Sandrine Rousseau
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Catherine Boulet, Éric Delvaux, le 5-7.
Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Sandrine Rousseau, tête de liste Europe Écologie-Les Verts au Régional Nord Pas-de-Calais-Picardie.
Oui, c'est une liste écologiste nordiste qui préfère partir quasiment seule, sans le PS en tout cas au premier tour. Bonjour Sandrine Rousseau. Bonjour. Près de 90% des sympathisants de gauche qui préfèrent donc unir les listes de gauche avec les écologistes. C'est ce que le résultat du référendum a montré hier soir, organisé par les socialistes. Est-ce que ça vient ébranler un peu vos convictions d'aller faire cavalier seule au premier tour ?
Ce n'est pas 90% du peuple de gauche ou des sympathisants de gauche, c'est 90% des 250 000 qui ont voté pour ce référendum, sachant que le PS ayant annoncé, enfin Solferino ayant annoncé que ce serait entre 200 000 et 300 000 votants. Je trouve que ce chiffre de 250 000, il est quand même très bien trouvé.
Vous n'y croyez pas ?
Ce n'est pas ça, c'est qu'il y a eu plusieurs irrégularités. C'est surtout que ce n'est pas le sujet. Le sujet sur la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, c'est comment on assure un avenir à cette région, comment on fait en sorte que cette région dont les indicateurs socio-économiques ne sont pas très bons, cette région dont on vient de découvrir qu'elle est la plus exposée de France aux risques climatiques, comment on fait en sorte qu'on assure un avenir et qu'on transforme cette région et qu'on la transforme sur le plan écologique et sur le plan social.
Il y a des très grosses industries, il y a la métallurgie, la sidérurgie, l'automobile, c'est des colosses aux pieds d'argile et comment on accompagne ce système économique vers un système qui permette de prendre la préservation de la planète et la préservation de l'homme au premier chef de toutes les priorités politiques. Et ça, c'est la vraie question. Et pour l'instant, on n'a pas de réponse là-dessus.
Et bien justement, pour changer les choses encore, faut-il être présent au second tour ? Est-ce que pour être présent au second tour, il ne fallait mieux pas s'unir avec les forces de gauche ?
Mais il y a plein de gens qui veulent vraiment une ambition politique forte, qui veulent que ça change, qui veulent qu'il y ait des valeurs qui soient mises au fronton de nos politiques, qui veulent qu'on mène des politiques solidaires, des politiques de lutte contre le dérèglement climatique, de transition énergétique qui soit forte. Et ça, ces personnes-là, elles ne se retrouvent pas aujourd'hui dans la politique qui est menée par le gouvernement.
Mais enfin, vous avez vu les sondages dans le Nord, Marine Le Pen qui arrive en tête, quels que soient les organismes IFOP ou ODEXA qui donnent Marine Le Pen en tête. Ça ne vous donne pas envie de vous unir ? Je reviens sur cette question, parce que c'est la question fondamentale.
Et l'union, ça fait qu'il y a des gens qui ne se déplaceront pas dans les urnes et qui ne se déplaceront pas pour aller voter. Moi, je vais vous donner un exemple, c'est Hénin-Beaumont. Hénin-Beaumont, il y avait un risque FN sur la commune. Et on a dit, on va faire la liste d'union de toute la gauche derrière le PS. On fait le plus petit dénominateur commun en matière de programme et on va gagner. La vérité, c'est que le FN a gagné dès le premier tour. On n'a même pas attendu le second tour. Dès le premier tour, il a gagné. Au législatif, sur Hénin-Beaumont, on n'a pas fait ça. On a chacun porté nos valeurs et notre programme. À la fin, c'est la gauche qui gagne.
Donc, il faut juste raison garder. Il faut tracer son sillon. Il faut avoir du courage politique. Il faut lutter contre les lobbies. Il faut avoir un programme vraiment de transformation et de réponse aux questions des habitants de cette région. Et ces questions, ce n'est pas, est-ce qu'on va faire des bus à la place des trains, par exemple ? Vous faites alliance avec le Front de Gauche. Quelle qualité trouvez-vous au Front de Gauche que vous ne trouvez pas au PS ? On fait alliance avec le Front de Gauche, avec Nouvelle Donne, avec la Nouvelle Gauche socialiste, avec notamment pas mal de dissidents socialistes. Donc, en fait, c'est une alliance qui est assez large.
Qu'est-ce qu'on leur trouve ? On trouve une capacité vraiment à comprendre qu'on a deux priorités absolues, deux urgences absolues. C'est l'urgence sociale et l'urgence écologique et qu'on ne peut pas mettre ça au second plan. On ne peut pas essayer de raviver le modèle des années 70 en permanence, à essayer de chercher la croissance, à dire que le coût du travail est trop important. La question n'est pas là. La question est vraiment comment on passe à un nouveau modèle. Le modèle des années 70 sur le fait qu'il y a de la productivité qui crée de la croissance et que derrière, ça crée un modèle social, c'est un modèle qui, aujourd'hui, est dépassé.
Il faut qu'on change, il faut qu'on se projette dans le futur. Et le futur n'est pas tout à fait le même que le passé.
Et le futur à l'écologie, ce serait avec la création samedi à Paris d'un nouveau parti écologiste, l'UDE de Jean-Vincent Placé, François Durugy et d'autres, l'Union des démocrates écologistes, nouvelle composante de gauche pour la majorité présidentielle. Comment regardez-vous ça, Sandrine Rousseau ?
J'attends de savoir quelle est leur réelle intention. Je pense qu'on va le savoir très vite sur, justement, comment, dès le départ, on se met sur des listes sans exiger grand-chose en matière de programme. Moi, j'attends de voir la suite là-dessus.
Ambition personnelle, dites-vous ? On va voir. On va voir. Sandrine Rousseau, donc, tête de liste Europe Écologie, les Verts Original, Nord-Pas-de-Calais, Picardie. Merci, Sandrine Rousseau, et bonne journée. Merci. Merci.
Sandrine Rousseau