Élections municipales: entretien avec Sophia Chikirou, candidate LFI à la mairie de Paris
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Tout de suite face à Douamel, puisqu'il est 19h04, on a quelques instants de retard. Et comme chaque dimanche soir, Alain Douamel va donc débattre face à une personnalité, personnalité qui est ce soir, Sophia Chikirou. Bonsoir.
Bonsoir. Soyez la bienvenue, députée insoumise de Paris, candidate à la mairie de Paris. Bonsoir Alain.
Bonsoir. Soyez le bienvenu vous aussi sur ce plateau que vous connaissez très bien. On va parler de la bataille pour la mairie de Paris.
On va parler des polémiques qui visent la France insoumise ce soir après la mort d'un jeune militant identitaire à Lyon, étudiant qui a été passé à tabac. Mais avant cela, Alain, quelques mots d'introduction, puisqu'on le fait désormais chaque dimanche soir. Pourquoi souhaitiez-vous débattre avec Sophia Chikirou et qu'est-ce qu'elle représente pour vous ?
D'abord, c'est quelqu'un avec qui j'ai débattu assez souvent, à BFM, sur ce plateau. Et je pense que chacun défendait ses propres idées, mais qu'on écoutait l'autre. Donc c'était plutôt...
C'était pugnace et contrôlé. C'est vrai. Et puis, bon, il y a la situation politique.
Je veux dire, on avait Mme Knaffot la semaine dernière, on a Mme Chikirou cette fois-ci. Elles sont aux antipodes l'une de l'autre. Elles sont candidates à la même fonction.
Elles ne sont favorites ni l'une ni l'autre, mais elles ont l'une et l'autre la possibilité de jouer un rôle important, y compris au second tour, selon leur comportement et ce qu'elles décideront. Donc, il y a une symétrie, ce serait exagéré. Mais il y a dans la position qu'elles occupent chacun dans son camp, chacun à l'extrémité de son camp, il y a un rapprochement intéressant à faire.
Vous êtes l'anti-Sara Knaffot ? Je ne me positionne pas du tout de cette façon-là dans cette élection. J'ai bien au contraire décidé, quand on a lancé ma candidature au mois de novembre dernier, on s'est positionné davantage sur une rupture avec les politiques qui sont menées à Paris par la majorité sortante et par le gouvernement auquel appartient Rachida Dati.
Bien sûr, je suis aussi la représentante d'une mouvance politique qui combat l'extrême droite et qui combat toutes les idées que répand Mme Knaffot et son parti, qui est celui d'Éric Zemmour. Donc, je suis peut-être aux antipodes de cette femme, ça c'est sûr, sur le plan politique. Ça m'a l'air.
C'est vrai. Mais ce n'est pas le positionnement que j'ai choisi d'avoir dans cette campagne municipale. Je suis beaucoup plus préoccupée des besoins des Parisiens et des besoins concrets des Parisiens parce qu'on est arrivé à un stade de la vie parisienne où beaucoup de Parisiens nous disent qu'on n'en peut plus.
Vous savez, pour préparer cette émission, j'ai pris beaucoup d'informations sur la sociologie de Paris. C'est quoi un Parisien ? On croit souvent que ce sont des bourgeois, les Parisiens, ou des riches, ou des gens qui vivent au-dessus de la majorité.
Ça dépend des arrondissements. Ça dépend pas seulement des arrondissements parce qu'il y a aussi des quartiers populaires dans le 16e arrondissement, dans le 8e, etc. Mais vous savez que 50% de la population parisienne, des ménages parisiens, des ménages, vit avec moins de 2500 euros par mois.
Donc ce sont des classes populaires. Je vous propose qu'on parle de Paris dans quelques instants. J'ai deux questions à vous poser sur la situation politique et même un peu au-delà de politique puisque votre parti La France Insoumise est sous le feu des critiques aujourd'hui après la mort d'un militant identitaire à Lyon, un militant qui s'appelait Quentin, qui avait 23 ans, un militant dans un groupe donc proche de l'extrême droite, passé à tabac en pleine rue en marge d'une manifestation que tenait votre députée européenne insoumise Rima Hassan.
On sait qu'il y avait eu dans les heures précédentes sa mort des affrontements entre des groupes d'extrême droite et des groupes d'extrême gauche. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, dit qu'il y a une complaisance des LFI pour la violence politique et que c'est l'ultra-gauche qui a tué ce jeune homme. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?
Je pense que Gérald Darmanin ferait mieux de surveiller ses propos et de faire très attention avant de jeter des anathèmes de ce type-là. C'est irresponsable de sa part. D'abord, je ne peux pas commencer cet entretien sans dire à quel point nous sommes outrés de la façon violente par laquelle a été tué ce jeune homme parce que c'est un malheur et un très grand malheur pour sa famille, pour lui, pour ses amis et que personne ne mérite d'être tué de cette façon-là, absolument personne, quelles que soient ses idées politiques.
Première chose. Secondement, je trouve scandaleux la narrative que vous avez vous-même dite à l'instant qui consiste à faire un lien avec la France insoumise et la mort de ce jeune homme. Il n'y a absolument et strictement aucun lien entre la France insoumise et la mort de ce jeune homme.
Je le dis très clairement. Je vous pose la question très précisément. Puisque vos propos sont très clairs.
Je vous pose la question très précisément. Ni de près, ni de loin. Le collectif d'extrême droite Némésis.
Voilà, le problème, c'est bien ça. C'est le collectif d'extrême droite Némésis. Je vais poser ma question et je vais vous proposer d'y répondre.
Le collectif d'extrême droite Némésis, avec lequel se trouvait ce jeune homme ce soir-là ? On va le dire comme ça. Affirme que la victime assurait son service d'ordre, le service d'ordre de ce collectif.
Il affirme aussi qu'il y avait parmi les agresseurs ce soir-là un assistant, un collaborateur d'un député insoumis. Était-ce le cas ou n'était-ce pas le cas ? Écoutez, moi je ne suis pas enquêtriste dans cette affaire.
Peut-être qu'il y a des enquêteurs qui sont en train de travailler sérieusement en ce moment-là. Ce que je sais, c'est que Némésis est un groupuscule d'extrême droite qui provoque régulièrement dans des manifestations, qui provoque dans des réunions publiques et qui vient provoquer de cette façon-là. Est-ce qu'il était membre ou non de son service d'ordre ?
