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InterviewSud Radio (sur YouTube)· 17 novembre 2025 15 minContradictoireActualité / polémiqueSantéJusticeSécuritéBudget & impôts

Sandrine Rousseau : "Macron joue avec la démocratie de manière dangereuse"

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Sud Radio, l'invité politique Jean-François Achili. Et Jean-François Achili, votre invité politique ce matin, bah c'est Sandrine Rousseau, député de Paris. Bonjour Sandrine Rousseau, soyez la bienvenue.

Avons-nous atteint un point de bascule effrayant à Marseille ? Ce sont les mots du garde des saut Gérald Armanain après l'assassinat du jeune frère Damine Kessassi. Euh ce militant écologiste très engagé contre ce narcotrafic qu'il qu'il dénonce inlassablement.

En tout cas, je voudrais apporter tout mon soutien à Amine Kessassi qui est un militant courageux dont le dont un frère avait déjà été victime de ce narcotrafic. Et je voudrais au-delà de ça apporter tout mon soutien aux familles marseillaises qui sont endeuillées par ce narcotrafic puisque l'année dernière il y a eu 24 morts comme ça. Il y en a eu 50 l'année d'avant et on se rend pas compte mais dans les quartiers nords en fait ça ça mais ça installe une terreur complète dans les quartiers nord.

Ça discipline tout toute une partie de Marseille et en fait le trafic de drogue aujourd'hui forcé de constater que le taux répressif tel qu'on l'a vécu jusqu'à présent ne permet pas d'endiguer le trafic de drogue. Donc il faut passer un cap tout répressif ne marche pas à vos yeux. Non, il faut passer un cap déjà pour aller chercher les l'argent des trafiquants de manière bien plus importante.

Avoir, mais ça, il y a eu plusieurs propositions en ce sens, avoir des brigades dédiées à au narcotrafic international et cetera, mais il faut aussi s'attaquer à la demande, c'est-à-dire aux personnes qui achètent la drogue parce que c'est une loi du marché presque, c'est la pire loi du marché qui soit. S'il n'y a plus de demande, alors il y aura moins d'offres aussi. Et pour avoir visité par exemple l'hôpital psychiatrique de Marseille dans le cadre d'une mission d'information que j'ai effectué à l'Assemblée nationale avec Nicole Dubré, et bien les psychiatres de Marseille nous disaient que il y avait de la livraison de drogue jusque à l'intérieur de l'hôpital.

à l'intérieur de l'hôpital. C'est-à-dire qu'ils hospitalisaient des gens qui étaient en addiction, qui étaient en quasi overdose et euh dans les heures qui suivaient leur admission à l'hôpital, ils avaient des livraisons euh dans leur chambre de leur dose pour qu'ils restent dépendants. Et en fait, c'est tout ça qu'il faut voir.

C'estd qu'il faut aussi des moyens sur euh le la lutte contre la demande de drogue. Et puis il faut les consommateurs et puis il faut évidemment remettre du tissu associatif, du service public, faire en sorte véritablement qu'il y ait des filets de rattrapage. C'est Paul Gasnier qui dit ça dans son livre La collision.

Il parle de filet de rattrapage et bien je pense que il en manque là-bas et je rappelle que toute la politique qui est suivie jusqu'à présent fragilise énormément notamment tout le tissu associé. Encore un mot sur ce sujet. Sandrine Rousseau, l'ancien député marseillais Saï Hamada qui était tout à l'heure au micro de Patrick Roger sur Sud Radio.

Lui, il parle d'assassinat politique. Il réclame un conseil des ministres extraordinaires, je le cite hein, consacré à ce fléo qui va s'étendre dit-il en France avec des élections prochaines qui pourront être tenues par des narcotraafiquants. En clair de il parle de corruption possible.

Mais de toute façon, les mafias ont toujours essayé d'avoir des des infiltrations dans le milieu politique, c'est évident. Donc la question c'est comment on lutte contre contre cette mafia et et je pense qu'en effet il faudrait quelque chose de l'ordre d'une urgence qui soit pas juste une démonstration de force comme on en a vu plétor à Marseille avec des camions de police qui arrivent qui font une opération supposément de nettoyage et qui repartent quelques heures après et les narcotrafiquants ne servent à rien. Non ça sert à rien.

Mais la preuve la preuve faut arrêter avec ça. Faut arrêter avec de la démonstration et faut agir beaucoup plus de manière beaucoup plus fine, beaucoup plus sérieuse dans le temps en fait, beaucoup plus et puis lutter contre la corruption. Je rappelle que la France a a chuté hein dans le dans les classements sur la corruption.

