Face-à-Face : Aurore Bergé - 27/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. 8h33 sur RMC BFM TV, bonjour Aurore Berger. Bonjour. Vous êtes députée des Yvelines et vous êtes présidente du groupe Renaissance, c'est-à-dire le groupe des macronistes à l'Assemblée nationale. Hier soir, 23h35, vous avez ressorti le 49.3. Ce matin, la NUPES nous annonce une nouvelle motion de censure. 49.3, motion de censure, ça va durer combien de temps ce cirque ?
Ça veut dire que quand on a un budget, on a besoin qu'il soit voté. Et qu'à partir du moment où toutes les oppositions nous disent qu'elles refusent de voter le budget, même qu'elles votent contre, alors il n'y a pas d'autre solution que d'avoir le gouvernement qui engage sa responsabilité. Et c'est finalement quelque chose d'assez équilibré. Le gouvernement engage sa responsabilité, donc prend le risque de pouvoir chuter, de pouvoir tomber. Et donc, en effet, on a le dépôt des motions de censure.
Après, on peut reparler surtout de ce qui s'est passé et de la manière avec laquelle la précédente motion de censure a été certes rejetée, mais a été votée conjointement par tout le bloc de gauche, y compris la gauche dite de gouvernement,
avec le soutien et les voix du Rassemblement national. On va l'écouter dans un instant, mais Aurore Berger, pardon, je reviens quand même sur ce qui s'est passé cette nuit. C'est le troisième 49.3 en dix jours. Vous n'allez pas tenir cinq ans comme ça.
Mais on est sur un cas qui est particulier, qui est la question du budget. Oui, mais c'est un cas particulier qui va se retrouver tous les années. Tous les ans, c'est certain. Mais en même temps, vous avez les oppositions qui en ont fait une question de principe. Elles ont dit, avant même que le budget soit examiné, avant même donc qu'on ait travaillé à l'Assemblée nationale, en commission, dans l'hémicycle, avant même qu'il soit amendé, modifié. Et d'ailleurs, la Première ministre, hier, quand elle a engagé le 49.3, a dit qu'elle allait retenir la quasi-totalité des modifications qui ont été apportées en séance publique. Donc, opposition comprise. Donc, c'est aussi ça.
C'est-à-dire, ce n'est pas parce que vous dites, on arrête la discussion, et on a besoin, à un moment que le budget soit voté, que pour autant, vous dites, on repart sur la copie initiale du gouvernement. Non, on accepte aussi les modifications qui ont été apportées par la majorité présidentielle. On en a fait un certain nombre, notamment sur l'accompagnement de nos aînés,
sur la question des familles monoparentales, et puis les propositions des oppositions. Alors, je le disais, 23h35 hier soir, pour cette annonce de 49.3, sans doute parce que vous attendiez qu'Emmanuel Macron ait fini de s'exprimer. C'est vrai qu'on écoute justement sa colère sur ces motions de censure, cette motion de censure qui avait été co-votée par à la fois l'ERN et la NUPES. Écoutez.
Ils ont prouvé une chose, ils n'ont pas de majorité. Mais ils ont surtout prouvé, quoi ? Qu'ils étaient prêts, socialistes, écologistes, communistes et LFI, à se mettre main dans la main avec le Rassemblement National. Alors qu'il y a la guerre en Europe, qu'il y a la crise, qu'il y a le désarroi de tant de familles, et qu'il nous faut être aux côtés des Français. Ils ont montré une chose, ils ne sont pas du côté du mérite, de l'ordre, du travail, de la solution, de l'avancée. Ils sont du côté du désordre et du cynisme.
Du désordre et du cynisme, et il a ajouté, on l'a vu, le roi est nu. Enfin, le roi est nu, ça vaut aussi pour vous, pour Emmanuel Macron lui-même. Il vous reste quoi ?