J'ai cru voir un communiqué de l'avocat qui dit que non, ce n'était pas le cas. L'avocat dit que non. En tout cas, une chose est certaine, c'est que Rima Hassan tenait une conférence à l'invitation de Sciences Po Lyon dans le 7e arrondissement de Lyon.
Elle n'a eu aucun incident et le service d'ordre de la France insoumise n'a eu à faire remonter aucun incident autour de la conférence de Rima Hassan. Aucun. D'accord ?
Deux kilomètres plus loin, dans le 5e arrondissement, aurait eu lieu, donc, d'après les images que tout le monde a vues sur les réseaux sociaux, a eu lieu, bien sûr, je ne sais pas si c'est bien à ce moment-là que le jeune homme a été blessé et puis tué, puisqu'il n'a pas été identifié sur les vidéos. Vous êtes d'accord avec ça ? À ce stade de l'enquête, de ce que j'ai vu publiquement.
Donc moi, je vais essayer de ne pas raconter n'importe quoi, parce que je trouve que Darmanin qui raconte n'importe quoi, ou d'autres personnes qui racontent n'importe quoi et qui font des liens un peu...
Pour être très clair, à l'heure où on se parle, d'après les éléments que vous avez, il n'y a aucun lien entre la France insoumise et la mort de ce jeune homme. Aucun lien, absolument aucun. C'est très clair.
Et une conférence de presse du procureur aura lieu demain qui donnera sans doute de nouveaux éléments ou peut-être de nouveaux éléments sur cette mort. Alain Dommel, y a-t-il pour vous, pour reprendre les propos de Gérald Darmanin, une complaisance de la France insoumise pour la violence politique ? D'abord, il faut distinguer entre la violence politique dans l'expression orale, bon, elle existe, et la violence politique physique.
Et en l'occurrence, Sophia Chiquierrou dit que ça n'est pas du tout le cas. Et pour ce qu'on en sait jusqu'à présent, effectivement, ça n'est pas du tout le cas. Pour ce qu'on en sait, je suis...
Bon. Ce qui est vrai, et c'est ce qui est compliqué, c'est que plus il y a un climat de violence dans le débat, et en ce moment, il faut reconnaître qu'il y a un climat de violence dans le débat. Bon, j'ai connu pire à un certain moment, mais voilà, on sent ça, et peut-être que ça va cristalliser et se durcir encore quand on s'approchera de l'élection présidentielle.
Mais plus dans les mots, dans les verbes, dans les apostrophes, dans la façon de s'exprimer, il y a de la violence politique, quelle que soit son origine, que ça vienne des assoumis, que ça vienne de l'extrême droite, ou que ça vienne de gens réputés beaucoup plus modérés, comme d'ailleurs Gérald Darman a lui-même. Plus il y a de la violence dans les mots, et plus il y a le risque de faciliter, je ne dis même pas d'espérer, mais de faciliter la violence physique. La violence des mots, des responsables, ça se traduit souvent par la violence physique des irresponsables.
Et c'est dangereux d'où que ça vienne et au détriment de qui que ce soit. Emmanuel Macron cible également la France insoumise. Aujourd'hui, vous avez sans doute entendu ces propos.
La France insoumise a bon dos, j'ai remarqué. On va écouter les propos. Je précise que les propos qu'on va entendre d'Emmanuel Macron ont été enregistrés vendredi, donc il n'y a pas de référence à la mort de ce jeune homme.
Propos, interview donnée à Radio-J, Emmanuel Macron qui classe LFI parmi les partis d'extrême-gauche. – Sophia Chiquirou, je constate qu'en particulier sur l'antisémitisme, il contrevient à des principes fondamentaux de la République, donc vous êtes d'extrême-gauche. – Mais s'il a constaté que des insoumis, des responsables insoumis, des élus insoumis ont tenu des propos antisémites, M. le Président de la République peut tout à fait signaler ça à un procureur et peut nous poursuivre en justice.
En attendant, aucun insoumis n'a jamais été condamné pour avoir tenu des propos antisémites. Donc nous ne sommes clairement pas antisémites puisque c'est le contraire de notre ADN antiraciste, premièrement. Deuxièmement, je trouve gonflé de la part du Président de la République qui, vous le savez très bien, M.
Duhamel, jouit d'une irresponsabilité politique totale et judiciaire et pénale. Du coup, cet homme peut aller sur n'importe quelle radio tenir des propos diffamatoires, calomniés, sans prendre le risque de se retrouver à rendre compte de ces propos-là. Mais c'est un scandale absolu qu'il se mêle de cette façon.
En réalité, il ne se comporte pas comme un chef d'État, il se comporte comme un petit chef de camp en perdition. Voilà ce que j'ai à dire concernant Emmanuel Macron qui est bien en deçà de sa fonction dans cette interview. Alain Duhamel.
Écoutez, quand Emmanuel Macron stigmatise de cette façon les insoumis, ce sont des propos politiques partisans, assumés comme étant partisans, d'ailleurs. C'est ce qu'il fait. Ce qu'il a raison, ce qu'il a tort, on peut en discuter. sur l'antisémitisme, on peut en discuter, etc.
Mais il prend des positions d'ordre partisan. Il en a le droit. Il en a le droit jusqu'à l'année prochaine, jusqu'à la fin de son mandat.
Ensuite, ça sera différent. Il utilise ça. Il est, en ce moment, il a raison de mon point de vue, très concentré sur la lutte contre l'antisémitisme.
Et donc, c'est dans cette filière-là qu'il a voulu s'exprimer. Est-ce qu'il a choisi, en l'occurrence, le meilleur des arguments ? Franchement, ça n'est pas la façon dont je le ressens.
LFI d'extrême-gauche pour vous ou pas ? Ah ! Alors, ça dépend ce qu'on entend par...
Ça fait sourire Sophia Chiquiot. Non, mais ça dépend ce qu'on entend...
Il est cultivé, M. Duhamel, attention. Ça dépend ce qu'on entend par d'extrême-gauche.
Comme l'huit ouvrière...
Non, mais attendez, attendez, attendez, s'il s'agit de dire est-ce que les insoumis...
Bon, tout le monde sait très bien que je ne partage pas leurs idées, pour que ça soit clair. Non plus, je pense. Mes idées restent à la porte de cette rédaction, Mme Pierre-Cyrou, je vous assure.
Est-ce que, s'il s'agit de dire est-ce que les insoumis mènent leur action dans le cadre institutionnel de la République ? Quand quelqu'un est censé être d'extrême-gauche ou d'extrême-droite, c'est qu'il a une attitude ambiguë de ce point de vue. Les insoumis ne contraignent, ne contrarient pas les lois de la République dans ce sens-là.
