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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 26 septembre 2024 65 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéJusticeInstitutions & élections

Meurtre de Philippine: le drame et la polémique #cdanslair 25.09.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer l'émotion nationale autour de ce meurtre ?

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    Le suspect avait déjà été condamné pour viol. Pourquoi a-t-il été libéré ?

  • 6:00FerméeRéponse directe

    Les OQTF sont-elles efficaces ? 7% seulement sont exécutées en 2023.

  • 8:00OuverteRéponse directe

    B.Retailleau promet de changer les règles. Quelles mesures concrètes ?

  • 10:00RelanceRéponse partielle

    Le RN accuse l'État de laxisme. Partagez-vous cette analyse ?

  • 12:00RelanceRéponse partielle

    Le ministre de la Justice défend l'exécution des peines. Qu'en pensez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00A.GoutardFait
    « Cette jeune fille, jeune étudiante brillante à l'université Dauphine... Elle déjeune. Elle doit ensuite se rendre chez ses parents. »
  • 3:30C.RouxFait
    « Le Figaro a pu consulter l'ordonnance du juge qui a décidé de le remettre en liberté, qui a autorisé sa sortie du centre de rétention. »
  • 4:30A.GoutardFait
    « Cette juge dit: "L'homme n'a aucun revenu, a un risque de réitération des faits délictueux, mais l'administration française ne peut établir qu'un permis consulaire arrivera d'ici 15 jours." »
  • 5:30J.FourquetChiffre
    « En 2023, c'est 7 % des OQTF prononcées qui sont exécutées. »
  • 7:00B.RetailleauFait
    « On a créé en France depuis trop longtemps un droit à l'inexécution des peines. »
  • 8:30A.GoutardFait
    « Il faudrait changer les lois, mais est-ce souhaitable ? »
  • 11:00B.RetailleauFait
    « Nous sommes un des pays européens qui donne le plus d'avantages. »
  • 12:30J.BardellaFait
    « Dès lors que B.Retailleau décide d'appliquer le programme du RN, je ne peux que m'en réjouir. »
  • 13:30D.MigaudFait
    « La justice est indépendante dans notre pays. C'est essentiel dans une démocratie. »
  • 15:00J.-L.MélenchonFait
    « Pas une seule de ces accusations n'a le moindre fondement concret. »
  • 16:30B.GollnischFait
    « Ce n'était interdit par aucun texte. C'était pratiqué par les 8 dixièmes ou les 9 dixièmes des députés du Parlement. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

- S.Cluzel: Merci à vous de vous impliquer sur ce sujet. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". Un drame a saisi tout le pays, le meurtre de Philippine, 19 ans, qui a déclenché l'émotion et la colère d'une partie de la classe politique. Le profil du suspect interpellé hier en Suisse relance le débat.

Sous le coup d'une OQTF, ce Marocain de 22 ans, déjà condamné et emprisonné pour viol, avait bénéficié d'une sortie d'un centre de rétention, décidée par un juge. Le nouveau ministre de l'Intérieur s'indigne et promet de changer les règles pour protéger les Français. B.Retailleau, dès sa 1re prise de parole, a mis en cause l'application des décisions de justice.

Première tension avec la chancellerie, premier couac dans une équipe qui, depuis quelques heures, doit éteindre un autre incendie déclenché par un coup de fil d'excuse passé par M.Barnier à M.Le Pen.

Cet appel ne passe pas. Avec nous pour en parler, A.Goutard, grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits de société.

N.Schuck, vous êtes grand reporter au "Point". Voilà votre dernier article à lire en ligne.

I.Trippenbach est avec nous, grand reporter au "Monde". Voici la une de votre journal.

On en parle également avec J.Fourquet, directeur du département opinion de l'institut de sondage Ifop. Je rappelle votre livre, "La France d'après".

Merci de participer à ce "C dans l'air" en direct. Je me tourne vers A.Goutard pour revenir sur cette affaire, ce meurtre.

Je parlais de l'émoi de tout un pays. Il y a les conditions dans lesquelles se sont déroulés les faits et le profil de l'accusé. - A.Goutard: C'est le pire cauchemar de ce qui peut arriver à des parents.

C'est pour ça que ça a choqué la France. Cette jeune fille, jeune étudiante brillante à l'université Dauphine...

Elle déjeune. Elle doit ensuite se rendre chez ses parents. Pas de nouvelles samedi.

Les parents alertent la police. Ils organisent une battue autour du bois de Boulogne. C'est la dernière zone où on l'avait vue.

Son téléphone est borné par ses proches dans le bois de Boulogne. C'est par le bornage de ce téléphone qu'on repère le corps à demi enseveli de cette jeune fille. Une autopsie est immédiatement diligentée.

Elle a été tuée, violée. 3 jours de traque débutent. C'est le travail de la brigade criminelle.

Cette brigade criminelle, grâce au téléphone portable de l'homme, à la téléphonie, aux caméras, qui sont aujourd'hui un peu partout en France, parvient à retrouver sa trace. Qui est cet homme? C'est un ressortissant marocain en situation irrégulière, déjà condamné pour le viol d'une jeune femme dans les mêmes conditions.

Il a été condamné à 7 ans de prison. Il en avait purgé 4. Il a été remis en liberté. - C.Roux: "Le Figaro" a pu consulter l'ordonnance du juge qui a décidé de le remettre en liberté, qui a autorisé sa sortie du centre de rétention.

Il reconnaissait un "risque de réitération des faits délictueux". C'est là qu'on retombe sur une polémique, un débat qu'on a déjà eu ici et qui est assez régulier dans la classe politique. Une personne qui n'aurait pas dû se trouver sur le territoire français, car il y avait un laissez-passer consulaire du Maroc.

Ca s'est joué à quelques jours. - A.Goutard: Certains diront que c'est la faute à pas de chance, mais ce n'est pas une explication supportable pour les Français.

La justice a fait son travail, la police aussi. Néanmoins, on se retrouve dans cette aberration judiciaire, où une juge libère cet homme. "Le Figaro" remarque bien...

Cette juge dit: "L'homme n'a aucun revenu, a un risque de réitération des faits délictueux, mais l'administration française ne peut établir qu'un permis consulaire arrivera d'ici 15 jours. Dans ces conditions, cet homme doit être libéré." C'est la clé de toute cette histoire. - C.Roux: Tout le monde a fait son travail? - J.Fourquet: C'est une question d'appréciation.

Cette personne a été libérée quelques jours avant la fin de la durée limite. Quand vous êtes placé en centre de rétention administrative, il y a une durée limite de 90 jours, je crois. Le juge a estimé qu'il avait purgé suffisamment... - A.Goutard: Pardon.

Il y avait 4 recours de la préfecture pour prolonger ce délai de rétention. Je voudrais signaler que le parquet n'a pas fait appel à la décision du juge. - J.Fourquet: Là-dessus, le grand public, de manière assez pragmatique, se dit qu'il a été condamné 7 ans et qu'il a purgé 4 ans.

On explique après qu'il y a des systèmes de remise de peine. Pour beaucoup de Français, ce n'est pas entendable. Il y a la problématique des OQTF non exécutées.

En 2023, c'est 7 % des OQTF prononcées qui sont exécutées. C'est quasiment rien. Si on veut faire de la provocation, on peut se demander qu'à l'heure où on cherche de l'argent sur les dépenses publiques, est-ce que ça a encore du sens de mettre de l'argent sur les OQTF si 90 % ne sont pas exécutées?

