Dominique de Villepin invité de LCI : "les Français veulent une cohabitation"
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Notre invité ce soir, nous cherchons en cette période inédite, évidemment, des personnes qui ont de l'expérience, et de l'expérience au plus haut sommet de l'État. Dominique de Villepin répond à nos questions ce soir. Merci à vous, et dans quelques instants, les parties prises, bien sûr. Dominique de Villepin, tout de suite. Autant. Avec un jingle, peut-être. Je ne sais pas. Pas de jingle, alors on enchaîne. Bonsoir, Dominique de Villepin.
Bonsoir.
Merci d'être avec nous. C'est un plaisir. Ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangères, on ne vous a pas encore entendu depuis ce deuxième tour, qui marque, je le disais, une situation politique inédite. D'abord, le Rassemblement national, il a été défait au deuxième tour, il arrive derrière les deux autres blocs. Êtes-vous soulagé, tout simplement ?
Je suis un démocrate, donc je respecte le verdict des urnes, et cela montre, parmi les différents messages qui nous sont adressés, par les électeurs, que le Front républicain a marché. Je crois que c'est la première leçon qu'il faut tirer. Le Front républicain a marché, mais il ne faut pas être aveugle. Il faut voir aussi qu'il y a eu 10 millions d'électeurs qui se sont portés sur le Rassemblement national, un tiers des électeurs et deux tiers des territoires. C'est considérable. Il y a une deuxième leçon qui est importante à l'heure où on lit la lettre du président, où on écoute toutes les analyses. Le deuxième message, c'est que quelqu'un a perdu.
Et celui qui a perdu, c'est le président de la République. Et je crois que c'est important pour analyser la situation. Pour vous, il ne l'a pas reconnu. Il ne l'a pas reconnu, et nous allons y venir. Il ne l'a pas reconnu, et c'est pourtant le point de départ de la situation nouvelle après les élections. La première responsabilité d'un président de la République... J'ai vécu de très près deux cohabitations. La première responsabilité d'un président qui est désavoué par les urnes, c'est de prendre acte de la situation nouvelle. Et je pèse mes mots. Prendre acte, reconnaître la situation nouvelle.
Et c'est pour cela qu'on répète à longueur d'émission, le président choisit n'importe quel Premier ministre, il fait ce qu'il veut. Ce n'est pas tout à fait vrai. Il fait ce qu'il veut dans le cadre de nos institutions, dans le cadre d'une tradition républicaine, et dans le cadre d'une réalité qui lui est imposée par les urnes. Et donc, ça suppose que le président reconnaisse cet état de fait, et dans cet état de fait, il y a une troisième donnée. Au-delà du non au président, au-delà du oui au front républicain, et cette troisième donnée, c'est que les Français, manifestement, souhaitent une cohabitation.
C'est-à-dire qu'ils souhaitent que Jupiter soit écarté, et que la relation entre les deux têtes de l'exécutif soit rééquilibrée, et que le Parlement retrouve son rôle. Ce qui veut dire que du régime présidentiel, on sait que la cinquième est hybride, du régime présidentiel, on passe à un régime davantage parlementaire. C'est le son, c'est le point de départ. À partir de là, à partir de là...
Parce que, je détaille ce que vous dites, quand vous dites le président a perdu, il doit être en situation de cohabitation, est-ce que ça veut dire pour vous que le bloc présidentiel, qui arrive en deuxième position, mais qui cherche en ce moment à nouer des alliances, est infondé à prétendre gouverner de nouveau ?
Alors, venons-y, si vous le voulez bien, c'est le cœur du sujet. Et c'est pour cela que je crois que le président a trois options et un joker. Trois options, et il faut prendre les choses dans l'ordre, parce qu'elles se présentent dans un certain ordre, compte tenu de la tradition républicaine, et qu'on ne peut pas mélanger l'entrée, le plat et le dessert, sans créer une gigantesque confusion chez les Français. Et à terme, pour le président, comme pour les responsables politiques, une formidable frustration. Première option, la tradition républicaine. On choisit la force arrivée en tête au soir du scrutin. Ça, c'est la tradition républicaine. Donc le nouveau Front populaire.