Est-ce qu'il s'agit de dire qu'ils sont à l'extrémité de la gauche parlementaire ? Ben oui, ils sont à l'extrémité de la gauche parlementaire. Et de ce point de vue, ils ne s'en cachent pas non plus.
Je veux dire qu'ils restent dans le cadre des institutions, clairement, donc on ne peut pas dire qu'ils sortent de l'arc constitutionnel, mais en revanche, ils tiennent des propos très virulents, comme d'ailleurs d'autres utilisent des propos également virulents en sens contraire. Vous savez, Léon Blum parlait de la dictature du prolétariat et espérait la dictature du prolétariat. Quand il était jeune.
Quand il était jeune, moi aussi, j'étais encore très jeune. Et la France insoumise est jeune, on vient juste de fêter nos dix ans. Oui, mais enfin, ce n'était pas quand il était président du Conseil.
En tout cas, il n'était pas classé à l'extrême-gauche, il était, c'est fio, l'ancêtre du Parti Socialiste. Mais ce que je veux dire, c'est que, vous savez, ce n'est pas infamant ni insultant d'être d'extrême-gauche. Il y a une extrême-gauche dans notre pays, elle est tout à fait louable et elle n'est pas condamnable pour autant.
Je veux dire, vous avez cité Lutte Ouvrière, il y en a d'autres, c'est l'extrême-gauche. Nous, on dit simplement qu'on n'est pas d'extrême-gauche parce que ce n'est pas la réalité. Tout simplement, quand on a créé la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui réfléchit pas mal, en général, il est plutôt reconnu pour être quelqu'un qui réfléchit, a tenu à dire une chose très claire, c'est nous sommes partisans de la révolution citoyenne, c'est-à-dire de la révolution par les urnes.
Il l'a fait pour une bonne raison, M. Mélenchon, c'est que c'est la distinction que l'on marque avec l'extrême-gauche historiquement. Historiquement, l'extrême-gauche dit par tous les moyens, légaux et autres.
D'accord ? Nous, on dit non, on prend le pouvoir par la révolution des urnes. C'est pour ça qu'on participe à toutes les élections et notamment aux élections municipales où cette année, pour la première fois, on met le paquet pour parler un peu familièrement dans cette élection-là.
Et c'est une stratégie que nous avons choisie, c'est-à-dire la non-violence qui est fondamentale dans la stratégie de conquête du pouvoir de la France insoumise et la révolution par les urnes, la révolution citoyenne, c'est-à-dire gagner les élections. On n'est pas loin de les gagner et peut-être que ça en inquiète quelques-uns. On va voir, les élections municipales en général ne sont pas celles qui sont les plus favorables à la France insoumise, en tout cas jusqu'à présent, on va bien voir cette fois-ci.
Sur le reste, c'est vrai que les insoumis ne sortent pas du cadre institutionnel. C'est vrai qu'ils proposent un changement de constitution, mais ça, c'est leur droit. Il n'y a pas du tout que l'extrême gauche ou l'extrême droite pour vouloir changer les institutions.
Tout le monde a voulu changer les institutions. Les gaullistes eux-mêmes, sous la Ve République, ont voulu dix fois changer les institutions. Donc, vouloir changer les institutions, si ça se fait par le vote, personne ne peut trouver ça répréhensible.
On peut trouver ça déplacé, on peut trouver que c'est une mauvaise idée, on peut trouver que c'est une mauvaise solution qui est proposée, mais on a parfaitement le droit de proposer ça. Et en l'occurrence, vouloir modifier les institutions, ça fait absolument partie du fonctionnement normal de la démocratie. D'ailleurs, il y a une modification à laquelle il faut penser désormais compte tenu de la façon dont se comportent M.
Nunez, le ministre de l'Intérieur et M. Macron. Tous deux décident d'une classification politique de la France insoumise à deux mois des élections municipales contrevenant aux décisions du Conseil d'État qui datent de moins de trois ans.
Je crois qu'il est temps de poser la question dans notre pays de confier l'organisation des élections à un organisme indépendant et à une autorité indépendante. C'est-à-dire ? C'est une anomalie, figurez-vous, démocratique, que ce soit le ministère de l'Intérieur qui organise les élections et classe les opposants politiques ?
J'ai regardé, vous avez des pays comme le Canada, l'Inde, l'Espagne, l'Italie, la Grande-Bretagne, vous avez tous les pays civilisés et démocratiques où c'est une organisation indépendante, une autorité indépendante qui s'occupe d'organiser les élections et de classer les mouvements politiques en fonction des élections et pas le ministre de l'Intérieur. Je rappelle aussi que le passé de M. Nunez fait qu'il a été le responsable des renseignements politiques dans notre pays, il a ensuite été préfet de police, secrétaire d'État à l'Intérieur, puis de nouveau ministre de l'Intérieur.
Qu'est-ce que vous appelez les renseignements politiques ? Il s'est occupé, avant 2018, il était au renseignement politique à Paris, il s'occupait, c'était son...
Préfetur ? Oui, oui, tout à fait. Il était préfet de police ?
Avant, avant. Il était au renseignement politique, oui. Qu'est-ce que c'est les renseignements politiques ?
Ce sont les renseignements, monsieur, il était en charge de cela, monsieur Nunez. Il a occupé différentes...
Voilà, c'est ça. Il a occupé différentes fonctions de ce type-là. Et donc, je pense qu'aujourd'hui, la question est de savoir est-ce qu'il est vraiment impartial ?
Est-ce qu'il est vraiment en capacité aujourd'hui ? Alors que son argumentation pour classer la France insoumise à l'extrême-gauche est une argumentation très, très, très légère. En gros, la France insoumise refuse les invitations à dîner de monsieur Lecornu, je caricature un petit peu, mais c'est marrant.
La France insoumise refuse les compromissions. La France insoumise ne se présente plus avec le PS dans les élections municipales. J'y vais un peu grossièrement, mais je suis assuré que c'est les trois.
Je vais citer Laurent Nunez, parce que j'entends un peu d'humour dans vos propos. Je vais reprendre les propos du ministre de l'Intérieur. Je le fais de façon un peu drôle.
Il invoque les appels à la désobéissance civile des insoumis, la rupture des alliances avec le reste de la gauche et la priorité donnée aux aspects communautaires de l'organisation de la société. Et il cite aussi ce qui était devenu, j'allais dire, un gimmick des insoumis, le slogan « La police tue ». Il dit que ça a été un des critères.
