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Discours / meetingRévolution Permanente· 22 juin 2026 12 minAutoproduitActualité / polémiqueJusticeSécuritéEurope & internationalInstitutions & élections

« Transformer le PROCÉS d'Anasse Kazib en procès de la répression d'Etat ! » Elsa Marcel

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:26Invité politiqueFait
    « le Parti socialiste, parce que c'est le Parti socialiste qui est responsable de ce qui se passe aujourd'hui, retirait cette infraction de la loi sur les délit de presse »
  • 2:43Invité politiqueFait
    « ça veut dire qu'il y a des présidents de chambre correctionnelle qui peuvent décider qui demain va se présenter aux élections présidentielles ou pas en fonction de s'ils ont soutenu la Palestine »
  • 5:15Invité politiqueFait
    « les notes blanches c'est effectivement des petits papiers anonymes rédigés par des agents des services du renseignement qui finissent dans votre dossier administratif »
  • 6:23Invité politiqueFait
    « Rosa Luxembourg quand elle a été poursuivie par le Tribunal de Francfort en 1917 parce qu'elle avait donné un meeting où elle s'opposait à la guerre »
  • 10:54Invité politiqueFait
    « devant l'ampleur de la protestation qui montre contre sa politique, le gouvernement français est réduit paradoxalement à multiplier le nombre de procès où sa politique est de plus en plus durement mise en cause »

Temps de parole

  • Anasse Kazib99 %

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0:00
Anasse Kazib

Donc on le disait le le génocide continu Elsa, où on en est de la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine et quelle forme prend cette répression aujourd'hui en France ? Oui, bah comme tout le monde, je commencerai par remercier toutes celles et ceux qui sont venues et puis toutes les organisations présentes à l'extérieur, à la table ronde. Je pense que ça permet de renvoyer un message de solidarité et ça donne une idée de ce que doit être un bloc de résistance face à ce rouleau compresseur répressif auquel on assiste depuis bientôt 3 ans.

Et je pense que c'est très important de multiplier ce type d'initiative à chaque fois que l'un d'entre nous, c'est le cas d'Anas dans une semaine, mais on l'a dit, ça va être le cas de Nicolas en septembre, d'Olivia, en novembre de Omar, en décembre de Rima, le 7 juillet et je pense que c'est très très important. Donc merci à toutes celles et ceux qui sont venus ce soir [applaudissements] et effectivement moi je pense que la séquence qu'on traverse sur le terrain du durcissement du régime, elle est particulièrement révélatrice. On le sait, il y a eu une déferlante et en fait il y a pas une personne qui est en visage un peu connu de la solidarité avec la Palestine qui échappe.

et c'est une bonne école pour regarder tous les outils dont dispose le régime pour réprimer en fait ses opinions contestataires et en particulier sur le terrain de la lutte anticoloniale et anti-impérialiste. Il y a évidemment les infractions de l'apologie du terrorisme et ça a été l'occasion d'en discuter mais je pense que si on se refait le film et si on pensait il y a 10 ans quand le Parti socialiste, parce que c'est le Parti socialiste qui est responsable de ce qui se passe aujourd'hui, retirait cette infraction de la loi sur les délit de presse, on était loin d'imaginer les conséquences dramatiques que ça engendrerait.

Et c'est aussi une manière de nous éduquer à comprendre que chaque petite antiaque que chaque attaque antidémocratique doit faire l'objet de notre résistance la plus intransigente parce que aujourd'hui c'est avec ça qu'ils ont construit cette arme de destruction massive contre la liberté d'expression qui s'abat contre n'importe qui qui a une position distincte de celle de Macron et du qued d'oré sur la Palestine et la situation au Moyen-Orient. Euh et je pense que c'est important

2:05
Non speech

[applaudissements]

2:07
Anasse Kazib

et je pense que il il faut voir à quel point et et et il faut le voir euh euh comment est-ce que effectivement on a cité un certain nombre de de de noms qui ont été ciblés par ça et c'est vraiment en fait une une enfin je veux dire c'est c'est une infraction magique en fait pour eux.

C'est vraiment un piège que les classes dominantes ont construit qui se permet qui permet de de se resserrer sur sur tout notre camp parce qu'en fait ça permet de criminaliser de manière extrêmement violente, y compris avec des peines d'inéligibilité et c'est d'une gravité extrême parce que ça veut dire qu'il y a des présidents de chambre correctionnelle qui peuvent décider qui demain va se présenter aux élections présidentielles ou pas en fonction de s'ils ont soutenu la Palestine. Donc je pense qu'il faut prendre la mesure de de l'offensive démocratique que ça représente. Donc ça c'est évidemment la voie pénale.

Il y a aussi bien sûr les la multiplication des procédures pour appel à la haine et et de ce point de vue vous tout le monde ici je pense mesure à quel point résister à la loyad c'est une tâche du mouvement ouvrier politique syndical et associatif parce qu'ils vont nous la remettre c'est-à-dire qu'ils sont en train d'en rediscuter pour début juillet et vous savez que le contenu c'est évidemment d'assimiler l'antitionme à l'antisémitisme et d'associer des peines d'inéligibilité et certains mandats de dépôts pour des infractions liées à ce truc-là et je pense que ça nous permet aussi de comprendre pourquoi jamais jamais jamais il faut laisser l'État discuter de ce qui est raciste ou pas et que c'est pas à lui de très de de de régir en fait la liberté d'opinion et qu'on doit avoir aussi beaucoup d'anticorps et de méfiance vis-à-vis de ce type de situation.

