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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 14 août 2024 16 min

La recherche d'un Premier ministre, le RN exclu des lettres aux parlementaires... Le 8h30 franceinfo du député RN Thomas Ménagé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Thomas Ménager. Bonjour, merci de votre invitation. Les Jeux Olympiques viennent de se terminer, ça s'est bien passé pour la France, d'abord sur le plan sportif et puis d'un point de vue de la sécurité. Pourtant Marine Le Pen avait prévu un désastre sécuritaire, une nouvelle humiliation nationale. Elle s'est trompée, vous le reconnaissez ?

0:19
Thomas Ménagé

Vous savez, c'est le rôle de la chef de l'opposition d'alerter quand il y a un danger. Et cette organisation, et ce n'est pas seulement Marine Le Pen, je crois que Rachida Dettik était membre du gouvernement, avait elle aussi alerté. Le gouvernement lui-même avait reconnu qu'il fallait peut-être un plan B à un moment. Et dans un pays qui a connu les émeutes il y a moins d'un an, qui a connu le stade de France et l'échec de Gérald Darmanin lié à une compétition, qui a connu aussi des attentats, c'était aussi son rôle d'alerter en disant cette fois-ci on n'a pas le droit à l'erreur. Et ça a permis à ce que ça soit aussi une belle réussite, tant mieux.

Vous savez, c'est aussi le rôle d'une opposition mature de reconnaître et de féliciter tous les services de l'État, notamment les forces de l'ordre, qui ont fait de ce moment une belle réussite sécuritaire et surtout sportive.

0:53
Présentateur

Emmanuel Macron a fustigé lundi ceux qui avaient l'esprit de défaite, les perdants. C'est vous les perdants dans cette séquence ?

1:00
Thomas Ménagé

Je pense qu'Emmanuel Macron, par contre, cherche à faire de la politique, à instrumentaliser ce moment sportif, ce moment de cohésion. C'est quand même assez triste, c'est le moment où il y avait de la concorde et à peine c'est terminé, il y a déjà un certain nombre qui cherchent à politiser, à attaquer les oppositions. Nous, on est heureux et on avait même dit, si Jordan Bardella avait été désigné Premier ministre dans le cadre d'une majorité, qu'on aurait continué l'organisation des Jeux Olympiques, maintenu les plans.

Et donc nous, on n'est pas la France insoumise, on n'est pas le nouveau Front populaire, on se réjouit et tant mieux, si ça s'est bien passé, tant mieux pour l'image de la France et pour le plaisir qu'ont pu ressentir les Français, dont les politiques, dont je fais partie.

1:34
Présentateur

Alors grâce aux JO organisées à Paris, les Français étaient fiers de leur pays, on a beaucoup entendu chanter la Marseillaise, on a vu des drapeaux bleu-blanc-rouge agités dans les stades. Ce patriotisme revendiqué, il n'est pas l'œuvre du Rassemblement National. Vous regrettez qu'il ne soit pas à votre initiative, vous qui aimez ces symboles-là, vous qui les revendiquez aussi ?

1:52
Thomas Ménagé

Non, on ne cherche pas à tirer la couverture. Et vous savez, nous, on est juste satisfaits de voir que les Français sont heureux d'entendre la Marseillaise, sont heureux et fiers de voir le drapeau hisser et le bleu-blanc-rouge. Et aussi, c'est bien la preuve que ce n'est pas un signe de rejet, que d'aimer son pays, c'est toute la vision du patriotisme, c'est-à-dire de pouvoir avoir ces compétitions main dans la main, cette fraternité entre les peuples, mais aussi le plaisir de voir quand nos athlètes réussissent. Et c'était une grande fierté.

Moi, j'ai été assez choqué de voir notamment la France Insoumise parfois féliciter des équipes adverses, se féliciter indirectement de la victoire de concurrents de la France. C'est l'esprit olympique aussi. Non, mais c'est l'esprit olympique de féliciter et d'être heureux de voir des belles performances sportives, quelles qu'elles soient. Cette fraternité, ce moment de concorde, mais c'est aussi un grand plaisir de voir la France réussir, rayonner.

