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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 16 février 2020 54 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationInstitutions & électionsSolidarités & famille

Yannick Jadot : "Toute décision que prend Emmanuel Macron, si ça fait avancer la cause écolo, je prends"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 64 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous, avec l'affaire Griveaux, il y aura un avant et un après dans la vie politique française ?

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça vous inquiète, vous, personnellement, Yannick Jadot ? Est-ce que vous vous dites, voilà, je suis engagé en politique mais je ne me suis pas engagé pour ça ?

  • 3:19RelanceRéponse directe

    Mais vous modifiez vos comportements ?

  • 3:48OuverteRéponse partielle

    Avant de donner la parole à Françoise Fressoz, qu'est-ce que vous, personnellement, vous avez modifié dans vos comportements ?

  • 6:13RelanceRéponse directe

    Vous dites, désormais, il faut être méfiant, il faut changer ses comportements. Est-ce que vous pensez que Benjamin Griveaux, lui, a été imprudent ?

  • 6:36FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous-même, vous avez appelé Benjamin Griveaux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Invité politiqueFait
    « Il faut l'espérer. Il faut l'espérer que ça conduise à un sursaut. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « Un sursaut salutaire parce qu'on voit notre démocratie attaquer. »
  • 2:16Invité politiqueFait
    « Tout ça, aujourd'hui, forme un combo détestable avec un effet d'accélération incroyable du fait des réseaux sociaux. »
  • 5:02Invité politiqueChiffre
    « Quand on interroge les Français par rapport à la politique, le premier mot qui vient, c'est dégoût. Le deuxième, c'est défiance. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « Incontestablement, nous avons eu, toutes ces dernières décennies, et nous le savons particulièrement, nous, écologistes, beaucoup de promesses, beaucoup d'engagements qui n'ont pas été tenus. »
  • 6:50Invité politiqueFait
    « À partir du moment où Benjamin Griveaux n'a fait aucun frais répréhensible du point de vue de la loi, je ne vais pas commencer à juger ses comportements dans la vie privée. »
  • 7:16Invité politiqueFait
    « Il démarre avec un enregistrement volé, où il insulte la moitié de ses concurrents au sein d'En Marche. »
  • 11:51Invité politiqueChiffre
    « Il y a une colère dans notre pays, très forte. Quand vous regardez un dernier sondage de l'IFOP, disait que 45% des Français sont révoltés, 29% sont résignés. »
  • 24:42Invité politiqueChiffre
    « 83% des Français ont envie de se serrer les coudes pour affronter ensemble les défis que nous avons. »
  • 25:01PrésentateurChiffre
    « 13% Yannick Jadot 68%. »
  • 29:39Invité politiqueChiffre
    « Il y a dans ce pays 13 milliards d'euros d'argent public qui va en soutien à l'agriculture. »
  • 30:08Invité politiquePromesse
    « Vous installez dans notre pays 200 000 paysans. »
  • 29:39Invité politiqueChiffre
    « il y a dans ce pays 13 milliards d'euros d'argent public qui va en soutien à l'agriculture. »
  • 29:51Invité politiqueChiffre
    « 13 milliards d'euros d'argent public, dont 9 Européens. »
  • 30:05Invité politiquePromesse
    « Vous installez dans notre pays 200 000 paysans. »
  • 30:13Invité politiqueFait
    « Quand 50% des oiseaux ont disparu sur les 40 dernières années, notamment du fait de l'agriculture. »
  • 32:15Invité politiqueFait
    « Nous sommes quand même dans un modèle agricole où vous avez un tiers, 40% des paysans qui vivent avec moins de 350 euros par mois. »
  • 32:24Invité politiqueFait
    « Ils sont surendettés. ils se suicident tous les jours et tous les jours. »
  • 35:40Invité politiqueChiffre
    « sa majorité vote 29 milliards de subventions aux énergies fossiles. »
  • 35:46Invité politiqueChiffre
    « 29 milliards de subventions aux énergies fossiles. »
  • 37:01Invité politiqueChiffre
    « le bâtiment, c'est 40% de nos consommations d'énergie. »
  • 37:03Invité politiqueChiffre
    « 40% de nos consommations d'énergie. 25% de nos émissions de gaz à effet de serre. »
  • 37:25Invité politiqueChiffre
    « On est à près de 7 millions, plus de 130 000 personnes qui souffrent de précarité énergétique. »
  • 37:35Invité politiqueFait
    « Il réduit par deux le budget de l'isolation des logements. »
  • 40:54Invité politiqueFait
    « On a augmenté de 25%. On n'a pas commencé à réduire, on continue à augmenter. »
  • 50:36Invité politiqueChiffre
    « on met 1% du PIB européen 160 milliards d'euros par an en investissement public »

Temps de parole

  • Yannick Jadot71 %
  • Présentateur13 %
  • Intervenant6 %
  • Intervenant 26 %
  • Intervenant 34 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonjour et merci d'être fidèle à Question Politique, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info, en direct avec nous jusqu'à 13h. Il vient de recevoir le prix de la personnalité politique de l'année. Il est le porte-étendard de l'écologie politique en France depuis les dernières élections européennes. Mais qu'est-ce qu'on est en droit d'attendre de l'écologie politique à l'échelle globale, nationale, locale ? La question se pose chaque jour davantage sous la pression de l'accélération du réchauffement climatique, la pression de l'opinion des élections municipales qui approchent.

Emmanuel Macron était cette fin de semaine sur le massif du Mont-Blanc, une visite symbolique pour, je cite le président de la République, « toucher du doigt les effets dévastateurs du réchauffement climatique ». Faut-il y voir un virage écologique du quinquennat ou une simple touche de peinture verte, autrement dit du greenwashing ? L'eurodéputé Yannick Jadot va nous dire ce qu'il en pense et on lui demandera évidemment si la vie politique française a définitivement basculé dans une nouvelle ère après l'affaire Griveaux. Pour intervenir, le hashtag QPOL ou l'application mobile France Inter.

1:09
Locuteur non identifié

France Inter. Question politique. Alibadou.

1:14
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Et bienvenue. Bonjour Jeff Villezemberg de France Télé. C'est l'américanisation des médias.

1:22
Intervenant

Exactement. Même si Jeff, c'est déjà un surnom américain. Il n'est pas totalement français. Donc bonjour à tous et bonjour Alibadou.

1:30
Présentateur

Et ravie de vous retrouver Françoise Fressos du journal The World, Le Monde. Bonjour Françoise.

1:35
Intervenant

Bonjour Alibadou, bonjour à tous.

1:37
Présentateur

Et Karine Bécard de France Inter.

1:39
Intervenant

De France Inter.

1:40
Présentateur

Exactement. Bonjour Karine. Et Karine a préparé votre portrait Yannick Jadot. Nous le découvrirons ensemble tout à l'heure. Commençons d'abord par ce qui occupe les esprits et qui fait la une de l'ensemble des médias, Yannick Jadot. Est-ce que pour vous, avec l'affaire Griveaux, il y aura un avant et un après dans la vie politique française ?

2:00
Yannick Jadot

Il faut l'espérer. Il faut l'espérer que ça conduise à un sursaut. Un sursaut salutaire parce qu'on voit notre démocratie attaquer. Attaquer à travers une sorte de confusion permanente ou de mélange entre une forme de puritanisme, de voyeurisme, de délation. Tout ça, aujourd'hui, forme un combo détestable avec un effet d'accélération incroyable du fait des réseaux sociaux. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, résumer le débat politique au comportement des uns et des autres en matière de vie privée,

2:36
Présentateur

c'est le pire qu'on peut imaginer. Question qui est délicate à poser parce qu'il n'est évidemment pas question de soupçonner quoi que ce soit ou de sous-entendre quoi que ce soit. Mais est-ce que ça vous inquiète, vous, personnellement, Yannick Jadot ? Est-ce que vous vous dites, voilà, je suis engagé en politique mais je ne me suis pas engagé pour ça ? Est-ce que vous êtes prêt aujourd'hui à voir la fin de votre vie privée signée, actée depuis l'affaire Griveaux ?

