Thomas Ménagé : "Nous n'accepterons aucune augmentation des taxes et des impôts !" (France info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:06OuverteRéponse directe
France Info a révélé que vous alliez faire appel à une entreprise pour fouiller les profils numériques des candidats. Pourquoi cette vérification ?
- 0:22RelanceRéponse directe
Vous n'êtes pas sûr à ce point de vos candidats ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Vous allez exclure quel genre de profil ?
- 1:40RelanceRéponse partielle
Que dit cette méthode de votre parti ?
- 2:46OuverteRéponse directe
L'utilisation de cette entreprise va au-delà des élections. Pourquoi ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Vous voulez être clair face aux électeurs : vous n'êtes pas un parti antisémite, raciste ou homophobe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« l'extrême majorité de nos candidats étaient des gens remarquables, irréprochables. »
- 0:35Invité politiqueFait
« Il y avait eu quelques erreurs de casting, nous l'avions reconnu, devant les Français. »
- 0:43Invité politiqueFait
« Et comme aujourd'hui cela existe dans la haute fonction publique, comme ça existe dans des grands groupes qui recrutent des cadres dirigeants, quand on recrute quelqu'un, on vérifie sa réputation numérique. »
- 1:13Invité politiqueChiffre
« Et aujourd'hui, dans 98% des cas, 99% des cas, il n'y a aucun problème. »
- 2:01Invité politiqueFait
« tout ce qui est contraire au projet républicain que nous défendons, qui est contraire bien entendu à la loi, à ce qu'est la France, à ce qu'est la République, ils n'ont rien à faire dans un parti républicain s'ils ne sont pas sur cette ligne. »
- 2:26Invité politiqueChiffre
« l'extrême majorité, 99,9% des Français qui nous soutiennent, de nos cadres, de nos militants sur le terrain, sont conformes aux valeurs républicaines. »
- 3:17Invité politiqueFait
« il n'y aurait pas 12 millions de Français qui nous soutiendraient à l'élection présidentielle, on ne serait pas le premier parti de France si on était antisémite, raciste. »
- 3:28Invité politiqueFait
« le cas des groupes, c'est aujourd'hui aussi une sécurité pour protéger nos candidats. »
- 6:15Invité politiquePromesse
« on n'exclut pas une censure. »
- 6:28Invité politiquePromesse
« il ne faut aucune augmentation de taxes et d'impôts, visibles ou invisibles. »
- 7:25Invité politiqueChiffre
« On est déjà le pire pays de l'OCDE en termes de prélèvements obligatoires. »
- 7:34Invité politiqueChiffre
« En France, on est déjà malheureusement les champions du monde en la matière. »
- 7:51Invité politiquePromesse
« une diminution des budgets avec des fusions, notamment des suppressions pour 4 milliards d'euros. »
Temps de parole
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Bonjour, Thomas Ménager, comme Brigitte Bougel disait, député RN du Loiret. Alors, France Info a révélé ce matin que vous alliez faire appel à une entreprise pour, je mets entre guillemets, fouiller les profils numériques des candidats. Tout ça, après ce que Jordan Bardella avait appelé lui-même des brebis galeuses, on s'en rappelle, pendant les élections législatives dues à la dissolution. Alors, c'est quoi cette manière de fouiller des profils ? Vous n'êtes pas sûr, à ce point-là, de vos candidats ?
Vous l'avez dit, lors des dernières élections législatives, l'extrême majorité de nos candidats étaient des gens remarquables, irréprochables. Il y avait eu quelques erreurs de casting, nous l'avions reconnu, devant les Français, quelques personnes qui n'étaient pas conformes aux valeurs défendues par le Rassemblement national.