2:40
Présentateur

Alors, les Jeux Olympiques sont terminés en attendant les Paralympiques. Le président devrait prochainement nommer un Premier ministre. Vous comprenez, vous, qu'il prenne son temps avant de nommer quelqu'un pour avoir une majorité stable ou vous lui demandez maintenant d'accélérer ?

2:52
Thomas Ménagé

À un moment, je pense qu'il va falloir accélérer parce qu'on va avoir aussi des délais qui vont être liés au budget qui va arriver. La France est dans une situation qui, au-delà de cette parenthèse de l'Olympique qui nous a fait beaucoup de plaisir, la vraie vie et la vie continuent. Les Français ont du mal à boucler leur fin de mois. Il y a quand même un certain nombre de problèmes de sécurité, problèmes d'immigration, problèmes d'accès en soi. Je vois dans le Loiret, chez moi, qu'il y a un important désert médical. Donc, il y a nécessité à ce qu'on puisse travailler et notamment avoir un budget dans les prochaines semaines.

Donc, il faut qu'à un moment, le Président de la République prenne ses responsabilités et qu'envers la Constitution, on nomme quelqu'un.

3:22
Présentateur

Alors, pour vous, ce Premier ministre, il doit venir de quel rang ?

3:24
Thomas Ménagé

Vous savez, ça, c'est au Président de la République de définir, de faire ce choix. Aujourd'hui, on a trois blocs à peu près équivalents de 140 à 180 députés. Il n'y a pas de majorité. Emmanuel Macron a dit...

3:34
Présentateur

La tradition républicaine voudrait que ce soit Lucie Casté ?

3:36
Thomas Ménagé

Oui, mais c'est une majorité qui est très relative. Il y a d'autres majorités qui peuvent se constituer. Ce qui est certain, c'est que nous, aujourd'hui, on fera notre rôle, on est la seule réelle opposition à se revendiquer dans l'opposition, nos positions constructives et on sera là pour porter les 11 millions de Français qui ont voté pour le Rassemblement national. Mais vous ne revendiquez pas de poste de Premier ministre ? Non, aujourd'hui, nous, on a toujours dit que si on voulait gouverner, si Jordan Barlea était Premier ministre, c'était parce qu'il pouvait appliquer son programme. Dès lors, vous n'avez pas de majorité. Vous avez une majorité relative.

Vous allez juste prendre des postes pour des postes. On n'est pas, comme certains, à vouloir garder ou avoir des titres, des fonctions. Si c'est pour avoir une voiture de fonction, avoir un titre sur une carte de visite, ça n'apporte rien. Nous, ce qu'on veut, c'est appliquer notre programme pour changer le quotidien des Français. Et aujourd'hui, force est de constater qu'on n'a pas les capacités de le faire au vu des magouilles qui nous ont empêchés, je le pense, d'avoir cette majorité.

4:23
Présentateur

Et laisser sa chance à Lucie Casté, alors ?

4:25
Thomas Ménagé

Nous, on a une ligne très claire, c'est que nous n'accepterons pas un gouvernement du Nouveau Front Populaire avec la France Assoumise et les élego-journalistes. Aujourd'hui, le programme du Nouveau Front Populaire serait une catastrophe économique, une catastrophe sécuritaire, une catastrophe sur nos valeurs. Et donc, nous censurerons s'il y avait un gouvernement casté, composé avec des écologistes et la France Assoumise parce que c'est une menace pour le pays.

4:45
Présentateur

Quels que soient les insoumis, parce que parfois, on ne met pas tout à fait dans le même panier un François Ruffin, un Alexis Corbière.

4:50
Thomas Ménagé

Oui, enfin, ils ont tous quand même accepté l'étiquette, défendu un certain nombre de valeurs, pas été souvent en opposition. Donc ça, c'est un gouvernement

4:55
Présentateur

que vous censurez immédiatement ?