2:59
Yannick Jadot

On est obligé aujourd'hui de faire attention. Il ne faut pas se raconter d'histoire puisque avec les téléphones portables, avec les caméras, avec les enregistrements, dès que vous êtes dans la rue, dès que vous êtes au restaurant, dès que vous êtes n'importe où, au fond, dans l'espace public, quelqu'un peut porter atteinte à votre vie privée, vous enregistrer ou détourner une conversation. Mais vous modifiez vos comportements ? On est obligé, bien sûr, vous modifiez vos comportements.

3:23
Intervenant

Mais c'est tout s'interdire quasiment, non ?

3:25
Yannick Jadot

Heureusement, ce n'est pas tout s'interdire. Il faut rester vivant et puis surtout, il faut contrer à la fois ces atteintes à la vie privée potentielles et puis la brutalité parce qu'un des éléments qui aujourd'hui rebute beaucoup de personnes à entrer dans l'activité politique, c'est la violence, évidemment, verbale sur les réseaux sociaux et potentiellement physique.

3:48
Présentateur

Avant de donner la parole à Françoise Fressoz, qu'est-ce que vous, personnellement, vous avez modifié dans vos comportements ?

3:52
Yannick Jadot

Écoutez, on fait attention aux discussions qu'on a, par exemple, dans un restaurant, évidemment. Vous utilisez des messageries cryptées ? Ah ça, de toute façon, aujourd'hui, tout le monde utilise des messageries cryptées à partir du moment où vous vous adressez et vous parlez politique. Donc ça, c'est la base, aujourd'hui, de la politique. Mais quelque part, il y a toujours eu potentiellement ce voyeurisme. Simplement, pendant, souvenez-vous, les années 80, Mitterrand avait une fille, personne n'en parlait, et le voyeurisme porté, et l'atteinte à la vie privée porté sur la famille de Monaco ou sur la famille royale britannique.

Là, d'un seul coup, ça dit aussi, peut-être, de la responsabilité politique. C'est qu'on a l'impression que la politique n'est plus qu'un terrain un peu paragoutant du tout de personnalisation, de vie privée. Il va falloir remettre, et c'est ce que nous tentons de faire les écologistes, du fond, des solutions aux problèmes de...

4:48
Intervenant

Ça veut dire que ça traduit une déception par rapport aux hommes politiques. Au fond, on les a remis peut-être plus bas qu'ils le sont, parce qu'au fond, on ne croit plus en eux, on ne croit plus en leur action.

5:02
Yannick Jadot

Quand on interroge les Français par rapport à la politique, le premier mot qui vient, c'est dégoût. Le deuxième, c'est défiance. Donc, évidemment, les responsables politiques doivent s'interroger sur la façon dont ils font de la politique depuis des années et des années. Incontestablement, nous avons eu, toutes ces dernières décennies, et nous le savons particulièrement, nous, écologistes, beaucoup de promesses, beaucoup d'engagements qui n'ont pas été tenus.

Combien, aujourd'hui, de présidents ou de gouvernements disent à quel point ils vont réconcilier, ils vont agir sur la crise climatique, ils vont agir sur la fracture territoriale, sociale, démocratique, et ils font à peu près l'inverse. Donc, forcément, à partir du moment où vous ne semblez pas agir au profit, au bénéfice des Français qui vous ont élus, à partir du moment où vous semblez en permanence trahir vos promesses, se crée la défiance.

5:54
Présentateur

Alors, en l'occurrence, il s'agit d'une violation de la vie privée.

5:56
Yannick Jadot

Non, non, mais je réponds à la question de Mme Fresseau, qui me parle de l'affaissement de la politique. À nous, et c'est ce que nous essayons de faire tous les jours, de montrer que la politique, c'est du courage, de montrer que la politique, c'est tenir ses promesses, et d'être actif, actif, actif, au service de nos concitoyens. Jeff ?

6:13
Intervenant

Juste un mot pour revenir sur cette affaire. Vous dites, désormais, il faut être méfiant, il faut changer ses comportements. Est-ce que vous pensez que Benjamin Griveaux, lui, a été imprudent ? Est-ce que ça explique, par exemple, la fraîcheur de la réaction de son ex-concurrent, la mairie de Paris, David Béliard, qui a dit que le respect de la vie privée est un droit fondamental, mais qui n'a pas apporté un soutien appuyé ? Est-ce que vous-même, vous avez appelé Benjamin Griveaux ?

6:38
Yannick Jadot

Non, je n'ai pas appelé Benjamin Griveaux, on ne se connaît pas particulièrement, mais moi, à partir du moment où je veux faire une distinction très ferme entre la vie privée et la vie publique, à partir du moment où Benjamin Griveaux n'a fait aucun frais répréhensible du point de vue de la loi, je ne vais pas commencer à juger ses comportements dans la vie privée. Sinon, moi-même, je passe la frontière d'un débat de moralisation, de morale, de décence.

7:09
Intervenant

Vous dites qu'il faut être prudent, désormais, c'est ce que vous avez dit tout à l'heure, M. Jadot.

7:12
Yannick Jadot

Mais bien sûr, mais enfin, souvenez-vous de la campagne de Griveaux, il démarre avec un enregistrement volé, où il insulte la moitié de ses concurrents au sein d'En Marche. Donc, il commence par un son volé, il finit par une image volée. Ça montre qu'il faut être prudent. Karine Becker et François Sressos.

7:31
Intervenant

Est-ce qu'on est en train d'assister à une américanisation de la vie politique, et est-ce qu'on est juste en train de l'observer, est-ce qu'on est en train de suivre ce mouvement, et est-ce qu'on est dans l'incapacité de pouvoir lutter contre ça ?

7:40
Yannick Jadot

Écoutez, je ne sais pas si c'est une américanisation de la vie politique. Oui, il y a une forme de moralisation permanente, où, au fond, faute d'un projet partagé, faute de se donner un horizon commun, on a à la fois une forme d'individualisme très lourd, de personnalisation de la vie politique, et de débat moral. En permanence, on nous explique, et vous savez les injonctions, comment on doit se comporter dans la vie publique, comme dans la vie privée. Et ça, ce n'est pas la démocratie. La démocratie, c'est un débat de fond.

La démocratie, c'est qu'est-ce qui fait cohésion nationale, autour, vous le savez, des grands enjeux, des inégalités, du pacte républicain, de la laïcité, et pour nous, évidemment, du combat pour l'environnement.

8:27
Intervenant

Qui réimpose, en fait, ça ? Parce qu'on voit bien qu'on est parti dans un espèce de tourbillon qui ne s'arrête plus.

8:33
Yannick Jadot

Mais parce que je crois qu'il y a aussi, au fond, ces phénomènes ont toujours existé. Maintenant, ils prennent une ampleur, une accélération avec les réseaux sociaux qu'on n'avait pas avant, et qu'il y a d'un seul coup, en quasiment deux heures, il faut savoir si Benjamin Griveaux démissionne ou pas.

Donc, vous avez une sorte d'effet, de blast des réseaux sociaux, et moi, je ne défends pas la remise en cause de l'anonymat sur les réseaux sociaux, parce que dans beaucoup de dictatures, c'est très important, l'anonymat, mais même dans les démocraties, si vous êtes policier, vous devez pouvoir vous exprimer sur les réseaux sociaux sans qu'on vous ramène à votre identité de policier, mais il va falloir attaquer les plateformes.

Moi, quand je vois qu'on ne sait pas à peine comment attaquer ces diffusions de vidéos, sur l'affaire Mila, quand j'entends qu'il va falloir, ça va être très compliqué de demander des autorisations sur les menaces de mort à des hébergeurs américains, des plateformes nord-américaines, je pense que là, on a un déficit profond de régulation des plateformes. Françoise ?

9:40
Intervenant

Vous appelez à la régulation, est-ce que vous appelez aussi à un débat citoyen, au fond, sur du bon usage des réseaux sociaux, ou en tout cas, des dangers que ça peut faire courir sur la démocratie ?

9:52
Yannick Jadot

Nous, on a toujours été très favorables à ce que la question d'Internet, en général, soit enseignée très tôt à l'école. Il va falloir à la fois sur les enjeux de contrôle, du codage, comment on participe à une économie numérique, mais aussi, qu'est-ce qui... Vous voyez, regardez, on en a parlé évidemment sur l'affaire Mila. Il y a 20 ans, quand un gamin est harcelé, il est harcelé dans la cour de récréation, potentiellement sur le chemin qu'il ramenait à la maison. C'était dramatique, mais ça se limitait à ça. Aujourd'hui, un gamin, il peut être harcelé, cyber harcelé, jusqu'à la minute où il va s'endormir, à travers les réseaux sociaux.