Oui, on l'aime, on ne l'aime pas, on voudrait quelque chose d'autre, c'est comme ça. Et ce nouveau Front populaire, à partir de celui qui le dirige, est chargé de former un gouvernement, et c'est là où la difficulté commence, puisqu'on sait que ce nouveau Front populaire ne dispose évidemment que d'une maigre majorité relative. Et qu'il faut donc qu'il construise une majorité qui lui permette de durer un peu plus que un, deux ou trois jours. Et ça, c'est le début pour tous les Français et toute la classe politique de l'apprentissage de l'ère nouvelle.
C'est-à-dire que, tout à coup, le nouveau Front populaire, qui peut penser qu'ils ont gagné et qu'ils vont pendant des mois gouverner, vont se trouver devant une dure réalité. C'est que ce n'est pas un cadeau que de former un gouvernement aujourd'hui. La vérité, même, c'est un bâton merdeux. Il faut voir la réalité en face. Et l'un des risques, d'ailleurs, si on continue dans la confusion actuelle, c'est que tout le monde se rende compte que personne, politiquement, n'a intérêt à diriger ce gouvernement. Et que le président, finalement, se retrouve devant le chaos. Et donc, devant une question qui lui sera posée, démissionner, c'est la seule façon de dénouer.
Donc, première option, le nouveau Front populaire.
Simplement, précision là-dessus, à partir du moment où une des grandes composantes du nouveau Front populaire dit elle-même, nous ne souhaitons pas gouverner avec qui que ce soit d'autre. Et à partir du moment où les autres blocs disent c'est le cas de la droite, c'est le cas du RN, et c'est le cas d'une grande partie du bloc présidentiel, s'il y a un gouvernement avec l'une de ses composantes du NFP, c'est-à-dire la France insoumise, nous voterons une motion de défiance. Est-ce que ça n'est pas l'idée qu'il est condamné à l'avance ?
La politique, ça ne se fait pas en chambre. Ce ne sont pas des scénarios théoriques qui se font sur les plateaux. Donc, il faut essayer. Mais ce n'est pas qu'il faut essayer. C'est la première étape. C'est la première étape. Et à partir de là, on va voir si effectivement il y a une partie du nouveau Front populaire qui ne veut pas élargir. Ce gouvernement tombera très vite. Et une partie de ce nouveau Front populaire pourra éventuellement retrouver sa liberté. Cela créera d'autres opportunités. Mais il faut faire les choses dans l'ordre, méthodiquement. Nous sommes aujourd'hui devant le combat des Horaces et des Curias. C'est donc par étape qu'il faut procéder. La deuxième étape.
La deuxième étape qui se présente, parce que c'est une des victoires, entre guillemets, de cette élection, c'est la création d'une force à partir d'un Front républicain. Front républicain, le Front républicain tel qu'il s'est joué dans les urnes, c'est contre le Rassemblement national. Que les forces qui veulent participer à ce nouveau Front républicain, et il n'appartient pas, et ce serait une grande erreur de la part du Président, de vouloir choisir telle et telle. La politique, c'est la réalité. C'est pas ce qui me fait plaisir. Justement, nous voulons sortir de cette politique jupitérienne du bon plaisir.
Et il faut rentrer dans la réalité, pas avec le regard de la morale individuelle, mais avec l'exigence du sursaut collectif. Et donc, nous allons voir si ce Rassemblement républicain, ce Front républicain, est capable, lui, d'élargir ses forces, et de rassembler davantage. Deuxième étape. Si c'est un échec à nouveau, troisième option,
la meilleure, la plus ambitieuse. Ce qui serait une réussite, donc pour vous, dans cette deuxième étape, c'est que, hypothèse d'école, le Parti socialiste, c'est-à-dire une partie du NFP qui aurait fait scission suite à l'échec de la première étape, réussisse à s'allier, peut-être avec les écologistes, avec le bloc présidentiel, peut-être avec la droite, c'est ça ?
