des investissements colossaux à réaliser pour se préserver de la crue de la Seine, justement, par rapport à la montée des eaux. Tout cet argent-là n'est absolument pas mis sur la table. On est super carencés en termes d'investissement dans la transition écologique. Et là, la priorité, c'est de rendre la Seine, à Paris, baignable. Aux Parisiens. Aux Parisiens.

Mais attendez, vous pensez vraiment qu'elle va être baignable au quotidien ? C'est la promesse. C'est la promesse, mais moi, je suis absolument persuadée que ce ne serait pas le cas. Malheureusement, les efforts et les investissements pour qu'elle soit baignable de façon très, très contrôlée à une période précise de l'année sont tellement énormes que ça paraît absolument improbable qu'elle le reste. Vous savez, les plages au bord de l'océan, certains jours, sont fermées parce qu'il y a des bactéries. Non, mais ce n'est pas exactement la même chose une plage au bord de l'océan et la Seine au milieu de Paris.

De toute manière, je pense que, très sincèrement, tout le monde a conscience que c'est une gageur. Tout le monde a conscience que ça ne restera pas baignable, que les gens, malheureusement, dans un an, ne passeront pas leur été à se baigner dans la Seine. Rendez-vous dans un an. Rendez-vous dans un an. Alma Dufour. Je pense, encore une fois, pardon, et si ça doit nous coûter à chaque fois 1,5 milliard d'euros par an, qu'il faut peut-être renoncer.

7:04
Invité

Mais pour les autres fleuves. Et peut-être que la question se pose, effectivement, de comment le financer. Mais vous, vous pensez que ce n'est pas du tout

7:11
Alma Dufour

la transition écologique qu'il y a à réaliser. Là, on parle de maisons qui peuvent être inondées. On parle d'usines Céveso situées en bord de Seine. On parle aussi de territoires où il n'y a plus d'eau à l'inverse. Là, on parle, comme je vous le disais, les territoires d'outre-mer. Là, on parle d'enjeux beaucoup plus vitaux pour les Françaises et les Français.

7:27
Invité

On va évoquer le prochain ou la prochaine Première Ministre, le prochain gouvernement avec vous, Alma Dufour. Dans une minute, le temps du Filinfo, puisqu'il est 8h40. Claire Chekagé. Les lois de l'apesanteur défiées par un homme muni d'une perche. Deuxième titre olympique après Tokyo et nouveau record du monde pour Armand Duplantis, le champion suédois, a sauté à 6,25 m hier soir. Après le BMX, le VTT et la course sur route, encore des chances de médailles françaises pour les cyclistes côté homme. Épreuve sur piste aujourd'hui. Deux équipes tricolores sont en lice pour le bronze. L'une concourt en vitesse, l'autre en poursuite par équipe.

Des interventions bénignes qui tournent au drame entre 2008 et 2017. Point commun des patients, leur anesthésiste Frédéric Péchier, le médecin de Besançon, est renvoyé devant les assises du Doubs pour 30 empoisonnements. 12 ont abouti à des homicides. 109 morts au moins au Bangladesh hier lors d'affrontements entre manifestants et policiers. Bilan quasi identique avant-hier. Ce lundi, la première ministre a été chassée du pouvoir. Elle a pris la fuite pour se réfugier en Inde. France Info

8:33
Présentateur

Le 8.30 France Info, Bérangère Bonde, Marie Bernardo.

8:38
Invité

Avec Alma Dufour, députée LFI, nouveau Front populaire de Seine-Maritime. Le prochain Premier ministre sera sans doute connu dans quelques jours, dès la fin des Jeux, dans le Figaro ce matin, au Horberger. L'ancienne patronne des députés macronistes demande à ses troupes de s'entendre avec les Républicains pour gouverner ensemble. Selon vous, ça va se terminer à droite, cette affaire ?

8:59
Alma Dufour

Ça va sûrement tout mal se terminer parce qu'on a quand même la troisième et la quatrième force de l'Assemblée nationale qui se mettent à magouiller ensemble pour essayer de garder un gouvernement contraire au choix des Français qui se sont exprimés quand même à deux élections de suite, qui se sont exprimés pour qu'on les sorte notamment de cette crise terrible du pouvoir d'achat. Et donc, ça veut dire qu'en septembre, ce gouvernement qui est illégitime finira par tomber probablement devant l'Assemblée nationale.