Donc, il y a évidemment à repenser les comportements des uns et des autres, et puis, cette difficulté, mais qu'ont l'air de bien gérer les jeunes, en vrai, on dramatise de relations entre la vie privée, la vie publique.

10:47
Présentateur

Il leur arrive aussi, très souvent, et à beaucoup de jeunes, justement, des mésaventures comparables à celle de Benjamin Griveau.

10:51
Yannick Jadot

C'est pour ça que je disais, vous avez parfaitement raison, et donc, la question de l'éducation, à mon avis, l'éducation nationale a une responsabilité majeure à redonner un usage sérieux et positif

11:03
Présentateur

de ces réseaux sociaux. Françoise, il y a une citation de Cédric Villani qui vous a frappé à savoir que la démocratie française serait menacée.

11:09
Intervenant

Oui,

11:09
Yannick Jadot

qu'est-ce que vous en pensez ? À partir du moment où vous avez une personne qui peut transformer profondément une élection, c'est la démocratie qui est menacée. Jusqu'à un moment donné, l'élection doit être jugée par des électrices et des électeurs sur la base d'un projet, et que là, pour Griveau, sa campagne, elle s'est arrêtée parce que quelqu'un a porté atteinte à sa vie privée. Cette affaire, vous disiez tout à l'heure,

11:35
Intervenant

est un symptôme de la violence générale qui s'exerce notamment contre les hommes politiques. Est-ce que vous diriez que certains d'entre eux, certains hommes politiques, eh bien, y ont contribué en utilisant, par exemple, la violence verbale, y compris ceux qui dénoncent aujourd'hui cette affaire Griveau ?

11:50
Yannick Jadot

Il y a une colère dans notre pays, très forte. Quand vous regardez un dernier sondage de l'IFOP, disait que 45% des Français sont révoltés, 29% sont résignés. Vous vous rendez compte que ça fait quasiment plus de trois quarts de la population française qui n'a pas une relation positive à la vie démocratique et à la vie politique. Donc, à un moment donné, il va falloir apporter des solutions. Moi, la colère, il y en a qui la nie. Le gouvernement, et je pense Emmanuel Macron, trop souvent, ont montré ces derniers mois qu'ils niaient cette colère. Au fond, les gens n'avaient pas de raison d'être en colère, c'est qu'ils ne comprenaient rien. Ils mélangent tout.

Souvenez-vous l'expression d'Emmanuel Macron sur les retraites, il dit en fait les Français mélangent tout. Et puis, il y a ceux qui l'instrumentalisent, vous avez raison, et qui, au fond, pensent que la meilleure façon de répondre à cette colère, c'est de l'amplifier, de lui donner de la résonance dans l'espace politique. Moi, cette colère, je la fais mienne, mais je la fais mienne pour apporter des réponses, des solutions pour apaiser la société. C'est ça, la responsabilité politique. La responsabilité politique, ce n'est pas d'attiser les braises ou les flammes, c'est d'apporter des réponses aux solutions que rencontrent nos compatriotes.

13:10
Intervenant

En tout cas, la question qu'on peut se poser maintenant, c'est cette affaire Griveaux, elle va changer quoi à cette campagne municipale à Paris ? Je ne sais rien. Quel impact ? Est-ce que ça va changer ?

13:17
Présentateur

Je n'en sais rien. Vous êtes un observateur à viser de la vie politique, un acteur, et un observateur, et un stratège. Donc, vous avez forcément une aventure. Mais ça va profiter à qui ?

13:26
Intervenant

C'est ça, la question ? Il y a tellement de ce que vous voulez dire. Je n'en sais rien.

13:28
Yannick Jadot

Je vois en marche, comme à chaque élection, ils essayent de nous expliquer qu'ils sont en train de recomposer le champ politique. On entend les rumeurs, Macron a appelé Béliard à Paris, ce qui est totalement faux. Nous serions en relation pour essayer de voir chacun faire son truc. Vous savez, comme dans les européennes, vous savez, on nous avait promis la campagne avec Juppé et Cohn-Bendit pour porter la campagne européenne. Vous vous souvenez, ils nous ont vendu ce scénario-là pendant des mois. À la fin, c'était Nathalie Loiseau.

13:58
Intervenant

Mais on ne peut pas imaginer, par exemple, que pour battre Anne Hidalgo, il puisse y avoir une coalition entre les Verts et le nouveau candidat de La République En Marche.

14:09
Yannick Jadot

Personne ne veut battre Anne Hidalgo. Pardon ? Non, non, non. Mon candidat que je soutiens, le candidat des écologistes, David Béliard, il veut apporter des solutions aux Parisiennes et aux Parisiens. Il ne veut pas battre

14:21
Intervenant

Anne Hidalgo.

14:22
Yannick Jadot

Mais un des éléments pour être maire de Paris, c'est de battre ses concurrents en démocratie. Mais l'objectif de David Béliard, premier, ce n'est pas de battre Anne Hidalgo. L'objectif que les écologistes portent dans cette campagne, ce n'est pas d'éviter le sortant. C'est dans ce moment d'urgence... C'est une candidature

14:42
Présentateur

de témoignage.

14:43
Yannick Jadot

Non, mais au contraire, c'est une candidature d'action. Si on vous écoute, ce n'est pas exactement... Mais non, c'est une candidature d'action. La question, c'est pas d'essayer de construire... C'est pas de construire un vote contre, c'est de construire un vote pour. On a tous, et vous avez introduit l'émission sur les canicules, les inondations, les dégradations du vivant, la montée des inégalités, l'affaissement de la démocratie.

On a une sacrée responsabilité à apporter des réponses positives, à faire que les électrices et les électeurs qui sont dans ce moment de défiance potentielle vis-à-vis de la politique, se disent pas je vais me résigner une énième fois à aller voter pour être contre quelqu'un, mais qui se disent je vais être pour un projet et ce projet-là je veux qu'ils gagnent la ville.

15:32
Intervenant

Pour gagner une élection et pour diriger une ville, M. Jadou, il faut des alliances. Donc la question qui se pose aujourd'hui avec le départ de Benjamin Griveaux, c'est votre candidat, David Béliard, est-il désormais le nouveau champion de ce camp ? Doit-il s'allier ? C'est des questions que les électeurs peuvent légitimement se poser. Mais ça,

15:49
Yannick Jadot

c'est... Vous avez pas fait de répondre. L'objectif des écologistes à ce pari, c'est de faire le meilleur score possible au premier tour, d'arriver en tête pour créer autour de cette coalition climat, autour de ce pacte qui permettra d'affronter les canicules, qui permettra de protéger les enfants dans les écoles contre la pollution de l'air, de les faire manger une alimentation bio, d'améliorer les déplacements, de faire que les enseignants, les infirmières ou les artisans puissent habiter à Paris, qui puissent créer cette coalition qui améliore la vie. Mais il est point mort

16:24
Intervenant

aujourd'hui, cette coalition climat. Pour l'instant, il ne s'y passe rien.

16:27
Yannick Jadot

Ils y travaillent, ils y réfléchissent, mais... avec Cédric Villani ou pas ? Vous savez qu'il y a des contacts qui sont pris régulièrement pour essayer de construire un projet. Mais il y a ceux qui veulent

16:41
Intervenant

parler avec Cédric Villani et ceux qui ne veulent pas parler avec Cédric Villani.

16:44
Yannick Jadot

tous les écologistes sont prêts à parler avec tous ceux qui, aujourd'hui, ont envie d'améliorer le quotidien des Parisiennes et des Parisiens. Vous savez, il y a deux façons...

16:55
Présentateur

On ne doit pas parler que de Paris, Yannick Jadot.

16:57
Yannick Jadot

C'est pour ça que je voulais mettre un rôle là. Et je voulais justement vous poser une dernière façon là-dessus. Il y a deux façons au fond d'évaluer ceux qui viennent vers l'écologie. Il y a la façon qui est de dire je sais d'où il vient, je sais ce qu'il a voté, je sais ce qu'il a été et comme il n'était pas écolo, je le rejette. Et puis il y a ceux qui, et c'est ça que portent les écologistes aujourd'hui dans toutes les élections municipales, c'est-à-dire enfin, vous avez compris l'urgence, vous avez compris qu'il y a des solutions, vous venez vers nous, bienvenue, nous allons gagner ensemble.

