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videoyoutube.com· 11 juillet 2026

📢 Jeudi Politique : Réformes des retraites / Sainte-Soline

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien manquer, abonnez-vous maintenant. Anne Le Hénanf, qui est députée Horizon du Morbillon. Et puis, Emmanuel Taché de la Vigerie, députée Rassemblement National des Bouches-du-Rhône.

Bonjour à tous les trois. Merci d'être avec nous. Nous allons regarder l'actualité.

Elle est riche, l'actualité. Alors, je vais commencer carrément avec Emmanuel Macron. Parce que j'ai la sensation, vous allez me dire ce que vous en pensez.

Que la colère est cristallisée aujourd'hui autour de la personnalité d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron est en déplacement aujourd'hui. Et nous serons tout à l'heure, à midi 5, au bord du lac de Serponçon.

Une méga-bassine d'ailleurs, tiens. Une forme de méga-bassine, le lac de Serponçon. Pas tout à fait parce qu'on ne va pas puiser dans les nappes phréatiques.

Mais tout de même, retenue d'eau. La plus grande d'Europe pour présenter son plan eau. Est-ce que vous avez la sensation, aujourd'hui, que tout se cristallise autour de la personnalité d'Emmanuel Macron ?

Anne Le Hénanf. Toute la colère autour d'Emmanuel Macron. Alors, probablement, vous avez raison.

Mais être président de la République, avec les réformes que nous portons, n'est pas une mission non plus, je dirais, facile. Le cap fixé par le président de la République est clair. La majorité, derrière lui, je dirais, est solide, loyale et fidèle.

On ne souhaite pas, je dirais, changer le cap, mener des réformes dans notre pays. Nous le savons, c'est quelque chose qui n'est pas forcément simple. Donc, celui qui incarne le plus, finalement, cette ténacité, cette volonté d'aller jusqu'au bout, c'est le président de la République.

Donc, oui, vous avez raison, d'une certaine manière, le président est la cible première. Puisque c'est lui qui donne le la et le ton sur les réformes qui doivent être menées. La première ministre, elle-même, a été malmenée, d'une certaine manière, dans l'hémicycle.

C'est vrai que là, avec les manifestations, la volonté de maintenir la réforme des retraites, fait que ça se cristallise effectivement derrière. Et les Français comprennent bien que les décisions viennent d'Emmanuel Macron. C'est la raison pour laquelle les Français ont...

Je ne dis pas...

Je ne veux pas tenir des propos péjoratifs à l'encontre de la première ministre. Mais tous les Français ont bien compris que c'est Emmanuel Macron qui incarne la politique conduite aujourd'hui. Et qui représente cette politique conduite aujourd'hui, qui est contestée dans la rue.

Elsa Faucillon, ça ne vous surprend pas. Ça paraît logique, c'est normal. Évidemment.

Et puis je rappelle que dans cette Vème République, il y a un accaparement des pouvoirs par le Président de la République que Emmanuel Macron ne conteste pas. Et qu'au contraire, il approfondit cet accaparement des pouvoirs entre ses mains. Donc rien d'étonnant à ce qu'il soit identifié comme celui qui a entre ses mains la possibilité de défaire la crise.

C'est-à-dire de répondre par le retrait ou par le référendum. Puis j'y ajoute le fait qu'il a quand même largement usé, et je crois que c'est un mot qui revient beaucoup, du mépris. C'est un mot qui revient partout.

Partout. Vous pouvez être sur les marchés, devant les écoles, partout les gens vous disent quel mépris. Et s'y ajoute la brutalité dans la période d'un passage en force, d'un 49-3.

Donc c'est pas qu'elle...

En fait, moi je suis jamais sur un aspect psychologisant de la politique. Mais simplement, c'est un exercice du pouvoir, à la fois avec un accaparement des pouvoirs, et avec un mépris et une forme de brutalité. Emmanuel Taché de La Pagerie ?

Écoutez, quand on gouverne depuis plus de 6 ans dans la violence, on ne s'étonne de rien. Je ne vais pas faire de la psychothérapie. Il y a un accaparement de la fonction et des thématiques, le disait ma collègue.

Et je rappelle que le Parti communiste a été fondateur de la Vème République. D'autre part, ma collègue Le Hénanf parle de cap. Quel cap ?

Quel cap ? Depuis les gilets jaunes, quel cap ? Vous parlez, chers collègues, de majorité.

La réalité, c'est qu'il n'y a pas de majorité. Il n'y a plus de majorité. Elle est plus que relative.

Elle était déjà relative au moment de la Constitution. Comme l'opposition est relative. Alors là, on ne va pas reprendre ce débat.

Le problème politique vient peut-être de là. C'est qu'il n'y a pas de majorité, ni à droite, ni à gauche. C'est qu'on parle, là vous parlez de la cristallisation autour d'Emmanuel Macron.

Oui, autour d'Emmanuel Macron. Écoutez, ça a été dit autour de cette table. M.

Macron méprise les Français. M. Macron parle aux Français comme à des enfants.

Mais j'allais dire, M. Macron ne fait que ce qu'on lui a demandé de faire. Que ce que la Commission européenne lui demande de faire.

C'est sa feuille de route à M. Macron. La France, les Français, ils s'en fichent.

C'est la Commission européenne, Elsa Faucillon, qui guide la politique française ? Moi, si vous voulez, ce que je constate surtout, c'est qu'Emmanuel Macron se glisse très bien dans les directions prises par la Commission européenne. On a aujourd'hui une Europe qui est très largement driveée par des principes néolibéraux.

Et Emmanuel Macron ne les conteste pas. C'est-à-dire qu'il y a l'idée que, quelque part, on se lie les mains nous-mêmes au niveau européen. On valide totalement les choix qui sont faits.

Donc après, il ne faut pas dire qu'on est contraint par la Commission européenne quand nous-mêmes, on valide l'ensemble de ces principes. On a un tel point contraint, pardonnez-moi, que cette réforme des retraits est arrivée sur la table. Je rappelle qu'en 2019, c'était de l'inconscience que de l'affaire.

C'est fait Emmanuel Macron. Ce n'était pas du tout la même. Je rappelle juste que selon les aveux du ministre Clément Beaune, c'est la contrepartie au financement du plan de relance.

Voilà l'injonction à laquelle la France doit répondre. Et voilà l'obstination dans laquelle se trouve le gouvernement, voire l'impasse. Il faut se souvenir qu'au moment de la crise Covid, la question de la règle des 3% avait été questionnée, y compris par Emmanuel Macron.

Et beaucoup s'étaient dit qu'il faut arrêter avec ça. Enfin, visiblement, ils sont rapidement revenus sur leurs propres réflexions à l'époque, alors même que tout invite à revoir ces règles, notamment devant le défi climatique où il y a besoin d'investissements ultra conséquents. Bien.