4:56
Thomas Ménagé

Oui, il y aura une censure immédiate parce que je vous dis, le programme du Nouveau Front Populaire et notamment de la France Assoumise qui a eu des positions et qui a des positions très dangereuses sur le point des valeurs, sur la laïcité, sur le communautarisme, sur la question de l'antisémitisme. Nous ne pourrons accepter cela pour notre pays. Et sur l'abrogation de la réforme des retraites ? L'abrogation de la réforme des retraites, Marine Le Pen l'a annoncé, il y aura le premier texte qui sera vraisemblablement étudié dans le cadre des moments des niches. Ça sera une niche du Rassemblement National fin octobre et nous proposerons l'abrogation de la réforme des retraites.

Si ça venait d'un autre camp politique et d'un autre gouvernement, vous savez, nous, on n'est pas sectaire. On est contre cette réforme des retraites. Il y avait une majorité, je le pense, contre cette réforme des retraites qui a été passée par la force par un 49-3. Donc nous, nous voterons tout ce qui va dans le sens de la justice sociale et d'un retour à une situation... Mais ça veut dire

5:41
Présentateur

que vous demandez aux Insoumis, lors de votre texte le 31 octobre dans votre niche parlementaire, de joindre vos voix aux vôtres ?

5:48
Thomas Ménagé

Mais vous savez, il ne faut pas être hypocrite. Il y a des élus. Il y a 577 députés. Moi, je ne compte pas de manière très frontale ce que représente la France Insoumise. Mais ils ont été élus et à chaque fois, ils font genre qu'ils ne veulent pas les voix du Rassemblement National mais sans nos voix, rien ne passe. Et donc, il faut aussi dire que nous, nous appellerons tout le monde, toutes les oppositions et tous les députés à prendre leurs responsabilités pour revenir sur cette réforme des retraites.

6:10
Présentateur

Thomas Ménager, vous avez dit que le programme du NFP est une catastrophe économique, notamment. Mais il n'y a pas des points sur lesquels vous pouvez vous retrouver, notamment le pouvoir d'achat, la hausse du SMIC, la taxation des plus riches ?

6:21
Thomas Ménagé

Mais bien entendu, ce n'est pas parce que vous savez, Jean-Luc Mélenchon va dire qu'il fait très chaud cette semaine que je vais vous dire qu'il fait froid. Il y a un certain nombre de sujets sur lesquels on peut, bien entendu, avec tous les groupes politiques, toutes les personnalités, avoir des points d'accord. Bien entendu, sur la taxation des surprofits, nous sommes favorables. Sur la question de l'abrogation de la retraite, de la réforme des retraites, nous sommes favorables. Après, avec une différence, c'est que nous ne proposons pas la retraite à 60 ans pour tous qui serait aujourd'hui impossible au vu de l'équilibre de notre système de retraite.

Et donc, c'est pour cette raison que nous, nous avons une positionnement qui n'est pas sectaire, nous l'avons prouvé pendant la législature précédente, en votant les mesures d'où qu'elles viennent dès lors qu'elles vont dans le bon sens. Donc, il y a des points de leur programme sur lesquels vous pourriez voter et on pourrait obtenir une majorité à l'Assemblée nationale. Mais bien entendu, quel que soit le gouvernement, que ce soit un gouvernement de droite, du bloc central, de gauche, nous, on n'aura qu'une ligne de conduite. Est-ce que ça va dans le sens de l'intérêt général et des Français ? Est-ce que c'est en accord avec nos convictions ?

7:11
Présentateur

Thomas Ménager, le Premier ministre et le chef du Parti Renaissance, Stéphane Séjourné, ont écrit hier au président de groupe et au parti politique à l'exception du RN et des Insoumis. Lundi, Lucie Castel, la candidate du Nouveau Front Populaire, a aussi proposé un programme et des priorités, le président du groupe Horizon également. À chaque fois, à chaque fois, vous êtes exclu de toutes ces initiatives. Est-ce que vous avez le sentiment que le barrage républicain se poursuit ?

7:40
Thomas Ménagé

Je constate surtout qu'on a en face de nous des personnes qui n'ont absolument pas compris les résultats des élections qui viennent de se dérouler. Tant les européennes qui ont placé le RN que les élections législatives au premier tour et au second tour, 11 millions de Français.