17:33
Présentateur

Alors justement, imaginons, pour gagner ensemble, imaginons qu'Anne Hidalgo l'emporte à Paris alliée avec les Véros, est-ce qu'elle serait du coup la candidate idéale pour la présidentielle de 2022 ?

17:43
Yannick Jadot

Oh là là !

17:45
Présentateur

Ali Badou ! C'est ça la politique aussi ? C'est ça la politique ? Je me suis forcé à réfléchir comme vous puisque c'est des raisonnements qu'on se pose chez les politiques.

17:53
Yannick Jadot

Moi je ne réfléchis pas comme ça. Jamais. Les maires, aujourd'hui, sont les élus préférés des Français. Ils sont les élus préférés des Français parce qu'ils sont accessibles, parce qu'ils sont dans la réponse immédiate aux difficultés à l'échelle du lieu de vie. C'est essentiel le lieu de vie. Ils sont en contact des Françaises et des Français. Et il n'y aurait pas pire que de dire au fond ces élections municipales où se joue le logement, les déplacements, l'urbanisme, l'alimentation, les services publics, le sport, la culture. En fait, tout ça n'a aucun intérêt. Le seul intérêt, c'est 2022. Eh bien, nous, nous sommes pleinement à 100% engagés dans ces municipales.

nous voulons créer un maillage du territoire d'élus écologistes et de politiques écologiques parce que nous pensons aujourd'hui de loin que c'est la meilleure réponse à la crise démocratique, à la crise écologique et à la crise sociale que nous traversons.

18:47
Présentateur

Encore une question sur les municipales avant votre portrait.

18:49
Intervenant

Mais l'exemple parisien est quand même important et intéressant parce qu'au fond, les Verts ont été dans la majorité sortante. Vous, vous dites, on veut construire quelque chose de nouveau, une nouvelle alliance et on ne voit pas trop avec quels alliés et on ne voit pas non plus trop comment vous vous départagez par rapport à Nidalgo. Et donc, est-ce que vous n'avez pas des ambitions démesurées par rapport à la réalité du terrain ?

19:11
Yannick Jadot

Quand on y fait 20 degrés en Antarctique comme c'était le cas hier ou avant-hier que nous nous assistons à des tempêtes dont la récurrence et l'ampleur est évidemment extrêmement inquiétante.

19:26
Présentateur

L'hiver est trop chaud ici même.

19:28
Yannick Jadot

Quand le mois de janvier a été le mois le plus chaud jamais enregistré à l'échelle de la planète, votre responsabilité avec toute la modestie des transformations engagées mais toute l'ambition de servir nos concitoyens et de sauver la nature, c'est de vouloir conquérir le pouvoir. Mais pas pour l'occuper, pour l'exercer, pas pour l'accaparer comme c'est trop souvent le cas des villes mais pour le rendre aux citoyens parce qu'on a besoin que cette révolution écologique elle soit citoyenne.

Donc nous sommes au fond les principaux acteurs du bilan écolo d'Anne Hidalgo comme de celui de Johanna Roland ou de Nathalie à Nantes ou de Nathalie à Perret à Rennes puisque c'est grâce au vote écolo qu'on a pu faire bouger ces villes-là dans des coalitions. Maintenant, il ne vous a pas échappé que cette ville a été trop minéralisée, qu'elle est beaucoup trop chaude l'été, qu'un certain nombre de mesures qui ont mis beaucoup trop de temps à être mises en œuvre. Nous considérons qu'aujourd'hui nous avons les compétences, l'ambition, le tempérament pour exercer les responsabilités au service de nos concitoyens.

20:43
Présentateur

Comment regardez-vous le fait que dans beaucoup de villes, la plupart des villes, il y a une compétition pour savoir qui sera plus écolo que son voisin ou son concurrent ? Il y a partout des candidats qu'on n'imaginait pas porter les couleurs de l'écologie, se revendiquer du vert de l'écologie, planter des arbres, imaginer des mobilités douces, porter un discours qui au fond dont vous n'avez plus le monopole.

21:06
Yannick Jadot

C'est aussi notre succès. C'est d'abord la réalité physique.

21:12
Présentateur

Voir Louis Alliot à Perpignan faire une campagne avec une affiche sur le fond vert, c'est votre succès ?

21:20
Yannick Jadot

Oui, d'une certaine façon. Là, on est au bout du bout de l'opportunisme et du cynisme. Mais, un, il y a une réalité. Il y a dix ans, quand on parlait de la crise climatique, on parlait des générations futures. On parlait de la science et des générations futures. Là, tous les jours, on est percuté par cette crise écologique. Intimement, comme on le vit, que ce soit la contamination de nos organismes comme les inondations, le froid, le chaud, bon,

21:48
Locuteur

bref.

21:50
Yannick Jadot

C'est la mobilisation des jeunes. Ça a percuté. Moi, le nombre de personnes que je rencontre, chacun a une Greta Thunberg chez soi, en vrai. Tout le monde, des jeunes qui se disent, mais qu'est-ce que tu as fait pour la planète dans laquelle je vais vivre ? Et qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? Même chez vous, on vous pose la question. Mais bien sûr, mais bien sûr. C'est toujours, et c'est bien, parce qu'il y a aussi une forme de radicalité dans cette interpellation qui est la radicalité de la jeunesse. Vous savez, c'était il y a 50 ans, donc c'était juste après 68, Chaban Delmas disait, si nous avons notre âge, plus rien n'est permis, si nous avons 20 ans, tout est possible.

Et d'ailleurs, moi, je le fais dans la campagne, je lance un formidable appel à la jeunesse de notre pays. Vous vous souvenez le Brexit ? La Grande-Bretagne ferme à sa jeunesse les frontières du continent. Et les jeunes qui étaient plus pro-européens que la moyenne n'ont pas été votés. Ils se sont fait voler leur avenir. Ils ne se sont pas fait voler leur avenir, ils n'ont pas été votés, ils sont responsables. D'accord. Mais du coup, je dis aux jeunes, emparez-vous des élections municipales. C'est notre quotidien, c'est votre avenir, c'est notre destin. Emparez-vous pour que justement, il y ait plus de solidarité et qu'on ait enfin un projet qui nous rassemble plutôt qu'il nous divise.

23:09
Présentateur

L'euro, vous ne voulez pas faire le portrait de Yannick Jadot, Karine ?

23:12
Intervenant

Si, mais j'aimerais bien qu'il précise, vous avez appuyé là à l'instant sur, on a aujourd'hui les tempéraments. Ça veut dire quoi avoir les tempéraments ? Ça veut dire que jusqu'à maintenant, vous n'aviez pas le personnel politique, il n'y avait pas des gens qui avaient envie véritablement de gagner, envie d'être maire et maintenant, vous les avez à Europe Écologie Les Verts ?

23:28
Yannick Jadot

Si, si, si. Vous savez, quand vous êtes écologiste, vous savez, pendant longtemps, on nous a moqué, on nous a méprisé, on se prend quand même des lobbies très puissants matin, midi et soir pour résister, pour continuer le combat et parfois gagner, il faut du tempérament et je pense que le tempérament est une qualité en politique. Mais, on est dans ce moment-là et puis vous savez, pour revenir un peu à la première discussion que nous avons eue, on a dit l'affaissement de la démocratie mais il y a aussi les contrepoisons qui sont en train de se créer. Regardez le mouvement des sardines en Italie.

C'est ce mouvement qui a permis à l'extrême droite d'être battu pour le coup qui est un mouvement de civilité. Ils se battent contre la violence verbale et la violence physique en politique. Regardez, il y a un formidable think tank qui s'est créé par Braden Cox. C'est le mari de Joe Cox qui a été assassiné pendant la campagne du Brexit. Il a fait un think tank pour savoir ce que nous avons en commun dans la société. Pas ce qui nous divise, ce qui nous rassemble et ils ont fait l'étude en France.

C'est une magnifique étude destin en commun qui dit que 83% des Français ont envie de se serrer les coudes pour affronter ensemble les défis que nous avons et vous savez quel est le sujet sur lequel ils pensent qu'on peut se réconcilier et nous réconcilier avec l'avenir et se réconcilier entre nous. C'est la question de l'environnement. C'est de très loin. 13% Yannick Jadot 68%.

