MÉLENCHON - « IL FAUT SORTIR DU NUCLÉAIRE ET PASSER AU 100% RENOUVELABLE»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteÉludée
Vos proches ont dénoncé des votes "gonflés à l'hélium solférinien". Est-ce que vous accusez le PS d'avoir truqué cette élection ?
- 0:45RelanceRéponse partielle
Ça jette le discrédit sur ce scrutin, sur ce premier tour ?
- 1:15OuverteRéponse partielle
Aucun des candidats ne conteste ce scrutin. Comment est-ce que vous l'expliquez ?
- 1:45OuverteRéponse partielle
Benoît Hamon arrive en tête. Ça pourrait changer l'ordre d'arrivée ?
- 2:15RelanceÉludée
Donc Benoît Hamon n'est pas légitimement arrivé en tête ?
- 2:45OuverteRéponse partielle
Ce n'est pas un petit caillou dans votre chaussure ? Ou une opportunité pour rassembler la gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Jean-Luc MélenchonFait
« On prétendait que cette primaire serait le moyen d'empêcher ce qu'ils appellent la "dispersion de la gauche", qui n'existe pas. »
- 1:30Jean-Luc MélenchonChiffre
« Pour Paris, les chiffres montrent que le PS prétend avoir eu dans cette primaire 60% des électeurs de la vraie élection régionale. »
- 5:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« Il faut 100% renouvelable. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Caroline Roux : Bonjour, Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon : Bonjour Madame Roux. C.
R. : Vos proches ont dénoncé des votes "gonflés à l'hélium solférinien". Est-ce que vous accusez le PS d'avoir truqué cette élection, ce premier tour de la primaire ?
J.-L. M. : Moi, je n'accuse de rien, je ne me mêle pas de cette affaire.
Je l'ai dit depuis le début : je n'ai jamais cru à leur organisation, je ne crois pas à leur sincérité. Vous avez tous été témoins, donc personne ne peut dire que c'est moi qui l'ai inventé, c'est vous qui l'avez mis sur la table - les médias - et fait...
Apparemment, vous avez mal pris de vous faire manipuler comme ça. C'est absolument inouï. Rien, là-dedans, ne peut plus être cru, dans cette élection.
Imaginez-vous que pour Paris, les chiffres montrent que le PS prétend avoir eu dans cette primaire 60% des électeurs de la vraie élection régionale, n'est-ce pas ? Ça voulait dire quasiment un électeur par minute qui aurait été là à voter. Tout ça est absolument un trucage de masse.
De masse. Donc, par conséquent...
C. R. : Ça jette le discrédit sur ce scrutin, sur ce premier tour ?
J.-L. M. : Ben, écoutez, en tout cas, il y a une chose qui est certaine : on prétendait que cette primaire serait le moyen d'empêcher ce qu'ils appellent la "dispersion de la gauche", qui n'existe pas.
Bon, M. Macron aussi bien que moi ne sommes pas dans cette primaire. Deuxièmement, il était question que par le nombre de gens qui seraient là, enfin, je serais intimidé, comme d'autres, et je comprendrais que nous n'avons d'autres maîtres possible que les socialistes.
Eh bien, tout ça est à l'eau. Il reste donc l'essentiel, c'est-à-dire que les gens, maintenant, doivent se tourner vers le contenu des idées des uns et des autres et faire leur devoir de citoyen en réfléchissant, et surtout en ne se laissant pas abasourdir par des effets électoraux de ce type. C.
R. : Effets électoraux, dites-vous. Aucun des candidats ne conteste ce scrutin.
Y compris ceux qui ont été balayés au premier tour. Comment est-ce que vous l'expliquez, ça ? J.-L.
M. : Je ne l'explique pas et je ne m'en mêle pas. La "solférinologie" n'est plus une science que je pratique.
Mais, en effet, vous avez raison de dire qu'il est étrange que dans une élection manifestement truquée, aucun des candidats ne proteste. On peut se demander si ça n'est pas parce que tous ont quelque chose en commun sur le sujet. C.
R. : Benoît Hamon arrive en tête - ça ne vous a pas échappé - au premier tour. Il est archi-favori au second...
J.-L. M. : Enfin, c'est ce qui est annoncé...
