L'invitée de Bourdin Direct : Aurore Bergé - 17/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. Votre invitée Aurore Berger, bonjour. Bonjour. Vous êtes députée de La République En Marche des Yvelines, porte-parole du groupe La République En Marche à l'Assemblée Nationale. Aurore Berger, avant de revenir sur les revendications des soignants, du personnel soignant, quelques mots sur le Covid-19 en Chine. On commence à s'inquiéter à nouveau à Pékin. Pas dans toute la Chine, mais à Pékin. J'ai eu beaucoup de messages d'auditeurs qui s'inquiètent en France, qui nous disent, ce matin sur RMC, qui nous disent, mais attention, est-ce qu'on va revivre un reconfinement ? Est-ce qu'un reconfinement est possible en France ?
Alors, je ne peux pas vous répondre en vérité. Vous savez, beaucoup de ceux qui sont souvent exprimés ont été ensuite déboutis sur beaucoup de sujets sur le Covid. Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, on a une très faible circulation du virus. Et c'est parce qu'on a une très faible circulation du virus qu'on peut passer l'île de France en zone verte et qu'on peut reprendre une vie qui est de plus en plus normale, habituelle, à question de la réouverture notamment des écoles, des lieux culturels. Par contre, on le dit, faible circulation ne veut pas dire que ça ne circule plus du tout. Et donc, le maintien des fameux gestes barrières qu'on s'est tous appropriés est absolument nécessaire.
Il faut qu'on garde absolument cette vigilance.
On ne pourrait pas revivre un reconfinement. Je ne vois pas comment notre société pourrait revivre un reconfinement.
Ce qui est certain, c'est que notre société, elle a tenu grâce au confinement.
Oui.
Ça, c'est ce que vous disent aussi les médecins. C'est-à-dire qu'à un moment, les moments de tension qui auraient pu exister sur le nombre de lits de réanimation notamment, eh bien, grâce au confinement, on a pu réduire le pic épidémique et on n'a pas eu des situations de tension comme on l'a pu le connaître malheureusement dans d'autres pays. Donc, en vérité, je dois être honnête ce matin, je ne peux pas vous répondre à cette question. Et personne ne peut le faire parce que personne ne peut prédire une deuxième vague épidémique. Souvent, ceux qui prédisent une deuxième n'avaient pas vu la première. Donc, je pense qu'il faut juste...
Sauf qu'aujourd'hui, on est mieux armés qu'avant pour faire face à une nouvelle vague épidémique.
On est mieux armés en termes de logistique et on a vu à quel point aussi nos soignants, et je pense qu'on va, j'imagine qu'on va en reparler, ont été particulièrement en capacité d'être réactifs, d'être agiles pendant la crise.
Alors, encore un mot tout de même. On attend les précisions du ministère de l'Éducation nationale. Il faut absolument que les enfants retournent à l'école. Vous êtes sur ce terrain-là, vous Aurore Berger. Je suis sur ce terrain-là et j'invite les parents... Est-ce qu'il faut encore assouplir les règles sanitaires ?
Alors, elles vont l'être. Le nouveau protocole sanitaire va apparaître ce matin de manière à assouplir les règles.
Parce que dans les petites communes... Les écoles rurales notamment.
Je suis élue d'un territoire rural, donc je vois bien les difficultés que ça peut engendrer, avoir 4 mètres carrés par enfant. Vous ne pouvez pas accueillir tout le monde. Donc là, évidemment, les règles vont être assouplies. Il y aura des distances encore à respecter, des gestes barrières à respecter. Mais je le dis surtout aux parents qui peuvent nous écouter ce matin. Nous avons besoin que les enfants reviennent à l'école. C'est un enjeu pédagogique. C'est un enjeu de sociabilisation qui est majeur.
On ne peut pas avoir des enfants qui, pour certains d'entre eux, n'auront plus eu aucun contact pour plein de raisons économiques, culturelles, d'équipements avec le monde éducatif pendant plusieurs mois. Là, on a l'opportunité qu'ils reviennent. On va avoir aussi la mise en place de dispositifs spécifiques pendant les vacances pour permettre à ceux qui ont peut-être été plus fragilisés pendant la crise de pouvoir continuer à avoir accès à l'éducation pendant les mois de juillet et d'août. Les communes sont très engagées sur le sujet. Le ministre Jean-Michel Blanquer. Il faut vraiment que les parents comprennent que c'est l'intérêt des enfants.