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Moi, je ne souhaite rien. Parce que je crois qu'il faut respecter les électeurs. Et c'est pour ça qu'il faut de la méthode. Étape par étape, n'anticipons pas le nouveau Front populaire, il a été élu par des électeurs. Il a été choisi. Et on ne trahit pas l'électeur comme ça, avec un esprit de combinaison. Donc, respectons. On verra ce qui se passe. Mais ce que je dis, c'est que si vous procédez étape par étape, vous avez de plus en plus d'opportunités. Vous avez une créativité politique qui s'accroît. Si vous procédez dans le désordre, vous inhibez tout le monde, vous écartez tout le monde.
J'entends un certain nombre de responsables politiques qui lancent des oucazes, des anathèmes. C'est l'inverse de ce qu'il faut faire aujourd'hui. Aujourd'hui, il faut ouvrir le jeu. Il faut apaiser, cicatriser les plaies. Et c'est pour ça que j'en viens à la troisième étape, une fois qu'on aura franchi les deux premières, selon le vieux principe de Guy Druth, une haie à la fois, et on devient champion olympique. À partir de là, troisième étape. C'est quoi la troisième étape ? Eh bien, c'est le gouvernement d'Union nationale qui est, entre vous et moi, de très loin la meilleure option, qui n'exclut personne. Personne. Personne. Ni des électeurs, ni des élus. Personne. Même le RN. Même le RN.
Même LFI. Même LFI. Qui n'exclut personne. Alors, un certain nombre de ces groupes refuseront. Mais, pour pouvoir refuser, pour avoir le droit de refuser, un gouvernement d'Union nationale, parce qu'on a tout pour expliquer aux Français qu'on n'est pas bien. On est dans une situation dramatique. À la fois sur le front social, l'exaspération, la colère, sur le plan économique, sur le plan financier, sur le plan international, nous sommes au summum de la crise. Donc, pour avoir le droit de ne pas participer. Parce que, dans le fond, c'est facile de rester sur l'avantin. Vous êtes le Front National, le RN, vous êtes telle autre formation, vous restez sur l'avantin.
Et qu'est-ce que vous faites ? Vous faites ce que tout le monde veut faire. Et c'est exactement ce qui va se produire dans les prochains jours. Préparer la présidentielle. Tout le régime tourne autour de la présidentielle. Et là, il s'agit d'aller vers un régime d'avantages parlementaires. Donc, on est contre nature. Mais pour éviter la crise de régime, et pour éviter la crise démocratique, il faut introduire plus de parlementarisme. Donc, pour avoir le droit de ne pas participer, il faudra qu'il soutienne. Il faudra qu'il soutienne ce gouvernement, au moins dans ses efforts, pour constituer un budget. Parce que là, c'est une question de dignité et de responsabilité politique.
Pardon, Dominique de Villepin.
Dignité, responsabilité, mais la politique, ce sont aussi des intérêts. Quel serait l'intérêt du RN, de Marine Le Pen, pour ne pas la nommer, quel serait l'intérêt de LFI, de Jean-Luc Mélenchon, qui se projette effectivement dans la présidentielle, de soutenir un tel gouvernement ?
Eh bien, je vais vous le dire. L'intérêt, c'est de sauver la France. Et l'intérêt du président de la République, c'est d'être le moment venu, en situation, d'être le guide, le garant, et l'arbitre. Or, plus il met les mains dans l'huile, plus il passe ses nuits à écrire des lettres, non pas aux Français, mais aux partis politiques, plus il s'éloigne de ses positions, qui sont notre meilleur atout dans les crises qui s'annoncent, dans les difficultés qui s'annoncent. Il n'aurait pas dû exprimer de préférence. Mais pas du tout.
Il doit être l'arbitre d'une procédure qui prend en compte les intérêts généraux du pays, la continuité institutionnelle, et qui prenne en compte la tradition républicaine. Le président doit être au-dessus de ce jeu-là. Jupiter est mort. Et Jupiter a été battu dans les urnes. Ça, je pense que c'est le point de départ de tout. Et il faut donc, il faut donc que, à ces choix qui doivent être faits, les uns après les autres, on ajoute un nouvel esprit qui correspond à cette période. Ce nouvel esprit, parce que vous le dites à juste titre, tous les partis veulent retourner à leur petit jeu, préparer les élections, faire en sorte de dominer les autres.