9:26
Invité

Mais le nouveau Faux populaire qui a de fait le plus gros contingent de l'Assemblée, 183 députés, n'a pas de majorité. Vous vous dites pourquoi on a tant traîné ? Pourquoi on a tergiversé notamment sur le choix d'un candidat ou d'une candidate pour Matignon ?

9:40
Alma Dufour

Ah non ! Moi, je me dis pourquoi Emmanuel Macron est un président qui s'obstine à ne pas écouter le désir des Françaises et des Français à ne pas respecter les résultats des élections qu'il a lui-même convoquées ? Parce que comme vous l'avez dit, oui, il peut essayer de prolonger son sursis, il peut essayer de magouiller puisque nous n'avons pas la majorité absolue, il peut essayer de faire des combines avec les Républicains. Le résultat est quand même que les Français l'ont placé en troisième position aux Européennes, l'ont placé en troisième position aux législatives, au premier tour des législatives. Les Français ne veulent plus de la politique d'Emmanuel Macron.

Toute la presse internationale le voit, c'est criant, critique, la dérive autoritaire d'Emmanuel Macron. Donc là, il s'achète un mois de plus, mais ça ne va pas durer très longtemps. Dans ces conditions, est-ce que Lucie Casté est toujours la bonne première ministre ? Bien sûr, bien sûr. Je veux dire, essayons-la. C'est quelqu'un d'extrêmement compétent, c'est quelqu'un qui a un profil aussi peut-être plus technocratique, qui peut rassurer aussi les observateurs qui se disent à la gauche au pouvoir, ça risque d'être problématif avec tout le programme qu'on veut mettre en oeuvre, tous les grands changements que l'on veut conduire.

Évidemment que nous soutenons toujours la candidature de Lucie Casté et honnêtement, Emmanuel Macron ne va pas avoir le choix, sauf si le Rassemblement national décide de fait de soutenir Emmanuel Macron et donc de soutenir sa politique de casse sociale qui continue à mener. Sauf qu'il faut,

11:04
Invité

pour que ça fonctionne, pour Lucie Casté, que d'autres forces de l'Assemblée viennent constituer des majorités avec vous sur certains textes. Or, les deux tiers des députés ne veulent pas, disons les choses clairement, de la France insoumise. à tort ou à raison, c'est devenu une espèce de repoussoir. Quel diagnostic vous faites ? Les déclarations régulièrement, une Sophia Chikirou qui relaie un hommage au chef du Hamas et c'est reparti. Ça n'est pas condamné clairement et cette alliance, elle fait peur. C'est un fait, elle fait peur. Qu'est-ce qu'il faut en tirer comme conclusion ?

11:40
Alma Dufour

Non, moi j'en tire les conclusions que... Enfin, j'en tire pas du tout ces conclusions-là. J'en tire les conclusions qu'on a de la France insoumise à déposer par exemple une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites et que tout de suite il y a des députés qui ont commencé à se positionner et dire qu'ils voteraient sans doute pour. J'en tire la conclusion que même le Rassemblement national a dit qu'ils voteraient pour cette proposition de loi.

Donc j'en tire la conclusion que projet par projet, comme c'est le but du nouveau Front populaire, c'est-à-dire avant tout de s'attaquer à la crise sociale, à la crise du pouvoir d'achat, à la crise de l'inflation, au problème de vie digne en fait et du travail qui devient de plus en plus pénible, que nous trouverons évidemment des majorités pour voter des textes qui sont plébiscités par plus de 90% des Français. Je pense à l'indexation des salaires sur l'inflation par exemple, c'est 93% des Français par sondage qui sont favorables. Donc moi je pense que si on dépose ce type de proposition de loi dès septembre, elles seront votées par la majorité de députés.

12:33
Invité

Même sur les retraites, c'est pas clair au sein de votre camp. Les socialistes ne sont pas complètement raccords sur les annuités, sur le départ à 60 ans. Ah si, on est...