Vous voulez répondre à l'énonf ou pas ? Non, ou on passe à autre chose ? Non, non, non, non, non.

Parce qu'on peut passer à autre chose. Notamment à l'ordre du jour de la rencontre qu'on ne connaît pas vraiment, de la rencontre entre Elisabeth Borne et les syndicats la semaine prochaine. Ce que je veux juste dire, c'est qu'on a l'impression que, lorsque j'écoute les personnes autour de cet état, mais même certaines personnalités politiques, qu'il y a eu une grande découverte, une grande surprise sur la réforme des retraites.

Ce qui n'est pas le cas. Emmanuel Macron a été élu président de la République sur un programme que nous avons relayé pendant les législatives. Nous ne nous sommes jamais cachés sur la nécessité de refaire les réformes.

Le fait que ça bloque et que ça coince aujourd'hui, on va d'ailleurs sans doute revenir là-dessus tout à l'heure, sur la méthode, eh bien, je dirais que ce n'est pas une raison suffisante pour, je dirais, accuser le président de la République d'être autoritaire et cristalliser toute cette haine autour de lui. Vous croyez pas que dans les 70% aujourd'hui de personnes qui sont contre cette réforme des retraites, il n'y en a pas une énorme partie qui est allée se mobiliser au second tour pour éviter que Marine Le Pen accède au pouvoir. Vous ne croyez pas ça ?

Bien sûr que oui. Et donc, vous croyez aujourd'hui possible de venir dire, vous croyez possible de dire aujourd'hui à ces Français et ces Françaises qui se mobilisent, vous avez voté pour lui pour ce programme. Je vais même aller plus loin de l'idée que pour laquelle ils se sont dépassés.

Je vais même vous dire qu'il y a certains de mes électeurs qui ont voté pour moi pour législative et qui sont contre la réforme des retraites. Bien sûr. C'est à moi, en tant que député, de leur expliquer cette retraite, ce que nous faisons sur le terrain depuis des semaines.

Alors justement, un mot, un mot, vous vouliez parler de la méthode, je le sentais, parce que vous vouliez la critiquer, la méthode ? Alors, écoutez, je fais partie de la majorité. Je sais, mais vous avez peut-être oublié, M.

Bourdin. Horizon, vous êtes Horizon, c'est très particulier, parce qu'Horizon, c'est Édouard Philippe. Je le rappelle.

Et Édouard Philippe critique la méthode ou pas ? Est-ce que vous critiquez la méthode du gouvernement ? Alors, en fait, c'est comme un témoignage que je vais faire, puisque je le vis de l'intérieur.

Et cela ne vous a pas échappé. Mais j'ai bien compris. Je vis cela de l'intérieur.

Nous sommes dans la majorité présidentielle. Jamais, Édouard Philippe, ni Laurent Marc-Angeli, le président de notre groupe, à aucun moment n'a, je dirais, hésité sur le fait que nous appartenons à la majorité, que nous sommes loyales et présents. Mais ça, on l'a compris.

Et non seulement ça, mais nous sommes solides. Oui. C'est quand même important.

C'est-à-dire que si vous regardez notre présence, notre soutien, l'accompagnement des réformes qui ont déjà été présentées ou des projets de loi, on ne peut pas reprocher à Horizon d'avoir manqué à sa parole ni à sa présence. Donc ça, c'est la première chose. Sur la réforme des retraites, c'est exactement la même chose.

Et nous l'assumons totalement. En termes de méthode, il est vrai que, et ni Laurent Marc-Angeli, ni d'autres au sein de la majorité dans mon groupe Horizon, n'ont finalement dit que tout allait dans le meilleur des mondes. Il faut quand même être responsable.

Disons clairement les choses. Il y a des fois où, effectivement, nous aurions préféré, peut-être plus en amont, travailler sur les textes. Donc oui, et c'est ce que la première ministre s'est engagée à faire avec la consultation pendant les trois semaines à venir qui vont permettre aux représentants politiques qui souhaitent nous rejoindre et qui représentent le socle républicain, eh bien, de travailler différemment.

Alors justement, c'est très intéressant, puisque vous nous conduisez au sujet suivant, cette rencontre. Et puis, je voudrais quand même mettre les choses en perspective, parce que le Conseil constitutionnel a fixé au 14 avril la date de sa décision. C'est-à-dire que le Conseil constitutionnel décidera le 14 avril, rendra sa décision, la rendra publique le 14 avril.

Trois semaines, concertation jusqu'au 14 avril. Est-ce que le gouvernement est en train d'essayer de gagner du temps ? Est-ce que, sur le fond, il peut y avoir une ouverture de la part du gouvernement ?

Certains syndicats sont prêts à discuter et peut-être à remettre en cause une partie de la réforme et à accepter une partie de la réforme. Nous allons parler de tout cela dans 2 minutes 11h14. Jean-Jacques Bourdin.

Bien, 11h17, rencontre, nous verrons bien. D'abord, est-ce que tous les syndicats iront ? Apparemment, oui.

Quoique la CGT, on n'a pas la réponse officielle. Parce que c'est compliqué, la CGT, elle a faussi en ce moment. Visiblement, le Congrès est compliqué.

Après, on est dans une période où le syndicalisme est quand même confronté à de grandes difficultés. Et à la fois dans un mouvement social, où il a montré son utilité dans le pays syndicaliste. Et son unité également.

Tout le monde la salue. Et de fait, elle a été un point d'appui extrêmement important dans la bataille. J'espère qu'elle va continuer à l'être.

Donc, évidemment, je regarde avec attention le Congrès de la CGT. Parce que cette unité, au sein de la CGT, elle compte aussi pour l'unité syndicale. Bien.

Elisabeth Borne va recevoir les syndicats. Nous verrons bien si la CGT s'y rendra ou pas. S'il y aura une délégation de la CGT.

Ce qu'on sait, c'est que la CFDT a dit oui. D'autres aussi ont dit oui. La CFTC a dit oui.

Bon, maintenant, le patron de Laurent Berger, le patron de la CFDT a été très clair. Pas question de revenir sur les 64 ans. Bon.

Donc, nous partirons si nous ne revenons pas sur les 64 ans. Est-ce qu'il y a une possibilité, vous qui êtes dans la majorité, qu'Elisabeth Borne ouvre la porte à une discussion sur la mesure d'âge, les 64 ans ? Oui ou non ?

Personne autour de la table ici, moi y compris, ne sais ce que la Première Ministre va dire au syndicat qu'elle va recevoir mercredi prochain, parce que la date est connue vraisemblablement. C'est mercredi, oui. Voilà.