Tous ces partis doivent se retrouver sur un esprit. C'est en quelque sorte la charte qui doit diriger tous les partis politiques vis-à-vis des Français. C'est l'intérêt général. La défense de l'intérêt général. Si nous succombons au régime des partis et aux intérêts partisans, eh bien, nous allons vers la catastrophe. Et le président, s'il a une vocation, c'est à rappeler chacun à ses devoirs. à commencer par lui-même. Si cette troisième étape que vous décrivez au terme des deux premières ne marche pas, reste un joker, le gouvernement technique. Mais le gouvernement technique ne peut pas surgir du bon plaisir du chef de l'État qui mettra un de ses anciens collaborateurs à Matignon.
Vous pensez à Jean Castex. Mais par exemple, mais je pense à d'autres. À Matignon, les Français veulent quelqu'un qui puisse tenir tête au président. Quelqu'un qui ne s'en laissera pas compter. Quelqu'un qui apportera au président ce que le président n'a pas pu apporter lui-même au pays depuis sept ans. Et c'est-à-dire répondre aux aspirations des Français. Il y en a trois que nous avons tous identifiés. C'est la volonté des électeurs. L'immigration et la sécurité. Oui, il faut qu'il y ait des mesures les plus intelligentes possibles, les moins pulsives possibles. Ne cédons pas aux passions. Soyons raisonnables. Ça ne sert à rien de s'en prendre aux pays d'origine.
Alors même que nous avons besoin des pays d'origine pour une grande politique d'immigration. C'est répondre au déclassement social des Français. Les Français veulent qu'on améliore leur pouvoir d'achat. Les Français veulent des politiques plus actives dans le domaine de la santé, du logement, dans le domaine de l'hôpital. Il faut y répondre. Et puis, bien sûr, l'abaissement de la France, le risque de déclassement économique. Il faut arbitrer entre la politique de l'offre et la politique de la demande. Il ne faut pas tirer un trait de plume sur l'exigence et la rigueur financière. On doit prendre en compte l'exigence d'investissement et d'innovation sans quoi notre pays sera rayé de la carte.
Quelles seraient
ces personnalités techniques, entre guillemets, qui seraient susceptibles de tenir tête au président ? Est-ce que vous avez dans ces profils-là une idée précise ?
Monsieur Pujadas. Peut-être vous-même ? Non, non. Je peux vous dire les choses très tranquillement, justement, parce que je ne suis candidat à rien. Mais, si nous cessons de faire sur les plateaux des hypothèses absurdes, si nous cessons de travailler dans la confusion, si nous cessons de penser esprit partisan alors que c'est l'intérêt général qu'il faut viser, si nous cessons de penser à la présidentielle pour penser à la situation actuelle, les non, vous verrez, il y en a beaucoup. Et pour ça, il faut que le président... Ils ne nous viennent pas à l'esprit. Ils ne nous viennent pas à l'esprit. Ils me viennent, j'en ai beaucoup à l'esprit. Vous en avez beaucoup à l'esprit ?
Donnez-nous quelques exemples. Non, non. Il faut que le président redevienne président et rien que président pour laisser la place, justement, à des personnalités qui seront capables de s'exprimer, de lui dire les choses et de travailler avec lui au service de l'intérêt général.
Si cette quatrième étape, puisque c'en est une d'une certaine manière, échoue, puisque vous dites qu'il faudra que cette personnalité soit adoubée, qu'elle obtienne un soutien, si ça échoue,
que se passe-t-il ? Eh bien, alors, il nous reste deux solutions. Je pense que ces quatre étapes nous permettent assez facilement d'arriver à un an. Donc, le président prendra la décision de dissoudre le Parlement. Nous retournerons dans les urnes et si nous retrouvons une situation bloquée, alors, le président aura mal géré son affaire et il risquera alors de devoir se démettre. Et donc, nous aurons la question de l'élection présidentielle qui aujourd'hui est en filigrane. On en parle peu parce que personne n'est prêt, mais qui deviendra de plus en plus prégnant dans notre vie politique. Mais nous ne pouvons pas laisser la France aller au chaos sans réagir. Et tout ça n'est pas un jeu.