Et donc, on l'a vu au moment des élections au poste à responsabilité où on a exclu, essayé d'effacer les personnes qui ont voté, les Français qui ont voté pour nous qui sont aujourd'hui les principaux puisque nous sommes le premier parti, le premier groupe à l'Assemblée nationale et donc, c'est surtout le sentiment qu'on continue comme avant sans que ces personnes aient entendu la volonté d'un véritable changement et qu'on prenne en compte les élus du Rassemblement national et leurs électeurs surtout qui attendent un grand nombre de changements sur des sujets prioritaires en matière de pouvoir d'achat, de sécurité, d'immigration ou de santé.

8:24
Présentateur

Mais ça veut dire que pour vous, il y a un déni de défaite de la part, par exemple, du camp présidentiel ?

8:28
Thomas Ménagé

Très clairement. Aujourd'hui, on a l'impression qu'ils veulent continuer comme avant. Ils n'ont pas réalisé ce qui s'était passé. Ils ont pris aujourd'hui une claque. Ils ont vécu un échec assez cuisant en diminuant très fortement tant en voix qu'en nombre d'élus lors de ces élections législatives. Et on a l'impression que Gabriel Attal continue comme avant et qu'ils s'accrochent et qu'ils sont un certain nombre à s'accrocher à leur fonction et surtout à ne pas prendre en compte qu'il y a une véritable souffrance dans le pays et qu'il faut changer radicalement de méthode.

8:56
Présentateur

Qu'est-ce que vous pensez de tous ces courriers qui sont échangés là ? Sandrine Rousseau était hier sur France Info et elle disait que cette république épistolaire n'était pas à la hauteur des enjeux.

9:05
Thomas Ménagé

Oui, c'est pitoyable. Objectivement, des personnes qui peuvent s'appeler, qui se rencontrent, faire des coups de communication juste après les Jeux Olympiques en envoyant des courriers qu'on a l'impression qui sont écrits sur chat GPT avec des poncifs et en plus avec des choses assez folles quand on voit M. Attal qui dit que la première priorité c'est de rétablir les comptes publics alors même qu'Emmanuel Macron a créé 1 000 milliards de dettes, 3 000 milliards au total. C'est assez incroyable. Ça me fait penser à cette phrase d'Einstein qui dit que ce n'est pas ceux qui ont créé les problèmes qui pourront les résoudre.

Et là, on a l'impression que c'est ceux qui ont créé les problèmes ces dernières années qui viennent se présenter en sauveurs et proposer quelque chose de différent alors même qu'ils ont mis la France dans une situation catastrophique.

9:39
Présentateur

On a évoqué avec vous Thomas Ménager il y a quelques instants les points de programme du NFP. Est-ce que vous vous retrouvez dans le pacte d'action proposé par Gabriel Attal ? Réduction des déficits, hausse des salaires, plus de souveraineté, d'indépendance, plus de sécurité, de services publics dans l'éducation, dans la santé. Au cas par cas, vous pourriez là aussi voter ces textes ? Trouvez-moi quelqu'un en France

9:56
Thomas Ménagé

qui n'est pas d'accord avec ça. En fait, c'est en ça que c'est ridicule. Bien entendu, on est tous d'accord. Ce sont des poncifs, c'est enfoncés des portes ouvertes. On est tous d'accord sur ces positions mais ce sont des personnes qui ont fait tout l'inverse quand elles sont responsables.

10:08
Présentateur

Parce que les insoumis ne mettent pas la réduction des déficits au premier plan de leur priorité.

10:12
Thomas Ménagé

Ça, c'est sûr. Ça, je ne vous contredirais pas sur le fait que pour eux, le fait d'endetter notre pays, de laisser une dette abyssale aux générations à venir, de raser gratis pour essayer aussi de convaincre ceux qui sont dans une situation difficile et qui se disent qu'ils rêvent de jours meilleurs en oubliant les difficultés qu'on peut avoir en matière de dépenses publiques et de nécessité de contrôler notre dette. Oui, eux, ils veulent raser gratis et c'est vrai que c'est à l'opposé de ce que l'on propose et ce que certains en responsabilité doivent proposer.