Je peux très bien comprendre les inquiétudes au départ qui ont fait que les parents n'ont pas osé remettre leurs enfants immédiatement à l'école. Mais là, c'est un impératif. Les enfants doivent revenir.
Aurel Berger, les soignants, manifestation, rassemblement de soignants en province et à Paris. Nous avons vu des images bien différentes, des images de fraternisation entre des soignants, des policiers, de très belles images en province notamment. Et puis, nous avons vu aussi à Paris notamment ces images d'affrontements avec la police. Que retenez-vous de cette journée ?
Déjà, ceux qui ont cassé, et notamment dans les images violentes qu'on a pu voir à Paris, ce ne sont pas les soignants. Il peut toujours y avoir une ou deux personnes isolées. Il peut toujours y avoir un ou deux débordements.
Que pensez-vous de cette infirmière qui a jeté des pierres sur la police et qui a été interpellée d'une manière assez violente et qui s'est retrouvée, qui est toujours en garde à vue d'ailleurs ?
J'en pense que je vois une femme qui est en train de lancer des projectiles sur la police, que le policier a été blessé, qu'il a d'ailleurs porté plainte puisqu'il a été vraisemblablement violemment percuté. Je crois que ce n'est pas anodin de jeter des projectiles contre nos forces de l'ordre. Quand je vois le débat qu'on a depuis des semaines où on mélange tous les sujets, où on mélange la question de la lutte contre le racisme sur laquelle on doit être implacable avec la question des méthodes de maintien de l'ordre dans notre pays, ce qui n'a rien à voir, donner le sentiment que notre police serait une police raciste, serait une police violente.
On ne peut pas accepter de laisser dire ce genre de choses. C'est faux. Nous avons des forces de l'ordre dans notre pays qui se lèvent chaque matin avec un seul objectif qui est de nous protéger. Il y a quelques jours dans les Yves-Liennes, vous savez, on a rendu hommage à deux policiers. C'est la fameuse tuerie de Magnanville. Magnanville, c'est quoi ? C'est un jeune couple de policiers qui vient être brutalisé, massacré à leur domicile devant les yeux de leur enfant de trois ans et demi. C'est ça aussi la peur que vivent nos forces de l'ordre dans notre pays. C'est ce qu'ils me disent par exemple quand on visite un commissariat.
On dit, vous savez, nous, nos voitures, on ne les gare pas juste à proximité du commissariat parce qu'on n'a pas envie qu'elles soient repérées et parce qu'on n'a pas envie qu'on vienne nous chercher dans nos domiciles. Donc, quand il y a et s'il y a à un moment des gestes malheureux, s'il y a parfois de la violence, elle doit être sanctionnée. Mais je ne supporte plus qu'il y ait une forme de, je ne sais pas, d'espèce de bien-pensance qui ne se sent pas où tout d'un coup, ça fait bien de dire que notre police... On déteste la police. On l'entend dans les manifestations. On l'entend maintenant. On le lit sur des murs.
On était des millions à marcher après les attentats à dire justement notre reconnaissance et notre admiration de nos forces de l'ordre. On chantait avec Renaud « J'ai embrassé un flic » et ce n'était pas dit que Renaud chante ça à un moment. Il l'avait reconnu d'ailleurs dans sa vie. Donc, à un moment, qu'est-ce qui s'est passé pour qu'on considère qu'il est de bon ton aujourd'hui de dire qu'on déteste la police ? Moi, je suis fière de notre police républicaine. Je suis fière de nos gendarmes et je pense qu'on devrait tous le dire parce qu'encore une fois, on n'est pas nombreux, à mon avis, à accepter de faire ce qu'ils font.
Si on veut continuer à recruter aussi des policiers et des gendarmes dans notre pays, il faut à la fois évidemment de l'exemplarité dans la police mais il faut aussi que nous, citoyens et que nous qui avons accès à la parole, eh bien, on les soutienne. Et je crois que ça, c'est notre responsabilité.
Est-ce que le gouvernement doit donner plus de moyens aux forces de l'ordre pour réprimer la violence ?