Ce qu'on a vu, c'est quand même un moment politique qui est fondateur pour les oppositions. Il y a deux solutions. Soit ils disent clairement aux Français, demain on est prêt à gouverner ensemble. Demain on est prêt à former un gouvernement de coalition qui va de l'extrême gauche à l'extrême droite, en passant par les socialistes, par les communistes, par les écologistes. Parce que c'est cette alternative-là qui a pu voir le jour cette semaine. Donc soit ils disent, on est prêt à gouverner ensemble, on y va, on crée un gouvernement de coalition.
Soit ils admettent qu'il y a une seule majorité qui existe dans ce pays, qu'il y a une seule majorité cohérente et responsable, qui est la majorité présidentielle. Mais il n'y a pas d'autre alternative.
Mais fragile, alors. Certes, ils ne vont pas gouverner ensemble, mais il y a une chose sur laquelle ils se sont mis d'accord. Mais c'est une question qui se pose quand même. C'est sur l'idée de vous renverser, voire même de provoquer des élections anticipées. Mais si demain, finalement, les LR relevaient de leur moment de fragilité du parti, puisqu'ils sont en train de traverser cette élection interne, si demain les LR se disent au fond, on va tous se mettre d'accord pour une motion de censure à minima, mais qui permette au moins de vous renverser, là, pour le coup, le roi sera nu.
Mais encore une fois, il faut que les gens comprennent bien, une motion de censure, c'est proposer une alternative. C'est donc dire, si tout le monde la vote, si toutes les oppositions la votent, qu'ils sont d'accord idéologiquement, qu'ils offrent ensemble une alternative aux Français, est-ce que ça veut dire que les électeurs qui votent pour le Rassemblement National votent en le même temps pour les Républicains ? Que ceux qui votent pour l'extrême-gauche votent en même temps pour les Républicains ? C'est ça la question qui est posée. Ou alors, en effet, leur seul objectif est d'essayer de faire chuter le gouvernement.
Et là où nous, nous avons été clairs, c'est que si demain, une motion de censure était adoptée, c'est non seulement le gouvernement qui, dans ces cas-là, tombe, ça c'est mécanique, mais nous, on est prêts à aller aux élections, parce que l'enjeu... Il ne l'a pas dit comme ça, Emmanuel Macron, il a refusé de le dire. Mais en tout cas, vous, on est prêts en tant que parlementaire, pour une raison simple, c'est que justement, on ne veut pas le chaos dans le pays, on ne veut pas le désordre dans le pays, et qu'on a besoin un moment de stabilité, on a besoin d'autorité, on a besoin de responsabilité et de cohérence.
Et je ne crois pas que les Français, encore une fois, qui ont voté, les socialistes, écologistes ou les républicains, votent dans le même temps, et pour LFI, et pour le Rassemblement National.
Éric Coquerel qui dit à l'instant, au moment où il annonce qu'il présente cette nouvelle motion de censure, nous prenons tous ceux qui voudront rejoindre cette motion de censure.
Oui. Donc ça veut dire que, encore une fois, l'extrême-gauche et ses alliés de gauche dites de gouvernement acceptent les voix de l'extrême-droite. Alors c'est ça qui est dit de manière très claire. Ça veut dire une autre chose. Ça veut dire que les seuls en capacité de faire barrage à l'extrême-droite dans le pays, c'est à la fois ce qu'a démontré le Président de la République en 2017 et en 2022, et c'est nous, c'est nous à l'Assemblée Nationale, c'est nous dans les urnes, et je crois que ça, c'est une ligne rouge très claire, et nous, nous ne la franchirons jamais.
Aurore Berger, dans les amendements que vous pourriez garder, avant qu'on ne parle des retraites, avant qu'on ne parle des ZFE, de tout ce qui en ce moment divise les Français, il y a notamment cet amendement sur les déserts médicaux, qui a été présenté par un de vos collègues du groupe Horizon, c'est-à-dire un groupe qui est associé à la majorité. Il demande à ce qu'il y ait des contraintes contre l'installation des médecins dans des zones qui sont déjà bien pourvues. Est-ce que vous accepterez, est-ce que vous garderez cet amendement ?
