Déclaration du Premier ministre Gabriel Attal sur la situation en Nouvelle-Calédonie.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'ordre, assurer la continuité de la vie en Nouvelle-Calédonie et établir les conditions du dialogue. Vous le savez, hier, le président de la République a réuni un Conseil de défense et de sécurité nationale. J'ai présidé deux cellules interministérielle de crise hier soir et ce matin, et nous sortons d'un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale qui s'est réuni autour du président de la République.
Cela nous a d'abord permis de faire des points de situation avec le Haut-commissaire en Nouvelle-Calédonie. La situation y reste très tendue, avec des pillages, des émeutes, des incendies, des agressions qui sont évidemment insupportables et inqualifiables. Je rappelle que deux gendarmes sont décédés.
Un gendarme a été tué hier d'une balle dans la tête. Un autre gendarme est décédé aujourd'hui à la suite d'une erreur de manipulation d'une arme. Vous imaginez bien l'état de fatigue et de tension qui règne dans nos forces de sécurité sur place et qui entraîne évidemment un accident comme celui que nous avons connu.
Derrière ces deux gendarmes décédés. Ce sont deux vies qui sont parties, ce sont des proches des familles. Vous me permettrez évidemment de renouveler mon soutien, ma solidarité et celle de mon gouvernement à l'endroit des proches et des familles des deux gendarmes qui sont décédés.
Évidemment, soutien et solidarité à l'ensemble des forces de sécurité intérieure, à l'ensemble des agents publics actuellement mobilisés en Nouvelle-Calédonie, avec, je le dis, un courage, une bravoure qui force le respect et l'admiration. Notre objectif est clair. Le 1er objectif est clair : rétablir l'ordre et mettre hors d'état d'agir tous ceux qui, depuis trois nuits, pillent, incendient, agressent et sont responsables de ces émeutes.
Dans ces conditions, le président de la République, a réuni un Conseil de défense et de sécurité nationale et plusieurs décisions ont été prises. D'abord, à la demande du président de la République, nous allons renforcer encore le pont aérien de rétablissement de l'ordre qui a été mis en place pour déployer un millier d'effectifs de sécurité intérieure supplémentaires en plus des 1 700 effectifs qui sont déjà sur place. Très concrètement, des forces du GIGN sont arrivées hier soir, venues de Polynésie.
Un avion vient d'atterrir sur place en Nouvelle-Calédonie avec 132 effectifs supplémentaires. Un avion est parti hier soir de l'Hexagone avec un escadron de gendarmerie mobile et 40 forces du GIGN, soit 116 effectifs supplémentaires. Cet avion est attendu sur place en Nouvelle-Calédonie dans les prochaines heures.
Cet après-midi un nouvel avion décollera de l'Hexagone avec deux escadrons de gendarmerie mobile et deux compagnies de CRS, soit 250 effectifs supplémentaires qui arriveront dans les prochaines heures. Nous organisons par ailleurs, à la demande du président de la République, le déploiement de six escadrons de gendarmerie mobile supplémentaires dans les prochaines heures, soit 480 effectifs supplémentaires. Pour cela, nous mobiliserons l'aviation militaire, comme c'est déjà le cas.
Et nous mobiliserons aussi l'aviation civile, y compris avec des réquisitions, pour organiser ce pont aérien de rétablissement de l'ordre. Au total, ce sont donc 1 000 effectifs supplémentaires qui sont en train d'être déployés sur place, en plus des 1 700 effectifs qui sont déjà en Nouvelle-Calédonie. C'est un niveau de mobilisation qui est inédit et qui illustre la détermination du gouvernement, du président de la République à rétablir l'ordre dans les plus brefs délais.
Pour rétablir l'ordre, le président de la République a demandé la plus grande fermeté à l'endroit des pillards et des émeutiers. Une circulaire pénale sera donc publiée par le garde des Sceaux dans les toutes prochaines heures pour garantir les sanctions les plus lourdes contre les émeutiers et les pillards. Parce que, je le redis, les premières victimes de ces violences, les premières victimes de ces exactions, ce sont les habitants de la Nouvelle-Calédonie qui veulent pouvoir vivre en paix.
Évidemment, je leur adresse ma solidarité. Je pense à tous les habitants, je pense aux familles, je pense à la jeunesse, durement frappés par ces émeutes. Le deuxième objectif, après celui du rétablissement de l'ordre, c'est évidemment la continuité de la vie en Nouvelle-Calédonie.
Pour cela, nous avons pris des décisions relatives à l'approvisionnement logistique de la Nouvelle-Calédonie. Une CIC logistique a été déclenchée. Là aussi, un pont aérien est mis en place pour ravitailler la Nouvelle-Calédonie des denrées et des matières essentielles, garantir la continuité des services de soins et évidemment l'approvisionnement alimentaire de l'île dans les prochaines heures, les prochains jours.
Évidemment, c'est ce qui est attendu par les habitants. Cette crise a des conséquences économiques importantes et je pense à tous les commerçants. Je pense aux pharmaciens qui ont vu leurs locaux, leurs commerces incendiés, pillés, détruits.
Je pense aux entreprises qui sont très lourdement impactées. Pour ces raisons, nous avons demandé à Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, de réunir dans les prochaines heures en visioconférence le monde économique de la Nouvelle-Calédonie pour leur apporter le soutien nécessaire et, évidemment, construire avec eux toutes les solutions et toutes les mesures qui leur permettront, dans la durée, de tenir, de se relever et de continuer à pouvoir exercer en Nouvelle-Calédonie. Enfin, je veux le dire, dans une situation comme celle-ci, dans une situation comme celle que nous connaissons, il est de mon devoir de Premier ministre d'informer et d'échanger avec les représentants de la nation sur la situation sur place et les actions que nous mettons en œuvre pour atteindre nos objectifs, à savoir, je le redis, rétablir l'ordre, assurer la continuité de la vie sur place et établir les conditions du dialogue.
C'est la raison pour laquelle je proposerai et j'inviterai dans les prochaines heures les présidents des deux assemblées, du Sénat et de l'Assemblée nationale, et les comités de liaison parlementaire qui ont été mis en place sur la Nouvelle-Calédonie à un échange avec moi et le ministre de l'Intérieur à Matignon. Je veux le dire, avec l'ensemble de mon gouvernement et je salue la mobilisation, notamment du ministre de l'Intérieur, du ministre des Armées, du garde des Sceaux, nous sommes pleinement mobilisés pour répondre à cette situation grave. Nous le devons aux Calédoniens.
Nous le devons à la jeunesse calédonienne. Nous le devons à la République. Je vous remercie.
Gabriel Attal