Et comme aujourd'hui cela existe dans la haute fonction publique, comme ça existe dans des grands groupes qui recrutent des cadres dirigeants, quand on recrute quelqu'un, on vérifie sa réputation numérique, et donc on a copié, dans une forme de professionnalisation, les techniques qui sont utilisées, parce que demain on va recruter des députés, des députés qui vont porter des valeurs, les couleurs du Rassemblement national, défendre les Français, et donc il faut qu'ils soient irréprochables, il faut que leur vie soit irréprochable, leur réputation numérique soit irréprochable, et donc cette vérification sera faite.
Et aujourd'hui, dans 98% des cas, 99% des cas, il n'y a aucun problème, mais c'est une sécurité supplémentaire, une professionnalisation supplémentaire pour le Rassemblement national.
Alors vous allez exclure quel genre de profil, puisque vous le rappeliez, lors des élections législatives de 2024, on a vu cette candidate avec une casquette nazie, certains qui avaient des propos racistes, homophobes, donc vous allez cribler quel type de défaut, de gens qui ne respectent pas la loi, qui sont pénalement condamnables, ça dit quoi de votre parti, d'être obligé de le faire de cette manière-là, que vous n'êtes pas sûr de vos militants et de vos candidats ?
Je vous le dis, ça existe dans des grands groupes, ça existe dans la fonction publique, or je ne pense pas qu'on peut reprocher à des grands groupes du CAC 40 d'avoir des problèmes avec leur cadre, mais c'est une sécurité, et bien entendu tout ce qui est contraire au projet républicain que nous défendons, qui est contraire bien entendu à la loi, à ce qu'est la France, à ce qu'est la République, ils n'ont rien à faire dans un parti républicain s'ils ne sont pas sur cette ligne, ils se sont trompés de maison, et les cas que vous avez cités par le passé ont été exclus directement, on a toujours été sans ambiguïté sur la question, et maintenant plutôt que guérir, on préfère prévenir pour éviter tout problème, mais je tiens à le rappeler, l'extrême majorité, 99,9% des Français qui nous soutiennent, de nos cadres, de nos militants sur le terrain, sont conformes aux valeurs républicaines, défendent ça, certains sont perdus et sont totalement à côté du programme du Rassemblement National, se sont trompés de maison, trompés de programme, et n'ont rien à faire chez nous, et voilà l'objectif.
Alors l'utilisation de cette entreprise, ça vient aussi au-delà des élections dont on parlait, d'autres sujets, par exemple à propos de Mme Parmentier, lorsqu'elle était rédactrice en chef du journal Présent, ou même de groupes Facebook avec des propos là aussi racistes, homophobes, auxquels participaient des députés, vous leur avez demandé de sortir de ces groupes, ça veut dire que c'est quand même un travail de fond pour couper avec l'histoire, non pas forcément du Rassemblement National, mais du Front National, vous voulez être clair face aux électeurs, vous n'êtes pas un parti antisémite, vous n'êtes pas un parti raciste, vous n'êtes pas un parti homophobe.
Vous savez, il n'y aurait pas 12 millions de Français qui nous soutiendraient à l'élection présidentielle, on ne serait pas le premier parti de France si on était antisémite, raciste, comme vous l'évoquez, absolument pas. Et vous l'avez cité, le cas des groupes, c'est aujourd'hui aussi une sécurité pour protéger nos candidats, parce que certains ont été ajoutés à leur insu dans des groupes, dans des groupes où ils n'ont absolument rien publié de raciste, rien publié de contraire aux valeurs républicaines, n'ont rien liké, mais ont été ajoutés à leur insu.
Donc c'est aussi une sécurité, non pas uniquement pour le Rassemblement National, mais aussi pour nos candidats, pour nos députés de demain, parce que la politique aujourd'hui fait qu'on est face aussi à des forces qui parfois sont un peu malhonnêtes sur le traitement qu'ils ont de nos candidats, parce que ces personnes-là n'avaient rien publié dans ces groupes, n'avaient rien liké. On peut se retrouver dans une même pièce. – Le terme de Rodrigue Galeuse, il est de votre président.