Eh bien, je ne sais pas, en tant que membre de la majorité, ce que la Première Ministre va dire. La seule chose que je sais, c'est que la main, elle est tendue, qu'il n'y a a priori aucun sujet tabou. Donc, les 64 ans, ce n'est pas tabou.

Donc, l'ordre du jour des discussions de mercredi, je ne le connais pas, mais la Première Ministre est dans une démarche d'ouverture, de main tendue, d'échange. Donc, je dirais, c'est une démarche qui me semble positive, ouverte. Est-ce que la majorité est en train de chercher une porte de sortie ?

Disons clairement les choses. Emmanuel Macron est-il en train de chercher une porte de sortie ? Alors, une porte de sortie, je trouve que c'est une connotation un petit peu négative.

Donc, je ne dirais pas ça. Je dirais simplement de trouver finalement des alliés, des avancées, des partenaires, un élargissement de la base. Oui, clairement.

Et c'est nécessaire, puisque nous n'allons pas pouvoir continuer à vivre dans ce contexte de tension. Et on a cette capacité-là. On a cette capacité-là, parce que, que ce soit à l'Assemblée nationale, ou que ce soit à l'extérieur, dans l'environnement politique, il y a des personnalités qui sont très peu éloignées de la vision de la France, la réforme, les réformes que nous voulons mener.

Donc, je ne suis pas très inquiète. Sauf que, je rappelle aussi, il y a un élément qu'il faut prendre en compte, c'est que la réforme des retraites a été adoptée, et qu'elle est en ce moment sur le bureau du Conseil constitutionnel. Et que, est-ce que le gouvernement ne va pas se réfugier, Emmanuel Macron, derrière la décision du Conseil constitutionnel, essayant de gagner du temps ?

Moi, je pose la question. Essayant de gagner du temps pour, finalement, que cette réforme soit adoptée. On n'en est pas, si vous voulez, on n'en est pas à la notion de gagner du temps, détourner le sujet, parler d'autre chose.

Non, franchement, nous sommes des gens responsables. Si on n'est pas dans une stratégie de l'étouffement, je ne sais pas dans quoi on est, en fait. Je ne sais pas, vous avez un mur en face, vous êtes les seuls à ne pas l'avoir vu ?

Non, c'est que nous sommes...

C'est comme une bagnole qui est lancée à 300 km heure, qui a des parpaings en face d'elle, à 5 mètres, mais qui ne sait pas ce qui va se les prendre, en fait. Le point commun entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite, c'est que vous avez une vision...

Moi, madame, je suis comme vous, je suis parlementaire, donc il n'y a pas d'extrême-gauche, il n'y a pas d'extrême-droite. En fait, politiquement, on me parle d'horizon, et j'assume totalement mon positionnement politique. Je m'adresse en face de moi à l'extrême-gauche et à l'extrême-droite.

Eh bien, contrairement à vous, qui avez une vision très pessimiste, négative, et je dirais que c'est presque nécessaire pour vous d'avoir ce genre de discours, pour aller en frontal face à Emmanuel Macron et au gouvernement, moi, ma position, c'est que nous sommes des gens responsables, on souhaite sortir par le haut. C'est une expression qui me conviendrait mieux par rapport à une porte de sortie, si je peux me permettre de le reprendre. Sortir par le haut, et nous avons la capacité, dans notre majorité, de le faire.

J'en suis convaincue. Tout à l'heure, on parlait de méthode, pardonnez-moi, tout à l'heure, on parlait de méthode, mais Elisabeth Borne, enfin bon, qui est là, parce qu'elle doit être là, qui garde les meubles, qui a défaut de les sauver, c'est quand même très proustien. Les premières ministres, oui, c'est quand même très proustien, oui, par la grâce présidentielle.

C'est toujours comme ça, c'est toujours le président qui nomme les premiers ministres. Oui, oui, ce n'est pas le sujet. Mais ce soit quelqu'un d'autre, bon, voilà, une fois que je vous demande.

Mais c'est proustien, c'est à la recherche du temps perdu, c'est-à-dire, on parlait de méthode, c'est ce qu'il aurait fallu faire, d'ailleurs cette réforme, il n'aurait pas fallu la faire, mais soit, puisque de toute façon, c'est une obsession présidentielle. Et soi-disant, c'est grâce à ça que vous avez été élu. Vous proposez 62 ans.

Non, mais ça, à la recherche du temps perdu, en fait. Non, on ne l'a pas caché, j'ai dit qu'on ne l'a pas caché, on l'a assumé. C'est à la recherche du temps perdu, c'est que les outils, dont le gouvernement, en responsabilité, pour reprendre un terme qui est cher au macroniste, devaient se saisir et se munir, c'est-à-dire le dialogue, le respect du temps parlementaire, le respect du vote.

Il n'y a pas eu de vote, tout à l'heure, vous avez dit que cette réforme avait été adoptée. Elle n'a pas été adoptée. Non, non, c'est une clé de bras, il y a un 49-3.

Oui, mais ça n'a pas été adopté. Non, non, mais moi, je ne veux pas la moindre. Non, mais ça n'a pas été adopté par le vote, par une auction parlementaire.

Ça n'a pas été adopté par, pardonnez-moi, les représentants de la population française à l'Assemblée nationale. Maintenant que le Sénat soit complice, merci les Républicains qui s'accrochent, qui sont dans une écologie de survie, c'est une chose. Mais sur la méthode, revenons à la méthode de Mme Borne.

La méthode n'est pas la bonne. Il a fallu donc qu'on en arrive à des violences qui, par moments, sont extrêmes, qu'on jette des gens, des millions de gens dans la rue, pour qu'on en vienne à une éventualité de dialogue qui est soumise à la bonne volonté ou pas des syndicats, qui, là, on parlait de la succession de la CGT, ne sont pas dans une forme extraordinaire, de bien vouloir parler de quoi avec Mme Borne ? On va passer de quoi ?

De 64 à 63 ans et demi ? Mais on n'est pas sérieux. Juste, alors...

Oui, est-ce qu'on pourrait enlever, d'ailleurs, la mesure d'âge, 64 ans, et ne garder que la durée de cotisation ? C'est aussi un axe défendu par certains. D'abord, je réagis, parce que quand on se revendique, comme la collègue qui est présente ici de l'héritage du général de Gaulle, on ne met pas le Parti communiste dans l'extrême gauche.

Sinon, c'est que, vraiment, on ne connaît pas l'histoire du pays. Donc, le Parti communiste, c'est toujours inscrit dans l'histoire de la gauche et pas de l'extrême gauche. Je le dis aux auditeurs, parce que, simplement, on voit bien quel est le jeu, en ce moment, à essayer de renvoyer dos à dos l'idée qu'il n'y aurait qu'une extrême droite, une extrême gauche, et vous, au centre, qui seriez les seuls légitimes à pouvoir gouverner.