D'un mot, ce que dit Laurent Nunas, c'est pas forcément lié à ce ce fait ce qui s'est passé à Marseille et à Grenoble, cet enfant de 12 ans, enfin cet ados de 12 ans qui était blessé par balle. Il dit armer les polices municipales le ministre de Non mais voilà ça mais alors ça c'est la réponse typique d'un général d'arrin c'est-à-dire qu'il n'est pas capable Laurent Lun qui pardon Laurent Lunez bon enfin c'est un peu du ponté du pondé mais oui Laurent Lunis c'est pareil et enfin ça n'est que ça c'est-à-dire armée armée en fait il y a comme si il n'y avait pas d'autres annonces possibles que de une escalade comme ça sur la police municipale. Enfin, on l'a fait, on l'a fait et ça n'a rien changé.

Donc, Sandrine Rousseau, le budget à présent. Sébastien le Cornu est-il dans l'impasse ? Il ne reste qu'une semaine à l'assemblée pour débattre du budget avant dimanche minuit puisqu'il faudrait que le texte voté hein aille au Sénat.

C'est mission impossible. Bien sûr que c'est mission impossible et ça a été surtout une mission rendue impossible par le gouvernement. Mais là, on assiste vraiment à quelque chose de de croquignolesque pour le coup pour reprendre une Je crois que c'est Macron qui avait dit ça.

Bien sûr, bien sûr parce qu'ils ont fait durer les débats autant que possible pour ne surtout rien voter. Mais c'est ridicule ce qui se passe actuellement. C'estàd que il y a vraiment un enlisement des débats et moi je me souviens de cette ligne enfin de cette phrase qui avait été dite de nombreuses fois dans le discours de politique générale de Sébastien Lecornu.

Nous vous proposons nous débattrons et vous voterez. Et en fait la ligne le Cornus et nous vous proposons euh nous en lisons les débats et nous ne votons jamais. Nous ne votons jamais.

Nous n'avons pas voté sur le PLFSS qui est le budget de la sécurité sociale et nous ne voterons pas sur le budget de l'État. Vous vous avez eu droit à un repos quand je dis vous, ce sont les députés de l'Assemblée national tous he un repos forcé ce weekend, vous qui défendez le le droit à l'apparesse, c'était pas le moment, il fallait pas prendre ce risque. Alors, je pense qu'il y a un véritable sujet autour du rythme à l'assemblée.

Vraiment, c'est vraiment et il faut que nous prenions bien plus soin de ce rythme de notre santé, de notre vie familiale que nous le faisons jusqu'à présent. Mais là, c'était c'est bizarre quand même que la seule fois où on s'en préoccupe, c'est le moment où il faille voter le budget. Et donc je dis que là c'était absolument un prétexte.

Euh ceci dit, une démocratie qui fonctionne bien et aussi une démocratie qui permet à ses députés de d'avoir une vraie vie euh familiale, amicale, une vie en circonscription. Enfin, Sandrus, pour bien comprendre, vous dites que c'est une volonté du gouvernement donc de Sébastien Lecornu de d'enliser les débats. Lui qui a dit qu'au contraire, il voulait des compromis, ne pas passer en force.

Ben c'est l'enlisement, c'est c'est sans doute pas un passage en force à ses yeux si l'enlisement c'est une une manière de ne pas avoir de vote contre contre lui et c'est surtout une manière de noyer le poisson, de faire d'occuper. Moi, j'ai l'impression qu'on nous occupe un peu comme on nous occuperait dans une garderie quoi, d'une certaine manière alors qu'en fait garderie Oui. Ouais.

Tout ça pour qu'on ne vote pas le budget. Et en fait, c'est très grave et je le dis depuis que Emmanuel Macron, je crois est élu président, j'ai l'impression et et je le redis ici vraiment qu'il joue avec la démocratie euh de manière extrêmement dangereuse parce qu'il s'en moque en réalité. Il se moque, vous dites "Emanuel Macron se moque de la démocratie".

Oui, il se moque de la démocratie, du parlement. Il passe outre le parlement. Je je serais curieuse de d'avoir son opinion sincère sur euh sur le rôle du parlement dans la démocratie, mais à chaque fois il le contourne donc soit par les 493, soit maintenant par l'enlisement d'un budget.

C'est une manière, c'est un 493 détourné en fait hein, cet enlissement. Le président organise ce soir Cho France avec les entreprises tricolores et annonce 30 milliards d'investissements. Euh c'est un événement important pour vous.