25:03
Présentateur

pour les verts aux dernières élections européennes. Eh bien,

25:07
Yannick Jadot

nous travaillons à 13,5%. Déjà à 13,5%. Ne nous enlevez pas ces quelques dizaines de milliers d'électeurs qui sont aussi notre fierté. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a autour de l'écologie aujourd'hui la perspective d'une projection positive dans l'avenir qui n'existera pas si on ne lutte pas contre le chaos climatique et l'anantissement du vent. C'est une évidence. Ce sera des guerres civiles. Ce sera la fin des solidarités et de la démocratie. En revanche, si on le fait, on peut rebâtir notre démocratie, nos solidarités, notre modèle social sur la base de la lutte pour l'environnement.

25:47
Présentateur

12h30, l'eurodéputé Europe Écologie Les Verts, Yannick Jadot est l'invité de France Inter du journal Le Monde et de France Info.

25:56
Locuteur non identifié

France Inter, Ali Badou, question politique.

26:01
Présentateur

Votre portrait, signé Karine Becker.

26:03
Intervenant

Vous êtes tellement omniprésent ces derniers temps qu'on ne sait plus si vous faites de la politique depuis peu ou depuis longtemps. Adhérente au vert, vous l'êtes depuis 20 ans précisément, même si vous êtes resté probablement en ce que vous avez toujours été un militant. Vous avez commencé Yannick Jadot coopérant au Burkina Faso, vous êtes devenu ensuite un inter-mondialiste, vous intégrez une ONG Solagral spécialisée dans le suivi des négociations internationales avant de rejoindre une autre ONG bien plus médiatisée, Greenpeace France, dont vous avez dirigé pendant ces temps les campagnes des campagnes souvent réputées pour être assez musclées.

Ce qui vous situe à ce moment-là très à gauche de l'échiquier politique. Mais à l'époque, vous discutez aussi avec des sarkozistes en vous rendant notamment au Grenelle de l'environnement.

26:50
Yannick Jadot

Nous espérons qu'à travers ce Grenelle on pourra sortir peut-être des discours parfois idéologiques, parfois passionnels et rentrer véritablement dans l'expertise et la raison.

27:01
Intervenant

A partir de là, vous sautez le pas, fini le militantisme, vous entrez en politique. Député européen en 2009 grâce à Daniel Cohn-Bendit, vous rêvez tout de suite de devenir ministre, vous rongerez votre frein. Mais qu'à cela ne tienne, Yannick Jadot, vous réussirez à vous imposer comme le candidat des Verts à la dernière présidentielle.

27:22
Yannick Jadot

Oui, je retire ma candidature à l'élection présidentielle pour participer à une grande aventure.

27:29
Intervenant

Vous n'êtes resté candidat que 108 jours. Exactement. Est-ce que vous le regrettez ? Non, parce que vous y aviez vraiment cru à l'union de la gauche.

27:37
Yannick Jadot

Ma responsabilité, c'est de créer les conditions pour que ça réussisse. La question des personnes, elle doit, elle devra se régler, mais ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui.

27:47
Intervenant

Un an après, Yannick Jadot, vous avez radicalement changé votre scénario. Plus question de laisser les écolos derrière, maintenant, vous les voulez devant, évidemment, mais du coup, vous vous situez où, politiquement parlant ? Vous semblez vouloir transformer l'écologie en écologisme, c'est-à-dire en parti de gouvernement, seulement votre nouveau pragmatisme que certains voient déjà comme du macronisme fait grincer les dents parce qu'une partie des verts, que vous le vouliez ou non, resteront toujours d'éternels contestataires.

28:15
Présentateur

Réaction, Yannick Jadot ?

28:19
Yannick Jadot

À quoi ? À votre portrait, parce qu'il y avait beaucoup de choses dans ce portrait. Un, je pense que je suis toujours un militant. Vous savez, faire de la politique et du sain de façon, quand j'étais à Greenpeace, je faisais aussi de la politique dans un statut différent. Vous êtes à s'agir ? Je ne sais pas.

28:35
Présentateur

Vous étiez directeur des opérations de Greenpeace France, j'étais directeur des campagnes. Vous êtes plutôt posé près des alliances. Certains diront des compromis ou des compromissions.

28:44
Yannick Jadot

Oh là là, non, non, non, non. Je parle comme... Le sens de la politique, c'est... Comme certains

28:49
Présentateur

de vos camarades d'Europe Écologie Les Verts.

28:50
Yannick Jadot

C'est de faire des compromis, parce que sinon, ça ne s'appelle pas la démocratie. Vous devez composer avec d'autres. C'est ça, la base de la démocratie. Mais où je suis aujourd'hui ? Vous savez, je pense que notre pays est très abîmé. Quand vous avez près de 800 chefs de service à l'hôpital qui ont jeté leurs blouses et leurs responsabilités administratives, quand vous avez une forme de burn-out dans l'éducation nationale, quand les Françaises et les Français, comme nous tous, sont regardes abasourdis à un moment des policiers, des pompiers se battent dans des manifestations, on se dit que notre pays est abîmé. Et donc, nous avons une responsabilité à le réparer.

29:30
Intervenant

Vous avez des solutions ?

29:32
Yannick Jadot

Ah bah oui. Quand vous vous battez sur... Alors, on va y aller très pratiquement, en prenant le débat de l'agriculture. Aujourd'hui, il y a dans ce pays 13 milliards d'euros d'argent public qui va en soutien à l'agriculture. Et je ne parle même pas de la dépollution des eaux, du traitement des maladies chroniques. 13 milliards d'euros d'argent public, dont 9 Européens. Imaginez qu'on mette cet argent-là au service d'un revenu décent des paysans, au service de la sortie des pesticides, au service d'une alimentation de qualité. Vous installez dans notre pays 200 000 paysans. Ce qui veut dire que vous avez plus de vie dans nos campagnes. Vous avez un environnement protégé.

Quand 50% des oiseaux ont disparu sur les 40 dernières années, notamment du fait de l'agriculture.

30:19
Intervenant

Mais là, vous restez sur vos sujets de prédilection. J'ai envie de dire, il y a aussi... Vous venez de parler de l'hôpital, de l'éducation nationale. On va en parler, carrément.

30:26
Présentateur

Parce que malgré tout, on est une semaine avant le salon de l'agriculture, qu'il y a des négociations autour de la PAC très importante. Ce que je veux dire,

30:31
Yannick Jadot

c'est que typiquement, vous voyez, là, on est dans un moment de très forte, et je pense que ça participe du rejet de la politique qui nous contamine tous. On a eu, dans ce quinquennat, et ça ne relève pas de ce simple quinquennat, on a eu d'abord la défiance de la part du président de la République et de sa majorité vis-à-vis des maires, vis-à-vis des syndicats. Après, sur la question des gilets jaunes, on a eu une forme d'arrogance technocratique vis-à-vis des Français. Maintenant, il y a une arrogance qui se rajoute, c'est celle vis-à-vis des parlementaires. Est-ce que vous pensez... Restons sur le sujet de l'agriculture à l'instant.

31:09
Présentateur

Parce qu'on parle beaucoup d'agribashing, qu'il y a une question réelle. Françoise, autour du modèle à développer... C'est exactement ça,

31:14
Intervenant

parce que quand on vous écoute, il y a des solutions, on remet le budget européen et tout va bien. Mais là, concrètement, l'écologie, c'est aussi beaucoup d'agressions entre les écologistes qui veulent faire progresser leur cause et puis les agriculteurs qui ont du mal à s'adapter et donc on voit, y compris dans les communes, vraiment des tensions très fortes. Vous avez raison. Donc comment vous, vous appréhendez ces tensions ? Est-ce que vous dites à certains calmez-vous, il faut qu'on prenne notre temps ? Comment est-ce que vous résolvez cette contradiction qui au fond anime tout le territoire français aujourd'hui ?

31:45
Présentateur

Et on l'entendait ce matin dans l'Interception sur France Inter une enquête justement sur l'incompréhension des agriculteurs face à l'agribashing.