Ce que constatent les citoyens de ce pays, c'est, en ce moment, plutôt l'illégitimité du gouvernement. Je vais revenir sur l'illégitimité. Attendez, mais je voudrais...

Mais c'est important de pouvoir le dire. Vous faites un peu d'histoire. Vous faites un peu d'histoire.

Vous parlez d'extrême gauche, vous parlez du général de Gaulle, du rôle du Parti communiste. C'est vrai qu'ils gouvernaient ensemble. C'est vrai qu'à une époque de l'histoire de France, ils étaient côte à côte.

Mais je voudrais vous poser simplement une question. Vous étiez à l'Assemblée sur Holodomor hier ? C'était avant-hier.

Avant-hier, oui, pardon. Oui, c'était avant-hier. Je n'étais effectivement pas présente.

Et il y a eu...

Pourquoi deux députés communistes ont voté contre la condamnation du génocide ? Je vais tenter de vous expliquer pourquoi, tout en n'assumant pas complètement ce vote. Je vous le dis très honnêtement.

Parce que je crois que quand on est justement membre du Parti communiste, on est forcément renvoyé à son histoire, même si on la conteste. Je rappelle que c'est Staline qui a été au pouvoir. Et que ce vote contre la reconnaissance de cette grande famine, d'un génocide, etc., renvoie quelque part aux yeux du grand nombre, à l'idée que nous validerions les actes du stalinisme.

Ce qui est évidemment faux. La question qui s'est posée pour les députés qui étaient présents, c'est est-ce qu'on reconnaît ou non comme un génocide ? Vous le savez comme moi, la question de la reconnaissance du génocide, qui est un terme juridique, qui est un terme des organisations internationales, elle doit remplir cinq critères.

Eux, ils ont considéré que cette reconnaissance ne remplissait pas les critères internationaux du génocide. Voilà, je vous donne l'explication qu'eux en ont faite. Vous auriez voté quoi ?

Je pense que je me serais abstenue. Voilà. Mais après, on ne dédite pas quand on n'est pas là.

Au Rassemblement National, vous êtes présents ? Je crois que ma collègue était là aussi, j'étais présent dans l'hémicycle. Mon groupe, les élus du groupe Rassemblement National ont voté pour.

Moi, pour des raisons comme je ne suis ni juge, mais je le dis, je n'ai pas participé au vote, et sans doute je me serais abstenue, j'ai quitté l'hémicycle, parce que je ne suis pas juge, je ne suis pas scientifique, que nous parlons de choses éminemment sérieuses, parce que les scientifiques n'ont pas encore...

Vous avez voté le génocide arménien ? Oui, mais tous les historiens étaient d'accord sur le génocide arménien. Sur le génocide arménien, sur la Shoah et sur le Ronda, vous voyez la question qui nous est posée ?

Tous les scientifiques et tous les historiens sont d'accord. Moi, je ne suis que parlementaire, et humblement, ça n'est pas à moi, même si c'est ignoble, je crois qu'on parle de plus de 3 millions de personnes affamées, je ne suis pas, et humblement, ce n'est pas de ne pas avoir une opinion, je ne suis ni juge, ni scientifique. Et en tant que parlementaire, ce n'est pas à moi de me prononcer.

La parenthèse est refermée, allez-y. On était sur la rencontre avec les syndicalistes. Ce qu'on sent, c'est que dans la période, le gouvernement qui cherche à tout prix à passer à autre chose est dans une pure stratégie de communication avec cette rencontre avec les syndicats.

Vous avez entendu comme moi, Franck Riester. Franchement, à chaque fois, c'est une sorte d'allié inattendu, Franck Riester, dans la bataille des retraites, qui vient expliquer que ça va être une rencontre pour discuter que ce sur quoi nous sommes d'accord. Mais c'est une blague.

Il y a une crise, une multicrise dans ce pays, une colère, mais incroyable, et il explique qu'on va recevoir les syndicats pour parler de toute autre chose que du sujet actuel que posent les Français sur la table. C'est une blague. Et moi, ce que je vois, c'est effectivement un déni de réalité absolu du gouvernement qui croit qu'il va pouvoir passer à autre chose alors qu'il y a une colère très installée et très tenace.

Il y a une colère toujours qui s'exprime à chaque rassemblement. Il y a aussi, disons clairement les choses, des dissensions au sein de l'intersyndical, et je peux vous le dire, en avoir discuté avec les uns et les autres, sur la date du 6 avril. Certains pensant que c'est beaucoup trop tard le 6 avril, que ça permet au gouvernement de gagner du temps.

Qu'en pensez-vous Elsa Fossillon ? Alors, bon d'accord, d'abord...

Prochaine journée de mobilisation, le 6 avril. D'abord, il y a une intersyndicale, et c'est eux les responsables...

Non, mais c'est à eux de décider des dates, c'est pas aux députés de décider des dates. C'est pas vous qui décidiez, mais...

Ensuite, les histoires de calendrier et de date posée, c'est toujours un débat qui crée de la divergence dans une intersyndicale, et y compris même dans un syndicat. Ce que je vois, moi, c'est que les gens, ils en sont à leur 10e journée de mobilisation. D'ailleurs, les grèves ne sont pas très suivies, parce que ça coûte cher.

Vous vous rendez compte, dans un moment où l'inflation est si prégnante, ou les difficultés de vie...

Déjà, rendez-vous compte à quel point ce mouvement social est historique pour notre 21e siècle. Historique pour notre 21e siècle. De voir autant de personnes dans la rue, de voir qu'au bout de deux mois de mobilisation, très majoritairement, les Français continuent de soutenir la mobilisation.

Ils sont à chaque fois plus nombreux à contester. Ils sont même, aujourd'hui, majoritaires à dire que les violences sont à imputer à la responsabilité du gouvernement. Oui, mais ils soutiennent la police à 85%.

Oui, mais vous avez vu beaucoup de mouvements sociaux dans lesquels des violences émergent, qui continuent à être soutenues à ce taux-là. Moi, je n'en ai pas connu beaucoup. Et les violences, je vais y venir.

Oui, qu'est-ce que vous voulez dire sur, justement, ces dates ? Vous pensez que ça va servir à quelque chose ou pas, cette rencontre ? Vous estimez que ça va servir à quelque chose ou pas, cette rencontre ?

Oui, mais comme je vous le disais il y a quelques minutes, moi je...

Oui, vous ne savez pas ce qui va être dit. Je ne sais pas ce qui va être dit. Moi non plus.