Je crois qu'il y a déjà eu des moyens qui ont été augmentés. Il y a eu à la fois un des recrutements. On va atteindre à la fin du quinquennat le niveau de recrutement et de nombre de policiers qu'on avait au début du quinquennat Nicolas Sarkozy. Donc c'est dire la décroissance très importante qui a existé du nombre de forces de l'ordre. On aura recruté dans le mandat 10 000 policiers et gendarmes à la fois pour renforcer les équipes et puis pour avoir cette fameuse police de sécurité du quotidien qui permet de lutter systématiquement dans nos communes, dans nos villages contre les incivilités et l'insécurité.
Donc déjà, la première chose de donner des moyens, c'est les moyens de recruter et ça, c'est le cas. Des questions aussi immobilières. Il faut voir dans quel état étaient et sont parfois encore un certain nombre de nos commissariats, nos gendarmes qui sont logés dans les casernes où on voit la difficulté parfois immobilière qui existe. Donc là aussi, il y a eu des programmes immobiliers massifs et majeurs pour renforcer les conditions de vie et d'accueil de nos policiers et de nos gendarmes. Mais oui,
mais il y a aussi une incompréhension, une incompréhension de la part des policiers et gendarmes eux-mêmes, Aurore Berger. Lundi dernier, mardi matin, même ici même, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, annonce la fin de l'utilisation de la technique d'interpellation clé d'étranglement. Et puis, pression des syndicats de policiers. Il revient sur sa décision. Bon, il nous dit que c'est encore permis tant qu'il n'y aura pas une autre technique. Vous voyez, ces attermoiements, ces hésitations, ces changements de décision, ça ne facilite pas les choses. Et ça met les policiers en colère, Aurore Berger.
La colère, je crois que la colère est aussi due à un discours ambiant que je dénonçais il y a quelques minutes qui est qu'à un moment, il y a cette facilité à dire en permanence que l'on désigne à la vindicte populaire des policiers et qu'on fait des amalgames qui n'ont pas lieu d'être. Encore une fois, tout ce discours a quand même commencé
en mélangeant les sujets. Est-ce qu'on n'est pas en train de réagir en fonction de ces discours, justement, influencés par ces discours ? Mais il y a plusieurs choses. Vous-même, le gouvernement, je ne pense pas les tenir. Personnellement, mais le gouvernement. Je ne crois pas
que le gouvernement, les tiennent, Laurent Nunez étaient encore hier à Dijon. Pour dire quoi à Dijon ? Mais pourquoi il est allé à Dijon ? Déjà pour soutenir les forces de l'ordre. Parce qu'il y a eu là aussi un discours qui est faux, qui était de dire que les forces de l'ordre n'étaient pas présentes. Dès le vendredi 12 juin, les forces de l'ordre, elles étaient là. Mais un petit nombre. Elles ont appréhendé, elles ont interpellé.
Mais elles ont interpellé qui ? Elles ont appréhendé qui ?
Elles ont interpellé, appréhendé un certain nombre de personnes.
Par un seul Tchétchène n'a été appréhendé au renverger. Oui, mais vous savez très bien
que beaucoup de vidéos circulent.
Combien de maghrébins des quartiers, maghrébins ou pas d'ailleurs, ont été interpellés ? Vous savez,
Jean-Jacques Bourdin, sur ce sujet, vous savez déjà un, que la justice a été saisie. Et donc, il y a des enquêtes judiciaires qui sont ouvertes. Il y a, puisqu'il y a eu énormément de vidéos malheureusement qui ont circulé. Alors les vidéos, elles sont impressionnantes, elles sont spectaculaires, elles sont surtout intolérables. La voiture notamment qu'on a vue, etc. Mais il y a aussi du coup un certain nombre de personnes qui sont identifiables. Et donc, c'est là-dessus que la justice travaille avec la police de manière à pouvoir les identifier.
D'autre part, le président de la République a pris un engagement très fort qui était de dire que si des personnes étaient appréhendées et étaient en train d'essayer de demander un statut de réfugié politique, eh bien, ils ne l'obtiendraient pas parce qu'à un moment, statut de réfugié politique, c'est un statut qui est essentiel pour des personnes qui sont elles-mêmes en danger. Et on ne veut pas que ce statut soit dévoyé par des gens qui ne le méritent pas. C'est des gens qui font une expédition punitive et qui demanderaient en même temps le statut de réfugié politique. Sans jamais affronter
la police, les Tchétchènes, jamais. Ils n'ont jamais affronté la police. Expédition punitive. On est d'accord, Berger, mais pourquoi est-ce que pas de policiers ? Il y avait très peu de policiers. Ils ne sont pas intervenus vendredi soir. Ils ne sont pas intervenus
vendredi. Il y a eu des policiers, évidemment, dès vendredi et il y a eu ensuite des renforts spécifiques.