Le problème, c'est qu'aujourd'hui en France, il n'y a pas de zone bien pourvue. Moi, je n'ai entendu aucun Français sur aucun territoire, dans aucune ville, me dire que c'est facile d'avoir accès à un médecin traitant. Non, mais il y a des zones mieux pourvues que d'autres. Il y en a qui sont peut-être un peu moins mal dépourus. Mais en vrai, c'est ça qui se passe. On a aujourd'hui à gérer une pénurie. À gérer une pénurie notamment de médecins généralistes. Pourquoi ? Parce qu'on a plus de médecins qui partent à la retraite que de nouveaux médecins qui arrivent. Parce que les décisions n'avaient pas été prises. Parce que le numéro clausus n'avait pas été supprimé. Nous, on l'a fait.
On a supprimé le numéro clausus. On sait que ça prend du temps. Donc la question, c'est comment on fait pour rattraper le temps tout de suite ? Pas dans 5 ans, dans 10 ans ? C'est l'objet de cette production.
Sur cet amendement, je reviens quand même un petit peu sur le mécanisme. Il dit qu'un nouveau médecin ne pourra s'installer dans une zone déjà pourvue, déjà bien pourvue ou en tout cas moins mal comme vous dites, que si un médecin part lui-même à la retraite. Et que s'il y va quand même, dans ce cas, il faut qu'il donne des heures, une demi-journée par semaine par exemple, pour aller dans des zones moins bien pourvues. Ce n'est pas non plus la mer à boire. C'est jouable ça, non ?
Et ça, pourtant, vous ne l'acceptez pas. La question, ce n'est pas ça. Est-ce que c'est efficace ? Moi, je ne crois pas que ce soit rien, non ? Moi, je ne crois pas que ce soit efficace pour une raison simple. C'est que le médecin, si vous le contraignez à s'installer dans telle ou telle zone, il peut trouver d'autres solutions. Ce n'est pas comme un enseignant. Un enseignant, en effet, il a un choix qui est contraint à l'installation, en effet, mais il ne peut pas changer d'affectation, changer de métier. Le médecin, il peut être salarié. Il peut partir en laboratoire. Il peut, en fait, trouver beaucoup de voies de traverse qui feront qu'à la fin, il ne s'installera pas.
Par contre, nous, nous avons déposé une proposition de loi pour permettre de faciliter l'accès à toutes les autres professions médicales. Est-ce qu'il y a encore besoin de passer par son médecin traitant pour avoir un accès direct à son kinésithérapeute ? Pour avoir un accès direct pour son enfant à son orthoptiste ? À son orthophoniste ? Pour faire monter en compétence les infirmiers et les infirmières de notre pays ? Pour faire monter en compétence les sages-femmes dans notre pays ? Parce que ça, c'est du temps utile de médecins qu'on peut avoir immédiatement. Et puis, c'est la création aussi d'une quatrième année, vous le savez, en médecine générale.
Ce qui fait qu'on aura des internes de médecine générale qui, eux, vont pouvoir se déployer partout sur le territoire. Et ça, je crois que ça répond de manière pragmatique à ce qui est probablement une des principales angoisses des Français, qui est mon médecin part à la retraite. Comment je fais pour continuer à être suivi demain ?
Mais l'accès aussi aux spécialistes, vous évoquiez à l'instant la question de pouvoir s'adresser directement à son spécialiste sans passer par son médecin traitant. Encore faut-il qu'il y ait des spécialistes. J'avais le témoignage hier sur RMC d'une femme de 50 ans qui vit en Vendée et qui n'a pas vu un gynécologue depuis plusieurs années parce que, tout simplement, elle n'en trouve pas que personne ne lui répond.