Tout ça est tragique pour notre pays. Ça va nous coûter extrêmement cher. Les générations futures paieront notre inconséquence. Donc, la responsabilité, elle est aujourd'hui d'abord, bien sûr, de la classe politique. Elle est évidemment du président de la République, mais elle est celle de toute la société, de tous les corps intermédiaires. J'entendais les syndicats qui prennent des positions très fortes sur la crise sociale. Tous, nous sommes responsables. Nous allons accueillir le monde dans quelques semaines. Nous sommes responsables de la façon dont la France va les accueillir, la façon dont on va être capable de sécuriser ces Jeux Olympiques.
Donc, l'esprit de responsabilité, il est collectif. Et une fois de plus, nous en tirerons les conséquences le moment venu. Il y a des réponses à chaque étape si on fait les choses dans l'ordre. C'est la confusion qui mène au chaos.
Précisément. Deux dernières questions. Est-ce que cet épisode de la dissolution a affaibli la France ou est-ce qu'il permet une recomposition que peut-être vous saluez, c'est-à-dire, on évoque beaucoup l'évolution vers un régime parlementaire qui serait plus équilibré et une clarification ?
Alors, il a affaibli incontestablement la France. Et il l'affaiblit. Que l'on tire des vertus, que l'on tire des leçons de ce drame. Oui, il y en a plusieurs. Un équilibre plus juste des institutions. Un régime plus à l'écoute du Parlement. Ce qui va poser très vite à mon sens.
Et c'est pour cela que, y compris sur l'équation institutionnelle républicaine, parce que ça peut faire partie d'un programme, aujourd'hui, d'un nouveau gouvernement, renforcer nos institutions républicaines, changer de mode de vie, de scrutin, faire avancer le mode de scrutin, faire en sorte que personne ne puisse être exclu de la vie nationale, adopter des mesures en ce qui concerne, par exemple, la pleine reconnaissance des binationaux qui sont aujourd'hui soupçonnés de ne pas appartenir à la nation, faire en sorte que la xénophobie ne puisse pas l'emporter.
Nous avons plusieurs mesures que nous pouvons prendre, mais nous devons être conscients que la France, qui a un rôle éminent en Europe, la France qui a une responsabilité majeure sur la gestion des crises. Et je pense à l'Ukraine et je pense à Gaza. Voyons ce qui s'est passé dans les derniers jours. Le massacre qui a eu lieu dans un hôpital pour enfants en Ukraine, le massacre qui a eu lieu à Gaza dans une école, tout cela est tragique. et bien la France doit apporter son concours. La France ne peut pas tourner la tête. Et ça, c'était ma dernière question Dominique de Villepin
pour vous qui voyagez beaucoup et qui vous entretenez beaucoup avec les uns et les autres à l'international. Est-ce que pour vous, la France est affaiblie à l'international ? La parole de la France est affaiblie par ce qu'on a connu dans ce mois de juin
et de juillet. Elle est affaiblie, considérablement affaiblie, parce qu'elle est divisée et qu'elle se divise encore plus et qu'elle est absente aujourd'hui, ou en tout cas moins crédible aujourd'hui sur la gestion d'un certain nombre de grands dossiers internationaux. Je pense que le président de la République a dû le voir en se rendant à Washington. Il n'a sans doute pas tout à fait la tête à s'occuper des questions qui sont les grandes questions internationales, même si c'est un professionnel. Aujourd'hui, il est difficile de ne pas être obsédé par ce qui se passe sur le territoire national. Or, nous avons besoin, nous sommes un grand pays, nous avons besoin d'assumer nos responsabilités.
Donc, nous devons être capables dans la crise de faire la part des choses et nous devons tenir notre rang. Et une fois de plus, si on prend en compte l'intérêt général, la nécessité d'une certaine grandeur française, si on prend en compte la nécessité de défendre le rang de la France, alors nous ne nous tromperons pas collectivement sur le chemin à suivre.
Merci beaucoup, Dominique de Villepin, d'avoir été notre invité ce soir. Merci.
Dominique de Villepin