C'est la raison pour laquelle lutter contre tous ces process et non seulement défendre le droit à soutenir la Palestine mais c'est aussi une revendication minimale et démocratique élémentaire et on doit y accorder beaucoup d'importance. Un dernier mot pour dire qu'un des outils de l'État, c'est aussi d'utiliser la répression administrative et Rami en sait quelque chose. C'est-à-dire qu'ils utilisent la justice, les procédures pénales, les procureurs dans un cas, mais ils utilisent aussi directement l'arbitraire de l'administration et ils prennent l'initiative de geler des avoirs comme c'est le cas de Omar Alsumi Sidrami. Ils prennent l'initiative de dissoudre les organisations.

Ils ont essayé de le faire avec Urgence Palestine et c'est des vades communiquants, ils adorent faire ça. Ils justifient des procédures administratives parce qu'un tel serait poursuivi et ils poursuivent des gens en justifiant qu'ils sont porole d'une organisation qu'ils ont essayé de dissoudre. Donc en fait, ils disposent de tous les outils pour organiser leur petit musulement extrêmement resserré du débat public. Et face à ça, au contraire, on doit s'armer de de réflexes pour lutter pour la défense de tous les droits démocratiques qui sont en train d'attaquer de ce point de vue.

4:36
Non speech

[applaudissements]

4:37
Anasse Kazib

Elsa, toi tu as beaucoup travaillé sur la répression, on l'a déjà dit comme avocate de de nombreux militants et tu défends une méthode particulière pour t'opposer à la répression. Est-ce que tu pourrais nous dire comment tu conçois ce combat à l'intérieur des tribunaux et notamment nous parler du cas concret du procès du 25 juin prochain ? Oui et je sais pas si tout le monde sait ce que c'est que les notes blanches parce que Rami il en parle et je pense que les gens ils mesurent pas ce que c'est.

Micro parenthèse sur ça, les notes blanches c'est effectivement des petits papiers anonymes rédigés par des agents des services du renseignement qui finissent dans votre dossier administratif et qui peuvent justifier à peu près tout et n'importe quoi comme une mesure de dissolution, un gel des avoirs et vous n'êtes jamais en mesure de savoir qui a rédigé ce document ni même d'opposer un argument contradictoire.

Donc c'est vraiment le somum de l'arbitraire et c'est pour ça qu'il parlait de ça et je pense qu'effectivement c'est un truc dont peu de gens sont conscients mais c'est en fait la démonstration du fait que bah les classes dominantes elles sont tout à fait capables de suspendre leur propre ordre juridique quand elles estiment qu'elles ont besoin de défendre leur intérêt essentiel de la manière la plus pure et la plus immédiate quoi.

Mais donc pour répondre à ta question effectivement que ce qui est intéressant en quelque sorte dans la période et qui rend ça contradictoire pour bah la bourgeoisie, les classes dominantes, celles et ceux qui nous répriment, c'est que le la résurrection du délit d'opinion, c'est aussi le retour des procès politiques dans leur forme quasiment la plus pure puisque Annas, Omar, Olivia, Rima et d'autres, ils sont pas accusés d'avoir fait quelque chose, ils sont accusés d'avoir dit quelque chose.

Donc la position qu'ils sont amenés à développer en retour, c'est celle en réalité d'expliquer ce qu'ils ont dit, de le défendre, de l'assumer et de le rendre public et de donner beaucoup de poids en fait à la cause palestinienne dans les tribunaux. Et ce que je trouve intéressant, c'est que ça permet de mesurer aussi la la l'importance de la continuité entre les méthodes de répression des classes dominantes mais depuis toujours. Et comment ce qui notre tâche à nous, c'est aussi de tisser des fils de continuité avec l'accumulation qui existe dans le patrimoine du mouvement ouvrier, du mouvement révolutionnaire pour se défendre face à l'État et la justice.

Et je me suis rendu compte notamment en en en lisant pas mal de trucs que Rosa Luxembourg quand elle a été poursuivie par le Tribunal de Francfort en 1917 parce qu'elle avait donné un meeting où elle s'opposait à la guerre devant des milliers d'ouvriers où elle appelait aux travailleurs à ne pas tirer sur leur propre frè de frères de classe mais à s'opposer à leur propre bourgeoisie. Elle a déjà été poursuivie pour appel à la haine et ça m'a permis de montrer à quel point est-ce que eux ils ont une continuité, une clarté entre eux leur méthode de répression et que et que et que c'est ça aussi qui est qui est en jeu en ce moment.