C'est la raison pour laquelle je vous dis que la réponse qu'on a apportée, notamment sur la question de la santé des femmes, c'est de faire monter en compétence les sages-femmes. Les sages-femmes, elles peuvent faire tout le suivi de la grossesse d'une femme. Elles peuvent faire le suivi aussi des nourrissons. Elles permettent justement, non pas de remplacer, la question n'est pas de remplacer nos gynécologues, mais d'apporter une réponse concrète, compétente à énormément de situations qui existent. Et encore une fois, on a besoin que toutes les autres professions médicales montent en compétence. Prenons un exemple très simple.
Il y a quelques années, on aurait trouvé complètement incongru, en tout cas certains auraient trouvé incongru, que votre pharmacien vous vaccine. La crise est passée par là. On trouve totalement légitime, banal, normal d'aller chez son pharmacien pour se faire vacciner. Et donc de libérer du temps médical aussi utile de médecins pour qu'ils puissent faire d'autres actes. Donc c'est du gagnant-gagnant. On fait monter en compétence des professions médicales qui sont compétentes.
On pourra aller loin que les pharmaciens puissent par exemple faire des ordonnances, un certain nombre d'ordonnances. Ça, ça vous paraît envisageable ?
Pas forcément des ordonnances, mais délivrer des médicaments en lien avec un protocole qui est établi par des médecins. Si vous tordez de douleur parce que vous avez une cystite par exemple, est-ce que vous avez besoin d'attendre 48 ou 72 heures d'avoir accès à un médecin traitant ? Ou est-ce qu'en effet, sous le contrôle d'un protocole médical, vous pouvez aller directement chez votre pharmacien ? Si vous avez une angine, de la même manière, est-ce que vous avez besoin d'attendre 48 ou 72 heures ? C'est tout ça qu'il faut simplifier pour simplifier la vie des Français et faire en sorte qu'ils soient tout simplement mieux pris en charge.
Aurore Berger, parmi les propositions, les décisions d'Emmanuel Macron hier, il y a les retraites. Il a réaffirmé la nécessité de faire cette réforme des retraites. Il a affirmé qu'il le ferait, passé à 64 ans, puis à 65 ans en 2031. Il a dit d'ailleurs que si on ne repousse pas l'âge de départ, alors il faudrait augmenter les cotisations de 400 euros par an à partir de 2027. Le problème, c'est que si vous posez la question aux Français, l'IFOP l'a fait, il préférerait payer 400 euros par an à partir de 2027, se payer plus de cotisations que de devoir attendre 65 ans pour partir à la retraite. Je crois que ça ne fait plaisir
à personne qu'on fasse une réforme des retraites. Il faut être très lucide là-dessus. Je pense qu'il n'y aura pas en effet un mouvement de foule qui nous acclamera parce que cette réforme sera faite. La question n'est pas là. Elle n'est pas la popularité ou le gain à faire cette réforme. Elle est la nécessité ou non de la conduire. Et je crois qu'on a la nécessité de le faire. Non, parce que 10 à 12 milliards d'euros de déficit, 10 à 12 milliards d'euros de déficit, alors certains peuvent considérer que ce n'est pas un problème. On peut vivre en permanence en déter, que c'est de la dette et puis que c'est de l'impôt différé, que c'est d'autres qui paieront.
Ou alors on peut considérer que quand on est aux responsabilités, notre devoir, c'est justement de prendre ces responsabilités et de dire la vérité. Et dire la vérité, ce n'est pas toujours agréable, mais encore une fois, c'est ce qui fait à mon avis la différence entre ceux qui sont responsables et ceux qui préfèrent le désordre. Et donc la réforme des retraites, oui, nous la conduirons. Pourquoi ? Nous la conduirons pour ne pas augmenter les cotisations, pour ne pas baisser les pensions de retraite. Parce que c'est ça le premier message aussi à dire à celles et ceux qui sont aujourd'hui à la retraite.