– Oui, non mais là vous citiez le cas des groupes Facebook, donc il y a aussi des situations numériques aujourd'hui, une complexité numérique, qui fait que c'est aussi pour les protéger, pour éviter qu'ils soient injustement traités, parce que c'est aussi ce que l'on a vécu, un traitement injuste, parfois dans certains cas, et pour les cas qui existaient, on a été sans ambiguïté, et aujourd'hui on met tout en œuvre pour qu'on soit à la hauteur de l'attente des Français sur ces sujets et sur tous les sujets.
– Alors autour de cette dédiabolisation, hier il y avait le dîner du CRIF, vous n'étiez pas invité, en tout cas je parle de vous, le Rassemblement National, vous êtes toujours personnellement de Gratta, le président Yannatan Arfi a dit « On n'a pas vu le RN faire preuve de sa capacité à regarder l'histoire du parti, il y a encore un problème d'antisémitisme à l'extrême droite ». Vous recevez comment cette non-invitation, qui n'est pas nouvelle,
mais qui s'est répétée pour hier soir ? – Moi je ne lui poserai qu'une seule question, je pense qu'il a invité M. Attal, qui lui a appelé à voter la France insoumise lors des dernières élections législatives, c'est-à-dire qu'il y avait dans cette salle tous ceux qui ont fait le front républicain, qui ont fait élire des députés de la France insoumise, qui pour les compatriotes de confession juive, 92% des compatriotes de confession juive, disent qu'aujourd'hui le danger politique c'est la France insoumise. Donc aucune leçon à recevoir, les compatriotes de confession juive voient que nous sommes un bouclier, bouclier face notamment à un islamisme radical qui les menace dans notre pays.
Jordan Bardella avait été invité il y a quelques semaines en Israël sur une conférence internationale sur l'antisémitisme, et donc on n'a rien à prouver en la matière, mais le CRIF devrait faire attention à ceux qui les invitent, parce que c'est certain ceux qui ont participé à mettre à l'Assemblée nationale des personnes qui ont des propos, des postures et des positions clairement anti-sionistes et anti-sémites aujourd'hui, et c'est les seuls qui existent aujourd'hui dans la classe politique.
Alors on va parler du budget, l'un de vos collègues, M. Tanguy, a été reçu à Bercy, puisque les ministres de l'économie et des comptes publics reçoivent les différents représentants des groupes politiques. C'est quoi vos lignes rouges pour le budget, dont le Premier ministre devrait nous dévoiler les grandes lignes le 15 juillet, il l'a annoncé hier. Vous avez toujours des lignes rouges, dans la perspective peut-être de le censurer à l'automne prochain ?
Oui, on n'exclut pas une censure. Dès lors que le respect de ces lignes rouges, de cette vision que nous avons aujourd'hui, de la manière de à la fois redresser nos comptes publics, mais ne pas faire souffrir les Français, n'était pas respectée, on censurait les lignes rouges et la vision que nous avons, c'est qu'il ne faut aucune augmentation de taxes et d'impôts, visibles ou invisibles, avec ce qu'on évoque maintenant, par exemple, une année blanche, sur les classes populaires, les classes moyennes, les retraités, ceux qui travaillent, qui se lèvent tôt, qui payent des impôts, qui ont de plus en plus de mal à s'en sortir.
Il faut au contraire qu'il y ait un effort sur le train de vie de l'État, sur le train de vie de l'Union européenne, c'est-à-dire que l'État fasse un effort avant de demander un effort aux Français. Voilà la vision qui sera la nôtre, et elle n'est pas différente de celle que nous avons portée la dernière fois avec M. Barnier, avec M. Bayrou, et qui avait, par exemple, mené M. Barnier à une censure.
Donc vous dites plutôt des économies sur les dépenses publiques, mais par exemple, si on touchait aux niches fiscales, c'est d'une certaine manière une hausse d'impôts pour ceux qui en bénéficient aujourd'hui. On parle aussi, par exemple, d'un plafonnement pour les dons faits aux associations. Ces lignes-là, ces pistes-là, vous, elles pourraient vous pousser à censurer ?