Donc c'est la raison pour laquelle effectivement avec mes concerts Roman Bartoli, Julie Gonidec, Priska Anion et je remercie aussi Selma Selma Ben Khalifa qui va venir du barreau de Bruxelles pour participer aussi à la défense. On a essayé de construire une défense très ambitieuse parce que on pense qu'en réalité, comme on le fait pour chacun de ces procès, obtenir une relaxe dans le cas d'Anas de Omar ou d'Olivia, c'est une manière de mettre un coup d'arrêt et d'essayer d'endiguer cette dynamique et en fait de faire un apport à la totalité du mouvement de solidarité.

Et c'est pour ça qu'on refuse la banalisation de ces confrontations du judiciaire et qu'on est très conscient que ce qui se joue, c'est pas un cas particulier, mais c'est l'affrontement d'un ordre contre un autre. Et c'est la raison pour laquelle on va faire citer cinq témoins et on les remercie de pouvoir participer à cette défense et je pense notamment à Rony Broman, à Pierre Stambou, à Raphaël Maison qui est prof de droit international, à Eugénie Merot qui est constitutionnaliste et à Alain Grèche qui est un journaliste qui connaît très bien la cause palestinienne qui vont pouvoir faire des apports dans ce contexte-là.

Et c'est aussi la raison pour laquelle on a voulu donner une dimension internationale à cette défense et où des avocats belges vont se déplacer du barreau de Bruxelles pour faire des rapport sur comment la justice française traite la liberté d'expression. Parce que vous savez que les avocats français, [applaudissements] ils adorent les avocats français, ils adorent aller en Turquie, en Algérie, en Thaïlande pour écrire des rapports sur à quel point est-ce que l'État ne respecte pas les libertés publiques, mais cette fois c'est d'autres qui vont venir ici et qui vont constater la manière dont la justice se rend dans les tribunaux.

8:35
Non speech

[applaudissements]

8:37
Anasse Kazib

Et je remercie aussi Et je remercie aussi Et je remercie aussi évidemment Myiam d'être là. C'est très très important pour nous, non seulement parce que c'est une députée révolutionnaire qui mène une politique comme elle l'a décrite, anti-impérialiste, anticolonial dans le pays dirigé par le président le plus sioniste du monde.

Et c'est aussi une avocate de combat qui a qui qui sait ce que c'est que l'affrontement dans les tribunaux, qui a été l'avocate des des familles des torsionnaires de la dictature argentine qui sont responsables de la la disparition de plus de 30000 travailleurs et de jeunes torsionnaires qui ont tout appris de la France et de comment est-ce qu'ils ont réprimé et torturé en Algérie. Et c'est là où je pense qu'en réalité la France c'est aussi un état impérialiste en propre qui a ses propres intérêts et qui n'a même pas systématiquement besoin d'Israël pour réprimer pour organiser sa domination à l'échelle internationale.

Et je pense que c'est important de dénoncer le propre impérialisme de l'État français quand on discute de ce qui se passe dans ces tribunaux aussi.

9:32
Non speech

[applaudissements]

9:36
Anasse Kazib

Et je terminerai sur une chose. Donc on espère évidemment on va tout faire pour obtenir cette relaxe. On a développé tous les arguments possibles et inimaginables comme je l'ai fait à d'autres occasions. On essaie de de de décortiquer tous les aspects en fait de ces dispositifs.

Et je voudrais terminer par une chose, dire que c'est une c'est quelque chose que certains m'ont déjà entendu dire, mais que la première fois que je me suis confrontée à ces procès là, en fait, dès le mois dès l'automne en fait 2023, j'ai vraiment été frappée par la manière dont en fait il y avait un aspect mais comme il y a souvent mais je veux dire de manière tellement explicite vraiment c'est pile tu perds face je gagne quoi. Et en fait tu t'excuses bah en fait c'est je te condamne quand même parce que tu vois bien que c'était terroriste et tuassumes tes positions. Je te condamne quand même parce que tu as pas à dire ça.

Moi, je pense que de toute façon, il faut pas s'excuser parce que s'excuser, c'est perdre politiquement mais c'est aussi perdre judiciairement mais surtout ça permet de de nous rendre compte et tisser en fait des fils de continuité avec une expérience de résistance dans les tribunaux qui a existé et où il y a une une continuité graphique. Et et je terminerai par citer le le le manuel de défense collective qui avait été rédigé par les avocats du FLN lorsqu'ils ont notamment défendu les militants du réseau Jeançon qui étaient des militants français organisés en solidarité avec les militants algériens et qui étaient effectivement très très durement réprimés.

Et j'aime beaucoup cette phrase que j'ai déjà cité parce que pour moi elle permet d'exprimer clairement la situation dans laquelle on est et montrer que c'est aussi coûteux pour les classes dominantes de poursuivre politiquement celles et ceux qui vont se défendre. Et cette phrase c'est dire devant l'ampleur de la protestation qui montre contre sa politique, le gouvernement français est réduit paradoxalement à multiplier le nombre de procès où sa politique est de plus en plus durement mise en cause. Ces Macavel naïfs n'oublient qu'une seule chose, c'est qu'en face d'ennemis courageux, un procès politique ne se gagne que lorsque l'on a raison. Il n'oublie qu'une chose, c'est qu'ils ont tort.

11:26
Non speech

[applaudissements]