C'est la problématique des remises de peine et de la réitération. Il y avait déjà eu un viol sur une jeune fille. Malheureusement, la personne a recommis ce type de crime.

Ces personnes sont des jeunes hommes qui arrivent sur le continent européen, parfois en ayant accompli des périples très destructeurs psychologiquement. Ils ont été battus, violés, etc. Il y a un vrai sujet de maîtrise de ces sujets.

En octobre 2023, autre affaire, la petite Lola, qui avait été tuée par une jeune personne elle aussi sous OQTF. L'attaque de la synagogue de Rouen à l'automne dernier, c'est aussi quelqu'un sous OQTF. Sur 2024, on a encore plusieurs cas de jeunes filles qui ont été violées.

Ces cas sont certes isolés, mais la réitération, la multiplication de ces cas... - C.Roux: Toujours les mêmes problématiques.

On a entendu le RN, dès hier soir, quand on a connu le profil de ce jeune Marocain, revenir sur l'idée que ces personnes n'avaient pas vocation à rester sur le territoire. On a un nouveau ministre de l'Intérieur, qui est confronté à son 1er dossier. B.Retailleau, dès hier soir, a expliqué "s'il faut changer les règles, changeons-les". - N.Schuck: Ca vient rencontrer la stratégie de B.Retailleau, qui, même avant cette affaire, avait accepté ce poste un peu casse-gueule...

Les Républicains vont dans ce gouvernement sans savoir si ça va durer 2 ou 6 mois. Il a décidé d'accepter en disant "on y va pied au plancher". Chaque heure compte.

Avec l'idée de prendre l'opinion à témoin sur ce type d'affaires, en considérant que la justice ne fait pas son travail, de son point de vue, du moins. "Tant pis, je vais avoir des déclarations martiales, mais je vais chercher l'opinion. Je vais les prendre à témoin.

Tant pis si D.Migaud n'est pas d'accord avec moi." Son objectif est de pousser les curseurs à fond la caisse pour montrer ce qu'est capable de faire la droite au pouvoir. "Si on était au pouvoir complètement, voici tout ce qu'on pourrait faire." - C.Roux: En assumant une ligne dure que pourrait revendiquer le RN. - N.Schuck: B.Retailleau, en l'état, est un peu une forme d'assurance-vie pour le gouvernement de M.Barnier.

M.Le Pen peut se dire qu'elle va le laisser faire, car il valide ses thèses, il met en pratique ce qu'elle préconise sur ces thématiques. Ca peut se retourner assez vite.

Au moment où on verra que des électeurs du RN reviennent dans le giron des partis républicains traditionnels, ça peut se compliquer. M.Le Pen peut décider d'appuyer sur le bouton. - C.Roux: Peut-être que l'opinion demandera des résultats.

C'est le risque de cette déclaration martiale. La question des OQTF est extrêmement compliquée. Il faut des laissez-passer consulaires.

Le Maroc, puisqu'il s'agit du Maroc, a délivré dans les délais utiles à l'éloignement 54 % des laissez-passer consulaires qui ont été demandés en France. Sur ces sujets, ça prend du temps. L'opinion, la colère, on l'a sentie ces dernières heures, sur ce genre de dossier.

Il va falloir obtenir des résultats rapidement. - I.Trippenbach: B.Retailleau prend un risque.

On a vu la transformation. Il a un peu une image de sénateur courtois, policé, à droite, très dur sur le fond. C'est celui qui avait durci la loi immigration il y a quelques mois.

Néanmoins, il est assez policé. Quand il est arrivé à Beauvau, il a eu l'air de se transformer. Il assume parler à ces électeurs du RN.

Il appelle ça la majorité nationale, en parlant de ceux qui ont voté RN au 1er tour des législatives. Il assume d'envoyer des signaux très droitiers, y compris dans le langage. Ca rappelle ce que Bardella dit, que l'UE est une hôtesse d'accueil des migrants.

C'est un signal envoyé aux électeurs du RN, avec le risque de ne pas obtenir de résultats. L'histoire des OQTF, comme on l'a vu sous E.Macron en 2019, quand il avait promis 100 % d'exécution des OQTF...

Le RN a eu beau jeu de le rappeler pendant la présidentielle. G.Darmanin, après l'affaire Lola, avait réuni les préfets pour mettre en scène le durcissement des éloignements en leur demandant de mettre en oeuvre une vraie police du séjour.

On en est là. Si B.Retailleau échoue, la droite va peut-être être face à ses contradictions, mais c'est aussi un risque pour le pays si une majeure partie des Français se tournent ensuite vers le RN. - C.Roux: Sur cette question, l'opinion...

Il y a évidemment de l'émotion. On considère que, sur ces sujets, l'opinion attend de la fermeté? Vous avez testé les Français sur les OQTF? - J.Fourquet: Oui.

Ca s'appelle une obligation. Il y a des recours possibles. A partir du moment où c'est prononcé, ça doit être exécuté.

De manière plus globale, tous les sondages convergent depuis des années. Quand on interroge à froid, non pas au lendemain de ce type d'affaire, sur si on a le sentiment de si la justice est suffisamment sévère, c'est autour de 70 % des Français qui disent que ce n'est pas assez sévère. Après, les magistrats disent: "Venez dans des cours d'assises et vous verrez que les peines tombent." L'idée que la population se fait de la justice, c'est qu'il y a trop de remises de peine.

Si on revient à un drame récent, la mort du gendarme Comyn à Mougins...

La personne qui avait fait le refus d'obtempérer, c'était 10 condamnations au compteur, alors qu'elle a 39 ans. Il y a une question de la récidive. Il y a les OQTF et la récidive. - C.Roux: On va en parler.

Ca a fait l'objet d'une 1re crispation, à l'image de ce gouvernement qui a dû être composé en fonction des différentes appartenances politiques. Le visage de Philippine fait la une de toute la presse depuis ce matin. L'affaire a pris un tournant politique, avec le profil du suspect, déjà condamné pour viol, qui n'aurait pas dû se retrouver sur le territoire français.

Une polémique sur fond de tensions entre les nouveaux ministres de la Justice et de l'Intérieur. ... *-A la une, l'interpellation d'un suspect après la mort de Philippine. *-Cette étudiante enterrée dans le bois de Boulogne à Paris... *-C'est un jeune Marocain déjà condamné pour viol et qui était sous le coup d'une OQTF. -3 jours après la découverte du corps de Philippine dans le bois de Boulogne, l'interpellation d'un suspect en Suisse fait la une.

Comment le meurtrier présumé, Taha O., 22 ans, un jeune Marocain déjà condamné pour viol et sous le coup d'une OQTF, a pu commettre un meurtre en plein Paris? Le jeune homme, alors mineur, est interpellé en 2019 pour viol et condamné à 7 ans de prison, suivis d'une OQTF.

A sa sortie de prison, il est placé en centre de rétention administrative. Les autorités françaises sollicitent par 3 fois le Maroc afin d'obtenir un laissez-passer. La détention de Taha O. est prolongée jusqu'au 3 septembre, quand un juge décide de le libérer avec une assignation à résidence.

Le laissez-passer du Maroc arrive finalement le 4 septembre. Trop tard. Une affaire devenue politique, et dont s'empare tout de suite le RN. ... - J.-P.Tanguy: Ce qui est arrivé à cette jeune femme est une tragédie qui n'aurait pas dû se produire. - Ce matin, B.Retailleau, nouveau ministre de l'Intérieur, promet dans un communiqué de faire bouger les lignes.