S'ils veulent continuer à bénéficier de leurs pensions de retraite, à bénéficier aussi de ce que nous avons fait, revaloriser leurs retraites, alors ça veut dire aussi qu'on doit tous faire un effort et travailler un peu plus longtemps. Ça veut dire aussi qu'on doit avancer sur des enjeux de justice sociale. Je pense à la question des femmes, les carrières des femmes, dont on sait qu'elles sont beaucoup plus hachées que celles des hommes, qu'elles sont entrecoupées. Je pense aussi à la question du minimum de retraite qu'on doit pouvoir avoir pour vivre de manière décente quand on a travaillé tout au long de sa vie. C'est ça qu'on doit pouvoir réussir.
Vous avez dit qu'il faudra qu'on le fasse parce qu'il faut qu'on fasse tous un effort. Vous avez peut-être entendu hier, alors qu'Emmanuel Macron était interrogé, ce couple qui était en reportage sur France 2, ce couple qui travaillait, qui gagnait 4000 euros à deux avec un enfant et qui ne s'en sortait pas. Ça faisait des années qu'ils n'avaient pas réussi à prendre des vacances, pas même depuis la naissance de leur enfant. Et cette femme, elle terminait en disant mais au fond, je voudrais dire au président, vous aidez toujours les mêmes et nous, les gens qui y travaillons, on ne s'en sort pas et on n'a pas d'aide.
Qu'est-ce que vous lui répondez là-dessus sur cette question où on sent bien qu'il y a un début de division des Français, le sentiment que ceux qui bossent et qui ne s'en sortent pas, même avec 4000 euros de revenus pour le foyer, ils se sentent démunis ?
Mais je l'entends parce que malheureusement, c'est une réalité que vivent un certain nombre de Français de se dire nous, on fait face au choc de l'inflation et on a l'impression en permanence que d'autres sont aidés. Le sujet, c'est en effet, comme vous le dites, de ne pas faire entrer en confrontation celles et ceux qui sont les plus précaires, qui sont les plus vulnérables et sur lesquels on a besoin que l'État soit présent. Quand on le fait, par exemple, sur le mode de garde pour les familles monoparentales, je ne crois pas que ce couple-là remettrait ça en question parce que c'est légitime d'accompagner ceux qui sont les plus fragiles et les plus vulnérables.
Mais par contre, il faut le faire dans la justice et la justice, c'est quoi ? C'est la question du travail, c'est la question de la rémunération du travail, c'est ce qu'on a fait. C'est ce qu'on fait quand on permet de défiscaliser, par exemple, les heures supplémentaires pour que ceux qui travaillent plus à la fin du mois gagnent plus. Mais ils vont se retrouver
parfois avec beaucoup de pression. Je pense notamment à ces ZFE. Vous avez confirmé cette semaine. C'est autre chose. Mais non, parce que c'est la même chose. En fait, ce couple, on l'a bien vu, il vit dans une zone rurale, il a besoin de se déplacer pour aller travailler, pour emmener leur enfant à l'école. Et ils vont se retrouver d'ici un an et demi, c'est demain, à devoir changer de voiture s'ils veulent pouvoir rentrer dans les centres-villes. Les ZFE, ça va imposer d'avoir une voiture propre si vous avez une voiture polluante, c'est-à-dire souvent les voitures les plus anciennes, des gens les plus modestes, vous ne pourrez plus rentrer dans les villes.
Là encore, on a un enjeu de réconciliation. Est-ce qu'on se dit oui ou non que la question de la transition écologique est une priorité ? Est-ce qu'on se dit que 40 000 Français qui décèdent chaque année du fait de la pollution de l'air, ça doit être une priorité comme on l'a fait dans d'autres cas quand on parlait de la crise sanitaire, à un moment, on a pris des mesures qui étaient des mesures extraordinairement puissantes et contraignantes. Pourquoi ? Parce qu'à un moment, il fallait les prendre et qu'il fallait sauver des vies. Là, on a cet enjeu. Mais est-ce que vous ne mettez
suffisamment de moyens de l'autre côté ? C'est-à-dire que cette décision, je veux bien, mais dans ces cas-là, il faut vraiment mettre les moyens et ne le conteniez pas. La voiture électrique est encore extrêmement chère et c'est une source d'angoisse pour tous ceux qui se disent dans un an et demi si je n'ai pas changé de voiture, je suis suffisif.