Oui, sans doute, vous avez raison. C. R. : Ça pourrait changer ?
Ces manipulations pourraient changer l'ordre d'arrivée ? J.-L.
M. : Je ne sais pas, mais vous ne pouvez pas...
Comment pouvez-vous faire, Mme Roux, pour ne croire qu'à une partie d'une fraude ? Qu'est-ce que vous en savez ? Donc vous décidez que ça, c'est vrai, et ça, ce n'est pas vrai ?
Donc, moi je considère que bon, très bien, ils désigneront le candidat qu'ils veulent, mais c'est un candidat qui est d'abord désigné par une opération de triche. C. R. : Donc, ça veut dire que Benoît Hamon n'est pas légitimement arrivé en tête de ce premier tour ?
On va quand même partir de cette hypothèse, est-ce qu'on a le choix ? J.-L.
M. : Ecoutez. Je ne veux pas passer mon entretien avec vous à commenter les histoires du Parti Socialiste.
Ils font ce qu'ils veulent et le candidat qu'ils auront est le candidat perdant d'avance. C. R. : Peu importe, pour vous ?
Ce n'est pas un petit caillou dans votre chaussure ? Ou alors... ou alors une opportunité pour rassembler l'ensemble de la gauche.
Depuis le début de sa campagne, Benoît Hamon vous tend la main. Ça ne vous a pas échappé ça, non plus. Il dit : "Si j'arrive en tête au second tour, il faudra que j'aille discuter avec Jean-Luc Mélenchon pour rassembler l'ensemble de la gauche".
J.-L. M. : Il sera le bienvenu pour boire un bon café, mais il y a une chose qui n'est pas négociable avec moi, c'est l'effort gigantesque que nous avons fait pour mettre au point un programme qui tient la route.
Pas un programme dont on transforme les contenus à mesure qu'on avance. On n'est pas dans un congrès du Parti Socialiste ou dans un congrès du syndicat étudiant, quelle que soit ma sympathie pour ce syndicat, hein. On est dans une affaire sérieuse, il s'agit de gouverner un grand pays et on ne peut pas le faire sur la base de l'à-peu-près.
Là, nous avons des problèmes sérieux sur les bras. J'en prends un : la centrale de Fessenheim va fermer. C'est un problème sérieux, vous en convenez.
C. R. : Effectivement, le conseil d'administration d'EDF se penche aujourd'hui sur la fermeture de la centrale de Fessenheim.
Je rappelle qu'il y a 800 salariés qui manifestent pour garder le site. Vous êtes au conseil d'administration, vous votez quoi ? J.-L.
M. : Evidemment, j'ai toujours dit que j'étais pour la fermeture de cette centrale et j'ajoute : je suis pour sortir du nucléaire. Donc je ne vais pas me dédire ce matin.
Mais vous êtes d'accord pour dire que c'est un sujet sérieux qui nécessite une vision d'ensemble. C. R. : Il n'en a pas, Benoît Hamon, une vision sérieuse sur le nucléaire ?
J.-L. M. : Si nous voulons sortir...
Mais, ne nous concentrons pas sur ce pauvre Benoît Hamon. Il y a aussi ce pauvre Manuel Valls et bien d'autres qui sont dans cette comédie. Donc, voyons les problèmes comme ils sont.
Il faut sortir du nucléaire, c'est ma thèse. C'est trop dangereux, c'est devenu trop dangereux. Pour sortir du nucléaire, Mme Roux, il y en a pour 20 ans à 25 ans.
C. R. : Il faut préserver les emplois, aussi !
J.-L. M. : Donc...
Attendez. Mais laissez-moi finir une phrase. C.
R. : Allez-y. J.-L.
M. : Ou alors, faites les réponses à ma place. C.
R. : Allez-y. J.-L.
M. : Bon. Alors, il faut donc 25 ans pour y arriver.
Il faut donc planifier la relève énergétique, parce qu'on ne peut pas arrêter de produire, et sans se poser la question de savoir par quoi on remplace. Donc, il faut 100% renouvelable. Vous m'entendez, les gens, c'est cohérent, ce que je dis.