Mais je fais confiance, et la volonté est là, donc on verra, on peut tergiverser, imaginer, fantasmer. La réalité, c'est qu'elle va avoir lieu, que la Première Ministre sait certainement ce qu'elle fait, et donc on verra mercredi. Bon, là, souhaitons-le.

Eh bien, il est 11h30, petite pause. Ensuite, je vais revenir sur les accusations, ici ou là, les violences de tous les côtés, parce que la violence règne. Et j'ai vu que Sandrine Rousseau demandait la démission de Gérald Darmanin.

Est-ce qu'il faut aller jusque-là ? Pourquoi ? Il est 11h30.

Bien, il est 11h33. Les violences. Alors, les violences, là, c'est un vaste débat.

Il y a débat, évidemment, dans la société française, aujourd'hui. Qui est responsable des violences ? Je vais commencer avec ce qu'a demandé Sandrine Rousseau, la démission de Gérald Darmanin.

Qu'en pensez-vous, Elsa Faucillon ? Est-ce que vous demandez, vous aussi, la démission de Gérald Darmanin ? Oui, parce que je constate que les mensonges sont beaucoup trop nombreux et que c'est grave de la part d'un ministre de l'Intérieur.

Soit c'est une méconnaissance, j'ai du mal à y croire, mais quand il vient droit dans les yeux mentir, et aux journalistes, et donc aux Français, sur l'idée qu'il n'y a pas eu d'arme de guerre à Sainte-Solines, il n'y a pas eu de tir de LBD en mouvement. Les deux choses sont fausses. Ensuite, il vient dire que les secours ont pu arriver...

Sur le LBD en mouvement, il est revenu dessus. Oui, il est revenu, mais il le sait, quand il le dit, il sait déjà que c'est arrivé. Quand il dit que les secours ont pu arriver, alors même qu'il sait qu'il y a une enquête qui est en cours et qui doit être menée pour savoir si les secours ont pu arriver...

Mais il y a une enquête qui est en cours, et personne ne peut dire une conclusion pour l'instant. Exactement. Eh bien, vous avez vu que je ne l'ai pas fait.

Ce que je dis, c'est qu'il y a une enquête, et le ministre de l'Intérieur, lui, vient de manière péremptoire le dire. Et si vous voulez, je trouve qu'y compris sur la question aujourd'hui du maintien de l'ordre, il y a une question qui est posée au pays, et que le ministre de l'Intérieur n'a pas l'air de se poser. Je rappelle que quand il y a la mort de Malik Ousekine, en deux jours, le ministre y démissionne.

Oui, mais Malik Ousekine n'était pas un manifestant. Et qu'est-ce qu'on fait d'autre ? On décide que le maintien de l'ordre doit être réinterrogé.

Et ce qu'on dit, c'est qu'on aura une politique de maintien de l'ordre du zéro mort. C'est-à-dire que la technique du maintien de l'ordre change en se disant même s'il y a des biens publics qui sont abîmés, nous, ce qu'on ne veut surtout pas, c'est qu'il y ait des gens qui meurent dans le cadre du maintien de l'ordre. Et je crois qu'aujourd'hui, on doit se poser cette question dans le maintien de l'ordre.

C'est pour ça qu'on demande, il y a eu une pétition qui a été mise en ligne sur l'existence des braves M, parce que cette technique d'intervention, elle ne peut que créer de grands blessés. Et donc, il faut arrêter avec ça. Et ce que je vois, c'est un ministre de l'Intérieur qui ne prend pas la mesure de ça et qui, au contraire, est plutôt dans l'escalade.

Vous êtes d'accord ? Non, non, non, évidemment, je ne suis pas d'accord. Si, j'ai l'impression que vous demandez la démission de Gérard Darmanin.

Non, mais concernant la démission d'Armatin, elle ne date pas d'aujourd'hui. Elle est évidente depuis ce qui s'est passé au Stade de France. Donc vous êtes d'accord ?

Non, mais depuis le mensonge énorme du Stade de France, non, mais écoutez, le fait de voir les mêmes choses ne veut pas dire qu'on soit d'accord. Après, on peut avoir une opinion, il a constaté. Voilà, donc M.

Darmanin doit partir, mais ce n'est pas récent. Maintenant, effectivement, et comme vous le disiez, il y a si violent s'il y a des enquêtes à faire. Je tiens à rappeler juste que quand un homme ou une femme intègre la police ou la gendarmerie, il le fait pour protéger et servir, et pas pour s'en prendre à ses concitoyens.

Qu'est-ce que dit Gérard Darmanin ? Je rappelle aussi que le taux de suicide chez les fonctionnaires de la police fait partie du plus élevé. De quoi parle-t-on ?

Là, on était sur la démission, sur Sainte-Solène ? Sainte-Solène, manifestation non autorisée, pas interdite par la préfecture. Nous avons donc des cinglés ultra-violents, je ne parle pas de la police, qui se rendent sur place avec des machettes, des battes de baseball, des boules de pétanque.

Vous allez manifester, vous, de cette façon-là, pour contester quelque chose. Non, vous y allez dans la volonté de fracasser tout ce qu'il y a sur votre chemin. Là où on est chez les dingues, c'est les députés, la France insoumise, et mes collègues écologistes qui ont accompagné ce mouvement de violence, d'émeutier.

Voilà où nous en sommes. Alors maintenant, si la question est circonscrite à M. Darmanin, qu'il parte.

Alors vous demandez...

Attendez, je voudrais comprendre la position du Rassemblement National, parce que c'est toujours un peu confus. Vous demandez...

Non, non, non, c'est pas très clair. Vous demandez la démission de Gérald Darmanin, mais pour lui, Gérald Darmanin n'est en rien responsable de ce qui s'est passé, de la violence ou de ce qui s'est passé à Sainte-Solène et dans les manifestations. M.

Darmanin n'est pas responsable de donner des ordres pour que...

Alors que je n'ai pas bien compris pourquoi vous demandez. Les lois de la République soient appliquées. Si ce n'est pour des raisons purement politiciennes.

Mais je ne...

Purement politiciennes. Non, mais vous avez vu face à quoi on est ? Vous avez vu les débordements face auxquels nous sommes convoqués tous les uns et les autres ?

Mais c'est donc Gérald Darmanin qui est responsable des débordements. Vous avez vu les gens qui sont à l'hôpital ? C'est Gérald Darmanin qui est responsable des débordements.

Gérald Darmanin est ministère de l'Intérieur. C'est pas moi qui vais faire le boulot du ministre de l'Intérieur. Bon.

Ni assumer son inconséquence d'ailleurs. Alors, démission ou pas ? Alors, cette manie...