Ils ont laissé les Tchétchènes agir samedi soir, les policiers, parce qu'ils n'avaient pas les moyens d'empêcher les Tchétchènes.
Les policiers ont agi autant qu'ils l'ont pu face, vous l'avez vu, à des images qui sont spectaculaires et d'une rare violence. On a maintenant 150 forces mobiles qui ont été mobilisées et le ministre Laurent Munez l'a redit hier de manière très claire. Ce dispositif restera le temps qu'il faudra de manière à ce que le calme revienne à Dijon et ce type de dispositif sera déployé partout où ce sera nécessaire sur le territoire.
Est-il possible de désarmer en partie la police comme le demande Jean-Luc Mélenchon ?
Mais est-ce qu'il a envie justement qu'on continue à avoir des événements comme ceux qui se sont passés à Dijon ? Vous m'interrogez tout à l'heure sur les images de la manifestation. Oui. Où en effet il y a eu aussi ces moments de fraternité entre ceux qui incarnent le service public dans notre pays c'est-à-dire à la fois les hospitaliers qui manifestaient et les forces de l'ordre qui étaient là pour encadrer. J'ai vu aussi par exemple des ambulanciers remercier les forces de l'ordre publiquement en disant vous nous avez protégés vous nous avez protégés de ceux qui ont voulu s'infiltrer de ceux qui ont voulu aussi nous-mêmes essayer d'attenter à nos vies et de nous blesser.
C'est ça aussi qui s'est passé hier. Alors on peut toujours isoler une ou deux vidéo on ne sait pas d'ailleurs toujours ce qui se passe juste avant juste après on peut malheureusement commenter les violences qui ont existé parce qu'il y a eu des violences hier notamment aux Invalides mais il y a eu aussi ces moments de fraternité qui rappellent aussi le rôle essentiel de notre police républicaine qui était de permettre ces mobilisations ces manifestations et de les protéger.
Orberger les soignants demandent ont manifesté et dans les rassemblements à Paris ou en province beaucoup d'infirmières d'infirmiers d'aides-soignantes moins de médecins mais beaucoup ce personnel qui s'est battu contre le Covid-19 ce personnel qui attend maintenant des conclusions du Ségur et qui attend ce point d'étape demain est-ce que ces personnels notamment infirmières aides-soignantes personnels de l'hôpital seront augmentés de 300 euros par mois ?
Alors je ne peux pas vous dire le montant parce que ça c'est le ministre de la Santé qui l'annoncera ce que je peux vous dire c'est qu'ils seront augmentés il y aura une revalorisation des salaires et pour ceux qui travaillent à l'hôpital et pour ceux qui travaillent en EHPAD
Est-ce que vous avez conscience que s'ils ne sont pas augmentés de 300 euros la situation va s'aggraver ?