31:53
Yannick Jadot

Vous savez, l'agribashing, ça a été inventé par les promoteurs des pesticides. Ah si, si, si. Vous reprenez dans le... C'est la FNSA ? Non, la FNSA l'a repris. Ça a été inventé, ça n'existe pas, M. Jadot ? Ah non, si vous voulez, qu'il y ait de la critique vis-à-vis des paysans, qu'il y ait surtout, c'est le seul sujet dont on doit s'intéresser, des situations dramatiques pour les paysans. Nous sommes quand même dans un modèle agricole où vous avez un tiers, 40% des paysans qui vivent avec moins de 350 euros par mois. Ils sont surendettés. ils se suicident tous les jours et tous les jours. Oui, c'est une question de survie.

Non, non, ils ne se suicident pas parce qu'il y a des écologistes qui veulent sortir des pesticides. Il faut regarder toutes les enquêtes qui sont faites sur le suicide paysan. Ils se suicident parce qu'on les a emmenés piégés dans un modèle dont ils sont très isolés.

32:44
Intervenant

Mais sortir des pesticides du jour au lendemain, ça nécessite souvent un grand changement dans leurs exploitations qui peut les amener à des situations extrêmes.

32:52
Yannick Jadot

On n'a jamais eu autant de conversion sur l'agriculture biologique et les paysans en bio vivent mieux que les paysans conventionnels. Le sujet, le sujet, mais y compris quand vous êtes responsable politique, quand le président de la République, sa majorité, comme le gouvernement précédent, soutient l'accord de libre-échange avec le Canada, potentiellement avec le Mercosur, a voté sa majorité la semaine dernière au Parlement européen, un accord avec le Vietnam.

vous pensez qu'on défend nos paysans, on les met face à des modèles de production en élevage qui sont absolument abjects du point de vue du bien-être animal, du point de vue de ce qu'on leur fait avaler et du point de vue de l'environnement. Donc, il est là le cœur du sujet. Est-ce qu'on défend nos paysans et la perspective d'un revenu décent et en même temps la protection de l'environnement ? C'est le programme des écologiques. Mais vous savez, on a énormément d'élus paysans. Peut-être qu'à un moment donné, et je ne le nie pas, les écologistes ont pu être vus comme étant contre les paysans. Mais non, c'est avec les paysans qu'on va sortir. Une partie reste

33:54
Intervenant

assez contre quand même. Mais regardez, vous êtes violente dans les lignes d'action.

33:59
Yannick Jadot

Là, quand la France Nature Environnement, les locaux de France Nature Environnement sont dégradés par la FDSEA, ce n'est pas les écologistes qui sont à l'attaque. On a quand même, enfin, vous vous rendez compte quand même, on a toutes les études scientifiques qui disent à quel point nos santé sont menacées par les pesticides et d'abord la santé des agriculteurs. D'abord la santé des agriculteurs. La biodiversité qui disparaît. Le climat qui se réchauffe. Et nos agriculteurs envoient de précarisation. Ceux qui défendent ce modèle-là sont quand même les plus pervers du système. Votre électorat

34:36
Intervenant

il est citadin, il n'est pas campagne.

34:37
Yannick Jadot

Faux. Totalement faux. Est-ce qu'on peut passer

34:39
Présentateur

à Emmanuel Macron pour le coup ? On va revenir à la question de l'électorat, mais encore un dossier climatique puisque Emmanuel Macron était dans le massif du Mont-Blanc pour toucher du doigt les effets dévastateurs du changement climatique. Visite symbolique qui amorce quoi pour vous ? Le virage écologique du quinquennat opération de greenwashing.

34:56
Yannick Jadot

Vous savez, moi, vous savez, je suis un pragmatique. Toute décision positive qui prendra, que ce soit par sincérité, par conviction ou par opportunisme, si ça fait avancer la cause écolo, je le prends. Mais quand je lisais notamment l'article du Monde sur cette visite, je voyais que ce qui était raconté, c'est qu'au fond, le président de la République essaye de se tenir sur la ligne de crête entre Greta Thunberg et Donald Trump. Et là, je me dis, attendez, attendez, là, là, on bascule où ? C'est-à-dire qu'on a... Ça, c'est une formule. Il a prononcé à Chamonix un discours où il parlait de l'urgence climatique et il en parlait comme du combat du siècle, Yannick Jadot.

Mais ça, très bien, très bien qu'il le dise. Mais quand le même jour, encore une fois, au Parlement européen, sa majorité vote 29 milliards de subventions aux énergies fossiles. 29 milliards de subventions aux énergies fossiles. Qu'il soutienne un accord de libre-échange avec le Vietnam qui est un acteur de la déforestation et de la prêche des énergies fossiles. Mais Fessalim,

35:54
Présentateur

ferme-l'you-Kanoukash. D'accord.

35:56
Yannick Jadot

C'est pas d'accord. Non, mais d'accord, mais ça fait quand même des années et des années que c'est prévu. Mais vous savez ce qui m'a gêné, en fait, le plus dans l'intervention du président de la République ? C'est quand il dit qu'il nous faut inventer des modes de production, des modes de consommation, des modes de transports nouveaux. Mais là, je me dis, mais à quoi servent ces équipes ? Les énergies renouvelables, ça existe. C'est lui, les petites gares pour éviter d'avoir à prendre sa voiture, ça existe. L'agriculture biologique, ça existe. La protection de la biodiversité, toutes ces solutions-là existent. Il ne faut pas les inventer. Il faut juste les mettre en œuvre. Oui, mais avec...

36:32
Présentateur

Les solutions,

36:34
Yannick Jadot

elles sont notamment discutées

36:35
Intervenant

dans la Convention citoyenne pour le climat où il y a 150 citoyens qui discutent depuis des mois. Ça doit se terminer fin avril. On parle d'un retour possible d'une taxe carbone. Est-ce que vous, vous le souhaitez ? Est-ce qu'on peut l'imaginer sans que ce soit aussi le retour de la colère qui avait amené le mouvement des Gilets jaunes ? Qu'est-ce qu'il faut faire concrètement pour faire baisser, par exemple, les gaz à effet de serre ? Il faut arrêter la voiture ?

36:55
Yannick Jadot

Qu'est-ce qu'il faut faire concrètement ? Une mesure très simple. Aujourd'hui, le bâtiment, c'est 40% de nos consommations d'énergie. Donc, c'est une facture et une dépendance et donc une complaisance vis-à-vis de la Russie et des monarchies du Golfe insupportables. 40% de nos consommations d'énergie. 25% de nos émissions de gaz à effet de serre. Dans notre pays, l'année dernière, nous avons grossi le cortège des personnes qui souffrent de précarité énergétique. On est à près de 7 millions, plus de 130 000 personnes qui souffrent de précarité énergétique. Je peux vous dire que c'est des problèmes de vie et de santé majeurs. Et qu'est-ce que fait ce gouvernement ?

Il réduit par deux le budget de l'isolation des logements. Borloo crie partout et il a raison qu'on a détruit la rénovation urbaine. A l'inverse, ce que nous écologistes proposons et nous le faisons avec la Fédération Française du bâtiment avec des entreprises comme Saint-Gobain comme avec des petites entreprises et des artisans. C'est d'emprunter aujourd'hui... Parlez bien dans le micro. D'emprunter, pardon.

37:59
Présentateur

Pour ceux qui n'ont pas les sous-titres, vous répondez là à l'appel de 300 signataires pour rendre plus écolo le secteur du bâtiment. Appel signé par Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autain, par exemple.

38:08
Yannick Jadot

C'est une tribune d'aujourd'hui. Ça fait très longtemps que nous défendons ça. Aujourd'hui, on emprunte de l'argent à taux négatif ou à 0% à 30 ans. Isoler, rénover nos logements, c'est rentable du point de vue de l'argent public. La Fédération Française du bâtiment dit qu'on peut engager en un an, deux ans, 100 000 artisans et ce sera 500 à 600 euros d'économie sur les factures d'énergie. C'est un potentiel extraordinaire pour l'aménagement du territoire, pour la création d'emplois, pour le pouvoir d'achat, évidemment pour l'écologie et ce gouvernement recule au lieu d'avancer. Voilà ce que feraient les écologistes s'ils étaient en place.

38:48
Présentateur

Il reste un quart d'heure, Françoise Fresseuse puis Karine Bégaard.