Une position applaudie par le RN. - E.Diaz: Dès lors que B.Retailleau décide d'appliquer le programme du RN, je ne peux que m'en réjouir. - La gauche se montre critique. - J.Guedj: Je ne suis pas convaincu qu'il faille aller dans la surenchère législative.

C'est un raté affreux, désespérant, dans l'application d'une procédure qui aurait dû fonctionner. - A.Delaporte: Le problème, aujourd'hui, c'est les gens qui, comme B.Retailleau, continuent à créditer des discours politiques qui font tant de mal dans l'opinion. - Une affaire qui alimente un duel au gouvernement entre ministres de l'Intérieur et de la Justice.

Duel annoncé dès lundi soir par 20h interposés. - B.Retailleau: On a créé en France depuis trop longtemps un droit à l'inexécution des peines.

Il faut que les peines, les sanctions tombent. - D.Migaud: La justice est indépendante dans notre pays.

C'est essentiel dans une démocratie. Il y a parfois le sentiment que la justice est lente ou qu'elle ne condamne pas suffisamment. Ca n'est pas toujours exact. - Le meurtre de Philippine, 1re mise à l'épreuve d'un gouvernement formé il y a 5 jours.

Une demande d'extradition du suspect devrait être lancée auprès des autorités suisses. - C.Roux: Question.

On a entendu le ministre de la Justice, qui avait l'air de dire que 95 % des peines étaient exécutées et qu'il n'y avait pas de problème. - A.Goutard: C'est un discours inaudible pour les Français, qui voient des faits divers tels que ceux-là.

Aujourd'hui, la justice, et toute décision, se fracasse sur les budgets. Aujourd'hui, si on veut qu'aucune OQTF ne soit sur la voie publique, il faut mettre un maximum de moyens. Lorsqu'un étranger en situation régulière sort de prison ou est interpellé car il est en situation irrégulière, il part en centre de rétention et il y reste le temps de son expulsion.

Pourquoi pas... - C.Roux: Pourquoi il n'y reste pas? - A.Goutard: Combien de temps?

Ca veut dire 1 an, 2 ans...

Quand on voit que l'Albanie ne répond jamais aux demandes des Français de permis consulaires...

Comment fait-on? Est-ce qu'on les garde, et combien? On construit combien de centres de rétention pour garder tous ces gens, leur famille, alors qu'ils doivent être expulsés?

C'est une question de budget et de constitutionnalité. dans notre pays. On n'a pas de Guantanamo et on ne fonctionne pas comme ça.

Il faudrait changer les lois, mais est-ce souhaitable? - C.Roux: Sur la passe d'armes entre le nouveau garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur...

Ce qu'on commente depuis le début de l'émission donne un avantage, en tout cas dans la façon dont le message peut être reçu par l'opinion, à B.Retailleau. - N.Schuck: Ce face-à-face dans les médias, avec ces 2 ministres qui se sont retrouvés au même moment sur des chaînes concurrentes, c'était clairement une maladresse de communication reconnue par Matignon.

Ils disent qu'on n'aurait jamais dû se retrouver avec un face-à-face comme ça. Ce n'est pas la peine de donner en pâture un match qui va se produire de toute façon. Jusqu'aux proches d'E.Macron, on reconnaît que D.Migaud, face à un B.Retailleau, qui a une puissance de feu sur ces sujets et une aura médiatique, qui s'impose comme la star du gouvernement, est considéré comme un peu faible.

Sa réponse est un peu légère. Il est en défense. Le ministre de l'Intérieur est sur du velours.

Ca va être compliqué de continuer à tenir ce discours. L'objectif de B.Retailleau est d'aller chercher l'opinion. - C.Roux: Sur ces sujets, y compris sur les questions liées à l'immigration...

Il a pris la parole dans une grande interview accordée au "Figaro". Il veut rétablir le délit de séjour irrégulier en France, qui avait été retoqué par le Conseil constitutionnel. Il veut en accord avec les pays du Maghreb pour qu'il y ait une rétention de l'immigration, sur le modèle de ce qu'a fait G.Meloni.

Il veut la réforme de l'AME, qu'il veut passer par décret. Il a commencé à aligner des mesures qui trouvent un écho dans l'opinion. - J.Fourquet: Oui.

Tout ça était déjà prêt. C'est le match retour de la loi immigration, sur laquelle il a beaucoup travaillé, qui a été détricotée, amendée et passée à la moulinette du Conseil constitutionnel. Il prend l'opinion à témoin.

Ils savent que leur durée de vie en tant que ministres est peut-être assez limitée. Il faut essayer de marquer le plus possible. Ca rappelle un certain N.Sarkozy dans ses jeunes années de ministre de l'Intérieur, sauf que la situation institutionnelle était toute autre.

V.Pécresse, lors de la campagne électorale de 2022, pour l'électorat de droite, avait eu cette formule malheureuse: "On va ressortir le karcher de la cave." Cette image du karcher était restée comme un marqueur dans toutes les mémoires de l'électorat de droite, mais un mauvais marqueur. "On nous a promis le karcher et on ne l'a jamais sorti." B.Retailleau, dans le délai qui va être le sien, et c'est... - C.Roux: On ne connaît pas ce délai. - J.Fourquet: Dans les mots et dans la posture, il essaie de s'imposer et de rompre avec l'image d'une droite qui aurait promis et pas tenu...

Sur le match organisé, c'est un grand classique entre ministre de l'Intérieur et ministre de la Justice. En mettant un personnage droitier à l'Intérieur et la seule personnalité de gauche à la Justice, on savait, quand on a connu ce gouvernement, que ça allait créer des étincelles. On est en plein dans ça.

Ces étincelles étaient peut-être voulues, pour montrer qu'on marche sur 2 jambes. On se souvient de monsieur Dupond-Moretti et de G.Darmanin.

La mise en scène a peut-être échappé un peu au créateur, là. - C.Roux: Est-ce qu'il va plus loin dans sa façon de réagir au meurtre de Philippine?

Est-ce qu'il donne le sentiment de vouloir aller plus loin que ce qu'a fait G.Darmanin, qui était considéré dans l'équipe précédente comme très allant sur ces questions? Il avait défendu son texte sur l'immigration il y a quelques mois. - I.Trippenbach: Sur la forme, il est extrêmement volontariste, B.Retailleau.

Il s'inscrit quand même dans le sillage de G.Darmanin. Avant de parler à l'opinion publique, son 1er sujet est d'imposer son autorité sur son propre ministère.

Il donne des gages aux syndicats de police. On se rappelle des policiers qui s'étaient rassemblés devant l'Assemblée nationale pour faire pression sur les parlementaires en 2021, en scandant ce slogan "le problème de la police, c'est la justice". B.Retailleau reprend cette idée, avec ses mots, depuis la passation de pouvoir.

Il donne des gages aux policiers pour essayer d'asseoir son autorité sur sa maison. En parallèle, il y a quelques petites maladresses, même si ce n'est pas grand-chose...

Quand il a fait son discours pour les adieux aux armes de C.Rodriguez, le patron de la gendarmerie nationale, dans la cour d'honneur des Invalides, il a eu ce petit lapsus: "Vous avez été directeur général de la police nationale." C'est tout bête, mais dans les rangs, on a ri sous cape.

Ca appuie là où ça fait mal, la rivalité entre police et gendarmerie. Il est attendu par son propre ministère. C'est un ministère difficile, où il faut se montrer... - C.Roux: S'imposer. - I.Trippenbach: Pour recueillir une loyauté des troupes en retour.