Écoutez encore une fois
je ne suis pas ministre de la Santé Non mais je vous pose vous vous êtes députée Aurore Berger
Il va falloir qu'on soit à la hauteur de l'engagement exceptionnel de nos soignants et donc être à la hauteur de l'engagement de nos soignants c'est revaloriser leur salaire
Oui revaloriser
Là tout le monde est d'accord et je crois que les français seront d'accord aussi sur le sujet mais vous savez on a beaucoup augmenté le budget de l'hôpital depuis 2017 mais je pense que ça c'est important de le rappeler
Même si on a baissé le budget de la santé
Non attendez il y a quelque chose de technique dans notre pays depuis 96 qui dit qu'on fixe en fait une règle de dépense c'est à dire que chaque année on dit on ne peut pas dépenser plus que cette somme là pour à la fois toute la partie hospitalisation et puis tous les soins que vous faites en ville Nous on l'a augmenté de 2 milliards d'euros par an 2 milliards d'euros par an ça c'est l'engagement supplémentaire On a dit aussi une chose très importante sur la dette de nos hôpitaux Les hôpitaux dans notre pays étaient pour certains très endettés Quand vous êtes endettés ça vous empêche d'investir tout simplement On va supprimer un tiers de la dette de nos hôpitaux c'est à dire 13 milliards d'euros qui vont être rendus à nos hôpitaux pour leur permettre d'investir et je pourrais continuer sur les investissements qui ont été faits Donc il y a à la fois l'urgence et la nécessité à la fois des investissements il y a l'urgence de la revalorisation des salaires et puis il y a quelque chose aussi que nous ont dit les soignants qui étaient très significatifs pendant la crise c'est finalement pendant la crise on a été plus agiles on a eu moins de carcans administratifs bureaucratiques et certaines choses qui ne pouvaient pas exister on a réussi à les conduire donc on a aussi ça ce sur quoi on doit s'interroger sur l'organisation bureaucratique aussi qui existe et qui parfois sclérose nos hôpitaux publics et les empêche de travailler et ça a été l'inverse pendant la crise ils sont sentis plus libres et ils ont mieux pu travailler enfin vous avez conscience
que les 300 euros c'est un point clé
j'en ai tout à fait conscience pour le personnel soignant le ministre en a tout à fait conscience il a travaillé toute sa vie à l'hôpital je sais et encore quand il était député il tenait à faire ses gardes à l'hôpital donc il connait par coeur le personnel hospitalier il est l'un des leurs et je crois que c'est aussi important dans la perception qu'il en a
je voulais vous poser une question sur le débat autour d'une forme de révisionnisme pourquoi dites-vous halte au révisionnisme on voit des statues qui pourraient être déboulonnées est-ce que d'abord déboulonner une statue ça fait avancer le débat sur le passé colonial de la France
mais je crois que le passé il faut l'affronter est-ce que vous vous arrêtez où ?
on va déboulonner des statues on va dénommer des rues prenons un exemple qui n'est pas dans notre pays prenons l'exemple là on a commémoré les 75 ans de la libération des camps d'Auschwitz-Birkenau est-ce qu'il faudrait détruire ces camps qui sont aussi des lieux essentiels pour affronter le passé pour affronter la mémoire avoir des statues c'est pas uniquement pour honorer c'est aussi pour dire ça a existé et on va être en capacité nous de permettre l'éducation de nos enfants parce qu'on va leur transmettre cette mémoire on va pouvoir affronter ensemble ce passé et si on croit que c'est parce qu'on va déboulonner une statue qu'on effacera un passé qu'on estimerait aujourd'hui peu glorieux parce que c'est plus simple aussi de juger aujourd'hui ce passé à la lumière de ce que l'on connaît je crois qu'on se trompe profondément et ce révisionnisme moi il m'inquiète parce que je ne sais pas jusqu'où il pourrait aller quand on voit qu'en Martinique il y a quelques semaines on a fracassé des statues de Victor Scholcher Scholcher c'est celui qui a permis qui a signé le décret d'abolition de l'esclavage et on détruit ces statues en disant oui mais il n'a pas été le seul à permettre cela oui il n'a pas été le seul mais est-ce que ça veut dire qu'il faudrait oublier son rôle à lui fondamental et je crois que tout ça c'est extrêmement pernicieux comme débat et surtout ça n'a pas de fin parce qu'on aura tous autant que nous sommes des voix différentes des avis différents sur ce qui mérite d'être retenu ou non de notre passé et moi je pense que notre passé c'est un bloc qu'il faut l'assumer qu'il faut l'affronter qu'il faut s'y confronter si besoin parce que sinon on ne saura pas d'où on vient et on ne sera pas en capacité d'aller mieux dans ce pays
Aurore Berger vous venez d'un mouvement politique héritier du général de Gaulle du gaullisme Marine Le Pen sera sur l'île de Saint pour commémorer l'appel du 18 juin du général de Gaulle elle se dit gaullienne et non gaulliste comment réagissez-vous ?