38:51
Intervenant

L'écologie, c'est très intéressant parce qu'à chaque fois qu'il y a une avancée écologique, on voit aussi qu'il y a des tensions sur la faisabilité. On l'a vu sur le plastique, on le voit sur le glyphosate. Comment vous qui prétendez incarner l'alternance, la grande alternance, vous abordez une possible exercice du pouvoir ? Est-ce que vous dites je vais fixer quatre ou cinq projets qui me semblent réalistes ? Parce qu'au fond, c'est un énorme bouleversement que vous préconisez et on voit qu'à chaque fois il y a des fortes tensions.

La taxe carbone, exemple majeur, les écologistes ont voulu la faire, ça a été soutenu par la gauche et la droite et on s'est aperçu qu'au fond, les milieux populaires étaient les principales victimes de la mesure. Donc comment est-ce que vous arrivez à incarner un projet optimiste alors qu'on voit toutes les contradictions que ça souligne ?

39:36
Yannick Jadot

Yannick Jadot. Personne ne dit que c'est facile, c'est pour ça que ça doit être profondément démocratique. C'est pour ça que l'association des citoyens a ces transformations comme ce que j'appelle les travailleurs de la nature, les pêcheurs, les apiculteurs, les agriculteurs. Bon. La question de la taxe carbone, c'est emblématique. Depuis le début que ce sujet est évoqué dans le débat public, nous avons toujours dit pour les populations les plus vulnérables, il doit y avoir une compensation à l'identique. Non seulement ils bénéficieront de plus de transports collectifs, mais ça ne doit pas leur coûter un euro.

C'est y compris ce qu'avait fait la commission Rocard à l'époque de Nicolas Sarkozy. Donc là-dessus, c'est les gouvernements qui l'ont mal mis en œuvre et ont créé les conditions de son rejet. Sur le glyphosate, au Luxembourg, au 31 décembre de cette année, au 31 décembre de cette année, interdiction totale du glyphosate. C'est un tout petit pays qui n'a pas le même poids de son secteur agricole dans son économique qu'en France. D'accord, mais ce que je veux dire, c'est que les viticulteurs, les arboriculteurs, tous ceux-là, où on nous dit c'est pas possible de le faire, et bien ils le font et ils accompagnent les agriculteurs et c'est possible à l'inverse dans notre pays.

Il va bientôt y avoir 3 ans que le président de la République a promis la sortie du glyphosate. On a augmenté de 25%. On n'a pas commencé à réduire, on continue à augmenter. Vous voyez, à un moment donné, il faut avoir le courage de mettre en œuvre des politiques avec les acteurs, avec les agriculteurs pour arriver à ce que notre société aille mieux. Karine Becker.

41:07
Intervenant

Malgré tout, on se demande si vos ambitions à vous, électorales, ne pourraient pas être contrariées par Emmanuel Macron parce que c'est le premier président qui s'occupe autant d'écologie et qui commence à avoir un bilan. Écoutez, il a quand même stoppé le projet de Notre-Dame-des-Landes, il a arrêté le projet Europa-City, vous le souhaitiez également, il a fermé la montagne d'or, en tout cas pour l'instant.

41:27
Yannick Jadot

En l'état.

41:28
Intervenant

Les verts qui ont appartenu à la précédente majorité présidentielle, quel bilan ils peuvent afficher finalement ?

41:33
Yannick Jadot

Vous savez, Jacques Chirac avait eu cette très belle formule « La maison brûle, nous regardons ailleurs ». Nicolas Sarkozy a fait le grenelle de l'environnement qui a été un grand moment sur l'écologie. François Hollande a accueilli à Paris la COP21. Il a fait une loi de transition énergétique et donc Emmanuel Macron s'inscrit là-dedans. Le problème qu'il a, c'est un problème de cohérence. Vous avez raison, il a arrêté Notre-Dame-des-Landes. Vous avez raison. Mais là, juste à côté de Chamonix, ils viennent de donner l'autorisation de construire une nouvelle autoroute alors que qu'est-ce que défendent les élus locaux ? J'ai même parlé avec le maire de Chamonix.

Ils défendent les subventions aux trains. Oui, mais ça va venir par le tien. Attendez, attendez, c'est autre chose. Il a arrêté Europa City. On ne sait toujours pas si on va conserver... Écoutez la montagnard de Françoise Fresseau, Zélie Djadot. On va, on va, on va, on sait toujours qu'on va conserver les terres agricoles. Mais depuis 2017, l'artificialisation des sols, qui est un facteur majeur de perte de biodiversité et d'inondations est reparti à la hausse. J'ai parlé de l'augmentation des pesticides.

Ce gouvernement, il y a deux semaines, nous a sorti une stratégie nationale sur le climat qui consiste en fait à augmenter nos émissions de gaz à effet de serre et puis bientôt, après ce quinquennat, on commencera à les baisser. Vous voyez bien qu'on ne peut pas juste regarder les discours. À un moment donné, il faut regarder les actes et ces actes-là, malheureusement, marquent plus souvent un recul qu'une avancée et je suis le premier à le regretter.

43:10
Présentateur

On ne peut pas blâmer uniquement la politique nationale et les responsables et l'exécutif. Quand vous regardez cette scène ahurissante qui a eu lieu il y a quelques jours dans les Pyrénées où une station de ski qui était en manque de neige s'est fait livrer par hélicoptère, 50 tonnes de neige pour faire face à des conditions climatiques exceptionnelles, évidemment, mais surtout pour pouvoir accueillir les touristes et les amateurs de ski. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Là, pour le coup, c'est une décision qui est prise par des élus locaux qui sont proches de leur territoire et pourtant c'est une scène folle.

43:43
Yannick Jadot

C'est une scène totalement folle. Vous savez, moi je comprends la panique des élus qui gèrent des stations de ski et qui voient année après année de moins en moins de neige et au fond ils se disent mais comment je vais faire vivre ?

43:58
Présentateur

Donc le conseil départemental a eu raison ?

44:00
Yannick Jadot

Non, ce que je dis c'est que je comprends l'inquiétude. La question c'est comment ces stations de ski et heureusement il y en a qui prennent les choses à bras le corps sont en train de se transformer pour proposer d'autres activités en lien avec Ah bah ça c'est débile. Pourquoi ? Il faut arrêter. Parce que

44:16
Présentateur

à la fois le syndicat mixte dit que c'est pas hyper écologique je le cite.

44:21
Yannick Jadot

Ah c'est pas hyper écolo. Est-ce qu'il faut l'interdire ? Oui, je pense qu'il faut interdire ce type de mesures totalement dingues. On a des problèmes d'approvisionnement en eau de plus en plus aujourd'hui dans des vallées y compris des vallées des Alpes à cause des canons à neige. Il va falloir à un moment donné un, qu'on lutte sérieusement contre le dérèglement climatique mais aussi qu'on s'y adapte et heureusement les écologistes dans les régions travaillent beaucoup à créer des alternatives. Et la meilleure spécialiste des Alpes justement Françoise Fréceau Non mais ce qui est intéressant

44:50
Intervenant

c'est que chaque sujet qu'on traite au fond est un sujet de tension et moi ce qui me frappe c'est que dans le projet que vous définissez il y a beaucoup d'optimisme il y a aussi de l'apaisement. Qu'est-ce que les écologistes doivent changer dans leur pratique pour être un peu plus acceptés qu'ils l'ont été dans le passé où il y a eu quand même pas mal d'actions parfois radicales même revendiquées étant anti-gouvernementales est-ce que vous vous appelez à une évolution du mouvement ?

45:16
Yannick Jadot

Ce mouvement est en train d'évoluer je crois depuis plusieurs années parce que pendant un moment effectivement on était plus dans l'alerte qu'au fond dans la concrétisation des engagements même s'il y a toujours eu des élus.