Il a raison de se montrer optimiste ou pas ? Non, mais ça c'est encore une fois euh le macronisme dans sa dans son essence pure. C'est-à-dire que il va faire une grande conférence où il va avoir le micro, il va faire son show et il va annoncer France quelque chose.

Donc là, c'est chose France. Je je sais plus quoi dire en fait. Je sais même plus commenter cette politique en réalité.

Je je vraiment je suis je suis démunie et pourtant ça m'arrive rarement mais là je ne sais plus commenter quelque chose qui qui tourne au ridicule complet et qui fait que les citoyens et citoyennes se détournent de de la politique et je dis aux personnes qui nous écoutent la démocratie est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres disait Churchill et vraiment je vous invite à ne pas vous vous lasser à ne pas vous détourner de cette politique quand bien même elle ne donne pas son visage le plus reluisant en ce moment. Mais nous avons besoin de vous pour changer et et pour changer véritablement. Euh faut faire Rousseau qu'est-ce qu'il faut faire ?

Vous avez entendu ce qu'a dit Manuel Valad J. Le second quinquena est un naufrage. Oui, mais je je sera bien sans doute la seule fois où je suis d'accord avec Manuel Vals.

Mais oui, c'est un naufrage complet. Naufrage complet. Ah mais moi je j'ai toujours pensé, je crois l'avoir déjà dit à ce micro, que il euh il euh Macron finira et sortira de l'Élysée par la petite porte.

Il ne peut pas continuer comme ça. Ça n'est pas possible. Mais qu'est-ce qu'il faut faire ?

Parce que là il y a il y a dans 4 mois des élections municipales et 2027 c'est pas tout de suite. Voilà. Mais enfin au nom de quoi un président de la République parce qu'il a le pouvoir, parce qu'il en a le pouvoir décide de tout contre le peuple.

Au nom de quoi il fait ça ? Mais qu'est-ce qu'il faut faire ? Mais respecter le peuple.

Mais comment là ? Mais concrètement là, qu'est-ce qu'il faut faire ? Ben là, il y avait encore une fois des des signes à envoyer à au camp qui est arrivé en tête aux élections.

Je sais pas, c'est ça paraît tellement lunaire de dire ça. Camp qui est arrivé en tête dans les élections qui s'appelle la gauche. La gauche.

Voilà. H euh Sandrine Rousseau, il y a quand même des annonces qui sont faites. Euh prenez la location sociale unique.

Sébastien Lecorn qui veut la mettre. Ouais, c'est une proposition des républicain. C'est ce que je vous dis.

Non. Vous dites non mais c'est une manière de raboter les allocations. Moi je vais vous dire j'ai j'ai été extrêmement en colère dans l'étude de ce de ce budget.

J'ai pourtant j'en étais le chef de fil pour les écologistes sur le PLFSS donc le budget de la sécurité sociale parce que toutes les économies qui étaient recherchées étaient des économies sur les personnes qui avaient absolument besoin de ce système social, c'est-à-dire les personnes malades avec les affections longue durée, les personnes en arrêt de travail long, les personnes qui n'ont pas les moyens d'aller chez le dentiste et à qui on allait imposer une franchise médicale supplémentaire. toutes les personnes qui euh ont des ont on ont on ont on ont on hésitent à aller acheter leur boîte de médicaments et qui là verrait leur franchise doublée, toutes les personnes qui n'ont pas d'aide de leur entreprise et qui voyaient une taxe sur les mutuels arrivés de sorte que leur tarif de mutuel allait augmenter. En fait, c'est vraiment sur les c'est enfin j'insiste, c'est vraiment sur les plus pauvres, les plus pauvres des pauvres qu'on a et les plus vulnérables des vulnérables, les plus fragiles des plus fragiles qu'on faisait les économies.

C'est honteux en fait monsieur AK, c'est vraiment honteux ce qui se passe actuellement à l'Assemblée et c'est ça qu'ils veulent nous imposer par l'enlisement des débats. Mais vous dites la gauche Sandrine Rousseau, vous êtes député écologiste de Paris et la gauche elle est divisée mais y compris dans les mystiques. Oui, mais bien sûr qu'on est divisé évidemment, on n'est pas d'accord sur tout.

Très bien. Sauf que là, on a eu 85 % de votes en commun et qu'on avait quand même euh tout euh tout ce qui était case sociale, on l'a repoussé ensemble. Enfin oui, évidemment, on n pas on n'est pas sur la même ligne.