Bien entendu, parce que ce serait des impôts déguisés, une augmentation de la pression fiscale. On est déjà le pire pays de l'OCDE en termes de prélèvements obligatoires. Ce n'est pas comme si on avait encore de la marge et qu'on pouvait se dire, dans d'autres pays, ils sont bien plus hauts en matière de fiscalité. En France, on est déjà malheureusement les champions du monde en la matière. Donc l'objectif, c'est plutôt, parce qu'on est aussi les champions du monde en termes de dépenses publiques, c'est-à-dire de réduire, de faire des économies.
C'est la question des 1 200 agences de l'État qui coûtent 80 milliards d'euros par an, sur lesquelles nous nous proposons une diminution des budgets avec des fusions, notamment des suppressions pour 4 milliards d'euros. Il y a la question aussi de l'Union européenne. S'il doit y avoir une année blanche, et il doit y avoir une institution qui doit aussi faire un effort sur son budget, c'est l'Union européenne, avec une baisse de 5 milliards. Je pourrais citer encore la question, bien sûr, de l'immigration, la question de l'aide publique au développement.
Sur un certain nombre de sujets, il faut maintenant que l'État fasse le travail avant d'aller prendre de l'argent dans les caisses des Français qui sont malheureusement de plus en plus vides.
Alors on verra comment vous vous comportez pendant ce débat budgétaire, puisque vous n'avez pas censuré, j'allais dire, sur les retraites, alors que vous considérez aujourd'hui que les 64 ans, ce n'est pas une ligne rouge. Est-ce que vous allez éditer la censure pour les nuls, puisqu'on ne sait pas trop si vous allez vraiment, pour le budget, aller jusqu'à la censure ? Est-ce qu'à la limite, François Béroud n'est pas confortable pour le rassemblement ?
C'est très simple, c'est juste que... Ce n'est pas comme notamment à la gauche et à l'extrême gauche qui censurent à chaque fois, à tout moment, et donc en fait, ça n'a aucun intérêt. La censure, elle est là, c'est une arme démocratique qui permet de bloquer des nouvelles mesures, de bloquer un texte, un projet de loi, un projet de loi de finances qui serait néfaste pour les Français. Nous n'avons pas hésité à le faire au moment de M. Barnier. S'il y a des mesures, des hausses d'impôts, s'il y a une direction qui est à l'opposé de ce que l'on attend pour les Français, on censure. La censure sur la question des retraites, elle n'apportait rien.
Si la censure était passée, vous le savez comme moi, ça n'aurait pas fait un retour en arrière à 62 ans pour les Français. C'était symbolique, malgré tout. C'était symbolique, mais ça aurait fait que M. Bayrou n'était plus là. On n'en aurait pas été forcément malheureux, mais on en aurait eu un autre, un autre Premier ministre qui n'aurait rien fait, encore une fois, sur les retraites. Il faut que la censure, elle soit utile. Ce n'est pas juste un exutoire pour vous faire plaisir parce que vous en avez marre de la tête du Premier ministre. C'est pour protéger les Français. C'est comme ça qu'on l'utilise. C'est comme ça que ça a été pensé dans la Ve République.
Dernière question, vous avez 10 secondes. Est-ce que vous seriez prêts s'il y avait une dissolution ces prochains mois, ces prochaines semaines ?
Oui, on s'y prépare. On fait tout pour être prêts parce que les Français nous attendent. Et je pense qu'aujourd'hui, dans cette situation de blocage, il faut qu'il y ait un retour aux urnes. Il faut redonner la parole aux Français qui ont besoin de s'exprimer, qui ont besoin d'une majorité et d'une direction pour le pays.
Merci beaucoup, Thomas Ménagier. Bonne journée à vous. Sous-titrage Société Radio-Canada
Thomas Ménagé