Par conséquent, on ne fait pas du picorage comme on est en train de le faire. Donc, on va fermer la centrale de Fessenheim, tant mieux. On n'a rien annoncé au personnel.
Ces milliers de gens ont des raisons intimes de penser que c'est un scandale qu'on les traite de cette façon, comme des pions. Donc, il faut garantir la transition pour tous les emplois du nucléaire vers le non nucléaire. Donc c'est un plan global qu'il faut avoir.
Et là, nous avons une mesure de fin de règne qui, peut-être, sera annulée dans quelques mois si, par hasard, c'est un de droite qui gagne, puisque eux sont pour le nucléaire. Eh bien, sur ce thème, quelles sont les positions du Parti Socialiste de Benoît Hamon ou de Manuel Valls, puisqu'ils ont tous la même sur le sujet ? Ils sont pour un "mix", comme ils disent.
Alors où commence le mix, où il s'arrête ? Pourquoi y a-t-il une dose de nucléaire dont ils supportent que ce soit nécessaire pour toujours ? Il faut sortir du nucléaire, donc il faut s'organiser pour ça, et pas faire du picorage.
Donc leur thèse du mix n'a pas de sens. C. R. : Vous allez à ce conseil d'administration.
Vous votez pour la fermeture de Fessenheim. Vous sortez, vous êtes face aux 800 salariés de Fessenheim. Vous leur dites quoi ?
J.-L. M. : La vérité, ce que je viens de leur dire.
Ce que je viens de dire, il me semblait que c'était assez clair, donc je recommence. Je vais dire à tous les gens...
C. R. : Vous leur dites : "Désolé".
Vous leur dites qu'il faut un mix énergétique, ça prendra du temps, il faut une position cohérente. Comment est-ce qu'on...
J.-L. M. : Alors, je recommence.
Je vois que je me suis mal exprimé. C. R. : Qu'est-ce qu'on leur propose ?
J.-L. M. : Mais, souvent, ça m'arrive, hein.
Je ne suis pas compris du premier coup. C. R. : Qu'est-ce qu'on leur propose, à eux ?
Qu'est-ce qu'on leur propose, à eux ? J.-L.
M. : Je viens de dire, je viens de dire - regardez mes lèvres - je viens de dire et je répète : il faut que tous les employés du nucléaire - et pas seulement ceux qui sont les employés directs, mais les employés indirects, j'ajoute les sous-traitants, les pauvres diables qu'on envoie dans la centrale pour faire les mises à niveau, etc. - tout le monde doit avoir sa garantie d'emploi.
Entendez-moi bien, les gens. Si nous faisons la transition comme je le propose, il n'y aura pas un poste de travail perdu. Les gens passeront du nucléaire, d'abord au démontage du nucléaire, car je viens de vous dire, et je le répète : il y en a pour des années.
Et nous avons besoin du personnel le plus performant, c'est-à-dire celui qui connaît la centrale, voilà. Voilà ce que je dis. Et je dis : vous n'êtes pas à l'abri - aussi longtemps que vous avez des gens qui vous parlent de mix - du nucléaire.
Vous ne serez jamais tranquilles parce que vous ne saurez jamais s'ils comptent la garder ouverte ou fermée. Je termine en vous disant que si j'étais au conseil d'administration, comme vous dites, je commencerais par dire que je ne suis pas d'accord pour aller construire cette centrale super-nucléaire en Angleterre en engloutissant là-dedans l'avenir d'EDF lui-même. Tout ça est géré d'une manière absolument folle, avec une sorte de fuite en avant dans le nucléaire, alors que c'est dorénavant une énergie du passé.
Il n'y a pas de honte à le dire. La honte, c'est de ne pas tirer la leçon du moment dans lequel on est. Ceux qui étaient avant avaient raison d'essayer de bien faire, mais maintenant, c'est fini. 100% renouvelable et fin du nucléaire.
C. R. : J'ai compris.
Merci Jean-Luc Mélenchon. J.-L.
M. : J'espère. J'ai fait ce que j'ai pu pour ça.
Jean-Luc Mélenchon