Ça n'a jamais été un gimmick de la France insoumise. Il faut quand même qu'à un moment donné, il démontre tout ce qu'il raconte. C'est n'importe quoi.
C'est une appréciation personnelle de cet homme à deux mois du premier tour des élections municipales et qui décide comme ça de bouleverser les choses comme pour se venger. D'abord, je pense franchement qu'il y aura assez peu d'électeurs qui seront sensibles à la classification. Les insoumis font assez parler d'eux pour que chacun les situe là où il a envie.
Et je pense que chaque électeur et chaque électrice les mettront là où ils auront envie de les mettre. Si vous étiez des inconnus qui débarquaient, ça serait différent, mais ça n'est pas du tout le cas. Vous vous exprimez suffisamment, de façon suffisamment véhémente pour que tout le monde entende et que tout le monde, que chacun décide de vous donner l'étiquette de chaque électeur.
Bon, alors maintenant, le ministre de l'Intérieur accorde sa propre étiquette, on peut tout à fait en discuter. On peut d'ailleurs discuter du principe selon lequel c'est le ministre de l'Intérieur qui le fait. Ça fait 60 ans que je vois la ministre de l'Intérieur qui distribue des étiquettes.
À chaque fois, il y a des mécontents. Quelquefois, ça a été bien pire que ça encore. Ça n'a pas beaucoup de sens et surtout, ça ne change pas un vote.
Je vous propose qu'on évoque les élections municipales à Paris. On est à un mois, si j'ai bien compté tout juste, du premier tour, le 15 mars prochain, pour donner à, pour ceux qui n'auraient pas suivi comme vous, la campagne municipale. On a pris le dernier sondage, sondage Harris Interactive qui n'est pas ni le plus favorable ni le moins favorable pour vous, Sophia Chikirou, qui donnait Emmanuel Grégoire en tête, soutenu par les écologistes, le PS et le PC, 31% des voix, devant Rachida Dati, soutenu par LR, le Modem et l'UDI.
En troisième position, Pierre-Yves Bournazel, soutenu notamment par Horizon et Renaissance. Sarah Knafo reconquête à 12%, vous étiez à 10%, Sophia Chikirou, il y a d'autres sondages qui vous donnent un peu au-dessus ou un peu en-dessous, et le candidat du RN, Thierry Mariani, à 5%. Sophia Chikirou, peut-elle créer la surprise ?
Alain Dommel, peut-elle remporter à la faveur d'un scénario que vous allez nous raconter, l'hôtel de ville ? Disons qu'elle n'est pas la favorite pour l'hôtel de ville, bien entendu. Pas plus que d'ailleurs Bournazel et pas plus que Sarah Knafo, etc.
Il n'empêche que ça ne sera pas indifférent de savoir à quel niveau elle se situera, si c'est déjà la barre des 10% ou pas pour le second tour, et puis au sein de chaque arrondissement, ensuite où les circonstances varieront considérablement, c'est très possible d'avoir un score qui fait de vous la voie décisive dans un arrondissement si on ne l'a pas au niveau de l'ensemble de Paris. c'est très possible et en réalité ça se passe à chaque fois, pratiquement à chaque fois. Il n'y a que Jacques Chirac qui avait remporté chaque arrondissement, mais autrement ça se passe pratiquement à chaque fois.
Donc, on peut très bien ne pas être vraiment en course pour la mairie de Paris, mais être en course d'une part dans la campagne pour la mairie de Paris et d'autre part avoir des chances pour certains arrondissements, y compris des arrondissements très peuplés d'ailleurs. et donc c'est significatif et c'est la question que la situation de Sophia Chirac est de ce point de vue la même que celle de Bournazel ou la même que celle de Sarah Knafo. Candidature de témoignage ?
Non, pas de témoignage parce que si on a plus de 10% et qu'on est au second tour, c'est donc qu'on n'est pas un simple témoin et encore moins un spectateur et d'autre part si ensuite on gagne des arrondissements, ce qui est possible, c'est un pouvoir. Sophia Chiquirou. Vous voulez que je réagisse à des sondages ?
Vous savez, nous les sondages...
Ah non, vous voudriez que vous réussiez à l'un du Hamel plus qu'au sondage. Ce que nous dit Alain du Hamel c'est un peu l'expérience d'une...
Bon, là, l'élection est totalement nouvelle en réalité, M. du Hamel puisqu'on ne vote plus comme les fois précédentes avec le mode de scrutin qui a été modifié. C'est ce qui sera intéressant d'ailleurs.
C'est ce qui sera très intéressant en effet au niveau de la liste parisienne puisqu'il y aura des votes par arrondissement, 17 mairies d'arrondissement plus la liste centrale de l'hôtel de ville du Conseil de Paris. Donc ce ne sera pas exactement la même chose. Moi, je ne sais pas comment sont faits les sondages.
Ce que je sais avec certitude c'est que souvent ils sous-estiment la France insoumise et quand on connaît le potentiel de la France insoumise à Paris, on peut douter de la réalité de ces sondages. Plus de 30% pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle de 2022. Donc je pense que nous avons beaucoup à faire, notamment convaincre les personnes qui s'abstiennent, beaucoup des classes populaires.
C'est pour ça que je commençais mon propos en rappelant que la ville de Paris est une ville populaire. 50% des foyers à Paris gagnent moins de 2500 euros par mois. Donc c'est une ville où il y a énormément de gens qui sont des ouvriers, 4% des employés, des professions intermédiaires, des retraités, etc.
Donc il faut que les gens aillent voter, notamment les jeunes. On compte à Paris 200 000 étudiants qui vivent et étudient à Paris. Et c'est vrai que toutes ces personnes qui ont tendance à s'abstenir, si elles votent les 15 et 22 mars, elles redistribuent complètement les cartes à Paris.
Et moi, je suis convaincue de cette possibilité-là. Je crois que aussi bien Rachida Dati qu'Emmanuel Grégoire qui sont des sortants, elles du gouvernement, mais aussi ça fait maintenant plus de 20 ans qu'elle est à Paris, lui de la majorité sortante ont un bilan sur lequel ils doivent être jugés, ils doivent rendre des comptes. Et ce sont aussi des gens qui aujourd'hui sont à bout de souffle.