Il y a cet aspect très important dans sa manière de réagir et de se positionner dans le sillage de G.Darmanin. Vis-à-vis du gouvernement, de ses collègues, c'est intéressant.

Il joue à ciel ouvert la bataille politique. Tout de suite, il a dit dans "Le Figaro": "Je suis l'homme de M.Barnier." C'est le chef.

Il détermine la politique de la nation et c'est lui qui décide. B.Retailleau empiète déjà sur les domaines de ses collègues, sur la justice, avec D.Migaud, mais aussi la santé.

Dans ce débat sur l'AME, on a toujours eu des ministre de la Santé qui ont pris la parole quand la droite le contestait. Il y avait des divisions au sein du gouvernement. A.Buzyn, O.Véran, A.Rousseau, qui avait quitté le gouvernement...

Là, on n'entend pas G.Darrieussecq sur ce sujet. - C.Roux: En quoi B.Retailleau veut-il aller plus loin, notamment sur l'AME?

G.Darmanin avait posé ce sujet...

Est-ce qu'il y a des éléments sur lesquels, au-delà des mots, il donne le sentiment de vouloir vraiment mettre les pieds dans le plat, aller plus loin et se rapprocher de ce que peut défendre le RN, par exemple, de manière décomplexée? C'est notamment sur les sujets de l'AME, de l'immigration... - A.Goutard: Dans ses 1res prises de parole et dans ce qu'il a soutenu jusqu'à présent, il a dit qu'il fallait restreindre au maximum l'obtention de l'AME.

Ca peut fonctionner. Ca avait fonctionné avec N.Sarkozy.

C'est d'avoir un discours qui montre les muscles en matière de sécurité, où on donne l'impression de vouloir décourager tout clandestin de venir en France. "La France n'est pas un pays confortable, agréable. Vous risquez d'avoir un gendarme qui vient vous chercher." Ce discours avait assez bien fonctionné, notamment vis-à-vis du Maroc, de l'Algérie.

N.Sarkozy avait pris son sac à dos et avait traversé la Méditerranée pour aller voir chaque pays, pour essayer d'obtenir des résultats. Ca avait marché.

A ce moment, il y avait beaucoup plus d'OQTF. Montrer que la France n'est pas un pays d'accueil... - C.Roux: Ca peut avoir une influence. - A.Goutard: C'est ce qu'a toujours défendu la droite la plus sécuritaire. - C.Roux: Il n'y a pas que le ministre de l'Intérieur qui s'est exprimé sur ce sujet.

On a entendu tout à l'heure J.Bardella, et peut-être de façon plus inattendue, F.Roussel, secrétaire national du PC, qui dit: "Philippine n'aurait jamais dû mourir.

La loi existe et elle n'est pas appliquée. Un violeur est un criminel. Il aurait dû être surveillé.

Ca n'a pas été fait." L'ensemble de la classe politique s'est emparée de ce sujet. Est-ce qu'il y a un clivage, ou c'est le monopole du RN de demander des comptes? - N.Schuck: Ce n'est pas le monopole de LR ou du RN.

Qu'est-ce qu'il peut faire? En préambule de son 1er discours de passation de pouvoir, il a dit qu'il n'avait pas de majorité. Il ne pourra pas faire passer de mesures.

Lorsqu'il était chef des sénateurs LR, il avait élaboré avec ses collègues députés un texte de loi constitutionnelle. Il s'agissait de modifier la Constitution pour modifier les règles. Il savait qu'il se retrouverait face aux verrous constitutionnel, et, pire encore, parlementaire.

On n'imagine pas du tout une nouvelle loi sur les questions d'immigration passer la rampe du Parlement. Ca n'existe pas. Ca explosera.

En tant que ministre de l'Intérieur, il expliquait qu'il avait beaucoup de leviers, qu'il pouvait appuyer sur tous les boutons... - C.Roux: Passer par décret... - N.Schuck: Qu'il pouvait s'essuyer les pieds sur son collègue de la justice.

C'est une sorte de showroom pour la droite, B.Retailleau. "Regardez ce qu'on est capables de faire." - C.Roux: C'était à la une du "Parisien".

On parle des opération "place nette", du trafic de drogue. La mairie d'Echirolles a fait évacuer un immeuble. - Les installations électriques sans aucune protection...

Dans l'immeuble, les dealers auraient pris leurs quartiers et squatteraient les appartements laissés vacants. La mairie d'Echirolles a décidé d'évacuer les 80 logements. - Il y a un danger de mort permanent de ce bâtiment lié aux installations électriques qui ont été dégradées par le deal, qui est présent 24h/24. - C.Roux: J.Fourquet, votre réaction?

Une population évacuée. - J.Fourquet: On avait déjà connu, à certains endroits, des résidences ou immeubles qui avaient été murés pour éviter que des dealers viennent s'installer.

Il y a encore de la population qui vit dans cet immeuble. C'est la banlieue de Grenoble, mais le centre-ville d'Echirolles. Il y a un aveu d'impuissance publique.

On dit qu'on ne peut pas maintenir l'ordre et assurer la sécurité de ses citoyens. Ils ne risquent pas de se faire trucider par les dealers, mais ils risquent un incendie. Tout le système électrique a été dégradé.

On a parlé plusieurs fois de ce type de problème. On voit à l'image des tarifs tagués sur le mur. Le deal a pris le contrôle de territoires entiers.

Là aussi, Il n'y a pas forcément besoin de lois. B.Retailleau...

On peut jouer à la comparaison avec G.Darmanin sur les opérations "place nette". Est-ce qu'il y a des résultats obtenus sur le terrain face à cette situation qui s'aggrave? - C.Roux: Vous êtes d'accord pour dire que ça fait partie des 2 dossiers, la partie OQTF avec le meurtre de Philippine, et la question du trafic de drogue et de la délinquance, qui est inhérente?

C'est sur ce sujet qu'il est attendu? - A.Goutard: Souvenez-vous de la passation de pouvoir.

E.Dupond-Moretti et D.Migaud...

E.Dupond-Moretti s'est adressé directement à D.Migaud en disant: "Je vous laisse un dossier, un projet de loi contre la drogue et les trafics.

C'est l'enjeu principal des prochaines années." C'est le gros dossier. Tout est lié.

Les filières d'immigration clandestine, ce sont les mêmes que celles de la drogue. - J.Fourquet: On est dans la banlieue de Grenoble.

Il y a 10 jours, un employé municipal, qui voulait retenir une personne qui était en délit de fuite, a été assassiné...

Tout porte à croire que l'auteur de ce crime était lié au trafic. - C.Roux: Comment réagit le bloc central, ceux qu'on peut considérer comme étant les partenaires de M.Barnier, la Macronie?

Quand il réagit comme il l'a fait sur le meurtre de Philippine, qu'il prend la parole avec fermeté sur les sujets qu'on a évoqués...

Il y a des états d'âme, ou on considère que c'est le point d'équilibre de l'opinion? - N.Schuck: Les macronistes et les centristes ont la nausée.

Ils se sentent extrêmement mal. - C.Roux: Sur ces sujets? - N.Schuck: Sur ces thématiques et l'attitude de B.Retailleau.

Il empiète sur tout l'espace du gouvernement. Un centriste me disait: "Il va transformer les flics en cow-boys. Au prochain refus d'obtempérer, les flics vont tirer et on va se retrouver avec les banlieues à feu et à sang." Quelqu'un m'a dit: "Vous imaginez ce que c'est pour E.Macron d'être assis à la table des ministres avec B.Retailleau qui le regarde comme un imposteur depuis 7 ans?" - C.Roux: On mesure les fragilités de ce gouvernement.