12:41
Alma Dufour

Le travail que fait Lucie Casté en ce moment, c'est clair pour vous ? Oui, mais c'est quand même clair qu'on est d'accord sur 62 et progressivement revenir à 60. Notre programme... C'est 60, les socialistes se passent... C'était plutôt 62, mais on est en train de négocier et de se montrer mutuellement nos objections, ce qui est possible, pas possible. Justement, c'est ça une alliance, c'est dans le respect, dans le dialogue, dans des arguments constructifs qu'on avance. Elle tient dans la durée cette alliance ? Mais elle tient dans la durée parce que c'est fou, parce que chacun essaye de pointer nos divisions, soi-disant, ce qui n'irait pas, etc. Mais on est quand même...

Vous les pointez également dans le camp d'en face ? On est quand même le seul groupe politique... Non, non, mais ce que je veux dire, c'est que les médias ont eu beau jeu de dire oui, vous n'êtes pas prêts, vous n'êtes pas prêts à gouverner, etc. On est le seul camp politique qui a un programme chiffré, chiffré soutenu par 300 économistes, un programme sur lequel on a discuté point à point de tous les enjeux, à la fois économiques, sociaux, mais aussi géopolitiques.

Évidemment, ça n'a pas été simple, évidemment, par moments, ça a été même tendu, mais je pense qu'on est plus d'accord entre nous, entre les différents partis qui composent le NFP que certains députés du camp macroniste entre eux sur les sujets géopolitiques ou économiques ou même que les républicains et les macronistes aujourd'hui. La balle, elle est dans le camp aujourd'hui de qui ? De Lucie Casté qui doit mener plus campagne entre guillemets d'Emmanuel Macron ? Ce n'est pas à Lucie Casté d'apprendre à Emmanuel Macron à respecter les Françaises et les Français. Pardon !

C'est à Emmanuel Macron de se rendre compte que son air, elle est révolue, que s'il veut que son camp, voilà, qui se représente en 2027, il ne peut pas là aujourd'hui, mais qui trouve une manière ou qu'il laisse un successeur le faire, mais en tout cas, jusqu'à 2027, il a perdu les Européennes, il a perdu les législatives, il doit absolument écouter le peuple français qui ne veut plus de sa politique. Je pense que ça, tout le monde est d'accord là-dessus.

La presse internationale, en tout cas, ça lui saute aux yeux et à un moment donné, ça finira mal cette histoire s'il donne l'impression aux Françaises et aux Français que voter ne sert absolument à rien parce que les 49-3, parce que finalement, la première force arrivée première aux résultats des législatives n'est pas appelée au gouvernement, parce qu'il gèle le corps électoral et il fait une dissolution décide en catastrophe et ça ne gêne absolument aucun commentateur parce que tout ça, en fait, à un moment donné, s'il veut que l'extrême droite rafle le pouvoir dans ce pays, il n'a qu'à le dire, en fait, mais c'est exactement le mode d'emploi pour y arriver.

14:50
Invité

Alma Dufour, les sorties irritantes, je n'ai pas entendu votre réponse régulière, qui font hurler les socialistes dans le cas de Sofia Chikirou qui relaient un hommage au chef du Hamas, Ismail Annié, après son assassinat. Vous, vous les condamnez ?

15:04
Alma Dufour

Écoutez, je pense que c'était absolument... D'ailleurs, moi, je n'ai pas vu cette sortie, c'était une sortie sur son compte personnel. Instagram. C'est un relais, je crois, d'un visuel. Oui, alors, c'était de l'information, clairement. Écoutez, j'ai trouvé ça, j'ai trouvé ça que ça n'avait pas lieu d'être, que ça n'avait pas sa place et que c'était très dommage parce que ça brouille le message que moi, ce que je sais, c'est que la position de mon mouvement, elle est très claire, c'est que nous demandons depuis le début du conflit et depuis le 7 octobre que les dirigeants du Hamas soient jugés par la Cour pénale internationale. Par contre... Mais c'est même dans l'accord du nouveau conflit.