Ah non, mais non. Moi, je trouve que cette manie de personnifier un problème à travers un ministre, ça cache quand même beaucoup de choses. C'est que, ici, il faut parler.

Le ministre de l'Intérieur, il a une mission, on est bien d'accord. Personnifier en l'accusant de tout ce qui se passe sur le terrain avec les forces de l'ordre, c'est, un, méconnaître le fonctionnement des forces de l'ordre, et, deuxièmement, les forces de l'ordre, elles ne sont pas en position offensive. Elles sont en position défensive.

C'est vrai que quand on arrive avec des armes de guerre, et que les gendarmes ont une mission qui est claire, il n'y a aucune ambiguïté là-dessus, vous pouvez d'ailleurs lire le rapport qui est disponible, les deux rapports qui sont disponibles sur le site du ministère de l'Intérieur, qui sont là pour protéger un équipement, et que des individus ultra-violents arrivent avec l'objectif d'en découdre et de se faire du flic, pour parler vulgairement, et bien, qu'est-ce qu'on doit faire ? Les gendarmes doivent attendre ? Se faire tuer ?

Se faire blesser ? Sans rien faire ? Le zéro, madame, le zéro mort, c'est déjà dans les façons de pratiquer des forces de l'ordre en France.

C'est déjà. Faire croire que c'est l'inverse, c'est grave, de votre part. C'est grave.

Parce que ce n'est pas le cas. Donc demander la démission de Gérard Darmanin, c'est un non-sens, et c'est finalement parler d'un sujet...

Vous permettez, monsieur, je vous ai écouté. Parler de la démission d'Armanin, c'est en fait parler d'un arbre, pour ne pas parler de la forêt, qui est, parlons des forces de l'ordre, de leur présence, de leur patience, de leur résilience, et de la bonne réaction qu'ils ont eue dans cette situation extrême, qu'on peut qualifier de situation de guerre. Est-ce que le maintien de l'ordre est bien assuré en France ?

Je pose la question. Moi, je pense que dans le cadre des manifestations aujourd'hui, je constate, parce que peut-être vous manifestez un petit peu moins que moi, chers collègues, En tout cas, je manifeste, et ce que je me rends compte, et je manifeste depuis que je fais les deux, je fais et mon boulot de parlementaire dans ma circonscription, et à l'Assemblée, et je suis aux côtés de celles et ceux qui manifestent. Et d'ailleurs, je manifeste depuis que je suis petite fille, puisque avec mes parents, je manifestais également.

Ce que je constate, c'est qu'il y a eu huit manifestations qui se sont extrêmement bien déroulées, où, effectivement, j'avais largement vu la différence avec, par exemple, des manifestations antérieures sous le mandat d'Emmanuel Macron, où ça s'était très mal passé. Avec un autre préfet de police. Avec un autre préfet de police, tout à fait, et où on voyait des ordres qui avaient été donnés d'une très grande proximité de la police autour des manifestants.

Ce qui crée de la tension, vous le savez. Et ça, c'est des ordres. Je ne mets pas en cause, là, l'agent de police.

Je mets en cause les ordres. Et donc, celui qui donne les ordres, et celui qui met en place une technique de maintien de l'ordre. Je termine.

Et au bout de huit manifestations, qu'est-ce qui s'est passé en réalité ? Il y a eu un 49-3. Il y a eu une brutalité.

Une montée en tension dans le pays. Il n'y a qu'à partir de là, finalement, qu'on a vu les choses devenir plus violentes. Mais quand on parle de violence...

Il y a 49-3 et l'apparition des Black Blocs. Je tiens quand même à mettre...

Non, non, mais...

Sauf que les manifestations, le soir, il n'y avait pas de Black Blocs. Il y avait des jeunes qui manifestaient en colère. Et je suis désolée, je ne mets pas un trait d'égalité entre celui qui vient avec une hache à Sainte-Solines et celui qui brûle une poubelle.

Le gentil manifestant, c'est très sympa de vous écouter, madame. Est-ce que j'ai dit ça ? Le gentil manifestant existe, mais celui qui est là...

Est-ce que j'ai dit ça ? Oui, c'est la majorité des manifestants dans la ville d'Arme, dont je suis députée. Appeler par l'extérieur à être présent, ça, c'est un autre sujet.

Et à quel moment vous répondez aux gens qui ne sont pas violents ? C'est quoi la réponse du gouvernement au bout de huit manifestations, de 3,5 millions de gens dans le pays, et de 70% de la population qui est contre ? La réponse, madame...

Vous ne croyez pas que la violence, à un moment, c'est la réponse que trouvent parfois des gens à ne pas être entendus ? Et ça, c'est de votre responsabilité à la majorité. Oui, mais parce que vous faites un amalgame, parce que politiquement, ça vous intéresse.

Mais les gens qui manifestent pour exprimer leur idée, c'est tout à fait respectable. Par contre, laissez sous-entendre qu'il ne faut rien faire parce qu'il y a 800 ou 1000 black blocs ou ultra-violents. À quel moment vous allez faire entendre ça ?

Vous me demandez quelle est la réponse que le gouvernement peut apporter à ça. Je parle de la réponse politique. La réponse politique, comme au moment des Gilets jaunes.

Soyons responsables. Nous nous le sommes. La réponse qui n'arrive que quand la violence émerge.

Nous allons effectivement, et c'est le cas, il y a des enquêtes en cours, il y a des rapports qui sont également en cours, il y a des évolutions, il y aura des...

On ne parle pas de la même chose. Il y aura des...

Non mais tout ça a été prévisible en fait. On ne parle pas de la même chose. Oui, mais sauf que quand on appelle à la violence...

Qui a appelé à la violence ? Il y a des responsables politiques qui appellent à la révolution. Et vous en faites partie...

Si vous allez sur l'auditeur de Thomas Portes, votre collègue de la LFI, vous en faites partie, vous appelez à la violence. Qui a appelé à la violence ? Je vous demande les propos précis ici devant les auditeurs qui sont des appels à la violence de responsables politiques de gauche.

Dans les bancs de NUPS. Madame, c'est important ce que vous dites. Oui, tout à fait.

D'accord, donc je peux finir. Il faut donner les mots précis aux auditeurs. Mais collègue Faucillon, vous avez Twitter, j'imagine.

Vous avez lu le Twitter de M. Portes ? Qui va dans les facultés, qui parle d'appel à la violence ?

Qui parle d'appel à la violence ? Mais quels sont les termes choisis pour appeler à la violence ? Si vous posez dix fois la question, effectivement, je ne pourrai pas vous répondre.