L'idée n'est pas vous passer d'une voiture diesel d'il y a 30 ans à une voiture électrique sinon vous ne pouvez plus rentrer. Ce n'est évidemment pas ça l'objectif. C'est de dire qu'on ne peut pas aujourd'hui être encore une fois responsable et honnête et dire que la question de la transition écologique et énergétique ne nous concerne pas. Ce n'est pas vrai. D'ailleurs, tous les parents que vous évoquez, c'est l'une des principales causes d'inquiétude. C'est la santé de leur enfant, c'est la question de la santé environnementale, c'est la question de la pollution, c'est la question de l'alimentation.
La question, c'est comment on fait pour accompagner les Français qui à un moment n'ont pas les moyens ? Nous, on aimerait devenir les premiers ambassadeurs de l'écologie mais on ne peut pas. c'est ce qu'on doit faire sur le leasing notamment. C'est la promesse de campagne que nous avons formulée pour faire en sorte que les Français puissent louer à un tarif extrêmement modique des véhicules qui sont des véhicules propres. C'est l'aide à la conversion
des véhicules. C'est 100 euros, ce serait 100 euros par mois si j'ai bien compris. Oui, les véhicules propres, électriques qui du coup ne coûtent pas en carburant. Ce n'est pas la possibilité
de le faire. Mais c'est ce que nous nous souhaitons mener dans ce quinquennat. C'est aussi, encore une fois, l'aide à la conversion de votre véhicule parce que si vous prenez un véhicule moins polluant qui vous coûte moins cher parce qu'en général il consomme moins. Mais est-ce que vous avez les moyens d'ici ?
Mais les moyens, on va les mettre. Pardon, mais le timing n'est pas le bon. Vous me dites, ce leasing, on va le mettre en place mais vous ne pouvez même pas me donner encore de date. Sauf que la date pour les ZFE, on la connaît, c'est dans un an et demi. Encore une fois. Tous ceux qui souhaitent ou qui ont besoin de pouvoir rentrer dans les villes vont avoir les moyens
de changer de voiture. Mais ça, c'est notre responsabilité de prendre l'engagement et de le réaliser. Je ne peux pas vous dire autre chose. C'est qu'à un moment, il nous reste justement un an et demi pour permettre aux Français qui le souhaitent mais qui aujourd'hui n'en ont pas les moyens de pouvoir soit acquérir, soit changer de véhicule, soit trouver aussi d'autres alternatives à la voiture. Il en existe pour un certain nombre de Français. Moi, je pense surtout à ceux qui n'ont pas d'autre choix, ceux qui habitent nos territoires. Moi, je ne veux pas qu'on se retrouve dans la situation caricaturale où on donnerait l'impression qu'il y a deux Frances.
Il y a une France qui va bien, il y a une France qui a les moyens finalement de traverser les crises, de traverser les transitions et puis il y a celle qui se dit finalement c'est jamais pour moi et moi, je ne paye que les contraintes. Et cette France-là, c'est hors de question qu'elle ait le sentiment d'être laissée de côté alors qu'en fait, c'est d'abord à elle qu'on doit penser, d'abord à elle qu'on doit penser dans la transition écologique, c'est d'abord à elle qu'on doit soutenir, soutenir les familles et c'est d'elle qu'on doit soutenir aussi quand on parlait des questions de santé
tout à l'heure. Et pour les questions de santé, un point aussi sur les déclarations fracassantes d'Agnès Buzyn. Agnès Buzyn, l'ancienne ministre de la Santé, on l'apprend, qui en réalité avait alerté, avait alerté, avait envoyé des SMS, avait tenté d'appeler, avait demandé des rendez-vous, avait demandé plusieurs fois des rendez-vous au président, au premier ministre de l'époque, Édouard Philippe, en alertant sur l'arrivée de la pandémie, l'arrivée du Covid et elle dit tout le monde s'en foutait, elle a mis des semaines à obtenir une réponse.