Oui, il y a un théâtre pitoyable qui est donné sur les divisions de la gauche. Je dis pas le contraire, moi-même ça me ça me désespère. C'est un constat mais bien sûr, mais le camp le camp euh central est aussi divisé de même que la droite l' enfin je veux dire aujourd'hui il y a un émiatement du débat politique et c'est un des problèmes.

C'est un des problèmes parce que le seul qui ne s'ématte pas, c'est l'extrême droite. Et c'est pour ça que je dis à la gauche, j'entends toutes nos divisions et et vraiment je ne comprends pas la ligne que prend le PS actuellement et je le dis sans phare. Pour autant attention parce qu'en 2027, ce qui se prépare va être bien pire.

Vous vous dites vous aussi comme certains à gauche qu'ils disent peut-être pas forcément ouvertement mais 2027 le Rassemblement national à l'Élysée c'est une forte possibilité à vos yeux. En tous les cas, on a une responsabilité pour tout faire, pour éviter ça et et vraiment je je le redis avec force à gauche, réveillons-nous et et ça n'est pas vrai que c'est en en faisant du en allant vers Macron, en tendant la main à Macron qu'on qu'on tient une ligne de gauche écologiste, ambitieuse et regardez, regardez ce weekend s Rousseau, vous aviez deux rassemblements de la gauche. La gauche unitaire d'un côté qui disent candidat unique et puis il y avait l'autre gauche, le Parti socialiste de Bernard Casneu le lendemain.

C trappes puis pontoise. Il y a une forme de division partout. Le Parti socialiste est divisé.

Euh oui oui oui oui oui. Et quand quand je vois que même la la primaire de la gauche tentée par certains et trop à gauche pour une partie du du PS, je dis les amis, vous êtes socialiste. Enfin, souvenez-vous quand même de ce que cela signifie ce terme.

Souvenez-vous quand même des conquêtes sociales qu'il y a eu grâce au socialisme dans notre pays. Vous n'êtes pas vous n'êtes quand même vous êtes issu d'une famille politique qui a des choses à son actif. Ils peuvent s'en orgueillir d'avoir les congés pay les congés payés la réduction du temps de travail.

Vous dites que le PS aujourd'hui Olivier Fort est trop engagé avec Emmanuel Macron par exemple. Ce que je ce que je veux ce que je dis au socialistes, c'est souvenez-vous d'où vous venez et raccrochez-vous à la à la berge parce que là vous êtes en train de partir trop loin vers le centre. Le Parti socialiste va trop loin pour vous.

Oui, merci à vous Sandrine Rousseau. Merci Sandrine Rousseau. Dans un instant, on va revenir sur ce que vous avez dit tout à l'heure aussi à propos de Marseille.

L'assassinat pour vous, c'est clair, c'est un assassinat politique, quoi. Alors, j'ai pas de preuve, mais je pense que c'est un assassinat politique et vraiment c'est enfin là euh en plus, il voulait rentrer dans les forces de l'ordre, c'est-à-dire que c'était euh un quelqu'un qui aurait pu se battre contre le narcotrafic à l'intérieur des forces de la démocratie est en danger comme le disait Saï Amada que nous avions en fait tout à l'heure comme le dit Amine Kassie, je pense qu'aujourd'hui la démocratie est extrêmement fragile. Ouais.

Ouais. extrêmement fragile face au narcotrafiquant. Quant à Emmanuel Macron, on va revenir, on va commenter Neufrage l'a dit Emmanuel Vals.

Euh, est-ce qu'il doit partir ? Est-ce qu'il partira ? Euh, sans que on n pas les moyens, enfin je pense qu'il ne peut pas partir comme ça, mais moi j'aimerais qu'il parte parce que je pense que c'est aujourd'hui un point de blocage.

Après, on verra comment il sortira. J'avais dit euh je crois enfin peu importe, je vais pas revenir là-dessus mais mais je pense qu'Emmanuel Macron est extrêmement affaibli et que son entêtement, son caractère en fait on voit que cette cette 5e République et bien elle est complètement prise en otage. Elle est complètement verrouillée par le caractère d'un homme.

Ça n'est pas possible. La démocratie ne peut pas être dépendante du caractère et en l'occurrence du du caractère extrêmement buté d'un homme. Bon voilà, vous avez entendu.

Vous pouvez réagir 0826 300300. Nous allons en débattre aussi avec Françoise Degouis, Philippe David jusqu'à 9h dans le grand débrief de l'actualité sur Sud Radio. [Musique]