Donc j'ai compris votre question, donc je peux y répondre dorénavant. Il y a parmi les bancs de NUPS, vos collègues qui vont dans des lieux, les facs, par exemple, je suis bretonne, à Rennes. Vous avez certains d'entre vous qui se sont déplacés pour appeler à l'insurrection.

Je n'ai pas inventé le mot. Et qui tweetent et qui appellent les jeunes à se mobiliser. Allez dans la rue.

Ça n'appelle à l'insurrection, ça n'appelle à la violence. Pardon, quand vous avez un Mélenchon, quand vous avez un Jean-Luc Mélenchon, qui tous les trois jours, et depuis des mois, en appelle à la violence, à l'insurrection, remontent ces troupes à l'Assemblée Nationale qui foutent un bordel monstre, qui nous ont empêché de voter, qui mettent le bordel et qui mettent la violence dans leurs propos et dans leurs actes. Si toute protestation est un acte de violence, je comprends mieux.

Il y a protesté, ne pas insulter les gens qui protestent, et les caglés qui sont inconscients. Et la colère, c'est de la violence. Pourquoi ne parlez-vous pas des 800, des 1000 Black Blocs ?

Pourquoi vous n'en parlez pas et vous n'assumez pas qu'ils défilent avec vous ? C'est nous qui subitons dans les manifestations, donc arrêtez s'il vous plaît. C'est nous qui sommes dans les manifestations, arrêtez un peu.

C'est contre-productif, et le gouvernement doit répondre à ces problèmes. Vous savez, les citoyens qui ont bien conscience de la violence, elle est de votre responsabilité au gouvernement. Monsieur Gourdin, je vais en revenir à votre propos concernant la démission de Darmanin.

Mais en fait, tout le disqualifie. Vous avez vu les chiffres de l'insécurité, que ce soit sur les biens ou les personnes ? Regardons l'effroinement.

Ça n'a jamais été aussi grave en France, l'insécurité. Les vols, les violences sur les personnes, les appropriations de biens, je ne parle pas des viols. Quels sont les chiffres de monsieur Darmanin qui justifient qu'il reste ministre de l'Intérieur ?

Au-delà de ça, quelle est son action ? Puisque dans son portefeuille, il a les Outre-mer. Concernant les Outre-mer, vous direz que je digresse, quand on voit la situation à Mayotte, est-il normal que, bouffée, rongée par l'insécurité, cette île soit livrée, et l'immigration illégale, cette île soit livrée à elle-même, sur un autre sujet, sur un plan sanitaire ?

Est-il normal que 300 000 de nos compatriotes des Dom-Tom n'aient pas accès à l'eau courante ? Donc monsieur Darmanin, on ne va pas se cacher derrière les manifestations, à un bilan qui frôle le zéro, monsieur Darmanin doit partir, qu'il prenne ses responsabilités. Dans la vie, nous trois, on a pris nos responsabilités en se présentant à l'élection législative.

On assume nos mandats, j'imagine, très bien les uns et les autres. Moi, demain, si je fais une boulette, mais qui m'engage, et qui fait que je ne puisse plus me présenter devant les Arlésiens, je dégage. Monsieur Darmanin doit partir.

Bon. Tiens, une petite parenthèse, vous êtes Arlésien, vous défendez la Corine. Parfois.

J'ai été un des fers de lance de la défense de la Corine. Je sais, c'est pour ça que je vous pose la question au passage. D'ailleurs, elle commence le week-end prochain.

Vous aussi ? Moi, je portais le texte. On n'a pas eu la chance d'étudier le texte, je le regrette.

Puisqu'on nous a coupé la parole juste avant qu'on puisse s'exprimer. C'est la lâche de M. Caron, en fait.

Mais en fait, effectivement, moi, je portais le texte pour Horizon. Elsa Faucillon ? Non, je suis contre la Corida.

Il est 11h47, à tout de suite. Jean-Jacques Bourdin. Bien, de quoi allons-nous parler ?

Bien, vous me le demandiez, là, pendant la pluie. Vous savez, ici, on est direct, Elsa Faucillon, je peux vous le dire. Alors, écoutez, vous savez ce qu'on fait ici ?

La priorité, justement, les auditeurs, la priorité, ce sont les auditeurs. Guy est là. Bonjour Guy.

Oui, bonjour. Oh là là, je vous entends mal, Guy. Où êtes-vous ?

Vous êtes perdus. Au fin fond de la Seine-et-Marne, là. J'appelle de la Seine-et-Marne, oui.

Bah oui, bah oui, oui. Je suis des low-postes, mais toujours un peu en retard, pour vous prendre. C'est pour ça que, bon.

Bon, alors, allez-y. Qu'est-ce qu'on voulait dire ? Sur la police, vous voulez dire quelque chose ?

Il faudrait dire à vos intervenants et à certains révolutionnaires, entre guillemets, c'est qu'il faudrait arrêter avec le syndrome de Malik Ousekine, quand même. Malik Ousekine, ça va faire 40 ans. La société a évolué, donc on est dans une société apaisée, normalement.

Donc on fait les choses pour apaiser, ou on fait les choses pour envenimer. Et il faut dire à vos révolutionnaires en pontoufles, que la révolution de 1789, ça a été une révolution de passage de privilèges. Les privilèges de la caste à une autre caste, à savoir de la noblesse à la bourgeoisie.

Et maintenant, ce que voudraient faire nos bons révolutionnaires, c'est faire la révolution pour que ce soit la dernière partie, la dernière tranche du tiers-État qui vienne au pouvoir. Pour amener quoi ? Mais alors Guy, vous dites...

On n'aura pas compris. Oui, vous dites, la force est à la loi, si j'ai bien compris. La force est à la loi, et il faut quelqu'un qui remette en place ce pays par l'équerre, l'aplomb et le niveau.

Bien, voilà, merci Guy. Je te demande d'autoritarisme. D'autorité.

D'autorité. Mais attendez, mais il y a aussi...

Je rappelle quand même à Guy que des morts dans le cadre de manifestations et du haut maintien de l'ordre, il y en a eu depuis Malik Ousekine. C'est pas le dernier en 40 ans. Et justement, les techniques de désescalade, elles ont permis qu'il n'y ait pas de morts dans la police, dans le cadre des manifestations et de ce maintien de l'ordre.

Moi, j'entends ce que je veux dire. Donc, il y en a eu. Non, c'est simplement parce que dire depuis 40 ans, il n'y a pas eu, etc.

D'abord, pour la mémoire de Malik Ousekine, c'est un peu rude. Mais surtout, il y a eu encore des morts. En plus...

Il y a effectivement une demande, pardonnez-moi. Il y a effectivement une demande d'autorité. Et ce monsieur a parfaitement raison.