Ah, mais c'est tout à fait dans l'accord. Donc, c'est un coup de canibre dans le contrat, non ? Non, alors, attendez, c'est pas un coup de canibre dans le contrat parce que personne n'a dit « Vive le Hamas » et personne n'a dit « Il ne faut pas qu'il soit jugé et condamné. » Par contre, ce qui se passe aujourd'hui, c'est que les négociations sont plus qu'au point mort du fait, justement, de l'assassinat du leader politique et non militaire du Hamas. Et ça, tous les experts géopolitiques le disent, c'est-à-dire quel que soit le regard dictatorial, quel que soit le regard qu'on porte là-dessus... Pourquoi ce mot-là saute toujours ? Enfin, est terroriste puisque...

Oui, terroriste, si vous voulez, mais je veux dire, oui, terroriste, quel que soit le regard qu'on porte du coup sur le Hamas, la question de l'assassinat de la personne qui était en train de mener les négociations pour en cesser le feu et donc la question de l'escalade du conflit dans la région est très, très, très inquiétante. Donc, on a le droit aussi de dire qu'Israël s'enferme dans une dérive en attaquant sur le sol iranien en bombardant le Liban, en bombardant la Syrie, tout ça, en une semaine concentrée qui est excessivement inquiétante pour tous les pays concernés mais aussi même pour les Etats-Unis qui tirent vraiment la sonnette d'alarme sur le risque d'escalade.

16:41
Invité

On reviendra sur le Proche-Orient juste après la pause mais simplement pour en finir avec la gauche et le Nouveau Fonds Populaire. Bernard Cazeneuve dont le nom circule pour Matignon, est-ce que c'est une hypothèse acceptable pour vous ? Moi, je reste fidèle

16:53
Alma Dufour

à l'hypothèse qui réunira peut-être plus largement que Lucie Castel. Non, parce qu'encore une fois, nous n'avons pas besoin de réunir un soutien à chaque nom qui compose le gouvernement de la part des députés de l'Assemblée nationale. Nous avons besoin que les députés choisissent en leur âme et conscience s'ils sont pour ou contre l'abrogation de la réforme des retraites, s'ils sont pour ou contre l'augmentation des petits salaires et l'augmentation des petites retraites et s'ils sont contre qu'ils déposent une motion de censure et qu'ils fassent tomber le gouvernement. C'est ça qu'on demande aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Nous devons proposer car nous sommes arrivés en tête.

Ils disposent et ils décident sur nos propositions. Donc Bernard Cazeneuve ? Bernard Cazeneuve, non, c'est non parce qu'il est trop orienté vers le centre. Il ne représente pas le barricentre du programme économique et social du nouveau Front Populaire. Il est trop loin de l'équilibre qu'on a réussi à trouver entre toutes les forces qui composent le nouveau Front Populaire qui est quand même un programme, il faut le dire, économique et socialement de rupture et le seul qui soit à même de sortir notre pays de la crise. Il est 9h moins 10, Salma Dufault, on se retrouve juste après le fil info, c'est avec Claire Chekaglini.

17:54
Invité

La France dans le top 5 des Nations Olympiques, on peut le faire, assure Amélie Odea Castera. On est dans la course, ajoute la ministre des Missionnaires des Sports. Les Bleus ont pour l'instant décroché 48 médailles, la France est donc 3e derrière les Etats-Unis et la Chine. La Polynésie célèbre son héros, Kaoli Vast, premier champion olympique thaïtien, l'enfant du pays rapporte le premier titre de surf à la France et la 2e médaille de la nuit depuis une plage de sable blanc, Johan Defey est ressortie, elle, bronzée, de la vague mythique de Tiopou.

Appel d'Anthony Blinken à casser le cycle de violence au Proche-Orient, l'escalade n'est dans l'intérêt de personne à marteler le chef de la diplomatie américaine, propos tenu à la suite d'une réunion d'urgence à la Maison-Blanche face au risque de guerre Iran-Israël. Plus de 70 migrants, dont une douzaine d'enfants, interpellés hier dans la Somme sur la côte Picarde, ils avaient notamment fui soit l'Afghanistan, soit le Soudan ou encore l'Iran ou l'Irak. France Info

18:57
Présentateur

Le 830 France Info Bérangère Bonte Marie Bernardo

19:01
Invité

Et Amma Dufour, députée LFI de Seine-Maritime, le Proche-Orient, disons un mot, la crainte d'un embrasement, vous la partagez ? Ah ben,

19:12
Alma Dufour

oui, je pense que tout le monde la partage, je pense que c'est extrêmement inquiétant. En réalité, aucun des pays n'a intérêt à cet embrasement et à cette escalade, mais sauf peut-être une partie du gouvernement d'extrême droite israélien qui a l'air de pousser un peu tout le monde dans ses retranchements et à la faute et dans une fuite en avant jusqu'au boutiste parce qu'on ne sait plus trop exactement quels sont leurs objectifs dans la bande de Gaza.