je crois qu'il faudrait revenir aux fondamentaux de ce qu'est l'extrême droite et de ce qu'est l'héritage du Front National au Rassemblement National qui n'ont jamais été des gaullistes qui ont même combattu de manière très claire le général de Gaulle donc je veux bien qu'elle essaye de s'approprier les différentes mémoires de notre pays moi je suis ravie qu'on veuille s'approprier le général de Gaulle il n'appartient pas à un parti politique le général de Gaulle il appartient à tous les Français n'a-t-elle pas le droit
aussi de changer d'avis d'opinion et de faire référence à Charles de Gaulle
qu'elle dénonce dans ces cas-là celles et ceux qui ont fondé le parti auquel elle appartient et dont elle a hérité jusqu'au patronyme qu'elle dénonce son père et qu'elle dénonce la manière avec laquelle il a été d'une virulence inouïe à l'encontre justement du gaullisme et à l'encontre du général de Gaulle on ne peut pas en permanence essayer de s'approprier des mémoires sans être au clair avec qui on est et d'où on vient et l'extrême droite ne s'est jamais fondée dans le respect du gaullisme bien au contraire donc je crois qu'une clarification à minima dans ces cas-là s'imposerait plutôt qu'une tentative de récupération c'est pas plus glorieux que la récupération qu'elle a tenté de faire hier à Dijon en allant souffler sur les braises vous avez d'un côté vous le disiez Jean-Luc Mélenchon qui dit désarmons la police formidable comme ça nos forces de l'ordre n'auront plus les moyens d'agir de nous protéger et d'être protégés eux-mêmes et vous avez de l'autre côté Marine Le Pen qui elle n'a qu'une envie et qu'une hâte c'est d'aller souffler sur les braises parce qu'elle attend et elle espère le chaos dans le pays c'est ça c'est cet étau-là dans lequel certains aimeraient nous prendre et je crois qu'on doit avoir au milieu et être nombreux à affirmer une voix républicaine et une voix de raison face en ce moment à une forme de déraison qui peut s'emparer du pays
Alors j'ai deux dernières questions les retraites est-ce que ce sujet va revenir sur le tapis avant la fin de l'année ?
Avant la fin de l'année avant la fin de l'année pour des raisons d'agenda parlementaire je ne peux pas vous répondre ce que je sais c'est que cette réforme on l'a portée pendant ces trois dernières années et je ne pense pas que la crise vienne remettre en question les fondamentaux de cette réforme est-ce que oui ou non on veut avoir enfin de la lisibilité et de la justice je ne peux pas vous dire si elle le sera mais moi je pense que ce serait utile qu'elle le soit
Bien et puis dernière question concernant Édouard Philippe je sais que vous êtes proche d'Édouard Philippe est-il plus risqué pour Emmanuel Macron de continuer avec Édouard Philippe ou de nommer un nouveau Premier Ministre ? Qu'en pensez-vous ?
Oui il serait risqué de continuer avec un Premier Ministre qui a démontré une totale loyauté et solidité le choix du Premier Ministre il n'appartient pas à Aurore Berger il appartient à une seule personne dans notre pays qui est le Président de la République le Président de la République vous souhaitez qu'Emmanuel Macron garde
est-ce que vous souhaitez qu'Emmanuel Macron garde Édouard Philippe ?
Ce que je sais c'est que nous avons un Premier Ministre qui est apprécié des Français qui est solide qui est loyal qui est apprécié par sa majorité parlementaire mais quel que soit le choix du Président il lui appartient et à lui seul et le Premier Ministre lui-même l'a rappelé hier
Mais est-ce que vous souhaitez qu'il reste Premier Ministre tout simplement ?
Je crois qu'il est clair dans mes propos que vous voyez bien à la fois l'admiration que j'ai pour le Premier Ministre que nous avons aujourd'hui dans notre pays et je crois que dans des périodes qui sont des périodes de crise qui sont des périodes de tension il a démontré sa totale solidité vis-à-vis des Français
humilité
mais aussi loyauté mais ça c'est vous qui en est gestion Non je vous pose la question Vous souhaitez qu'il reste ? On va voir un petit bandeau en disant la porte-parole dit que donc moi c'est pas mon sujet La porte-parole dit et qu'elle souhaite que le Premier Ministre reste à son poste La porte-parole vous dit que le Premier Ministre est loyal, solide et qu'il l'a totalement démontré dans les différentes crises qu'on a vécues et que le choix appartient au Président de la République et à lui seul
c'est qu'il ne sera pas candidat à la présidence de la République si j'ai bien compris
Je crois que c'est très clair en effet Il a démontré sa loyauté encore une fois
Bien, merci beaucoup d'être venu nous voir ce matin Il est 8h54 Vous êtes sur RMC et BFM TV
Aurore Bergé