Si vous regardez leur programme, ils n'ont rien à proposer aux Parisiens si ce n'est continuer comme avant. Il est temps de marquer une rupture et je suis la seule à incarner cette rupture pour répondre aux besoins sociaux et écologiques des gens. Bon, alors, vous n'êtes pas la seule à proposer une rupture par rapport à la municipalité sortante parce que pratiquement tous les autres l'attaquent d'une manière ou d'une autre avec plus ou moins de talent, plus ou moins de virulence et avec des propositions assez différentes les unes des autres.
Mais tous ceux qui ne soutiennent pas la majorité sortante sont des adversaires de la majorité sortante. Mais vous êtes parmi ces adversaires incontestablement. Est-ce que vous pouvez arriver à mobiliser davantage ?
Vous allez essayer, évidemment, et vous avez commencé à le faire. C'est normal. Vous parlez des étudiants.
Il y a beaucoup d'étudiants qui étudient à Paris sans être des Parisiens et donc qui ne se sentent évidemment pas impliqués par ces élections. C'est logique que chez les jeunes il y ait de ce point de vue à Paris beaucoup plus d'abstention que dans l'idéal. De même, vous avez beaucoup de gens qui vivent dans des conditions difficiles notamment dans l'Est et dans le Nord de Paris et qui, comme toujours les gens qui sont en grande difficulté sociale, ne se sentent pas impliqués dans les luttes politiques même si c'est peut-être pour eux qu'elles sont les plus importantes dans la réalité mais leur comportement, on le sait bien, c'est comme ça.
Donc ce n'est pas tellement étonnant qu'il y ait une abstention jusqu'à présent trop élevée. Mais vous avez raison de dire que cette fois-ci on a un mode de scrutin différent puisqu'il y aura deux modes de scrutin en réalité et que de ce point de vue on peut espérer, je ne dis pas que ça va se produire, mais on peut espérer qu'il y ait plus de mobilisation que d'habitude puisque ce ne sont pas les mêmes types de votes que d'habitude. Donc on verra, il y a une possibilité.
Je ne crois pas beaucoup que ça sera chez les jeunes. Je ne suis pas sûr que ce sera chez des gens en difficulté sociale dans le nord et l'est de Paris mais en tout cas, il y a une chose de sûre. En tout cas, moi j'ai une conviction, c'est que si la participation augmente, c'est une bonne chose.
C'est certain. Et puis, ce n'est pas seulement les classes les plus paupérisées ou précarisées qui sont concernées. Aujourd'hui, je le rappelais, c'est 50% de la population parisienne qui gagne moins de 2500 euros par mois et qui consacre plus de 35% en moyenne de son revenu à son loyer.
C'est une moyenne. Ça, le problème des loyers à Paris, c'est un problème. C'est important pour certaines personnes.
Donc, oui, c'est un énorme problème pour nous de logement. Il y a un énorme, mais il n'y a pas de doute. Il y a une crise absolue et moi je dis, dans mon programme, je décréterai l'urgence et ce sera la première délibération qu'on fera adopter quand je serai maire, c'est qu'on décrète l'urgence dans le logement parce que cela nous permet de mobiliser tous les moyens possibles, légaux de la ville de Paris pour agir.
Eh bien, par exemple, c'est la réquisition des bureaux vacants et des logements vacants depuis 18 mois où on peut héberger pour au moins une durée de 12 mois les personnes qui sont à la rue. C'est la possibilité en décrétant l'urgence de débloquer tous les moyens nécessaires pour faire de la réquisition, pour aller vers la préemption aussi de biens et pour commencer à loger les gens qui sont à la rue mais aussi pour commencer à transformer des bureaux. Paris regorge de bureaux, mais regorge de mètres carrés de bureaux.
La majorité sortante en a construit 1,6 million supplémentaires en 9 ans. Or, on a des bureaux vacants. La préemption, ça c'est autre chose, et la réquisition des bureaux vides, on sait qu'il y a un problème de logement à Paris mais pas uniquement à Paris aujourd'hui en France.
Est-ce qu'il faut aller jusque là ? Alors, la préemption, c'est légal, c'est possible et en l'occurrence ce serait plutôt intelligent. La préemption, c'est quand la ville achète un logement qui est en vente.
Oui, oui. Un logement est en vente et la municipalité l'achète. Bon, alors évidemment, il y a un problème de financement qui peut se traduire dans les impôts locaux mais en soi, c'est tout à fait possible.
La réquisition des bureaux vides, c'est vrai que c'est...
Aujourd'hui, il y a des bureaux vides dans Paris dans une proportion qui est inhabituelle et qui est regrettable. Est-ce qu'on peut les mobiliser comme ça ? Juridiquement, c'est quand même assez compliqué.
Et là, c'est un autre problème que vous auriez à régler. Ça l'est aussi financièrement parce que les bureaux qui sont inoccupés ne sont pas des bureaux gratuits du tout. Et donc, ça voudrait dire qu'il faudrait trouver des financements.
Or, pour l'instant, la fiscalité locale parisienne est assez lourde et imaginer de l'augmenter...
Bon, disons que intellectuellement, ça peut se tenir mais comme argument de campagne électorale de dire qu'il faut augmenter les impôts locaux parce que ça nous permettra d'acheter des bureaux vides, je ne suis pas sûr que ça soit le plus compréhensible. Ce qu'il faut faire absolument, c'est loger ceux qui sont à la rue aujourd'hui. On ne peut pas le promettre et ne rien faire en face.
Ce qu'il faut faire, c'est lutter contre la spéculation et les sources de la spéculation. Avoir des bureaux vides à Paris et continuer d'en construire, c'est une folie. C'est pour ça que nous, on dit qu'on posera un moratoire sur la construction des bureaux.
Ça, c'est autre chose. Oui, c'est autre chose mais sur la réquisition, par exemple, la loi de 2025 sur la transformation des bureaux en logement a été adoptée il n'y a même pas un an pour faciliter justement la transformation des bureaux en logement et pour répondre aux besoins urgentissimes de transformation. La ville de Paris a des pouvoirs qu'elle n'a pas actionnés depuis 2003.
La réquisition des bureaux, c'est possible de le faire depuis 2003. Ça n'a pas été actionné. Or, c'est un levier formidable.
Aujourd'hui, dans une ville où on ne peut pas continuer de bétoniser et d'artificialiser les sols, c'est un levier incroyable pour pouvoir créer et transformer du bureau en logement et satisfaire la demande. Vous savez, il y a 280 000 logements vacants à Paris. Oui, oui.