Hier, M.Barnier a dû décrocher son téléphone pour rassurer M.Le Pen après une charge de son tout jeune ministre de l'Economie, une démarche du chef du gouvernement qui ne passe pas, y compris auprès de ses partenaires du bloc central. - Il se souviendra probablement de sa 1re interview radio en tant que ministre de l'Economie.

A peine arrivé dans l'équipe, A.Armand, le benjamin du gouvernement, se prend les pieds dans le tapis hier matin. - A.Armand: Nous avons été élus.

Nous sommes nombreux à avoir été élus dans le cadre du front républicain. Ca veut dire que le RN, contre lequel nous avons été élus, face auquel nous avons fait un front républicain, n'y appartient pas. Il faut être clair. - Le RN hors de l'arc républicain et privé de discussion sur le budget, une déclaration de guerre pour M.Le Pen, qui, ni une ni deux, met un énorme coup de pression à l'exécutif devant les caméras. - M.Le Pen: Quand j'entends monsieur Armand qui dit que sa porte sera toujours fermée aux députés du RN alors que le budget arrive, je pense que le Premier ministre doit expliquer à l'ensemble de ses ministres quelle est la philosophie de ce gouvernement, car il semble que certains n'aient pas compris. - Dans la foulée, M.Barnier, qui a promis au RN de les respecter, décroche son téléphone pour rectifier le tir auprès de M.Le Pen, avant de passer un savon au nouveau locataire de Bercy.

Rétropédalage quasi simultané d'A.Armand via ce communiqué. M.Barnier serait-il sous tutelle de M.Le Pen, au vu et au su de toute la classe politique?

C'est la conviction de l'ancien président socialiste, F.Hollande. - F.Hollande: Ce qui est grave, ce n'est pas que M.Barnier ait recadré un ministre.

Ce qui est grave, c'est qu'il ait appelé M.Le Pen. Ca révèle ce que l'on sait déjà.

Le gouvernement de M.Barnier dépend de madame Le Pen. - Les ministres de M.Barnier sont prévenus: pas question de taper sur le RN.

Mais plusieurs députés d'Ensemble pour la République ne comptent pas se faire dicter leur conduite. A l'Assemblée, aujourd'hui, certains se relâchent. - On n'est Pas obligé de faire un communiqué pour expliquer qu'on a appelé M.Le Pen pour la rassurer.

On ne rassure pas M.Le Pen. Le RN ne sera jamais notre allié, notre ami.

Il sera toujours un ennemi politique à combattre. Ce qu'il représente, c'est l'extrême droite et on combattra toujours l'extrême droite. - Ambiance zizanie.

Dans le bataillon Attal, certains sont déjà bien échauffés par un autre ministre, le très expansif B.Retailleau, impatient de durcir la politique migratoire et de durcir l'AME. - B.Retailleau: Nous sommes un des pays européens qui donne le plus d'avantages.

Je ne veux pas que la France se singularise et soit le pays le plus attractif en matière de prestations sociales et d'accès aux soins. - Un ministre de l'Intérieur sous surveillance, convoqué devant la commission des lois la semaine prochaine pour être interrogé par les députés macronistes. - Il y a une partie du bagage qu'il a laissée chez lui avant de rentrer place Beauvau et qu'il ne pourra pas porter les ambitions qui seront les siennes autour de l'AME.

Il y aura de la résistance. - M.Barnier présidera vendredi un séminaire gouvernemental pour préparer son discours de politique générale la semaine prochaine.

Une opération team building qui apparaît cruciale, 5 jours seulement après la nomination de ses ministres. - C.Roux: Nous allons revenir sur ces premières tensions.

Question. - J.Fourquet: Ce qui était indiqué par le ministre, c'était le positionnement plus global.

Derrière ça, ce qu'on voit dans nos enquêtes, un des ressorts importants du vote pour le RN, c'est encore et toujours les questions d'insécurité et d'immigration. Dans la tête d'un électeur du RN, tout ça se mêle. C'est également ce qu'on appelle l'homologie de situations.

Beaucoup d'électeurs, dans des milieux modestes, se disent que la façon dont est traité le RN par le système politique et médiatique, cette espèce de condescendance, ça correspond à ce qu'ils vivent en tant que petits, dans leur vie de tous les jours. Le suffrage universel doit être respecté en tant que suffrage universel. Le ministre veut bien recevoir les députés LFI, mais pas ceux du RN.

Les millions de gens qui votent pour le RN se disent qu'ils sont bien des citoyens de 2d ordre. Ce contre quoi M.Barnier essaye de lutter, sauf qu'en appelant M.Le Pen, il lui donne le point.

La situation est catastrophique. Le RN se voyait à Matignon. Ils ont été battus aux élections législatives.

Ensuite, lors des votes internes à l'Assemblée nationale, ils n'ont eu aucun poste, ni au bureau, ni à la vice-présidence. Ils ont quand même accusé le coup. Quelques semaines plus tard, ils sont retrouvent de nouveau comme étant les faiseurs de roi, comme ceux autour desquels tout va tourner.

C'est une sacrée revanche. - N.Schuck: C'est terrible pour M.Barnier.

Il vit avec un flingue sur la tempe et c'est M.Le Pen qui le tient. C'est elle qui va faire sa liste de courses tous les matins.

Ca commence comme ça. On peut imaginer qu'il n'y a aucun vice-président de l'Assemblée nationale qui soit du Rassemblement national. Or, A.Genevard, qui était vice-présidente de l'Assemblée, est entrée au gouvernement.

M.Le Pen voudrait bien être présidente de commission. La 1re séance de questions au gouvernement, le 1er parti qui va poser une question, ce sera le RN.

Ils sont devenus centraux. Au fond, M.Le Pen le tient. - C.Roux: Est-ce que M.Barnier avait le choix?

Pour éteindre l'incendie provoqué par son jeune ministre de l'Economie, est-ce qu'il aurait pu se passer de décrocher son téléphone? On entendait F.Hollande dire que c'était grave, de faire cette démarche. - A.Goutard: Il aurait surtout pu ne pas le médiatiser.

Le médiatiser, c'était assumer d'avoir cette relation, cette excuse faite à M.Le Pen. - I.Trippenbach: C'est aussi un choix politique et un rapport de force opéré.

Il a fait le choix d'appeler M.Le Pen. - C.Roux: Quelle lecture vous en faites? - I.Trippenbach: Il y a beaucoup d'amateurisme là-dedans.

L'image qui est donnée, c'est que le Premier ministre va chercher ses ordres auprès du RN. Tous les signaux étaient déjà là. Lors de l'annonce de la composition du gouvernement, le RN jubilait déjà.

Sans dire qu'ils allaient voter la censure immédiatement, mais en disant que ce gouvernement n'avait pas d'avenir. C'est allé crescendo. Là, M.Barnier était au pied du mur.

Il était face à une tentative de coup politique, de coup de force de M.Le Pen. Avec des cadres qui, même dans la forme, ont montré une virulence immense, un mépris pour la fonction de Premier ministre et de ministre.

Quand le conseiller spécial de M.Le Pen dit: "ce petit bonhomme", en parlant du ministre...