10:40
Présentateur

Vous dites que tout le monde est d'accord finalement sur ces priorités qui sont avancées là par le Premier ministre. Ça veut dire qu'il y a une majorité qui est trouvable à l'Assemblée nationale sur ces textes-là, sur ces idées-là ?

10:50
Thomas Ménagé

Vous savez, sur un petit courrier où on dit qu'il faut améliorer la vie des Français, améliorer la sécurité, lutter contre le réchauffement climatique, on est tous d'accord. Mais après, concrètement, concrètement, sur quelle mesure ? À un moment, pareil, sur la question de l'environnement, alors même qu'on a encore voté des traités de libre-échange que 50% des gaz à effet de serre sont liés aux importations, dire qu'on veut lutter contre le réchauffement climatique, c'est une folie, alors même qu'ils ont approuvé le Chili et la Nouvelle-Élérante comme traité de libre-échange il y a quelques semaines.

Donc, il y a une contradiction totale entre ce qui est proposé et ce qui est la réalité de ce qu'ils défendent. Sur les votes, justement, vous l'avez dit,

11:21
Présentateur

le premier gros dossier qui va arriver, ce sera le budget à l'automne. Voter ce budget, ce sera forcément appartenir à la majorité. Pour vous, c'est déjà non ?

11:30
Thomas Ménagé

S'il y a un changement de méthode totale, si on reprend les amendements du Rassemblement national, si on arrive à dégager un certain nombre d'économies, de trouver des recettes supplémentaires, la taxation des surprofits, de faire des économies sur un certain nombre de domaines, sur le millefeuille de l'État, sur la fraude fiscale et sociale, sur la question de l'immigration pour après dégager et apporter des solutions qui améliorent le quotidien et le pouvoir d'achat des Français, notamment la baisse de la TVA de 25,5% sur l'énergie, on pourra apporter un soutien.

Mais aujourd'hui, je vous dis, les premiers messages, les premiers courriers où on exclut totalement nos positions et les électeurs qui sont derrière, malheureusement, me donnent peu d'espoir sur la capacité de construire un budget qui tiendra compte de ce changement politique et des résultats des élections législatives. Donc, s'il n'y a pas de changement, nous verrons, je ne vais pas faire de la politique.

12:17
Présentateur

Ce serait assez inédit de s'abstenir sur un budget, mais est-ce que ça peut être responsable par rapport à la situation du pays ?

12:23
Thomas Ménagé

On est dans une situation qui est inédite, donc on se posera des questions qui seront peut-être nouvelles, qui seront peut-être différentes de ce qu'on peut avoir par le passé où c'est vrai qu'il y a un vote compte quand on est dans l'opposition. Aujourd'hui, on est dans des équilibres qui sont nouveaux. On verra quel budget, on verra qui le porte. Si c'est un budget qui tient compte du nouveau Front populaire et du budget du nouveau Front populaire, il y a quand même peu de chances qu'on ne soit pas dans une opposition très frontale, mais nous verrons ce qu'il va en être. C'est vrai qu'aujourd'hui, on est dans une période de politique fiction totale parce qu'on n'a même pas de gouvernement.

12:48
Présentateur

Est-ce qu'il y a une nécessité d'avoir une session extraordinaire au Parlement là, début septembre ? En principe, ce sera début octobre, mais il pourrait y avoir un décret du président de la République. Vous le demandez ?

12:59
Thomas Ménagé

Sur le principe, au vu de la situation du pays, moi je le vois en tant que député sur le terrain, je vous dis, les Français souffrent énormément, il y a un certain nombre de mesures qui devraient être prises rapidement. Donc oui, mais dans les faits, pour quel gouvernement ? Si c'est pour avoir les positions du nouveau Front populaire ou la continuité de ce qu'a fait le macronisme puisque c'est le gouvernement qui fixe l'ordre du jour. Donc on n'a même pas de gouvernement, donc pas de gouvernement, pas de session extraordinaire et auquel ordre du jour, ça aujourd'hui, on ne peut pas le dire.