Écoutez, déjà ce qui est invraisemblable, c'est qu'Agnès Buzyn est la seule ministre de la Santé au monde, au monde, à faire face à une instruction judiciaire. Ça c'est quand même, je suis désolée, une particularité, pour ne pas dire une anomalie, quand même dans notre pays, de se dire que une ministre de la Santé qui justement apprit au moment où elle pouvait les prendre, les meilleures ou les moins mauvaises décisions possibles, vous le dites comme vous voulez, se retrouver dans cette situation judiciaire est un vrai problème, à mon avis, démocratique. Ça c'est le premier point quand même et je tiens à le réaffirmer.
Ensuite, je reste persuadée pour l'avoir vécu en tant que parlementaire, pour avoir vu les projets de loi après projets de loi que nous avons débattus à l'Assemblée nationale sur la protection sanitaire des Français, que tout ce que nous avons mis en place, c'est tout ce que nous pouvions mettre en place à ce moment-là, que tous les signaux que nous avions, nous avons essayé de les mettre en place. D'ailleurs, elle le dit elle-même dans cette fameuse interview, elle parle de l'OMS en disant les alertes de l'OMS n'ont pas été faites. Vous ne répondez pas
à ma question, Aurore Berger, est-ce que vous trouvez normal que la ministre de la Santé, la ministre de la Santé, qui alerte, qui envoie des SMS, qui dit au président il faut que je te parle, qui dit au Premier ministre il faut que je te parle, ne soit jamais rappelé ? Non mais, vous savez très bien qu'elle l'a été, vous savez très bien que ces sujets ont été évoqués
en Conseil des ministres de manière régurante, de manière extrêmement régulière. On est quand même
un problème de fonctionnement ou de dialogue ou même d'écoute au sommet de l'État. Elle dit, tout le monde s'en foutait, on ne m'écoutait pas. Non,
je ne crois pas que quiconque se soit foutu de ce risque. Ce que je pense profondément, c'est qu'en effet, on a eu la nécessité d'arriver à... Enfin, c'est facile de refaire le match en vérité après coup. C'est facile de dire aujourd'hui il aurait fallu anticiper à deux semaines ou à trois semaines ou à un mois quand même l'OMS vous disait qu'il y a un jour parce que j'ai besoin de te parler. C'est normal que le président ou le premier ministre n'en rappellent pas. Vous vous souvenez à la fin de toutes les polémiques que ça avait pu engendrer au début.
Au début, quand le président de la République prend un certain nombre de dispositions qui sont des mesures de restriction de facto des libertés, le niveau de critique que nous avons eu parce que nous imposions ces restrictions aux Français. Donc c'est facile en effet, quelques années maintenant presque après de dire qu'il aurait fallu être encore plus drastique, aller encore plus vite. Moi je crois qu'au regard des éléments qu'on avait, on a fait tout ce qu'il fallait par rapport à ce qu'on connaissait. Aucun regret. Mais il y a forcément des regrets.
Il y a forcément des regrets parce que c'est une crise mondiale qui nous a emportés, parce qu'il y a un effet de sidération qui a existé, qui nous a tous individuellement emportés. Ça c'est une certitude. Mais à la fin, heureusement, je crois qu'on a fait du mieux possible très sincèrement. On l'a fait en tant qu'élu, on l'a fait en tant que parlementaire, le président l'a fait, le premier ministre de l'époque l'a fait pour protéger au mieux les Français, y compris face à des critiques extrêmement violentes par rapport aux décisions qui étaient difficiles à prendre mais nécessaires.
Aurore Berger, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, députée des Yvelines, merci d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h53 sur AMCB FM TV.
Aurore Bergé