Un million de mètres carrés de bureaux vacants. Est-ce qu'on continue comme cela ou est-ce qu'on se dit on prend tous les leviers qui soient à notre disposition, leviers légaux existants mais aussi tout le plaidoyer qu'on peut faire au niveau de la législation et faire changer la loi aussi sur l'encadrement des loyers pour l'élargir, le renforcer, baisser un encadrement des loyers à la baisse qui est nécessaire pour baisser les loyers à Paris. Nous, c'est ce qu'on propose c'est-à-dire un maire de Paris, une maire de Paris en l'occurrence moi qui se dira c'est ma priorité, des priorités, j'agis par tous les moyens possibles.
Il y a le logement. Pardon, je voulais terminer. Oui, pour dire que l'objectif aujourd'hui ce n'est pas seulement de loger, c'est aussi de baisser les loyers parce que les gens sont pris à la gorge par leur loyer.
Ils font des arbitrages entre se soigner, payer son loyer, payer sa facture d'électricité, payer son loyer, etc. Moi, j'entends beaucoup ça et pas seulement dans les quartiers nord ou les quartiers de l'est parisien. Je vous assure, vous serez surpris, je suis élue du 11e arrondissement.
Moi, j'ai des retraités qui sont obligés d'aller Mais il y a des quartiers dans lesquels le problème se pose plus souvent que dans d'autres. Oui, mais ce n'est pas seulement des gens des quartiers populaires. Et de toute façon, que ce soit dans des quartiers pauvres ou dans des quartiers aisés, c'est de toute manière critiquable et répréhensible.
Et pour en revenir à ce que vous disiez à propos des bureaux vides, etc. C'est vrai que quand des bureaux sont vides, ça serait utile de les transformer en logements. Bon, mais il faut un financement.
Et ce financement, il faut dire à l'avance à ce moment-là d'où il viendrait. Bien sûr. Parce que si ça se traduit, la taxe d'habitation n'est pas très faible.
À Paris, tant s'en faut. La taxe d'habitation n'existe plus, mais la taxe foncière est une des plus faibles de France. Oui, c'est ce que je veux dire.
Oui, j'ai bien compris. C'est pour ça que je répète. Non, non, c'est la plus faible de France en moyenne.
Aujourd'hui, quand vous habitez Paris, d'un côté de l'autre, par exemple, par rapport à Bagnolet ou à Pantin, à Pantin ou à Bagnolet, ils payent deux fois plus de taxes foncières qu'à Paris. Elle a été légèrement augmentée de 6,5 points l'année dernière, mais c'est une injustice fiscale incroyable la taxe foncière. C'est vrai à cette différence quand même qu'elle part souvent de plus haut.
Non, pas du tout, M. Joumet. Pour 80 mètres carrés, vous allez payer 800 euros de taxes foncières côté Paris 17ème.
Vous paierez en face à Saint-Ouen 1 600 euros. Je vous assure. C'est factuel.
Des exemples pour vous en citer plein comme ça. Alors, c'est peut-être que les finances de Paris ne sont pas si mal gérées que ça sur ce point-là. Il y a eu quelques manœuvres un peu complexes à expliquer, notamment sur le gage, sur les loyers.
On a parlé longuement et c'est intéressant. Si ça n'est pas trop élevé, c'est que ça n'a pas été trop mal géré non plus. Alain, Sophia Chiquierro, je voudrais qu'on parle d'un autre point.
On a parlé du logement et c'est l'une des préoccupations majeures des parisiens. Encore une fois, pas uniquement des parisiens qui nous regardent. Il y a une autre préoccupation qui est tout en tête aujourd'hui quand on les interroge, c'est la sécurité.
On se souvient des propos de Mathilde Panot, la chef de file des députés insoumis, donc votre chef de file, Sophia Chiquierro, sur ce plateau en juillet dernier qui avait dit dans les villes que nous gagnerons, nous désarmerons la police municipale et nous débrancherons les caméras de vidéosurveillance. Alain Dommel, depuis, plusieurs candidats insoumis, on dit nous, on ne le fera pas. C'est le cas de votre candidat à Marseille, d'un autre candidat également dans le Nord.
Qu'est-ce que vous en pensez ? J'ai deux certitudes. La première, c'est que l'insécurité à Paris, c'est malheureusement une réalité et que personne ne peut l'accepter dans son principe, bien entendu.
Et l'autre chose, c'est que dire à l'avance qu'on va diminuer les moyens de lutter contre l'insécurité, évidemment, c'est impossible à soutenir comme thèse. Et donc, il va de soi que la sécurité, il faudra au contraire faire des efforts supplémentaires et non pas moindres. Et que je pense qu'aucun candidat ne dira moi, je suis partisan de diminuer la lutte contre l'insécurité et moi, je refuse les moyens de lutter contre l'insécurité.
Je pense qu'on insistera dans le mois qui reste plutôt à une surenchère, je ne dis pas de tous les candidats, donc peut-être pas de Sophia Chiquirou, mais de la plupart des candidats pour dire il faut augmenter les moyens de la police, il faut des équipements supplémentaires nouveaux, il faut davantage de caméras, il faut davantage de rondes. Je pense que ça sera ça la dominante. Plus de moyens, plus de policiers, plus de rondes.
À Paris, on a une particularité, c'est une compétence partagée où la police nationale est très présente à Paris. Attention, on a un commissariat par arrondissement, le commissariat du 20ème, c'est 360 policiers nationaux. Donc on a une police...
Pas tout à fait par arrondissement. Non, non, mais dans le 20ème arrondissement, c'est en 90 ans, un peu plus, il y a 300...
En tout cas, il y a des policiers nationaux qui ont des missions de maintien de l'ordre, de la sécurité, etc. A quoi sert une police municipale dans un contexte comme le nôtre, la ville de Paris ? Moi, j'ai travaillé sur les besoins spécifiques de sécurité et que j'appelle de sûreté et de tranquillité à Paris.
Là où la police nationale ne peut pas répondre, où là, elle est trop sollicitée et alors qu'elle ne devrait pas l'être. Je vous prends des exemples. Nous n'avons pas de police touristique à Paris.
Or, une police de proximité formée au tourisme, donc une police touristique est indispensable dans notre ville. Je suis membre de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale. Quand je rencontre des ambassadeurs à Paris, ils me disent souvent qu'ils ont un problème pour la sécurité de leurs ressortissants venus faire du tourisme à Paris.
Donc, il faut avoir une police touristique. C'est connu, ça. Voilà, exactement.