Aujourd'hui notre responsabilité face à l'urgence c'est de gouverner et à partir du moment où on veut gouverner à la fois on s'intéresse à l'ensemble des politiques publiques et on s'intéresse aux conditions pour gouverner si vous voulez rassembler une majorité de françaises et de français autour de votre projet à un moment donné et bien tous ceux qui viennent vers vous aujourd'hui vous devez les accueillir avec bienveillance ils ont parfois des opinions politiques ils ont eu des opinions ils sont pas d'accord avec tout mais aujourd'hui ils viennent et régulièrement je dis à mon parti politique à nos militants apprenons à aimer nos électrices et nos électeurs ils le font ça

46:09
Intervenant

ils le font bien

46:10
Yannick Jadot

mais oui regardez vous pensez que alors ce sont que des sondages mais quand vous voyez à Besançon à Strasbourg pour ceux qui n'ont pas l'image ça fait sourire et Karine et Françoise et Jeff à Bordeaux à Lyon si nous sommes aujourd'hui bien placés potentiellement pour remporter ces villes et c'est parce que aujourd'hui nous avons un discours crédible des solutions fortes ambitieuses mais qui se construisent avec les citoyens avec les entreprises comme avec les salariés vous parliez à l'instant

46:40
Intervenant

de sondage comment vous expliquez en France le succès de ce qu'on appelle la collapsologie c'est à dire la croyance en un effondrement inéluctable de la société de la civilisation 65% des français sont l'IFOP y croient et il y en a même un tiers de ces personnes qui pensent que ça va arriver dans les 20 prochaines années est-ce que vous d'ailleurs comme votre ami écologiste Yves Cochet vous y croyez ?

47:00
Yannick Jadot

Non alors attendez non qu'il y ait un scénario noir si on est à 6-7 degrés de réchauffement climatique d'ici la fin du siècle

47:09
Présentateur

Non mais vous pouvez pas dire que la catastrophe a commencé et dire qu'il n'y aura pas d'effondrement il y a une contradiction dans les termes

47:15
Yannick Jadot

Non ce que je veux dire c'est qu'on va trouver les solutions pour qu'il n'y ait pas d'effondrement moi je pense que la société elle est prête on a vous savez je crois que dans l'histoire d'un peuple ou d'une nation ou d'une société il y a peu de moments où on peut définir ce qu'on veut faire ensemble autrement qu'en rêve et je pense qu'on est à ce moment là les entreprises la société est prête à ce grand virage écologiste et au fond oui et puis c'est une réponse à la crise de l'avenir vous savez regardez ce qui se passe parfois sur le coronavirus ce qui se passe par rapport au terrorisme ce qui se passe c'est qu'au fond il y a une crise de l'avenir il y a une trouille par rapport à ce qu'il y a devant nous même on pourrait presque le percevoir dans le débat sur les retraites il y a cette idée qu'on ne sait plus rien de ce qui va advenir et que si cet avenir est chaotique nos enfants vivront moins bien c'est la conviction d'une majorité des français et voilà donc il nous faut se réapproprier cet avenir il nous faut redéfinir les termes de l'avenir et ce que je regrette notamment chez le président de la république c'est qu'il ne propose aucun récit aux français il l'avait pendant la campagne il l'avait pendant la campagne vous l'avez rappelé c'était pas mon candidat mais il y avait cette idée avec Macron qu'on allait réconcilier les territoires qu'on allait réconcilier socialement ce pays démocratiquement et en fait il a perdu totalement le fil de son récit parce que finalement il est resté dans le monde d'avant et qu'aujourd'hui les seuls qui ont une lecture de l'avenir il y en a deux il y a l'extrême droite c'est au fond retour vers le futur c'est à dire que la projection ça va être un repli et puis il y a les écologistes qui veulent à la fois qu'on vive mieux à l'échelle de nos territoires à l'échelle de nos lieux de vie c'est pour ça que les municipales sont un enjeu majeur à l'échelle globale en tant que communauté humaine c'est pour ça que l'Europe est un enjeu majeur mais la France si la France en 2022 devenait écologiste après que l'Allemagne en 2021 devienne écologiste vous imaginez le coeur de l'Europe qui devient écolo

49:23
Présentateur

et pourtant justement si on parle de l'Europe et vous êtes eurodéputé Yannick Jadot et vous connaissez très bien le sujet la commission européenne la nouvelle commission a proposé ce projet de Green New Deal de nouvelle donne verte comme projet pour son mandat et c'est extrêmement difficile à appliquer quand on voit qu'il y a des pays qui n'en veulent pas la Pologne la Hongrie la République Tchèque ont formulé des revendications qui pourraient tuer l'adoption même de ce pacte vous ne pouvez pas

49:50
Yannick Jadot

vous savez pourquoi parce qu'à un moment donné la commission européenne et les états membres ne veulent pas mettre de l'investissement au pot commun on est quand même dans un truc dans une situation totalement dingue on a une atonie économique en Europe on a des millions de jeunes et de moins jeunes qui cherchent un emploi on a cette crise climatique on a y compris potentiellement un impact économique du coronavirus qui sera peut-être pas celui de Lehman Brothers mais qui va impacter un peu plus l'économie européenne et on peut emprunter de l'argent à 30 ans à 0% ne pas aujourd'hui suivre la proposition y compris que j'ai faite avec Daniel Cohen Laurence Tubiana Meda et Duval sur l'idée qu'on met 1% du PIB européen 160 milliards d'euros par an en investissement public on met le double pour continuer à financer les banques sans impact sur le réel donc si on fait ça là je peux vous dire que la Pologne et tous ces pays qui craignent la baisse des subventions européennes des soutiens européens je peux vous dire qu'ils seront des acteurs de la transition mettons de l'huile dans les rouages de l'économie européenne si en plus ça nous permet de protéger l'environnement de créer des emplois d'investir sur l'hôpital comme sur l'éducation d'investir dans la culture de nos jeunes et bien je peux vous dire que l'Europe redeviendra ce projet enthousiasmant qui n'aurait jamais dû cesser d'être deux minutes avant la fin de l'émission Karine Becker

51:20
Intervenant

vous avez parlé des retraites tout à l'heure et vous avez parlé de récits alors quel est votre récit sur les retraites on vous entend peu en fait les verts les écolos sur cette question là est-ce que vous êtes d'accord avec un système universel par point par exemple

51:33
Yannick Jadot

les écologistes ont toujours été favorables à un système universel c'est à dire qu'on fasse converger on appelle ça d'ailleurs une sorte de maison des retraites où petit à petit tous les systèmes convergeraient c'est un enjeu de réconciliation de notre société mais il faut le faire sur le mieux disant et il faut le faire vous savez la retraite c'est quoi presque éthymologiquement c'est la sortie du travail vous ne pouvez pas penser un système des retraites déconnecté des conditions de travail si le gouvernement et c'est ce que je continue à souhaiter avait commencé à dire le sujet c'est pas le point l'équilibre en 2025 2037 2048 on sait plus où on en est si on avait commencé en disant comment on traite de la question de la pénibilité il y a l'usure des corps il y a les pathologies psychiques qui se développent il y a le taux d'emploi de 60 à 64 ans c'est 34% ça veut dire qu'il y a très peu de gens aujourd'hui enfin une personne sur deux qui fait valoir ses droits à la retraite ne travaille déjà plus vous avez un taux de chemin

52:37
Intervenant

concrètement ça veut dire on enlève les régimes spéciaux on rétablit là concrètement

52:40
Yannick Jadot

sur la pénibilité on rétablit ce qui avait été adopté pour le coup sur le quinquennat Hollande qui est le compte prévention de pénibilité compte personnel prévention de pénibilité on remet l'exposition aux produits chimiques on remet les vibrations mécaniques on remet les postures et le port de charge on commence par ça et on s'intéresse au travail des seniors dans les entreprises vous savez à quel point Laurent Berger

53:02
Intervenant

Laurent Berger secrétaire général de la CFDT se bat pour ça est-ce que si au bout du compte le projet tient compte de la pénibilité et institue un régime universel de retraite est-ce que vous dites Banco ?

53:15
Yannick Jadot

mais si le gouvernement met sur la table les sujets qui concernent les Français mais non parce que Laurent Berger dit lui-même encore ce matin dans le journal qu'il ne voterait pas la loi aujourd'hui pour le moment

53:23
Présentateur

alors vous reviendrez pour qu'on reprenne cette conversation avec du temps avec un immense plaisir et avec le calme rendez-vous la semaine prochaine je ne crois pas mais en tout cas nous serons ravis de vous recevoir merci infiniment mais on sort quand même que vous êtes plus modérés

53:37
Intervenant

que le reste de la gauche sur cette réforme au fond et vous aurez le dernier bonsoir nous devons vraiment rendre l'antenne

53:42
Présentateur

merci en tout cas Yannick Jadot il y a plus de justice sociale merci d'avoir été notre invitée merci à Alexandre Gillardy à toute l'équipe technique de questions politiques je vous donne rendez-vous dimanche prochain merci d'avoir regardé cette vidéo