Je ne sais plus quelle a été exactement sa formule, mais c'était très méprisant. La porte-parole du RN qui dit: "On va vous apprendre ces choses, on va vous enseigner ce nouveau monde, comment il fonctionne." C'est presque menaçant.

On sort du registre politique pour entrer dans le domaine de l'injure et de la menace. - C.Roux: Avec cette polémique liée au meurtre de Philippine, pensez-vous que le RN, dans ce contexte, peut pousser le gouvernement et B.Retailleau à aller plus loin qu'il ne peut le faire?

Sur les questions liées à l'immigration, sur l'autorité...

Est-ce qu'il va tenter de pousser des idées qui pourraient être les siennes? - N.Schuck: Sur ces thématiques, je pense que B.Retailleau n'a pas besoin d'être poussé.

Ca va être toute la complication, pour M.Le Pen. B.Retailleau est un sujet embêtant pour elle.

Il va lui siphonner des électeurs, assez rapidement. Elle appuiera donc peut-être sur le bouton quand elle verra que ça se complique. - A.Goutard: Après, le fait qu'un ministre de l'Intérieur reprenne des positions du RN, ça permet de banaliser ses positions.

Ca permet d'insuffler ces idées du RN en matière de sécurité et d'immigration, et que ça devienne finalement le discours habituel. Je pense que ça peut préparer l'opinion publique. Ca peut préparer aussi les politiques à ne fonctionner qu'avec les idées du RN. - C.Roux: En parlant des OQTF, est-ce qu'il y a une ligne du RN sur ce sujet, différente de ce qu'on a exprimé jusque là? - A.Goutard: Non.

On le voit dans le tweet de J.Bardella. Ils ne font pas vraiment de propositions, à part l'AME.

Ils disent juste que la loi n'est pas appliquée, que l'Etat ne fait rien, que les bonnes solutions ne sont pas prises. Mais quand on regarde leur programme, à part fermer les frontières, ils ne disent pas grand-chose. Il n'y a pas un programme construit et très novateur en matière de lutte contre l'immigration. - C.Roux: Lors des législatives, ils disaient vouloir accélérer les expulsions. - A.Goutard: Rien de neuf sous le soleil. - J.Fourquet: Il faut déconstruire un peu les choses.

Quand le RN et d'autres disent que ce sont eux qui peuvent appuyer sur le bouton...

A eux seuls, ils ne peuvent pas être majoritaires sur une motion de censure. Si M.Barnier essaye de se concilier les bonnes grâces de M.Le Pen, c'est qu'il a intégré un autre élément fondamental dans l'équation.

La gauche a dit: "Dès qu'on peut, on dépose une motion de censure." Donc le gouvernement tombe seulement si le RN mêle ses voix à celles de la gauche. Le 1er étage de la fusée, c'est la gauche qui dit qu'elle s'est fait voler l'élection.

On a refusé Matignon à L.Castets, donc la gauche va censurer ce gouvernement. Sachant cela, M.Barnier et E.Macron veulent tout faire pour éviter que les voix du RN penchent de ce côté de la balance, pour faire chuter le gouvernement. - C.Roux: Etes-vous surpris de voir que, si rapidement, on voit les 1res fragilités au sein du gouvernement?

Avec encore une fois les partenaires de M.Barnier...

Si rapidement, on voit des murs se dresser entre ce gouvernement et l'action publique, ce qui va pouvoir se passer à l'Assemblée. - N.Schuck: C'est un gouvernement qui n'a aucune assise parlementaire.

Il est totalement composite. Il ne satisfait personne. G.Attal n'a envoyé que des personnalités secondaires.

Personne n'a véritablement intérêt, dans la classe politique, au succès de ce gouvernement. Le truc le plus fou, c'est que tous les poids lourds sont à l'extérieur. Leur intérêt, ce n'est pas nécessairement qu'il réussisse.

M.Le Pen et J.-L.Mélenchon, leurs intérêts sont convergents.

Ils ont intérêt à une présidentielle anticipée. Ils veulent provoquer une crise de régime potentielle qui pousserait E.Macron à la démission.

Est-ce que c'est l'intérêt pour un G.Darmanin ou un G.Attal que ça réussisse?

La réponse est niet. - C.Roux: On regarde le téléphone pour savoir si le gouvernement peut sauter.

C'est devenu une blague, tellement il y a des états d'âme en Macronie. Certains ont du mal avec cette configuration. - N.Schuck: Oui, ça ne passe pas.

On se dit que ça peut tomber à tout moment, avec une accélération du temps politique. Les journées comptent triple. - A.Goutard: C'est un gouvernement complètement paralysé.

Il ne pourra prendre aucune décision, faire voter aucune loi. - C.Roux: Y compris sur les sujets régaliens, l'autorité? - A.Goutard: La loi immigration, quels aménagements proposer?

Tout ce qui pouvait aller plus loin a été retoqué constitutionnellement. On sent qu'il y a un souhait d'y revenir, en tout cas. Quand on parle en off avec les uns et les autres, il y a le souhait d'aller plus loin et de construire.

Mais on voit bien qu'ils ne peuvent pas y revenir. La 1re mesure concrète prise par le ministre de l'Intérieur, c'est de convoquer les préfets, donc de passer par l'administratif, de contourner le législatif. - C.Roux: Il pourra contourner le Parlement, B.Retailleau?

Il promet qu'il va agir, qu'il va changer de méthode et faire davantage. - I.Trippenbach: Il ne pourra pas contourner le Parlement dès lors qu'il a l'examen du budget qui arrive très bientôt.

C'est vraiment l'épreuve ultime pour le gouvernement Barnier. Tous les acteurs qui ont intérêt au succès, qui sont en fait les ministres nommés et M.Barnier lui-même, n'ont pas l'air de favoriser la réussite de ce collectif dès les 1ers jours de son existence.

Quand M.Barnier appelle par exemple à la modestie, à de la cohésion et de la coordination gouvernementale, et que c'est l'inverse qui se produit dans les heures qui suivent...

Ca peut paraître étonnant. Le 1er homme qui a intérêt aussi à ce succès, c'est E.Macron.

Il s'est complètement désengagé. Il laisse M.Barnier en première ligne. - C.Roux: Il lui savonne la planche? - N.Schuck: Non.

Mais ses proches reconnaissent que "c'est dur". Quand on a eu l'intégralité des manettes du pouvoir pendant 7 ans et que d'un seul coup, le contact est complètement coupé, que vous n'avez même plus les notes qui remontent, que le président avait l'habitude de lire jusqu'à 3 ou 4h du matin, c'est un peu violent. Donc il envoie des textos un peu raides.

Il y en a un qui disait, en substance "qu'ils se démerdent entre eux". - C.Roux: On parlait examen du budget.

Il y a des chiffres qui seront surveillés, c'est la partie budgétaire. Le ministère de la Justice avait augmenté de 5,3 % et le ministère de l'Intérieur de 5 %. Naturellement que les 2 ministres dont nous parlions tout à l'heure, dans ce contexte, avec l'émotion autour du meurtre de Philippine, ces chiffres seront surveillés.

Ce sont des moyens supplémentaires pour faire appliquer la loi et pour le maintien de l'ordre. - A.Goutard: Absolument.

Dans cette belle courbe ascendante du ministère de la Justice, on enlève quand même 300 millions. Donc ça monte, mais moins que prévu. Nous sommes à 10 milliards alors qu'il était prévu un peu plus.

En fait, ce n'est pas satisfaisant parce qu'il faut plus, si on veut appliquer une politique avec du personnel, de la prévention, etc. On n'est pas partis pour ça. - C.Roux: On se heurte à d'autres chiffres, le déficit, autour de 6 % l'an prochain.