Une police touristique formée pour cela. Ce n'est pas les mêmes besoins autour de la tour Eiffel que du Père Lachaise ou de la Butocaille ou de la gare du Nord ou de la gare de l'Est où beaucoup de touristes arrivent par ces deux gares. D'accord ?
Donc, il faut une police touristique. Moi, je dis, elle doit être territorialisée. C'est-à-dire, on installe des antennes de police de proximité là où il y a des besoins.
C'est valable pour la police touristique. C'est valable, par exemple, pour les VSS, les violences sexistes et sexuelles. On a une explosion de l'enregistrement des plaintes et des déclarations de violences sexistes et sexuelles, de harcèlement de rue, etc.
Comment on fait ? On doit avoir une police de proximité formée aux VSS pour accompagner les victimes mais aussi pour faire de la prévention, de la médiation, etc. Ça, c'est indispensable.
Donc, on créera une brigade spécialisée dans les VSS, pareil, qui sera amenée certainement à se déplacer mais qui pourra assurer la sécurité des femmes dans des soirées autour de...
On sait très bien à quel moment ces événements se produisent. Ensuite, je crois que c'est important aussi d'avoir une police territorialisée, c'est-à-dire ancrée sur son territoire dans des zones bien spécifiques. Je m'explique.
Vous avez des zones où vous savez qu'il y a des personnes consommatrices de drogue qui sont en plein air, etc. Ça, tout le monde le sait. Il faut installer des antennes de police de proximité en lien, bien sûr, avec les travailleurs sociaux et avec les travailleurs sociaux médicaux pour accompagner ceux-là mais ce n'est pas en les envoyant une fois qu'on arrivera à régler le problème.
Il faut installer de la police territorialisée. Je veux juste ajouter une chose. On peut vous promettre tous les recrutements du monde sur la police de proximité.
Le problème, c'est qu'on n'arrive pas à recruter. La ville de Paris n'y arrive pas pour une raison très simple, c'est que les conditions offertes aux agents sont mauvaises pour parler poliment. Je créerai une catégorie A pour la police de proximité.
Les salaires seront augmentés, les formations et les perspectives d'évolution de carrière doivent être aussi prises en compte si on veut pouvoir recruter de la police de proximité. On va laisser de côté la question des municipales. Vous savez qu'on est très surveillés par l'ARCOM sur tous les temps de parole et qu'on me dit dans l'oreillette que je suis très transparent attention au temps de parole.
Vous ne voudrez pas griller tout votre temps de parole sur votre chaîne d'ici au 15h. Alain Dommel, je ne suis pas candidat. Je ne suis pas mesuré par rapport.
Vous pouvez nous respecter. Allez-y, je vous laisse répondre. Je réponds en deux mots.
Je pense que ce qui est proposé en matière d'amélioration de la sécurité à Paris très bien. Comme je l'ai dit à plusieurs reprises depuis le début, il faut voir comment tout ça qui est souhaitable en l'occurrence, mais il faut voir aussi comment ça peut vraiment être organisé. Il y a en particulier la question du logement de tous ceux qui ont des tâches de police parce que c'est un problème concret qui n'est pas facile à régler.
Et c'est un sujet sur lequel on voit que tous les candidats évidemment insistent parce que la sécurité est une réalité et que les réponses ne sont évidemment pas satisfaisantes. Ça, là-dessus, ça sera au moins un point de consensus. Alors là, je signale à nos amis de l'ARCOM qu'on ouvre une fenêtre tant de paroles et qu'on quitte les municipales, même si vous êtes candidate au municipal, pour aborder l'avenir de la gauche en vue de la présidentielle de la présidentielle de 2027, c'est-à-dire Chiquirou.
Tant de paroles politiques et plus municipales, coucou l'ARCOM. On a compris que certains candidats acceptent le principe d'une primaire. Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann disent non, pas question, nous serons candidats, j'allais dire quoi qu'il en coûte, mais nous serons candidats en dehors du cadre de cette primaire.
Alain Damel, est-ce que ça condamne la gauche ? Est-ce que ça va l'empêcher de se qualifier pour le second tour ? En tout cas, j'enfonce une porte ouverte, si la gauche, la gauche en partant de, disons, lutte ouvrière et en allant jusqu'à Glucksmann, si la gauche avait un seul candidat, elle serait très forte.
Mais la réalité, c'est que la gauche n'aura pas un seul candidat et que je pense qu'elle en aura plutôt quatre ou cinq et que ça sera un grand handicap. Il y aura forcément les parties alors d'extrême gauche, comme par exemple lutte ouvrière, mais il y aura évidemment Jean-Luc Mélenchon, il y aura forcément au moins trois autres candidats d'une manière ou d'une autre. Et le problème pour la gauche, c'est que unie, elle est forte, mais qu'elle n'est pas unie, elle ne sera pas unie.
Et que la réalité, c'est qu'aujourd'hui, il y a d'une part deux gauches, les insoumis d'un côté et les autres et que parmi les autres, il y a une grande diversité et que entre le secrétaire national du Parti communiste et Raphaël Glucksmann, il y a vraiment deux univers qui sont à l'opposé les uns des autres. Autrement dit, la gauche est condamnée à l'éparpillement et ça va être son problème, même si c'est un problème qui, pour le premier tour, avantage Jean-Luc Mélenchon par rapport aux autres. À gauche.
Monsieur Duhamel souligne la question de la cohérence mais aussi de l'expérience qu'on a eue récemment, c'est-à-dire depuis la NUPES puis le NFP, le nouveau Front Populaire en juillet 2024, on a assisté à un problème à la fois de cohérence et de fidélité à la ligne et au programme défini. Pourquoi les primaires ne servent à rien ? D'abord parce que, rappelez-vous de l'expérience de Benoît Hamon en 2017 qui termine par voir à un certain nombre de ses compétiteurs Vous auriez pu citer François Hollande ?
Il a participé à une primaire aussi Hollande ? Je me rappelle. Non, il y a les primaires à l'intérieur d'un parti et il y a les primaires entre les candidats de parti.
Ce n'est pas la même chose. Et là, à l'époque, Benoît Hamon remporte la primaire socialiste et finalement, Valls puis un certain nombre d'autres, je crois qu'il y avait même deux rugies à l'époque, rejoignent Emmanuel Macron. Mais on pourrait aussi parler de la primaire américaine et de Zoran Mamdani où Zoran Mamdani à New York, oui, il remporte la primaire et son adversaire qui est du même parti démocrate se présente quand même contre lui, c'est qu'au mot.