Donc à part une partie, et je pense qu'une partie du gouvernement israélien, en fait, personne n'a intérêt, mais c'est le propre de l'escalade, c'est que chacun se voit pour des raisons internes obligé d'aller toujours plus loin et l'Iran, tout le monde admet malheureusement que l'Iran n'a pas vraiment le choix pour des considérations internes auprès de sa propre population que de répondre et de riposter à l'attaque israélienne et c'est ça justement que l'on redoute. Qui est selon vous à la clé d'une forme d'apaisement ? La communauté internationale et en premier lieu les Etats-Unis.

Je pense que laisser entre guillemets Israël agir comme il le fait depuis maintenant dix mois dans la région, c'est-à-dire à la fois de mener une riposte complètement disproportionnée sur la bande de Gaza, d'affamer volontairement deux millions de personnes et maintenant de bombarder les pays voisins, ne peut plus continuer comme ça. Cette situation, elle ne peut plus être résolue seulement par les parties prenantes au conflit. Il faut absolument que le Conseil de sécurité de l'ONU, notamment, décide d'intervenir. Nous le demandons depuis des mois, nous demandons l'envoi des casques bleus à Gaza, nous la France insoumise, nous le demandons.

Je pense qu'aujourd'hui il n'y a plus rien qui puisse empêcher le massacre mais aussi des sanctions économiques contre les différentes parties qui contribuent à cette escalade. Évidemment Israël mais aussi l'Iran et toutes les parties qui contribueraient à alimenter l'attention dans cette région qui est une poudrière. La France, l'Europe n'ont aucune voix là-dedans. Parce qu'elles ne décident de ne pas en avoir. Je veux dire, l'Union Européenne est le premier partenaire commercial d'Israël. Les Etats-Unis sont le premier partenaire militaire mais l'Union Européenne est le premier partenaire commercial d'Israël.

On n'a toujours pas suspendu ne serait-ce que l'accord d'association économique et diplomatique avec Israël qui est un accord extrêmement avantageux. Oui mais il est marqué dans l'accord qu'en cas de violation avérée grave des droits de l'homme il peut être suspendu. Il n'y a aucune mesure tangible de rétorsion économique ne serait-ce que minime qui ont été prises. Je veux dire, on ne parle même pas des sanctions économiques qui ont été adoptées contre la Russie à très juste titre. Mais là, on ne parle même pas de ça. On parle juste d'un accord préférentiel très avantageux qui n'est même pas suspendu.

On n'a même pas commencé à élaborer une sorte de riposte graduée, de réponse graduée à ce qui est en train de se passer là-bas. Et les Etats-Unis, c'est exactement la même chose. Tant que la communauté internationale décidera de se rendre impuissante et de laisser la situation pourrir, excusez-moi du mot, mais c'est vraiment le cas, dans la région, vraiment, on peut craindre le pire.

22:03
Invité

Almeida Dufour, le gros coup de froid sur les marchés financiers hier, même si ça s'est un tout petit peu calmé cette nuit après le dernier rapport sur l'emploi aux Etats-Unis qui fait craindre une réception, une récession. C'est assez de doute.

22:16
Alma Dufour

Est-ce que ça vous inquiète en essayant de se réceptionner ? Oui, bien sûr que ça nous inquiète. Et en fait, on le dit depuis plusieurs mois. Ce qui je trouve très intéressant, c'est la capacité de faire comme si tout allait bien dans le système par les tenants de la politique néolibérale comme Emmanuel Macron, comme si, voilà, on a par exemple les yeux rivés sur la dette française. On dit, ah mon Dieu, la note de la France va être dégradée, qu'est-ce qui va se passer ? Et là, en fait, on n'a jamais emprunté à des taux aussi bas depuis très longtemps alors que la note de la dette française a été dégradée.