Il est légitime. L'autorité, c'est quoi ? C'est la loi et le cadre républicain.

Et on a, quand il parle de...

Moi, j'appelle ça des révolutionnaires en carton. Bien que pour moi, ce soit des fous dangereux. Effectivement, ma collègue Faucillon...

Mais qui sont ces fous dangereux ? Non, mais moi, je suis obligé...

En fait, ce qui est terrible, c'est que...

Ceux qui veulent mettre à bas le capitalisme...

Mais Elsa Faucillon est obligé de défendre...

C'est obligé de défendre les singlets de la France Insoumise. Ceux qui ne veulent pas tout faire tomber sur leur passage. J'ai mon libre arbitre à ma pleine conscience, vous savez.

Donc, il y a une demande d'autorité dans ce pays. Il n'y a pas de demande. Mais qui sont ces fous furieux ?

Je les ai cités, la France Insoumise. Ce sont des fous furieux. Ils estirisent absolument tout.

Ce qu'ils veulent faire, c'est saper l'édifice républicain. Ils ne veulent pas de cadre. Ils ne veulent pas de nos institutions.

Alors que les gens veulent plus de cadre. Un cadre bien administré. et que nos institutions républicaines vivent.

Nous devons en être la manifestation. Mais alors, pourquoi est-ce que...

Je ne comprends pas. Pourquoi est-ce que vous votez des motions de censure ensemble ? Je ne comprends pas très bien.

Non mais attendez. Voter une motion de censure, ça n'a jamais fait un programme commun. Non mais ça rassemble les idées.

Non mais vous êtes tous gentils autour de la table. Je rappelle qu'en face de moi au second tour, j'avais toute la droite locale qui appelait à voter NUPES. Pour ne pas avoir un député Rassemblement National.

C'était un LFI votre...

C'était un LFI ? C'était un socialiste. Enfin, 55% au second tour.

Pas de mépris pour lui quand même. Je n'ai pas de mépris vu la façon dont il s'est rétat. Mais ce n'est pas ça le sujet.

En fait, j'ai du mépris. J'ai du mépris pour les gens qui à un moment disent, et le font constamment, non, non, non, le Rassemblement National, droite, gauche confondue et syndicat. Et le peuple dit autre chose.

Voilà. Maintenant, pour en revenir à ce que dit l'auditeur, oui, les gens veulent un cadre. Et oui, les gens veulent que la loi de la République soit respectée.

Est-ce qu'on ne va pas autorité ? C'est bien, mais vers un autoritarisme. Parce qu'autorité, autoritarisme, je me méfie beaucoup de...

Tout le monde demande un peu de l'autorité, de la responsabilité. Je préfère le mot responsabilité, moi, à autorité. Parce que autorité, ça englobe beaucoup.

Bon, je ne sais pas, qu'est-ce que vous en pensez ? Vous pensez qu'on est, aujourd'hui, à une aspiration dans ce pays ? Alors, ce n'est pas du tout...

Alors, c'est fou, parce que ce n'est absolument pas ce que moi, je perçois. C'est-à-dire que, justement, ce que je constate, c'est que c'est après un passage en force que l'idée de se soulever, qui n'est pas un terme violent, mais simplement le fait de riposter, de ne pas être d'accord, de le montrer, et bien, justement, c'est un soulèvement contre une forme d'autoritarisme. Mais dans le cadre républicain, ce que je veux dire, c'est qu'un soulèvement...

Je poursuis. Moi, j'ai plutôt le sentiment qu'aujourd'hui, l'aspiration est à un partage des pouvoirs. C'est-à-dire que les citoyens puissent avoir de la décision sur les choses qui les concernent.

Et que l'idée, au travers de cette réforme des retraites, c'est justement, ils n'arrêtent pas de dire partout où ils le peuvent, on ne veut pas travailler deux ans de plus. Entendez ce que c'est notre vie. On veut ces deux ans parce que c'est notre vie en bonne santé et on veut pouvoir en profiter pour faire autre chose que le travail prescrit.

Ils aspirent à ça et ils ont l'impression d'hurler dans le désert face à Emmanuel Macron et son gouvernement. Donc il y a plutôt une tendance, justement, à contester le pouvoir par quelques-uns et un élargissement des cadres de décision. Alors là, vous s'en donnez qui tue, ça, ma collègue, mais je partage une partie de sa vision des choses, vous craignez l'autoritarisme.

Nous y sommes déjà. Nous y sommes déjà, cette façon de gouverner. est autoritaire. 11, 49, 3.

Le fait qu'on en soit là, à pleurer sur le lait renversé et à peut-être que Mme Borne recevra les syndicats pour dire quoi. En fait, ils sont passés en force sur tout. Moi, j'appelle ça de l'autoritarisme.

Et le fait de ne pas entendre 8 Français sur 10, c'est gravissime. Anne Le Hénanf, pour terminer. Alors, je dirais que faire croire que nous allons, nous glissons vers de l'autoritarisme, je dirais que c'est facile.

Et globalement, il faut rappeler que nous sommes en France, que nous sommes un État de droit, et que quand, dans l'hémicycle, certains groupes, déjà, ne respectent pas le règlement intérieur, le fonctionnement de l'Assemblée nationale, et donc qui diffusent une image que tout est possible, qu'on peut finalement faire ce qu'on veut, n'importe où, n'importe comment. Vous pouvez les nommer aussi, c'est un peu simple. Ça donne déjà une idée de la démarche qu'il y a derrière.

Je vais reciter un propos qu'a tenu Mélenchon en 2012, et qu'Édouard Philippe a rappelé lors du congrès samedi. Jean-Luc Mélenchon, en 2012, disait « Je souhaite passer en compasse d'un peuple de révoltés à un peuple de révolutionnaires. » Eh bien, nous y sommes.

Il y a une sorte de fantasme et de rêve d'une société prise...

Non, c'est son fantasme, mais son rêve. Je ne suis pas sûr qu'il soit partagé par tout le monde. Eh bien, il n'empêche que ça commence déjà par les comportements au sein de l'hémicycle, en attisé dans la rue par effectivement une population qui finalement est en attente d'apaisement, d'objectif, et c'est ce que nous allons tenter de leur donner plus clairement, parce que visiblement, on n'a pas été assez clair, on a peut-être failli sur la feuille de route et la clarté.

Vous n'avez pas compris que les Français sont à l'agonie. Et c'est ce que nous allons faire. Vous n'avez pas compris que les Français sont à l'agonie, à genoux ?

Merci, il est 11h58. Merci d'être venu nous voir. Le temps est parti et terminé.

J'en suis désolé, parce que j'aurais pu continuer à dialoguer avec vous pendant de longues minutes. C'était passionnant. Merci, 11h58.