Donc vous voyez, le problème des primaires c'est que les gens le respectent ou ne les respectent pas. Ça fait perdre du temps à tout le monde et ça ne sert absolument à rien. Ensuite, concernant la France insoumise, la France insoumise se présente aux élections présidentielles, législatives, municipales.
Elle se présente en son nom et elle considère que c'est l'élection, le premier tour, quand il y a deux tours qui déterminent l'ordre d'arrivée et qui sera ensuite au second tour. Donc nous, on n'a pas de difficultés là-dessus. Ensuite, on a un programme, on travaille nos programmes, on est fidèles à nos programmes, on défend nos programmes une fois qu'on est élu, on ne leur tourne pas le dos contrairement au Parti socialiste.
Donc nous, on défendra notre programme tel qu'on le porte maintenant depuis 10 ans que nous existons en tant que France insoumise. Il n'y a aucune raison qu'on aborde 2027 en se disant qu'on va s'auto-éliminer de cette élection ou se ranger derrière Glucksmann avec qui on ne partage pas grand-chose, Olivier Faure qui change d'avis tous les 4 matins ou Marine Tondelier qui ne sait pas vraiment ce qu'elle a à nous proposer. Pour le moment, voilà où nous en sommes de la situation nationale.
Donc on va essayer de tenir compte de ce que dit Jean-Luc Mélenchon ou Manuel Bompard ou Clémence Guettet qui sont des représentants de la France insoumise qui sont tous les 3 présidentiables. Ce n'est pas automatique la candidature de Jean-Luc Mélenchon ? Non, ça n'a jamais été automatique la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Il a toujours demandé et consulté la France insoumise avant de se présenter. Mais alors toujours. C'est seulement plus que vraisemblable en l'occurrence.
Mais les insoumis ont un avantage sur la gauche qui est qu'ils fonctionneront comme un bloc et que le reste de la gauche par la force des choses s'émiettra d'une manière ou d'une autre. L'idée selon laquelle il y aura une primaire sans Glucksmann et sans les insoumis, je veux dire ils se condamnent non pas à la marginalité mais à la faiblesse. Ça va de soi.
Et donc de ce point de vue, avoir un seul candidat, avoir un parti extrêmement discipliné et bon, c'est un avantage énorme par rapport au reste de la gauche et incontestablement il faudrait quelqu'un de très fédérateur pour le reste de la gauche. que vous voyez aujourd'hui ou pas ? Tout le monde sait que François Hollande a l'envergure et l'envie évidemment.
Est-ce qu'il est en situation de le faire ? Je n'en sais rien. Il a une tête de plus que les autres de la gauche non-insoumis.
Le niveau est bien faible parce que...
Non, non, mais...
Ce serait un peu le match retour du PS qu'il y a...
Non, mais je ne...
Qu'on ressorte François Hollande qui s'était mètre en 2016. Non, non, non, non. C'est pas moi qui le ressort.
Il se ressort tout seul. Il se ressort tout seul, oui. Avec Jérôme Gage qui lui fait la compétition.
Non, mais c'est vrai qu'il y a...
Bon, voilà, il a plus d'envergure que les autres. Est-ce que ça serait fédérateur ? Est-ce que...
Quid de Raphaël Glussmann ? Moi, je considère que deux choses qui ne me font pas plaisir. Donc, je ne dis pas ça sardonniquement.
D'une part, que la gauche non-insoumis, donc le reste de la gauche, a accepté à deux reprises le programme des insoumis, en réalité, en se fichant éperdument du programme et en étant intéressé uniquement par les investitures et par les seconds tours. Et l'autre chose est que dans la situation actuelle, l'hypothèse selon laquelle la gauche non-insoumise arriverait à une candidature unique, à mes yeux, c'est une chimère absolue. Moi, je trouve que vous êtes un peu sévère parce qu'ils n'ont pas tous accepté les investitures sans le programme.
Je connais beaucoup de mes collègues députés écologistes ou communistes qui, en réalité, je pense à Elsa Foussillon, par exemple, qui partagent le programme, qui se sont fait élire sur ce programme, ou Benjamin Lucas, ce sont des gens qui ont des convictions et qui se sont fait élire sur ce programme. Le fait même que vous citiez leurs noms prouve qu'ils sont peu nombreux. Peut-être que je ne connais pas tout le monde.
C'est nombreux pour être cités à la fin de l'émission. Tout à fait. Mais en tout cas, je pense que vous êtes un peu sévère, même si vous êtes loin d'avoir tort, mais un peu sévère.
Il y en a quand même qui se sont présentés au nom du programme du Nouveau Front Populaire avec l'idée de le défendre et qui continuent de le défendre. Et je crois que la candidature...
On peut se mettre d'accord pour dire qu'ils sont minoritaires, quand même, ceux-là. Je ne sais pas. Peut-être que finalement, ils ont tous voté la censure avec nous.
Les écologistes et les communistes ont voté la censure avec nous. Ils ont voté contre le budget de sécurité sociale contrairement au PS. C'est vous qui décidez.
C'est le mot de la fin. Merci beaucoup. Vous savez que la dernière candidate sur ce plateau il y a une semaine a eu le droit à trois questions sur Paris.
Je crois que ça ne vous a pas échappé. C'était Sarah Knafo. Sur les 52 euros du passe Navigo.
Je vais la refaire dans l'ordre. Par honnêteté, le prix d'un passe Navigo mensuel à Paris. Vous savez, il était à 80 euros.
Il est passé à un peu plus de 90. Et j'annonce une mauvaise nouvelle aux Franciliens. C'est qu'il va passer à 100 euros à cause de Valérie Pécresse.
Attention. Et on s'est opposé à cela. Question 2.
Le tarif le plus cher d'un abonnement Vélib à Paris. C'est le vélo en partage. Alors, je sais que c'est 9,90 le tarif mensuel. 9,30.
Vous n'êtes pas loin. Oui, c'est ça. Mais pour les étudiants, c'est vraiment une tuerie.
Est-ce que c'est moins cher pour les étudiants ? Dernière question. Le nombre de Ligue des Champions remporté par le Paris FC.
Ah, par le Paris FC. Moi, je ne suis pas le fou. Moi, je ne vais pas vous raconter de craque sur le football.
Alain Domel, vous pouvez aider. Paris FC, je pense que...
Il n'y a aucune. 0, 0, 0, 0. C'était la bonne réponse.
C'est facile. Merci à tous les deux. Il y avait un piège.
Sophia Chikirou