13:25
Présentateur

Quand on vous écoute, Thomas Ménager, quand on lit les lettres qu'on a pu lire, les positions, les prises de position de chacun à droite, à gauche, on voit bien qu'il y a des blocages à venir. Est-ce que vous imaginez une nouvelle dissolution dans un an ?

13:35
Thomas Ménagé

On s'y prépare, on s'y prépare parce qu'aujourd'hui, on l'avait dit, en voulant bloquer le Rassemblement National, ils ont bloqué le pays. On est dans une situation qui est inextricable où il n'y a pas de solution, il y a trois blocs et donc aujourd'hui, il faut s'y préparer et bien entendu, comme nous, nous souhaitons gouverner et nous souhaitons apporter des solutions pour les Français, nous nous y préparons.

13:51
Présentateur

Alors vous vous y préparez, justement, parlons-en de la préparation, le plan Matignon qui avait été décidé avant la législative, il y a eu quelques couacs avec des candidats qui ont posé problème, qui ont fait polémique. Le directeur général du RN, Gilles Penel, a d'ailleurs démissionné. Comment vous vous préparez, désormais, justement, à une éventuelle dissolution ? Alors,

14:13
Thomas Ménagé

ces élections, bien entendu, il va y avoir un certain nombre de chantiers qui ont été lancés et qui vont être maintenus dans les prochaines semaines pour apporter des solutions aux quelques couacs. Mais moi, je retiens quand même qu'au-delà des cas personnels, au-delà des couacs que nous avons reconnus, c'est le rôle aussi d'un parti du gouvernement, d'un parti mature de reconnaître quand il y a eu des erreurs, c'est quand même que ça a été un succès en voie et que Marine Le Pen et Jordan Bardella, que tous nos adhérents, tous nos cadres, ont permis que le RN, qui a quitté 88 députés, ait rentré à 143 et aussi avec une capacité de rassemblement avec notamment les Républicains d'Éric Ciotti.

14:47
Présentateur

Le journal Le Point

14:48
Thomas Ménagé

parle de 25 à 30%

14:49
Présentateur

de responsables départementaux qui pourraient être remerciés et remplacés. Vous confirmez ?

14:53
Thomas Ménagé

Alors, je ne confirme pas, il y a un audit. Vous savez, on travaille de manière méthodique, il y a eu des personnes qui ont été nommées, Alexandre Arnicoli qui est députée, qui connaît bien les fédérations et est en train de travailler, qui rendra un audit. Ce qui est certain, c'est qu'on veut améliorer le fonctionnement du parti pour être en capacité de gagner, de gouverner et d'apporter des solutions pour les Français lors d'une prochaine dissolution éventuelle.

15:11
Présentateur

Très rapidement, une petite réponse. Vous avez dit tout à l'heure que vous censureriez un gouvernement où il y aurait des insoumis. S'il y a un gouvernement qui est dirigé par Xavier Bertrand ou Bernard Cazeneuve. Est-ce que vous le censurez a priori ?

15:22
Thomas Ménagé

Alors, vraisemblablement non. On ne l'a pas fait pour Gabriel Attal et pour Elisabeth Borne. Bon, ça sera inquiétant de voir qu'on ramène un peu tous les hasbines de la politique, le pire de la droite et le pire de la gauche. Vraiment en même temps, quand on entend les noms circuler, on est vraiment dans la continuité du macronisme. Mais nous verrons le discours de politique générale, on verra la ligne, mais nous ne serons pas dans une censure a priori sur ce type de gouvernement. hasbine de la politique,

15:45
Présentateur

ils apprécieront. Merci Thomas Ménager, député RN du Loiret d'avoir été l'invité du 8.30 France Info. Merci Brigitte. Cette interview est à retrouver en intégralité sur franceinfo.fr.

La recherche d'un Premier ministre, le RN exclu des lettres aux parlementaires... Le 8h30 franceinfo du député RN Thomas Ménagé — Thomas Ménagé · Pourquijevote