Le RN, au centre du jeu, va devoir faire face aux juges la semaine prochaine, avec le début du procès des assistants parlementaires européens. 27 personnes, dont M.Le Pen, sont suspectées d'avoir détourné des fonds européens au profit du parti.

Des affaires qui touchent aussi La France insoumise et une proche de J.-L.Mélenchon. - Une insoumise dans la tourmente.

S.Chikirou, députée de Paris et surtout proche de J.-L.Mélenchon, a été mise en examen hier notamment pour escroquerie aggravée et abus de biens sociaux dans l'enquête sur les comptes de la campagne de J.-L.Mélenchon en 2017.

L'éternel candidat est monté au créneau pour défendre sa protégée. - J.-L.Mélenchon: Pas une seule de ces accusations n'a le moindre fondement concret.

Nous en avons donné 10 fois la démonstration. Je vous plains, vous, les journalistes, d'être obligés de revenir sans arrêt sur les vieilles gamelles de cette nature. - La justice soupçonne la société de conseil en communication de S.Chikirou d'avoir surfacturé certaines prestations lors de la campagne présidentielle de 2017.

Elle se défend sur les réseaux sociaux. A l'Assemblée nationale, aujourd'hui, voici les éléments de langage: faire bloc avec S.Chikirou et inverser la charge. - A.Léaument: Tout cela est une manière de transformer des militants politiques en voleurs et d'utiliser des services de police, notamment celui qui est censé lutter contre la fraude et l'évasion fiscale, pour transformer les insoumis en voleurs, ce que nous ne sommes pas. - Autre parti, autres démêlés avec la justice.

Le 30 septembre, M.Le Pen et 26 membres de l'ex-Front national ont rendez-vous avec le tribunal. La justice soupçonne le parti d'extrême droite d'avoir eu recours à des emplois fictifs. 7 millions d'euros auraient été détournés en 12 ans, en faisant travailler des assistants parlementaires d'eurodéputés FN pour le parti.

La confiance, c'était l'attitude de J.Bardella il y a quelques jours. - J.Bardella: M.Le Pen est extrêmement solide.

Elle affronte cette échéance de manière très sereine. Elle démontrera à la justice les arguments qui sont les nôtres et la bonne foi qui a été la nôtre depuis maintenant plusieurs années à l'égard du Parlement européen. - Circulez, il n'y a rien à voir!

Sauf que cette ligne de défense ne tient plus qu'à un fil, quand on interroge l'ex-numéro 2 du parti. - B.Gollnisch: On nous reproche de faire des choses que nous avons faites ouvertement pendant des années, avec l'aval du Parlement, de façon paisible, non équivoque.

Ce n'était interdit par aucun texte. C'était pratiqué par les 8 dixièmes ou les 9 dixièmes des députés du Parlement, toutes opinions politiques confondues. Par conséquent, c'est un procès politique. - J.Bardella ne sera pas sur le banc des prévenus, mais l'affaire le rattrape.

Début septembre, "Libération" révèle que le patron du RN aurait participé à l'élaboration de faux documents censés témoigner de son travail d'assistant parlementaire européen. Et voilà, un caillou de plus dans la chaussure du parti. Les députés sont en mode avocat de la défense. - S.Chenu: J.Bardella et nous-mêmes contestons ces affirmations.

Une plainte a été déposée. "Libération" est un journal militant qui ne se cache pas de mener un combat politique contre nous. - Dans l'affaire des assistants parlementaires, les cadres et anciens cadres du mouvement lepéniste risquent jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 1 million d'euros d'amende, mais également une peine d'inéligibilité de 5 ans.

L'avenir politique de M.Le Pen est entre les mains de la justice. - C.Roux: Elle n'a pas décidé de se cacher.

Elle s'exprime sur ce dossier. Elle a rendez-vous la semaine prochaine. - N.Schuck: C'est une lourde erreur de la part des membres du gouvernement.

Ils spéculent qu'ils ont 2 mois de tranquillité. Grosso modo, le temps du procès de Le Pen. Son objectif à elle, c'est d'être plutôt à contre-emploi, là où on ne l'attend pas et d'exister sur la scène politique. - C.Roux: Question. - J.Fourquet: La question vient du Nord.

Vous avez cité F.Roussel tout à l'heure. Il a été battu dès le 1er tour dans sa circonscription, qui était communiste depuis des dizaines d'années.

Il y a à la fois la question sociale dans ces territoires, mais aussi la question de l'immigration, de l'insécurité. Elles ont fait bouger toute une partie de l'électorat populaire en direction du RN. L.Castets, chez vos confrères, hier, était interrogée sur ce sujet.

C'est compliqué. Elle ne représente pas un parti, mais le Nouveau Front populaire. Quand on lui a demandé si elle était pour la régularisation de tous les sans-papiers, elle a dit qu'elle était plutôt pour la régularisation de tous les sans-papiers.

Donc la ligne de clivage entre le Nouveau Front populaire et le RN est très claire sur cette question. Une partie du vote populaire, aujourd'hui, est du côté du RN. - C.Roux: Toute la gauche n'est pas sur cette ligne? - J.Fourquet: Non, mais une majorité l'est plutôt.

Elle a peut-être été un peu piégée par vos confrères, mais on sentait bien la difficulté sur ce sujet, depuis des années. - C.Roux: Avec un clivage au sein de la gauche? - N.Schuck: Vous prenez quelqu'un comme F.Ruffin, un peu le vilain petit canard des insoumis, qui a décidé de tuer le père...

Il dit que la question de l'ordre, de l'immigration, c'est aussi une préoccupation importante de leur électorat dans les catégories populaires. Ca lui a valu beaucoup d'ennemis dans son camp. - A.Goutard: Il y a quand même eu un électrochoc, depuis L.Jospin.

L.Jospin parlait de ce sentiment d'insécurité quand on évoquait les vrais chiffres de la délinquance qui explosaient. On a quitté ce langage, qui a vraiment desservi L.Jospin puisqu'il a perdu les élections.

On a eu un ministre de l'Intérieur, B.Cazeneuve. On ne peut pas dire qu'il gérait la délinquance et l'immigration comme L.Jospin l'aurait fait plusieurs années plus tôt.

L'angélisme, qui a tellement été dénoncé, a un peu disparu à gauche. - C.Roux: On en vient à vos questions.

Question. C'est vrai, A.Goutard, que vous nous rappeliez les dates.

Ca s'est joué à quelques jours près. - A.Goutard: Absolument.

Il y a eu la sortie de prison, la préfecture a demandé à ce qu'il soit placé en centre de rétention. Pendant ce temps, il y avait la demande de laissez-passer consulaire, avec un silence de la part des Marocains. A un moment, les délais avançaient...

Je rappelle qu'on ne peut rester que 90 jours en centre de rétention. A la 4e demande de prolongation par la préfecture de sa présence en centre de rétention, effectivement, la juge a considéré qu'il y avait un vrai risque que ce laissez-passer consulaire n'arrive jamais. Cet homme a donc été libéré. - C.Roux: Question.

Le ministre de la Justice a rappelé en début de semaine que les peines, les condamnations étaient prononcées et que les peines étaient effectuées. - J.Fourquet: C'est ce qu'on disait tout à l'heure.