Ce que je veux dire, c'est qu'en fait, la menace va venir comme d'habitude du secteur privé, de la finance privée qui s'est engagée dans des bulles spéculatives aux Etats-Unis, notamment dans l'immobilier, donc l'immobilier de bureau et aussi de la politique absolument désastreuse des banques centrales qui ont décidé de remonter les taux pour lutter contre l'inflation au lieu d'admettre et de dire aux populations que l'inflation, elle est due à la spéculation. La crise inflationniste que l'on connaît depuis plus de deux ans, elle est due à la spéculation des grandes multinationales que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe et qu'en fait, pour lutter contre l'inflation,

23:16
Invité

il fallait contrôler les marges. Vous parliez d'Emmanuel Macron, il n'a rien à faire dans cette spéculation ?

23:20
Alma Dufour

Si, parce qu'Emmanuel Macron mène peu ou prou des politiques qui ressemblent aussi à la doxa économique américaine. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron n'arrête pas de répéter que le problème, c'est la dette française, que le problème, c'est la note de la dette française et le problème, c'est qu'on devrait faire toutes ces réformes sociales parce que nous n'aurions pas le choix parce que les marchés financiers ne voudraient plus nous prêter de l'argent. Résultat des courses, on se rend compte que c'est exactement l'inverse de ce qu'il annonce régulièrement et de ce que ses ministres annoncent à la télé.

C'est-à-dire, les agences de notation dégradent la note française, ça ne nous empêche pas non seulement d'emprunter, mais on emprunte moins cher. En réalité, nous sommes menacés par l'instabilité financière créée par les marchés financiers. Emmanuel Macron est très pro-marché, refuse de regarder les dérives du système capitaliste financier mondialisé. C'est ça que je veux dire. C'est-à-dire qu'il y a quand même une filiation idéologique entre ceux qui aujourd'hui provoquent la crise aux Etats-Unis et Emmanuel Macron en France. La réponse, votre réponse, Nouveau Fonds Populaire, c'est quoi ? C'est la taxation des actionnaires ? Déjà, c'est contrôlé. Il y a deux choses.

On est content quand même que la Banque Centrale Européenne, elle, ait eu la sagesse de se rendre compte que remonter les taux et continuer à les laisser très haut était une très mauvaise idée et commence à baisser un petit peu les taux directeurs. Elle a commencé en juin. Nous, ce qu'on demande, c'est une accélération de cette baisse des taux dès la rentrée. Que la BCE poursuive son effort pour ne pas finir comme les Etats-Unis. Ça, c'est pour le point de vue ensuite, effectivement, il faut contrôler l'inflation à sa racine.

Ce qu'on dit depuis deux ans, c'est que l'inflation, elle est due à l'explosion des marges dans certains secteurs comme l'énergie, par exemple, et qu'il faut contrôler les marges. Et on peut contrôler les marges de deux manières, taxer les super-profits ou bloquer les prix. Taxer les actionnaires, ça ne va pas les faire arrêter de boursicoter. Ils y remettraient leur argent ailleurs. Mais il faut contrôler. Évidemment que si vous dites juste que je vous taxe et je ne mets aucune politique de rétorsion en place si vous essayez d'évader la taxation, c'est sûr que ça ne marche pas comme ça.

Il faut se doter d'instruments de contrôle financier, de contrôle des capitaux et de contrôle de ceux qui essayent d'évader notre système d'impôt beaucoup plus efficace qu'aujourd'hui pour que ça vous coûte si vous décidez de mettre vos billes ailleurs en termes... Voilà, c'est-à-dire que est-ce que vous avez toujours le droit de faire du business en France si vous échappez à l'impôt, si vous décidez de planquer, excusez-moi, vos sous dans des holdings au Luxembourg, etc. Tout ça, c'est un cadre économique global qu'il faut renégocier. Et on doit s'arrêter là.

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France Info, ce matin, députée La France Insoumise de Seine-Maritime. Bonne journée à vous.