Pour le commun des mortels qui n'a pas un bac+5 en droit, quelqu'un qui est condamné à 7 ans fait 7 ans. Là, on dit que c'est plus compliqué, qu'il y a des remises de peine. Les spécialistes du droit disent que les procédures sont respectées dans ce cas de figure.

Ensuite, il y a les peines non exécutées, les gens qui sont placés sous bracelet électronique, plus de 15 000 personnes sont dans ce cas. Il y a donc un malentendu énorme, d'où les chiffres dans les enquêtes, avec 70 ou 80 % de la population qui disent que ce n'est pas assez sévère. - C.Roux: Question.

Cette décision qui a été prise peut être difficilement compréhensible, au regard de ce qui s'est passé ensuite. Selon des informations révélées par "Le Figaro", la juge, en prononçant cette libération, explique dans le détail qu'il y a de fortes chances qu'il recommence. C'est fait en connaissance de cause? - A.Goutard: Le parquet aurait pu faire appel.

Il n'était pas présent à l'audience. La préfecture aurait pu aussi faire appel. Mais elle a considéré qu'il y avait un trop grand risque que ce fameux laissez-passer consulaire n'arrive jamais.

Vous voyez, les recours, c'est ça. C'est le jeu de la justice. Certains disent que c'est la faute à pas de chance.

Je suis d'accord avec la téléspectatrice, ce n'est pas audible. Néanmoins, quelle loi pourrait-on changer? Est-ce qu'on place quelqu'un jusqu'au moment de l'expulsion dans un centre de rétention?

Pour combien de temps? Comment et dans quelles conditions? Dans quel centre? - C.Roux: Question. - A.Goutard: On avait affaire à un violeur avant d'avoir affaire à un clandestin.

C'est la question qui peut se poser. Comment ce jeune homme, qui était mineur au moment de son 1er procès pour viol, n'a-t-il pas été mieux pris en charge du point de vue de la santé publique, de son psychisme et de la psychiatrie? Il n'y a eu aucun suivi psychiatrique pour essayer de le faire évoluer. - C.Roux: Sur un sujet comme celui-ci, l'accompagnement socio-judiciaire, ce ne sont pas des mots qu'on entend dans la voix du RN?

Dans des cas comme celui-ci, la seule ligne est de dire qu'il n'aurait pas dû se trouver sur le territoire? - I.Trippenbach: Absolument.

Tout est analysé au prisme de la nationalité des criminels. Ce sont des termes qui n'existent pas dans le programme du RN. - C.Roux: Il n'y a pas une singularité dans l'approche du RN sur ces questions?

Il n'y a pas un sujet sur lequel ils peuvent dire qu'ils ont une méthode, un calendrier, un programme différent? - I.Trippenbach: Non.

Je suis bien en peine de répondre. Ca ne me dit rien. Tout leur arsenal consiste essentiellement à éloigner les étrangers et à les enfermer. - C.Roux: On peut dire que G.Meloni, qu'on entend beaucoup en ce moment en Italie, a pris la parole.

K.Starmer, le Premier ministre en Grande-Bretagne, est venu voir sa méthode. Est-ce que le RN peut s'en inspirer, revendiquer?

Elle devient un modèle pour certains pays européens? - I.Trippenbach: M.Le Pen observe de très près ce que fait G.Meloni.

Cette dernière s'est aussi normalisée sur certains sujets, notamment la question migratoire et les relations diplomatiques avec certains pays. Donc ils piochent ce qu'ils veulent bien piocher. Mais leurs logiciels idéologiques ne varient pas beaucoup. - C.Roux: Question. - N.Schuck: Ce n'est pas de son ressort.

C'est du ressort de son collègue de la Justice. B.Retailleau n'avait qu'une interrogation en entrant dans le gouvernement: qui allait se retrouver à la Justice?

Il ne voulait pas de quelqu'un de laxiste. Là, il se retrouve dans la pire des configurations. B.Retailleau est quand même un ancien filloniste.

D.Migaud est un ancien fabiusien. Ce tandem ne peut pas fonctionner. - C.Roux: Ca a été décidé en connaissance de cause, forcément?

Ca allait créer une fragilité dans le tandem... - N.Schuck: Inévitablement.

Après, il fallait absolument avoir une caution de gauche dans ce gouvernement. D.Migaud est le seul qui a dit oui. - J.Fourquet: Il aurait pu aller dans un autre ministère.

C'était un spécialiste du budget. Mais le casting macroniste, c'est le "en même temps". Avec une température qui a quand même énormément augmenté car avant, c'était au sein de la Macronie que le débat se faisait. - C.Roux: Question. - N.Schuck: C'est un peu le danger.

On verra par la suite comment ça se présente. Il arrive très sûr de lui, dominateur. Il rappelle N.Sarkozy à la grande époque où il était ministre de l'Intérieur et où il défiait constamment J.Chirac. - C.Roux: Il a donné une feuille de route, B.Retailleau?

Il a fait des déclarations après le meurtre de Philippine. Mais avez-vous déjà vu se dessiner les grandes lignes de son action? - A.Goutard: Le jour de son investiture, il a fait un discours qui ressemblait presque à un meeting.

Il s'exprimait de façon très volontariste. Il a dit que sa feuille de route, c'était de l'ordre, de l'ordre et de l'ordre. - J.Fourquet: C'est Clemenceau! "Je fais la guerre, je fais la guerre, je fais la guerre." Autre dossier dont on n'a pas parlé, très important pour le ministère de l'Intérieur, c'est la situation dans les outre-mer.

La Nouvelle-Calédonie, la Guadeloupe, la Martinique...

Sans forcément passer par la loi, le ministre de l'Intérieur va sans doute être appelé par l'actualité, pour savoir quoi faire. En Nouvelle-Calédonie, il y a une tribu indépendantiste qui coupe les routes...

La gendarmerie a été chercher dans un autre registre. Elle a dit: "On vous laisse 48 heures pour vous rendre, sinon on rentre dans le territoire." Le GIGN est allé chercher ces personnes et 2 d'entre elles sont mortes, les armes à la main.

Le ministre de l'Intérieur va être confronté dans les jours qui viennent à ce type de situation. On verra quelles seront les consignes, sans passer par la loi, qui seront données. - C.Roux: Sans passer par la loi, un ministre de l'Intérieur a des moyens d'action?

Il n'a pas besoin de défendre une nouvelle loi sur l'immigration? - A.Goutard: Non.

Il a tout le volet administratif qui lui permet de faire énormément de choses. Il peut notamment actionner les préfets, en matière d'immigration. Lorsque vous interpellez un délinquant en situation irrégulière, soit il suit le cursus judiciaire, soit il suit le cursus préfectoral et administratif.

Un préfet peut délivrer des OQTF, demander des expulsions, etc. Il a les moyens d'action. - C.Roux: Question. - A.Goutard: Oui.

Bien sûr. Il va purger là une très longue peine, certainement 20 ans de prison. A l'issue de ça, il faudra le renvoyer dans son pays d'origine, le Maroc.

Il aura une OQTF pour ça. - C.Roux: Question. - N.Schuck: Quand même, oui.

Il appartient au champ républicain. - J.Fourquet: Notamment sur le champ économique.

B.Retailleau est beaucoup plus libéral. Il n'y a rien à voir. - C.Roux: Merci à vous tous.

C'est la fin de cette émission. On retrouve toute l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

A suivre, le témoignage d'une femme qui a déposé plainte hier contre l'abbé Pierre pour des agressions sexuelles qu'elle aurait subies à 8 ans. M.Bouhafsi a rencontré cet après-midi une femme toujours à vif.